Kunz, p
pudemment jouée et sa révolte sera unanime. Elle espérait une bataille décisive, elle n'a eu qu'une escarmouche'. Où sont «les sentiments, les espérances, les fermes résolutions», dont était remplie l'âme du gouverneur^ ?
Une note parue au Journal officiel du 23 aggravera encore ces impressions. Il semble qu'on y entasse à plaisir les affirmations imprudentes. «La journée d'hier n'est que le commencement d'une série d'opérations. Elle n'a pas eu, elle ne pouvait guère avoir de résultats définitifs. Mais elle peut servir à établir deux points importants : l'excellente tenue de nos bataillons de marche engagés pour la première fois, qui se sont montrés dignes de leurs camarades de l'armée et de la mobile, et la supériorité de notre nouvelle artillerie qui a complètement éteint les feux de l'ennemi'. . . » S'il en est ainsi, pourquoi avoir arrêté Ducrot? Que pensera Paris quand il verra une complète inaction succéder à cette apparence de combat? L'excellente tenue des bataillons de la garde nationale est une amère dérision. Ils ont été placés le plus loin possible du feu, et cette épreuve, si adoucie qu'elle ait été pour eux, n'a pas toujours réussi*. « La supériorité de notre nouvelle artillerie » n'a pas été mieux démontrée. Les Allemands ont forcé plusieurs de nos batteries à la retraite et, malgré l'appui des forts, ont tenu devant un nombre de pièces de beaucoup supérieur au leur. Ce n'est pas « l'état de l'atmosphère » qui nous a empêchés de prendre Le Bourget, mais bien quatre bataillons prussiens, aidés par nos dispositions vicieuses '.