DU 22 AU 2 G DÉCEMBRE
Rentrée de troupes dans Paris. — Conseil de guerre du 22. — Attaque régu'.ière du Bourget. — Les Allemands. — Retraite des troupes.
Ignorant la retraite de l'ennemi, Yinoy a prescrit pour le matin du 22 décembre un effort dans la vallée de la Marne. Comme la veille, la brigade Salmon descendra du plateau d'Avron et fera une démonstration, soit sur Ville-Evrart en tournant le village par la gauche, soit sur la Maison-Blanche, si Ville-Evrart n'a pas besoin de secours. Sous cette protection, le général de Malroy opérera sa retraite suivant les ordres du gouverneur. Quand ces instructions parviennent à Ville-Evrart, le combat est entièrement fini depuis plusieurs heures \
Néanmoins Vinoy porte la brigade Salmon du plateau d'Avron vers la Maison-Blanche, afin de couvrir l'évacuation de Ville-Evrart. Aussitôt qu'elle paraît dans la plaine, elle est soumise à un feu vif de l'artillerie allemande', heureusement contrebattue par celle d'Avron. A 10 heures du matin, nos deux brigades ont regagné leurs positions premières. Celle du commandant Salmon a perdu une dizaine d'hommes^. L'ennemi réoccupe le jour même la Maison-Blanche et Ville- Evrart, ne nous laissant même pas cette mince compensation du sang versé le 21 décembre. Une brigade d'infanterie prussienne (la S"), venue avec plusieurs batteries cà Chelles,
1. Vinoy, p. 318 et 319. — D'après le major Kunz, p. 82, qui n'indique p«s sa source, l'ordre de la retroile parviut à 7 heures à la brigade Biaise.
2. 2 balieries de campagne wurtembergeoises et i batterie de siège (ô pièces de 12"^) [Kunz, p. 8.8].
3. Vinoy, p. 320. Le major Kunz, p. 83, écrit i oUicier et 36 hommes, sans indiquer ses sources. L'ennemi perdit 6 liommes, dont 2 pour l'orlillerie vcutlembergeoise.
relève les avant-postes saxons au Cliênay. Elle aussi se retire le soir même, quand notre retraite devient certaine ^
Kous avons dit que la garde nationale a montré peu de fermeté aux abords de Neuilly-sur-Marne. Jugeant la présence d'une partie de cesbataillons plus dangereuse qu'utile, Vinoy demande leur rentrée dans Paris. Le général Trochu s'empresse de l'accorder ; il permet même de renvoyer en outre tel effectif que Vinoy jugera convenable ", disposition qui montre assez que le gouverneur n'a nullement l'intontion de reprendre, à bref délai, l'offensive, comme il s'en targue auprès de la population. Il autorise Vinoy à tenter de petites op érations avec ce qu'il a conservé de garde nationale, à une condition dont la nécessité n'a nul besoin d'être justifié?: les mobilisés recevront «une direction en allant et une protection en revenant^ ».
Le 23, au moment où Vinoy renvoie au Moulin-Saquet deux des bataillons de la brigade Biaise, il juge nécessaire de les passer en revue et de faire désarmer devant leurs camarades assemblés les officiers qui ont abandonné leur poste dans la nuit du 21 au 22 décembre*. Mais le conseil de guerre n'imitera pas cette salutaire rigueur, tant le sens du devoir s'est affaibli dans l'armée de Paris,
Pendant que nous abandonnons ainsi nos éphémères conquêtes de la veille, le gouverneur paraît d'abord disposé à continuer les opérations entreprises dans la plaine Saint- Denis. Le 22, à midi, il réunit les généraux au fort d'Aubervilliers et fait l'exposé suivant :