‹ Siège de ParisChapitre 85 sur 326 · J. Favre, tome II, p. 189 ; Kunz, p · texte numérisé non relu

J. Favre, tome II, p. 189 ; Kunz, p

2. Ordre du 18 décembre 1870. — Le premier rapport, dalé du 2), .-i i lioures, est ainsi couçu : « L'aUaquc a commencé ce ra.ilin sur un grand développemenl, depuis le Monl-Valérien jusqu'à Nogent. Le combat est engagé et continue avec des chances favorables pour nous sur tous les poinls. .. ». Signé Scbmilz (L. Larchey, p. 203).

3. Journal officiel du 23 décembre; Ducrol, tome IH, p. 189; Jules Favre, tome II, p. 190. Cette note est datée du 22 décembre, à 3 heures, et signée Jules Favre.

■i. Voir plus liaut, p. 9t. Leurs bataillons étaient à 5 kilomètres du vrai champ de bataille (Ducrot, tome III, p. looi.

5. Le 2»! décembre, le général ïrochu invoque une autre explicallou non moius invraiicniblable : « Le dernier échec du Bourgel no vient que de ce

LE BOURGET- YILLE-ÉVRART. lt)3

En tant que conception, la diversion du général Vinoy laisse autant à désirer que l'opération principale. L'ancien commandant du 13^ corps a une idée juste : celle d'attaquer les hauteurs du Raincj-Montfermeil , afin de dégager la 2" armée. Sans doute l'attaque sera dure 5 l'ennemi occupe un terrain favorable à la défense, sur lequel il a construit des batteries qu'il démasquera bientôt contre le plateau d'Avron. Mais il ne peut nous résister que de front*, nos colonnes seront efiicacemeut soutenues par le canon du plateau. La forêt de Bondy, attaquée de front par Ducrot, sur le flanc gauche par Vinoy, peut être plus aisément enlevée.

Le gouverneur en juge d'autre sorte. Sous prétexte d'éviter que « nos troupes soient assommées par notre artillerie de position, dont tous les feux convergent vers la forêt de Bondy », il prescrit à Viuoy de cheminer le long de la Marne, sur « le pont de Gournay » '. Mais ce pont n'a pas toute l'importance qu'il lui prête. Plusieurs autres existent en amont, de sorte qu'il n'est pas le « passage de toutes les masses et de tous les convois ennemis ». Même s'il tombait aux mains de Vinoy, les communications des Allemands ne seraient pas coupées entre les deux rives.

D'ailleurs, pour y arriver, la tâche est singulièrement difficile. Vinoy, qui dispose de très peu d'artillerie, va marcher le long de la Marne, en ayant sur son front les hauteurs de Chelles, sur sa droite celles de Bry, Xoisy, Champs, à portée de battre très eflicacement la vallée et qu'il ne peut attaquer, puisqu'il en est séparé par la rivière. Comment, dans ces conditions , franchira- 1- il le défilé compris entre Petit- Paris et Ville-Evrart ? Ses colonnes seront rapidement con-

qu'uQ régiment s"esl débandé; l'artillerie a cru que l'ennemi avait repris les positions et a malheureusement tiré sur les points encore occupés par la marine, dont les officiers ont été' tués. Voilà ce qui a fait échouer cette journée Ijien commencée. » (Procès-verbaux des séances du gouvernement.)

1. Téléjratnme du gouverneur, cité par Vinoy, p. 493. Le pont en pierre de Gouraay a été détruit, mais l'ennemi en a jeté un autre en amont de Gournay et un à la liauteur de Montapeine (Etal-major prussien, plan 25). — M. Duquel prend texte de ce passage pour incriminer, un peu légèrement, " l'ignorance inexprimable » du général (p. 115). Vinoy avait non pas 4 batteries, comme l'admet M, Duquel, p. 119, mais 8 (Voir plus haut, p. 68).

traïutes de s'arrêter. Donc il est. impossible que sa diversion ait une portée sérieuse; il ne pourra même pas arriver au pont de Gournay, bien loin d'empêcher l'ennemi de se renforcer sur la rive droite de la Marne. Telles qu'elles sont combinées, ni cette démonstration, ni l'opération principale ne portent l'empreinte d'une volonté ferme, ayant conscience du but à atteindre et des difficultés à vaincre malgré tout. Durant le siège il n'en est pas oii le commandement se soit montré plus inférieur à sa tâche.

Page 1