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Vinoy, p

LE BOUUGET - VILLE-ÉVKAKT. 107

« L'attaque du Bourget ayant échoué, nous n'avons pu continuer notre marche en avant, puisque notre point d'appui de gauche nous manque, mais il n'est pas possible de rester sur un deuxième échec du Bourget.

« L'opinion publique s'est déjà trop émue pour la première affaire ; cette fois, elle ne manquera pas de crier à la trahison. Il faut.donc absolument lui donner une légitime satisfaction et pour cela s'emparer de ce village. Mais comme l'expérience a prouvé qu'une attaque de vive force n'offre aucune chance de succès, qu'elle nous coûtera certainement des sacrifiées considérables et inutiles, l'on doit procéder dorénavant suivant les méthodes usitées dans les sièges, c'est-à-dire par cheminements' .»

Ainsi, le général le reconnaît pleinement, il ne s'agit pas de percer L-s lignes allemandes, ni même de les refouler. Il faut, avant tout, obéir à « l'opinion publique », empêcher de « criera la trahison ». On admet l'impossibilité de prendre Le Bourget de vive force, quoique la journée du 21 décembre prouve simplement celle d'y réussir par une attaque non soutenue. On va désormais procéder par cheminements, comme le voulait dès le mois d'octobre le général Tripier-. Pourquoi avoir attendu si tard ?

D'ailleurs on fait des objections. L'un des généraux présents assure que les outils se brisent sans produire grande besogne, tant la gelée a durci la terre. Le gouverneur n'en persiste pas moins dans son projet. Séance tenante, il donne ses ordres d'exécution^. Il est impossible de maintenir au bivouac toute la 2'' armée, comme on l'a fait de la manière la

i. Uucroi, tome III, p. i9i; Trocliu, OEuvrex posthumes, lome I'"'', p. 489.

2. Voir Sié'je de Paris. Chdlillon, Chevilbj, La Malmaison, \). l'it.

3. Ducioi, lome III, p. 191. — Celte (]uoslioii de la température, si simple en app:irence, donne lieu à de nombreuses coniradiclions. Jules Favro, tome II, p. 195, écrit que la tempéraluie s'abaisse snbitenieiil à — 8° la uuit du ai au 2i, et le lendemain à — 14°. Ducrol, lome III, p. 191, signale un froi'I de 15 à iC. M. Larcliey (p. :.'0.;) indique, pour le 'H décembre, à miuuil, un froid de — j" d:ius Paris; Le Jjurnil du sièje, publié par le Gaulois, — 12», le 24, à 0 heures du mnlin. La no!e joinic au rapport militaire du 25 iL. Larclicy, p. 2.IC), « un froid du plusieurs degrjs, allant juscju'à lu" 5 dixièmes, ef 11" 7 dixièmes au-dessous de zéro... ».

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plus inhumaine, et aussi la plus miladroite le soir du 21 décembre. On s'exposerait «à la voir disparaître en quelques jours ». Il est donc désidé qus les troupes seront cantonnées dans les villages les plus voisins, chaque division fournissant des travailleurs et des g-ardes de tranchée, suivant une proportion déterminée'. Le P' corps s'établit dans Aubcrvilliers et le long de la route de Lille ; le corps de réserve à Bpbigny et Drancy ; le 2^ corps à Merlan et Noisy-le-Sec. La cavalerie, entièrement inutile maintenant, est renvoyée à Clichy ou à Vincennes.

C'est dans ces conditions que l'on continue les travaux entrepris en avant des forts du nord-est. Bien que nos généraux n'aient aucune contiance dans leur résultat, l'ennemi en est fortement ébranlé. Ive })rince royal de 8axe et le commandant de la garde prussienne sont d'accord pour penser que l'évacuation du Bourget s'impose jusqu'à l'ouverture du bombardement contre le plateau d'Avron ^ Moltke leur fait connaître que le roi approuve cette manière de voir'. Mais déjà les circonstances ont changé.

Bien loin de nous rendre compte de cet état d'esprit, nous redoutons une attaque prochaine. Aussi, tous les jours, au risque d'accroître l'épuisement des troupes, les met-(jn sur pied de grand matin. Dans chaque corps d'armée, une brigade de piquet est disposée dans les tranchées de deuxième

1. Ducrot, tome III, p. 491. — Le l" corps est chargé des travaux entre La Courneuve et Drancy ; le corps de réserve, de ceux à Urancy, à Groslay et entre ces deux points; le 2" corps, de ceux entre Groslay et Rosny.

Les 13« et 14" dragons vont à Clicliy ; les l*' et !>« chasseurs, à Vincennes; le régiment de gendarmerie à clieval, à Panlin.

Suivant le D^ Saraziu. p 243, Ducrot aurait voulu cantonner les troupes, dès le soir du 21, et le gouverneur s'y sérail opposé.

2. Multkes Korrespondenz, p. 181. — Le homljardement du Bourget fut plus violent, le 23 décembre, qu'il avait jamais été. La compagnie dos tirailleurs de la garde, aux avant-postes, comi)ta dans une minute 35 obus. Mais la garnison du village ne perdit pas un liomme (Kunz, p. 87). Le 2t> décembre, l'ennemi Qt au Bourget des tentatives de pourparlers, au cours desquels il annonça l'échec de Faidlierbj à Poiil-NoycUes (i3-2i décembre). On refusa de le prendre au sérieux (L. Larchey, p. 2U7j Journal du siège, par io Ganloig, p. 361. Ce dernier récit parait émaner de M. Durdenae de la Urangerie, ou de son entourage immédiat).

J. MuU'.es Korrespondenz, n» 61P, 26 décembre, 8'»15 du soir.

ligne; des batteries d'artillerie sont prêtes à ouvrir le feu, du tbrtd'Aubervilliers à Bondy'.

Le 24 décembre, les positions tenues par la 2" armée dessinent un arc de cercle de la Courneuve à Rosny, par Drancj, Groslay, Bondy. Sur toute cette étendue, plusieurs lignes de tranchées parallèles abritent les avant-postes et leurs réserves ; 14 batteries ont été construites. Il semble que nous allions assiéger les positions de la garde prussienne ". Mais ce n'est qu'une apparence.

Le 25, nouvelle alerte au petit jour. « Toutes les troupes prennent les armes: c'est la tête de Noël, l'ennemi peut avoir prémédité une attaque. » On doit bientôt se convaincre qu'il n'en est rien. Seules, les silhouettes des sentinelles allemandes se détachent sur lliorizon. Le même jour, le gouverneur juge impossible de continuer les travaux entrepris. Bien que le froid, de plus en plus vif, n'arrête pas ceux de l'ennemi, qui termine alors les batteries destinées à tonner contre Avron, les nôtres avancent très lentement. Les souffrances de l'armée ne font que croître. Dès le 25, ordre est donné de ramener en arrière les troupes qui ne sont pas indispensables à la garde des tranchées. « On abandonne défi-

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