‹ Siège de ParisChapitre 91 sur 326 · Jules Favre, tome II, p. 197; La Roncière, p · texte numérisé non relu

Jules Favre, tome II, p. 197; La Roncière, p

sans jamais occuper un des points attaqués. » L'immense popularité dont il jouissait « pendant les premiers jours du siège avait fait place à une hostilité qui grandissait chaque jour. Ce n'était pas seulement dans le sein de la population civile, c'était aussi dans les rangs de l'armée qu'elle se manifestait. Le langage d'un grand nombre d'officiers la laissait deviner. On respectait ses qualités éminentes, on lui refusait celles qui pouvaient conduire son armée à la victoire^ ».

Le 23 décembre, Jules Favre écrit à Gambetta, après un éloge mérité de la population : « L'armée est beaucoup moins ferme. Elle brave plus directement la mort ; elle est exposée à plus de misères. Les généraux s'accordent à la représenter comme lasse et mécontente. Il faut toute leur énergie pour la conserver dans la main^. » Encore les généraux ne sontils rien moins qu'acharnés à la lutte ^

« Les effectifs fondent à vue d'œil. L'armée est découragée et surtout écœurée ; elle comprend que « sacrifiée à la politique », elle ne lutte plus en vue d'un but militaire, mais pour donner des représentations aux Parisiens. . .

« Les officiers qui, dans l'intimité, se communiquent ces tristes réflexions, continuent, pour la plupart, à donner devant la troupe l'exemple d'un caractère bien trempé, à l'abri de la démoralisation. Mais des symptômes significatifs ne permettent pas de douter que Français et Allemands — Français surtout — aspirent après la paix*. » Six officiers do la brigade Biaise vont passer au conseil de guerre pour abandon de leur poste devant l'ennemi. Un autre a déserté au feu\ «Nous avions appris par des ordres du jour extrêmement sévères, une fois, que certains de nos officiers s'étaient oubliés jusqu'à fraterniser, le verre en main, avec des officiers

1. Jules Favre, lomo II, p. 198; Dr Sarazin, Récils de la dernière guerre franco-allemande, p. 250 et 251,

2. Jules Favre, tome IJ, p. 200; Viiioy, p. 3^3 ; Déclarations de Trochu au conseil, séance du 26 décembre, Proci'x- verbaux ciiés.

3. Le général Trochu « reconnaît qu'il a du céder aux généraux et à la température » (Hrocès-verhaiix cités, séance du 26 décembre; F. Sarcey, p. 209).

4. Colonel de Ponchalon, p. 210. — Voir les déclarations de Trochu au conseil, Procès-verbaux cités, séance du 26 décembre.

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