‹ Siège de Québec en 1759 [microforme]Chapitre 2 sur 3 · PA · texte numérisé non relu

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maisons autour de l’église, et ont fait trois hommes prisonniers, dont le sieur La Casse, couché avee Madame Landry, qui avait quitté la compagnie de réserve sous prétexte d’un mal de jambes, était du nombre. 11 a été pris en chemin dans un bled (jugez de ses bonnes mœurs) avec le sieur Laîné et le sieur Frichet. [ls ont emmené environ treize femmes de Ia ville réfugiées au dit lieu, dont mesdames Duchesnay, De Charnay, sa mère, sa sœur, Mlle. Couillard, les familles Joly, Mailhot, Magnan étaient du nombre, {ls les ont traitérs avec toute la politesse possible, Le général Wolfe était à la tête, et le sieur Stobo était du nombie, qui a fait bien des compliments.

Ce qu’il y a de plus triste, c'est que les Anglais ne leur avaient fait aucun tort, eï que les sauvages ont pillé les maisons et presque tous les biens de ces familles réfugiées.

Le pauvre Michaud a reçu un coup de balle dans la joue

Les Anglais ont laissé la majeure partie des autres femmes, et surtout celles enceintes.

22,Environ les neuf heures, ils ont envoyé un jarlementaire de l’Anse des Mères pour offrir de remettre à terre toutes les femmes, à condition qu’on laisserait passer un petit bateau chargé de leurs malades et blessés, Cette offre à 6té acceptée. Nous avons été recevoir les femmes à PAnse des Mères à trois heures de relevée, et qui ont été reconduites avec beaucoup de politesse. Chaque oflicier a donné son nom aux belles prisonnières q'’il avait faites. Les Anglais avaient promis de ne point canonner ni bombarder jusqu’à neuf heures du soir, pour donner aux (lames le temps de se retirer où elles jugeraient à propos, mais que, passé cette heure, ils feraient un feu d’aise. Ils tinrent leür parole ; à neuf heures, ils tirèrent, par quart d'heure, dix à douze bombes, dont partie remplie d’artifice. Ils mirent le feu à la Paroisse (l’église paroissiale) et chez M. Rotot. La Paroisse ainsi que les maisons depuis M. Duplessis jusque chez M.

Imbert (la rue La Fabrique), et toutes les maisons de derrière, dont la mienne (rue St. Joseph} qu’occupait Francheville,. est du nombre, ont été consumées par les flammes.

Heureusement que presque personne n’a été tué, à l'exception d’un canonnier qui, ayant mis la gargousse dans un canon trop chaud, a été tué. Une bombe est tombée sur la maison de M. Ouillame, qui a blessé la servante à la cuisse et blessé à mort un homme.

23—A quatre heures du matin les Anglais ont essayé de faire passer deux frégates par devant la ville ; mais au feu de nos cancns ils se sont retirés. Ils n’ont presque point canonné de la journée ni bormbardé.

24—Les Anglais ont commencé à bombarder et canonner la ville.

25.—Sur les vols considérables qui se faisaient à Québec, tant par les inatelots, soldats et miliciens, je dis à M. Daïne qu’il serait nécessaire que M. le Gouverneur et l’Intendant fissent une Ordonnance pour les faire pendre sommairemer t,

Le plan qui avait été dressé de l’Ordonnance et qui était en ces termes fut approuvé et suivi. Je fus nommé greffier de la commission. Les Anglais contiuuèrent à bombarder et canonner.

‘ (1) Son Excellence, piqué du peu d’égards que les habitants du Canada ont eu à son Placard du 27ème du mois dernier, a résolu de ne plus écouter les sentiments “ d’humanité qui le portaient à soulager des gens aveuglés “ dans ieur propre misère. Les Canadiens se montrent par “ leur conduite indignes des offres avantageuses qu’il leur “ faisait, C’est pourquoi il a donné ordre au commandant “ de ses troupes légères et à autres officiers de s’avancer “ dans le pays pour y saisir et amener les habitants et leurs “troupeaux, et y détruire et renverser ce qu’ils jugeront à “ propos. Au r‘ste, comme il se trouve fâché d’en venir aux

(1) Proclamation du général Wolfe,

nner

“ barbares extrémités dont les Canadiens et les Indiens leurs “alliés lui montrent l'exemple, il se propse de différer ‘ jusqu’au ler août prochain à décider du sort des ptisonniers “ qui peuvent être faits, avec lesquels il usera de représailles ; “à moins que pendant cet intervalle les Canadiens ne “ viennent à se soumettre aux termes qu’il leur a proposés “ dans son Placard, et par leur soumission, toucher sa “ clémence et le porter à la douceur.

« A St. Henry, le 25 juillet 1759.

“ Josepx DaïLLinc, ‘ Major des troupes légères.”

Un parti de sauvages outaouais et de différentes nations passèrent le Sault Montmorency, se firent apercevoir de l'ennemi et se mirent ventre à terre. Les Anglais qui s'étaient aperçus de leur manœuvre défilèrent par deux colonnes, environ 1,500 hommes pour les cerner. Les sauvages attendirent avec patience trois heures ventre à terre, et, les ayant vus à portée, firent leur décharge et tuèrent environ 60 hommes. : M. de Répentigny demanda 2,000 hommes à M. de Lévis, qui, les ayant demandés à M. le général de Montcahin, arrivèrent trop tard.* La consternation était si grande parmi les Anglais qu’ils fuyaient en criant: “ {out est perdu”; mais on n’a pas profité de ce coup. Ils ont continué tout le jour à canonner et à bombarder, et la nuit aussi. Le dégât y augmentait de jour en jour. Le même jour ils ont fait jouer une nouvelle batterie de donze pièces de canon au-dessus de la Cabane des Pères.

Nous avons appris le même jour que les Anglais avaient fait un détachement pour aller à St. Henry pour chercher des provisions, où ils ont pris 200 femmes et le curé. Ils ont renvoyé Mlle St. Paul.

28 juillet..—Plusieurs coups de canon du Sault, tant de notre part que de celle des ennemis. Ils ont pareillement continué le bombardement et la canonnade de la ville.

® Voir le Journal du Chevalier Johnstone, p. 13.

29.—I1 à été pendu un homme pour,cause de val. Le bombardement et canonnement a continué.

30—Continuation du bombardement,

31—Denx soldats que j’ai fait arrêter ayant un quart d’eau de vie dans la cave de M. Soupiran qu’ils avaient roulé et mis dans la maison de Charland, quartier de St, Roch, ont

éié pendu à trois heures après-midi.

Sur les neuf heures du matin, deux frégates d’environ 80 pièces de canon chaque, appareillèrent et furent s’échouer au Sault Monimorency, sur la pointe de lEst, se mirent en travers pour canonner en revers notre retranchement, Un autre gros vaisseau de 60 canons se mit derrière eux. Aussitôt ils démasquèrent une batterie de 30 pièces de canon. His firent ua feu considérable de cette batterie et de ces trois vaisseaux, On estime qu’ils ont tiré plus de 2,500 coups depuis 6 heures du matin jusqu’à 5 heures du soir. De ce feu continuel nous n'avons eu que quatre hommes de tués et environ quinze blessés. Pendant cette canonnade, à laquelle nous répondions avec trois pièces de canon que nons avions, qui formaient une petite redoute, laquelle perga la première frégate de plus de trente boulets, à raz d’eau, étant échouée et lui voyant sa quille. Environ 300 berges (anglaises) partirent de l’Île d'Orléans et de la Pointe Lévis, et se mirent sur trois lignes entre les deux bâtiments échoués.

On ne douta point au camp que l’action ne devient générale ; pour cet eflet M. de Montcalm se porta au Sault où était M. de Lévis. Sur les cinq heures, 2,000 Anglais mirent pied à terre, à basse mer, de leurs berges, marchèrent avec bonne contenance et précipitation à la redoute et batterie que nous avions, et qui avait été abandonnée une demi-heure auparavant faute de boulets. Ils s’en emparèrent, mais voulant avancer aux retranchements, ils furent regus par un feu canadien réitéré d’environ 1,500 coups de fusils, lesquels Canadiens étaient soutenus par 1,500 hommes de troupes réglées. Le reste du camp de Beauport et les Canadiens du

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passages étaient de file et nous avions environ 12,000 hommes de rendus; mais ce qu’il y a de singulier, presque plus de balles au camp. Heureusement que ces 2,000 furent si bien requs qu’ils se rembarquèrent dans leurs berges avec la même précipation qu’ils en étaient sortis. 5,000 Anglais qui marchaient d’un pas grave, et en bon ordre, et qui passaient 4 LA té .

le Sault à gué en ordre de bataille, n’avancèrent qu’à deux portées de fusil, et se retirèrent, quand ils virent ceux des berges se rembarquer. Quel bonheur qu’ils ne savaient pas qu’il n’y avait point de balles au camp! Quelle négligence qu'il n’y en eut point, et quel malheur s’il y en avait.eu, que les Angiais n’eussent point continué leur attaque. Ils s’enfournaient dans une bourse, commandée par une hanteur dont ils ne pouvaient p'us sortir. Dans cette œuvre, les Anglais ont perdu 200 hommes, et autant de blessés, Nous en avons fait enterrer 83, Il a été apporté au camp 260 fusils ; bien d’autres ont été emportés à la marée montante. Un capitaine écossais a été fait prisonnier ; il était blessé de 4 balies dont 3 dans le corps, sans paraître l’être dangereusement. Nous avons perdu environ 10 hommes et une vingtaine de blessés.

Le même jour, nous attendîres dans le quartier St. Roch us grand er: de femmes et d'enfants qui criaient Vive le Roi ! Je montai sur la hauteur, et je vis la première frégate tout en feu ; peu de temps après, une fumée noire dans la seconde qui sauta, et qui prit ensuite en feu. Ce sont les Anglais qui y ont mis le feu de crainte que nous en profiterions.

ler août.—Les Sauvages et les Canadiens, malgré les défenses qu’on leur faisait d’aller, crainte d'être exposés au canon de l’ennemi, à la 1ère frégate brûlée et que la mer avait éteint, y furent sauver du lard, de la farine, des pics, des pioches, des balles d’écarlatine et plusieurs autres effets. Par ce, on peut juger si ce bâtiment était riche.

Le capitaine écossais, prisonnier, a dit qu’il était à la tête de 50 grenadiers ; que ceux qui étaient avec lui étaient les

troupes choisies, mais qu’ils l’avaient abandonné ; et qu’il y avait une grande terreur dans l’armée. Îls ont continué à canonner et bombarder la ville.

2,—Ils ont fait de même jusques à deux heures après-midi qu’iis ont cessé, et de là jusqu’à six heures du soir, ayant envoyé un parlementaire de la part de cet officier écossais qui demandait son domestique, ses hardes et linges et de l'argent. On lui a tout envoyé à l'exception de son domestique. A six heures, ils ont continué leur bombardement avec fureur, pour réparer le temps perdu.

8.—On a craint la nuit, par le mouvement de trois gros vaisseaux qui portaient le cap sur la ville, et par plusieurs qui filaient le long de la côte de Lévy, une autre descente soit à la ville, soit à l’Anse-des-Mères, mais il ne s’est passé rien de nouveau.

4.—Continuation du bombardement. Ils n'avaient porté leurs bombes qu’à la haute et qu’à la basse-ville ; ils en envoyèrent quelques unes de 80 par delà les murs, et dans le quartier St. Roch.

5.—Je partis pour Ste. Anne, voir mon épouse. On avait dépêché un courrier pour les trois vaisseaux mouillés, qui étaient la frégate commandée par M. Vauquelain, la Pie par M. Sauvage et le Duc de Fronsac appartenant à M. Grani.

6.—Ces trois bâtiments appareillèrent et montèrent le Richelieu, et les vaisseaux anglais ne firent aucun mouvement. Ces trois bâtiments ont mouillé vis-à-vis l’église des Grondines. Nous avons appris que nous avions fait sauter les Forts de Carillon et St. Frédéric à l’approche de 12,000 hommes ennemis. Nous n’en avions que 3,000. On s’est replié à l’Isle aux Noix.

7.—Les Anglais tentèrent deux descentes à la Pointe-aux- Trembles, l’une à 4 heures du soir, vis-à-vis de l’église, composée d’environ de 200 hommes, qui ne mirent pas pied à terre et qui perdirent environ 60 hommes. M. de

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Bougainville, colonel et commandant des Grenadiers, s’apergut que cette attaque n’était qu'une feinte, ayant vu passer au-dessus plus grande quantité de berges. En eflet, il fit défiler son monde en suivant les berges, et voyant que les ennemis voulaient descendre au ruisseau nommé de la Muletière, une demi-lieue au-dessus de la rivière Jacques- Cartier, où nous avons fait des retranchements, il y fit embusquer son monde avec défense de tirer qu’ils n’eussent regu l’ordre." Îl pouvait avoir 50 Grenadiers, 300 hommes (le troupes réglées et 600 miliciens Les ennemis à cette descente pouvaient avoir, par l’estinré de leurs berges, environ 1200 hommes, qui vinrent avec confiance se promener à vingt pas de notre embuscade, où ils furent reçus par un feu étourdi ; à la seconde décharge, les berges anglaises regagnèrent le large. On compte qu’ils ont perdu dans cette action 200 hommes, et autant de blessés. M. de Bougainville m’a assuré qu’il a vu 7 berges dans lesqueiles il pouvait y avoir 5) homes dans chaque, et qu’il n’en a remarqué dans chaque que 4 ou 5 en état de ramer. Le même jour nous apprit la prise de Niagara, et que la garnison était prisonnière, On craint que M. de Caprenay n’ait subi le même sort.

8.— Après cette action, les berges qui s’étaient retirées au large, gacnèrent le matin la côte du Sud. 2 frégates se rangèrent à terre pour favoriser leur descente. 100 hommes que nous avions dans cette partie firent trois décharges pour s'opposer à leur descente, mais inutilement ; ils tuèrent environ 10 hommes, mais ils furent obligés de se retirer étant canonnés par les vaisseaux et berges. Les 1200 hommes de descente redescendirent à St. Antoine à la maison de Deruisseau.

Le même jour fut fatal pour moi et pour bien d'autres. Les Anglais qui n’avaient cessé de cannonner et bombarder depuis le 12 juillet firent, lorsque vint le soir, un nouvel effort : ils jetèrent des pots à feu sur la basse-ville, dont trois tombèrent, un sur ma maison, un sur une des maisons de la place du marché, et un dans la rue Champlain. Le feu prit à

la fois dans trois endroits. En vain voulut-on couper le feu et l’éteindre chez moi, il ventait un petit Nord-Est, et bientôt la basse-ville ne fût plus qu’un brâsier ; depuis ma maison, celle de M. Désery, celle de Maillou, rue du Sault au Matelot, toute la basse-ville et tout le Cul-de-Sac jusqu’à la maison du Sr. Voyer qui en a été exempte, et enfin jusqu’à [a maison du Sr. DeVoisy, tout a été consumé par les flammes.

I y a eu 7 voutes qui ont crevé où brulé, celle de M. Perrault, le jeune, celle de M. Tachet, de M. Turpin, de M. Benjamin de La Mordic, Jehaune, Maranda, Jugez de la consternation. 1 ÿ a eu 167 maisons de urulées,

9 août.—Les Anglais ont continué leur bombardement, et ont dirigé leur: bumbes à la haute ville.

10,—1ls en ont fait de même ; et on a fait un détachement pour les Païs d’en haut de 500 hommes,

11.11 se fit de notre Camp sous Beauport un détachement de 300 Canadiens et de 300 Sauvages pour aller attaquer les uavailleurs qui étaient au-dessus du Sault; au lieu de compter sur ces travailleurs, ils trouvèrent 800 hommes armés qui les soutenaient. Notre parti donna vaillamment et tuèrent environ 150 homines Les ennemis se replièrent, On aurait pu engager une action générale si on avait soutenu notre parti et tombé sur les travailleurs.

Le même jour, dans la nuit, il y eut une alerte : trois frégates essayèrent de passer avec une petite goëlette, Les trois frégates se retirèrent au feu de nos canons et de nos mortiers ; la petite goëlette passa ; elle s’échoua néanroins, et 5 bateaux armés de 2 canons la ponrsuivirent, mais elle se releva et continua sa route.

12— Malgré une pluie continuelle les Anglais ont continué de canonner et bombarder. Depuis le 10, ils ont porté leurs bombes, qui étaient de 80, et leur pots à feu, qu’ils ont sans doute mises dans un gros mortier, au-dessus de la porte St. Louis, dans la rue St. Valier, et jusqu'aux tentes du commissaire, le sieur Corpron, faisant fonction de munition-

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naire, et du garde-magasin campés devant l’Hopital Général, au-dessous de la terre d'Abraham. Cette même nuit, il y a eu une alerte : un soldat ayant rapporté qu’on fusillait à l’Anse des Mères ; l’erreur était grossière. C’était à la rivière des Etchemins.

13.—Les Anglais ont dirigé leurs bombes à deux bâtiments échoués à la rivière St. Charles qui servaient de batteries, à l'entrée de la Rivière St. Charles, en faisant un feu continuel, ainsi que de leurs batteries du Sault Montmorency ; malgré cela, on ne compte que 40 hommes de tués du canon et de la bombe, tant au Sault qu’à la ville, et autant d’estropiés.

14.—Continuation du feu de la Pointe-Lévy sur la Ville. 2 matelots tués sur les ramparts de la batterie de M. Nau.

15.—Les ‘:Zlais ont diminué leur feu, et n’ont presque point jeté de bombes.

16.—Ils ont fait peu de feu pendant le jour, mais à l’entrée de la nuit ils ont jeté beaucoup de bombes et pots à feu dont un, sur les neuf heures du soir, mit le feu à la maison de la veuve Pinguet, vis-à-vis les murs des Récollets. Ce feu fut assez bien servi suivant que je l’ai vu. Deux frères Récollets et deux charpentiers empêchèrent la communication du feu, en montant sur la maison voisine de Planty et la découvrant margré les bombes et les canons dont la direction était sur le feu. Il n’y eut personne de blessé, et M. Lusignan et moi en furent quittes pour ia peur, deux boulets nous ayant râzés, et une planche des Récollets, détachée par un boulet de canon de dessus la couverture de leur Eglise, ayant passé entre le frère Noël et moi.

17.—On s’est apergu ce matin que quatre bateaux anglais se détachaient de la flotte et allaient rejoindre les bâtiments qui étaient au Saut; on ne douta point que c'était pour rembarquer partie de leur artillerie ; en effet, ils y travaillèrent toute la journée et tirèrent dans cette partie peu de canons. Le feu des Anglais de la Pointe Lévi a commencé; ils

tirèrent jusqu’à 12 coups de canon à la fois de 4 heure en

4 heure. Et sur quoi tiraient-ils ? sur les tristes débris de l’incendie de la basse-ville, 11 y a eu ce jour un Pilotin de tué chez M. Glemet.

18.—Les Anglais firent une descente à Deschambault à la maison de M. Perrot, capitaine du lieu.* Cette maison servait de retraite à la belle Amazone aventurière, (C’est madame Cadet, femme de sieur Joseph Ruffño.

Cette maison était riche par le dépôt que plusieurs officiers avaient fait de leurs malles, lesquelles ainsi que la maison ne furent point sauvées de l’incendie, Lorsque se faisait cette belle opération, 15 cavaliers, à la tête desquels étaient le sieur Belcour, major de la cavalerie, se présentèrent hardiment. Les Anglais crurent sans doute que c'était une avant-garde et se rembarquèrent Ce qui encouragea ce petit parti qui venait au secours, composé d’environ 300 hommes du Cap-Santé, Les Ang'ais étaient près de 800; ils perdirent 22 hommes, sans compter ies blessés Ncus n’avons eu qu’un Canadien de blessé, légèrement. Il est à observer que M. de Montcalm parut après cette noble expédition.

Les Anglais traversèrent avec leurs berges à Ste. Croix, et razèrent la terre pour ne point se la:s&r aller au courant. M. Cournoyer, officier de la colonie, qui avait 75 hommes avec lui, posta son monde en embuscade, et leur ordonna de tirer sur la lère berge ; ce qu’ils firent. Ils les passèrent ainsi en revue, et ils en tuèret environ 200 sans coup férir, puisqu'ils ne voyaient point ceux qui tiraient sur eux.

19.—Les Anglais ont recommencé à canonner la ville, et à mettre ie feu dans les côtes de St. Antoine et de Ste. Croix.

20.—On s’est aperçu que Îcs quatre navires anglais mouillés aux Ecureuils faisaient leur eau, et se préparaient à descendre devant la ville ayant bastingué leurs vaisseaux de grosse pièces de bois. Continuation du feu de canon à la ville, et 2 matelots tués.

* Voir Mémoires sur le Canada, 1749-60, p. 64.

21.—Les Anglais, suivant leur louable coutume, ont mis le feu à St. Joachim, et ont brûlé les deux fermes. Toujours canonnade à la ville.

22.—Ils ont mis le feu au moulin du Saut, et à toute la côte du Petit-Pré et du Château Richer.

23.—Le feu de ces côtes a continué, et nous l’avons vu toute la nuit.

Le même jour, je fus me promener à la basse-viliz. Nous tirâmes sur les Anglais une douzaine de bombes, et 20 coups de canon, et ils cessèrent leur feu tout l’après-midi.

24,—On envoya M. St. Laurent, à 7 heures du matin, en parlemeutaire pur Pofficier Ecossais mort, blessé à l'affaire du Saut du 31. Il a fait son testament, par lequel il a donné tout son argent et ses effets au soldat de Languedoc qui l’a pris prisonnier —pour savoir si l’on agréait son testament. Je ne sais pas encore la réponse.

La suspension d’armes a duré jusqu’à neuf heures. Ensuite les Anglais nous ont salué de 12 coups de canon. Le même jour, nous avons remarqué que les Anglais avaient mis le feu à leur retranchement du Sault, et que le feu recommenga aux maisons de Petit-Pré.

25.—Les Anglais ont commencé le feu de leur batterie de la Pointe Lévi, et ont tué deux hommes sur le rempart.

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