‹ Siège de SébastopolChapitre 14 sur 82 · MOIS OC MM · texte numérisé non relu

MOIS OC MM

PAH» t.

L« géténi ISiel

C*t IIOIOBlé («BMIIAtldAIll

du |éoie de Tonnée.

Arrivée iTun cor|>s d'innée iirdr.

RaléHlisAeturtil dius le auftbé du

vrages extérieurs, pris de revers par le côté nord du port, ne pourraient pas offrir une grande résistance ; on se borna donc à se consolider dans les cheminements déjà exécutés. Mais du côté de la ville, les entreprises de l'ennemi furent si hardies que, malgré le désir qu'avaient les assiégeants d’éviter toute action sanglante, on dut en venir plusieurs fois aux mains. Au reste l'ennemi, comme on le verra, eut toujours à regretter d'avoir provoqué la lutte. «i«sd*iiJ‘SîînK'tuii amiraux Lyons et Bruat, voyant que rajournement de l’assaul ei Témuié. jjiigjj projjuirc une interruption dans les travaux du siège, proposèrent de faire immédiatement une expédition contre Kertch et Yénikalé pour ouvrir aux flottes alliées l'entrée de la mer d'Azof.

L’armée russe de Crimée recevait une partie de ses approvisionnements par la mer d'Azof; si on lui enlévait la possession de cette mer, elle en éprouverait une grande gène, et certainement l’opération militaire qui chasserait les Russes de la mer d'Azof et conduirait le pavillon des alliés jusqu'aux bouches du Don, aurait un grand retentissement en Russie et dans toute l'Europe. Mais ce n'est pas là que des coups décisifs pouvaient être portés, et si les avantages de l’expédition de Kertch n’étaient pas contestables, il n’en était pas de même de son opportunité, car d’un moment à l’autre on pouvait avoir besoin de toutes les troupes et de tous les vaisseaux.

Les amiraux reconnaissaient que la coopération du corps de réserve de Constantinople était le but essentiel que l’on devait poursuivre, mais ils croyaient pouvoir assurer que leurs vaisseaux seraient de retour de Kertch au moment où l’on aurait besoin d’eux pour le transport des troupes.

Le général en chef de l’armée française ne donna son consentement qu’à regret, mais l’expédition fut décidée.

Les troupes do débarquement se composaient de la 1'* division du 1" corps, commandée parle général d’Autemaire qui avait remplacé le général Forey , appelé, vers le milieu du mois d'avril, au com-

mandement de la province d’Oran ; d’une division anglaise commandée par le général Brown, et d’un détachement de troupes turques. Le commandement supérieur de l’expédition revint au général Brown par ancienneté de grade. La flotte portant ces troupes et les deux amiraux partit le 3 mai au soir, gagnant d’abord le large dans la direction d’Odessa pour donner le change aux Russes.

Quelques heures après le départ, une dépêche télégraphique de l’Empereur enjoignait au général Canrobert de réunir tous ses moyens pour se préparer à attaquer l’ennemi extérieurement, et de concentrer immédiatement toutes ses forces, même celles de Constantinople. Il était temps encore de rappeler les amiraux en route pour Kertch. Le général Canrobert fit partir à la hâte un de ses officiers d’ordonnance à bord du Dauphin pour remettre à l’amiral Bruat l’ordre formel de ramener les troupes au camp. Lord Raglan, sur les instances du général Canrobert, consentit à engager l’amiral Lyons à ne pas se séparer de l'amiral Bruat. La flotte expéditionnaire dut rétrograder au moment où elle arrivait en vue de Kcrtch,

L'amiral Bruat fit immédiatement ses dispositions pour aller chercher le corps de réserve à Constantinople. Le général Régnault de Saint-Jean d’Angely débarqua à Kamiesch, le 18 mai, avec la majeure partie de ses troupes.

En attendant l’arrivée du corps de réserve, le général en chef fit commencer le camp retranché de Kamiesch.

Ce camp, qui avait pour but de couvrir le port d’approvisionnement des Français, fut tracé à environ 2,000 mètres du fond du port de Kamiesch, entre la baie de Strélitzka et l’escarpement bordant la côte à l’est du cap Khersonèse. Il se composait de huit redoutes destinées à renfermer de l’artillerie de position, reliées entre elles par une ligne continue. Ce camp pouvait, à un moment donné, devenir d’une très-grande utilité : il eût permis de ne laisser qu’une faible armée devant Sébastopol dans le cas où l’on eût opéré au dehors.

Ou enirtprefif] l« rainp retranché de Kami^h.

l.’Em{w^rr«r rcaoiur • r#e»f i*n Cnm^.

Plan da r«mpafcn« d»» rEmf;emir.

En ras dr revers, il eùl élé un refuge pour l’arniée de siège, ol aurait tenu l’artillerie des Russes à une distance assez grande pour qu'elle ne pùt atteindre ni les vaisseaux accumulés dans le port, ni les magasins de Kamiesch. Enfln si, par une cause quelconque, l'armée avait dû évacuer la Crimée avant la conclusion de la paix, cette opération n’eùt été possible que grâce au camp de Kamiesch. C'est dans cette dernière prévision que l’on construisit plus tard une seconde ligne en arriére de la première. Elle comprenait quatre redoutes et reliait le fond de la baie de Kamiesch aux escarpements qui bordent la mer au sud, à 2,(M)0 mètres environ en arrière de l’extrémité de la ligne extérie.ure. Cette seconde ligne eût pu être défendue, après l'abandon de la première, par 6 ou 8,000 hommes qu'il eiU été possible d'embarquer dans une seule nuit. La nature rocheuse du sol apporta de grands retards à l’exécution des redoutes, auxquelles on voulut donner un fort profil et dont les fossés durent en grande partie être creusés dans le roc vif. Quoique le travail ait élé interrompu plusieurs fois, les lignes de Kamiesch étaient pourtant â peu près terminées à la fln du siège.

Telle était la situation lorsque le commandant Favé, ofQcier d’ordonnance de l’Empereur, arriva en Crimée pour informer le général en chef que, par des considérations politiques. Sa Majesté avait dé renoncer à venir elle-même se mettre à la tète de l’armée. Mais l’Empereur envoyait en même temps ses instructions et discutait le plan de campagne qui lui paraissait le meilleur à suivre.

L’Empereur voulait former trois armées : la première, de 60,000 hommes et de tous les indisponibles évalués à 10,(X)0, était destinée, sous les ordres du général Pélissier, à garder les travaux du siège et les ports; la seconde, de 55,000 hommes sous les ordres de lord Raglan, donnant toujours la main à la première, devait occuper la vallée de Baïdar et pousser ses avant-postes assez loin pour menacer les communications des Russes entre Sébastopol et Simpliéropoi;

eu6n la Iroisième, commandée par le général Canrobert et composée de 40,000 hommes pris devant Sébastopol et du corps de réserve de ^,000 hommes formé à Constantinople, devait déboucher d’Alouschtapour se. porter vers Simphéropol, sur les derrières de l’armée ennemie.

Si les Russes, voulant défendre le centre de leurs approvisionnements, acceptaient la bataille devant Simphéropol, lord Raglan, marchant sur Baktchi-Saraï , menaçait la droite ou les derrières de leur armée. Si au contraire l’ennemi, abandonnant Simphéropol, concentrait toutes ses forces sur Sébastopol, le général Canrobert marcliait sur lui par Baktchi-Saraï ; lord Raglan suivait les mouvements du général Canrobert, et, au moment de l’attaque, il montait les rampes d’Inkermann pour prendre part à la bataille.

Ainsi, on le voit, où que l’ennemi portât ses cITorts, il trouvait toujours une armée, assez nombreuse pour lui tenir tète, qui était bientôt soutenue par une seconde armée de même force.

Les détails d’exécution n’étaient pas moins bien calculés pour tenir les Russes dans l’indécision sur le véritable point d'attaque.

\ son arrivée à Constantinople, l’Empereur faisait embarquer le corps de réserve sur les vaisseaux des flottes alliées qui s’y trouv aient réunis. En même temps, les armées de lord Raglan et du général Canrobert prenaient possession de la vallée de Baïdar, lord Raglan poussant ses avant-postes jusqu’aux cols par lesquels on débouche dans la vallée du Belbek, et le général Canrobert se tenant prêt à marcher sur Alouschta par le col de Phoros et la route WoronzolT. l'ne avant-garde, embarquée sur les vapeurs les plus rapides, partait de Constantinople pour se porter sur uu point de la ctHe entre les bouches du Dniéper et Pérékop, et y débarquait ; mais, ne restant que le temps nécessaire pour Jeter l’alarme dans le pays et faire expedier des ordres de tous oïtés, ces troupes remontaient bientôt sur les vaisseaux pour regagner les parages de S«>bastopül.

Lw flottes portant le corps de réserre, apr^ avoir suivi quelque temps la même direction que l'avant-grarde, prenaient à l’est et marchaient droit au cap de Phoros pour se faire reconnaître, puis, continuant leur route sur Alouschta, y débarquaieht en toute hâte 3,000 hommes qui allaient prendre possession du défilé situé sur la route de Simphéropol, entre les villages de Chouma et d’Aîan. Nous avons parlé, en décrivant la Crimée, de ce défilé du Tchatyr-Dagh : au mois de mai, il n'avait pas encore été fortifié ; on pouvait d’ailleurs le tourner avec des troupes légères en prenant des sentiers tracés sur les flancs de la montagne, du côté de l’ouest. Dès que la possession de la route d’ Alouschta à Simphéropol nous était assurée jusqu'à Aïan, tout le corps de réserve débarquait et le général Canrobert faisait filer ses colonnes sur la route Woronzoff, sans autre précaution que de faire occuper les rares passages par lesquels on peut communiquer de celte route avec l’intérieur de la Crimée.

C’est ainsi que, dans ce plan habilement conçu, on tirait parti en même temps de la supériorité des troupes françaises dans la guerre de montagne, et de la rapidité avec laquelle on peut aujourd’hui, au moyen des flottes, transporter les armées d’un point à l’autre des côtes menacées.

U c»roUK Le 14 mai, après une longue discussion, les trois généraux en chef

rem«t le rnnmaodraient

•0 Fé?«ier îivwcnt adopté le plan de campagne de rEmpereur; mais dans les détails de l’exécution, on se retrouva en face de toutes les diSlcultés inhérentes au défaut d’unité dans le commandement, et l’armée apprit avec autant de surprise que de regret que le général (^.anrobert venait de résigner son commandement. Le 1(> mai, il envoya au ministre de la guerre la dépêche télégraphique suivante :

« Gnod qnitfiicr general, 1U mai 10 heures du malin.

« Ma santé fatiguée ne me permettant plus de conserver le com- « mandement en chef, mon devoir envers mon souverain et mon

« pays me force à vous demander de remettre ce commandement au « général Pélissier, chef habile et d’une grande expérience. L’armée « que je lui laisserai est intacte, aguerrie, ardente et con&ante; je « supplie l’Empereur de m’y laisser une place de combattant à la « tête d’une simple division. »

Le surlendemain, le général en chef reçut la réponse suivante ;

• TarU, IG uiai 11 heures du soir.

« L’Empereur accepte votre démission; il regrette que votre X santé soit altérée; il vous félicite du sentiment qui vous fait den mander de rester à l’armée ; vous y commanderez non pas une n division, mais le corps du général Pélissier. Remettez le comman- « dement en chef à ce général. »

La remise du commandement eut lieu le 19 mai. Le général Canrobert fit ses adieux aux troupes par un ordre du jour. Il n’accepta pas le commandement du 1" corps ; le général Pélissier lui rendit son ancienne division, la 1“ du 2* corps, commandée alors par le général Bouat.

Un ordre du jour du 20 mai constitue l’armée ainsi qu’il suit :

Plussm, gijniiral de division, commandant en clier.

Grand ginartier général.

Dk MAXTinriiY, général de brigade, chef d’état-major général. .

iaBRÀS, colonel d'état-major, sous-cher d'état-major général.

TmmT, général de division, commandant l'artillerie de l'anuée.

Nul, général de division, commandant le génie de l'armée.

Blskchot, intendant militaire, intendant général de l'armée.

GiiuED bi CHARBOintiSais, Uentenant-colonel, grand prévit de l'armée.

i" Cnrpr.

Di SiLLls, général de division, commandant.

Rim, général de brigade, chef d'éut-niajur.

Lüaoanrr, général de brigade, commandant rartillerie.

UaiesaE, général de division, commandant le génie.

Boitni'nAKD, sous-intendant de 1'* classe, faisant fonctions d'intendaiil.

Orgiaïuüoo de l'artae.

1^* rfiiiiion d^infanUfif ,

U'AiTUAmu, général de diviskin, comuiandaul.

; S' b»l. d<‘ cluiiieura ii pied.

I'* brigade ! Général Niol 19' de ligne.

(*6* id.

(.T9* de ligne,

i* brigade ; Général BuTon j .j

Artillerie, génie, équipages raililaires.

J* dtciiien ttinfanlerir.

Letàu.lài<t, général de division, commandant.

I'* brigade : Général bi la HüTTUiovfiE.

0* bal. de rliasseurs à pied, il* de ligne.

I V' uiii* ui; «.I

.til* de ligne.

(.H* id.

de ligne.

' 1 80* id.

i' brigade : Général Culsios

Artillerie, génie, é<|uipages militaires.

.1' division d’infanltrit.

Part, général de division, eoinmandanl.

(If bal. de chasseurs a pied.

48* de ligne.

98* id.

f 1" rég. de la légion étrangère.

4* brigade : Général Bazaise. ‘ ' j 4* id

.Artillerie, génie, équipages militaiies.

l* dii'irioN (fiN/aiitenV.

lloiAT, général de division, comiiiandanl.

1'* brigade : Général KaccaEiix 5 18* de ligne.

("9* id.

j H' de ligne.

4* brigade : Général Divai j jj.

10* bal. de chasseurs à ideil.

4* brigade : Général Divai

Artillerie, génie, équipages militaire

Division ds cavtütrir.

Monus, general de division, eoinmandanl.

i I" rég. de chasseurs d'Afrique.

I'* brigade : Général Cassaiosolles |.j, jj

(4* rég. de chasseurs d’Afrique.

4* brigade : Général { j, ij.

.Artillerie.

Kisenes cl pures de l' artillerie cl du génie.

9* C»rp«.

ItoSQiKT, gviioral dt‘ dhisimi. eommindiiil.

Coi'RTOT DI CiMCY, géiiônil de brigade, ehef d éui-uiaior.

Beliet, général de brigade, commandant l^artillerio.

Fiomard, général do brigade, commandant le génie.

Bu5C DI MoLtaïf, smi'^iiitcndant de 1'* classe, faisant fonctions d'intendauf. !'• diriifOM H'rnfantrne»

Ceitain>€aMoiiat, général de diusiim, cummaiidant.

‘ 1*' bat. de chasêcurs à pied.

I” brigade : Général Ksrr»AShi: '.J I" rég. <te loaaves.

,7* de ligne.

1 iO* de ligne.

t* brigade : General \inoy

Artillerie, génie, équipages inilitairvs.

i* dirûtON »V.

Camo(‘, general de division, eommandani,

. / Heg. de tirailleurs algériens.

brigade ; Généra! dk Wi«rrFt> .] 3* rcg. de looaves.

(.•50- de ligne.

3* bat. de chasseurs à pied, (i* de ligne.

.84' id.

Arlillerie, génie, équipages militaires.

3* éiviiion d'infante!

MATaA>, general de division, commandant.

IM brigade : Général DK LAVAiA^ut

4' brigade r Général Di Faillv.

10' bat. de chasseurs à pied.

.< 4* rég. de zouaves.

[ i* rég. d'inraiitorie de mariiir.

lO'i* de ligne.

■»07- id.

Artillerie, génie, équipages niiliiairo.

4' diVùioR dinfantrfir, Dllac, général de di\ision, eouimandaiit.

!*• brigade : Général de Saim-I*ol |s7* de ligne.

»85- id.

17* bat. de cliasseurs à pied.

S' brigade : Général Btsso^.

i'10* de ligne.

Hl* id.

Artillerie, géuie, équipages niililaiirs

— au —

5* rftrMcit finfantrrir.

BRVf>iT, géiirnil de diTision, couuuaudani.

r* brigade : General Coati

t* brigade : Céiiénil LaroüT Di ViLuaRii. Artillerie, giiiiic, éi|uipagea militaires.

^ A* bat. de rbàuenrs à pied .

j S9* (le ligne.

(lOO* id.

i iS' de ligne, id.

Division de rnraterif^

D’AlLOnriLLi, gdndral de divisioii, cuuimandanl.

I" brigade : Général . ■

1* brigade ; Général Dl CuanFEKO.t

j 1" tt‘g. de liiusards.

(*' id.

i6* rég. de draguas, (r* rég, id.

Artillerie.

Résertres et pares de rarlillerie cl du génie.

Corp* de réeerve.

Rigiui'LT DI SaiMT-dux D'AiGEir, général de division, eummandaïU.

Di VacDinaT-Davoti, colonel, efaer d'état-major.

SoLEiLLi, général de brigade, commandant rarlillerie.

|t) cominandant le génie.

Paiu, intendant militaire.

I" dicfsian d’inftttUerie.

UauiLLOtt, général de division, commandant.

/ lé* bat. de cbaaseun à pied.

I" brigade : Général MaictiSAT . . .|é7* de ligne.

(.Sî* id.

— . ■ J /. i e t*® ligne-

ï* brigade : General Cui j.j,

Artillerie, génie, é(|uipages uiilitair».

4* dirin'on d’Infnnlriie.

D'AtaiLixa , général de division, eommainlanl.

(<) Le général de brigade de BiHille, aide de camp de l’Empereur, envoyé i Constanlinuple pour oiganiser le camp de Maslak, prit plus lard le commandement du génie du corps de réserve.

I" brigad» : n)‘iirr»l MoutesàM),

t* brifcade ; Général PiRara'Jo5QL'ibti!s.. Anillrrie, nénir, équipages mililaires.

: 7* bal. de chaiaennii pied. I O* de ligne.

(Sî* id.

(IS* de ligne.

! 96* id.

, Diniion de la gardr imjw'rtu/e.

MtLLniT, général de brigade, eiinimandanl.

' /.oiiave».

|t< brigade : Général l uaiCB M" rég. de Toitigeon.

(îr rég. id.

i Chasseurs.

*• brigade : Général PonTtvbs 1" rég. de g^nadiera.

Ix* réf. w.

(Rég. de gendanuerie à pied.

Aninerie. génie, équipages mlllialres.

i^ri^ode de rdra/eriV df m^sertff.

n tf i • 1 I 1 • I a rég. de dniirassier».

De Foeton, géaenu de brigade, commamlaiit. .{ .

' ® (9* reg. h!.

Rëaerves et parcs de rartUlorie et du génie (D.

En prenant le commandement, le général Pélissier n’adopte aucune opération extérieure ayant pour but d'investir la place, et les opérations du siège sont reprises et poussées avec la plus grande vigueur.

Une nouvelle expédition est envoyée à Kertch. Elle a pour but EipMiiim de Kmrb. de s’emparer, à l’aide d'un débarquement, de Kertch et de Yénikalé, de se rendre maître du détroit, de lancer une escadre de vapeurs légers dans la mer d'Azof pour la dominer, ruiner les établissements principaux de son littoral et couper les transports maritimes qui alimentaient l’armée russe en Crimée.

Le corps expéditionnaire se compose de 10,000 hommes, savoir :

7,000 Français sous le commandement du général d’Aulemarre.

VoirRiu piéiT» ju«1ifiE»liïM. X» 9, la ailitaiion da préacnrp i c^lf« é|i«quf.

;J,0(K) Anglais sous celui du g^Miéral (îeorgi s Brown, »*l Turcs de l’armée d’Omer-Pacha.

Le contingent français se compose : de la division d'infanterie du général d’Autemarre augmentée du 1 i' bataillon de chasseurs à pied de la division Herbillon ; de trois batteries montées (deux de la division d'Autemarre et une de la réserve d'artillerie), plus une section de fuséens; d'une section du génie avec un matériel d’outils el d'engins; d'un peloton de chasseurs d'Afrique pour le service d’ordonnances ; des services administratifs (ambulances, vivres, etc.) : enün d'une réserve de munitions et de 70,000 rations de vivres.

Le chef d'escadron de Trj on commande l'artillerie du corps expéditionnaire ; le chef de bataillon Dubost commande le génie.

Ces troupes s'embarquent à Kamiesch, le 21 mai au soir, sur trois vaisseaux et une vingtaine de vapeurs. L’amiral Bruat, ayant son pavillon sur MontebfUo, commande lui-mème cette petite escadre. La flotte anglaise, composée d'une trentaine de bâtiments à vapeur ou à voiles, est commandée par l'amiral Lyons.

Le 24 au matin , les deux escadres étaient réunies à l’entrée du détroit de Kertcli. Les amiraux prirent leurs dispositions pour jeter immédiatement sur la plage de Kamisch-fiouroun 3,000 hommes, trois pièces d’artillerie et une demi-section de fuséens.

Le général Wrangel, chargé de défendre la presqu’île de Kertch, avait inutilement demandé des renforts au prince GortchakolT; ne se trouvant pas en force pour s'opposer au débarquement, il flt sauter précipitamment les magasins à poudre des batteries construites depuis peu sur les caps Paul et Ak-Bournou, au sud de Kertch. Une flottille de petits bâtiments à vapeur pénétra alors dans le détroit et donna la chasse aux navires russes mouillés à Kertch, qui ayant levé l'ancre en toute hâte s’efforçaient de remonter le courant du détroit pour gagner la mer d’Azof ; plusieurs furent pris. Vers le soir, pendant qu'on opérait le débarquement des troiq>es, les Russes firent

sauter les magasins à poudre de Yi'iiikali^, détruisirent les conduites d’eau, enclouèrent les canons, mirent le feu aux magasins de blé et de farine de Kertch, et coulèrent trois vapeurs de guerre.

Dans la journée du 35, les troupes du corps expéditionnaire traversent la ville de Kertch sans y causer aucun désordre, et vont prendre possession du fort de Yënikalé qu’elles trouvent évacjié. Malheureusement, on avait négligé de laisser un détachement pour garder la ville de Kertch, qui avait été abandonnée par toutes les autorités russes. Des équipages de navires marchands, des Turcs, des maraudeurs du camp de V’énikalé, commencent par prendre ce qui est à leur convenance, et finissent par tout saccager, avant que les amiraux, préoccupés des opérations militaires, aient pu rétablir l'ordre.

On trouva dans les diverses batteries 83 pièces de gros calibre prêtes à faire feu, et dans les magasins de Kertch .350,000 sacs de blé et 160,000 sacs d’avoine.

(]'est ainsi que les alliés se rendirent maltri>s sans coup férir du détroit qui leur ouvrait la mer d'.Yzof.

La flottille chargée d’explorer la mer d'.Vzof, composée de petits bétiments à vapeur anglais et français, brûla un grand nombre de navires caboteurs et incendia les magasins du gouv ernement russe ii Ghénitchi, à Berdiansk, à Marianpol, à Taganroget à Ghéisk. Les Russes n'opposérent quelque résistance qu’à Taganrog, ville dont la population est de près de 30,000 âmes et qui avait une garnison Le port, ensablé par les alluvions du Don, ne permit qu'à un petit nombre de bâtiments tirant très-peu d'eau d'approcher jusqu'à portée de leurs canons. La garnison n’ayant pas voulu livrer les magasins de l'Etat, on fit débarquer quelques compagnies pour y mettre le

N Ta|[;inro(; qm* miMinii I'', U» l'* tiropnilirf* ÏHio.

feu, et les navires tirèrent ensuite sur le foyer de l'incendie pour empêcher les Russes d'en approcher.

Le fort d'Arabat, situé à la jonction de la flèche d'Arahat avec la presqu’île de Kertch, fut bombardé par les flottilles réunies, qui firent sauter un de ses magasins à poudre sans éprouver aucun dommage de son artillerie.

L'expédition de Kertch fut un échec bien sensible à la Russie, qui n’eut plus, pour approvisionner son année de Crimée, que la route de Pérékop et celle de Tcbongar.

Les Russes possédaient encore deux établissements sur la côte de Qrcassie, le fort de Soudjouk-Kalé et la place d’Anapa. Les amiraux se préparaient à les attaquer, lorsqu'ils apprirent qu’ils venaient d’être évacués. Privés de toute communication par mer, entourés de Circassiens insoumis, les Russes s'y étaient trouvés trop isolés. Après avoir ouvert plusieurs brèches dans les fronts de terre d’Anapa et délniit l'artillerie qu'elle ne pouvait pas emmener, la garnison quitta cette place, et presque tous les habitants partirent avec elle. Les montagnards circassiens occupèrent immédiatement la ville, et un de leurs chefs soumis aux Turcs, Séfer-Pacha, vint en prendre le commandement. Surla demande des amiraux, le général en chef de l’armée française y envoya un peu plus tard le capitaine du génie Costc avec un détachement de mineurs pour détruire les fronts de mej. !

La flotte expéditionnaire de la mer d’Azof revint devant Sébastopol le 15 juin. On avait laissé à Yénikalé 7,(X)0 Turcs, un régiment français et un régiment anglais. Ces troupes élevèrent quelques ouvrages de campagne autour du fort de Yénikalé et se retranchèrent au cap Paul, aûn d’être en mesure de résister à une attaque des Russes tout le temps nécessaire pour qu’on pùt leur envoyer des renforts par mer.

Le capitaine du ijf^nie Roullier, chef d’atta(|ue; une brigade de sa- m «001».

peurs et 510 travailleurs d’infanterie.

L’ennemi, avec cette activiU' dont il n'a cess»' de fournir des Eni«.OT«nii»r(wtn,f

tM c«Qtr«-iyf>ro(bi

preuves pendant toute la durée du siège, n'uvait pas tardé à donner «• »«•••

une certaine consistance à la ligne d’embuscades qu’il avait coin- '"(pîl'îm*)''''' mencee dans la nuit du 25 au 26 avTil en avant du bastion central, et qui était devenue un véritable ouvrage de contre-approche.

Comme nous l’avons déjà dit, une seconde gabiormade avait été établie en arrière de la première, et elle foniiait avec celle-ci un ouvrage entièrement fermé qui était relié à l’enceinte de la place par une communication <]uc la forme du terrain dérobait à nos vues. Cet ouvrage, par sa position et par son relief, prenait fortement d'écharpe nos tranchées les plus avancées et quelques-unes de nos batteries. L’ennemi en retirait donc déjà de grands avantages, el les proportions croissantes qu’il lui donnait chaque jour ne permettaient pas de douter que son intention fût d'y placer de l’artillerie.

On était donc arriv é au moment le plus fav orable pour s’en rendre maître et y rester, car en diiférant l’attaque on s’exposait à le trouver armé d’artillerie; et d’un autre côté, si on l’cùt attaqué plus tôt, son parapet n’aurait pas eu assez d’épaisseur pour nous couvrir contre les feux de la place. Notre véritable attaque étant dirigée contre les fronts de Malakoff, le général Canrobert regrettait d'engager une action meurtrière devant le bastion central ; mais lorsque, contrairement à la règle générale des sièges, l’ennemi était venu s’établir plus près de nos tranchées que de la place et qu’on devait espérer être abrité des feux de sa puissante artillerie par ses propres travaux, on ne pouvait renoncer à prendre cet ouvrage de contreapproche sans lui laisser dev iner que l’attaque de la ville n’était plus que secondaire. Le général Pélissier, commandant le 1" corps, insista auprès du général en chef pour que cet ouvrage fût enlevé sans

Alli«|U<:> di- j^aiit'hc. — 240 —

retard, et tous les ordres lurent donnés pour que l'attaque eût lieu dans la nuit du au 2 mai.

Le général Dalesme s'était applique a laire déterminer le plus ('xactement possible la position et la forme de l'ouvrage, et par suite le tracé des boyaux qui pourraient être établis dans la nuit même pour le mettre en communication arec nos tranchées. Cette étude fut faite avec tant de soin par le lieutenant-colonel Guérin, que le plan arrêté d'avance put s'exécuter sans aucune modification. Les tranchées voisines de la batterie n° 40 furent élargies; on établit des gradins de franchissement dans celles de gauche, et le terrain qui nous séparait de l'ouvTage russe étant rocailleux, on transporta sur le revers des tranchées un grand approvisionnement de gabions et de sacs à terre tout remplis.

Le général commandant le l'r corps chargea de la direction de cette attaque le général de division de Salles ayant sous scs ordres les généraux de la Motterouge et Bazaine ; la garde de tranchée avait été renforcée de cinq bataillons.

Le général Bazaine, avec une colonne composée de six compagnies du 1" régiment de la légion étrangère, huit compagnies du 43' et dix du 79* de ligne, devait tourner l’ouvrage par la gauche ; le général de la Motterouge, avec deux bataillons du 46* de ligne, devait l'aborder de front, pendant qu'une troisième colonne, composée d’une compagnie du 6* bataillon de chasseurs à pied et de deux compagnies du 42' de ligne, tournerait par la droite et se relierait avec la colonne du général Bazaine.

A dix heures et demie, les troupes s'élancent vers l’ouvrage des Russes sans tirer un coup de fusil. La colonne du centre franchit le parapet pour aborder l'ennemi à la baionnette. Là s’engage une lutte trés-v ive , mais de peu de dunn; ; les Russes , chassc*s de l’ouvrage , sont poursuivis par nos soldats jusqu'aux fossés du bastion central dans lequel ils se jettent en désordre. Le colonel

— âil — AiU«iiie» de {»ucl*».

Viénot, de la lésion étrangère, trouva une mort glorieuse dans cette attaque.

La retraite de l'ennemi est bientôt suivie d’un feu violent de mousqueterie et d'artillerie partant de tous les points de l’enceinte qui ont des vues sur l’ouvrage qu’il vient d'abandonner; notre artillerie ouvre également son feu et lance dans la place ime grande quantité de bombes. C'est alors que les officiers du génie se metlcut à l'œuvre. Les parapets russes sont retournés et on établit à la sape volante, sous le feu le plus vif, une communication de près de 300 mètres de développement qui, malgré les difficultés que présente un terrain rocailleux, est assez avancée au jour pour que de nos tranchées on puisse communiquer à couvert avec l’ouvrage nouvellement conquis.

Le lieutenant-colonel Guérin, chef d’état-major du général Dalesme, dirigea ces travaux avec un sang-froid et une habileté remarquables. Il fut parfaitement secondé par le capitaine Roullier, par les sapeurs, et par tous les trav ailleurs d’infanterie : ces braves gens, après avoir apporté une première fois des gabions sous le feu le plus meurtrier, partirent pour en aller chercher d’autres, et il ne manquait au retour que les hommes qui avaient été tués ou blessés dans le trajet.

Une telle lutte sur un théâtre aussi restreint ne pouvait qu’être fort meurtrière, et le succès que nous venions d’obtenir avait été payé par des pertes bien sensibles. Mais nous nous étions avancés dans une seule nuit de 150 mètres vers le bastion central, et cette position ne pouvait nous être disputée avec avantage, puisque l’ennemi avait 200 mètres à parcourir sur son glacis pour arriv er jusqu’à nous.

Neuf petits mortiers {vortatifs, abandonnes par les Russes, nous prouvèrent que nous n’aurions eu qu'à perdre en retardant l’enlévement de leur ouvrage de contre-approche.

Pertes du 1*' au 2 ; 118 tués dont 7 officiers ; 484 blessés dont 25 officiers.

Attaques de gauche.

do S mil.

Sortie mue contre r<wmge do S iBoie

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 1,116 travailleurs d'infanterie.

On emploie environ 400 travailleurs à perfectionner la gabionnade établie dans l’intérieur de l'ouvrage russe, ainsi que la communication qui le relie à nos tranchées. Cet ouvrage sera désigné désormais sous le nom d’ourra^e du 2 ;nat.

Le feu de la place devient très-vif à partir de une heure de l’aprèsmidi. Toutes les batteries qui ont action sur nos nouvelles positions y dirigent leurs coups et font des brèches nombreuses dans nos communications dont les parapets n’ont encore qu’une faible épaisseur ; cependant le travail n’est pas interrompu. Il importe de se consolider au plus vite dans la position qu’on occupe ; on' continue à creuser les tranchées, à épaissir les parapets et à exécuter dans l’intérieur de l’ouvrage diverses dispositions défensives.

Le chef de bataillon Martin, qui dirige ces travaux, ayant été fortement contusionné à la poitrine par un éclat de bombe vers deux heures, est remplacé par le capitaine du génie Milliroux.

Vers trois heures, les Russes font une sortie pour reprendre l’ouvTage du 2 mai. Une colonne, composée de deux bataillons et précédée d'environ 200 volontaires, sort du fossé du bastion central et s’élance sur notre ouvrage que gardaient deux de nos bataillons soutenus par une réserve de voltigeurs de la garde. L’ennemi pris d’écharpe par plusieurs de nos batteries, dont le feu habilement dirigé lui cause de grandes pertes, est vigoureusement repoussé par nos braves soldats. Cependant, voulant tenter un dernier effort, il revient à la charge; mais arrêté de front par les troupes qui garnissent le parapet que nous avons déjà retourné contre lui , et attaqué de flanc par les voltigeurs de la garde, il regagne précipitamment son enceinte laissant sur le terrain bon nombre des siens.

L’ardeur de nos soldats était si grande, que les compagnies de la

Attaques de gtidie.

garde, quittant les tranchées, se sont élancées à travers champ pour arriver plus tôt sur le lieu du combat.

Dès qu'elle voit sa sortie repoussée, la place ouvre contre nous un feu des plus violents de boulets, de bombes, d'obus et de mitraille qui nous occasionne quelques pertes. Notre artillerie fait de son côté un feu très*meurtrier sur les troupes de la sortie, dont une partie s'était réfugiée dans les fossés de la face gauche du bastion central.

Cette sortie, qui n'a présenté aucune chance de succès, ne fait qu'augmenter la confiance de nos soldats dans la possession de l’oU' vrage du 2 mai.

A dix heures et demie du matin, les Russes font jouer un fourneau (d,a) devant le bastion du mât. Nous étions .sur nos gardes, tout travail ayant préalablement cessé chez eux. Personne n'a été blessé.

On continue les travaux de la journée, et on ouvre devant l'ancieu retranchement russe le plus éloigné de la place, à droite et à gauche de la communication faite la nuit précédente, deux boyaux d'une trentaine de gabions chacun.

Pertes du 2 au 3 : 109 tués dont 4 officiers ; 574 blessés dont 20 officiers.

Dans la journée, il y eut une suspension d’armes pour enlever les morts ; on rendit aux Russes 150 cadavres qui se trouvaient tant dans l’intérieur des lignes dont nous nous étions emparés que sur le parapet et le terrain extérieur.

Dans les combats do la nuit du 1" au 2 mai et de la journée du 2, l'avantage étant toujours resté à nos armes, les pertes de l'ennemi ont dù être beaucoup plus considérables que les nôtres. Cependant les rapports russes ne portent ces pertes qu’à 10 officiers et 283 soldats tués, 15 officiers et 54f) soldats blessés.

Nos mineurs ont regagné sur plusieurs points l’emplacement dos fourneaux qui ont joué le 15 avril. Arrivés en tète de la galerie de

droite, ils y trouvent une grande chambre formée par des blocs de

Minn (PI. X , H|. t).

Nuit dut 10 3 msi.

Journée do 3 oaii.

Mioes.

ACtfeqiiffi dt* ipiiirhf.

rocher; ootnnie on n’en peut pas cU^boucher et que tout autour on entend clieminer le mineur russe, on se décide à y brûler 760 kilogrammes de poudre pour arrêter l’ennemi et améliorer en même temps notre logement supérieur. D’un autre côté, on a cheminé par la galerie 13, malgré de grandes difficultés, vers le fourneau 20 qu’on suppose toujours chargé; on a dû se hûter, car l’ennemi, qu’on entend distinctement, parait marcher sur le même point. Le 3 mai, on a retrouvé le cordeau porte-feu de ce fourneau ; on le réunit à celui du fourneau placé en tête de la galerie de droite ; le feu est donné à onze heures du soir, et on obtient les deux explosions a,» et a».

Comme on l’a déjà dit, le mineur ennemi revient sans cesse sous le talus extérieur des entonnoirs. Nous avons établi sur ce talus une banquette qui en facilite la surveillance et permet de faire le coup de feu contre la place. Mais les hommes de garde y sont exposés soit aux éclats des projectiles creux qui arrivent sans cesse dans les entonnoirs, soit aux effets des fourneaux du mineur russe; enfin cette banquette n’est pas d’une bonne défense contre les sorties. La garde d$ tranchée de la quatrième parallèle sera incomparablement mieux placée derrière le bourrelet intérieur des entonnoirs qui formeront, en avant de cette garde, un fossé profond dans lequel l’ennemi, plongé à bout portant, ne saurait s’engager impunément. On emploie des sapeurs et des travailleurs d'infanterie à transformer ce bourrelet en parapet avec banquette pour la fusillade. Nuit du t >u i oui. Le chef de bataillon du génie Noël, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 18U travailleurs d’infanterie.

On commence sur une quinzaine de mètres de longueur, à la gauche de la ligne la plus avancée de l’ouvrage du 2 mai, une place d’armes destinée à servir d’abri à la garde de tranchée, et on ouvre en arrière un boyau reliant entre elles les extrémités des deux lignes russes retournées. On amorce, à la droite de la batterie n" 40, un boyau dirigé vers les carrières qui bordent le plateau de ce côté.

Aiiaiiiit*« frnürli^,

Ces divers travaux ont ^lé rorlemenl inquiétés pur le feu de lu place : un lieutenant et 20 travailleurs d’infanterie, 2 sous-ollicinrs et 4 sapeurs du génie ont été blessés.

Pertes du 3 au 5 : 8 tués; 100 blessés dont 0 ofTiners.

Vers deux heures de l’après-midi, une bombe russe tombée sur l’un des magasins de la batterie n° 2i y met le feu. L'explosion n’endommage pas la butterie, mais un maréchal des logis et trois canonniers sont tués, un officier et quelques soldats blessés.

Le capitaine du génie Roullicr, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs et 220 travailleurs d’infanterie.

On continue sur 30 mètres de longmmr le nouveau boyau partant de la droite de la batterie n” 10. On prolonge à droite et à gauche la tranchée ouverte, pendant la nuit du 2 au 3 mai, au pied du parapet de l’ancienne ligne russe la plus rapprochée de nos attaques. Ce travail a été continué les nuits suivantes.

En exécutant ce dernier cheminement, on découvre sous le sol plusieurs augets en planches qui contenaient des saucissons goudronnés aboutissant, les uns à des fougasses établies en avant de la première ligne russe, les autres à des barils de poudre enfoncés à 1"50 sous terre sur plusieurs points du terrain compris entre les deux lignes. L’ennemi, dans sa retraite précipitée, n’avait pu faire usage de ces moyens de défense.

Pertes du 5 au 0 : 10 tués dont 2 officiers ; 09 blessés dont 4 officiers.

Le capitaine du génie .^lilliroux, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 280 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 20 métrés la partie droite du cheminement commencé dans la nuit du 2 au 3 mai au pied du parapet de l’ancienne ligne russe la plus voisine de nos tranchées, et de 30 métrés la pelitt; place d’armes partant de l'extrémité gauche de la ligne la plus rapprochée de la place.

Joani^ du 5 mvi.

.Suit du 5 au G mai.

XiiH du 6 tu ^ Biii.

Attiques de gauche.

Nuil do 8 M 9 ««i.

Journée du 42 nui.

Mines.

Journdedu 43 mai.

Minos.

Ruil do 13 ou 44 nui.

Pertes du 6 au 7 ; 6 tués; 54 blessés dont 2 officiers.

Le chef de bataillon du génie Pingault, chef d'attaquo; deux brigades de sapeurs et 243 travailleurs d'infanterie.

On ouvre un bout de tranchée d’une vingtaine de mètres de longueur entre la droite de la batterie n” 39 et le point de jonction des deux boyaux ouverts le 13 avril, ce qui abrège de 150 mètres la communication aboutissant à l’ouvrage du 2 mai.

On pratique dans les carrières supérieures, sur la droite de la batterie n° 40, un cheminement d’environ 110 mètres de développement qui fournil à nos chasseurs à pied des postes excellents d’où ils plongent dans l'intérieur de la ville et y rendent sur plusieurs points les communications très-dangereuses. Plusieurs batteries placées sur la portion de l’enceinte qui traverse le ravin de la ville se trouvent tellement dominées que l’ennemi est obligé d’ouvrir des trancliées pour y arriver.

Pertes du 7 au 9 : 13 tués dont 1 offider ; 90 blessés dont 3 offiders.

A huit heures du malin, nous faisons jouer un fourneau (o«) dont l’effet se produit vers une cavité qui provient d’un camouflet de l’ennemi.

Perles du 9 au 13 : 17 tués dont 2 officiers ; 123 blessés dont G officiers.

A sept heures du soir, nous faisons jouer un fourneau (a,,) contre un cheminement souterrain de l’ennemi qui avait dépassé la banquette extérieure des entonnoirs ; chaque coup de pioche des Russes faisait ébouler quelques parcelles de ferre.

Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 180 travailleurs d’infanlerie.

On pousse le cheminement à droite de l’ouvrage du 2 mai jusqu’à la carrière.

Le travail de la nuit a été presque nul par suite de deux sorties et du feu très-vif de la place.

247 AlUqnet de ganche.

Vers onze heures et demie, une colonne rosse sort du ravin qui '>«'« •»''« «««. longe le mur crénelé et tombe sur la portion de la parallèle voisine de l’angle sud-est du cimetière, à gauche do la batterie n° 4i. Les troupes de garde sur ce point laissent arriver l’ennemi et le reçoivent par une décharge à bout portant, puis elles s’élancent sur lui et le repoussent à la baïonnette jusque dans le ravin. Quelques Russes, qui avaient franchi le parapet, sont tués ou faits prisonniers. La retraite de l’ennemi est suivie d’un feu de mitraille qui dure presque jusqu'au jour.

Cette sortie avait probablement pour objet d’attirer du côté du cimetière la réscn c de nos gardes de tranchée, car bientôt une autre colonne rtisso est signalée sur la droite de l’ouvrage du 3 mai. Elle s’approche en suivant la communication qui reliait cet ouvrage à la place, et arrive dans l’ancienne tranchée russe qui forme aujourd’hui un fossé en avant de la tranchée française dont le parapet sc trouve ainsi compris entre deux rangées de gabions. La sortie, arrêtée par l’ancienne gabionnade russe, se masse contre cet obstacle qu’elle ne franchit pas, et un feu de mousqueterie très-vif s’engage des deux côtés par-dessus le parapet, mais il est sans grand résultat, car quoiqu’on soit près de se toucher, les coups ne sont pas assez plongeants pour qu’on puisse s’atteindre. Fn officier russe qui monte sur le parapet tombe mort aussitôt et n’est pas suivi. Ne pouvant sc servir de leurs fusils, les Russes jettent à la main dans l'intérieur de l’ouvTage une grêle de pierres qui nous blessent quelques hommes, mais presque tous légèrement. Enfin, après être restés prés d’une demi-heure dans leur ancienne tranchée, les Russes rentrent dans la place, mais un certain nombre des leurs reste sur le terrain.

Pertes du 13 au 14 : 8 tués dont 1 officier; 118 blessés dont 6 ofciers; 1 disparu.

Le capitaine du génie Ducrot, de service à la tranchée, est griè- lourbée du 14 vement blessé à l’épaule par une balle.

dr gttUibc iNyit du 14 «U 15 uui.

Slinr*.

Jourt»ée du 15 m«i.

Mtocs.

>uil du 15 iu 16 lusi.

Jourute du 16 nui.

Le capitaine du génie Koullier, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 2-iO travailleurs d’infanterie.

On met les deux places d’armes à gauche de l’ouvrage du 2 mai en communication avec des carrières qui limitent le plateau de ce côté.

Vers une heure du matin, les Russes donnent le feu à un petit fourneau (d„) dont l’explosion a renversé un tirailleur et fait pénétrer quelques gaz dans nos galeries.

Pertes du It au 15 : 3 tués; 37 blessés dont 3 officiers.

A dix heures et demie du matin, nous refoulons un cheminement souterrain de l'ennemi par une explosion (o«) effectuée dans le talus de l'entonnoir général.

En arrivant sous l'entonnoir du fourneau 20, nos mineurs donnent dans un amas de chair humaine en putréfaction qui les force à abandonner ce rameau.

A six heures du soir, nous faisons jouer un nouveau fourneau (a») dans le but de refouler l’ennemi.

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 3tK) travailleurs d’infanterie.

On rétablit à l'extrémité de la place d'armes la plus avancée, à gauche, de l’ouvrage du 2 mai, une partie de la gabionuade qui pendant la journée avait été détruite par le canon de la place, et on organise eu place d'armes l'extrémité droite de l’ancienne ligne russe la plus avancée.

Le capitaine du génie Fescourt est contusionné à la tète par un sac à terre projeté pur un boulet.

Vers minuit, les Russes ont donné le feu à un petit fourneau (d,,); l'un de nos mineurs, blessé et enterré i>ar cette explosion, a pu être dégagé aussitét.

Pertes du 15 au 1(> : 3 tués ; Iti blessés dont 1 officier.

A six heures du soir, nous faisons jouer un fourneau (a») dirigé contn! un cheminement souterrain de l'ennemi.

Le chef de bataillon du génie Pingault, cliet d'attaque ; une brigade de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de quelques gabions la place d'armes la plus avancée, à droite de l’ouvrage du 2 mai, et on met en communication avec les carrières inférieures le boyau qui part de la droite de la batterie n° 40.

A minuit, les Russes ont fait jouer un fourneau {da) ; il nous a blessé trois hommes qui travaillaient dans les entonnoirs.

Pertes du 16 au 17 : 4 tués dont 1 officier; 42 blessés dont 2 officiers.

A midi, nous avons fait jouer dans le talus de l’entonnoir un fourneau (a») qui nous a paru avoir détruit une portion de la galerie de l’ennemi.

Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On commence un cheminement dans la carrière inférieure, sur la droite de la batterie n° 40.

On fait un épaulement en terre devant un mur eu pierres sèches qui contourne le fond de la baie de la quarantaine.

Pertes du 17 au 18 : 33 blessés dontA officiers.

Les Russes font jouer deui fourneaux contre nos entonnoirs, l’un à midi, l'autre à trois heures. Le premier (d„) a blessé plusieurs hommes de garde par des pierres projetées dans la troisième parallèle ; le deuxième (d») n’a produit aucun effet.

Le capitaine du génie Roullier, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 10 métrés la place d’armes avancée sur la droite de l’ouvrage du 2 mai, et de 15 mètres le cheminement commencé la nuit précédente dans la carrière inférieure à droite de la batterie n“ 40.

Vers deux heures du matin, nous faisons jouer un fourneau («, )

A(U<|ueb dv gauclic.

NuU du «U 47 mai.

Minex.

Journée du 47 oiaL Mines.

f4uil do 17 lu 48 mat.

Journée du 48 mot.

Mine».

Nuit du 48 au 4tf nai.

Mtiif*.

AlUquci de (aucbe.

pour approfondir et rectiller sur un point ia quatrième parallèle. Il est probable que son explosion a communiqué le fou à quelque four* neau de la défense, car on a obtenu un entonnoir beaucoup plus grand qu'on ne devait s’y attendre.

Pertes du 18 au 19 : 2 tués ; 35 blessés.

."iiui du lu *0 nui. Le chef de bataillon du génie Noël, chef d’attaque j deux brigades de sapeurs et 300 travailleurs d’infanterie.

Ûn prolonge d'une vingtaine de mètres le cheminement de la carrière inférieure à droite de la batterie n* 40.

Vers une heure du matin, on signale de fortes patrouilles russes vers la gauche de l'ouvrage du 2 mai ; reçues par une vive fusil- ^ lade, elles ne tardent pas à rentrer dans la place. La retraite de

l’ennemi fut suivie pendant une demi-heure d’une canonnade partant du bastion central, à laquelle nos batteries répondirent immédiatement.

Pertes du 19 au 20 : 0 tués dont 1 oilicier ; 53 blessés dont 2 ofliciers.

jouriM dQ 10 nui. A midi , nous arrêtons un cheminement souterrain des Russes

Mioefl (PI. XI, i ).

par une explosion {au) eflectuée dans le talus de l’entonnoir général.

^ heures du matin, deux fougasses-pit*rriers établies dans les entonnoirs et chargées de pierres et de quartiers de bombes ont joué et ont projeté leurs gerbes dans l'inlérieur du bastion du mât.

SuiUuit auUoMu Le chef de bataillon du génie Martin, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 210 travailleurs d'infanterie.

On prolonge le cheminement dans la carrière inférieure à droite de la batterie n° 40.

Ut Ruutt On a vu que l’ennemi repoussé, dans la nuit du 13 a>Til, des em-

cooBtrtri5«nt un ouvrags

di contre.ip|jtKbc buscodes qu’U occupait devant le bastion central, n’avait pas tardé {PI. vui). gu (.féer d’autres en arrière, sur la croupe qui sépare le ravin de la quarantaine de celui du cimetière. Depuis, il a établi une nouvelle

ligne d’embuscades couronnant les escarpements au fond de la baie de la quarantaine et s’appuyant à l’angle nord-ouest du cimetière. Ces embuscades prenant chaque jour de l’extension, il était probable que l'ennemi tenterait avant peu de les relier entre elles et de se consolider sur ce terrain qui prend des vues d’écfaarpe sur toute la gauche de nos attaques. Quoiqu’on ne veuille marcher qu'avec beaucoup do prudence aux attaques de la nlle, comme II a été dit plus haut, on ne peut cependant pas laisser prendre à l’ennemi de si grands avantages, et l’ordre est donné d’étudier, en avant de la parallèle du cimetière, le tracé d’un nouveau cheminement partant d'une trentaine de mètres à droite de la batterie n° , et se dirigeant vers les embuscades russes qu’il devra envelopper. C’est le lieutenant-colonel Guérin qui fut chargé par le général Oalesme de préparer ce travail.

Le tracé avait été jalonné par des trous dans lesquels se logeaient des éclaireurs, et les matériaux avaient été réunis ; mais on avait ajourné l’exécution de ce cheminement depuis plusieurs jours, parce qu’on remarquait chaque soir que les Russes étaient en force dans le ra>in, très-prononcé sur ce point, qui nous sépare de la place. Cependant, un plus long retard pouvant être nuisible, l’ordre d’exécution fut donné pour la nuit du 2t au "iâ mai. Le nouveau cheminement est ouvert sur une longueur de 115 mètres, sans autre opposition de la part de l’ennemi qu'un feu de mitraille qui, dirigé trop haut, ne blesse que trois hommes parmi les travailleurs. Nos officiers du génie ne pouvaient comprendre comment les Russes, qui se montraient si jaloux du cété de la ville, les laissaient cheminer si paisiblement; mais dés que le jour parut, tout s'expliqua. Par une singulière coïncidence, pendant que nous ouvTions cette tranchée pour prendre possession pied à pied, et avec le moins do pertes possible, de la croupe occupée par les embuscades, les Russes étaient venus

y porter leur ligne de défense. Ils avaient enveloppé ces embuscades

Attaquas de .

Uiflfi

par une gabionnade qui, marchant parallèlement au mur du cimetière, sur le sommet de la croupe que chacun voulait posséder, se rattachait au corps de place par un long boyau aboutissant à la lunette-située devant la face droite du bastion central.

Les travaux entrepris par les assiégés, dans la nuit du 21 au 22 mai , avaient un si grand développement , qu’ils constituaient un camp retranché en avant de la quarantaine plutèt qu'un ouvrage de contre-approche. Si les Russes avaient pu s’y maintenir, le siège de la ville serait devenu impossible, car les feux partant des hauteurs du cimetière auraient rendu inhabitable une partie de nos tranchées, et nous eussions été sans cesse menacés d’ètre tournés par des forces considérables que l’ennemi aurait pu y réunir à notre insu. Mais en venant nous assiéger dans nos tranchées et en se portant beaucoup plus près de nous que de la place pour nous tourner, les Russes perdaient en grande partie la protection de leur artillerie, et ils se trouvaient forcés de placer leurs réserves en dehors de l’enceinte crénelée, dans le vallon de la quarantaine. Or, les deux batteries n“‘ i5 et armées de pièces de campagne, enOlaient ce vallon et y croisaient leurs feux. Cette tentative, bien plus hasardée que celU* qui nous avait mis en possession de l’ouvrage du 2 mai. allait amener une lutte sanglante que l’assiégeant regrettait, parce que les c.oups décisifs devaient être portés ailleurs, mais qui ne pouvait manquer de tourner à son avantage. Les nouvelles tranchées des Russes débordaient tellement les nôtres qiic de l’ouvrage du 2 mai on voyait à revers près de la moitié de la gabionnade qui était parallèle au mur du cimetière, et on prenait d’écharpe une grande partie de la communication qui, partant de la gauche de cette gabionnade, descendait dans le vallon de la quarantaine pour rejoindre le bastion central. Les balles de nos chasseurs à pied forcèrent bien vite les Russes à évacuer ces portions de tranchées.

Du côté du bastion du mât, nous avons fait Jouer deux fougasses-

— iô3 —

de fütufhe.

piBiriers, l'utie à minuit, l'autre à trois heures cl demie du matin. L’obscurité n'a pas permis de voir les effets de la première; la seconde a très-bien porté sur le bastion.

Pertes du 21 au 2â : 3 tués; 30 blessés dont 1 officier.

Le général Pélissier, qui venait de prendre le commandement en chef, donne l’ordre de faire les préparatifs nécessaires pour enlever les nouveaux ouvrages de l'ennemi, aûn de les retourner contre la place. La journée est employée par le service du génie à élargir les tranchées du côté du cimetière, à y faire des gradins de franchissement et à réunir sur les lieux un grand approvisionnement de gabions, de fascines, de sacs à terre et d’outils. Le capitaine du génie Roullier, chef d’attaque, disposait à cet effet de deux brigades de .sapeurs et de 200 travailleurs d’infantprie. Pour la nuit, il avait également deux brigades de sapeurs et OtiO travailleurs.

Le général de Salles, commandant le 1*' corps, avait confié au général Pâté le commandement des troupes qui devaient attaquer les ouvrages russes, et il avait placé sous ses ordres les généraux de brigade de la Motterouge et Beuret. Il avait été décidé qu’on ferait deux attaques simultanées, l'une par l'angle nord-ouest du cimetière, l’autre par l’angle sud-est.

Le général Pâté avait sous ses ordres huit bataillons de 4fKI homnu» chacun, les compagnies d'élite du 1*' régiment de la légion étrangère et trois compagnies de chas.seurs à pied. En outre , <les réserves se tenaient prêtes à marcher.

A. neuf heures du soir, les deux attaques eurent lieu simultanément; celle de gauche, conduite par le général Beuret, est faite par trois compagnies du 10* bataillon de chasseurs à pied soutenues par deux bataillons du 2* régiment de la légion étrangère et un bataillon du 08* de ligne ; celle de droite, sous les ordres du général de la Motterouge, est faite par les compagnies d’élite du l" régiment de la légion étrangère et par deux bataillons du 28' de ligne, soutenus

Joiirnéit du 11 nii ouit niiaou.

EnlHem^nt du OMrrl d« «Mire-

.ip^rorhé nalUi^^f.

AnaquM de gatiche.

par un bataillon du 18‘ de ligne, et ayant comme réserre demi bataillons de voltigeurs de la garde.

La tète de nos colonnes aborde les points indiqués en culbutant l’ennemi. Mais aussitôt après la retraite de leurs premières troupes, les Russes font entrer en ligne des masses considérables avec lesquelles les nètres se trouvent aux prises.

A l’attaque de gauche, la disposition des lieux avait permis de tourner les embuscades par la droite et par la gauche et d’y faire 25 prisonniers. Malgré de fréquents retours offensifs, ces embuscades restèrent en notre pouvoir après deux heures d’un combat acharné. Les officiers du génie, disposant de 300 travailleurs d’infanterie, se mettent aussitôt à compléter la gabioniiade que l'ennmni avait commencée la nuit précédente poiy relier entre elles ses embuscades, et on en retourne le parapet contre la place. En même temps, on prolonge l'épanlement qui contourne le fond de la baie de la quarantaine jusqu’à l’escarpement de la rive droite de cette baie. Bien que ces travaux n’aient pu être commencés que fort tard dans la nuit, ils étaient néanmoins assez avancés le matin pour qu’on ait pu y laisser une garde pendant le jour. - .

A l’attaque de droite, le combat continuait avec le plus grand acharnement. Cinq fois la gabionnade fut prise et reprise, et elle finit, après une lutte opiniâtre à la baïonnette, par rester entre nos mains. Mais le combat avait duré presque toute la nuit, et il n’était pas possible d'exécuter avant le jour les travaux indispensables pour permettre do laisser des troupes dans cette gabionnade qu’enfilaient les batteries de la quarantaine. On dut l’abandonner en se bornant à renverser les gabions et à abattre l’épaulemcnt, afin de la rendre intenable pour l’ennemi. Les travailleurs durent abandonner leurs outils pour prendre part à la lutte, et ils éprouvèrent des pertes sensibles. Le capitaine du génie Vaullegeard, officier d’une grande bravoure, qui dirigeait une partie du travail, a été tué.

Attaquer de gauche.

Malgré les combats de la nuit, la tranchée ouverte la veille en avant de la batterie n” 44 a été prolongée de 175 mètres ; elle se trouve assez avancée le matin pour qu’on puisse y maintenir des travailleurs pendant le jour.

Le feu de l'artillerie a été trés-vif de part et d’autre p«;ndant toute la nuit. Les deux batteries n°* 45 et 46, qui prennent d'enfilade et d'écharpe le grand ravin dans lequel l'ennemi déployait ses troupes, ont dù lui causer de grandes pertes.

Le général KhroulefT commandait les troupes qui ont combattu contre nous. D’après les rapports russes, leurs pertes furent de 765 tués, au nombre desquels le général d’.\dlcrberg et 18 officiers ; 1,426 blessés dont 4H officiers ; et 324 contusionnés dont 9 officiers ; en tout 2,515 hommes hors de combat.

Nos pertes du 22 au 23 se sont élevées à 512 tués dont 19 officiers ; 1,264 blessés dont 59 officiers ; 26 disparus; en tout 1,802 hommes hors de combat.

Le chef de bataillon du génie Durand de Vilicrs, chef d’attaque; de jour, deux brigades de sapeurs et 330 travailleurs d'infanterie ; de nuit, deux brigades de sapeurs et IKK) travailleurs d’infanterie.

Dans la journée, on voit les bateaux à vapeur russes faire de grands transports de troupes d’un cété à l’autre du port. Les corps qui ont le plus soulTert pendant la nuit sont sans doute relevés et remplacés par des troupes fraîches que fournit l’armée de secours.

Le combat de la nuit du 22 au 23 mai n’ayant pas laissé le temps de s’établir dans la partie des tranchées russes dont nous n’avions fait que chasser l’ennemi, le général en chef décida que ces résultats seraient complétés la nuit suivante. Le général de Salles chargea de cette opération le général Levaillant commandant la 2* division du l"' corps, et les dispositions ci-après furent arrêtées :

A la gauche, le général de brigade Conston devait, avec quatre bataillons, être prêt à résister à l’assiégé sur l’emplacement des em- .

Jourikée tiu i3 fi nuit MiitBle.

AUal|llt'^ dt' gauclic.

bustCiides russes de ia quarantaine, occupées par nous depuis la veille et transformées en une place d'armes.

A la droite, le général de brigade Duval, ayant à sa disposition six bataillons, avait l’ordre de reprendre les embuscades de la croupe à l'est du cimetière, de repousser l’ennemi et de le contenir pendant qu’on exécuterait les travaux nécessaires pour nous assurer la possession définitive de cette importante position.

L’artillerie devait préparer celte attaque en dirigeant son feu, dans la soirée, contre les batteries ennemies qui avaient des vues sur le lieu du combat, et le génie, apres avoir réparé le plus pos>:ible le désordre des tranchées, s’était approvisionné de tous les matériaux nécessaires et se tenait prêt à commencer les travaux des que nos troupes auraient dépassé les tranchées russes.

A neuf heures cl demie du soir, la colonne du général Couslon sort des tranchées et repousse dans la place tout ce qui se trouve devant elle ; on entreprend aussitôt la communication reliant la place d’armes commencée la nuit précédente sur l’emplacement des embuscades ennemies avec l’épaulemenl qui contourne le fond de la baie de la quarantaine.

En même temps que le général Couston se portait en avant, le général Üuval recevait l’ordre de commencer son attaque. Deux bataillons commandés par le colonel Gault, du 46', se jettent sur la gauche de l’ennemi, deux autres bataillons marchant droit sur lui l’attaquent eu face, et un troisième, contournant le cimetière par l'ouest, vient le prendre par sa droite. L’ennemi ne résiste pas à l’élan de nos troupes ; abandonnant ses tranchées, il se retire pour ne plus reparaître de toute la nuit.

Le général Dalesme Ut immédiatement arriver les travailleurs, et, sous la direction du lieutenant-colonel du génie Guérin et du chef de bataillon Durand de Villers, on établit sur l’emplacement de la gabionnade russe une parallèle tracée eu crémaillère pour échapper

AtUi(iit'N (tr ^'{1111:110.

aux \ues des cuntre-apprucheü de la quarautaine. A l'cxtrënie gauche du contre-rort, on relie ensemble deux grandes embuscades russes, on les ferme du côté de la place et on les ouvre jlu nôtre. Sur la droite, on approfondit la tranchée entreprise les deux nuits précédentes, et on la prolonge de liO métrés jusqu'à sa jonction avec la gabionnade russe transformée.

Malgré le feu très-vif de la place, tous les travaux s'exécutent avec beaucoup d'ordre et de précision, et au jour ils sont assez avancés pour que nos troupes puissent les occuper.

La parallèle russe se trouvant un peu en deçà du sommet de la croupe du cimetière, nos travailleurs n’ont pas eu à soulfrir du feu de ta place autant qu'on aurait pu le craindre ; cependant le capitaine du génie Fescourta eu la clavicule cassée par une balle et le sous-lieutenant Dogny a aussi été blessé.

L’ensemble des tranchées et des embuscades enlevées aux Russes et retournées contre eux, sur la croupe du cimetière, sera dorénavant désigné sous le nom d'ouvrage du mai.

On fait jouer trois fougasses-pierriers contre le bastion «lu màt, l'une à onze heures et deuiie du soir, les deux autri's à trois heures et demie du matin ; elles ont très-bien porté leurs gerbes sur le bastion et sur ses abords d'oil partait une vive fusillade. La dernière a rompu quelques châssis dans l'une de nos galeries.

Pertes du 23 au !5i : fit) tués dont i oiliciers; i()5 blessés dont 5U ofliciers ; 39 disparus.

Le chef de bataillon du génie \oël, chef d'atta<|ue-, deux brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.

On prolonge la communication commencée la nuit précédente entre l'épaulement qui contourne la baie de la quarantaine et la place d'armes établie sur l'emplacement des embuscades russes.

Nos tranchées de la croupe du cimetière sont prises d'écharpe par les batteri«»8 et les embuscades de la quarantaine ; on rectifie leur

MjIK r.

JouriM'e Ju H m.it.

Attaques de gauche.

ISaildu t4iQt5mai.

Mioe*.

iMfDée de Î5 mai et rail MÎTiiKa.

tracé sur plusieurs points, et on détermine la position des traverses de défilement qui devront être construites pendant la nuit.

A une heure et demie, il y a une suspension d’armes qui dure jusqu’à six heures du soir, pour enlever les morts restés sur place dans les combats des deux nuits précédentes. L’ennemi relève environ 1 ,200 cadavres, et il est probable qu'il avait déjà pu en enlever un certain nombre. De notre cdté, nous en rapportons 385.

Trois brigades de sapeurs et 780 travailleurs d’infanterie.

■\ la parallèle du cimetière, on exécute les rectifications et les traverses qui ont été trac<'!cs pendant le jour.

On complète la communication sur les escarpements de la rive droite de la baie de la quarantaine, ce qui permet d’arriver à couvert dans la place d’armes établie sur remplacement des embuscades russes.

L’ennemi commence pendant la nuit une nouvelle batterie à la droite de celles qui existent déjà sur le contre-fort qui descend du bastion n° G au fort de la quarantaine.

A sept heures du soir, nos mineurs croyant entendre un forage de l’ennemi sous le talus des entonnoirs, on déi)ose IfK) kilogrammes de pondre dans un puits creusé d'avance (âjs), et on y met le feu.

Pertes du 2t au 25 : G tués; H blessés dont 2 ofliciers.

• Le chef de bataillon du génie Massu, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et GGO travailleurs d'infanterie pendant le jour ; trois brigades de sapeurs et ioO travailleurs d'infanterie pendant la nuit.

La parallèle en avant de la batterie n" i i est élargie et approfondie; on rectifie le boyau en crémaillère à l’est du cimetière dans quelques parties qui étaient prises d’enfilade par la nouvelle batterie en construction du cété de la quarantaine. On épaissit à l'aide de sacs à terre le parapet de la communication qui contourne la baie de la quarantaine, ainsi que celui de la place d'armes qui couronne les cs-

AHaques de gucbe.

carp«nients de celte baie. Ces divers travaux sont continués pendant la nuit, et on prolonge la place d'armes d'environ 45 mètres vers l'angle sud-ouest du cimetière.

L’ennemi continue sa nouvelle batterie de la quarantaine et en commence une autre appuyée à la lunette de droite du bastion central, en profitant du point de départ des tranchées qu'il avait ouvertes dans la nuit du 21 au 22 et que nous lui avons enlevées.

Pertes du 25 au 26 : 4 tués dont 1 olTicier ; 36 blessés dont 1 officier.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.

Ou perfectionne sur une longueur d'environ 350 mètres la nouvelle parallèle du cimetière, et on la couvre par des traverses contre les vues de la batterie en construction sur le contre-fort de la quarantaine.

Des tirailleurs russes établis dans un groupe de maisons sur la rive droite de la baie ayant blessé des travailleurs dans les tranchées, nos batteries leur envoient quelques boulets qui font cesser leur feu.

Deux brigades do sapeurs et 800 travailleurs d'infanterie.

ün prolonge de 80 mètres vers la gauche la parallèle du cimetière; on prolonge également, de 140 mètres vers l’angle nord-ouest du cimetière, la place d'armes de la baie de la quarantaine.

A minuit et demi, nous donnons le feu à une fougasse-pierrier, parce que le bastion du màt tirait de manière à faire supposer qu’il s’y trouvait beaucoup de monde.

Pertes du 26 au 27 ; 2 tués ; 22 blessés.

A onze heures du matin, l’ennemi fait jouer un petit fourneau dont l’explosion (d,,) a blessé trois travailleurs et enterré deux hommes de garde : ceux-ci ont été aussitét dégagés et en ont été quittes pour des contusions.

jMntée do M mé*

Ndl do W ao t7 mai.

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Jouffii^- ilii 2-S mai.

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|iii (le iioti mineurs lait coiinaUro qu'il traYaille si près du mineur riisst; qu'ils vont se rencontrer dans une crevasse du rocher. On s’empresse de déposer sur ce point 260 kilogrammes de poudre, et on donne le feu à trois heures du soir. On obtient un entonnoir large et profond {a») qui fait supposer que le cheminement de l'ennemi a été écrasé.

Vers six heures du soir, nous donnons le feu à un fourneau établi à l’intérieur des galeries, iitin d'arrêter quelques cheminements de l’ennemi.

Le clief d(! bataillon du génie Ribot, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 7R4 travailleurs d'infanterie.

On fait les deux premiers lacets d'une communication en zigzag qui s’appuie au cété nord du cimetière, et «|ui doit relier notre établissement sur la rixe droite de la baie de la quarantaine à la parallèle du 2:4 mai.

Pendant la nuit, l'ennemi démasque cinq nouvelles embrasures dans la lunette RoiitaknlT située devant, le mur crénelé, entre la lunette de droite du bastion central et le bastion de la quarantaine.

Perles du 27 au 28 ; 2 tués ; 13 blessés.

(’n camouflet russe (d») qui joue vers quatre heures du soir enterre à mi-corps trois mineurs qui travaillaient dans les entonnoirs et qui se sont dégagés eux-mémes : un seul était blessé.

A cinq heures, nous donnons le feu à un petit fourneau établi en tète d'un de nos rameaux, et qui doit jouer en avant comme une fougasse. C’était une expérience : elle n’a pas produit d'effets satisfaisants.

l’ne autre explosion, effectuée à six heures du soir dans le talus de l’entonnoir général, a arrêté un cheminement de l'ennemi qui était arrivé sous un de nos puits creusés d'avance.

Le chef de bataillon du génie Durand de Villers, chef d’attaque i deux brigades de sapeurs et 7(X) travailleurs d'infanterie.

Depuis l'occupalioii des ouvrages de conlre-approclie enlevés au\

Russes le 33 mai, la gauche de nos cheminements se trouvait fort en l’air et très-exposée à être tournée par les sorties venant de l'espaci* compris entre le fort et les contre-approches do la quarantaine. Il fallut donc songer à se consolider en étendant les tranchées vers la gauche et en reliant l’ouvrage du 33 mai à la place d’armes de la quarantaine.

Pour atteindre ce but, on prolonge de 90 mètres vers la gauche la parallèle du 33 mai , en faisant de nombreux crochets pour se défiler des batteries de contre-approche. On ouvtc en outre deux nouveaux boyaux du cheminement contigu au mur nord du cimetière. La mitraille des Russes nous a tué i travailleurs et en a blessé 15.

Pertes du 38 au 39 : 4 tués ; 35 blessés dont 3 officiers.

Le chef de bataillon du génie IVoël, chef d'attaque; deux l>ri- x»inu w »» m n«i.

On prolonge encore de 80 mètres vers la gauche la parallèle du 33 mai, et on fait deux nouveaux boyaux de la communication en zigzag au nord du cimetière.

Les batteries russes de la quarantaine font un feu de mitraille assez vif sur 1e cimetière, supposant sans doute que nous y avions des résenes. La place a aussi tiré assez vivement sur un convoi qui apportait des munitions à nos batteries.

Pertes du 39 au 30 : i tués ; 31 blessés.

Le chef de bataillon du génie Massu, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 600 travailleurs d’infanterie.

On établit à l’intérieur du cimetière, contre le mur de clôture nord, un cheminement en crémaillère qui complète la communication entre la place d’armes de la quarantaine et la parallèle du 33 mai. Cotte parallèle, formée de l'andennc tranchée russe, ne nous pcrmett.inl pas de voir le ravin qui sépare nos attaques de l’enceinte de la place.

AiUqoM de gioclie.

Mioei.

loani^ da M mai.

M>mb.

Nnil da 34 mai aa 4*' JuId.

nous ouvrons en avanl, sur GO mèlres de longueur, une nouvelle parallèle qui couronne la berge gauche du ravin.

Le feu du bastion de la quarantaine a été assez vif pendant toute la nuit, sans cependant nous faire grand mal. On reconnaît, au jour, que l'assiégé a fait, en avant de sa nouvelle batterie de la quarantaine, une gabionnade en manière de chemin couvert, qui parait destinée à placer des tirailleurs.

On fait jouer, à quatre heures et demie du matin, un fourneau établi au fond d’un rameau. Son explosion (a«.) a mis à découvert beaucoup de bois de colTrage et des conducteurs électriques recouverts de gutta-percha. La forme très-allongée de l’entonnoir donne lieu de croire que le feu s’est communiqué à quelque fourneau russe.

Pertes du 30 au 31 : 3 tués; -11 blessés.

On donne le feu à deux fourneaux établis dans le talus de l’entonnoir général. Les explosions (a„ et du) ont lieu à une heure et à trois heures.

Les Russes font toujours un feu très-vif contre les entonnoirs. On est sans cesse occupé à réparer le parapet de la quatrième parallèle dans lequel l’artillerie du bastion du mât fait souvent do larges brèches. Une des descentes qui conduisent dans les entonnoirs a été blindée : elle avait été fréquemment endommagée par les bombes.

Le chef de bataillon du génie Martin chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 650 travailleurs d’infanterie.

On ouvre, en partant du cinquième boyau do la communication au nord du cimetière, une place d’armes d’une centaine de mètres se dirigeant vers la baie de la quarantaine. Celte place d'armes, couronnant un petit plateau d'où l’on découvre bien le ravin en avant, est destinée à protéger la gauche de nos cheminements contre les sorties que l’ennemi pourrait faire si facilement en partant de l’es-

— âfKi —

AUaquet de gaucbc.

pëce de camp retranché que forment en avant de l’enceinte de la place le fort et les contre-approches de la quarantaine.

Toute cette portion' de nos cheminements était fort exposée et donnait lien à des inquiétudes sérieuses. La condition d'échapper en même temps aux feux d’enfilade des ouvrages avancés de la quarantaine et à ceux du bastion central ne permettait de cheminer que dans une seule direction ; le terrain était en outre rocailleux et trèsdiflicilc à creuser. On prolongea la place d’armes autant que possible. Il ciU été à désirer qu’on pût la terminer par une bonne redoute protégeant le flanc de nos attaques; mais la construction d’un pareil ouvrage, dont il aurait fallu creuser les fossés dans le roc, exigeant un travail pénible et long, on risquait, en dévoilant nos craintes, de provoquer les atUiques de l’ennemi.

On prolonge de 90 à 100 mètres la place d’armes ouverte la nuit précédente à l’est de la parallèle du 2^3 mai. On améliore plusieurs parties de cette parallèle, où l’on n’avait pu encore travailler de jour.

Pendant toute la nuit, on a été fort tourmenté par la mitraille ; le capitaine du génie Jacohé a été mortellement blessé par un biscaïen.

Pertes du 31 mai au !•' juin : i tués; 28 blessés dont 2 offleiers.

Les pertes du 1" corps, pendant le mois de mai, s’élèvent à 910 tués dont 43 officiers ; 3,877 blessés dont 17 4 officiers ; 67 disparus; en tout 4,800 hommes hors de combat.

La moj enne du nombre de travailleurs employés aux attaques de gauche, pendant le mois de mai, a été de :

87 sapeurs ou mineurs et 510 soldats d’infanterie par journée ; 96 — 440 — par nuit.

Le chef de bataillon du génie Fabré, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 2(K) travailleurs d’infanterie.

On entreprend la construction de trois épaulements pour des pièces de campagne destinées à battre le terrain en avant de nos

Pertes du 4*' cerp*.

iNooibre de irtniUeur» employé*.

ATTAiyCES OB OBOITE.

Noil du i** lu i nui.

Au<ii|ii('N droilf

— -ioi —

ulUiques dan» le ca» où reiinemi lenterait une forte »ortie : le premier (balteric n“ 1 1 pour 2 pièces), à l'attaque du carénage, flanquant toute la partie de la première parallèle qui occupe le plateau ; le second batterie n" 12 pour pièces) , à l'attaque MalakolT, situé sur la berge droite du ravin Karabelnaya en arrière des deux parallèle», sur un point d’où l’on peut tirer par-dessus nos tranchées ; enfin le troisième (batterie n“ 1 1 pour 2 pièces), avec traverse et parades, situé aussi à l’attaque MalakolT, dans la partie la plus avancée d'un cheminement pratiqué dans des carrières en avant de la droite de la deuxième parallèle.

I.es Russes travaillent activement à leur nouvelle batterie sur la dernière croupe du contre-fort du carénage. On y compte cinq embrasures.

Perle» du 1" au 2 : 3 blessés.

Vuitdu 1 »u -iiMi. Le chef de bataillon du génie Fabré, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 200 travailleurs d’infanterie.

On ouvre un bout de tranchée d’une trentaine de mètres de longueur, pour relier la droite de la deuxième parallèle, devant le mamelon vert, à la communication qui descend de la place d'armes de l'éperon dans le rav in du carénage.

Pertes du 2 au 5 : .'>8 blessés dont 3 olliciers. iturufle ilii 7 yui t-l L’èpaulement de la batterie n" 1 i, terminé dans la journée du 7, est aussitôt remis à l'artillerie chargée d'établir les embrasures ; celui de la batterie ir 11 est achevé la nuit suivante. Ouant à la batterie n° 12, elle est moins avancée; sa position en arrière de la première parallèle oblige à élever la plate-forme à 1 mètre au-dessus du terrain naturel. Ce travail est d'ailleurs vivement contrarié par l'artillerie de la redoute Kamtchatka qui ne permet pas toujours d’y laisser des travailleurs.

Pendant la nuit, les Russes percent dans la branche qui descend H l’est de la redoute Kamtchatka quatre embrasures faisant face à

— 265 — AlUH|nc» )lu druilf.

nos cheminemenls. £n même temps, ils commencent au pied du mamelon vert, en arrière de leur première ligne de contre-approche, une seconde tranchée destinée à soutenir la première, et se reliant par sa gauche avec la batterie de 4 pièces dont nous venons de parler.

Pertes du 5 au 7 : 10 tués ; 33 blessés dont 3 officiers.

Le chef de bataillon du génie Boissonnet, chef d'attaque; deux xuimusiutomn. brigades de sapeurs et 250 travailleurs d'infanterie.

Sur le plateau du carénage, on ouvre une tranchée d’environ 320 mètres de développement, partant de la gauche de la parallèle et aboutissant à une embuscade établie en avant, sur le versant du ravin du carénage. Vers minuit, le travail est interrompu pendant une heure, par suite d'une alerte occasionnée par un feu de mousqueterie très-vif qui a lieu sur la gauche du ravin Karabelnaya, entre les attaques anglaises et les travaux de contre-approche de l'ennemi.

Toutes nos batteries et celles des Anglais ont engagé aussi une luUe très-vive avec l’artillerie -de la place.

Pertes du 7 au 10 : 6 tués ; 41 blessés dont 1 officier.

Le colonel Frossard, nommé général de brigade, continue à com- ''

mander le génie du 2‘ corps.

Le petit magasin à poudre de la batterie du fond du port fait explosion, vers cinq heures et demie du soir, par l’effet d’une bombe tirée de la batterie russe du phare. Quelques hommes sont tués et plusieurs autres blessés ; les deux pièces de gauche de la batterie sont bouleversées mais n’éprouvent aucune avarie.

La nuit, vers deux heures, quelques Russes sortent de leur ligne de contre-approche devant le mamelon vert et s'avancent sur la droite de notre attaque ; ils sont accueillis par une vive fusillade et se retirent aussitôt. Il en résulte une alerte générale, mais elle ne dure que peu d'instants.

Pertes du 10 au 12 : 0 tués; 24 blessés.

AlU<|ueit d« dniili*.

Nuit du 45 au 16 mau

Nuit du 16 au 4? mai*

Nuit du 47 au 48 mai.

Le chef de baUilloD du génie Chareton, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 150 travailleurs d’infanterie.

L'embuscade établie sur la berge droite du ravin du carénageLpour protéger ia gauche de notre attaque, et qui a été reliée à la parallèle dans la nuit du fl au 10 mai, ne voyait que très-imparfaitement le terrain en avant ; on en établit une seconde un peu plus loin, sur la droite de la première, au sommet d’un contre-fort séparant deux petits vallons transversaux qu’elle découvre parfaitement, et on réunit ces deux embuscades par un cheminement d’environ 200 mètres de longueur. Mais la nature rocailleuse du sol ne permet pas de donner partout à cette communication une profondeur sufiisante pour couvrir les hommes; la nouvelle embuscade est néanmoins occupée pendant la journée suivante.

Pertes du 12 au 16 s 12 tués; 60 blessés dont 1 officier.

Le chef de bataillon du génie Boissonnet, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 100 travailleurs d’infanterie.

On modifie une partie, incomplètement défilée, de la communication ouverte la nuit précédente, et on établit sur les ressauts de l’escarpement du ravin un petit sentier partant de la gauche de la parallèle pour commimiqucr plus directement avec les attaques du plateau de Malakolf.

On termine l’épaulemont de la batterie n* 12.

Au jour, on s’aperçoit que les Russes ont considérablement augmenté le parapet de leur ligne avancée vis-à-vis de celte batterie ; ils paraissent disposer eux-mômes en ce point deux embrasures dirigées contre la batterie n° 14.

Perles du 16 au 17 : 2 tués ; 13 blessés dont 1 officier.

Le chef de bataillon du génie de Préserville, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 200 travailleurs d’infanterie.

On améliore les nouvelles tranchées ouvertes à la gauche de l’attaque du carénage, et on prolonge par une gabionnade d’une ving-

taine de métros de longueur la partie droite de l’embuscade établie dans la nuit du 15 au 16.

Les Russes construisent en arrière de la batterie établie sur la branche descendante, à l'est de la redoute Kamtchatka, un blindage en corps d'arbres qui parait destiné à scnir de magasin ou de logement pour les canonniers. Notre artillerie dirige des feux sur ce travail afin de le retarder le plus possible.

Pertes du 17 au 18 : 2 tués ; 5 blessés.

Le chef de bataillon du génie Boissonnct, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 200 travailleurs d’infanterie.

 l'attaque du carénage, on ouvre une trancliée partant de la droite de la parallèle et aboutissant à une embuscade établie en avant. Cette tranchée, qui servira de communication à une deuxième parallèle qu'il faudra faire pour se rapprocher de la redoute Volhynie, présente un développement total de 121 mètres, dont 10 en sape double divisés en sept branches avec crochets. La pente descendante du terrain a obligé de faire un tracé de ce genre. Au jour, le travail est peu avancé à cause de la nature rocheuse dn sol ; on n’est couvert que dans quelques parties.

Le feu de la place a été très-modéré ; il n’était pas d’ailleurs dirigé sur le nouveau travail.

Pertes du 18 au 21 : 8 tués ; 54 blessés.'

Le chef de bataillon du génie de Préserville, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs et 200 travailleurs d’infanterie.

On perfectionne la tranchée ouverte la nuit précédente pour communiquer à l’embuscade de droite, et on établit une nouvelle embuscade en avant et à gauche de celle-ci.

On abaisse d'un rang de gabions l’épaulement de la batterie n° 12, préparé pour recevoir trois pièces de campagne sur plates-formes élevées ; l’artillerie s’est décidée à remplacer ces pièces par des mortiers.

Pertes du 21 au 22 : 2 tués ; 6 blessés.

Atuquef de droit».

Nuit d» fO m îf mii.

Naît du *ti S2 niai.

Auaquf^R de droite.

Jouro^ du îî mai.

.\nt dn t^au t3 mai.

?iiôt du an ti mai.

— 2fi8 —

l.e chef de bataillon du génie Fabré, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et 300 travailleurs d’infanterie.

On place des travailleurs pour améliorer la tranchée ouverte à la droite de la parallèle du carénage dans la nuit du 20 ; mais les boulets tirés de la redoute Volhynie ayant traversé la gabionnade en plusieurs endroits, tué un bomme et blessé plusieurs autres, on suspend momentanément le travail et on se borne à faire des travaux d'entretien dans les tranchées.

On continue, malgré le feu de la place qui inquiète beaucoup les travailleurs, à transformer la batterie n° 12 en batterie de mortiers.

l'iie brigade de sapeurs et 200 travailleurs d'infanterie.

On trace deux boyaux, l’un de 75 mètres, l'autre de 45 mètres de longueur, reliant la place d’armes en avant de la gauche de la parallèle du carénage avec le cheminement en zigzag qui a son point de départ en arrière de la batterie n° 11 ; mais le premier boyau est seul ouvert.

l.,e tir de la place n’a pas discontinué pendant toute la nuit.

Depuis neuf heures et demie du soir jusque vers la fin de la nuit, on entend une mousquctcrie et une canonnade très-vives ; c’est l’attaque faite par les troupes du 1" corpé contre les ouvrages de contreapproche établis par les Russes prés du cimetière de la quarantaine.

Pertes du 22 au 23 ; 3 tués; 9 blessés dont 2 officiers.

Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs et 200 travailleurs d’infanterie.

On termine l’ouverture du lacet de 45 mètres de longueur qui avait été tracé et amorcé la nuit précédente.

L’artillerie ayant établi une batterie de trois mortiers (n° 10] dans la partie droite de la deuxième parallèle de l’attaque du mamelon vert, on ouvTe en arrière de cette batterie, pour senir de communication, une tranchée de 35 à 40 mètres de longueur.

Le chef de bataillon (’hareton, contusionné par un obus, est rem-

Alt*qiir« dr dmilr.

placé par le capitaine du génie Masselin, qui était déjà venu remplacer le capitaine Salanson contusionné par une pierre.

On entend, vers neuf heures et demie du soir, un feu très-vif du côté de la quarantaine ; les troupes du 1'*^ corps attaquent de nouveau les ouvrages russes du cimetière dont elles s’emparent définitivement.

Pertes du 23 au 24 : l tué ; 14 blessés.

Les généraux en chef des armées alliées ayant décidé que la ligne de la Tchemaya serait occupée, le général Pélissier fait descendre de nos positions les divisions Canrobert et Brunet du 2* corps, toute la cavalerie moins le t' hussards, et cinq batteries à cheval de la réserve de campagne.

(^es troupes, sous le commandement du général ('.anrobert, quittent leurs bivouacs le 24 mai à minuit, et arrivent le 25, au point du jour, au pont de Traktir dont elles s'emparent sous les yeux du g**néral en chef. Les Russes n’avaient comme troupes avancées sur la rive droite de la Tchernaya, que deux bataillons d’infanterie, quelques escadrons de liulans et de Cosaques et une batterie légère, qui furent obligés de battre en retraite après un court engagement d'avant-garde dans lequel nous u’eùmes que quelques cavaliers atteints. L’ennemi laissa entre nos mains GO à 80 prisonniers.

Ce mouvement était appuyé à droite par les Piémontais et la cavalerie anglaise, au centre par l’armée turque.

Nos troupes repassent la rivière vers 9 heures du malin, et les deux divisions d’infanterie prennent position sur les mamelons Fédoukhine, qui dominent le pont de Traktir et la plaine de la Tchernaya, ayant en arrière d’elles la cavalerie et les cinq batteries d’artillerie, et à leur droite l’armée piémonlaise et la cavalerie anglaise. 1,’armée d’Omer-Pacha, établie sur la ligne des redoutes turques de Balaclava, est prête à soutenir au besoin la droite, la gauche ou le centre.

jAuro^ du )5 mai.

la lifM de U TrhernaTa.

AUMfie» droite.

Nuit du M 10 )7 fMi.

• Le chef de bataillon du génie Boissonnet, dief d’attaque ; une bri> gade de sapeurs et 750 travailleurs d’infanterie.

500 travailleurs, divisés en deux colonnes conduites par le chef d’attaque et par son adjoint, le capitaine Masselin, ouvrent, en partant des deux cheminements établis à droite et au centre de la première parallèle du carénage, une tranchée d’environ 500 mètres de développement, dont la partie la plus saillante se trouve à près de :i00 mètres en avant de la première parallèle. Sur plusieurs points où le terrain est mauvais, on place deux rangs de gabions, afin d’obtenir le plus vite possible un parapet assez résistant. Celte tranchée forme la deuxième parallèle de l’attaque du carénage.

Vers dix heures, au moment où la pose des gabions se terminait, les embuscades russes les plus rapprochées, qui ne sont qu’à une centaine de mètres de notre nouvelle parallèle, dirigent sur les travailleurs une fusillade assez vive qui est le signal d’un feu d’artillerie très-violent partant de toutes les batteries ennemies ayant action sur ce terrain. Il en résulte quelque désordre parmi les gardes placées en avant et parmi les travailleurs, qui n’ont pu être remis à la besogne qu’une heure après. L’ennemi fait une seconde démonstration semblable vers une heure du matin , quand les gabions sont déjà remplis : mais elle inquiète à peine les travailleurs, seulement la garde rentre dans la tranchée et se couche sur le revers.

Le tir de l’artillerie russe étant exclusivement dirigé sur les batteries situées en arrière de notre nouvelle tranchée, les travailleurs n’en ont que peu souffert ; 19 seulement ont été atteints, soit par les gros projectiles, soit par la mousqueterie.

Deux feux jointifs donnant une lumière blanche très-intense, allulumés au saillant de la redoute Volhynie, nous font penser que l’ennemi craignait une tentative contre ses ouvrages.

Dans la même nuit, on travaille à établir des murs transversaux en pierres sèches dans le fond du ravin du carénage*, afin de se met-

tre à l'abri des coups partant des embuscades russes étaUies dans les escarpements de ce ravin, en avant de nos attaques.

Pertes du au 27 : 10 tués dont 1 officier; 72 blessés dont 1 officier.

Le chef de bataillon du génie de Préserville, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 500 travailleurs d’infanterie.

Sur le plateau du carénage, on élargit et on approfondit la deuxième parallèle ouverte la nuit précédente ; plusieurs parties sont sur le roc. On continue les murs en pierres sèches dans le ravin.

Au jour, on s’aperçoit que les Russes ont établi sur le plateau du carénage, en arrière de leurs deux embuscades les plus avancées, quatre nouvelles embuscades qu’ils occupent pendant la journée.

Pertes du 27 au 28 : 1 tué; (i blessés.

Dans la plaine de la Tchernaya, on rase la redoute que les Russes avaient établie sur le mamelon situé en face du débouché du pont de Traktir, sur la rive droite de la rivière.

Le chef de bataillon du génie Boissonnet, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs et 350 travailleurs d’infanterie pendant le jour; une brigade de sapeurs et 450 travailleurs d'infanterie pendant la nuit.

On devait établir un petit retranchement en pierres sèches dans des carrières situées au débouché du petit ravin transversal qui sépare la gauche de notre deuxième parallèle du carénage des embuscades de l'ennemi. Le chef d’attaque allant, pendant le jour, reconnaître le terrain, découvre une ligne de caisses de forme cubique, contenant chacune sept à huit kilogrammes de poudre. Ces caisses au nombre de vingt-quatre, espacées de deux mètres, sont enterrées au niveau du sol , eu travers du ravin du carénage. Audessus de chacune d’elles se trouve un tube de verre enveloppé de CTiivre ; ce tube, en se brisant sous les pieds des soldats, devait laisser échapper un liquide qui eût enflammé une composition communiquant avec les poudres de la caisse.

Attaques de druite.

Ituit du t7 au 28 oui.

Nuit du t8au29nai.

itwTtiée d«i 80 TDii et ouït nihriDle.

On décMire dAOt le ratio KarabeliMva dn eaUaes de pondre aonnoaUe»

d'uB appareil eiploaif

AUiU|ur« de druilc.

Pcrtei du 1* corjk».

^olubre de iravidkurs emidoyÿsi

Perto lcu\<t* du mui-* de ni«i>

Nombre lie ireviilleur* employé* eui detix coq>s.

MOIS DE JUM.

FAII» (iKnUALX.

Le commandant Boisüonnel, accompagné d'un sergent du génie, de quatre sapeurs et de huit travailleurs d'ini'anterie, va, sous la protection d’un petit poste d’infanterie, enlever ces caisses, et parvient, malgré le feu des embuscades russes, à en déterrer seize qu’il fait apporter au dépôt de tranchée. Cette opération nous coûte deux hommes tués et quatre blessés.

La nuit, le poste est établi dans les carrières. On y communique à la faveur d’un mur en pierres sèches, de 125 mètres de longueur, formant une espèce de couloir le long de la berge droite du ravin du carénage.

Pertes du 28 mai au 1" juin : 15 tués dont 1 officier; 59 blessés dont 1 officier. Un officier, qui s'était imprudemment avancé dans le ravin du carénage, a disparu.

Les pertes du 2” corps, pendant le mois de mai, s’élèvent à 86 tués dont 2 officiers ; 4431 blessés dont 13 officiers ; 1 officier disparu ; en tout 518 hommes hors de combat.

La moyenne du nombre de travailleurs employés aux attaques de droite, pendant le mois de mai, a été de :

37 sapeurs et 243 soldats d’infanterie par journée :

33 223 — par nuit.

Ln ajoutant aux pertes du 2' corps celles du 1" corps données cidessus, (page 263), on arrive à un total de 5,378 hommes mis hors de combat pendant le mois de mai.

Le nombre total de travailleurs enq)loyés aux deux atUques, pendant le mois de mai, a été en moyenne de :

12-4 sapeurs ou mineurs et 753 soldats d’infanterie par journée; 129 — 66:3 — par nuit.

Pendant le mois de juin, aux attaques de gauche, ou se contenu d’inquiéter l’ennemi par quelques travaux de sape et par la guerre de mines. A droite, l’atUque lit un grand pas : le 7 juin, on enleva aux

Russes tous les uu> rages extérieurs du rruiit de MalakolT; le 18, on tenta de s'emparer de l'enceinte elle-même ; mais cette attaque ayant été repoussée, on reprit la marche pied à pied, ainsi qu’il sera expliqué plus bas.

Le 3 juin, le général en chef \a reconnaître la vallée de Baïdar. Les troupes qui prennent part à cette opération sont commandées par le général Morris. Elles se composent de 1,000 hommes d’infanterie sous les ordres du général Canrobert, de dix escadrons de cavalerie commandés par le général d’Allonville, de deux batteries à cheval et une de montagne. Ces troupes suivent la route WoronzolT jusqu’au village de Baïdar. Notre cavalerie pousse ses avantgardes, d’un cété jusqu’au village d’Ourkousta, de l’autre jusqu’au passage de Phoros, sur la route de Yalta. Quelques sotnias de Cosaques que l’on rencontre se retirent sans opposer de résistance; on leur enlève quatre hommes et huit chevaux, l'ne petite colonne piémontaise, commandée par le général de La Marmora, avait pris part à la reconnaissance en suivant les hauteurs situées entre la Tchernaya et la roule WoronzolT ; elle rejoignit le corps français à Baïdar. Toutes les troupes se replièrent vers le milieu du jour; à la nuit, elles avaient rejoint leurs hivouacs.

Le 11 juin, le général d’Allonville, avec deux de ses régiments (1" hussards et 7' dragons) fait une reconuaissancc de Varnoutka sur Bouyouk-Miskomia. Nos cavaliers chassent devant eux, jusqu’au delà du pont de Teulé, quelques postes de Cosaques auxquels ils ont tué ou blessé 5 hommes, pris quelques chevaux et fait un prisonnier. Cette reconnaissance a prouvé que la vallée de la haute Tchernaya n’était occupée que par quatre sotnias de Cosaques, dont les postes principaux sont à Baga et à Ourkousta.

Vers le 22 juin, l’armée piémontaise fait une reconnaissance vers .Vï-Todor et le débouché du défllé de Koralés ; puis elle vient reprendre son ancienne position sur la rive gauche de la Tchernaya,

Mort d« lord EUglaa.

AITAOl K* DF. CACCHE, ^»U ilu I*' au S juw.

laissant sur la rive droite les forces nécessaires pour occuper Tchorgoun. Omer-Pacha occupe les vallées de Baïdar et de Varnoutka, ayant son quartier général prés de ce dernier village.

Le 22 juin, la division d’Autemarre étant rentrée au 1" corps, la division d’Aurelle va prendre part aux attaques de droite. La division do la garde impériale quitte ses bivouacs près du moulin pour reprendre son ancien camp. Mais quatre bataillons de cette garde, relevés toutes les vingt-quatre heures, prendront part aux attaques de droite.

Par suite de ces mouvements, l’infanterie est répartie de la manière suivante :

Aux attaques de gauche : 1", 2% 3* et i" divisions du 1" corps ;

Aux attaques de droite ; 3', 4' et 5* divisions du 2' corps et 2* division du corps de réserve ;

Sur la Tchemaya : 1" et 2' divisions du 2' corps et 1” division du corps de réserve.

Dans la seconde moitié du mois de juin, le choléra flt quelques ravages dans les camps et les flottes des alliés ; le fléau sévit surtout sur l’armée anglaise et lui enleva son général eti chef, lord llaglan, qui succomba dans la soirée du 28 juin. Ce fut un deuil public pour l’Angleterre. L’armée de Crimée, dans laquelle il laissait des regreLs universels, lui rendit les plus grands honneurs, et le 3 juillet, ses restes mortels furent solennellement transportés à bord du bateau à vapeur le Caradoc, qui devait les ramener en Angleterre. Le général James Simpson prit par ancienneté le commandement de l’armée anglaise. La Reine le confirma dans celle position.

Le chef de bataillon du génie Ribot, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 630 travailleurs d’infanterie.

On ouvTe un nouveau boyau reliant l’extrême gauche de la parallèle du 2^1 mai à l’angle nord-est du cimetière, pour remplacer

AUiques de gambe.

celui qui avait été ouvert dans la nuit dudO au 31 mai pour achever la communication entre celte parallèle et la place d’armes de la quarantaine, et qui se trouvait en prise aux feux du bastion n" 6 et des embuscades d’une maison blanche située près de la baie de la quarantaine.

L’artillerie dirige sur la lunette de droite du bastion central, où des travailleurs paraissent réunis en grand nombre, le feu des batteries n“‘ 41, 42, 41 et 45, et elle empêche ainsi l'ennemi d’armer une nouvelle batterie en construction dans cet ouvrage. La place a peu répondu à ce feu.

Pertes du 1" au 2 : 2 tués; 19 blessés.

Le chef de bataillon du génie Durand de Villers, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs et 139 travailleurs d’infanterie.

Une nouvelle batterie devant être construite dans le cheminement qui passe en avant du cimetière de la quarantaine, on établit un passage en arrière de la partie <iui doit être livrée à l’artillerie. Celte batterie, qui prend le n" 49, est destinée à ricocher la face gaudie du bastion central.

A la pointe du jour, l'ennemi ouvre contre nos tranchées en cours d'exécution une fusillade très-vive à laquelle nous n’avons pas répondu.

Le sous-lieutenant du génie Biaise a éU; mortellement blessé.

Perles du 2 au 3 : 4 tuè's ; 20 blessés dont 1 ofiieier.

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 504 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 20 mètres vers la gauche la place d'armes établie la nuit du 23 mai <i l’extrémité nord du contre-fort du cimetière. On prolonge aussi de 25 mètres environ celle qui a été commencée dans la nuit du 31 mai au 1” juin, au nord du cimetière.

Pertes du 3 au 4 : 3 tués; 17 blessés dont 3 ollicicrs.

Le mineur ennemi ayant reparu en plusieurs points du talus des entonnoirs, on l u éloigné de nouveau par deux explosions (a„ et a„)

ISiitl du 2 «U 3|uib.

Kuit du 3 ou 4 juin.

Journée du 4 juin. Mioes(H

Aliiquês de gaticlio.

.Nuit du 4 su 5 joiD

Joiirn^ du B iain.

cfTectuées à neuf heures cl demie du malin, et par une troisième (a ,4 à deux heures et demie de l’après-midi.

Il a cependant fait jouer, vers une heure, un camouflet dont l'explosion (d„) a enterré à mi-corps dans les entonnoirs un mineur qui a été aussitôt retiré avec de légères contusions.

La plupart de nos fougasses en construction dans les talus des entonnoirs sont détruites par l’efTet des bombes. Nous allons en creuser dans le roc vif en assez grand nombre pour pouvoir, à un moment donné, couvrir de pierres l'intérieur du bastion du mât.

L’ennemi, pour répondre à nos fougasses, ajoute à ses projectiles ordinaires des galets de mer lancés par des mortiers. De notre côté, nous avons soin, dans le bourrage des puits, de mettre des sacs à terre du côté des tranchées et des pierres du côté de la place ; au moment de l’explosion, les pierres retombent dans le bastion du mât, et nos soldats ne risquent pas d'ètre blessés par les débris de sacs à terre qui sont lancés sur les tranchées.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 550 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 25 mètres la place d’armes au nord du cimetière. On prolonge aussi de 15 mètres la place d’armes qui part du centre de la parallèle du 23 mai, et on la relie avec cette parallèle par un 'boyau qui abrège la communication.

Vers minuit, les Russes ont donné le feu à un petit fourneau dont l’explosion (d„) a blessé trois mineurs et quatre ou cinq hommes de garde.

Pertes du i au 5 : i tués ; 24 blessés dont 2 ofllciers.

A dix heures du matin, nous donnons le feu à deux fourneaux (au-n») pour éloigner le contre-mineur du talus des entonnoirs, et à un troisième (ua). à deux heures et demie, dans le même but.

A onze heures et demie, les Russes ont fait jouer un fourneau situé sous le talus. L’explosion (</») a enlevé quatre mineurs qui creu-

saifinl un puits au-dessus : trois ont ('t(‘ tués et le quatrième grièvement blessé.

Le chef de bataillon du génie Ribot, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 954 travailleurs d'infanterie.

On ouvre à l’ouest du cimetière, entre la ligne de contrevallation qui s’appuie à la baie de la quarantaine et les tranchées situées an nord de cette baie, une nouvelle communication qui évite le passage par le lazaret et abrège le trajet d’environ 700 mètres.

On prolonge de 15 mètres la place d’armes la plus avancée à gauche de l'ouvrage du2mai, en se dirigeant sur lesaillant du bastion central.

Pendant la nuit, les batteries de la quarantaine et le bastion central font un feu de mitraille assez vif sur nos tranchées, mais sans causer grand mal aux travailleurs.

Le feu de notre artillerie a empêché les Russes d’armer la nouvelle batterie de la lunette de droite du bastion central.

Perles du 5 au 6 : 11 tués; 37 blessés dont 2 officiers.

L’attaque du mamelon vert et des ouvTages du plateau du carénage ayant été résolue pour le 7 juin, les batteries n°* 12, 21, 23, 25, 25 bis, 26 et 35 ouvrent leur feu à trois heures pour appuyer celui des batteries anglaises et de nos batteries de l’attaque de droite. La place répond vivement à notre feu ; les batteries du centre et de la gauche de nos attaques ne tirant pas, le bastion central et celui de la quarantaine restent silencieux.

Les Russes ont fait jouer un fourneau assez fort à trois heures du soir. Cette explosion [d„) ne nous a causé aucun mal, mais l’ennemi qui, par suite de l’ouverture du feu de nos batteries, se préoccupe sans doute de l’idée que la quatrième parallèle sera un point de départ en cas d’attaque de vive force, dirige sur cette parallèle une masse de ^H’ojecliles qui endommagent nos parapets et nos communications, et nous font éprouver des pertes. Nous avons eu un mineur tué et deux blessés; l’officier commandant les auxiliaires

de irnuclip.

iXiiit du 5 au 6 juin.

hmnh (lu 6 juta.

Minés

Anique* d« grache. — 278 —

d’infanterie a été mortellement blessé, et parmi ses soldats il y a eu un tué et sept blessés.

-Niiiidu 6m7joiii. Le Chef dc bataillon du génie Durand de Viilcrs, chef d’attaque; trois brigades de sapeurs et 677 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 10 mètres la place d’armes avancée à la gauche de l’ouvrage du 2 mai.

Les batteries de mortiers qui ont ouvert leur feu pendant le jour le continuent pendant la nuit. La place dirige un feu assez rif contre nos cheminements à l’est du cimetière ; la batterie n* 49 a pu néanmoins être armée sans accident.

Pertes du 6 au 7 : 9 tués ; -il blessés.

joonih du 7 jni«. Lcs batterics qui ont tiré la veille continuent à seconder celles de l’attaque de droite et des .\nglais. A trois heures, toutes les batteries de l’attaque de gauche ouvrent leur feu ; la place répond immédiatement, et ce tir continue jusqu’à la nuit, sans supériorité marquée de part ni d'autre.

xbm du 7 lu b juin Le chef de bataillon du génie Noël, chef d’attaque; trois brigades . de sapeurs et 000 travailleurs d’infanterie.

On prolonge de 20 mètres la place d'armes en avant de la parallèle du 23 mai, et de 25 mètres le, cheminement avancé partant de la gaudte de l’oumge du 2 mai.

A onze heures du soir, le silence des batteries de la droite indiquant que l’ennemi renonce à nous disputer les ouvrages extérieurs que nous lui avons enlevés, l’artillerie des attaques de gauche cesse également de tirer. Cependant, vers une heure du matin, un bruit de voitures ayant été entendu dans le bastion du màt, on y dirige un feu très-vif.

A deux heures du matin, les Russes font une sortie contre les Anglais ; celles de nos batteries qui ont vue sur les ouvrages de la place opposés aux attaques anglaises y dirigent une grande quantité de bombes. La sortie est repoussée, et le feu cesse h trois heures.

Nos projectiles creux ont allumé on ville deux Incendies du côté de la quarantaine.

Pertes du 7 au 8 : 13 tués dont 2 oflQciers; 08 blessés dont 2 ol- Gciers.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d’attaque : trois brigades do sapeurs et 'UKI travailleurs d’infanterie.

On prolonge de deux crochets la place d’armes avancée à gauche de l’ouvrage du 2 mai.

Le feu de la place a été peu animé ; un incendie s’étant déclaré dans la ville, nosbatteries y ont lancé des bombes.

Pertes du 8 au 9 : 8 tués dont 1 officier; 89 blessés dont 3 officiers.

A huit heures et demie du matin, nous faisons jouer un fourneau (a») pour rompre le terrain devant un cheminement de l’ennemi.

On envoie souvent un mineur écouter dans la batterie n* 24 b(s, les troupes qui l'occupent ayant déclaré à plusieurs reprises qu’on y euleiidait le mineur russe. Les mêmes craintes existent pour la batterie n® 53.

Le chef de bataillon du génie Koullicr, chef d’attaque ; trois brigades de sapeurs et 510 travailleurs d’infanterie.

On prolonge de 10 mètres le cheminement avancé à gauche do l'ouvrage du 2 mai, cl de 20 métrés la place d’armes en avant de la parallèle du 23 mai. On ouvre une tranchée de 90 mètres de longueur allant de la troisième parallèle à une source située dans le ravin de la ville.

Le feu a été peu vif de part et d’autre ; l’artillerie a remis ses batteries en état et a travaillé à compléter ses approvisionnements.

Pertes du 9 au 10 : 2 tués ; 37 blessés dont 4 officiers.

Le chef de bataillon du génie Ribot, chef d’attaque; trois brigades de sapeurs et 450 travailleurs d’infanterie.

AlMques do gaucho.

Nttil du 8 au 9 juiD.

iNuil du 9 «U 10 juin.

NuU do 10 au H {um.

AlUqucb dt: gaucbe.

iourn^ du 41 juin.

SliDCÜ.

NiU du 14 au 42 juiu.

On prolonge de 20 mètres la place d'armes en avant de la parallèle du 23 mai, et de 30 mètres celle qui part du quatrième boyau de la communication au nord du cimetière.

Quelques mouvements observés dans la place avaient fait croire à une sortie pour la nuit; mais les balles à l'eu dont les Russes ont éclairé les abords du bastion central et du mur crénelé donnent lieu de penser qu’ils ne voulaient que se tenir en garde. Des éclaireurs russes s’étant avancés jusqu'à une trentaine de pas de nos cheminements sur la gauche de l’ouvrage du 2 mai, une fusillade très-nourrie, suivie bientôt d’un feu très-vif d’artillerie, s’engage sur ce point et se propage Jusqu’à la quarantaine. Cette alerte, qui ne dure pas moins d'une demi-heure, ralentit pendant une partie de la nuit la marche des travaux.

Notre artillerie a mis le feu, sur la gauche du bastion de la quarantaine, à une gabionnade dont la position n’a pu être reconnue bien exactement.

Perles du 10 au 1 1 : 7 tués dont 1 ofOcier ; 50 blessés dont 2 ul- Uciers.

A neuf heures du matin, nous donnons le feu à des poudres déposées dans une crevasse ouverte précédemment par un camouflet de l’ennemi ; il en résulte l’entonnoir {a„).

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d’attaque; trois brigades de sapeurs et 150 travailleurs d’infanterie.

L’extrémité de la place d’armes avancée, à gauche de l’ouvrage du 2 mai, se trouvant mal dirigée, on opère une rectification de tracé de manière à être mieux défilé des vues de la place. On établit, en arrière de la batterie n° 53 en construction, une communication qui exige la pose de 110 gabions.

On prolonge la place d'armes en avant de la parallèle du 23 mai de 30 gabions , et on ouvre une communication entre cette parallèle et un puits situé dans le cimetière.

— ;28l — AiuqiMs <lc gauche.

Au juur, on constate l'achèvement d’une batterie russe de trois pièces sur la berge gauche du ravin de la ville, entre le bastion central et celui du màt.

Pertes du 11 au 12 : 10 tués ; 20 blessés dont 1 ofllcier.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; trois bri- KuUdyiiiuisjuio. gades de sapeurs et 000 travailleurs d’infanterie.

On ouvre une nouvelle place d'armes partant de la gauche de la batterie n* 50 , à l’extrémité nord du contre-fort du cimetière, et se dirigeant vers la maison blanche située sur la rive droite de la baie de la quarantaine. On rectifie l'extrémité de la place d'armes à l'est du cimetière , et on la prolonge de 30 gabions. A l'ouvTage du 2 mai, on dispose pour le franchissement toutes les parties du cheminement avancé de gauche qui regardent le bastion central.

La place avait dirigé dans la journée , de midi à trois heures , un feu de bombes très-soutenu sur la batterie n' 50 : cette batterie en avait souffert. Le soir, le feu recommence à neuf heures et demie ; nos batteries répondent aussitét, et la place cesse de tirer au bout de vingt ou vingt-cinq minutes.

A neuf heures et demie du soir, nous refoulons par une explosion Miu,.

(«„) un cheminement de l'ennemi qui était parvenu tout près du talus des entonnoirs.

Pertes du 12 au 13 : 11 tués dont 1 oflicier; 58 blessés.

Le corps du génie fuit une grande perte : le lieutenant-colonel du i3 jwn. Guérin, qui remplissait depuis plusieurs mois avec une capacité et une bravoure remarquables les fonctions importantes de chef d'étatmajor du génie au 1” corps, et qui dirigeait le tracé des ouvrages dans toutes les circonstances diiUciles, est tué d'une balle à la tète, vers huit heures du matin, dans l'ouvTage du 2 mai, à l’attaque duquel il s'était particuliérement distingué. Il est remplacé dans ses fonctions par le lieutenant-colonel Duratid de Villers.

AtUNfies de ftvcbu.

Mioes.

Nuit du <3 <u 44 jjuïo.

Mine».

iNuildu 44 au 13 juin.

Journée du 15 juin.

Nous faisons jouer, à trois heures et demie de l’après-midi, une fougasse qui a bien porté sur le bastion du mât.

Le chef de bataillon du génie Roullier, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 70 mètres la place d’armes partant de la batterie n° 50, et on met à profondeur la partie ouverte la nuit précédente. On établit en arrière de cette batterie plusieurs traverses destinées à protéger la garde de tranchée et les travailleurs contre les éclats des bombes que l'ennemi dirige en grand nombre sur les cheminements do l’intérieur du cimetière.

Un incendie assez violent a éclaté pédant 1a nuit dans la place, aux environs du bastion central.

A minuit, les Russes ont donné le feu à un fourneau dont l'explosion (d|,) a blessé deux mineurs occupés aux entonnoirs.

Pertes du 13 au 11 : 3 tués dont 1 oOicier ; 15 blessés dont 1 oflicier.

Le chef de bataillon du génie Ribot, chef d’attaque ; trois brigades de sapeurs ut 406 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de quinze gabions le cheminement avancé à gauctie de l'ouvrage do 2 mai, et on établit une seconde communication en arrière de la batterie n" 53.

L'ennemi a lancé, de dix heures à minuit, plusieurs bombes sur nos tranchées, principalement sur la batterie n° 50, où le travail a été un instant interrompu.

Pertes du 14 au 15 : 5 tués « 10 blessés dont 1 ofllcier.

L’ennemi prenant l'habitude de se montrer beaucoup an bastion du roùt, on fait venir des chass<;ur8 à pied dans la quatrième parallèle. Ils ont bientèt atteint plusieurs Russes dont un oflicier. Le bastion a riposté par un feu d'artillerie qui nous a causé queliiues dommages : trois mineurs et deux auxiliaires ont été blessés. Cette réponse immédiate du bastion est l’eflet d’une sorte de convrmtion

lacitc qui a>tablit dans les siéf;^, et qui a pour résultat de faire que les gardes de tranchée, pour ne pas provoquer le feu de la place, hésitent souvent à faire feu sur l’assiégé lorsqu'il se montre^

A midi, nous donnons le feu à un fourneau (a ») qui a refoulé une attaque ennemie très-rapprochée.

La place envoie toujours des bombes dans les entonnoirs avec une grande précision.

Le chef de bataillon du génie Cadart, chef d’attaque; trois brigades de sapeurs et 430 travailleurs d’infanterie.

On prolonge de seize gabions la place d'armes à gauche de l’ouvrage du 2 mai.

Le feu de la place, artillerie cl mousqueterie, a été assez vif pendant toute la nuit ; néanmoins le travail n’a pas été interrompu. Nos baltcries ont répondu vivement.

Les Russes ont beaucoup travaillé entre le bastion central et celui du mét; nous avons placé de ce ctHé des tirailleurs qui les ont inquiétés toute la nuit.

Perles du 15 au 16 ; 2 tués ; 25 blessés.

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 400 travailleurs d’infanterie.

On continue les travaux do réparation et d’amélioration dans les ouvrages du 2 mai et du 23 mai, que le feu de la place endommage Journellement. On complète le déülement de ces ouvrages en construisant de nouvelles traverses et modiOanl celles qui existent.

Pendant la nuit, des frégates à vapeur françaises et anglaises se sont approchées et ont tiré d'heure en heure sur la ville. On a lancé des fusées incendiaires , mais les effets n’ont pas pu en être appréciés.

Pertes du 16 au 17 ; 11 tués dont 1 officier ; 94 blessés.

En vue de l’attaque qui doit avoir lieu le lendemain contre le fau-

l>ourg, une partie de notre artillerie ouvre son feu, tirant parliculié-

de |wclie,

Mioés.

NuU du 45 «0 46 juin.

ffait du 46 au I7juie,

«lu 47 jut».

AiUqiir« (1p giurlip.

Nuii ilu 47 au 18 jaÎD.

Jooroé^ du 48 juin.

remeni sur le bastion du màt et sur les batteries qui voient les attaques anglaises. L’ennemi répond vivement d'abord, mais bientôt il ralentit son tir. Vers deux heures, toutes nos batteries ouvrent leur feu contre la place ; les Russes ripostent immédiatement, et le feu continue de part et d'autre jusqu’au soir avec une grande vivacité.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 3(10 travailleurs d'infanterie.

Deux brigades volantes de 25 hommes sont employées à réparer les brèches faites aux parapets par le feu de la place.

Nos batteries de mortiers et celles des .\nglais lancent dans la place une grande quantité de bombes; les lloltes alliées envoient quelques bordées contre le fort de la quarantaine.

On avait déposé 3(X) gabions près de la batterie n" 25. Une bombe de l'ennemi y met le feu : ils sont presque tous brôlés.

Pertes du 17 au 18 : 10 tués dont 2 officiers ; 162 blessés dont 4 officiers.

 la pointe du jour, une compagnie du 10* bataillon de chasseurs à pied enlève l’embuscade russe du petit cimetière, dans le ravin du port du Sud, afin que cette embuscade ne puisse gêner ia marche de la colonne anglaise qui doit déboucher, dans la Journée^ par le ravin Woronzoff. Cinq Russes y sont faits prisonniers.

A trois heures du matin, l'artillerie ayant terminé scs réparations les plus urgentes, le feu reprend avec une grande énergie sur toute la ligne, et il est soutenu ainsi jusqu'à trois heures de l’après-midi ; à ce moment , l’ordre est donné de ne plus répondre que coup pour coup, ce qui amène bientôt une diminution notable dans la vivacité du tir.

.A trois heures et demie du matin, au moment où les troupes du 2' corps s'élancent à l’assaut du front Malakoff, et pendant que le bastion du mât tire très-vivement, nous faisons jouer cinq fougassespierriers dont trois lancent parfaitement leurs projectiles dans le bastion.

AUaqilfS «It* ftauclip.

On n’enlend d'aucun ciWi le travail du mineur russe, ce qui fait supposer que, s'attendant à l'assaut, il tient plusieurs fourneaux prêts à jouer. '

Le chef de bataillon du génie Rouiller, chef d'attaque ; deux bri- '‘«'Si"'*)»'"gades de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On n'exécute que des travaux d'amélioration. Des brigades volantes sont chargées de réparer les dégradations faites dans les parapets par l'artillerie de la place.

Pertes du 18 au 19 : 5 tués ; 55 blessés.

Le chef de bataillon du génie Cadart, chef d'attaque; deux bri- i»'»'

On prolonge de 39 gabions la place ■ d’armes de gauche de l’ouvrage du 2 mai , en formant un crochet en retour dans le but de protéger cet ouvrage contre un mouvement tournant.

Quoique le tir de la place ait été assez vif contre l'ouvrage du 2 mai et que l'ennemi y ait lancé une dizaine de balles à feu, le travail n’a pas été interrompu, et il n’y a eu ni tués ni blessés parmi les travailleurs.

On amorce une nouvelle communication partant du cheminement qui passe en arriére de la batterie n" 18, et aboutissant au puits du cimetière.

Quatre brigades volantes sont chargées de réparer les dégâts occasionnés sur divers points par le feu de la place.

L'artillerie répare également les dégradations faites à ses batteries; ce travail est interrompu pendant une démonstration faite par l’ennemi sur la gauche des Anglais.

Les Russes ont incendié on groupe de maisons situées au pied des pentes que couronne la branche gauche du bastion du mât; œs maisons avaient été occupées la nuit précédente par les Anglais.

Le 19, à huit heures du soir, nous avons arrêté par une explosion simn (Uj,) un cheminement ennemi qui arrivait prés du talus des entonnoirs.

fif ÿiinHip.

Jouri)^ da tû juin*

Muipi.

Nuit du tO au SI joia.

MiDf*?.

-Nuit du Sf au SS j(ûn.

Les mineurs niss(>s ont repris leur travail; dans la nuit, on les <mtend sur quatre points.

Pertes du 19 au âO : i tués dont 1 officier; 32 blessés.

A quatre heures du soir, nous faisons jouer un fourneau (ou) dans les entonnoirs, pour arrêter un cheminement ennemi, et nous donnons le feu à une fougasse-pierrier qui a porté sur le bastion où les Russes paraissaient se tenir en nombre.

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 251 travailleurs d’infanterie.

On prolonge de 40 gabions la place d'armes à gauche de l’ouvrage du 2 mai, en descendant vers le fond du ravin, et de 70 gabions celle qui part de la batterie n" 50 et qui se dirige vers la maison blanche de la quarantaine.

Vers neuf heures du soir, les Russes ont mis le feu aux deux maisons situées dans le ravin du port du Sud , au pied du mamelon du petit cimetière occupé par les Anglais.

Vers minuit, les Russes ont fait jouer deux camouflets {d„ et d^) à un quart d’heure d’intervalle. Tout leur effet s’(*st réduit à infecter pendant quelques instants deux ou trois rameaux , et à blesser un mineur dans les entonnoirs. ^

Pertes du 20 au 21 : 2 tués; 20 blessés dont 1 oflicier.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et .300 travailleurs d’infanterie.

Comme la nuit précédente , on prolonge de 40 gabions la place d’armes à gauche de l’ouvrage du 2 mai ; on étend de la même quantité vers la gauche la place d'armes qui couronne les escarpements de la baie de la quarantaine, et on pousse jusqu’au puits du cimetière la tranchée commencée dans la nuit du 19, on arrière de la batterie n° 48, afin que l’on puisse gagner le cheminement supérieur sans passer par la batterie n" <50.

Cne compagnie de chas.seurs à pied occupe' pendant la nuit les

deux maisons du ravin du port du Sud incendiées la nuit préccdenlc par les Russes.

Pertes du 21 au 22 : 1 tué ; 12 blessés.

A trois heures et demie du soir, nous donnons le feu à deux fourneaux (a„ et Oit) dans le talus des entonnoirs ; mais comme ils ont joué contre le roc dur, il est probable qu’ils n’auront pas produit beaucoup d'effet.

Le chef de bataillon du génie Petit, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 3Ü2 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 2() gabions la place d’armes à gauche de l’ourrage du 2 mai.

Pertes du 22 au 23 : 2 tués; 1(> blessés.

Le chef de bataillon du génie Cadart, chef d’attaque ; d^x brigades de sapeurs et 301 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 100 gabions la place d'armes à gauche de l’ouvrage du 2 mai, jusqu’à l’alignement d’une coupure faite par l’ennemi dans le fond du ravin, et on se relie à cette coupure par une tranchée provisoire de 50 gabions.

La place fait un feu de mitraille très-vif sur ces travaux ; mais le terrain échappant en grande partie à l’action des batteries, ce tir n’atteint pas les travailleurs : un seul a été blessé. La communication du puits du cimetière a aussi été inquiétée par l’artillerie de la place ; deux travailleurs y ont été blessés et un autre tué.

Le bord intérieur du grand entonnoir devant le bastion du màt est transformé en parapet jusqu’à l'extrême gauche; on commence une seconde communication entre la troisième et la quatrième parallèle en partant de cette dernière.

Pertes du 23 au 2 1 ; i tués; 20 blessés.

A quatre heures du soir, nous faisons jouer un fourneau (Oj,) de l'intérieur des rameaux, pour arrêter plusieurs cheminements ennoinis contre lesquels nos explosions du 22 n'avaient pas agi avec assez

AlUt|yt'btk gAttclH'.

lournéè ilti a juin.

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iNuil du it lu 13 juio.

Nuit du S3aa^ jotn.

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Journée du juin.

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^uil du SI au 25 ]uia.

i'Iuil du Î5 au t>> juio

Unie».

d'eSicacilé. Quelques instants plus tard, nous donnons le feu à une loiigasse-pierrier, qui a porté dans le bastion du mât où les Russes paraissaient être en nombre.

L’ennemi fait jouer à sept heures du soir un camouflet qui a blessé un mineur dans les entonnoirs.

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 25(1 travailleurs d’infanterie.

On rectifie la gauche de la place d’armes du 2 mai, en partant d'un point situe à 30 mètres de son extrémité et suivant une direction convenable pour traverser le ravin, en vue de rejoindre la place d’armes du 23 mai. On ouvre une tranchée d'une vingtaine de métrés, à partir du milieu de la place d'armes du 2 mai, pour compléter une nouvelle communication par les carrières avec les cheminements en arrière.

L’ennemi lance des balles à feu qui enflamment des herbes sèches devant le bastion central. L’incendie se propage et dure toute la nuit ce qui permet aux batteries de la place de régler leur tir; deux travailleurs sont tués et cinq blessés.

Nos batteries de mortiers dirigent un feu soutenu sur le bastion central, où l’on pense que les Russes «nt réuni un grand nombre de travailleurs.

Pertes du 2i au 25 ; 3 tués ; 20 blessés.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On prolonge d'une trentaine de mètres la place d'armes de l’ouvrage du 2 mai, qui atteint le fond du ravin de la quarantaine. A partir de la nouvelle direction que suit ce cheminement, on trouve une couche épaisse de terre végétale, qui permet de donner à la tranchée 1"'50 de profondeur.

Dans les carrières de gauche, on complète le défilement par la construction de plusieurs traverses en gabions.

L’ennemi a fait jouer deux camouflets (</« et <f») à neul heures et

AlUiiuCk (le gaui'lir.

demie et à dix heures et demie du soir. Le premier n'a pas produit d'autre effet que d'infecter l'une de nos galeries et d’en éloigner le mineur pendant toute la nuit ; le second a tué un mineur et en a blessé deux autres.

Pertes du 25 au : 1 tué; 15 blessés.

A trois heures et demie du soir, nous écartons par une explosion J"'"’

(du) effectuée dans le talus des entonnoirs un cheminement russe qui arrivait très-près de ce talus. L'ennemi, qui envoie des bombes avec une grande précision sur nos descentes , les endommage sans cesse.

Le chef de bataillon du génie Petit, chef d’attaque ; deux brigades i“'“-

de sapeurs et 302 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 50 gabions la place d’armes de l'ouvrage du 2 mai, en se dirigeant vers l'extrémité droite de la place d'armes du 23 mai.

Mais les hommes étaient à peine à l’ouvrage que la place ouvre un feu très-vif, partant de la lunette de gauche du bastion central, qui domine fortement la tranchée et la prend presque d'enfilade. En moins d'une heure, deux travailleurs sont tués et onze sont blessés. On a interrompu le travail, qui n’a pu être repris, la place ayant continué à tirer jusqu'au jour;

Dans le ravin de la ville, on ouvre, à partir de la source, une tranchée de 120 gabions de longueur, dans le but de mieux relier entre elles les attaques du bastion du mât et celles du bastion central. La nouvelle tranchée, qui se trouve en bon terrain , a pu être continuée pendant le jour.

L’ennemi a lancé, pendant toute la nuit, une grande quantité de bombes sur la gauche de nos attaques, principalement sur la batterie n“ 50.

Pertes du 26 au 27 : 2 tués ; 24 blessés.

Le capitaine du génie dcBrévans, chef d’attaque; trois brigades .Vmidiir •uisju.». de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

AUaquee du ^aurhe.

Jouro^ du t8 j«tp.

Htaes.

Nuildii 28 au 29 juin.

MttMt.

La nouvelle tranchée du ravin de la ville est poussée jusqu’aux carrières à droite de la batterie n“ 40. ,

On commence trois traverses dans la portion de tranchée qui occupe le fond du ravin de la quarantaine, et on reprend, à l'extrémité de ce cheminement, le travail qu’on avait été forcé d’interrompre la nnit dernière, mais il est fortement inquiété par le feu de la place et ne fait que peu de progrès.

Une brigade d'une trentaine de sapeurs, commandée par un olfi-' cier du génie, se dirige sur le petit mamelon vert situé à la jonction des ravins qui aboutissent au fond du port du Sud, afln d’y établir un poste pour nos chasseurs dans l’embuscade que nous avons enlevée au.\ Russes le 18 juin. De leur côté, les Anglais retournent à leur prodt les embuscades établies dans le [>etit cimetière, entre le sommet du mamelon et la gauche de leurs attaques.

La place a beaucoup tiré sur les travailleurs et sur les batteries en construction ; notre artillerie lui a répondu.

Pertes du 27 au 28 : 1 tué ; 24 blessés.

A quatre heures et demie du soir, nous donnons le feu à deux globes de compression (a^ et a») qui ont ramené à la surface des entonnoirs beaucoup de débris de coffrages russes. Le premier produit un beau logement en avant des anciens entonnoirs.

Le chef de bataillon du génie Cadart, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 204 travailleurs d’infanterie.

On continue les travaux entrepris. Les travailleurs ont été trèsgénés par le feu do la place. Le capitaine du génie Méyère a été blessé.

A quatre heures et demie du matin, nous faisons jouer un globe de compression {a„) qui a détruit quelques galeries de l'ennemi, mais nos communications avec la quatrième parallèle ont aussi été endommagées par les trois dernières explosions.

Pertes du 28 au 29 : 3 tués; 21 blessés dont 1 officier.

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d’attaque; deux brigades (le sapeurs et âOS travailleurs d’infanterie.

On rétablit, à l’extrémité de la tranchée qui traverse le ravin de la quarantaine, une dizaine de gabions qui avaient été renversés par le canon de la place ; on termine les cinq traverses commencées dans ce cheminement, et on en amorce une nouvelle.

Le feu de la place, qui a été violent pendant pres(]ue toute la nuit, a rendu fort diflicile l'exécution de ces travaux.

La batterie n'.'fô a été armée d’un mortier à plaque.

Perles du 2!) au 30 : 2 tués ; 22 blessés.

Le chef de bataillon du génie .Martin, chef d’attaque; deux. brigades de sapeurs et 150 travailleurs d’infanterie.

On continue péniblement les travaux entrepris et on répare les dommages causés aux tranchées par le feu de la place qui a été trésvif pendant toute la nuit.

Pertes du 30 juin au 1" juillet : 1 tué ; :16 blessés dont 3 officiers.

Les pertes du 1" corps, pendant le mois de juin, s’élèvent à 155 tués dont 10 officiers ; 1,157 blessés dont 31 officiers ; en tout, 1,312 hommes hors de combat.

Le nombre de travailleurs employés aux attaques de gauche a été en moyenne de :

08 sapeurs ou mineurs et 317 soldats d’infanterie par journée;

103 — 448 — par nuit.

Le capitaine du génie Bressonnet, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 350 travailleurs d’infanterie.

On prolonge le mur on pierres sèches de la communication qui, longeant à mi-céte, à travers d’anciennes carrières, la berge droite du ravin du carénage, conduit au poste avancé qui a été établi dans la nuit du 30 au 31 mai.

On commence dans les carrières, à l’extrême pointe du contre-

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^uit du t9 sn 30 )itr.

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N'uinkre de truTaUlfiir) emptofés.

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Tort de l't^peron, une place d’armes en pierres sèches destinée à recevoir un poste pour éclairer les escarpements du ravin du carénage.

Les Russes ont établi sur les hauteurs du carénage deux nouvelles embuscades qui, placées sur une croupe faisant saillie dans le ravin, enfilent la partie de ce ravin que nous occupons depuis peu et dans laquelle nous avons construit, par précaution, des traverses en pierres sèches.

Pertes du 1" au 2 : 7 blessés dont 2 officiers.

Le chef de bataillon du génie Boissonnet, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 450 travailleurs d'infanterie.

On continue les travaux de la veille dans le ravin du carénage, et on construit une communication pour monter à la place d’armes de l’éperon.

L’artillerie arme la batterie n° 13 de deux canons de campagne. On a été obligé de pratiquer un pa.ssage pour ces pièces dans le parapet de l’enveloppe de la batterie n" 1 ; la coupure a été bouchée dans la nuit même, et organisée en embrasure avec plate-forme pour une pièce de campagne qui sera très-bien placée pour battre les nouvelles embuscades russes enfilant le ravin du carénage.

Pertes du 2 au 3 : 9 blessés.

L’artillerie et le génie achèvent leurs préparatifs en vue de l’attaque des ouvrages extérieurs russes, projetée pour le 7 juin. L’artillerie, dont les batteries sont toutes en état, y transporte une grande quantité de projectiles. Le général Frossard fait réparer les couronnements et toutes les parties endommagées des tranchées ; il fait établir des gradins de franchissement dans les parallèles, défiler tous les cheminements contre les vues éloignées de l’ennemi, afin de lui dérober les mouvements des troupes ; on transporte dans les tranchées un grand nombre de gabions, de fascines et de sacs à terre que l’on place à l’abri des vues de l’ennemi et le plus possible à portée des attaques projetées.

AuaqwîS il<* ilrftllr.

Pertes du 3 au 6 : 5 tués ; 2() blt«s«^s.

A trois heures de l’aprè^midi, on ouvre le feu de toutes les • i«ii 'i

batteries des attaques du carénage et de MalakolT ; ce feu est principalement dirigé sur la redoute du mamelon vert (Kamtchatka) et sur les deux redoutes de la croupe du carénage (ouvrages blancs).

En même temps, les batteries anglaises ouvTent leur feu contre l'ouvTage MalakolT, le grand redan (bastion n° 3) et la batterie des casernes.

Les Russes, surpris, ont d'abord faiblement répondu, mais leur tir s’est animé peu à peu. K cinq heures, la canonnade était extrêmement vive de part et d’autre.

Une partie de nos batteries des attaques de gauche ont soutenu celles des Anglais, ainsi qu’il a été dit plus haut.

Le feu a continué pendant la nuit. La redoute Kamtchatka, qui a été accablée de bombes, a faiblement répondu, et au jour, elle ne tirait plus que de deux pièces. Les deux redoutes du carénage ont continué à tirer sans interruption, mais avec peu de vivacité.

Pertes du G au 7 ; IG tués ; 133 blessés dont 7 officiers.

Il avait été convenu entre les généraux en chef qu’en même temps du t juia.

^ AtuqM àt* wnrèpf

que les Français enlèveraient les deux redoutes du carénage et celle du mamelon vert, les Anglais s’empareraient de leur côté de l'onvrage des carrières, situé en avant du grand redan.

Cette opération devait être faite dans la soirée, à une heure telle qu'on pût combattre de jour et travailler de nuit pour s’établir dans les ouvrages sans trop souffrir du feu de la place.

L’attaque, du côté des Français, était conGée à une partie des troupes des 2*, 3*, 4* et 5* divisions du 2' corps, sous la direction du général Bosquet. A quatre heures et demie du soir, ces divisions vont prendre position dans les tranchées ; les divisions Mayran (3'/ et Oulac (4') sur le plateau du carénage, les divisions Camou (2‘) et Brunet (5*) devant le mamelon vert. En outre, la division turque

Attiqnfii d« dmil^.

AiUtfu« des ouvrages du ctrénH^* (Pt* Vill^.

d’Osman-Pacha , détachée par Omer-Pacha de son armée de la Tchemaya, était venue prendre position sur les hauteurs du mont Sapoun.

Le général Frossard est chargé de diriger les travaux à exécuter, tant pour se consolider dans les ouvrages attaqués, lorsqu’on s’en sera emparé, que pour les relier à nos cheminements. Il avait désigné le chef de bataillon Chareton pour commander le génie à l’attaque dirigée contre les ouvrages du carénage et, pour l’attaque du mamelon vert, le chef de bataillon de Préserville qui avait repris son service quoique souffrant encore d’une blessure grave qu’il avait reçue aux attaques de la ville. Ces officiers supérieurs avaient sous leurs ordres des ofllders du génie et des brigades de sapeurs qui devaient marcher avec les colonnes d’attaque.

Les deux attaques françaises et l’attaque des Anglais, séparées les unes des autres par les ravins du carénage et de Karabelnaya, étaient tout à fait indépendantes; mais elles devaiént être faites simultanément à six heures et demie, à un signal de fusées donné par le général Pélissier dans l'avancée de la redoute Victoria.

Jusqu’au moment de l'attaque, le feu de l’artillerie est partout continué avec la plus grande vivacité.

L’attaque des ouvrages du carénage, commandée par le général Mayran, devait être faite par deux colonnes. I.,a t''* brigade de la division Mayran, sous les ordres du général de Lavarande, était chargée d’enlever la redoute Volhynie; l’autre, brigade, commandée par le général de Failly, devait s’emparer de la redoute Sélinghinsk. La division Dulac formait les réserves de ces deux colonnes. En outre, trois bataillons massés dans le ravin du carénage et commandés par le lieutenant-colonel Larrouy d’Orion, du 97* de ligne, avaient pour mission de tourner l’ennemi et de lui couper la retraite, après l’enlèvement des redoutt*s.

Le capitaine du génie Delaboissiére, avec un détachement de 3

— ÎStô —

Aliaqucs <]« droiw.

sapeurs de sa compagnie, marchait avec la colonne du général de Lavarande pour détruire les obstacles et faciliter le passage des troupes. Le capitaine Masselin, ayant avec lui un détachement de â7 sapeurs commandé par le sous-lieutenant Laloy, accompagnait la colonne du général de Failly. Les sapeurs portaient leurs outils à la ceinture. On avait également muni d'outils à manches courts, portés à la ceinture, une compagnie d'infanterie de chaque colonne, aGn de pouvoir exécuter rapidement les premiers travaux d’établissement dans les ouvrages.

Un espace de plus de mètres sépare nos tranchées de la première redoute (Volhynie). Pour arriver à la seconde (Sélinghinsk), la distance est double et l’on est pris de Qanc par les feux de la première.

Au signal, la brigade de Lavarande s’élance au pas de course de la deuxième parallèle vers la redoute Volhynie. Malgré les feux qui renversent beaucoup d’hommes dans le trajet, nos soldats abordent l’ouvrage, se jettent dans le fossé qui a deux mètres de profondeur, franchissent l’escarpe en proGtant des aspérités du rocher, et pénètrent dans la redoute par les embrasures et par-dessus le parapet. Là, s’engage un combat corps à corps, à la ba'ionnette et à coups de crosse ; mais il est de courte durée : ne pouvant résister à nos intrépides soldats, les Russes, tués ou refoulés, nous laissent en possession de la redoute.

I.,a brigade de Failly, malgré la grande distance qu’elle a à parcourir et les feux de liane très-meurtriers du premier ouvrage, aborde la redoute Sélinghinsk et l’enlève en peu d'instants. Les Russes se retirent dans la batterie de cinq pièces construite le 2 mai sur la dernière croupe du contre-fort, ou bien cherchent à gagner le pont qui traverse la baie du carénage. Mais ils sont poursuivis par nos soldats et chassés de la batterie du 2 mai. Une colonne russe s'avance pour reprendre cette batterie : elle est refoulée par une charge à la

AUaqut'?» <tr ilitHle.

baïonnette et laisse entre nus mains üO prisonniers dont i;! officiers. Toutefois, cet ou>Tage étant à plus de 500 mètres de la redoute Sélingliinsk, son occupation n’est pas nécessaire; d’un autre côté, on y souffrirait beaucoup des feux d'artillerie de l'enceinte et des batteries du nord du port ; par ce double motif, le général Mayran se décide à l’évacuer, après avoir ordonné d’enclouer les pièces.

Pendant que les ouvrages qui défendaient la croupe du carénage étaient ainsi enlevés avec la plus brillante bravoure, le lieutenantcolonel Larrouy d'Orion descendait avec deux bataillons par le fond du ravin ; arrivé au pont-aqueduc qui le traverse, il gravit les escarpements de la berge droite. Ce mouvement tournant, exécuté avec résolution et habileté, empêche les Russes chassés des ouvrages de rentrer dans la place : 400 prisonniers dont 12 officiers restent en notre pouvoir ; mais le colonel Larrouy est mortellement blessé.

Le détachement de sapeurs du capitaine Dclaboissiére s’est distingué par sa bravoure à l’attaque de la redoute Volhynie. Cet officier a pénétré un des premiers dans l’ouvrage russe avec les sergents Thouzellier, Blancher et Chéry. Deux de ces derniers ont été blessés et le capitaine lui-mème a été mortellement frappé. Ce détachement, qui se trouvait commandé par le sergent Chéry, ayant éprouvé de grandes pertes, le commandant Chareton le lit soutenir par la brigade de sapeurs qui travaillait aux communications, afin que l’établissement dans l’ouvrage conquis ne fût pas compromis, et les travaux furent immédiatement entrepris et continués avec la plus grande activité.

A l’attaque de la redoute Sélinghinsk, le capitaine Masselin s’élant jeté dans le fossé avec le détachement de sapeurs, a couru à la gorge pour faire couper le pont en charpente qui était le seul moyen de retraite des Russes. Cette tentative hardie a puissamment contribué à diminuer leur résistance. Lue partie de la garnison a abandonné l’ouvrage en franchissant les parapets.

A l’attaque de la redoute du mamelon vert, nos troupes ont à franchir une distance d'environ ioO mi^tres ; elles suivent une direction qui, par suite des ondulations du terrain, échappe aux vues de l’enceinte, soit du côté du bastion n° 2, soit du côté du bastion n" 3 ; les feux directs de l’artillerie de la redoute Kamtchatka ne sont même pas très-dangereux, à cause de la raideur des pentes, mais on est pris de flanc par les ouvrages du carénage. Au signal du général en chef, la brigade Wimpffen, formée en trois colonnes, s’élance vers le mamelon vert et enlève au pas de course les embuscades avancées des Russes. A droite, les tirailleurs algériens, commandés par le colonel Rose, s’emparent d'une batterie de quatre pièces, annexe de la redoute. Le colonel de Brandon, du 50' de ligne, au centre, et le ciw lonel de Polhès, du 3* zouaves, à gauche, abordent résolùment la redoute elle-même. Au moment où nos soldats, arrivant au sommet des pentes, sont le plus exposés aux feux de mitraille et de mousqueterie, ils voient devant eux un fossé large et profond creusé dans le roc, et derrière ce fossé un parapet à grand relief ; ils se jettent dans le fossé sans hésiter. Pendant que les uns courent à la gorge de l’ouvrage, d’autres, profitant de quelques éboulements du parapet et montant sur le dos de leurs camarades, arrivent aux embrasures, entrent dans la redoute et en chassent les Russes que tant d'audace déconcerte. Le colonel de Brandon, qui a le pnmier planté son aigle sur l’ouvrage russe, est frappé à mort.

Aussitôt après l’enlèvement de l’ouvrage, le capitaine du génie Salanson, qui a avec lui une brigade de 29 sapeurs commandés par le capitaine Virte, fait, en arrière d’un bourrelet de terre qui existait à la gorge, un logement pour lequel il emploie des gabions russes trouvés sur place; on s’efforce aussi d’ouvrir l’ouvrage du côté de nos attaques.

Malheureusement une partie de nos soldats, se laissant entraîner à la poursuite de l'ennemi, arrivent jusqu’au fossé de l'ouvrage Malakoff et cherchent à pénétrer dans la place avec l<^ Ru$.ses. Ecrasées

Aluqum (le droiir.

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AiUquet d« dmilê.

Nuil du 7 BU 8 |utn.

de feux et prises de flanc par un retour oll'ensif de l’ennemi , ces troupes, qui laissent un grand nombre de morts entre le mamelon vert et l'enceinte de la place, sont forcées de rétrograder : pressées par reniiemi, elles rentrent précipitamment dans la redoute où elles viennent jeter le désordre. Les Russes se présentent en force à la gorge , et après un combat de courte durée, dans lequel nous perdons de braves soldats qui ne veulent pas céder le terrain, la redoute nous est reprise. Les Russes l’occupent de nouveau et reprennent le tir de leur artillerie qui n'avait pas été enclouée. Rs arrivent même jusqu’aux contre-approches qui sont en avant de la redoute.

(^pendant, à peine revenus dans leurs tranchées, nus soldats se reforment rapidement; le général Camou fait avancer la brigade Vergé, tandis que la division Brunet, qui la suit, vient occuper nos parallèles. Les deux brigades réunies de la division (’amou s’élancent sur la redoute, l’entourent de tous côtés, l’attaquent avec une nouvelle ardeur et en reprennent possession. Cet ouvrage qui, par la profondeur de ses fossés, la hauteur de ses parapets, le calibre et le nombre des pièces qui l’armaient, dépassait les proportions d’un ouvrage de campagne, était définitivement conquis à sept heures et demie, au moment où l’obscurité allait favoriser les travaux du génie.

L’attaque des Anglais fut également couronnée d'un plein succès. >08 alliés enlevèrent bravement l’ouvrage des carrières et s’y établirent.

Un grand pus venait d'ètre fait : tous les ouvrages extérieurs du faubourg Karabelnaya étaient en notre pouvoir et les Russes étaient rejetés derrière leur enœinte. 73 bouches à feu étaient tombées aux mains des Français, savoir : 31 canons de gros calibre dans la redoute du mamelon vert ; 12 canons de gros calibre, 2 mortiers de 13 pouces et 6 petits mortiers dans la redoute Volhynie ; 22 canons de gros calibre dans la redoute Sélinghinsk.

Aussilt'f que les ouvrage.s russes ont élt> occupes par nos troupes.

— «Iî> —

les officiers du pénie ont fait exécuter les travaux de défense contre les retours offensifs, ainsi que les communications avec nos tranchées les plus avancées.

La communication avec la redoute Volhynie, entreprise avex WM) travailleurs d'infanterie, a été tracée de manière à être couverte par le terrain même contre les coups tirés de l’ouvrage Malakoff ; partant du centre de ta deuxième parallèle, elle contourne, suivant une ligne courbe, la naissance du ravin transversal qui descend vers le fond du port. Cette communication, qui a un développement d’environ 350 mètres, a été faite avec des gabions ; à la (in de la nuit, on y était à couvert, sauf en quelques points où la nature rocheuse du sol n’avait pas permis de s’approfondir.

A 150 mètres env iron en avant de la redoute Volhynie, on a trouv é quatorze caisses de poudre avec appareil fulminant , comme celles que les Russes avaient placées dans le ravin du carénage.

Le terrain compris entre les deux redoutes étant rocheux et battu par do nombreux feux d’artillerie, on ne pensa pas pouvoir établir, dans cette première nuit, nue communication directe entre ces deux ouvrages : mais on s’assura le libre accès de la redoute Sélinghinsk par le ravin du carénage, en profitant d’une tranchée russe qui descendait vers ce ravin en partant de. la droite de l’ouvrage. Le capitaine du génie Pomain fut chargé d’exécuter ce travail avec un détachement do 31 sapeurs et ^jOI) hommes d’infanterie. Il construisit une rampe sur le (lanc rocheux du ravin, puis, à partir du sommet de l'escarpement, il établit une gabionnade de âtX) mètres de longueur rejoignant la communication des Rus.-a's, qui fut transformée à notre usage au moyen d’une tranchée creusée do notre côté au pied de son parapet. Au jour, ces travaux étaient suffisamment avancés, grâce à l’activité remarquable qu’avait déployée le capitaine Pornain. Cet officier n’était cependant qu'imparfaitement guéri d’une blessure qu’il avait reçue le 16 avril.

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AlUU|(W* d« droilf.

Auaqutf» de druiu*.

Dans la redoute du mamelon vert, on a construit un épaulemcnt à la gorge, on a fait des coupures dans le parapet du c<H6 de nos attaques, et on s’est empressé de fermer solidement , du côté de la place, les ouvertures des magasins blindés remplis de poudre.

Le capitaine du génie Segrétain fut chargé de relier l'ouvrage du mamelon vert avec nos tranchées. Il disposait à cet effet de 7-i sapeurs et de 650 travailleurs d’infanterie. On a commencé par rattacher nos cheminements les plus avancés de droite et de gauche avec la première ligne de contre-approche des Russes, au moyen d'une gabionnade. Celte ligne russe, qui deviendra notre troisième para/Iête, a été ensuite rendue habitable au moyen d’une tranchée creusée de notre côté au pied de son parapet.

A droite (gauche d&s Russes) de la redoute se trouve une brandie descendante contenant, dans la partie supérieure, une batterie de quatre pièces; on a couvert la batterie contre les feux de la place par un masque en terre élevé à la gorge. La branche descendante se prolongeant jusqu’à la berge du ravin du carénage formait pour les Russes une grande place d’armes non enfilée de la place ; on en utilise le parapet en creusant un fossé de notre côté , ce qui complète la communication entre nos tranchées et la redoute.

A gauche de la redoute se trouve aussi une place d’armes, descendant vers le ravin Karabelnaya ; on l’utilise de la même manière. Mais cette place d’arme étant prise d’écharpe par l’artillerie du bastion n“ 3, on a dû s’y couvrir par des traverses.

Ces deux places d’armes ainsi retournées forment notre quatrième parallèle.

Dans tous ces travaux, on a profité des terres excavées ou rapportées par les Russes, avantage précieux sur ce terrain de roc. L’ennemi doit regretter d’avoir transformé en lignes continues, mal vues par la place, les petites embuscades qui suffisaient pour gêner beaucoup nos cheminements, car au 7 juin, ainsi qu’au 2 et au 23 mai.

nous avons profité de ses contre-approches pour nous couvrir des feux de sa formidable artillerie.

Les communications de droite avec la redoute Kamtchatka, établies en bon terrain, ont pu être rapidement perfectionnées; mais à celles de gauche, assises sur un sol rocheux et battues par les feux du bastion n° 3, on a éprouvé de grandes difiicultés partout où l'on n’a pu profiter des travaux des Russes. Il a fallu se couvrir avec des gabions remplis de sacs à terre, et en quelques points on a dû les placer sur deux rangs. Ce travail a été fort contrarié, et bon nombre de travailleurs ont été atteints par le feu de la place. Le lieutenant du génie Boyre, officier brave et zélé qui avait déjà été blessé aux attaques de la ville, fut tué dés le commencement du travail ; un peu plus tard, le chef de bataillon de Préserville, officier d'un grand avenir, fut mortellement atteint par un éclat d’obus.

L’artillerie profite de la nuit pour refaire dans ses batteries une grande partie des embrasures qui étaient dirigées sur les ou>Tages conquis; elle reconnaît dans ces ouvrages les emplacements de nouvelles batteries à construire, savoir : dans la redoute du mamelon vert, les batteries n°* 15, 15 bis, 16 et 17 ; dans la redoute Sélinghinsk, les batteries n°* 18 et 19 ; et dans la redoute Volhynie, la batterie n‘> 20.

Le 8 Juin, au point du Jour, le général de Lavarande est tué par un boulet dans la redoute Volhynie. L’armée perd en lui un de ses plus brillants officiers généraux.

Nos pertes, du 7 au 8, se sont élevées à 697 tués dont 69 officiers ; 4,363 blessés dont 203 officiers; 383 disparus dont 4 officiers. ,

Le chef de bataillon du génie Boissonnet et le capitaine Bressonnet, chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et 1,000 travailleurs d’infanterie.

Au mamelon vert, on continue à élargir et à approfondir les deux communications qui relient nos tranchées avec la première ligne de

AlUi(|ue8 ik: droite.

Journée du 8

Allaqoes de droite.

contre-approche, ainsi que celle qui relie entre elles la droite des deux lignes rnsscs. On creuse une tranchée au pied du parapet de la deuxième ligne. On travaille aussi à épaissir le parapet fermant la gorge de la redoute, et on y établit plusieurs traverses contre les éclats des projectiles creux.

Aux attaques du carénage, on continue le travail des communications ; on ferme les ouvertures qui se trouvent dans les deux redoutes du cAlé de l’ennemi, et on fait des coupures dans le parapet du côté de nos tranchées.

On a profité, des mortiers laissés par l’ennemi dans les redoutes du carénage pour tirer sur les vaisseaux mouillés dans le port ; une partie de ces vaisseaux se sont éloignés vers le port du Sud.

Notre artillerie a tiré pendant la journée sur les tronpes russes qui étaient occupées à désarmer la batterie du 2 mai.

Le feu de la place, qui a été fort vif contre les ouvrages conquis qu’on occupe en force, nous a fait éprouver des pertes sensibles.

Suit do 8 »o 9 |oia. Deux brigades de sapeurs et 1 ,4<M) travailleurs d’infanterie.

Aux attaques MalakofT, on ouvre une nouvelle communication entre la partie droite de la première ligne de contre-approche russe, devenne notre troisième parallèle, et l’ouvrage dn mamelon vert. On continue les travaux entrepris ; la troisième parallèle est assez avancée pour qu’on puisse l’organiser pour la fusillade.

Le feu de la place contre la redoute Kamtchatka s’étant beaucoup ralenti, l’artillerie a pu travailler activement à ses batteries.

Dans les redoutes du carénage, on établit des banquettes défensives dans les fossés, et on construit des abris contre les projectiles • creux en reliant les traverses par des masques. Un poste est établi entre les deux ouvrages, sur un point où doit passer la communication <|ue l’on se propose d’ouvrir pour les relier entre eux.

Au jour, on voit que les Russes ont évacué la batterie du 2 mai, nous abandonnant toute la croupe dont nous occupons le sommet ;

Ms commencent à replier la passerelle qui traverse la baie du carénage.

Pertes du 8 au U : 7 tués ; blessés.

Les chefs de bataillon du génie Abiiial et Pingault, chefs d’attaque.

l’iie suspension d'armes a lieu, de midi à cinq heures, pour l’enlévement des morts qui jonchent le terrain entre la place et les ouvrages conquis le 7. On recueille 380 Français et l'on rend 350 cadavres aux Russes. L’ennemi avait déjà relevé une partie de ses blessés et de ses morts pendant la nuit.

Cet armistice a nui à la continuation des travaux, mais il a permis d’éludier le terrain compris entre le mamelon vert et la place, et tout le plateau du carénage jusqu’à la rive du port. On trouve de la terre sur le versant du mamelon vert qui regarde la place, mais, à partir du pied de la pente, on tombe dans des carrières fort irrégulièrement exploitées, autour desquelles il ne se rencontre pas de terre végétale. Si l’on peut gagner cos carrières, on y trouvera des abris, mais on éprouvera de grandes difficultés pour cheminer au delà, et cependant elles sont, sur différents points, éloignées de plus de 300 mètres de la place. Sur la droite et sur la gauche du mamelon vert, principalement du cétè du bastion n'* 2, on voit qu’en avant de l’enceinte les Russes ont enlevé le peu de terre qui recouvrait le roc. La batterie du 2 mai a été faite avec des terres rapportées et le sol est complètement dénudé autour d'elle, mais au pied des pentes de cette croupe la terre végétale a de la prufoiideur.

Deux brigades de sapenrs et 050 travailleurs d’infanterie.

 l'attaque Malakolf on ouvre, à partir de la gauche de la première ligne russe (troisième parallèle), une communication réunissant les doux lignes de contre-approche. Le terrain étant de nature rocheuse, ce travail exigera plusieurs jours.

On devait commencer une grande place d’armes en avant et à

Autqurt de droite.

Joom^ du 9 juin.

\uil du 9 «U 40 jtiifi.

Auaifiu>K d<* droite.

Nuit du tO au H Juin.

Nuit du H au 42 juin.

droite du mamelon vert, mais une alerte qui a eu lieu au commencement de la nuit ayant dispersé les travailleurs, on a dù renoncer à cette opération. Les Russes s'étaient montrés devant l'ouvrage MalakolT, probablement dans l'intention d'établir des embuscades. Ils ont été repoussés par quelques compagnies du 91* de ligne aux ordres du colonel Picard.

Aux attaques du carénage, un commence la communication directe qui doit relier les deux redoutes. Elle a été tracée un peu à droite de l'arête du contre-fort, de manière à être couverte par le terrain des feux de l'ouvrage Malakoif. Mais on n’a ouvert cette communication que sur une portion de sa longueur, à partir de la redoute Sélinghinsk ; on y a employé beaucoup de gabions russes que, faute de terre, on n’a pu remplir qu’en partie.

Pertes du 9 au 10 : 7 tués ; üü blessés.

Les chefs de bataillon du génie Bailly et Chareton, chefs d’attaque ; trois brigades de sapeurs et 630 travailleurs d’infanterie.

On ouvre sur la droite, et un peu en avant du mamelon vert, la place d'armes qui devait être établie la nuit précédente. Ce travail a été exécuté à la sape volante, sous la protection de quelques compagnies de garde jetées en avant. Un retour d'équerre termine la droite do cette tranchée avec laquelle on pourra commimiquer par un petit ravin transversal qui descend vers le ravin du carénage. Le travail n'a pas été inquiété par la place. Le terrain étant assez bon, au jour la gabionnade était couronnée et les troupes bien abritées.

Aux attaques du carénage, on a prolongé d’environ 65 mètres la communication directe entre les deux redoutes.

Les Russes envoient toujours un grand nombre de bombes dans l’ouvrage du mamelon vert.

Pertes du 10 au 11 : 7 tués ; ^18 blessés dont 1 officier.

r.he.f do l>ataillon du génie Boissonnet et le capitaine Segrélain,

chefs d’attaque; trois brigades de sapeurs et 675 travailleurs d'infanterie, dont 250 Turcs.

La place d'armes ouverte la nuit précédente en avant du mamelon vert est prolongée sur sa gauche, en forme de parallèle courbe enveloppant le mamelon, jusqu’à sa rencontre avec une grande tranchée russe qui descend vers le front Malakoff. On amorce la communication qui doit relier cette cinquième parallèle avec la place d’armes en arrière.

A 70 mètres en avant de la redoute Sélinghinsk, on fait une place d'armes de 60 mètres de longueur terminée à droite par un retour et à gauche par un poste pour quelques hommes. On commence à ouvrir un passage pour les voitures d’artillerie dans le parapet de la redoute.

I.,e feu de la place a été très-vif, surtout contre ce dernier ouvrage que l’artillerie commence à armer. Les Russes ont beaucoup travaillé à la portion d'enceinte qui descend de la batterie de la pointe (bastion n" 1) à la baie du carénage. Ils ferment tous les passages qui s’y trouvent, et ouvrent des embrasures. Pour se défiler des outrages du carénage dont nous nous sommes emparés, ils exhaussent les parapets et multiplient les traverses.

Pertes du 1 1 au 12 : 3 tués dont 2 ofiiciers; 10 blessés.

Les chefs de bataillon du génie Pingault et Abinal, chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et 800 travailleurs d’infanterie, dont 250 Turcs.

On perfectionne la cinquième parallèle devant le mamelon vert, et on ouvre, à partir de la droite de cette parallèle, le premier boyau d’une communication devant rejoindre les cheminements en arrière. Ce travail a pu être fait de jour, grâce à la dépression du terrain qui le dérobe aux vues directes de la place.

On achève le passage que l’on a ouvert dans le parapet de la redoute Sélinghinsk pour les voitures d’artillerie.

Aitaqtm droite.

Jouroé«dü tt jaio.

Auaqoe» de droite*

Nuit du 49 au 43 juio.

Nuit du 43 an 44 juin*

Jonnéc du 44 juta.

Trois brigades de sapeurs et I.IO*'» travailleurs d’infanterie, dont 100 Turcs.

On prolonge la cinquième parallèle de 70 mètres vers sa gauche; 00 ouvre, sur la droite et on avant de celte parallèle, une nouvelle place d'armes de 100 mètres de longueur , afin de mieux voir le terrain en avant.

Aux attaques du carénage, on prolonge de 130 mètres sur sa gauche la place d'armes ouverte la nuit précédente; elle se trouve ainsi reliée à un ancien parapet de la branche gauche de la redoute Sèlinghinsk.

On construit de petites embuscades sur le flanc gauche du contrefort du carénage, et on fait occuper par un poste l'ancienne batterie du 3 mai dans laquelle les Russes embusquaient des tirailleurs.

Pertes du 12 au 13 : -i tués;- 51 blessés. '

Le chef de bataillon du génie Chareton et le capitaine Masselin, chefs d'attaque; trois brigades de sapeurs et 868 tra\ ailleurs d’infanterie, dont 400 Turcs.

A l'attaque MalakotT, on continue la communication entre la cinquième et la quatrième parallèle; on prolonge de 50 mètres vers la droite la nouvelle place d'armes à l'est du mamelon vert, et on la termine par uu retour de 10 mètres. Ou relie la gauche de cette place d’armes avec la cinquième parallèle; cette eomniuiiication se trouve dans un terrain rocheux.

Aux attaques du carénage, on trace un cheminement reliant la droite de la place d'annes établie eu avant de la redoute Sèlinghinsk avec la communication qui réunit les deux redoutes entre elles. On ouvre ce cheminement sur une longueur de 160 mètres, à partir de la tète du tracé; ce travail ayant été fait en tranchée simple, faute de gabions, les hommes n'étaient pas couverts au jour.

Pertes du 13 au 14 : 4 tués dont 1 oflicier; 44 blessés.

Le général en chef, voulant honorer la mémoire du général de Lavarande et du colonel de Rrancion, ordonne que les ouvrages

dans lesquels ils ont trouvé une mort glorieuse porteront à l’avenir leurs noms. En conséquence, l’ouvrage du mamelon vert (redonte Kamtchatka des Russes) s’appellera redoute Brandon, et les ouvrages blancs (redoutes Sélinghinsk et Volhynie) prendront le nom A’ ouvrages Lat'orande {n“ 1 et n* 2).

Le chef de bataillon du génie Bailly et le capitaine Denfert, chefs d’attaque ; trois brigades de sapears et 750 travailleurs d'infanterie, dont 325 Turcs.

La route qui vient du pont d’Inkcrmann et qui passe sous les ouvrages Lararande descend dans le ravin du carénage et, après avoir monté en rampe la berge opposée, tourne vers l'ouest pour se rendre k Sébastopol. On construit vers le tournant de cette route, au point où elle cesse d'ètre en déblai, une embuscade de trente-sept gabions avec deux retours ; au jour, on place 50 hommes de garde dans ce poste avec une réserve qui se trouve abritée par le talus de la route. Mais les boulets des Russes ayant bouleversé la gabionnade aussitôt qu’elle a été aperçue, les hommes de garde sont forcés de se réunir k la réserve. En arriére du point où se réunit cette réserve, se trouvait une ancienne embuscade russe ; on l'a organisée à notre usage et on a pu y laisser, au jour, quelques hommes de garde pour soutenir le poste de la route.

Notre établissement dans la batterie du 2 mai est consolidé au moyen de deux fortes traverses ayant deux gabions d’épaisseur et deux gabions de hauteur, qu’on élève aux deux extrémités de l’épaulement de la batterie. EiiOn, on achève d’ouvrir la place d’armes qui enveloppe l’ouvTage Lavarande n” 1 ,

Pertes du 14 au 15 ; 11 tués; 77 blessés.

Le chef de bataillon du génie Boissonnet et le capitaine Bressonnet, chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et t570 travailleurs d'infanterie.

On amorce sur 50 mètres de longueur une tranchée allant de la

AUiqtiM d« draHA

Natl du H au 4B jnm.

JMrod« du 4& juîB.

Attaque* de druile. — 306 —

redoute Brandon au coude de la communication qui relie la quatrième à la cinquième parallèle.

Nuit do 15 au tdjura. Trois brigades de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.

On rétablit le poste de la route qui a été bouleversé par les boulets russes ; on le prolonge de 47 gabions sur sa gauche, on double partout les gabions et on les couronne de fascines. Un second poste est établi à environ 100 mètres sur la droite, près de la route, au sommet des escarpements, sur un point d’où l’on découvre le ravin du carénage jusqu’au port. Sur l’un comme sur l’autre point, la nature rocheuse du sol n’a permis de donner qu’une faible profondeur aux tranchées.

On prolonge jusqu’à la redoute Brandon la communication commencée dans la journée. On organise un petit poste en avantdu même ouvrage, à l’extrémité d’une portion de caponnière russe dirigée vers la place, afin de bien voir les carrières situées au pied du mamelon.

Le travail a été interrompu vers minuit et demi , pendant plus d’une heure, par suite de l'apparition d’une patrouille russe sur la droite de notre place d’armes la plus avancée. Cet inddent a provoqué une canonnade et une fusillade très-vives; les Russes ont lancé des balles à feu dans toutes les directions.

Sur le flanc du contre-fort du carénage, on a établi trois nouvelles embuscades : deux vis-à-vis le pont aqueduc, pour surveiller le ravin aux abords de ce pont, et la troisième pour protéger les deux premières et voir en même temps les pentes opposées du ra>1n.

Pertes du 15 au 16 : 10 tués ; 45 blessés.

lm a cbtt Les généraux en chef avaient résolu de profiter de la victoire du ^ l’influence morale que cet échec avait dû produire sur

les Russes pour tenter d’enlever la place. L’ennemi, confiant dans les ouvrages extérieurs et dans ses contre-approches, avait négligé de perfectionner plusieurs parties de l’enceinte du faubourg, notamment la courtine qui reliait l’ouvrage MalakoiT au bastion n° 2 ; mais main-

tenant, nos projets d’attaque contre le faubourg étant démasqués, on ne pourait pas douter qu’il ne fit tous ses efforts pour renforcer ses moyens de défense, soit sur l’enceinte elle-mème, soit en arrière.

L’artillerie française avait armé et approvisionné les batteries construites dans les ouvrages et sur le terrain nouvellement conquis ; 42 pièces placées à bonne distance dirigeaient des feux plongeants sur l’enceinte. Le génie avait fait une bonne parallèle et de grandes places d’armes en avant et à droite de la redoute Brandon. On était, il est vrai, à plus de 400 mètres de l’enceinte, mais on ne pouvait s’avancer sans tomber dans des terrains de roc où les cheminements allaient présenter de grandes difficultés et par suite de longs retards. Les Anglais, maîtres de l’ouvrage des carrières, avaient poussé leurs cheminements jusqu’à 250 mètres du bastion n° 3. Aux attaques de la ville, nous étions à 70 métrés du bastion du màt et à !)0 mètres du bastion central. L’artillerie avait augmenté le nombre de ses batteries et les avait rapprochées de la place. Une de ces batteries, construite à 340 mètres du mur crénelé, à la droite du bastion central, voyait ce mur jusqu’au pied. Si la brèche qu’on pouvait faire ne devait pas être facilement abordable, il était certain du moins qu’elle serait une grande cause d’inquiétude pour la garnison.

Les batteries des alliés étant prêtes à faire feu et l’attaque étant décidée, on pouvait, soit attaquer en même temps la ville et le faubourg pour occuper l’ennemi partout et pénétrer en force sur le point où l’enceinte aurait pu être forcée, soit concentrer tous ses efforts sur le faubourg en avant duquel nous occupions une position dominante et où, l’enceinte franchie, on rencontrerait moins d’obstacles que dans la ville.

Il fut décidé qu’on n’attaquerait que par le faubourg, mais qu’une partie de l’armée serait portée sur la Tchernaya pour faire une diversion et repousser au besoin toute attaque de l’armée de secours.

Les généraux arrêtèrent en conséquence les dispositions suivantes :

Aluquti* de droite.

Journée du 16 juin.

Le dix-»ept, à ia pointe du jour, ouverture générale du feu contre la place, et le dix-fauil, de grand matin, assaut des Français sur le front MalakolT et des Anglais sur le grand redan.

Le général Bosquet reçut le commandement des troupes françaises réunies sur la Tchernaya et composées des 1", 11* et 4’ divisions du 2" corps, de la 1” division du corps de réserve, de toute la cavalerie, d'une batterie de montagne et de 4 batteries à cheval.

Les troupes chargées d’attaquer le faubonrg furent placées sous les ordres du général Régnault de Saint-Jean d'Angelyj elles se composaient de la 1" division du 1” corps, des 3’ et 5* divisions du 2* corps et de la division de la garde impériale.

Le général de Salles, commandant le 1" corps, avait sons ses ordres les 2*, 3‘ et 4* divisions du 1" corps et la 2* division du corps de résen'e.

Le 17, en même temps que toutes les batteries des assiégeants ouvriront leur feu, l’armée sarde et l’armée turque feront un mouvement pour menacer les Russes du cété d’.Aï-Todor.

Dans la journée du 16 juin, on opère tous les mouvements qu’exigent les dispositions ordonnées par le général en chef :

La 1” division du 1" corps (division d’Aiitemarre), qui vient de rentrer de l’expédition de Kertch, se rend des attaques de gauche à celles de droite ;

Les 2* et 4* divisions du 2^ corps (divisions Camou et Dulac) descendent de leur camp dans la vallée de la Tchernaya :

Les 1" et 2* divisions du corps de réserve (divisions Herbillon et d’Aurelle) quittent Kamiesch et se rendent, la 1" sur la Tchernaya, la 2' aux attaques de droite.

A deux heures, le général Régnault de Saint-Jean d’Angely va recevoir le commandement des attaques de droite. Le général Bosquet transporte, vers le soir, son quartier général sur la ligne de la Tchernaya.

311 — de drolM.

Le génie continue les travaux entrepris et établit des gradins de rraochissemeul dans la cinquième parallèle devant le mamelon vert. Le chef de bataillon du génie Pingault, chef d’attaque, est blessé au bras et au cèté par un éclat d’obus ; cet officier est mort des suites de ces blessures.

Le chef de bataillon du génie Abinal, chef d’attaque ; trois bri- naiiiinWiutTjiifci. gades de sapeurs et 583 travailleurs d’inlanterie.

On prolonge de 50 gabions sur la droite la plus grande des embuscades établies sur la pente du contre-fort du carénage, en face du poniHtquoduc. Au jour, on a pu laisser 50 hommes dans ce poste.

Les Russes, au nombre d’environ 500, suivis de pièces de campagne, ont tenté une sortie en débouchant du bastion n* 2. Reçus par le feu des deux pièces de 24 de la batterie n* 17, ils sont rentrés immédiatement.

Pertes du 10 au 17 : 10 tués ; 1 officier et 45 soldats blessés. Journée du 47 juin.

Au point du jour, toutes les batteries françaises et anglaises des attaques du faubourg ouvrent leur feu.

Voici quel était l’armement des batteries françaises :

N"* i. 6 canons de 30, 7 canon» do 3â, t canon» de en loul. . . 15 pièce». 6. A cannn» de 5 ohusiers de 80, 8 mortiers de 3Δ 17

15. 3 obuaiors de 22*, 3 obu»ier» turcs de 22*, 2 nvortiers anglais

do 8

15 bit. i canon de 68, 3 canons russes de 2-1, 2 mortiers de 32*. . 6

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