inortiiTS de
N* 1 du fond d* port. 2 canons de 21, 2 canons de .10, 5 canons
de 32, 2 mortiers russes de 13 imuces, i moniers de 27*. « 15
N* 1 6m. 4 canons de 30. ... 4
Redoufr du 5 norrmèrr. 1 canons de 30, 1 mortier de 27* 5
RttUmU dm Pkart. S canons de 30, 5 canon» de 32 10
TirTAi 114 pièces.
AlUquefi de droite*
Le feu de ces batteries a été entretenu pendant toute ia journée. Les Russes y ont répondu modérément, ne donnant de l'activité à leur tir que pendant de très-courtes périodes.
Le génie termine dans la soirée les gradins de franchissement de la cinquième parallèle.
.vuitdu Le chef de bataillon du génie Chareton et le capitaine Salanson,
chefs d’attaque ; une brigade de sapeurs et 100 travailleurs d'infanterie.
Le travail de la nuit a uniquement consisté à ouvrir à travers tes tranchées des passages pour l'artillerie de campagne qui pourrait être appelée à prendre part au combat du lendemain.
L'artillerie continue son feu pendant la nuit ; la place y répond à peine par quelques bombes.
. Les troupes prennent leurs positions de combat :
La division Mayran avait la droite des attaques ; elle devait emporter les retranchements qui s’étendent depuis la batterie de la pointe (bastion n* 1) Jusqu’au petit redan (bastion n° 2). La 1” brigade, commandée par le colonel Saurin du 2' régiment de zouaves, devait sortir du ravin au point où se trouve l'aqueduc, longer la berge gauche pour échapper aux feux de l'enceinte, et tourner la batterie de la pointe par la gorge. La 2' brigade, aux ordres du général de Failly, devait forcer l'enceinte entre les bastions n"* 1 et 2, et enlever le bastion n* 2 par la gorge. La division avait pour réserve spéciale deux bataillons du 1*' régiment de voltigeurs de la garde.
Les troupes de cette division furent massées dès dix heures du soir, dans le chemin encaissé qui monte le long de la berge gauche du ravin du carénage ; leur tète de colonne était appuyée à la grande place d'armes de droite.
Le chef de bataillon Bailly commandait le génie de la colonne qui devait se porter contre le petit redan. Il avait sous ses ordres le capitaine Mas.scliii et une brigade de .'v8 sapeurs, commandée par le ca-
pitainc Virte et le sous-lieulenant Laloy. Les sapeurs, luuiiis de tous les outils nécessaires, marchaient avec le â' bataillon des troupes d'attaque. Ce bataillon était également muni d’outils et d'échelles de franchissement.
La colonne chargée d’attaquer la batterie de la pointe avait un détachement du génie de hommes commandés par le sous-lieutenant Bézard, sous les ordres du capitaine Deudeville.
La division Brunet, chargée de l’attaque centrale, ayant une de ses brigades en avant et à droite de la redoute Brandon, l’autre dans la parallèle en arrière, devait assaillir la courtine qui relie l’ouvrage MalakolT au redan du carénage, la franchir près de la coupure, puis se retourner vers la gauche pour envelopper l’ouvrage Malakoff, en envoyant un bataillon à sa droite vers le petit redan.
Le chef de bataillon Boissonnet commandait le génie attaché à cette division. Il avait sous ses ordres le capitaine Denfert, comme adjoint, et 64 sapeurs commandés par le capitaine Renucci et le lieutenant de Longraye.
La division d’Autemarre, qui avait la gauche des attaques, devait être massée dans les tranchf^s en avant et à gauche do la redoute Brandon, dans la parallèle en arrière et dans le ravin Karabelnaya. Elle dev.iit suivre la berge droite de ce ravin, forcer l’enceinte près de la batterie Gervais, puis se porter vers le réduit Malakoff, pour l’envelopper et le tourner.
Un détachement de 82 sapeurs, commandés par le capitaine Delaporte et le sous-lieutenant Mandagout, était sous les ordres du chef de bataillon Âbinal, qui avait comme adjoint le capitaine Bressonnet. Ce détachement devait marcher avec le 2* bataillon de la colonne d’attaque.
Un autre détachement de sapeurs, sous les ordres du capitaine Lccucq et du lieutenant Lesdos, muni d’outils et d’échelles, était tenu en réserve dans la cinquième parallèle, prés de la redoute, d’où il
AnM|ne« df drfth«.
Joorti^ (lu iSjutB.
devait, au moment opportun, courir directement avec deux compagnies d’infanterie sur le saillant de l’ouvrage Malakoff et y pénétrer par escalade, pour aider au succès du mouvement tournant que les colonnes Brunet et d’Autemarre devaient faire à l'intérieur de la place contre le réduit.
Deux batteries d’artillerie, avec des pièces pouvant se manœu^Ter à la bricole, étaient placées en arriére du mamelon vert, prêtes à être portées au besoin sur les positions ennemies, à travers les coupures pratiquées dans les tranchées; quatre antres pièces de campagne, disposées de môme, étaient dans le ravin du carénage à la disposition du général Mayran.
^ La division de la garde impériale, formant réserve générale des trois attaques, était massée en arriére de la redoute Victoria.
Les trois attaques devaient sé faire simultanément à trois heures du matin, au signal de fusées à étoiles tirées de la batterie Lancastre, sur l’ordre du général en chef lui-même.
Par une circonstance fâcheuse , la division d’Autemarre , qui était diargée des attaques de gauche, se trouvait de serv ice à la tranchée, et elle avait fait la soupe en arriére des positions qu’elle occupait et qu’elle devait céder dans la nuit à la division Brunet, chargée des attaques du centre. On ne voulut pas priver les soldats d’un repas qui leur était bien nécessaire, mais les mouvements étant trop longs à opérer dans U» tranchées où les corps ne peuvent pas se croiser, il en résulta que les troupes du général Brunet n'étaient pas tontes à leur position de combat, lorsque le moment de l’attacjue arriva.
Un peu avant trois heures du matin, le général Mayran, croyant voir le signal convenu dans une bombe à trace fusante lancée de la redoute Brandon, donne l’ordre de commencer l’attaque. La colonne de Failly s’élance, mais elle est aussitôt accueillie par une pluie de balles et de mitraille. Les mouvements de troupes de la nuit n’avaient |)as échappé aux Rus.ses; on avait entendu leur clairon sonner
l'alarme et ils se tenaient prêts à recevoir nos troupes. La colonne de Failly se reforme dans un pli de terrain, puis se précipite en avant jusqu'à une ligne de trous de loup qui courront l'enceinte. Mais écrasée par la mousqueterie et la mitraille de la place, par les feux du Wladimir, embossé à l'entrée de la baie du carénage, et par ceux des batteries situées de l’autre cdté du port, la colonne no put avancer. Le général Mayran reçoit deux blessures, et la seconde est mortelle. La division rétrograde malgré l'arrirée d'un bataillon de voltigeurs de la garde ; le général de Failly la rallie dans un pli de terrain, et s'y maintient jusqu'au moment où l'on dut senner la retraite.
La deuxième colonne de la division Mayran avait 7 à 800 mètres à parcourir. Elle partit presque en même temps que la première, mais, arrivéeà i ou 300 mètres, elle fut arrêtée aussi par le feu terrible auquel elle était exposée en approchant du rentrant compris entre les bastions n°‘ 1 et 2.
A son arrivée à la batterie Lancastre, le général en chef trouva la lutte engagée par les troupes de droite ; il donna aussitôt le signal de l'attaque générale , mais quoique l'heure convenue ne fût pas devancée, la division Brunet n’avait pas complètement achevé ses préparatifs. Ainsi, par une singulière fatalité, le général Mayran, en commew;ant l'attaque avant l’heure, avait enlevé au général en chef la faculté de retarder le signal, tandis qu'à l’heure tixée le général Brunet n’était pas encore prêt à lancer ses colonnes.
Oès que les troupes de la division Brunet sortirent des tranchées, les Russes montèrent sur le parapet de l’enceinte, et elles furent assaillies par un si grand feu de mitraille et de mousqueterie qu'on les vit disparaître dans les nuages de poussière que soulevaient les projectiles en frappant la terre. Les têtes de colonne furent bientôt rompues par le grand nombre de morts et de blessés qu elles laissaient sur leur route. Dès le début de l'attaque, le général Brunet fut mortellement frappé.
iO.
de drniie.
AUa4|ti('& ik ilruHe.
Les premières troupes lancées, appuyant trop à droite, marchèrent vers le petit rcdan ; mais arrivées à une centaine de mètres de l'ouvrage, se trouvant trop peu nombreuses pour l'attaquer, elles s'arrêtèrent derrière un pli de terrain pour attendre qu’on vint les soutenir. Vainement plusieurs officiers se font tuer en essayant d’entralner leurs soldats. Une autre colonne de la division Brunet marche droit à la courtine ; elle parcourt .300 mètres sous le feu le plus meurtrier en jonchant la route de ses morts. Les plus intrépides traversent les trous de loup et arrivent jusqu’auprès du fossé de la courtine où, trop peu nombreux, ils succombent sous le feu des Russes; d'autres s’arrêtent pour se couvrir par quelque ondulation du sol ou rentrent dans les carrières qui les mettent à l’abri du feu de la place.
Les blessés qui rentrent dans les tranchées les encombrent et y jettent la confusion. Cependant les officiers, appelant leurs soldats, essaient à plusieurs reprises de les reformer pour aller au secours des tètes de colonne, mais le feu de la place est si meurtrier, qu’à peine formés, les rangs sont de nouveau rompus.
A l’attaque de gauche, le général d’Autemarre a lancé scs premières troupes en même temps que le général Brunet ; elles longent la berge droite du ravin Karabelnaya et abordent la portion d’enceinte qui relie l’ouvrage Malakoff au fond du ravin. Un bataillon de chasseurs franchit l’enceinte au-dessous de la batterie Gervais et s’avance dans l’intérieur du faubourg. Un peu plus à droite , le chef de bataillon du génie Abinal , ayant avec lui une brigade de sapeurs commandée par le capitaine Bressonnet, pénètre dans cette batterie dont le fossé est interrompu sur plusieurs points, y fait des prisonniers et appelle des renforts pour remonter, en suivant l’enceinte, vers l’ouvrage JVfalakolT. Les tètes de colonne du général d’Autemaire sont donc entrées dans la place; mais les Russes, qui ont repoussé l'assaut des Anglais contre le grand redan et fait échouer l'attaque des divisions .Mayran et Brunet, peuvent concen-
— 317 — AUai|ii('t. ili' ilioilf.
trer tous leurs cITorls sur la division d’Aulemarre. Les feux directs et ceux du grand redan empêchent les renforts d’arriver, et le bataillon de chasseurs, non soutenu, est obligé de céder devant des colonnes russes qui s’avancent sur lui ; il repasse l’enceinte. Les troupes du génie sont forcées à leur tour, par l’arrivée des colonnes russes, de quitter la batterie Gênais, où elles essayaient de se retrancher. Le général d’Autemarre tenta vainement un nouveau retour offensif; les feux du redan étaient devenus trop meurtriers.
Cette attaque axait échoué comme les autres.
Aux premières nouvelles de l’insuccès de la colonne du général Mayran, le général en chef avait ordonné au général Régnault de Saint-Jean d’Angely d'envoyer au secours de cette division quatre bataillons de voltigeurs de la garde, pris à la réserve générale. Les généraux Meilinet et IThrich allèrent donner leur appui au général de Failly ; mais il ne fut pas possible de reprendre l’offensive.
Un peu plus tard, le général en chef avait envoyé les zouaves de la garde pour soutenir la division d’Autemarre. Mais presque aussitét, voyant que les troupes de cette division n’étaient plus soutenues, ni à leur droite ni à leur gauche, et que tous les feux du redan se tournaient contre elles, il jugea que toute chance favorable était épuisée et il donna l’ordre de cesser le combat.
Il était huit heures et demie. Les Russes ne tentèrent contre nos troupes rentrant dans les tranchées aucune poursuite, aucun retour offensif. C’est que, si l’attaque avait échoué, nos soldats n’en avaient pas moins fait preuve d’une grande bravoure ; une portion de la division d’Autemarre était entrée dans la place, et l’assiégé était trop frappé des dangers qu’il avait courus et des grandes pertes qu’il venait d’essuyer pour provoquer une nouvelle lutte.
Les officiers et les troupes du génie se sont partout distingués par leur intrépidité et leur sang-froid. 7 officiers ont été blessés, sur 14 qui avaient pris part à l’action. Sur 352 sapeurs, 81 ont été tuf>s ou
Aiuques dr droilc.
blessés. Le commandant Abinal, qui a quitté le dernier la batterie Gervais, et le capitaine Delaporte ont été mortellement frappés. Les autres officiers blessés sont les chefs de bataillon Boissonnct et fiaüly, les capitaines Deudeville, Denfert et Renucci.
L'artillerie fit, ce jour-là, une perte bien sensible. Le lieutenantcolonel de la Boussiniére, brillant officier qui depuis le commencement de la campagne s'était fait remarquer de toute l'armée par sa bravoure et sa capacité, fut tué par un biscaïen qui le frappa à la tête.
Les .\nglais comptent parmi les officiers tués à l’attaque du redan sir John Campbell, un de leurs généraux les plus aimés du soldat. Le général Harry Jones, commandant le génie, reçut une blessure à la télé.
Les Russes qui, pour repousser nos attaques, étaient montés sur les parapets, eurent un grand nombre do tués et de blessés ; leurs rapports accusent, pour les journées du 17 et du 18 juin : 783 tués dont 2 officiers; 4,1179 blessés ou contusionnés dont 153 officiers, parmi lesquels 3 généraux.
Vers le milieu de l'après-midi, on fit rentrer les troupes dans leurs camps, ne laissant dans les tranchées que celles qui étaient nécessaires pour les garder, et, plus en arriére, de fortes réserves.
L'artillerie reprit son tir pendant la journée, mais elle le réduisit considérablement à la nuit.
Une brigade de 29 sapeurs, aidée de quelques hommes de garde, a fait les réparations indispensables aux parapets des tranchées et refermé les trouées pratiquées pour le passage de l’artillerie de campagne.
>im du is «U 19 jttiD. Le chef de bataillon du génie Massu, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs.
On s’est contenté do continuer les réparations commencées dans la journée et de ramasser quelques outils dans les parties les plus accessibles en avant des tranchées.
Vers minuit, une alerte a occasionné une fusillade et une canonnade qui ont duré plus d'une demi-heure; le reste de la nuit a été calme.
Pertes du 17 au 19 : 1,370 tués dont .33 officiers; 1,765 blessés dont 248 officiers; 416 disparus dont 31 ofilciers.
A quatre heures et demie du soir, il y a un armistice poiu* l'enlèvement des morts. Les Russes ont accumulé leurs plus belles troupes dans tous les ouvrages du faubourg; ils les ont placées sur les parapets et disposées en amphithéâtre pour frapper l'imagination de nos soldats. La vue de forces si considérables prouve bien en elfet qu'on n'est pas dans les circonstances ordinaires d’un siège; mais, par un retour bien naturel, on se demande comment une armée si nombreuse se laisse enlacer dans des tranchées !
L’opération s’est terminée à neuf heures on quart. Nous avons relevé 1,188 cadavres.
Le capitaine du génie Lecucq, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 195 travailleurs d’infanterie.
On couvre par une gabionnade de 60 mètres de longueur le coude de la route qui conduit du ravin du carénage sur le plateau du front de Malakoff.
On prolonge la cinquième parallèle de 48 mètres sur la gauche <'K
üu côté du carénage, on amorce sur 80 mètres de longueur une tranchée avec crochets tracée sur le flanc gauche du contre-fort que couronne la batterie du 3 mai. Cette tranchée part de la communicalion qui descend de la redoute Lavarande n" 1 au ravin du carénage; elle est destinée à nous rapprocher du port et ü recevoir des batteries.
Pertes du 19 au 30 : 5 blessés.
Cest dans celte partie qu'on a con^iniîi pluii Urd U baiierîe n* 34,
AUaqoes de droite.
iounée di] 49 Joia.
Nuil du 49 «U tO juio.
Aitaquo» droite.
— :iao —
Aucune opération importante ne devant être tentée à l’extérieur, le général Bosquet remonte sur le plateau du moulin pour reprendre la direction des opérations aux attaques de la droite. Le général Régnault de Saint-Jean d'Angely rentre à son quartier général au camp de la garde impériale. La ligne de la Tchernaya sera commandée par le général Herbillon, qui entrera directement en relations avec le général en chef pour tout ce qui aura trait aux opérations militaires.
Le général en chef ayant décidé qu’on reprendrait la marche régulière du siège, on va continuer les cheminements pour s'approcher le plus possible des fossés de l’ouvrage Malakoff et du petit redan. On trouvera d'abord quelques couverts précieux dans les carrières qui sont situées en avant de la cinquième parallèle; mais la terre paraissant manquer partout au delà, les cheminements seront longs et périHeux, et on ne peut compter s'approcher de l’enceinte que si notre artillerie prend une supériorité marquée sur celle de l’ennemi. Il faut donc construire de nouvelles batteries. A l'inverse de ce qui a lieu aux attaques de lu ville, où les Russes peuvent échelonner leurs canons contre nous, ici nous pourrons étager sur les pentes du mamelon vert des batteries qui plongeront sur le front MalakolT, tandis que, le terrain baissant rapidement vers le port en arrière de ce front, les Russes ne peuvent que difUcilement trouver place pour leurs pièces. La supériorité du nombre doit donc leur donner ici moins d’avantages que sur tous les autres points d’attaque.
D'après les rapports russes, le général Todleben est blessé, dans la journée du SO, d’une balle qui lui traverse le mollet, ce qui ne l’empéclie pas de continuer à diriger les travaux de la défense
La nouveltc de ocUe blessure arriva au rainp des alliés par une letlrc d‘im oûjcier du génie anglais i(ui avait élé fait pinumnicr et f|iii riH’Inmail scft rlfcts. Un pnsl s< ripltini do
— ;fâi —
Le chef de balailloii du (^énie Chareloii, chef d'allaque ; deux bri-
On prolonge la cinquième parallèle de 70 mètres vers la gauche. Les terres ont dû être prises des deux côtés de la gabionnade.
En avant de la cinquième parallèle, vers le point où venaient se rejoindre les deux tranchées russes qui descendaient de la redoute Kamtchatka vers l’ouvrage MalakolT, on établit une embuscade pour une vingtaine d'hommes en la formant d'une double gabionnade que l'on couronne de trois rangs de sacs à terre surmontés de créneaux. La terre a dù être apportée dans des sacs. Ce poste permettra d'éclairer le terrain coupé de trous et de carrières qui échappe aux vues de la parallèle.
On continue la construction du masque couvrant la rampe qui monte le long du flanc gauche du ravin du carénage ; mais ce travail, où il y a eu en peu de temps deux tués et cinq blessés, a été suspendu.
Aux attaques du carénage on a prolongé de 225 mètres la tranchée en crémaillère qui, sur le flanc gauche du contrefort, doit contourner la croupe sur laquelle est établie la batterie du 2 mai ; on se trouve sur une couche de terre qui permet de faire cette tranchée sans gabions.
Les Russes ont beaucoup travaillé pendant la nuit à la gauche de l'ouvrage .MalakolT.
Ferles du 20 au 21 : 2 tui-s ; 20 blessés.
Le chef de bataillon du génie Roullier, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.
On achève, en le reliant à l'embuscade établie dans la nuit dn
ct'lto l<‘Urc avait clé couvert d’une large barre d cncre par les autonté» mars au
moveii de K'actifs chimiques on parvint à fain; reparalli'c la phrase efTacée qui disait que l’oflicicr prisonnier avait été hm.u par le général Tudlebrn, i-oucbé par suite d'une tdessiire.
Attaques de droite.
Aiiil du iO au jiHfl.
Naît (In U «iH tî juin.
AMaqoe* de droite.
Nuit dutlau 13îure.
?toil du Î3 au 14 uiit.
15, la masqua dont la construction a dà être interrompue ia veilie.
On ouvre en avant de la route une nouvelle tranchée formant l’amorce de droite d'une place d’armes qui prend le nom de place d'armes des carrières.
On prolonge de 260 mètres le cheminement qni contourne le contre-fort du carénage ; l’artillerie doit y établir une batterie (n* 32) destinée à agir contre le bastion n* 1 .
Pertes du 21 au 22 : 2 tués; 7 blessés.
Le capitaine du génie Lecucq, chef d’uttaque ; deux brigades de sapeurs et 8-11 travailleurs d’infanterie.
On essaie d’établir au fond du ravin du carénage, une communication composée de trois boyaux pour arriver à couvert au ponl-aqucduc ; mais on trouve l’eau à 0*40 au-dessous du sol, et sur beaucoup de points la tranchée est un bourbier.
On prolonge de 230 mètres le cheminement en crémaillère tracé sur la gauche du contre-fort du carénage.
Vers une heure du matin, une reconnaissance russe, s’avançant dans le ravin Karabelnaya, a provoqué une fusillade et nne canonnade très-vives, mais de peu de durée.
Pertes du 22 au 23 : 1 tué ; 11 blessés dont 1 otllcier.
' Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 711 travailleurs d’infanterie.
A l’extrémité gauche de la cinquième parallèle, on organise une bonne place d'armes avec gradins et créneaux.
On barre le ravin du carénage par une forte gabionnade qui ferme complètement les arches extrêmes du pont-aqueduc, et dont le prolongement contourne le fond de la baie en arrière de la partie centrale de ce pont. Dans celte dernière portion, la gabionnade est double, et il sera nécessaire de l’exhausser d’un second rang de gabions, parce que la proximité de l’eau ne permet pas de s’enfoncer.
Auaqu«< d» droit».
On prolonge de 200 mètres le grand cheminement du carénage.
Pertes du 23 au 24 : 2 tués ; 15 blessés dont 1 officier.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque ; trois brigades Nuit du S4 11 Ujiii, de sapeurs et 800 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 100 gabions l’amorce de droite de la place d'armes des carrières ; on ouvre, en avant de la cinquième parallèle, un boyau de 50 mètres de longueur, pour cheminer vers les carrières situées entre la redoute Brandon et l'ouvrage MalakofT.
On ouvre trois nouveaux boyaux, de 200 mètres de longueur totale, au grand clicmincnicnt en crémaillère du carénage; on rejoint ainsi l'embuscade située en face du pont-aqueduc. On a ouvert, en outre, un boyau de 40 mètres de longueur, reliant ce cheminement avec des carrières, situées à mi-cète, qui s’étendent jusque vers la pointe du contre-fort.
Le feu de la place a été assez vif, entre minuit et une heure, contre le boyau débouchant de la cinquième parallèle. La mitraille a tué un sapeur et blessé cinq travailleurs.
Pertes du 21 au 25 : 3 tués dont 1 ofiicier ; 8 blessés dont 2 offiders.
Le chef de bataillon du génie Roullier, chef d’attaque; trois bri- Nuit dn ÏS 11 90 juin, gades de sapeurs et 927 travailleurs d'infanterie.
Au cheminement partant de la gauche de la cinquième parallèle on ouvre deux nouveaux boyaux : le plus avancé forme l’amorce de gauche de la place d’armes des carrières.
On prolonge l'amorce de droite de cette même place d'armes.
On continue le cheminement dirigé sur la pointe du contre-fort du carénage ; plusieurs boyaux ont dù être faits en sape double. On fait un cheminement de 50 mètres dans les carrières situées à micète.
L’oifider commandant les troupes de garde dans le ravin du carénage, ayant négligé de faire occuper, pendant la nuit, le poste avancé
Aliaqiif's de tlmile.
Nuil du 96 au 97 juîB.
^uit i)u 97 au tS juin.
i^tabli au ponl-aqueduc, les Russes sont venus au petit jour bouleverser et incendier la gabionnade appuyéie aux piles du pont.
L’artillerie continue à travailler à la batterie n° 21, qu’elle a commencée sur remplacement de l’ancienne batterie russe du 2 mai ; et elle entreprend la construction de la batterie n° 23, en avant et à droite du mamelon vert.
La place a lancé beaucoup de mitraille; heureusement ce Teu était mal dirigé et ne nous a coûté, parmi les travailleurs, qu’un homme tué et trois blessés.
Pertes du 25 au 26 : 1 tué ; 6 blessés.
Le capitaine du génie Deudeville, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 890 travailleurs d’infanterie.
On ouvre une communication de 290 mètres de longueur reliant la droite de la place d'armes des carrières à la rampe qui monte la berge gauche du ravin du carénage. L’amorce de gauche de la place d’armes est prolongée de 40 mètres.
On prolonge de 120 mètres le cheminement qui va à la pointe du contre-fort du carénage. Les carrières situées à mi-côte se présentant aux vues des batteries établies par les Russes de l'autre côté du port, on renonce à continuer la tranchée qu’on avait dirigée vers ce point.
L’artillerie termine le masque de la batterie n° 21 ; elle travaille aux batteries n" 23 et 2^1. Cette dernière, placée dans les cheminements avancés de la droite, doit recevoir quatre obusiers de 22"^ destinés à contrebattre le bastion n° 2.
La place a lancé un grand nombre du bombes.
Pertes du 26 au 27 : 1 tué ; 27 blessés.
Le chef de bataillon du génie Cbareton, chef d’attaque; trois brigades de sapeurs et 796 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 180 mètres l’amorce de droite de la place d’armes des carrières; on atteint ainsi un amas de déblais qui a été couronné d'une gabionnade organisée défensivement.
Anaqiir*; lii* «Iroile.
On prolonge de 75 mètres riiinorce do gaucliii do la mémo place d'armes et l'on couronne ainsi un autre monticule qui a une bonne action sur le terrain en avant; de ce point on n'a plus qu’à descendre dans les carrières, pour y trouver un couvert naturel qui reliera les cheminements de la gauche avec ceux de la droite.
On relie la place d'armes descendant de la gauche de la redoute Brandon vers le ravin Karabelnaya avec la batterie de mortiers n° 16. On commence aussi un boyau de œmmunication entre la redoute et la batterie n" en construction.
Dans le cheminement du contre-fort du carénage, on a perfectionné les parties les plus avancées, complété les dispositions défensives, réorganisé les portions en sape double et établi des traverses pour protéger les longues branches contre les projectiles lancés par les batteries situées de l'autre ciMé du port.
Les Russes ayant occupé par une petite flèche en pierres sèches la tète de gauche du pont-aqueduc, d’où ils tirent sur les tranchées du contre-fort du carénage, on a fait enlever ce petit poste par un détachement du bataillon de grenadiers de la garde impériale, de garde dans le ravin. On s’y est établi et on le gardera pendant le jour.
Pertes du 27 au 28 : 8 tués ; 39 blessés.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d’attaque ; trois brigades de sapeurs et 8^11 travailleurs d’infanterie.
L’amorce de gauche de la place d’armes des carrières est prolongée de 52 mètres, partie en gabionnade, partie en tranchée simple au milieu des débris de carrières. A l’amorce de droite, on pose fiO gabions pour couronner un petit plateau d’où l’on aperçoit bien le terrain en avant. On ouvre le premier boyau d’une communication entre la batterie n" 24 en construction et la place d'armes en arrière ; on a dû rétablir le poste construit le 20 juin en avant de la redoute Brandon, le canon de la place l’ayant complètement bouleversé.
On prolonge de 20 mètres le boyau le plus avancé du grand che-
Xuii ilu au juto.
Aiiftqu^s <le (Imtk*.
î^uîl da Î9sa .10 juin.
NoU dü 30 iaia au 4** juilirt.
— .ÎZO —
minumcnl du carénage, afin d'aUeindre le loumant du contrefort ; on se couvre contre les vues du petit redan (bastion n° 2) par deux traverses parados.
Au-dessous de la redoute Lavarande n” 1, on ouvre une communication directe entre le cheminement qui longe la berge droite du ravin du carénage et le fond do ce ravin. Cette communication est établie en tranchée sur (JO mètres do longueur dans sa partie su|)érieure, puis elle descend en escalier dans les escarpements du ravin.
Pertes du 28 au 29 : H tués ; 38 blessés.
Le chef de bataillon du génie Rouiller, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 788 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 75 métrés l'amorce de droite de la place d'armes des carrières, et on avance de 15 mètrc's à celle de gauche. On ouvre deux nouveaux boyaux de la communication en arrière de la batterie n° ;24.
A l'extrémité du grand cheminement qui longe le flanc du contrefort du carénage, on fait deux nouveaux crochets en sape double. On organise toute la tète de ce cheminement d'une manière défensive. On commence, sur 75 mètres, une communication destinée à relier ce même cheminement avec la batterie n° 21 eu construction dans l’ancien ouvrage russe du 2 mai.
Le feu de la place a été très-vif toute la nuit, mais peu meurtrier. Nos batteries ont bien répondu.
Pertes du 29 au 30 : 2 tués ; 23 blessés.
Le capitaine du génie Deude^ille, chef d'attaque; trois brigades de sapeurs et 800 travailleurs d'infanterie.
On relie les deux amorces de la place d’armes des carrières qui, ainsi complétée, s'étend de la gauche à la droite de nos attaques. Cette plii ce d’armes ayant presque partout un fossé formé par les carrières, devient pour nous une excellente ligne de défense contre
— ;^27 — AlUques (le droite,
les sorties. On a commencé à la couronner de sacs à terre sur une longueur de 160 mètres à partir de la gauche.
On prolonge jusqu’à la gorge de l’ancienne batterie du 2 mai la communication ouverte pour relier le grand cheminement du contrefort du carénage à la batterie n° 21.
Le feu de la place a été très-vif pendant la nuit.
Pertes du :î0 juin au 1" juillet : 8 tués; H!) blessés.
Les pertes du 2' corps se sont élevées, pendant le mois de juin, Pcrl<« ilu i* corpb. à 2,189 tués dont 106 ollicicrs ; 6,912 blessés dout -166 officiers; 799 disparus dont 25 officiers ; en tout 9,930 hommes hors de combat.
La moyenne du nombre de travailleurs employés aux attaques de Nombre de l»T«iUeur>
entjilofés.
droite, pendant le mois de juin, a été de :
55 sapeurs et 511 soldats d’infanterie par journée;
72 — 602 — par nuit.
En ajoutant aux pertes du 2* corps celles du 1" corps, données plus haut (page 291), on arrive, pour le mois de juin, à un chiffre total de 11,212 hommes mis hors de combat.
Le nombre total de travailleurs employés aux deux attaques a été en moyenne de : ‘“T”-
153 sapeurs ou mineurs et 8;31 soldats d'infanterie par journée ;
175 — 1,050 — par nuit.
Le 5 juillet, lu division Faucheux (3* du 2” corps, ancienne divi- mois oejuilut. sion Mayran), qui avîût éprouvé des pertes considérables et à laquelle on voulait accorder quelque repos, va prendre, sur la Tchernaya, le campement de la division Canrobert (1'* du 2* corps), qui va la remplacer aux attaques de droite. La division Canrobert était intacte et présentait un effectif de plus de 6,(KNJ hommes.
Le 6, l’armée turque d’ümcr-Pacha se concentre et vient prendre position sur les contre-forts qui, des hauteurs de Balaclava, descendent vers la vallée du Varnoutka.
Le 7, au point du Jour, la division de cavalerie du général d’AIlonv ille, renforcée de la brigade de Forton et de deux bataillons d'infanterie, part avec ses deux batteries à cheval pour aller occuper la vallée de üaïdar ; elle a pour mission de couvrir les travailleurs qui vont faire des fourrages sur les rives de la haute Tchernaya et d'observer les débouchés par lesquels rennemi pourrait venir inquiéter cette opération, c’est-à-dire le passage de Phoros et les cols de la petite chaîne secondaire qui forme un vaste entonnoir autour du village d'Ourkousta.
L’armée piémontaise se replie sur la gauche de la Tchernaya, observant par des postes avancés les débouchés d'Alsou et de Tchorgoun.
Le 11 juillet, on remarque que les Kusses travaillent à élever une redoute au pied des coteaux que laisse à sa gauche la roule qui va du pont de Traklir à la ferme Mackenzie ; cet ouvrage parait destiné à protéger le débouché de la roule.
Vers la lin du mois, les Kusses construisent de nouvelles batteries sur les points accessibles des hauteurs situées entre la route de Mackenzie et les ruines d'Inkermann.
Notre cavalerie pousse des reconnaissances sur toutes les routes qui débouchent de la vallée de Baïdar. Elle ne rencontre que de petits postes de Cosaques et de cavalerie légère; l’infanterie russe a ses avant-postes sur le Belbek, vers Albal.
F.iabiisumeiii Les C3S de choléra, encore nombreux au commencement de juillet,
finind» hdfiilaui
cl de beraqurmeoia i duBinuèrciit pcu à peu, ct rôtat sunilaiFC do rarmée s'améliora son-
CoQkteoiiiMfiie.
siblement; mais les perles journalières par le feu de l'ennemi allèrent en augmentant, surtont dans les attaques de droite. Les ambulances établies dans les camps étant insuflisanles, on se trouvait forcé d'évacuer un grand nombre de blessés et de malades sur Constantinople. Celte ville, à cause de sa position et des ressources de toute nature qu’on y troine, devait nécessairement ser>ir de place de dé-
pôl aux armées alliées. Les Anglais s'étaient établis à Scutari; de l'autre côté du détroit, le gouvernement ottoman mit A Indisposition des Français, tant à Péra et à Stamboul que dans les environs de la capitale, plusieurs grands bâtiments et de vastes terrains qui furent utilisés pour les divers besoins de l'armée.
On consacra au service des hôpitaux :
Le bâtiment neuf de Pera qui venait d’étre construit |>oiir »ervir
d'Êcole de médecine; il contenait 1,500 liu.
Dolina>Baktché, maison de cam|tagiio dti Sultan . <MK)
Le petit laiaret de Kaiidlidjc, sur le Bosphore 200
Le bâtiment neuf de rilniversilé qu'on dut terminer I^IOO
La caserne de Ramid-TchifUik 1,000
Celle de Mal’Tépé bOO
Celle de Daoiid-Facba, (fui avait d'abm’d servi de logeinciil à un
détacbetucnl de lroup(>i> I,i00
Lea bâliotents de r£eole militaire (*> 45U
Ceu\ de ItAolc prêparaloin^ de nicdecine, au nord de Pém. . .
Le bâtiment de l’AinlKissade njss«e (principalement aflcctc au\
Uciers). ItiO
On construisit en outre des baraquements :
Dans la cour üc niùpital niilitain; pour 'i.'iO
Dans les janlin» (le GuMIané, à la |iointc du Sa-rail I,USU
Pans Ir Champ dr maairitrrr.
\ Maslal. l.ÜÜO
Total 1I,«0 liis U).
Indépendamment de ces hôpitaux, on en avait encore établi :
\ Vania, pour ; %0 maladv».
A Gallipoli .'((X)
\ Nagara, sur la rôle d'Asie du dvlroit dr» Pardanellc» iOO
Total l,HfjO
(') Gc» bàliiuonl» Fureul iiicrndir» dau» la iiuil du II au IS iiiao ISÎi'i.
«I Au conijuencemrnl dr I8M>, lur»i|ac le typhus »e déclara avec iiilriiMlr daiisraruirr
Pour assurer le service des vivres el celui du campement, on occupait à Constantinople de nombreux établissements, les uns cédés par le gouvernement ottoman, les autres pris à loyer. Dans la cour de la caserne des Tunisiens, à Sali-Barar, à Djubali, à Maslak, à Béïkos sur le Bosphore, à Kalikralia sur la mer de Marmara, an Taksim de Péra, on construisit de vastes baraques dont la superfleie totale comprenait près de 10,000 mètres carrés. Enfin , on avait installé à Sali-Bazar une manutention contenant 19 fours de 231 rations.
Lorsque, au mois d'avril 1855, une division d'infanterie fut réunie à Constantinople, on la baraqua à Maslak. Plus tard, an mois de juillet, le général de Béville, aide de camp de l'Empereur, reçut la mission d’établir à Maslak, à Ramid-Tchiftiik, à Daoud-Pacha et sur le plateau des eaux douces d'Europe, de nouveaux baraquements dont la contenance allait à 21,400 hommes et 5,300 chevaux. Ces camps ne furent occupés qu’en partie ; mais vers la fin de la campagne, les baraques rendirent de grands services comme hôpitaux supplémentaires.
et Miriout (Uns les bdpUau\ occupC-s depuU longtemps, on établit trois hépituiH supplémentaires :
Le premier, dans une partie du liaracpiemciit existant alors b Itamid-
TcbUUik, pour l,S40niaUdes.
Le deuxième, dans le bara(|iiement des eaux douées d'Europe. . . I,li0 Le troisième, à .Maslak SiilOO
Total î>,460
Cette mesure eut les plus heureux résultats ; les malades plaeés sous ces baraques bien aérées et saines se rétablirent promptement. En autre bûpital, principalement réserxé aux scorbutiques. Tut établi eu même tem|is b rrinki|Kts, sur une des Iles du petit arclii|>el des Princes, dans la mer de Marmara. Ses accessoires se trouvaient dans le couvent de Saint- Nicolas que le i»triarcTie grec avait d'abord mis à la disposition du gouvernement rraneais pour loger le dépét des prisonniers russes qui furent internés dans l’Ile jus(|u’ii la signature du traité de paix.
Le senice du génie, en mémo temps qu’il avait à pourvoir, à Constantinople, aux nombreux baraquements dont il vient d’ètre question, avait à faire devant Sébastopol des travaux de plus en plus considérables. Outre l’exécution dos tranchées, qui entraînait une énorme consommation de gabions et de fascines, il fallait élever les baraques destinées à abriter les malades, les vivres, les munitions, et plus tard les chevaux é), construire les lignes de Kamieseta, créer et entretenir des routes qui présentaient, après le siège, un développement de plus de cent kilomètres. Pour fournir à tant de travaux, on avait organisé de grands ateliers dans le parc du génie, qui fut placé jusqu’au 21 mai 1855 sons la direction du chef de bataillon Guérin, et, à partir de cette époque jusqu'à la fin de la campagne, sous celle du chef de bataillon Cadart. Le directeur du parc avait sous ses ordres un capitaine adjoint, un garde du génie, un détachement do la deuxième compagnie d’ouvriers du génie, une centaine de bons ouvTiers en fer et en bois qui avaient été fournis par les régiments d'infanterie, et des auxiliaires en nombre variable pris, selon les besoins du moment, dans les compagnies du génie et dans les troupes d’infanterie.
Les ateliers des ouvriers en fer, renfermant quatre forges doubles, et ceux des menuisiers, charrons et scieurs de long, étaient établis sous des baraques et des hangars. La nature rocheuse du sol donnait lieu à de continuelles réparations de pioches, pics à roc et outils de pétardement, auxquelles les ateliers du parc pouvaient à peine suffire. Ces ateliers ont dû confeclionner aussi les bois de coffrage pour les mines et les gabions employés aux attaques de gauche. Les
.*<,000 baraqnes onvoyi^p* d»- France ftircni loin de «iifftrc et, après le siège, on (lui en consiniirc avec des madru*rs cl des planches venues de France ei de Turquie un nombre au moins égal. Les rernics élaicut CMiircciiniint'es au jmrc du génie, elle montage était dirigé par des ouvriers détachés de ce parc auxquels ou adjoignait üe.s ouvriers four* nis par Ici corps.
Orginiutkm des ileliers du parc du génie devant SéiMstopol.
ATT*g« l§ K QkVCn,
«'(uii Ju t*' mîjuiUft-
bois pour ces gabions étaienl lir<is de la forêt de Belgrade, située à environ six lieues de Constantinople, sur la rive droite du Bosphore. Cn détacliement de sapeurs commandé par un officier a été employé, pendant toute la durée du siège, à couper dans cette forêt les bois propres au gabionnage et au fascinage que les bateaux à vapeur transportaient à Kamiesch. Les fascines étaient expédiées toutes faites. Quant aux gabions, pour faciliter le transport, on se contentait de faire des bottes de bois contenant les gaulettes et les piquets nécessaires à la confection d'un gabion ; ces bottes étaient mises en œuvTe au parc. Pour les attaques de droite, les gabions et les fascines étaient principalement tirés de la vallée de la Tchemaya.
Enfin, vers la fin du siège et dans la prévision de l’assaut, le parc du génie dut préparer des engins de diverses espèces. C'étaient des échelles de toutes grandeurs, des ponts-échelles et des ponts à la Birago pour le passage des fossés, des sacs remplis de laine ou de paille, etc., etc.
Dans le mois de juillet, il n’y a eu aux attaques de la ville qu'environ 180 travailleurs par Jour ; ils ont été principalement employés à réparer les dégradations faites dans nos tranchées par le feu de la place. On a en outre poussé quelques cheminements en avant et continué activement la guerre de mines pour maintenir les préoccupations de l'ennemi sur les attaques de la ville, tandis que nous réunissions nos plus grands efforts snr celles du faubourg.
Le chef de bataillon du génie Petit, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 200 travailleurs d'infanterie.
On prolonge d’environ 05 mètres la place d'armes située en avant de la parallèle du cimetière. Ce travail, fortement inquiété par l’artillerie de la place et par la fusillade qui part des embuscades établies ën avant de l’enceinte, marche lentement. Les gabions placés sur un sol fortement incliné sont à chaque instant renversés par les
AïKqim dr gancW.
projectiles, et les déblais que Ton jette de la tranchée, glissant sur la pente du terrain, laissent les gabions à découvert sur une partie de leur hauteur. Au jour, le canon de l’ennemi détruit complètement la gabionnade.
Nous avons eu parmi les travailleurs un sapeur tué, quatre sapeurs ettreize soldats d’infanterie blessésdont quelques-uns très-grièvement.
Pertes du l" au 2 ; 6 tués; 38 blessés dont 2 ofliciers.
Le chef de bataillon du génie Ribot, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 150 travailleurs d’infanterie.
Le feu de la place est toujours trés-vif ; on se borne à améliorer les travaux entrepris.
Pertes du 2 au 3 : 5 tués; 25 blessés dont 1 oflScier.
Le chef de bataillon du génie Richard, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 150 travailleurs d'infanterie.
On ouvre sur vingt-sept gabions de longueur, à la sape demipleine, une tranchée partant d’un des crochets du grand cheminement à gauche de l’ouvrage du 2 mai. Cette nouvelle tranchée suit une inflexion de terrain qui, sur une certaine longueur, la dérobe aux feux de la place ; elle nous rapproche de la lunette Schwartz et conduit dans des carrières où l’on espère trouver quelque couvert , mais son objet principal est de continuer à attirer l'attention de l'ennemi sur les attaques de la ville. Aussi recommande-t-on aux ofliciers de paraître s’obstiner à faire marcher cette sape, mais en exposant le moins possible les travailleurs. '
L’artillerie lance avec succès dans la place des obus de 1.5'' avec les canons de 2i.
Pertes du 3 au 4 : 2 tués; 14 blessés.
Le chef de bataillon du génie Noél, chef d’attaque ; deux brigades de sipeurs et 152 travailleurs d’infanterie.
On prolonge de quarante gabions le nouveau cheminement dirigé vers les carrières en avant de la batterie n" 53, et on place, à la sape
Xttil <lo s au 3 juilUt.
Iluit du 3 «Il i juilWf,
Nuil du 4 au 5 Juillet.
de gmehê.
Kail du C Bd 6 joillel.
Journée du 6 joltlrt.
ITinfs(r!. XII. ng.4].
deiBi>pleiiie , quinze nouveaux gabions à l'extréroité de la place d’armes de droite de l'ouvrage du 23 mai.
Pendant toute la nuit, les travaux ont été fort contrariés par l'arlillerie de l’ennemi qui n’a pas cessé de faire un feu très-vif. lin pot à feu a incendié plusieurs gabions do la tranchée en avant de la batterie n’ 53. Un sapeur a été blessé grièvement en cherchant à éteindre le feu.
Pertes du 4 au 5 : 3 tués; 27 blessés.
Le chef de bataillon du génie Martin, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 120 travailleurs d’infunterie.
On améliore la tranchée située en avant de 1a batterie n° 53, et on y pose dix nouveaux gabions. A la place d’armes de droite de l’ouvTage du 23 mai, on relève les gabions posés la nuit précédente et renversés pendant le jour.
A onze heures et demie du soir, une sortie de 30 à 40 hommes est .signalée dans le fond du ravin à gauche de l’ouvrage du 2 mai ; la garde de tranchée la reçoit par une décharge à bout portant qui occasionne une alerte sur toute la ligne ; l’ennemi rentre dans la place sans nous avoir causé d’autre dommage que quelques gabions renversés à l'extrémité de la place d’armes la plus avancée de nos cheminements de gauche.
Pertes du 5 au 0 : 4 tués ; 20 blessés.
Les mortiers à plaque de la batterie n* 37 lancent des bombes sur la flotte russe; l’une d’elles atteint un vaisseau à trois ponts. On voit la fumée sortir par les sabords de la 2" batterie , mais les Russes parviennent à éteindre ce commencement d’incendie.
Vers trois heures diî l’après-midi, l’ennemi fait jouer un camouflet (</,,) qui n'atteint pas nos galeries souterraines et ne nous cause que fort peu de dommage ; mais les bombes et les obus dégradent sans cesse nos parapeLs, et nous avons souvent des mineurs et des travailleurs blessés dans les entonnoirs.
335 AlMqvei de geaebe.
Le chef de bataillon du gi'nie Petit, chef d’attaque ; deux brigades «"■« <i« 7 iioB<t
de sapeurs et 120 travailleurs d'hifanterie.
On approfondit la tranchée dirigée en avant de la batterie n^SB, et on y pose péniblement 25 nouveaux gabions que quelques sapeurs remplissent et couronnent successivement de sacs à terre. Depuis le commencement de la nuit, l'ennemi dirige sur ce travail un feu trésvif de mousqueterie et d’artillerie ; les boulets et obus bouleversent les gabions ; à plusieurs reprises des pots h feu viennent incendier la gabionnade et les sapeurs sont occupés pendant la moitié de la nuit à éteindre le feu et à réparer les dégûts. Le tir de la place s’étant ralenti vers une heure du matin, des travailleurs d’infanterie ouvrent derrière la gabionnade une tranchée de 0“C0 à 0“70 de profondeur.
Le lieutenant du génie Hinstin est blessé en dirigeant ce travail.
On élargit et on approfondit l’extrémité de la place d'armes de droite de l’ouvrage du 23 mai, après avoir replacé les gabions que l’on avait posés la nuit précédente et que le canon de la place avait de nouveau bouleversés pendant la journée.
Nos mortiers lancent des bombes sur un travail que l’eimerai exécute en arrière des ouvrages de contre-approche de la quarantaine; la place répond vigoureusement à ce feu.
Pertes du 6 au 7 ; 3 tués; 37 blessés dont 1 oITicier.
Le chef de bataillon du génie Hibot, chef d'attaque ; deux brigades iSaiiduT lu s juillet, de sapeurs et 145 travailleurs d’infanterie.
Les gabions posés la nuit précédente à la tranchée dirigée en avant de la batterie n* 53, ayant été en grande partie renversés dans la journée par l’artillerie russe, on les remet en place, mais à peine rétablie, la gabionnade est de nouveau bouleversée par l'ennemi qui dirige sur elle un feu très-vif d’artillerie accompagné de balles à feu.
Après avoir tenté vainement, par trois fois, de reprendre ce travail, on se borne h élargir la tranchée sur les points où elle est tenable.
Pertes du 7 au 8 : 3 tués ; 53 blessés dont 3 ofliciers.
AiU^uo (le inMirlie* N«t( do 8 «« 9 joilirl.
Mine».
Naît do 0 40 40 jutlk'L
^ull do tO au M jotlltf.
Le cher de bataillon du génie Richard, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 170 travailleurs d’infanterie.
On rétablit la gabionnade de la tranchée en avant de la batterie n° 53 sur une longueur de 15 gabions, et on en pose 8 nouveaux, dont 6 formant un crochet vers la place. Ces gabions sont remplis et couronnés de sacs à terre, et, malgré le feu de l’ennemi qui est assez vif, on parvient, sous la protection de nos batteries, à reconstituer l’épaulement au moyen des terres qui sont retombées dans la tranchée.
Le 8, à six heures du soir, nous refoulons, par une explosion (on) effectuée dans le talus des entonnoirs, un cheminement ennemi trèsrapproché.
Pertes du 8 au 11: 5 tués ; iO blessés dont 3 oflicicrs.
Le chef de bataillon du génie .NoiM, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 175 travailleurs d’infanterie.
L’artillerie de la place ayant complètement bouleversé les gabions posés la nuit précédente pour former le premier crochet de la tranchée nouvelle à gauche de la batterie n°53, on a essayé de les remplacer. üix gabions ont été successivement mis en place et remplis de sacs à terre, mais ils ont été pres(iuc immédiatement détruits par les boulets et les obus, et un a dû se borner à élargir et approfondir les parties de la tranchée où les travailleurs pouvaient tenir.
La place a lancé pendant toute la nuit une grande quantité de bombes et de grenades sur nus attaques du bastion du mât et sur celles des Anglais. Nos batteries ont vivement répondu à ce feu et à celui que l’ennemi dirigeait sur nos attaques du bastion central.
Pertes du 9 au 10 : 1 tué ; blessés dont 1 oflicier.
Le chef de bataillon du génie .Martin, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 170 travailleurs d’infanterie.
On continue l’élargissement de la tranchée en avant de la batterie n 53, et vers son extrémité on l’approfondit en rampe jusqu'à 1”80
de profondeur, de manière à pouvoir cheminer pied à pied el à couvert, sans s'opiniâtrer davantage à poser des gabions que les boulets renversent à mesure qu’on les met en place.
Jusqu’à minuit l’eimemi lance une grande quantité de mitraille el de grenades sur les tranchées avancées du bastion du màl ; les batteries n°‘ 25 et !â5 bis y répondent par plusieurs salves de toutes leurs pièces.
Les Russes mettent le leu au village situé vers le fond du port du Sud, an pied des pentes que couronne l'attaque de gauche des Anglais. Le groupe de maisons incendiées, situé au pied des pentes devant la branche gauche du bastion du màt, est occupé par de nombreux travailleurs ennemis (|ui cherchent à démolir les maçonneries. Notre batterie n“ 21) bis y lance des bombes avec succès. On a répondu très-vivement au feu de la place qui tirait des bombes sur nos batteries n"* il) et 50.
Pertes du 10 au 1 1 : 1 tué ; 40 blessés dont un ofQcior.
A onze heures du malin, l'ennemi fait jouer un petit fourneau (d») qui dérange deux châssis en tète de l'un de nos rameaux.
Le lieutenant-colonel du génie Foy, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 150 travailleurs d'infanterie.
On prolonge d’environ deux mètres, sur 1"80 de profondeur, le cheminement entrepris en avant de la batterie n° 53.
Vers six heures du soir, une bombe partie de la batterie n" 37 du fort génois tombe sur un des v aisseaux russes mouillés dans le port ; l’elTel produit n’a pu être apprécié.
La place fait un feu très-vif pendant toute la nuit excepté du allé de la quarantaine où ie tir a été très-faible.
Pertes du 11 au 12 : 2 tués ; 32 blessés dont 1 officier.
Pendant les nuits suivantes jusqu'au 30 Juillet, les travailleurs au nombre de 100 à 150 par nuit, non compris deux brigadt^s d'une vingtaine de sapeurs chacune, ne font que réparer les dégradations
Altai|ueb (le gauche.
Jvuroéf du 1 1 juilltf.
iNuit du 41 «U 4i juillet.
Ihi 42 <u 30 juillet.
AUaquei de gauche. 33g
produites par le feu de la place. Les sapeurs seuls sont employt^s à prolonger le cheminement do l^SO de profondeur dirigé vers les car- > rières en avant de la batterie n° 53. Ce dernier travail ne marche que fort lentement par suite de la nature du terrain dans lequel on rencontre une couche de roc de plus d'un mètre d’épaisseur ; il est toujours le point de mire de rarlillcrie russe qui, par le seul effet do ses boulets qu’elle prodigue, parvient quelquefois à rccombler la tranchée avec les terres du parapet.
Dans la nuit du 21 au 22, ou exécute divers travaux défensifs dans deux maisons qui, reliées par une tranchée, ferment le ravin des Anglais , au-dessous du petit cimetière ; ces maisons sont occupées la nuit par une compagnie de chasseurs à pied chargée de fournir les postes avancés qui surveillent la place de ce côté.
Le feu de la place était en général beaucoup plus vif la nuit que le Jour, surtout celui du bastion du màt qui lançait sur les entonnoirs des mines, sur les tranchées en arrière, et sur les embuscades françaises et anglaises dans le grand ravin du port du Sud, d'énormes quantités de mitraille, de grenades, d’obus et de bombes.
Pertes du 12 au 30 : 84 tués dont 1 oülcicr ; 012 blessés dont 16 officiers parmi lesquels 4 du génie, savoir : le capitaine Barrage, les lieutenants Bonnevay et llinstin, et le sous-lieutenant Dreyssé.
Hinu. Le 12 juillet, à huit heures du soir, l’ennemi fait jouer un fourneau
{d„) qui blesse un mineur et qui cause quelques dégdls aux entonnoirs. Les gaz ont pénétré dans un rameau avancé d’où il a fallu retirer deux mineurs momentanément asphyxiés. Une demiheure après, une seconde explosion {d„) a tué un homme et blessé trois autres dans les entonnoirs.
Le sous-lieutenant du génie Dogny remplace dans le service des mines le capitaine Coste qui a été envoyé à Anapa, sur la céte d’Asie,
— 339 — Alliqnri de gaorhr.
arec quelques mineurs exerc<^s pour faire sauter les fronts de mer de celte place.
Le 13, nous donnons le feu <’> des poudres déposées dans deux puits {a a et a,,) qui ont été creusés dans le talus des entonnoirs pour en éloigner l'ennemi. La première explosion a lieu à une heure et demie, l’autre à trois heures et demie de l’après-midi.
Les Russes travaillent pendant toute la nuit dans le bastion du mât et dans son fossé ; on entend le hruit produit par la scie, la hache et le marteau sur de fortes pièces de bois, et même les paroles des travailleurs W.
Dans la nuit du 14 au 15, à trois heures et demie du matin, nous faisons jouer un autre petit fourneau (a„) dans le talus des entonnoirs pour en écarter l’ennemi.
Le Ifi, h six heures du matin, une explosion russe (rf„) enterre complètement un de nos mineurs qui creusait un puits dans les entonnoirs. On l’a retiré vivant, quoiqu’il fût resté pendant deux heures un quart sous terre. .\ onze heures et demie du soir, les Russes font jouer un camouflet (rf«) qui nous blesse un homme.
Le 19, vers quatre heures du matin, nous faisons jouer deux fourneaux (a« et Oei) dans le talus de l’entonnoir pour en éloigner le contre-mineur.
Le 20, à huit heures du matin, une assez forte explosion (a,») , obtenue comme d’habitude en déposant des poudres au fond d’un puits creusé dans le talus des entonnoirs et le recomblanl avec des sacs à terre, a refoulé un cheminement ennemi et nous a portés un peu en avant.
Une explosion semblable (a„) effectuée le 21, à dix heures du malin, a donné les mêmes résultats.
(O II est prolialile que les Riisst^s travaillaient à la Ix-llc liatleric l>litidéc qui, à la fin du siéje, flanquait la taec droite du bastion du mit. (PI. V.)
ACIaqur» do gaurhr.
Le 2â, à sept heures et demie du malin, les Russes font jouer un camoullel ((f„) qui ne produit aucun efTet. Deux de nos fourneaux (fl„ et a„) qui jouent à trois heures et à six heures et demie du soir , refoulent l'ennemi et nous font encore gagner un peu de terrain.
Le 23, à six heures du soir, un fourneau (a„) qui a détruit une portion de galerie russe nous fait aussi gagner du terrain. Un mineur a été tué et six auxiliaires blessés par des grenades ; plusieurs hommes de garde ont aussi été atteints. Les Russes envoient souvent dans les entonnoirs des salves de grenades qui nous blessent des hommes de garde et des travailleurs : une de ces volées de grenades en a blessé jusqu’à dix. Pour éviter ces accidents , on construit des gabionnades qui arrêtent les éclats, cl des blindages composés de deux murs en pierres sèches espace^ de deux mètres et recouverts par deux lits de fascines placées horizontalement.
Le 2G, à onze heures et demie du matin, l'ennemi fait jouer un camouflet (du) qui ne produit que de légères dégradations aux entonnoirs.
Un fourneau (a,,) qui joue au fond d’un puits dans le talus des entonnoirs, le 27 à quatre heures du soir, refoule un cheminement de l'ennemi et nous porte en avant.
Le 28, à six heures du matin , un de nos rameaux qui devait être poussé jusqu’à la rencontre de l’ennemi a été atteint par un camouflet (d«). Deux mineurs y ont été asphyxiés et deux autres enterrés dans les entonnoirs : tous les quatre ont été retirés vivants.
Le 29, à trois heures et demie du soir, nous donnons le feu à deux glob»» de compression (o,, et a,,) préparés dans deux rameaux Irèsrapprochés des galeries de la défense. Le premier parait avoir communiqué le feu à un fourneau de l’enneini. Leurs entonnoirs, grands
— 341 — Auaqiiro dr ganchr.
et profonds, qui nous portent plus près de la place, sont tout remplis de débris de galeries russes.
Le 30, à trois heures du soir, nous découvrons sous le bord des entonnoirs une partie de galerie russe remblayée. Nous y faisons jouer un fourneau (a „) qui ne parait pas avoir produit beaucoup d’effet intérieur.
Le chef de bataillon du génie Ribot, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 300 travailleurs d’infanterie.
Pour agir d’une manière plus efficace sur le fort Constantin et sur la flotte russe que nos batteries des attaques du faubourg ont forcée de venir mouiller à l’entrée du port , il a été décidé que l’artillerie établira, sur la pointe avancée située à l’ouest de l’entrée de la baie de la quarantaine, une puissante batterie (n* 57) armée de pièces du plus gros calibre. Cette batterie se trouve ainsi d’environ 500 mètres plus près de la place que les batteries établies sur l’emplacement de l’ancien fort génois.
On entreprend aussitôt la communication qui doit conduire à cette nouvelle batterie : elle part d’un petit vallon situé en arrière des batteries n'* 4t) et 47, et passe près de la chapelle Saint-Wladimir. Le terrain qu’elle traverse au delà de cette chapelle étant couvert de ruines provenant d’anciennes habitations, on forme avec les pierres, le long du tracé, un mur de masque qui tiendra lieu de gabionnade pour couvrir les travailleurs.
La place a peu tiré pendant la nuit ; les salves de grenades et de mitraille du bastion du mât ont été particulièrement dirigées sur les postes que nous occupons dans le ravin des Anglais.
Pertes du 30 au 31 : 17 blessés.
Le chef de bataillon du génie Richard, chef d’attaque; deux bri- Dusijuiiintae'ioiu gades de sapeurs et 41^) Iravailleurs d'infanterie.
La tranchée devant servir de communication pour aller à la batterie n” 57 est ouverte depuis la chapelle Saint-Wladimir jusqu’à
Auaiju^ftde gttnclie.
Minn.
Perte* du t" corf*.
Nombre de iraviilleurs enii^lofé*.
ATTA^nS ^E DAOTTE.
50 mètres environ de l'emplacement que doit occuper cette batterie.
L’artillerie commence les travatix de l’èpaulement -, rien n'indique encore que l’attention de l’ennemi se soit portée sur nos nouveaux cheminements de la gauche.
Vers onze heures du soir, un camouflet de l’ennemi (d„) a soufflé directement dans le rameau 18, qui devait être poussé jusqu’à la rencontre des galeries russes. Deux mineurs ont été asphyxiés par les gaz et plusieurs autres sont tombés évanouis en voulant porter secours à leurs camarades, mais tous ces derniers ont pu être rappelés à la vie.
Pertes du 31 juillet au 1" août : 0 tués dont 1 oflicier; 21 blessés.
Les pertes du 1" corps se sont élevées, pendant le mois de juillet, à 128 tués dont 2 ofllciers ; 1 ,010 blessés dont 29 officiers ; en tout, 1,138 hommes hors de combat.
La moyenne du nombre de travailleurs «‘mployés aux attaques de gauche a été de :
76 sapeurs ou mineurs et 187 soldats d'infanterie par journée ;
68 — 159 — par nuit.
Pendant le mois de juillet, les assiégeants ont fait tous leurs efforts pour cheminer sur l’ouvrage Malakoff et sur le petit redan. Tout so réunit pour rendre ces attaques aussi diflicilcs que périlleuses : on tombe presque partout sur un terrain de roc, et les tranchées qui ne sont pas couvertes par quelque mouvement du sol sont immédiatement bouleversées par le canon des Russes. Les officiers du génie, abandonnant toute marche régulière, ne peuvent avancer qu’en hasardant des cheminements dans quelques dépressions du sol qui échappent aux vues de la place, et en profitant, pour prendre pied sur le terrain, de quelques tertres que forment les débris des carrières et des moindres ressauts que présente le rocher. Quand ces bouts
Attaques de droite.
de tranchée ont donné des points d’appui, ils sont étendus puis reliés entre eux de manière à former un ensemble qui permette à nos gardes de tranchée de repousser les sorties.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d’attaque; trois brigades de sapeurs et 755 travailleurs d’infanterie.
On ouvre un boyau de 125 mètres de longueur, qui aboutit à la droite de la batterie n” 25 et permet d’y arriver à couvert.
On pratique, à travers des amas de déblais, un chemin complètement dëiilé qui donne accès dans un groupe de cavités situé en avant du centre de la place d’armes des carrières.
A la gauche de celle même place d’armes, on ouxto un boyau de IK) mètres de longueur se rapprochant des carrières de gauche, d'où l’on partira pour cheminer sur l’ouvrage MalakolT.
Les Russes ne cessent de travailler à leurs ouvrages; on les entend chaque nuit se servir de la masse et du pistolet de mines.
Perles du 1*'' au 2 : 4 tués ; ;i5 blessés.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque; deux bri-
On commence sur 320 mètres de développement, à la droite du contre-fort du carénage, un cheminement en lacets descendant de la batterie n“ 21 à la batterie n" 22.
On prolonge le cheminement commencé la nuit précédente dans les carrières devant la grande place d’armes. On ouvre deux nouveaux boyaux qui aboutissent aux carrières do gauche.
Pertes du 2 au 3 : 2 tués; :12 blessés dont 1 ollicier.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 7S5 travailleurs d’infanterie.
On prolonge de 33 gabions vers la droite le troisième boyau du cheminement parlant de la gauche de la ])lace d’armes des carrières et dirigé vers l’ouvrage MalakolT; ce troisième boyau communique d'un côté avec la carrière de gauche, do l’autre avec celle du centre.
du 4*' aul juilkt.
Nuit du t au 3 juiUel.
Nuit du 3 au 4 juillel.
AlUqiir* «le droite. — 344 —
On organise, à la tète du cheminement pratiqué dans les carrières de droite, une place d'armes d'une soixantaine de gabions qui voit très-bien le terrain en avant.
On prolonge de 100 gabions vers la gauche la grande embuscade établie en avant de la route, dans les nuits du 14 et du 15 juin ; un petit poste en sacs à terre avec créneaux est organisé à l'extrémité de ce cheminement qui forme l'amorce droite de la sixième parallèle.
La communication entre les batteries n°‘ 21 et 22, sur la droite du contre-fort du carénage, est complétée par l'ouverture d'un boyau de 70 mètres de longueur.
L'ennemi enlève le toit et la charpente do grand bâtiment (dit maison en croix) auquel s'appuie la partie d'enceinte comprise entre les bastions n°* 1 et 2.
Pertes du 3 au 4 : 4 tués ; 3-4 blessés.
N»i<iu i lu Le chef de bataillon du génie Rouiller, chef d'attaque ; deux bri-
gades de sapeurs et 808 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 120 gabions sur sa gauche la portion de sixième parallèie ouverte devant le petit redan, et de 20 gabions vers la droite la place d'armes commencée la nuit précédente dans la partie avancée des carrières de droite. Au cheminement de gauche on prolonge le dernier boyau de 20 mètres sur la gauche en suivant l'escarpement de la carrière, et on pose 20 gabions à l’extrémité droite de ce même boyau.
La communication qu'on avait commencée la nuit du 22 juin, dans le fond du ravin du carénage, et que la présence de l'eau avait forcé d'abandonner, est remplacée par un cheminement à courts zigzags longeant le pied de la berge gauche du ravin, lequel permettra d'arriver à couvert au poste établi vers l’extrémité du pont-aqueduc. On pose 40 gabions sur le nouveau cheminement.
L'ennemi entretient, toute la nuit, un feu soutenu de bombes et de mitraille qui n’a pas été très-meurtrier.
Pertes du i au 5 : 2 tués ; 41 blessés dont 4 officiers.
Le chef de bataillon du génie Chardon, chef d’attaque; trois brigades de sapeurs et 800 travailleurs d’infanterie.
Sur la gauche, on s’avance jusqu'au bord extérieur de la carrière, et on établit, sur la route même qui passe au pied du glacis de l’ou- \Tage Malakoff, une petite place d’armes demi-circulaire d’une dizaine do mètres de rayon. Ce dernier travail, qui est en mauvais terrain, a été vivement inquiété par le feu de l’ennemi. Les travailleurs ont dû, à plusieurs reprises, chercher un abri dans les carrières ; ils sont parvenus néanmoins à remplir les gabions et à les couronner de fascines.
On prolonge l’amorce de la sixième parallèle de 00 mètres vers la gauche ; l’achèvement de cette portion de tranchée, qui se trouve sur le roc, sera long et difficile. On dispose des gradins pour la fusillade dans la place d'armes de la carrière avancée du centre.
On prolonge de 40 mètres le cheminement en zigzag commencé la nuit précédente au pied de la berge gauche du ravin du carénage.
Pertes du 5 au 6 : 9 tués dont 1 officier ; 6^1 blessés dont 3 officiers.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 003 travailleurs d'infanterie.
La cinquième parallèle est prolongée de 85 mètres sur la gauche, et on exécute, dans les carrières en avant de cette nouvelle tranchée, divers travaux ayant pour objet d'en assurer la possession. On ouvtc une communication composée de deux boyaux reliant la droite de la place d’armes des carrières à la sixième parallèle.
On continue le cheminement en zigzag dans le ravin du carénage.
Il y a eu parmi les travailleurs d'infanterie quatre hommes tués et trente et un blessés dont trois officiers.
Pertes du 6 au 7 : 1 1 tués ; 52 blessés dont 3 officiers.
Le chef de bataillon du génie Kagon, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 800 travailleurs d'infanterie.
Aua^ucd tic (iroilr.
Nuit du S au C juillet.
Nuit du 6 au 7 jiiillel.
Nuit du 7 au 8 juillel.
AlUquef de dfoile.
Nuit do 8 au 9 joilkt.
Nuit du 9 au 40 jnillel.
On établit une petite gabioimade sur le ressaut de terrain qui existe au débouché du pont-aqucduc sur la rive gauche du ravin, afin d’éclairer le terrain en avant et d'éviter que le poste de ce pont soit tourné. On prolonge le cheminement on zigxag.
L’ennemi a lancé un grand nombre de balles à feu et tiré très-souvent à mitraille.
Un officier et treize travailleurs, dont trois sapeurs, ont été blessés.
Pertes du 7 au 8 : 5 tués dont â officiers; 51) blessés dont 2 officiers.
Le chef de bataillon du génie Roullier, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 755 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 50 mètres la gauche de la cinquième parallèle, et l’on arrive ainsi au point où la pente vers le ravin Karabelnaya devient très-prononcée. On établit un petit poste en gabionnade à environ 40 mètres en avant de la droite de la sixième parallèle.
Dans le ravin du carénage, on prolonge le cheminement en zigzag.
Vers neufheures du soir, les Russes ont fait une sortie contre les carrières de l'exlrème gauche de notre attaque, qui n’étaient gardées que par quelques hommes ; ceux-ci ont dû se retirer dans les tranchées en arriére et abandonner le lorrain à l’ennemi qui en est resté maître pendant plusieurs heures ; il est rentré dans la place après avoir bouleversé une partie des gabionnades que nous avions établies dans ces carrières.
On ouvre en avant do la batterie n° 28, que l'on construit dans la tranchée creusée sur la gauche du contre-fort du carénage, deux bojaui ayant pour objet de rétablir la continuité du cheminement.
Pertes du 8 au 9 : 23 tués ; 97 blessés dont 3 ofliciers ; 2 disparus dont 1 officier.
Le chef de bataillon du génie Charcton, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 599 travailleurs d'infanterie. ‘ .
A la chute du Jour, la garde de tranchée occupe fortement les
— IVi7 — AtUqnfi de droite.
carrières de gauche ; l’ennemi s’y présente au commencement de la nuit, mais accueilli par la fusillade il se disperse aussitôt dans les couverts environnants, d'où il fait pendant toute la nuit un feu de mousqueterie très-vif sur les travailleurs occupés à rétablir les postes et les cheminements bouleversés la nuit précédente.
On ouvre une tranchée permettant d’arriver à couvert du cheminement en zigzag en arrière du pont-aqueduc dans un petit ravin transversal qui monte jusqu’au plateau en avant du bastion n* 2, ravin dont l’occupation sera avantageuse en ce qu’elle fera gagner une centaine de mètres au cheminement à diriger sur le bastion.
Le feu de l’ennemi a été très-vif pendant toute la nuit.
Pertes du II au 10 : 1 1 tués dont 1 officier; 105 blessés dont 5 officiers ; 5 disparus.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d’attaque ; deux bri- nuu dot»i«Mi«aici. gades de sapeurs et 588 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de \ mètres sur la droite et de 20 mètres sur la gauche le poste établi dans la nuit du 8, à 40 mètres en avant de la droite de la sixième parallèle, et on le relie à cette parallèle par une communication formée de deux boyaux qui constituent l'amorce d’un cheminement dirigé sur le bastion n“ 2. On commence, sur 35 mètres de longueur, un cheminement dans le fond du petit ravin dont le pied aboutit en arrière et à gauche du pontaqueduc.
Le sons-lieutenant du génie Ilennequin a été blessé à la tète par un bisca'ien.
Pertes du 10 au 11 : 11 tués; 70 blessés dont 3 officiers.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d’attaque; deux bri- Nuita» OMHjoiiui. gades de sapeurs et 038 travailleurs d'infanterie.
On établit une place d’armes en arrière de l’escarpement des carrières de l’extrême gauche, avec un poste en gabions en avant de cet escarpement.
AUâqiK'<^ droito.
Kuil do 12 «D i3 juillet.
Kuit du 43 IB 44 juiUel.
On prolonge do 8 gabions sur sa gauche le poste établi en avant de la sixième parallèle.
On continue le cheminement commencé la nuit précédente dans le petit ravin qui débouche à gauche du pont-aqueduc, et on établit à la partie inférieure quelques masques en gabions pour se déGler des vues du cèté nord du port.
L’assiégé a fait un feu extrêmement vif pendant toute la nuit. Sur l’extrême gauche des carrières, la mousqueterie des embuscades russes a beaucoup gêné nos travailleurs.
Pertes du 11 au 12 : 7 tués dont 1 officier ; 61 blessés dont 2 officiers.
Le chef de bataillon du génie lloullier, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 638 travailleurs d’infanterie.
A l’extrême gauche, on établit un nouveau poste d’une trentaine de gabions relié aux carrières par un épaulement qui permet d’y arriver à couvert. On commence la descente qui doit relier la gauche de la cinquième parallèle avec le fond du ravin Karabelnaya.
On commence aussi, à partir de la petite place d’armes en avant de la droite de la sixième parallèle, un cheminement en sape double dirigé sur le bastion n° 2 ; on n’en exécute cette nuit que la première branche et le crochet en retour. On prolonge le cheminement ouvert dans le petit ravin en arrière du pont-aqueduc, et l’on profite pour cela d’une portion de chemin qui longe ce ravin et qui forme une communication parfaitement défilée. On arrive ainsi à 230 mètres environ de l’extrémité du pont, et l’on peut de là gagner l’origine même du petit ravin ; ce cheminement se reliera à la sape double commencée en avant de la sixième parallèle.
Le feu de la place a été très-vif pendant toute la nuit.
Pertes du 12 au 13 : 9 tués; 60 blessés dont 2 officiers.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque; deux brigadt^ de sapeurs et 750 travailleurs d'infanterie.
— ;it!> —
La descente à la gauche de la cinquième parallèle est prolongée jusqu’au fond du ravin Karabelnaya, où elle se réunit à l’ancienne ligne de contre-approche des Russes transformée en tranchée anglaise. Devant l'ouvrage Malakoff, on établit au delà des carrières, au point où le glacis est coupé en déblai par la roule, un poste de (>0 gabions qui ont été remplis, couronnés de fascines et en partie riv couverts de terre.
A l’extrême droite, à l’origine du petit ravin qui débouche au pontaqueduc , on établit une place d’armes sur la berge gauche de ce ravin au moyen d'une gabiomiade d'une quarantaine de mètres de développement, et l’on commence une communication pour relier celte place d’armes au tournant de la route, en avant de la batterie n® 26.
Le travail exécuté sur le glacis de l’ouvrage MalakolT a fait découvrir une caisse en bois, recouverte de madriers de ü"08 d’épaisseur, à laquelle aboutissait un auget que l’on a coupé. Cette fougasse n’avait pas encore été chargée.
La place a tiré très-vivement pendant la nuit.
Pertes du 13 au \\ : 10 tués; 54 blessés dont 6 officiers.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 730 travailleurs d’infanterie.
On ouvre une communication formée de deux boyaux entre les carrières de gauche et la place d’armes établie la nuit précédente sur le glacis de l’ouvrage MalakolT; le deuxième de ces boyaux se trouve sur la route même.
A la droite, on consolide la place d’armes éUiblie à l’origine du petit ravin, et la communication commencée la nuit précédente est complétée sur une trentaine de mètres qui restaient à ouvrir. Pour appuyer cette place d’armes, on établit plus en avant, vers le sommet de la berge gauche du petit ravin, deux postes d’une trentaine de gabions chacun.
All*qurftdr ilroiif.
Nuit du U 8u 13 jBilkl-
Auxintt do dratir.
JoQreéf du 45jaillei.
Xuit do <5«u46 jttiJiei.
A minuit, on a aperçu un incendie dans la place , en arrière de l'ouvrage Malakoiï.
Vers une heure du matin, une assez forte sortie a lieu contre les lignes anglaises, mais elle est immédiatement repoussée. Une demiheure après, une colonne russe s’avance par je fond du ravin Karabelnaya cl débouche sur notre gauche, dans l'espoir de la tourner et d'enlever le poste établi dans la nuit du 12. Reçus par un feu vif de mousquelerie soutenu par celui des batteries n“* 15 et 16, les Russes, après une demi-heure de combat, ont dû se retirer emportant des morts et des blessés, et abandonnant, en avant de nos tranchées, cinq morts dont un officier. Les efforts de l’ennemi n’ont abouti qu’à renverser quelques gabions dans les postes les plus avancés dont les défenseurs ont dû se rei)lier en arrière. Le travail a été suspendu pendant cette attaque.
Quelques détachements qui cherchaient à s’approcher des postes de la tète du petit ravin, sur l’extrême droite, ont été tenus à distance par les gardes qui couvraient les travailleurs.
l’crtcs du 1 1 au 15 : 21 tués ; 98 blessés dont 2 officiers.
Le capitaine du génie Salanson est blessé à la tempe par un éclat de pierre.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 6ü0 travailleurs d'infanterie.
On prolonge d'environ 25 mètres sur sa droite la place d’armes établie sur le glacis de l’ouvrage Malakoff, et on élève une gabionnade sur le côté gauche de la roule jmur se couvrir des coups venant du bastion n’ 3.
A l'extrême droite, on améliore les deux postes établis en avant du petit ravin qui aboutit au pont-aqueduc, et on en organise un troisième sur la droite des deux premiers, aOn de mieux occuper la position et d’empêcher qu’elle ne puisse être tournée.
On a trouvé à droite de la route, sur le glacis de l'ouvrage Mala
— 351 — Attaques de droite.
kolT, une seconde fougasse ; on en a retiré le plateau et coupé le saucisson qui était dans un aiigeten bois.
Pertes du 15 au 1(5 : 7 tués dont 1 oOicier ; !55 blessés dont 1 ofllcicr.
Le lieutenant-colonel du génie Foy est nommé chef d’état-major iouroM'io du général Frossard, en remplacement du lieutenant-colonel Malcor, allant en congé de convalescence.
Le chef de bataillon du génie Doissonnet, chef d’attaque; deux NaiUotdmnjuinei. brigades de sapeurs et (540 travailleurs d'infanterie.
On ouvTe, sur la droite de la place d’armes établie au pied du glacis de l’ouvrage MalakolT, une tranchée de 78 gabions de longueur allant rejoindre des carrières qui existent de ce côté.
Le commandant Uoissonnet est grièvement blessé d’une balle au-dessus du genou en dirigeant ce travail.
A l’extrême droite, on prolonge de (55 gabions vers la gauche la place d’armes du petit ravin, et un perfectionne les postes déjà établis dans cette direction.
Vers onze heures du soir, après avoir fait une fausse attaque sur Sorti» mu», nos postes avancés de gauche, les Russes so précipitent sur les trois postes avancés de la droite. Iteçus par un feu nourri de mousquettv rie et par le tir à balles des deux canons de campagne de la batterie n* 30, ils se retirent avec perte. Un quart d'heure après, ils tentent une nouvelle attaque et arrivent très-prés de nos gabionnades, mais ils sont forcés de se retirer comme la première fois. Enfin, ils tentent une troisième attaque qui n’a pas eu plus do succès. Les travailleurs ont tenu dans la tranchée commencée, où ils n’étaient cependant couverts qu’à moitié ; plusieurs d'entre eux se sont même portés en avant pour renforcer la garde des postes avancés.
Il y a eu pendant la nuit cinq travailleurs d'infuuterie tués ; un officier, douze travailleurs et six sapeurs blessés.
Pertes du 16 au 17 ; 15 tués dont 1 officier; 116 blessés dont 5 officiers.
Auaqueü ik druilr. 352
NuiiJu n«u<«i«iiici. L<; chef de bataillon du génie Roullier, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et G14 travailleurs d'infanterie.
A 20 mètres en avant de la gabionnade qui coupe la route sur le glacis de l'ouvrage MalakofT, on en établit une nouvelle, un peu plus étendue, de manière à former un petit poste pouvant être occupé le Jour.
On prolonge de 100 gabions sur la gauche la place d’armes du petit ravin aboutissant au pont-aqueduc.
Il y a eu pendant la nuit un travailfeur d’infanterie tué, sept sapeurs et sept travailleurs blessés. '
Pertes du 17 au 18 : 11 tués dont 1 officier; 03 blessés dont 5 officiers.
Kuiidu i8au lojuiiui. bataillon du génie Chareton, chef d’attaque; deux bri-
gades de sapeurs et üOO travailleurs d’infanterie.
Au logement sur le glacis de l'ouvrage MalakofT, on prolonge la nouvelle coupure de la route de 25 gabions sur sa gauche, et on la relie avec la grande place d'armes en arrière en prolongeant la sape double qui suit la route.
A la droite, devant le petit redan, ou prolonge le cheminement en sape double, commencé dans la nuit du 12, jusqu'à sa jonction avec la place d’armes située en tète du petit ravin. Le poste central établi au nord du ravin est prolongé sur sa gauche de -12 gabions que l'on a eu peine à remplir par suite de la nature rocailleuse du sol. Sur la droite de ce poste, qui est devenu une place d’armé avancée, on en établit un nouveau de 15 gabions, et plus à droite encore, on organise pour notre usage une ancienne embuscade russe.
Il y a eu parmi les travailleurs d'infanterie dix-huit blessés dont deux officiers.
Perles du 18 au 11) : 66 blessés dont 6 officiers.
Sun du lOiuïojuiiki. Le capitaine du génie Schœnnagel, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.
— 353 — Atttqws
A l'attaque de l'ouvrage MalakofT, on étend la coupure de la route de 23 gabions sur la gauche et de 8 sur la droite.
Devant le bastion n° 2, on établit un nouveau poste à la droite de ceux que nous occupons au nord du petit ravin, et 'l'on améliore le cheminement en sape double qui est en arrière.
Le feu de l'ennemi a été extrêmement vif pendant toute la nuit sur les deux tètes de cheminement. A la gauche, les Russes ont amené sur la route, en dehors de l'enceinte, une pièce de campagne qui a tiré sur la coupure et a renversé la partie droite du parapet ; mais la gabionnade était rétablie avant le jour.
Trois sapeurs et vingt-deux travailleurs d’infanterie ont été blessés pendant la nuit. Le capitaine du génie Schœnnagel a été contusionné au genou par un éclat de bombe.
Pertes du 111 au 20 : 4 tués dont 1 officier ; 30 blessés dont 1 of- Gcier.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque ; deux brigades itiu m m » jwuei. de sapeurs et &il travailleurs d'infanterie.
A l'attaque de l'ouvrage MalakofT, on prolonge de 8 gabions la droite de la coupure de la route.
Pertes du 20 au 21 : 5 tués dont 1 officier ; 78 blessés dont 3 of- Geiers.
Le chef de bataillon du genie Kagon, chef d’attaque; deux bri- roUiIiiU juinet
A l’attaque de l’ouvTage MalakofT, on organise d’une manière défensive la place d'armes qui se trouve à gauche de la coupure de la route, et on y ajoute un retour de 17 gabions. On prolonge la coupure de la route de 32 gabions sur sa droite, en se dirigeant vers l'ouvrage MalakofT ; les gabions sont remplis de sacs à terre, couronnés de fascines, et en partie recouverts de terre à l’extérieur.
En partant des carrières de droite, on ouvre, sur dix mètres de
VS
AUaquH 4e droiie.
longueur, une portion de sixième parallèle dirigée vers la place d’armes ouverte au pied du glacis de Malakoff.
A l’attaque du redan, on relie la place d'armes du petit ravin au poste avancé de gauche par une sape double d'une quarantaine de mètres, et on réunit par une gabionnade d'une douzaine de mètres les deux postes de droite.
Le tir d’artillerie do l’ennemi a été très-soutenu pendant toute la nuit et, dès le point du jour, accompagné d’une très-vive fusillade. Sur la gauche, la mousqueterie des embuscades a été incessante pendant toute la durée du travail et nous a occasionné des pertes.
Le capitaine du génie Masselin a été grièvement blessé à la poitrine par un éclat de bombe.
Il y a eu pendant la nuit six travailleurs d’infanterie tués ; un officier de travailleurs, trente-trois soldats et trois sapeurs blessés.
Pertes du 21 au 22 : 1 1 tués dont 1 officier ; 108 blessés dont 2 officiers.
Le Chef de bataillon du génie Roullier, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et GOO travailleurs d’infanterie.
Les gabionnades établies la nuit dernière aux deux extrémités de la place d’armes avancée sur le glacis de l’ouvrage Malakoff, ayant été complètement bouleversées par le canon de la place, on les rétablit et on les couronne de fascines et de sacs à terre.
Au centre, on prolonge l’amorce de la sixième parallèle d’environ 60 mètres vers la gauche.
Devant le petit redan, on établit à l’extrême droite de la ligne avancée un nouveau poste d’une douzaine de gabions, et on perfectionne la sape double commencée la nuit précédente en arrière de celte ligne.
A dix heures et demie, la place a ouvert tout à coup, sur toute l’étendue du front d’attaque, un feu très-vif d’artillerie et de mousqueterie ; probablement les Russes s’attendaient à une attaque de
AIM<|iu>« da dmita.*
vire force, par suite de quelques mouvements de troupes qui avaient eu lieu avant la nuit pour renforcer les gardes de tranchée. En même temps, des bateaux à vapeur sont venus se placer à l’entrée de la baie du carénage et ont tiré dans la direction du ravin.
La plupart de nos postes avancés n’ont pas répondu à la mousqueterie de la place ; le travail, momentanément suspendu, n’a pas tardé à être repris.
Pertes du 22 au 23 : 13 tués; 49 blessés dont 2 officiers.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d’attaque ; deux bri- ^<<>1 du » mM juiitPi. gades de sapeurs et 975 travailleurs d’infanterie.
Les Russes tirant à très-petite portée et avec du gros calibre sur nos cheminements, les bouleversent en peu de temps partout où ils peuvent les bien découvrir , mémo quand on forme le parapet de trois rangs de gabions. L’artillerie de l’ennemi n’a sur la nôtre que la supériorité du nombre, car, comme nous l’avons déjà dit, dans les attaques de MalakofT, la disposition des lieux est tout en faveur de l’attaque. Malheureusement, le général commandant l’artillerie de l'armée est à. bout de ressources : il peut à peine fournir, tant pour les attaques de la ville que pour celles du faubourg, aux besoins de toutes les batteries ; depuis longtemps déjà, les canonniers ayant manqué, on emploie un grand nombre d’auxiliaires pris dans l’infanterie.’ Cependant, les circonstances sont si graves, qu’on fait un nouvel effort pour établir encore deux batteries sur les pentes du mamelon vert. L’une, armée de dix canons de 24, prendra le n” 33 ; l’autre, armée de six obusiers de 22' et de dix mortiers, prendra le 11“ 34. Pour gagner du temps, cette dernière sera placée dans la cinquième parallèle, un peu à gauche de la ligne qui joindrait le sommet du mamelon à la tour Malakolf, et le génie va travailler sans re> lâche à l’établissement de l’autre, qui sera située plus haut et un peu plus à droite.
Sur le glacis de l’ouvrage MalakofT, on rétablit la partie droite du
AtU<iiiri de droite. 356
cheminement arancé, que le canon de la place a boulerersée pour la seconde fois.
On prolonge de 50 gabions l’amorce de la sixième parallèle partant des carrières de droite.
On fait en avant de la cinquième parallèle une tranchée de 150 gabions, destinée à remplacer la portion de cette parallèle dans laquelle rartillerie va établir la batterie n° 34. On ouvre en outre, audessus et un peu en arrière, une tranchée de 100 mètres de longueur avec deux retours d'équerre de 9 mètres aux extrémités pour l’établissement de la batterie n* 33; enfin, on relie cette dernière à la batterie n“ 23 par un boyau.
L'n incendie assez considérable, qui a duré une grande partie de la nuit, a eu lien dans la place, en arrière du grand redan.
Pertes du 23 au 2-1 : 10 tués ; 85 blessés dont 3 officiers. suiiduUtutBimii»!. Le capitaine du génie Schœnnagel, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 603 travailleurs d’infanterie.
Les deux extrémités du cheminement avancé qui coupe la route sur le glacis de l'ouvrage MalakoiT ayant été de nouveau bouleversées par le canon de l’ennemi, on remet en place 10 gabions sur la droite et 8 sur la gauche, et on renforce le parapet avec des sacs à terre.
On débouche de la place d’armes au pied du glacia de MalakoiT par un cheminement qui sera l'amorce de gauche de la sixième parallèle ; on prolonge l’amorce de droite de 30 gabions.
Devant le petit rcdan, on relie entre eux tous les postes avancés pour en former une place d’armes solide, et on complète la communication en sape double immédiatement en arrière.
Plus nos attaques s’approchent de l'ouvrage MalakoiT et du petit redan, moins elles sont soutenues. Entre ces deux ouvrages, le terrain présente une concavité telle que les tranchées partant du glacis MalakoiT ne peuvent échapper aux coups plongeants du rcdan que si on les trace suivant la direction donnée à la sixième parallèle. Il
— 357 — Aiuqara d« droits,
nous est donc impossible de relier directement les deux attaques.
Nous ne pouvons pas non plus, ni sur la droite, ni sur la gauche, soutenir nos tètes de sape par des places d'armes , car dès que l'artillerie des Fronts collatéraux découvre nos cheminements, elle les détruit immédiatement. On est donc réduit à cheminer en pointe sur deux bastions d'une place défendue par une armée nombreuse.
Mais heureusement l'ennemi n'emploie contre nous que de petites sorties.
Vers minuit, à la faveur de l'obscurité, l'ennemi fait irruption sur soni» ru», la place d’armes en construction devant le petit redan, et parvient à renverser une quinzaine do gabions ; cette sortie, forte d’environ 150 hommes, est aussitèt repoussée. Le travail est repris, mais la place fait pendant une heure un feu d'artillerie extrêmement vif.
Pertes du 24 au 25 : 13 tués dont 1 officier; 118 blessés dont 1 officier.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'altaque; deux brigades de sapeurs et 790 travailleurs d’infanterie.
Sur le glacis de l'ouvrage MalakolT, on rétablit la gabionnade de la place d’armes avancée, que le canon de la place avait encore une fois détruite, et on épaissit son parapet avec des sacs à terre. On prolonge de 25 mètres l’amorce de gauche de la sixième parallèle, et on relève, à l’extrémité de l'amorce de droite, une quarantaine de gabions renversés par l’artillerie de l'ennemi.
On continue à préparer l’emplacement de la batterie n* 33 et sa communication.
Pertes du 25 au 20 : 5 tués; 38 blessés.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d'attaque; deux bri- suudgwiunjaiiifi. gades de sapeurs et 567 travailleurs d’infanterie.
l’ne portion de la gabionnade de la coupure de la roule, sur le glacis de l’ouvrage MalakolT, renversée de nouveau pendant la journée par le canon de la place, a dû être relevée sur 20 gabions de
Atuqne* da MU.
NgM dut7«at8jaUI«t.
NriUiiWuinjiiiiM.
longnear. L'amorce de gauche de la sixième parallèle est prolongée de 36 gabions, et celle de droite de 40.
La tranchée destinée à l'établissement de la batterie n* 33 est terminée et livrée à l'artillerie.
La place a fait pendant toute la nuit un feu extrêmement vif de projectiles creux et de mitraille. Un sapeur du 2* régiment du génie, nommé Roussel, a rejeté par-dessus le parapet un obus qui allait éclater dans la tranchée.
P^es du 26 au 27 : 10 tués dont 1 officier ; 65 blessés dont 1 offlcler.
I.,e chef de bataillon du génie Rouiller, chef d'attaque ; deux brigades do sapeurs et 503 travailleurs d'infanterie.
 la gauche, le canon de la place ayant détruit de nouveau la gabionnade du cheminement avancé sur le glacis de l'ouvrage MalakolT, on essaie de le rétablir encore une fois ; mais l'artillerie russe tirant incessamment sur ce travail, on n’a pu relever cette gabionnnde que sur 8 mètres de longueur.
On prolonge de 35 gabions vers la droite l’amorce de gauche de la sixième parallèle. A l'amorce de droite, on rétablit les gabions de la tête du travail, que le canon de la place avait bouleversés sur une assez grande longueur; en sorte qu'à cette parallèle, comme sur le glacis, le travail d’une nuit n'était le plus souvent que le rétablissement du travail de la nuit précédente.
Le feu de la place a été très-vif pendant toute la nuit ; le nôtre n’y a que faiblement répondu.
Pertes du 27 au 28 : 11 tués ; 65 blessés dont 4 officiers.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 500 travailleurs d’infanterie.
On tente à deux reprises de relever la gabionnade du cheminement avancé sur l’ouvrage Malakoff , mais chaque fois elle est aussitôt renversée dans la tranchée ; on essaie alors d’établir sur ce point
— 359 — AtUa|uH 4e dreiM.
un parapet sans gabions, formé d’assises successives de sacs à terre, et on parvient à exécuter ce travail sur une longueur de cinq mètres.
On répare et on épaissit le parapet des deux amorces de la sixième parallèle que le canon de la place avait fortement endommagé ; mais les projectiles de rennemi ayant empêché de relever la gabionnade à la tête do l’amorce de droite, on a dù, eomme devant l’ouvrage Malakoff, établir le parapet tout entier en sacs à terre, et on a exécuté ce travail sur sept mètres de longueur.
Le tir de l’ennemi a été très-vif pendant toute la nuit ; celui de nos batteries a été aussi très-soutenu.
Perles du 28 au 2!) : l tués ; (4 blessés.
Le capitaine du génie Scliœnnagel, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.
Le feu de la place avait été très-vif pendant la journée du 20; principalement dirigé sur les deux tètes de sape de la sixième parallèle et sur le cheminement avancé devant l’ouvrage MalakolT, les parapets avaient été complètement bouleversés sur ces trois points.
A la nuit, on essaie encore une fois do rétablir le cheminement sur l’ouvrage MalakolT : ou le déblaie sur quatre mètres de longueur et on lui donne l'°80 de profondeur pour que les travailleurs y soient couverts par la fouille elle-même; mais le travail fait a été comblé au Jour par le canon de la place, qui a rejeté la terre dans la tranchée. U n'a pas été possible de réparer le parapet de la coupure de la route, les boulets bouleversaient les gabions à mesure qu’on les remettait eu place. On a relevé les brèches faites pendant la Journée dans le parapet de la sixième parallèle et prolongé l’amorce de droite de cette parallèle de 14 gabions, en les doublant pour donner plus de consistance au parapet. ,
La place n'a cessé de tirer pendant toute la nuit sur nos tètes de cheminements ; le feu de l’artillerie russe a été beaucoup plus vif et plus soutenu que le nètre.
Attaques de droite*
Nuit du 30 lu 31 juilleU
Kuil (fil 3f luilk't 40 4«* mOi.
Pertes du au 30 : 13 tués; 38 blessés.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 529 travailleurs d'infanterie.
On refait le parapet de la coupure de la route, sur le glacis de l’ouvrage MalakoiT, et on déblaie le boyau à droite de cette coupure sur 1“80 de profondeur. Sur la droite de ce glacis, on débouche en avant de l'amorce gauche de la sixième parallèle par un boyau de 35 gabions de longueur qui se trouve défilé de l’ouvrage par le relief du terrain. Les deux amorces de la sixième parallèle sont prolongées en double gabionnade, celle de gauche de 8 gabions, celle de droite de 20.
La place d’armes avancée devant le petit redan a été prolongée de 45 gabions sur sa gauche, à partir de la tète du cheminement en sape double. Sur sa droite, on l’a reliée à un petit poste par une tranchée de 37 gabions de longueur.
Le tir de la place a été très-vif et plus soutenu que le nôtre.
Le capitaine du génie Lecucq a été tué par un obus.
Pertes du 30 au 31 : 14 tués dont 2 ofiiciers ; 65 blessés dont 4 officiers.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.
Le cheminement avancé sur le glacis de l’ouvrage MalakoiT, comblé de nouveau par le canon de la place, est déblayé sur une dizaine de mètres de longueur, et son parapet est rétabli ; la coupure de la route est également réparée malgré le tir dirigé sur ce point pendant toute la nuit. Le nouveau boyau ouvert la nuit précédente sur la droite du glacis est allongé de 5 gabions sur sa direction primitive et de 22 formant une branche qui se refuse à gauche. Les deux tètes de cheminement de la sixième parallèle marchant l’une vers l’autre sont prolongées chacune d'une trentaine de gabions qui ont été doublés.
AUii<)iiL‘» <lir tlruilc.
Devant le bastion n° % on pose 38 gabions à la gauche de la place d’armes avancée, et à la droite on en pose pour rejoindre un point déjà occupé par un petit poste.
Sur le côté droit du contre-fort du carénage, on ouvre, en partant de la communication en zigzag de la batterie n’ 22, un boyau de 150 mètres de longueur aboutissant à l’emplacement d'tme batterie de mortiers en projet (n“ 36).
Le sous-lieutenant du génie Mandagout a été tué par une bombe eu dirigeant ce dernier travail.
Le feu de la place a été extrêmement vif pendant toute la nuit; la pluie qui est tombée en abondance a rendu les tranchées impraticables sur plusieurs points, malgré les travaux faits pour donner de l’écoulement aux eaux.
Pertes du 31 juillet au 1" aoôt : 8 tués dont 1 oflicier; 39 blessés dont 1 onicier.
Les pertes du 2* corps, pendant le mois de juillet, s'élèvent à 283 tués dont 16 officiers ; 2,011 blessés dont 71 officiers ; 7 disparus dont 1 officier ; en tout, 2,331 hommes hors de combat.
La moyenne du nombre de travailleurs employés aux attaques de droite a été de :
67 sapeurs et 500 soldats d’infanterie par journée :
71 — 679 — par nuit.
£n ajoutant aux pertes du 2‘ corps celles du 1*' corps données plus haut (page 312), on voit que l’armée a eu pendant le mois de juillet 3,169 hommes hors de combat.
Le nombre total de travailleurs employés aux deux attaques a été en moyenne de :
1 13 sapeurs et mineurs et 687 soldats d'infanterie par journée ;
139 — 838 — par nuit.
Piflei di i* corpi
Nombre Je Ireteilleun
CTBplOTéS.
Pertes lotile» Ju mots de juillet.
Xooibre «le treisîlletin euiptoj es aux deux cor|i9.
MHS D'âOUT.
FAtTS OCnillALX.
D'après ce qui a été couveou avec les généraux alliés, la vallée de Baïdar a été divisée de la manière suivante entre les trois années pour la répartition des foins qu’on y récolte : les Anglais occupent les villages de Baïdar, Saktik et tout le terrain à droite de la route Woronzoiï, défendant le i)assago de Phoros avec quatre escadrons de cavalerie ; les Turcs sont établis plus à l’ouest, jusqu’ati village de Bouyouk-Miskomia ; les Français occupent tout ce qui est au nord de la route Woronzoiï, et observent les passages de Cardonc- Bell et d’Ouzenbach. La coupe des foins a été terminée le 3 août, et le 5 on achève de les ramasser. Le 3, une soixantaine de Cosaques sont venus fourrager dans le ravin séparant Ourkousta de la crête qui limite la vallée au nord; la grand’garde des dragons et une compagnie de zouaves refoulèrent ces Cosaques avec lesquels on échangea quelques coups de fusil.
Le 3 août, à neuf heures du malin, une embuscade russe ouvre le feu contre une embuscade française établie par le 6* de ligne sur les bords de la Tcheruaya. Une centaine de tirailleurs ennemis s’avancent à l’abri des broussailles et commencent une fusillade qui a duré environ une heure et demie. La Tchernaya, grossie par les pluies, a empêché nos tirailleurs de s’approcher de renneini. Celte affaire n’a eu aucune importance.
Les Piémontais occupant Tchorgoun avec leurs avant-postes, on supprime les patrouilles françaises (|uc l'on dirigeait de ce côté.
Le 4 août, le général Canrobert, aide de camp de l'Empereur, quitte la Crimée pour retourner en France ; l'Empereur lui avait envoyé l’ordre de reprendre son sen ice auprès de sa personne.
Un ordre du 6 août fait counaüre îi l’armée que, par décret du 4, les campagnes compteront double pour l’armée d’Ürient.
Dans la matinée du 12 août, les Russes construisent quatre embuscades en avant d’un des contre-forts accessibles qui se trouvent à l’ouest de la route de Mackensie à Balaclava et sur le sommet
desquels ils ont établi plusieurs batteries. (Ces batteries tirant souvent à de grandes distances sans produire d'ofTet, nos soldats les avaient baptisées des noms de BHboquet, Gringalet, etc.)
Le 13 août, les quatre escadrons anglais établis prés de BaTdar rentrent au camp.
Depuis plusieurs jours, certains indices et les rapports des déserteurs faisaient penser que les Russes viendraient attaquer la ligne de la Tchernaya. Les positions occupées sur cette ligne sont couvertes par la rivière même et par le canal de dérivation amenant à Sébastopol leau du Chouliou, qui traverse la Tchernaya sur un pontaqueduc. Les hauteurs qui bordent la rive droite du Chouliou tombent assez brusquement vers la Tchernaya et s’avancent en pointe au confluent des deux rivières, où elles ne laissent qu’une gorge étroite pour leur passage. C’est dans cette gorge qu’a été construit le pont-aqueduc. La Tchernaya présente quelques gués faciles, et on peut la traverser en outre sur deux ponts ; l'un situé h cété et en aval du pont-aqueduc, l’autre û trois kilomètres plus bas ; ce dernier, nommé pont de Traktir, a été couvert par les Français d'un petit ouvrage en terre. Le canal de dérivation a peu de largeur, mais il n’est guéabic sur aucun point.
Au-dessous de la gorge où est situé le pont-aqueduc, la vallée de la Tchernaya s’élargissant, on trouve une petite plaine de 12 à 1,500 mètres de largeur après laquelle, du a^té de la rive droite, vient un terrain mamelonné, s'étendant jusqu’au pied des escarpements de rocher qui limitent le plateau de Mackenzie ; sur la rive gauche sont des hauteurs très-prononcées, nommées par les Russes monts Fédoukhine, qui séparent la vallée de la Tchernaya de la plaine de Balaclava. Ces hauteurs sont coupées par plusieurs vallons dans l’un
Cl Voir aux pirers jusIiBcalivea, N* 10, la < omposilion cl VcITcclir de l armco fraiivaise, à la date du IS aoùl.
iO.
desquels passe la grande route de Balaclava à Mackenzie, qui traverse la Tchernaya au pont de Traktir et monte sur le plateau de Mackenzie par une longue rampe en lacet. Cette route est la principale communication des Russes avec la petite plaine de la Tchernaya, mais ils peuvent en outre y déboucher par les gorges de Mangoup- Kalé, qui forment une sorte de brèche dans la muraille de rocher dont nous avons parlé en décrivant la Crimée. Une armée russe qui descendrait dans la plaine ne laisserait donc derrière elle pour en sortir que la rampe de Mackensie et le défilé de Mangoup-Kalé.
Le corps d'armée qui défendait la Tchernaya avait pris position sur les monts Fédoukhine, au pied desquels a été creusé le canal de dérivation et que borde aussi la Tchernaya auprès du pont de Traktir. Les Piémontais, qui occupent la droite de la ligne, au-dessous de Tchorgoun, ont leurs avant-postes de l'autre cAté de la Tchernaya, sur les hauteurs qui s’avancent dans l’angle de cette rivière et du Chouliou. Les troupes françaises gardent le centre et la gauche de la ligne, jusque près des hauteurs du mont Sapoun. Les Turcs, placés en arrière, occupent tout le pâté montueux qui est à l’est de Balaclava, et observent Âlsou. Le général d’Allonville, avec sa cavalerie, deux bataillons d’infanterie et une batterie d'artillerie, veille à l’extrême droite de l’armée des alliés, dans la vallée de Baïdar.
Toutes les troupes françaises qui défendent le cours de la Tchernaya dans les environs du pont de Traktir sont sous les ordres du général Herbillon, qui avait pris les dispositions suivantes :
La division Faucheux, séparée des Piémontais par un petit vallon, est campée en arrière du pont, sur les hauteurs qui se trouvent à droite et à gauche de la route de Balaclava h Mackenzie. Sa 1" brigade (2* zouaves, 19* bataillon de chasseurs à pied) ('), avec la 6*
Cot(4* lirigAde^ dont IVn^rUf tdait par Ifs avait épn»iivéei^
batlcrie du 13' régiment d'artillerie, occupe le mamelon de droite qui est fortement dominé, à portée de canon, par le plateau de la rive droite du Chouliou. La brigade de Failly, 2' de la division Faucheux (î)5' et 97* de ligne), est campée sur les croupes un peu plus élevées qui se trouvent à gauche de la route. Fn détachement de cette brigade spécialement chargée de la défense du pont de Traktir occupe le petit ouvrage qui couvre le débouché du pont sur la rive droite de la rivière. A gauche de cette division, campent le 3' régiment de zouaves et le 50' de ligne, de la brigade de WimplTen (1" de la division Camou), et la 3' batterie du 12' régiment d’artillerie. lùifin, à l’extrême gauche se trouve le reste de la division Camou, c’est-àdire le régiment de tirailleurs indigènes de la 1" brigade, et la 2' brigade (général Vergé, G' et 82' de ligne), avec la i* batterie du 13' régiment d’artillerie.
En arrière de ces positions se trouvait le général Cler, prêt à soutenir la division Faucheux avec la 2' brigade de la division Herbillon {62' et 73' de ligne), et en réserve, sous les ordres du colonel Forgeot, cinq batteries à cheval dont deux de la garde. La 1” brigade du général Herbillon (14* bataillon de chasseurs à pied, 47' et 52' de ligne) était placée à mi-céte du plateau d'Inkermann, près de la redoute Canrobert ; elle devait au besoin soutenir la division Camou.
l'ne division de cavalerie commandée par le général Morris (quatre régiments de chasseurs d’Afrique) bivouaquait dans la plaine de Balaclava, en arrière de la droite des monts Fédoukhine, prèle à soutenir notre infanterie.
Dans la nuit du 15 au 16 août, l'ennemi fait une démonstration du célé de la vallée de Baïdar pour inquiéter le général d’Allonville, qui fait aussitôt prévenir le général en chef cl le général Herbillon que
tUns II* sii^e , u'avaii dan.»» re monH*nl qmi deu\ ofticiers supéri<‘unt (les commandanU Alpy d’Arlmis «In â* xmiavi»»), qui fiirrnt tués tlès le rtuumcnroniem «le t'arlion.
l’ennemi se renforce devant lui. Pendant ce temps, le gros de l’armée russe profitait de l’obscurité de la nuit pour descendre dans la vallée de la Tchcmaya. La droite, composée de trois divisions commandées par le général Read, prenait position des deux côtés de la route du pont do Traktir à Mackenzie, à portée de canon de la rivière. La gauche, comprenant également trois divisions sous les ordres du général Liprandi, s’avançait, par la vallée du Ctaouliou et les plateaux de la rive droite de celte rivière, contre les Piémontais et la droite des Français. Une septième division d'infanterie et trois divisions de cavalerie formaient la réserve. Plus de cent pièces de canon soutenaient l’attaque de l’infanterie. Une brume épaisse nous cachait les mouvements des Russes.
A quatre heures du matin, les postes avancés de Tannée sarde se replièrent, annonçant que l’ennemi s’avançait en masses considérables. Les Russes ne tardèrent pas, en effet, à placer une nombreuse artillerie sur les hauteurs de la rive droite de la Tchcmaya et à ouvrir le feu de leurs pièces contre les Piémontais. Le général de La Marmora se hâta de réunir ses troupes.
L’attaque des Russes contre les Français commença à notre extrême gauche : une des divisions du général Read, couverte par de nombreux tirailleurs, vint se jeter sur la division Camou; mais vigoureusement reçue par le 3* régiment de zouaves et le 50' de ligne qui l’abordent de front, tandis que le 82' la prend en liane, les Russes se retirent en toute hâte cl ne peuvent, pour échapper aux coups do notre artillerie, se rallier que fort loin. L’attaque ne fut pas renouvelée de ce côté.
Au centre, la lutte fut plus longue et plus acharnée. Le général Read, soutenu par une nombreuse artillerie, porte deux divisions vers le pont de Traktir. Ce pont étant placé sur un coude de la rivière qui fait saillie du côté des Russes, le petit ouvrage qui le couvrait ne pouvait faire une longue résistance ; les 150 hommes du 97*
qui l’occupaient furent bientôt pris d’écharpe et à dos, et la rivière étant guéable au-dessus et au-dessous, ils durent évacuer la tète de pont pour ne pas être enlevés.
Les Russes, maîtres du pont et du cours de la rivière, ont encore à franchir le canal de dérivation de la Tchemaya ; mais ils portent avec eux de petits ponts volants préparés d’avance qu’ils jettent d'une seule pièce en les dressant sur la rive droite et les laissant retomber, Tous ces obstacles franchis, les colonnes russes, repoussant nos avant-postes, gravissent résolùment des deux cétés de la route les hauteurs que couronnent nos tentes. Le général de Failly, qui avait formé ses troupes à la hâte, lance alors sa brigade contre les tètes de colonne russes ; la première brigade de la division Fauclieux, ralliant ses avant-postes, court en même temps sur l'ennemi et le charge aussi à la baïonnette. Les U5* et il7* de ligne, le 2* zouaves et le 19* bataillou de chasseurs, qui se sont dt*jà fait une belle réputation mais dont le feu de l’ennemi a éclairci les rangs pendant le siège, se précipitent sur les Russes sans se préoccuper du nombre, et les culbutent, aux cris de FrVe l'Empereur, dans le canal de dérivation, et puis dans la Tchernaya. Nos soldats reprennent la tète de pont d’où ils font un feu des plus meurtriers sur les masses russes qu’ils ont refoulées sur la rive droite. L’artillerie des divisions placée sur les derniers contre-forts qui dominent la vallée n’a cessé de tirer à mitraille sur l’infanterie russe sans daigner répondre aux nombreuses batteries de l'eunemi dont le feu convergeait sur elle.
Pendant que la canonnade continue de part et d'autre, les Russes préparent un nouvel eifort. La brume s'est dissipée, on les voit renforcer leur centre, et une des divisions du général Liprandi descend des hauteurs du Chouliou pour se porter sur la Tchernaya, audessus du pont de Traktir. De son côté, le général Herbillon envoie la brigade Cler renforcer la division Faucheux et le colonel Forgeot,
commandant l'artillerie sur la Tdiernaya, fait arriver ses batteries de réserve, ce qui porte à huit le nombre des batteries qui peuvent agir contre les masses russes. L’ennemi renouvelle en effet son attaque : il s'empare une seconde fois de la tête du pont de Traktir, passe la Tchemaya et veut gravir de nouveau les hauteurs que défendent nos braves soldats ; mais chargé avec la même impétuosité que dans sa première attaque et foudroyé par nos batteries, il est culbuté de nouveau dans la rivière avec des pertes énormes.
La division descendue des hauteurs de Chotiliou vient tenter une nouvelle attaque par le vallon qui sépare les Français des Piémontais ; mais arrêtée par le général Clerc et prise en flanc par la division piémontaise du général Trotti, elle est également repoussée avec de grandes pertes.
Vers neuf heures du matin, au moment où les efforts de son armée venaient de se briser contre quelques-uns de nos régiments soutenus par nus intrépides artilleurs, le prince Gortchakoff pouvait voir qu'on s'était mis en mesure de déjouer tous ses projets.
La division du chasseurs d’.\friquc du général Morris, ralliée par la cavalerie anglaise du général Scarlett, était placée en arriére des mamelons de Kamara et de Fédoukhine et se tenait prête à tomber sur le flanc de l’ennemi, dans le cas où il parviendrait à faire une trouée sur la ligne de la Tchemaya. Six bataillons de l’armée turque amenés parSéfcr-Pacha (général Koscielski) venaient renforcer notre droite. Enfin, le général en chef faisait marcher la division Levaillant du 1" corps, la division Dulac du 2' et la garde impériale qui se portaient sur le lieu du combat.
Les Russes se reformèrent hors de la portée de notre artillerie, laissant le champ de bataille jonché de morts et de blessés, et parmi les morts le général Rcad et son chef d'état-major le général de Weimarn. Ils regagnèrent les hauteurs en s'écoulant par la route de Mackenzie et par le chemin d’Aï-Todor.
A trois heures de l'après-midi, l’armée ennemie avait complètement disparu. Les Sardes occupaient de nouveau leurs postes avancés sur les hauteurs du Chouliou. La division Dulac et celle de la garde relevèrent dans leurs positions les troupes qui avaient été engagées ; la division Levaillant fut renvoyée au l*' corps, et la cavalerie reprit ses bivouacs.
Nos perles dans cette brillante journée se sont élevées à 181 tués dont 9 ofQcicrs, l,!âM blessés dont 61 olliciers, et 46 disparus; en tout 1,451 hommes mis hors do combat. L’armée sarde, qui a vaillamment combattu à nos cétés, a eu environ 250 hommes mis hors de combat.
Les perles des Russes, qui ont été beaucoup plus considérables que celles des alliés, peuvent être évaluées à plus de 6,000 hommes. Pendant l'armistice de deux jours demandé pour l'enterrement des morts, les Français ont relevé 2,129 cadavres russes; les Russes ont enterré environ 1,200 des leurs sur le terrain de la bataille, indépendamment de ceux qu'ils avaient enlevés. 1 ,664 blessés dont 38 officiers ont été recueillis dans nos ambulances, 150 dans celles des Sardes ; 400 prisonniers sont restés entre nos mains, et une centaine d’autres entre celles des Sardes.
La victoire de la Tchernaya garantissait la paisible continuation du siège. Toutefois, dans la prévision d’une nouvelle attaque, les alliés renforcèrent leurs postes d'observation : le général Simpson envoya à Kamara quatre régiments écossais, avec 50 pièces de canon, sous les ordres du lieutenant général Campbell.
En outre, on commence, le 20 août, la construction de trois batteries de position pour défendre les abords du pont de Traklir. L’une, établie sur le mamelon de droite, où est campée la première brigade de la division Faucheux, doit être armée de six pièces de 16 et de six pièces de 12, et prendra le nom de batterie Raglan. La seconde, placée sur l’une des pentes du camp de la division Herbillon, à gaucho du pont, pour battre d’écharpe la roule de Mackenzie, sera armée
RccoDO«iM«oces
el
moai«m«nts de troopcs.
Les Rouet
COOtUuÎMDl UD pUOl
de radetux tur le irand port.
comme la première et portera le nom de batterie La Boussiniére. La troisième, établie sur le flanc droit de la route qu'elle enfile jusqu’au pont, forte de douze pièces de lü, sera désignée sous le nom de batterie Bizot. Les batteries Raglan et Bizot ont pu être années dès la nuit du 21 au 22 août.
Le 19 août, le général d’Allonville fait une reconnaissance sur tous les passages qui communiquent de la vallée de Baïdar dans celle du Belbek. 11 ne rencontre que quelques escadrons de cavalerie et un millier de Cosaques qui se retirent sans inquiéter sa marche.
Le lendemain matin, un bataillon de chasseurs occupe le col d’Ouzeubacli, et un bataillon de zouaves va s'établir sur un piton qui domine le col de Cardone-BeJl. Ce mouvement est appuyé par une démonstration de toute la cavalerie dans la plaine d'Ourkousta.
Le 24 au soir, la brigade de dragons et celle de cuirassiers quittent la vallée de Baïdar. La première vient prendre position sur la ligne de la Tchernaya, derrière les chasseurs d’Afrique ; la seconde va s'établir sur le plateau de Khersonése, près du monastère de Saint-Georges.
C'est dans le mois d’août que les Russes construisirent le grand pont de radeaux qui relie, à travers le port, les forts Nicolas et Michel; il a été entrepris sur la proposition du chef des ingénieurs de l’armée, le lieutenant général de Buchmeyer, qui l’a fait exécuter avec une rapidité remarquable, en parlant à la fois de ses deux extrémités. L’établissement de ce pont, qui n’a pas moins de 918 mètres (430 sagénes) de longueur sur 5“30 (2 1/2 sagènes) de largeur entre les garde-corps , donne aux Russes une communication plus sûre, plus facile et plus prompte que celle que leur fournissait le service des bateaux à vapeur, et il achève de faire de Sébastopol une véritable tète de pont. La garnison peut avoir ses grandes réserves à l’abri de nos feux sur la rive nord, et toute l’armée russe aurait pu, par une marche de nuit, se réunir à la garnison
pour déboucher à l’improviste sur nos travaux d’attaque et nos batteries. Dans le cas où un assaut nous rendrait maîtres de la place, la garnison ne risque pas d’ètre faite prisonnière ; elle pourra toujours se retirer dans les camps du nord et replier ou détruire le pont. Ce pont a donc une importance très-grande pour les Russes, tant pour l’ofTonsive que pour la défensive. Il a été livré ù la circulation lo27 août.
X midi et demi, les Russes font jouer un fourneau dont l'explosion {di,) ne nous a causé aucun mal.
Le chef de bataillon du génie Noél, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 400 travailleurs d'infanterie.
On rcctifle plusieurs parties do la communication de la batterie n° 57, qui serraient de trop près le fort Constantin, et on ouvTe, en partant de la communication des batteries n°‘30et31, une nouvelle tranchée de 190 mètres de longueur, destinée ù remplacer une partie de celle qui a été ouverte dans la nuit du 30 juillet, et dont le défilement présentait trop de diOiculté.
A quatre heures et demie du matin, nous donnons le feu à un globe de compression établi à l’extrémité du rameau où nous avions reçu le camoullet dans la journée du 1", et en même temps nous faisons jouer un fourneau situé dans une crevasse du roc, sous le talus des entonnoirs. Ces deux explosions («,■ et a») ont amené à la surface du sol une grande quantité de bois de coflrage provenant des galeries de l’ennemi.
Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 400 travailleurs d’infanterie.
Au delà de la chapelle Saint-Wladimir, la communication de la batterie n» 67 est portée à trois mètres de largeur sur, un développement d’environ 300 mètres, et le mur formant le parapet est élevé à hauteur convenable, malgré le feu de la place qui inquiète assez vivement les travailleurs.
A1TAQÜU OS SADCMI.
looméedu I*' août.