NUMÉROS
des batteries.
ARAEMCNT.
Batterie mobfle.
Batterie de U baie de Strélitzka.
Report, Canons de 30.
Obu8iers.de 80^ Obusiers de i^.
Mortiers de 22% Mortiers de 15«.
Mortiers de 14» (tores). 42 Mortier ii plaque. . , , i
Total
TOTAL
par bailcrie.
Buts PBINCÎPAUX A ATTKlKpRE.
Bastion et camp retranché de la (piaran-
taine.
Contre les sorties.
Contre les défenses accessoires et les rassemblements.
Contre la quarantaine.
AttimiiM dn ffânto^upc.
Canons de 32(aDgbis} 13 Canons dp 68(angUîs) 2
Batterie du
fond du portdesser-
fiepar les Anglais.
Batterie de la redoute du pbare.
Batterier ' n« 7 (en coDstruct.) ,
Batterie de campagoe.
Batterie mobile.
Mortiers de 27«.
Canons de 32 (anglais) 4
Obusfers de 22*. . . . 2
Canons de 32{anglais) 4
Obusjersde 22'. . . . 4
Mortiers de 32*. . . . 2
Mortiers de 32*. ... 2 Mortiers de 43« (anglais) 2
Obusiers de 80. . . . 5
; Canons de 32 (anglais) l\
I Canons de 24 (anglais) 2
Canons de 30. ... 4
Obusiers de 22*. ... 6
Canons obusiers de 12. . . . 8
Obusiers de monlag.de 12. . . . 3
Total.
(Mamelon vert. —Tour Malakoff. -^ Bastions n" 1 et 2.— Grand port.— Redoute Sélinghinsk.
Du mamelon vert à la redoute Volhynie., — ^''aubourg Karabelnaya et port.
Redoute Sélingbinâk.
Redoute Yolbynie.
Redoute Yolhynie.
Enfile le port dans toute sa longueur
Port.-^Batterie russe du phare.— Chaussée d'Inkermann.
Batterie russe du phare.
Mamelon vert.
Disposés par groupes de 2 contre les sorties et les embuscades.
Tire la nuit sur le mamelon vert et les embuscades.
Oji voit par ce tableau que les Français avaient : aux attaques de
la ville, 48 batteries comprenant 278 canons de siège ou mortiers et 24 pièces de campagne ou petits mortiets, en tout 302 pièces; et aux attaques du faubourg, il batteries présentant un total de 76 pièces, dont 13 pièces de campagne ou petits mortiers. Aux attaques des Anglais, il y avait 123 pièces; dont le feu était réparti entre le niamelon vert, le front de Malakèff, le grand redan (bastion nf 3), le bastion du mât et celles des batteries en arrière de ce bastion qui ont des vueâ sur les attaques anglaises.
Les alliés pouvaient donc rouvrir le feu contre la place avec 501 pièces en bon état et bien approvisionnées.
Les Russes, de leur côté, avaient tellement augmenté l'armement de la place que, si on ra jugeait par les embrasures, leur artillerie était bien supérieure en nombre à la nôtre. Ils avaient en outre construit, pour déborder la droite de nos attaques, plusieurs batteries de gros calibre au nord du port jusqu'au phare, point après lequel la vallée de la Tchemaya s'élargit trop pour que leur artillerie puisse nous atteindre. D'ainrès les rapports des déserteurs, l'armée russe s'était concentrée autour de Sébastopol ; des deux côtés on avait donc réuni le plus de forces possible sous cette place. DifficnUéft On entrait dans la belle saison. Le moment des grandes xésolu-
de U situation des alliés.
tiens était arrivé, et avant de reprendre la marche des opérations du siège, il importe de faire connaître les difficultés que présentait la situation des alliés»
Sébastopol était un vaste camp retranché servant de tête de pont à l'armée russe qui, ^ii moyen de ses bateaux à vapeur, pouvait rapidement transporter des forcés d'un côté à l'autare du pért. On avait de fortes raisons de penser que les Russes étaient largement approvisionnés de munitions, tandis que les 500 pièces que nous étions parvenus à mettre en batterie avec les plus grands efforts ne pourraient faire un feu bien soutenu que pendant huit ou dix jours, après lesquete, quel que fût l'état d'avancement des travaux d'attaque, se
— IDl — présenterait le moment le plus favorable pour donner Tassaut. Tout en admettant que rartiïlerie des assiégeants produirait un grand désordre dans les ouvrages attaqués, on ne pouvait pas se flatter que les Russes n*auraient pas conservé derrière leurs nombreuses traverses assez de pièces pour tirer à mitraille sur nos troupes lorsqu'elles sortiraient des tranchées. C'est sous un feu d'artillerie et d'infanterie des plus meurtriers que nos soldats auraient à franchir l'espace qui les séparait de la place et à passer des fossés profonds, pour entrer dans les ouvrages par les embrasures ou par les points les plus accesssîbles des parapets. Us arriveraient donc dans la place en désordre et ayant déjà perdu une partie de leurs officiers; c'est sur ce terrain, inconnu pour eux et-préparé de longue main pour la défense, ' qu'ils rencontreraient les troupes russes bien formées et pouvant, selon le point où se porteraient nos attaques, laisser nos soldats s'acharner contre lin obstacle insurmontable, ou les arrêter par de grands retours offensifs. Par la quantité de troupes qu'il était nécessaire d'engager, comme par la distance qui devait être parcourue en sortant des tranchées et dans l'intérieur de la place, cette attaque de Sébastopol était bien plutôt une bataille qu'un assaut, et cette bataille allait se livrer sans que la direction des généraux en chef pût se faire sentir, sur ce terrain hérissé d'obstacles qu'on ne pouvait espérer de surmonter qu'en laissant à chacun son inspiration du moment.
En admettant cependant que cette lutte, qui entraînerait certainement de grandes pertes, nous rendit maîtres de Sébastopol, l'ennemi resterait en possession du côté nord du port, dont on ne pourrait s'emparer qu'en passant sur la rive droite de la Tchernaya; or, si on ne pouvait terminer la campagne qu'en passant au nord du port, il y avait un immense avantage à le faire avant de donner l'assaut,, car dès que l'armée des alliés serait en possession d^ hauteurs de Maekenzie et d'Inkèrmann, la place étant investie, on rentrerait dans les
coûditions d'an siège ordinaire. Toutes les batteries que les Russes avaient élevées au nord du port pour soutenir les ouvrages du carénage, tombant en notre pouvoir, ces ouvrages et celui du mamelon vert seraient pris de revers, et, en profitant des travaux d'approche déjà exécutés, on se rendrait maître en peu de jours et sans grandes pertes de l'ouvrage Malakoff dont la possession était décisive.
Sébastopol n'était pas une de ces places à l'abri de l'escalade qui peuvent se défendre longtemps avec une garnison ordinaire; ses fortifications tiraient toute leur force d'un gigantesque armement et de la grande quantité de troupes employées à leur défense. H lui fallait donc de grands convois de vivres et de munitions, et par suite des communications journalières avec l'intérieur de la Crimée.
L'investissement présentait de son côté de grandes difficultés. La première condition était de laisser à l'abri de toute attaque les ports de Kamiesch et de Balaclava, d'où étai^t tirés les approvisionnements de toute nature de l'atmée des alliés et dans lesquels les vaisseaux étaient si serrés qu'il aurait suffi de quelques obus pour tout incendier et produire une catastrophe irréparable. Le port de Balaclava, entouré de montagnes et couvert par des ouvrages de campagne, pouvait être défendu avec peu de troupes; mais il n'en était pas de même delà baie de Kamiesch, qui n'est qu'à six kilomètres de Sébastopol. Le camp retranché destiné à la défendre ne pouvait avoir moins de 8,000 mètres de développement, et ses fossés devaient être creusés dans le roc. L'armée française n'avait pu commencer encore cet immense travail. La baie de Kamiesch, parfaitement placée pour les besoins du siège, était un mauvais point de départ pour aller attaquer l'armée russe, car l'ennemi pouvait^ à un moment donné, sortir de son camp retranché avec des forces considérables pour tenter de brûler nos approvisionnements. La première condition de l'investissement, c'était donc d'avoir assez de forces pour manœuvrer contre l'armée russe après avoir laissé 50 ou 60,000 hommes
dans la Khersonèse pour garder les travaux du siège et les ports. Enfin,. en admettant que l'armée des alliés eût reçu les renforts nécessaires, quel était le meilleur plan à suivre pour éloigner de Sebastopol l'armée de secours ?
On reconnaissait généralement qu'en menaçairt Simphéropol, nœud de routes et centre des approvisionnements de l'armée russe, on forcerait le prince Gortchakoff à livrer bataille pour le défendre ou à évacuer la Crimée ; mais on pouvait marcher sur Simphéropol, soit en partant d*£upatoria et suivant la plaine, soit en attaquant par la zone montueuse, riche et boisée qui borde la mer, et utilisant la route Woronzoff qui va de Sébastopol à Simphéropol en passant par Alouschta. Nous n'avons pas à parler ici en détail des divers plans de campagne qui ont été discutés ; il nous suflSra de faire r^narquer que pour chacun d'eux la moindre divergence d'opinion rendait l'exécution très-difiBcile, puisqu'elle devait être concertée entre trois généraux en chef.
Toutes ces questions avaient été soumises à l'Empereur des Français qui avait donné des ordres pour qu'un corps de réserve d'environ 22,000 hommes, composé en grande partie 4e la garde impériale, fût réuni à Constantmople sous les ordres du général Regnault de Saint- Jean d'Angely. L'Empereur, après s'être concerté avec ses alliés, avait manifesté l'intention de prendre lui-même le commandement de toute l'armée, et en attendant, le général en chef de l'année française avait pour instructions de ne pas manquer une bonne occasion si elle se présentait, mais d'éviter toute lutte inutile, tout combat qui ne devrait pas amener un résultat décisif, et de trair d^K)nibles, pour rallier le corps de réserve, deux divisions d'infanterie, la brigade de la garde, toute la cavalme et huit batteries de campagne.
Telles étaient les circonstances dans lesquelles les généraux en chef déddèrent que toutes les batteries des assiégeants ouvriraient ensemble leur feu le 9 avril.
de loSteï ut £iucriei ^ ^^^ ^^* eflfecûvemeiit ouvert le 9 au matin, malgré la pluie qui auiées le 9 afru. tombait avec violence ; la place ne répondit que vingt à vingt-cinq minutes après le premier coup de canon, à l'exception toutefois du bastion de la quarantaine qui tira presque immédiatement. Notre tir, réglé à une moyenne de 40 coups par pièce pour les vingtquatre heures^ prend vers deux heures une supériorité marquée sur celui des Russes; une brèche se manifeste dans le mur crénelé à gauche de la lunette Bielkina, la batterie russe du phare est éteinte, et partout les batteries ennemies portent les traces des dommages qu'elles ont éprouvés. De notre côté, les batteries n*»» 4, 16 et 28 ijont celles qui soufihrent le plus : une pièce est mise hors de service, sept afifûts sont atteints. Le feu continue pendant la nuit, mais la place y répond très-faiblement, à l'exception du bastion central. A partir du 10, les alliés reprenaient chaque matin le. feu de toutes leurs batteries; pendant la nuit, ils le ralentissaient et tiraient principalement des bombes. Le nombre de projectiles lancés par les Français, du 10 au 14, est de 46,600, puis ils ralentirent leur feu à 6 ou 7,000 coups par jour ; du 19 au 24, ils n'en tirèrent plus que 2 à 3,000, et à la fin du mois ce nombre était réduit à environ 1,500 coups par vingt-quatre heures. L'artillerie des alliés causa des dégâts considérables dans les ouvrages de la place : dès le 10^ le feu des redoutes du cvénage fut réduit au silence ; ces ouvrages luttèrent encore pendant trois heures le lendemain, puis ils ne reconmi^cèrent à tirer que le 20, mais une violente canonnade les fit taire de nouveau ; le 11, la lunette Kamtchatka ne tire plus que de deux pièces.
Un des bateaux de la passerelle qui traverse le port du Sud fut coulé par une bombe de la batterie n"" 35, dans la journée du 10; les Russes rétaUirent la circulation au moyen d'un radeau, mais ils ne passairait plus qu'en courant. Le 13 , oh coula quatre bateaux de cette passerelle, dtles Russes se contentèrent de faire passer des hommes isolés au moyen de planches et de cordes; de nouveaux
195 bateaux coulés le lendemain détruisirent complétemrat la passerelle, qui fîit remplacée par un service de chaloupes dans le grand port. Le SOf les Russes en construisirent une nouvelle, 500 mètres plus au nord que la première.
La brèche faite au mur crénelé, incessamment agrandie par la batterie n"" 38, avait atteint, le 20 avril, plus de 30 mètres de largeur; mais les Russes s'occupèrent sans retard à élever un parapet en ar*rière pour rétablir la continuité de leur enceinte. La battme de 4 pièces qui avoisine la brèche fut complètement éteinte le 21. Mais si la première enceinte, qui avait beaucoup souffert, avait diminué son feu, les Russes le remplacèrent par celui des batteries élevées en seconde ligne.
Plusieurs explosions ont lieu dans la place le 13 ; un amas de projectiles creux saute en arrière du bastion de la quarantaine. Le 14 ei le 16, des accidents de même nature se produisent dan^ le bastion central.
Le feu de la place n'a pas causé de grands dégâts dans nos batteries : la batterie n^" 38 fut pourtant obligée de suspendre son Ur le 10 avril, à quatre heures du soir. Malien général les dommages purent être promptement réparés.
La perte des Russes dut être considérable pendant cette période, car la crainte de L'assaut les forçait de tenir une grande quantité de troupes dans la place, sous le feu qui de toutes parts convergeait sur elles. Les rapports du prince Gortchakoflf annoncent que la garni* son eut, du 9 au 15 avril, 443 tués dont 7 officiers, 1,939 blessés dont 40 officiers, en tout 2,382 hommes hors de combat ; et qu'à partir du 25 avril, les pertes s'élevaient de 100 à 175 hommes mis hors de combat par vingt-quatre heures. On verra plus bas, par les relevés journaliers, que les pertes des Français furent beaucoup moins grande.
Le feu de l'artillerie des alliés, quoique très-habilement dirigé,
n'avait pourtant pas produit tout l'effet qu'en attendaient les généraux en chef. Toutes les fois qu'on ne ménageait pas les munitions, les batteries de l'attaque prenaient incontestablement la supériorité sur celles de la place ; les Russes ne soutenaient pas la lutte et abritaient le mieux possible une partie de leurs pièces qu'ils réservaient pour tirer sur nos sapes ou, en cas d'attaque, sur les colonnes d'assaut- Pendant la nuit, ils réparaient leurs embrasures, et dès que les assiégeants ralentissaient leur feu, les Russes reprenaient le leur et le prodiguaient sur nos cheminements, comme pour prouver que les munitions ne leur manquaient pas.
Une reconnaissance, faite le 18 avril par Omer-Pacha avec 12 bataillons turcs et une brigade de chasseurs d'Afrique renforcée d'une partie de la cavalerie anglaise, avait constaté l'exactitude des rapports de déserteurs annonçant que les Russes avaient retiré une partie des troupes qui occupaient les positions extérieures pour les concentrer autour de Sébastopol (*).
L'assaut restait donc avec toutes ses difficultés. Cependant on ne pouvait pas continuer indéfiniment la lutte d'artillerie ; aussi, pour ne pas perdre le fruit d'un feu si prolongé et pour profiter des dégâts faits à la place et à son armement, ainsi que de l'effet moral produit sur la garnison, les généraux en chef décidèrent que l'assaut aurait lieu le 28 ou le 29 avril.
Les Français devaient attaquer avec trois colonnes les bastions n""* 4, 5 et 6; les Anglais, le bastion n"" 3. En même temps, on devait enlever les lunettes Kamtchatka, Sélinghinsk etVolhynie, et en cas de succès attaquer le faubourg lui-même. Les dispositions de l'attaque avaient été déjà discutées en conseil, lorsque l'amiral Bruat donna
(f ) Sur le bruit d'une attaque des Russes contre Eupatoria , Omei^Paeha emmena, le 2 avril, une partie des ses troupes^ pour défendre cette place.
connaissance d'une dépêche par laquelle le miaistre de la marine l'informait que toute l'armée de réserve serait arrivée à Constantinople pour les premiers jours de mai» et qu'elle devait s'embarquer le 10 mai pour la Crimée. Dans ces circonstances, on pensa qu'il convenait d'éviter une lutte sanglante et hasardeuse, et qu'il ne fallait rien entreprendre avant l'arrivée si prochaine des troupes réunies à Constantinople.
C'est vers la fin du mois d'avril que fut terminée la pose du fil té- . J"« ^;?^"°*î*il*M
^ «^ télégraphique est établie
légraphique sous-marin reliant le monastère Saint-Georges, sur la lapîme^trAÏgteteiJre. côte méridionale du plateau de Khersonèse, entre Balaclava et Kamiesch, avec Varna et par suite avec Paris et Londres. A partir de ce moment, quelques heures suflSrent aux généraux en chef pour transmettre des nouvelles à leur gouvernement ou pour en recevoir des instructions.
Cependant les officiers du génie avaient profité de la protection de l'artillerie pour pousser les cheminements vers la place; Nous allons revenir sur nos pas pour rendre successivement compte des travaux exécutés pendant le mois d'avril devant la ville et devant le faubourg.
Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; une brigade attaque» de €ArcHE. de sapeurs et 373 travailleurs d'infanterie. Nuit du <•' au î arrii.
On prolonge d'environ 400 mètres la communication commencée le 31 mars entre les batteries n*»» 30 et 31 et la batterie n*» 37 du fort génois.
Pertes du 1«' au 2 : 1 tué; 6 blessés.
Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque; une brigade NuUdu^auSavrii. de sapeurs et 514 travailleurs d'inCant^ie.
On perfectionne la communication entre les batteries n*** 30^1 et 37, et on ouvre en avant de la batterie n"* 38 une tranchée-enveloppe sur environ 60 mètres de longueur. Le feu de la place, que le clair
Nuil dn 3 au 4 arril.
Journée du 7 avril.
Attaques de gauche. |9g «^
de lune rendait foil dangereux , n'a pas permis d'entreprendre ce dernier travail sur une plus grande étendue.
Pertes du 2 au 3 : 2 tués ; 11 blessés. ^
Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 267 travailleurs d'infanterie.
On ouvre la tranchée-enveloppe de la batterie n* 38 sur le reste de son développement.
Pertes du 3 au 4 : 6 blessés.
Le chef de bataillon du génie Galop, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et 145 travailleurs d'infanterie.
On ouvre une communication reliant l'extrême gauche de la troisième parallèle au retranchement bastionné établi à la gauche de la batterie n**l.
Minês (PI. IX, fig.«}. A une heure après midi, on donne le feu à un camouflet (as) qui semble avoir atteint un cheiminement ennemi très-rapproché; une filmée abondante s'échappe par l'entonnoir des Russes, qui paraissent travailler à la hftte pour réparer les dommages qu'on leur a causés.
Pertes du 4 au 9 : 7 hoihmes tués; 85 blessés dont 1 oflScier. Journée du 9 aTiii. Ouvorture générale du feu de toutes les batteries des assiégeants. Les travailleurs du génie sont occupés à faire écouler les eaux de pluie accumulées dans les tranchées et à réparer les dégradations produites dans les parapets^ par l'artillene de la place.
Pertes du 9 au 10 : 8 tués dont 2 officiers ; 41 blessés dont 2 officiers ; 1 homme disparu.
Nuit du ^0 au 41 mil. Le chcf de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.
On se propose d'ouvrir une tranchée en avant de la troisième parallèle pour envelopper des. embuscades établies par les Russes au sud-est du cimetière, d'où ils prennent des vues très-dangereuses sur plusieurs de nos cheminements ; mais il faut préalablement s'em-
— 199 — Aitoqueb de gaucbe.
parer de ces embuscades. Elles sont en effet vigoureusement enlevées entre neuf et dix heures ; l'ennemi se retire dans le ravin en arrière, mais sa retraite est pour la place le signal d'un feu de mitraille très-vif qui ne permet de placer les travailleurs qu'à minuit. Une alerte qui a lieu vers une heure retarde encore le travail, et h deux heures et demie les Russes sortent eu force, se précipitent sur notre gauche et reprennent, après une lutte très-vive, les deux embus* cades les plus rapprochées du cimetière. Les travailleurs rentrent dans la parallèle et le travail n'est pas repris. La nouvelle tranchée, formée de 320 gabions à peine remplis, ne pouvant être occupée pendant le jour, l'ennemi reprend possession de toutes ses embuscades.
Pertes du 10 au 11 : 8 tués ; 83 blessés ; 4 disparus.
Le général Bizot, commandant le génie de l'armée, est mortelle- ^ti"^éïaîVizoî*' ment blessé par une balle qui l'a frappé à la tête pendant qu'il suivait ''^ '"orteuementbies.é. une tranchée anglaise inachevée, pour aller reconnaître la position des contre-approches élevées par les Russes en avant du mamelon vert. U succomba le 15 à cette blessure. Par décret du 12, l'Empereur venait de l'élever au grade de général de division.^
Cette perte excite les regrets de toute Tannée. Le général Bizpt dirigeait les travaux du siège avec un zèle mfatigable ; m^risant le danger k ce point qu'il semblait le rechercher, il conservait dans les moments les plus ^ffîciles cette sérénité d'âme et cette extrême bien*veillancequi faisaient le fond de son caractère.
Le rôle des oiBciers-du génie était difficile dans ce siège où, par la plus fâcheuse coïncidence, on rencontrait en même temps une artillerie impossible à réduire et un terrain de roc souvent inattaquable à la pioche. Déjà 23 officiers du génie avaient été atteints par le feu de Tennémi, et 11 avaient succombé, lorsque le général Bizot termina glorieusement une vie exemplaire qui avait été toute consacrée au service de son pays.
Mines.
Attaques de gauche. 2Q()
Le général Daiesme prend par intérim le commandement du génie de Tannée.
Nous conunençons à midi le chargement des fourneaux qui doivent par leur explosion simultanée ouvrir une quatrième parallèle devant le bastion du mât ; cette opération, dangereuse par les grands mouvements de poudre qu'elle exige, s'exécute sous la direction du capitaine Pingault ayant sous ses ordres le capitaine Coste et les lieutenants Méreau et Mengin. L'ennemi étant plus éloigné de la gauche que de la droite, on commence le chargement par la gauche. Il est fait dans l'ordre suivit :
Fourneaux de 1,900 kilogr. 16, 17 et 23 5,700 kil.
— de 1,140 — 32,29,37,38 el6 5,700
— de 1^900 — 25 1,900
— de 1,140 — 22 et 20 2,280
— de 1,900 — 10 et 18 3,800
— de 1,140 — 21, 2, il et 15 4,560
— de 570 - 27, 28, 35 et 30 2,280
Total 26,220
Pour gagner du temps, on laisse un vide derrière les charges, et on se borne^ bourrer les rameaux 16 et 17 avec des sacs à terre sur une longueur de 2 mètres comptés à partû: de la galerie. La galerie de gauche elle-m^e est bourrée depuis la chambre 23 jusqu'au palier 16-17, et depuis le débouché de 32 jusqu'à la transversale 5. L'entrée des rameaux 29, 37, 38 est bourrée sur 4 mètres, et celle du rameau 6 sur 6 métrés. Le rameau 33 est bourré aussi sur 6 mè^ très à son entrée dans le rameau 6. Le même système de bourrage partiel est appliqué aux fourneaux de la droite.
Dans tous les rameaux, un cordeau porte-feu^ posé sur le sol, ^t fixé par une de ses extrémités dans un des sacs de la charge; l'autre extrémité vient aboutir dans une botte commune à un groupe de fourneaux , percée d'autant de trous qu'il est nécessaire pour recevoir les cordeaux porte-feu, et contenant deux kilogrammes de
— 201 — Attaques de gauche.
poudre. Pour mieux assurer la transmission du feu, chaque fourneau est en outre amorcé avec un saucisson ordinaire développé dans un auget, et les saucissons se réunissent dans une botte à pt)udre trayetsée par le cordeau porte-feu.
Les chefe de bataillon du génie Galop et Mangin, chefs d'atta- Nuiidu44au<2avrii. que ; deux brigades de sapeurs et 776 travailleurs d'infanterie.
On entreprend, devant le bastion du mât, deux cheminements qui, partant l'un de la droite, l'autre de la gauchie de la troisième parallèle, sont destinés à donner des communications avec la quatrième pai*allèle qui doit être ouverte par la mme. L'épaisseur considérable du parapet de la troisièm^e parallèle reud l'exécution des débouchés fort lente : on ne peut poser que 12 gabions au cheminement de droite, et du côté gauche, le débouché, très-inquiété par le feu de la place, ne dépasse pas. le pied du talus extérieur de la parallèle.
Devant le bastion central on attaque, vers neuf heures du soir, comme on l'avait fait la veille, les embuscades situées au sud-est du cimetière; les Russes font une décharge sur les assaillants et se retirent dans le ravin en arrière. Le cheminement commencé la nuit -précédente est prolongé d'environ 100 mètres ; mais au moment où les travailleurs arrivent pour remplir les gabions, les Russes reparaissent en nombre supérieur et engagent une vive fusillade avec les postes du ^" de /ligne qui occupaient les embuscades. Les plus avancés de ces postes s' étant repliés sur la parallèle en arrière pour ne pas ê(re enveloppés, les travailleurs s'arment de Leurs fusils, se maintiennent derrière leurs gabions et, par leur feu joint à celui des troupes chargées de les protéger, forcent Tennemi à se tenir à distance. Pçndant plusieurs heures, les Russes ont renouvelé leurs attaques dans le but de faire naître des alertes et de ralentir notre travail, et lorsqu'ils ont enfin abandonné le terrain, la place a commencé un feu très-vif de mitraille qui a beaucoup gêné les travailleurs.
Attaques de gauche. — 202 —
Le commandant du génie Mangin a été blessé d'un coup de feu à la jambe en dirigeant le travail. -
La nouvelle tranchée n'étant pas assez avancée pour être occupée pendant le jour, les Russes ont repris possession de leurs embuscades.
Mines. Vcrs ciuq heures du matin, pendant qu'on travaille au chargement
dans la galerie de gauche, les Russes font jouer dans celle de droite un fourneau {d ,2) qui remblaie sur la moitié de leur longueur les rameaux 11 et 15, et qui aurait probablement amené une catastrophe si les poudres avaient été déjà déposées dans ces rameaux. Nos mineurs ne sont pas alarmés par cette explosion à laquelle ils s'attendaient; ils réparent les dégâts et chargent les fourneaux sans se préoccuper dti voisinage de l'ennemi.
Pertes du 11 au 12 : 38 tués ; 19i:blessés dont 10 officiers. Nuit du <2 au <3 avril. Lcs chcfs débataillou du génie Tholer et Dubost, chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 1,380 travailleurs d'infanterie.
On prolonge d'une vingtaine de mètres chacun des deux boyaux ouverts la ntiit précédente devant le bastion du mât; le terrain, qui est très-rocâilleux, et la proximité de la place rendent ce travail fort difficile.
On se propose d'ouvrir un nouveau boyau à la droite du T, et de prolonger vers la gauche la tranchée commencée les nuits précédentes au sud-est du cimetière , mais l'exécution de ces travaux exige que l'on enlève préalablement les groupes d'embuscades que l'ennemi occupe sur chacun des deux points. Des dispositions sont prises en conséquence, et deux détachements sont chargés d'exécuter ces coups de main. L'ennemi, qui s'attendait à ces attaques, se trouvait en force , et deux tentatives faites à huit heures et à onze heures demeurent infructueuses.. On ne peut chaque fois occuper les embuscades que pendant fort peu de temps, et le seul travail exécuté cette nuit est la démolition des deux embuscades les plus rap-
— 203 — Anacfues de gaucho.
prochées du T ; mais au jour, l'ennemi les avait rétablies et les occupait de nouveau.
- Pertes du 12 au 13 : 9 tués dont 2 officiers; 149 blessés dont 7 officiers.
Le capitaine du génie Méuhat, blessé mortellement, expire dans Journée du la avni. la soirée. -
Le chef de bataillcHi du génie Martin, chef d'attaque; une bri- Nuitdu^3auUa?rii. gade de sapeurs et 1,250 travailleurs d'infanterie.
Le cheminement de droite devant le bastion du mât est prolongé de 15 mètres environ ; c'est un simple épaulemenl en gabions et sacs à terre établi sur le roc nu. Le cheminement dé gauche, complètement bouleversé par le canon de la place, n'a pu être rétabli et a dû être abandonné.
Les travaux devant le bastion central donnaient lieu chaque nuit , Eniëvcmeiit
* des embuscades russes
à des combats qui prenaient de sérieuse? proportions, et la marche 'jj^^^^^^^j^^^ de nos attaques s^r cet ouvrage ne pouvant être que fort lente tant que nous ne serons pas maîtres du terrain sur lequel nos cheminements doivent se développer, le général commandant le l*** corps prescrit une nouvelle attaqi^e des einbuscades russes situées en avant du T et de celles du cimetière, afin de les raser complètement. Le général Breton, de service à la tranchée, doit diriger cette dernière attaque; l'autre est confiée au général Rivet, chef d'état-major du l*''* corps. - V ^
Dix compagnies du 98* de ligné sont chargées d'attaquer les embuscades du cimetière. Vers huit heures et demie, une partie de ces troupes sort ^e la tranchée et s'élance à la baïonnette sur les embuscades; rennemi tràvaillaif à les relier entre elles de manière^à former un retranchement continu. Les réserves russes, placées à peu de distance en arrière sur les pentes de la berge droite du ravin de la quarantaine, s'avancent et ouvrent un feu de deux rangs très-vif sur les assaillants qui continuent leur mouvement en avant et tiennent
lète à l'ennemi pendant que des brigades de travailleurs détruisent les embuscades. En même temps, on prolonge de 130 mètres la tranchée commencée les nuits précédentes, et on ouvre les deux premiers boyaux de la communication en zigzag contiguë au mur sud du cimetière.
A l'autre attaque, trois compagnies du 46* de ligne et une compagnie du 5* bataillon de chasseurs à pied se précipitent sur les embuscades en avant du T. L'ennemi» qui s'attendait à être attaqué, avait placé sur ce point, comme du côté du cimetière, de nombreuses réserves; une vive fusillade s'engage, mais deux nouvelles compagnies, l'une du 42* de ligne, l'autre du 2* régiment de la légion étrangère, viennent soutenir les troupes engagées, et les Russes vivement repoussés abandonnent le terrain. On commence aussitôt à détruire les embuscades, et en même temps on ouvre deux nouveaux boyaux à la droite du T.
Les deux attaques ont eu un plein succès ; un grand nombre de tonneaux, des poutrelles, des sacs à terre, trouvés sur le terrain, ne permettent pas de mettre en doute que l'ennemi voulait transformer ses embuscades en véritables ouvrages.
Pertes du 13 au 14 : 27 tués dont 5 ofliciers ; 202 blessés dont 12 officiers; 7 disparus.
Journée du u avril. Le lieuteuant-colonel du gtoie Duboys-Fresney, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et 455 travailleurs d'infanterie.
On travaille à perfectionner et à prolonger la communication de droite devant le bastion du mât.
Le lieutenant-colonel Duboys-Fresney a la cuisse cassée par un éclat de pierre ; il est remplacé comme chef d'attaque par le lieutenant-colonel Gûérin.
Nuii du u au 45 anii. Une brigade de sapeurs et 1,175 travailleurs d'infanterie.
Devant le bastion central, à la communication partant de la droite du T, on ouvre un nouveau boyau de 165 mètres et on
— 205 Attaques de gauclie.
prolonge de 120 mètres la tranchée aboutissant vers l'angle sud-est du cimetière.
L'artillerie de la place ne nous laissant pas la possibilité de con- Mines tinuer la communication de gauche devant le bastion du màt, et celle de droite n'avançant qu'avec dé grandes difficultés, on se décide à employer quatre fourneaux de mine pour ouvrir ces communications^ deux à droite (27 et 28) et deux à gauche (35 et 36). Chacun de ces fourneaux reçoit 570 kilogrammes de poudre en 30 sacs.
Pertes du 14 au 15 : 18 tués dont 1 officier; 95 blessés dont 3 officiers.
Le chef de bataillon du génie Galop, dief d'attaque ; deux bri- Nuitdu^ôau lonvrii. gades de sapeurs et 1,496 travailleurs d'infanterie.
Devant lé bastion central on rectifie sur 200 mètres de longueur une partie de la tranchée située au sud-est du cimetière, qui se trouve enfilée par les batteries de la quarantaine.
A la tombée de la nuit, après avoir fait reculer les gardes de tran- on donne le reu aux
fourneaux destinés
chée, on donne le feu aux fourneaux destinés à ouvrir la quatrième '***"*"^ deîan^^'^'^''''^ parallèle. L'explosion produit une forte secousse, mais peu de bruit ; '\pk xTrï T)! plusieurs gerbes s'élèvent à une grande hauteur et retombent sur le sol en fragments de roc de dimensions diverses. Iios entonnoirs sont occupés aussitôt par deux compagnies d'élite du 39^ de ligne et deux brigades de sapeurs ; des travailleurs sont répartis en même temps sur tout le développement de ja communication à établir ^ur la droite, entre la troisième parallèle et les entonnoirs.
Cette grande explosion répand l'afarme dans la ville : l'ennemi fait sur les approches du bastion* du mât un feu violent; cependant il ne peut empêcher notre établissement dans la nouvelle parallèle ouverte d'emblée à 90 mètres en avant de l^ancienne et à 70 mètres de la contrescarpe du bastion du mât. Les entonnoirs présentent l'aspect d'un grand ravin dans lequel on est tout à fait à couvert des feux de la place, mais il existe une lacune qui empêche de communiquer de
Atlaque» de gauche. — 206 —
la partie droite, qui est la plus facilement accessible, à la partie gauche, qui présente les couverts les plus importants ; cette lacune provient évidemment de ce que quelques fourneaux n'ont pas joué.
La nature rocheuse du sol et le grand feu de la place n'ont pas permis de terminer la communication ejatre les deux parallèles. Au jour, on évacue les entonnoirs et on y lance des bombes pour empè* cher les Russes d'y venir.
Les mineurs commencent dès le matin. à débourrer les galeries pour chercher les cordeaux porte-feu des fourneaux qui n'ont pas joué.
Le capitaine du génie Duport a été tué en dirigeant le travail des communications.
Pertes du 15 au 16 : 24 tués dont 3 officiers; 125 btessés dont 7 officiers; 5 disparus. Nuit du 46 aiH7amL Lo chef do bataiUou du génie Dubost, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 853 travailleurs d'infantwie.
A la tombée de Ja nuit, on trace de nouveau avec des gabions qu'on remplit de sacs à terre le deuxième lacet de la communication de droite avec les entonnoirs, et la moitié du troisième. Les entonnoirs, réoccupés pendant la nuit par une compagnie d'élite et des sapeurs, sont encore évacués au point du jour ; on ne laisse qu'une faible garde dans l'entonnoir de droite, saUf à la soutenir en partant de la troisième parallèle, si les Russes l'attaquent.
Au jour, le canon de la place bouleverse et détruit la gabicmnade des deux derniers lacets de la communication. Minps. Dix à dou2e mineurs tombent asphyxiés au débourrage des ga-
leries, mais on les retire assez tôt pouf que cet accident n'ait pour eux aucune suite fâcheuse.
Pertes du 16 au 17 : 4 tués^ 33 blessés dont 1 officier. Nuit du 47 au is avril. Lc chcf dc bataiUou du génie Tholer, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs ^ 650 travailleurs d'infanterie.
On fait communiquer les entonnoirs formant la droite de la qua-
— 207 AUa«|ue&de gauclte.
trième parallèle avec ceux de la gauche par une sape demi-pleine de 25 mètres de longueur. On refait les deux derniers lacets de la communication de droite en les formant d'une double gabionnade remplie et renforcée avec des sacs à terre, et on creuse la tranchée le plus possible derrière ce manque.
Trois fois les Russes se sont approchés de nos travailleurs pendant la nuit; mais, reçus par un bon feu de mousqueterie, ils se sont retirés laissant plusieurs cadavres sur le terrain.
Au jour, le canon de la place bouleverse de nouveau les deux ^derniers lacets de la communication ainsi que la sape reliant entré eux les entonnoir» de 4a droite et de ta gauche.
Devant le bastion central, on prolonge de 170 mètres la tranchée dirigée vers Tangle sud-est du cimetière.
\ Perles du 17 aii 18 : 13 tués; 126 blessés dont 3 officiers; 1 disparu.
Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; une brigade nuh du is au rj avhi. de sapeurs et 503 travailleurs* d'infanterie.
On répare et on épaissit 4e parapet de la communication en sacs à terre entre la troisième parallèle et les entonnoirs.
Les brigades de sapeurs cherchent à rétablir en sacs à terre la communication de droite. Les Russes font un feu très-vif sur les entonnoirs; deux fois ils l'ont interrompu pour faire des sorties, mais ces attaques ont été vigoureusement repoussées par les compagnies du 74« de ligne placées dans les entonnoirs ; Tenhemi a laissé plusieurs cadavres sur place, et le feu de nos batteries a dû lui faire éprouver d'autres pertes.
Le lieuteilant du génie Hinstin s'est fait remarquer dans une de ces attaques : les travailleurs d'infanterie se trouvant sans officiers, il en a pris le commandement et les a employés à la défense des la^ eets de la comnmhication.
Dès le matm, le canon de la place détruit encore la partie de la
AlUu|UCvS tit; gauche. — 2()8 —
communication qui avait été réparée pendant la nuit. On ne peut pas s'enfoncer dans le sol, et partout où l'artillerie russe peut battre en plein nos cheminements, ils sont détruits avant qu'on puisse donner au parapet une épaisseur suffisante pour le mettre à l'épreuve du canon.
Devant le bastion central, on prolonge la tranchée dirigée vers Tangle sud-est du cimetière jusqu'au mur de clôture. Mm (S Notre mineur ne peut pas réussir à entrer en galerie dans les çn-
tonooirs, dont les talus ne sont formés que de pierrailles recouvrant du roc vif; la couche d'agile dans laquelle on a cheminé ne peut plus Se retrouver dans le chaos qu'ont produit les explosions. Les forages ont été essayés et reconnus impraticables. Dans im terrain si heureusement constitué pour la défense, la marche souterraine sur le bastion du mât présente des difficultés à peu près insurmontables. Mais si la quatrième parallèle ne peut être utilisée pour une attaque de vive force, dont le projet est ajourné ainsi qu'il a été dit plus haut, on doit toujours s'y consolider ; on empêchera le mineur russe de franchir cet espace, soit en utilisant nos anciennes galeries, soit en écrasant les cheminements par des puits creusés et chargés à la hâte partout où il essaiera de passer.
Le lieutenant du génie Mengin, qui se faisait r^narqqer par sa bravoure et son sang-froid, a le bras fracassé par un biscaïen ; il est remplacé par le lieutenant Gallois.
Pertes du 18 au 19 : 14 tués dont 3 officiers ; 142 blessés dont î) officiers; 19 disparus.
Journée du 19 avril. Il y a pendant la journée un court armistice pour relever les Français et les Russes tués dans les combats de la nuit précédente. Nuii du 11» au 20 avril Lc chcf de bataiUou du génie Galop, chef d'attaque; uue brigade de sapeurs et 1,150 travailleurs d'infanterie.
Du côté du bastion central, on ouvre un nouveau boyau en avant du T.
— â09 -"-^ Attaques de gauche.
Oa essaie encore de rétablir la commimicatioii des entonnoirs au moyen de sacs à terre préparés pendant la journée.
Pour préserver les défenseurs de la quatrième parallèle contre les éclats des obus et grenades que Fennemi y lanee en grande quan* tité, on établit de petits blindages formés de madriers appuyés contre des traverses en gabions.
Douze mineurs soutenus par quelques honunes. d'infanterie ^^°^^
occupent sans cesse les entonnoirs pomr y surveiller la marche de Tennemi- Le débourrage de nos rameaux se poursuit avec activité.
Pertes du 19 au 20 : 2 tués; 55 blessés dont 2 ofiQciers.
Le chef de bataillon du gjénie Dubost, chef d'attaque; une bri- ^uiidu 20 au i\ avril. gade de sapeurs et 559 travailleurs d'infanterie.
Les deux derniers lacets de ia communication de droite, rétablis chaque nuit, sont détruits le matin en quelques heures ; mais on arrive à reconnaître qu'en marchant ^roit sur les entonnoirs on peut suivre une inflexion du sol qui permet d'échapper aux feux de l'artillerie. Ce nouveau tracé donne enfin tine communication couverte entre la troisième et la quatrième parallèle.
Devant le bastion central, on ouvre une nouvelle tranchée d'environ 125 mètres de longueur, destinée à rétablissement de la batterie n* 40. ./
Pertes du 20 au 21 : 9 tués ; 40 blessés. . Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; une bri- NuUdu2i au îî avril. gade de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.
Du côté du bastion central on ouvre, le long du mur sud du cimetière, quatre nouvieaux boyaux en zigzag d'environ 200 mètres de développement, qui complètent la communication entre la troisième parallèle et la tranchée qui couronne la berge gauche du r^vin situé entre le cimetière et la place.
L'artillerie conunence la construction de la batterie n^" 40. Les
AtUqucsdcsaudii'. — 210 —
voltigeurs du 46* de ligne enlèvent et rasent complètement une embuscade russe en avant de cette batterie.
. Devant le bastion du mât, on travaille jusqu'à minuit à la nouvelle communication des entonnoirs commencée la nuit précédente. Miues. On a débourré la galerie de gauche depuis la transversale 5 jus-
qu'au rameau 32 ; à partir de ce point, le rocher qui formait le ciel
Le 21 avril au soir, les dem fourneaux 25 et 22, destinés à réunir les entonnoirs de gauche à ceux de droite, sont prêts à recevoir le feu. On fait retirer les troupes en arrière de la batterie n^ 25, c'està-dire à 160 mètres des fourneaux ; l'explosion a lieu à minuit. Malheureusement^ quelques pierres viennent tomber dans la batterie
<-^ 211 — - AUftfiMs de gnuche»
n"" 25, et l'une d'elles frapi^int une étoupille fulminaiite met le feu à un mortier chargé. Get accident coûte la orie à 2 ou 3 hommes et en blesse 7 ou 8. Les solckts effrayés sortent de la tranchée et s'expo^ sent au feu de la place qui, après avoir cessé un infant au moment de rexplosion, reprend avec une extrême vivacité et met plusieurs hommes hors de combat. Les Russes , qui se trouvaient plus rap^ proches des fourneaux, ^nt dû éprouver de plus grandes pertes. La cessation subite de leur feu atteste la confusion qui n régné dans le testion du màt.
Les fourneaux 25 et 22 ont donné un entonnoir oblong trèchévidé (ûi9-«2o). Mais quoiqu'ils aient produit un grand effet extérieur, la transversale 5 est détruite jusqu'à 28 mètres de la galme. Leur explosion n*a pas suffi pour établnr la continuité itaiïs la quatrième parallèle, mais elle a certainement détruit une portion des galeries de Tennemi, car on voit au fond de l'entonnoir du fourneau 25 dés bois de coffrage et le cadavre d'un mineur russe.
La vivacité du feu de la place n>a permis de reprendre le travail de la communication que vers deux heures. A ce moment , le capitaine du génie Hézétte, qui depuis le comniencetnèit du siège s'était fait remarquer par son zèle et son courage, est tué par un éclat d'obus. '
POTtes du 21 au 23 : 17 tués dont 1 officier; 148 blessés dont 7 officiers; 2 disparus.
Le chef de bataillon du génie Galop, chef d'attaque; mie brigade nuu du î3au «4 atrii.
Vers neuf heures et demie, les Russes se montrent en force stfr le plateau en avant de la face gauche du bastion central. La garde de tranchée se borne à restw sur la défensive, et Tennemi rétablit quatre embuscades en avant de la batterie n"" 40«
A huit heures du soir, on donne le feu aux fourneaux 2, 18 et 21 Mines.
{an'^2i-(^2i)i l'explosion, qui réussit bien, étœidla quatrième paral-
lèle vers la droite. La place fait comme xle coutume un feu très-vif de mousqueterie et d'artillerie qui ne se ralentit guère de toute la nuit, et qui inquiète beaucoup les travailleurs employés à la communication entre la troisième parallèle et tes entonnoirs. Vers deux heures du matin, Tennemi engage une vive fusillade sur notre droite, puis, sortant du bastion du mât, il fait une démonstration vers les
trouvé aucune interruption dans les transmetteurs du feu. L'explication de ces ratés qui paraît la plus admissible, c'est que le cordeau porte-feu, qui a été employé sans compassement, ne brûle pas aussi instantanément qu'on l'avait supposé. Lç fourneau 10 aura probablement joué avant que le feu des cordeaux des fourneaux 20, 22 et 25 eût traversé sa sphère de, rupture; l'inflammation des trois
— 213 — .Attaques de gauclie.
cordeaux aura été pour ainsi dire arrêtée au passage, et l'explosion des fourneaux 10 et 15 aura produit un effet analogue sur les cordeaux des fourneaux 18, 21 et 2,
On a tracé tout le long du talus des entonnoirs, du côté de la place, une banquette pour écouter le contre-mineur , et au besoin pour la fusillade.
Le Iront Malakoff étant devenu le véritable point d'attaque, on ne cherche à s'avancer vers le bastion du màt qu'autant que cela est nécessaire pour tenir rennemi en éveil et à distance. On réduit en conséquence à 8 le nombre des mineurs qui se tiennent aux écoutes dans les entonnoirs, dont le séjour est rendu fort dangereux par la grande quantité de projectiles creux que l'ennemi y lance; mais 30 mineurs ou sapeurs, se relevant de douze en douze heures, continueront toujours la guerre souterraine dans nos galeries ^*\
Pertes du 23 au 24 : 6 tués ; 94 blessés dont 9 officiers.
Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d'attaque; une bri- ^'«'i ^u u lutsami. gade de sapeurs et 105 travailleurs d'infanterie.
Vers huit heures et demie, quatre compagnies du 80" de ligne, ^^s"^ Udd"!^^^^^^ soutenues par une compagnie d'élite du 21% sortent de nos tranchées "^'^'3 oou*»"ue7!'*'"*' les plus avancées devant le T et s'élancent sur les quatre embuscades que les Russes ont~ établies la nuit précédente en avant de la batterie n*» 40. L'ennemi conunençait à les relier entre elles et se trouvait en nombre. Après une lutte fort vive, dans laquelle 6 officiers et 98 soldats sont mis hors de combat, les assaillants restent maîtres du terrain, qu'ils occupent pendant p\m d'une heure pour donner à 120 de nos travailleurs le temps de raser complètement les embuscades. La garde et les travailleurs rentrent ensuite dans la
(^) Pour les détails de la guerre souterraine, voir à TAppendice le Journal rédigé par le commandant Tholer.
Atuqoes de gauche. — 244 —
tranchée, d'où un feu de mousqueterie bien nourri, appuyé par celui de quelques-unes de nos batteries, est dirigé sur l'^nplacement des embuscades pour en écarter l'ennemi ; mais cekii-ci, à la faveur d'un épais brouillard qui suryient vers la fin de la nuif , relève ses quatre embuscades et en établit trois nouvelles formant avec les premières une ligne presque continue, à 150 mètres de nos cheminements et à 200 mètres de la place.
C'est ainsi que les Russes, exagéra4t le système de ces embus-oades légères, si gênantes pour nous, qu'ils quittaient à notre approcha et que nous ne pouvions, pas garder sous Je feu de 1^ artillme, viennent trop audacieusement établir un véritable ouvrage de contre-apfNToche plus près de nos tranchées que de la place. On verra bîentût que cette entreprise tourna contre eux.
Pertes du 24 au 26 : 26 tués dont 1 officier; 181 blessés dont 8 officiers ; 11 disparus.
Nuii «la 26 ao «7 afrii. Le capitaific du génie Roulliw, dief d'attaque; une brigade de sapeurs et 174 travailleurs d'infanterie.
On orgaqiise un parapet défensif sur le bord intérieur des entonnoirs. Le cig[>itaine du génie Coudray, qui dirige ce travail, est mortellement blessé.
Vers dix heures du soir, les Russes ont essayé de venir travailler à une embuscade à droite du bastion du mât; la fusillade a suffi pour leur faire abandonner cette entreprise.
Devant le bastion central, on établit dans une carrière existant à droite de la batterie n" 40 une petite place d'armes reliée à cette batterie;
L'artill wie arme la batterie n^ 40 de 6 pièces de 24 et de 2 obusiersde22^
L'ennemi travaille activement à l'ouvrage qu'il a commencé la nuit précédente.
Pertes du 26 au 27 : 6 tués ; 35 blessés dont 3 officiers.
— 215 -^ Atiacpieftclegauclbe.
Le capitaine do génie Demonlin, chef d'attaque ; une brigade de NuUdu n au 28 avrii. sapeurs et 148 travailleurs d'infanterie. '
On commence à la sape demi-pleine uU nouveau boyau à la gaudie de la batterie n"" 40. On entreprend la coiisbi}ction des batteries n^"* 41 et 4&. On fait de plus, à la droite de la Imtterie n^" 41^ deux petits lacets pour éviter le passage (ibns cette batterie*
Au jour, on reconnaît que l'ennemi établit mie secondé ligne d'embmcades en. arriére de celle qu'il occupe devant la battane n^ 40.
Pertes du 27 au 28 : 7 tués; 4^ blessés dont 1 officier. ' Le chef de bataillon du génie Dubost, dief d'attaque { une brigade Nuit du ^8 au td avrii. de sapeurs et 255 travailleurs d'infanterie.
On rectifie et on prolonge, partie à la sape pleine, partie à la sape volante, le cheminement commencé la nuit précédente à la gauche deIabattOTten''40.
L'ennemi perfectionne son nouvel ouvrage qui prend des vues dangereuses sur plusieurs de nos tranchées.
Vers huit heures du soir, nous faisons jouer un fourneau («24) Mms{vii,ug,%. dans le talus extérieur des entonnoirs, dans l'espoir de détruire ime galerie russe qui nous était indiquée par un éboulement et par le bruit des travailleurs.
Le capitaine du génie PingauH, nommé chef de bataillon, est remplacé, comme adjoint au commandant Tholer, par le capitaine Bërri^.
Pertes du 28 au 29 : 4 tués ; 39 blessés.
Le lieutenant-colon^ du^énie Jourjon prend les fonctions de chef ioumée du 29 avril. d'état«major du génie de l'armée. Il est remplacé, comme cb^ d'étatmajor du général Dalesme, par le lieutenant-colonel Guérin.
Le dief de bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; une brigade Nuit du 29 au 30 avril. de sap^nrs et 200 travailleurs d'infanterie.
On achève, malgré un feu de mousqueterie très-vif, le boyau ouvert à gauche de la batterie n* 40.
AUaques de gauche. -^ 216 —
Pertes du 29 au 30 : 9 tués ; 31 blessés dont 2 officiers. Journée .lu 30 avril. \^ ^^y^ heures et quEFt apfès midi, les Russes ont donné le feu à un fourneau (die) dont tout l'effet s'est réduit à enterrer deux tirailleurs qui ont été dégagés aussitôt, et qui n'étaient que légèrement contusionnés. Le mineur ennemi ne se faisant plus entendre, on avait retiré presque tous les travailleurs, prévoyant bien qu'une ex-
Nombrcje umiiicurs £a moyenne du nombre de travailleurs employés aux attaques de gauche a été de :
88 sapeurs ou mineurs et 516 soldats d'infanterie par jouniée ; 84 — 534 — par nuit.
ATTAQUES DE DROITE
Nuiidur^NiuSavrii. Le chcf do bataiUou du géuic Masson» chef d'attaque; deux bri-
— 217 — Attaques de droite.
gades de sapeurs et 1 400 travaitleurs d'infanterie, dont 500 pour les attaques du carénage.
Au diettiinement central en sape double, on étend le dernier croche ¥ers la droite et vers la gauche pour le transformer en place d'armes, et on trace une nouvelle branche en avant. Le commandant Masson est mortellement bleàsé en^ faisant ce tracé. Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, appelé à le remplacer comme chef d'attiaque, est à son tour mortellement blessé d'une balle à la tète. La perte de cet oflflk^ier distingué, qui semblait appelé au plus bel avenir, a été vivement ressentie par toute l'armée.
Le chef de bataillon de Saint -Laurent est remplacé , comme chef d'état-major du génie au 2« corps , par le chef de bataillon Malcor.
Sur le plateau du carénage, on prolonge la tranchée de jonction eatre ta batterie n"^ 6 et la droite de la parallèle, et on continue la coupure défensive dans le ravin qui descend au pontd'Inkermann.
Pertes du 1" au 2 : 1 officier et 3 soldats tués ; 2 officiers et 14 soldats blessés.
Le chef de bataillon du génie Fabré, chef d'attaque ; deux bri- nuu du s au 3 avril.
On continue à la sape demi-pleine la place d'armes commencée la veiHe en tète du cheminement central ; elle atteint une longueur to- /^
taie de 47 mètres. ^
Pertes du 2 au 3 : 1 tué et 24 blessés.
Le chef de bataillon du génie Chareton, (ïhef d'attaque ; deux bri- xuii du 3 au 4 avril. gades de sapeurs et 612 travailleurs d'infanterie.
On prolonge jusqu'à- 80 mètres de développement total la place d'armes en tète du cheminement central. On fait divers travaux d'amélioration à l'extrémité gauche de la deuxième parallèle, et on élève une traverse pour couvrir l'extrémité du boyati adossé à l'escarpement de la berge gauche du ravin Karabelnaya.
AtUKIues de droite. — 218 —
Trmux des Russes. \»T» dew b«ures du matiQ;» uDe colQime ins^e. en partie composée de trayailleurs, sort par la droite de la lunette Kamtchatka et 8e dirige vers le ravin Karabelnaya, à environ 500 mètres en avant de iu)tre tranchée la (dus avancée. Quoique fort gênés et mis un moment en désordre par un feu vif de mousqueterie et d'obusiei^t les Russeï ont tenu bon et ont commencé à relier par une tranchée leairs deux lignes d'eBM>uscades. Au centre, renoemî a dirigé un feu vif sur les téteà, décape de la place d'armes en construction; il avait fait sortir des ohusiws de campagne qui se déplaçaient après chaque coup pour se soustraire au feu de la batterie n"" 1. Ce tir a gêné nos travailleurs.
Pertes du â au 4 : 6 tués ; 24 blessés.. Nuit du 4 ao 5 aTrii. Le chcf de bataillon du génie Boissonnet, chef d'attaque ; deiar brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'in&nterie.
A la gauche, on élève une traverse de défilement dans la, place d'armes en ^éte du cheminement qui se trouve en avant de la gauche de la première parallèle; cette place d'armes était prtee d'enfilade par de petits postes russes établis sur la gauche du ravin KarabeK naya.
Au centre on continue^ malgré le feu des Russes, la place d'armes en tète de la sape double; elle atteint 120 mètres de longueur.
On travaille k étaUir une coupure d'environ 200 mètres 4e Ion* gueur pour barrer, à droite de la redoute Canrobçrt, le chemin qui vient de la vallée de la Tchemayà.
Pertes du 4 au 5 : 3 tués ; 47 blessés dont 4 officiers. Nuit du 6 su 6 anii. Le chcf de bataillon du génie Malcor, chef d'attaque ; deux bari-* gades df& sapeurs et 819 travailleurs d'infanterie, <fa>nt 200 pour les travaux de réparation des tranchées du carénage.
A gan^ie, on perfectionne la descente de la pm*aUèle dans le ravin Karahelnaya, et on commence, à l'extrémité du cheminement sur le versant gauche de ce ravin» un nouveaui boyau devant monter sur
^ 219 Au«4ues de drolle.
le plateau. en ayant des attaques anglaises; mais te boyau^ mal dirigé, devra être rectifié. On prolonge la place d*annes «entrais de 14 gabions sur sa droite, et Ton amorce, à partir dU poste de réperon, une tranchée allant à la rencontre de cette place d'armes.
Les Russes ont particulièrement dirigé leur feu contre ces demîers travaux : le capitaine du génie Courtin y a été tué d'un boulet.
Pertes du 5 au 6 : 1 officier tué; 15 soldats blessés.
Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque ; deux brigades ^^'^ ^" ^ " ^ •^^• de sapeurs et 708 travailleurs d'infanterie, dont 300 pour les travaux de réparation des tranchées du carénage.'
A la gauche, on refait le boyau entrepris la nuit précédente; le terrain étant assez bon, la gablonnade a pu être couronnée de sacs à terre.
Au centre, on prolonge la place d'armes de 29 gàtnons sur la droite, jusqu'à un tumulus qui permettra d'établir un logement avan^ tageux.
On prolonge de 80 mètres la tranchée qui, |>artant du poste de l'éperon, marche vers la place d'armes centrale. Lé terrain est trèspierreux ; on se trouve sur l'emplacement d'anciennes carrières. On soutient le parapet par un mur en pierres sèches de 1"*60 de hauteur moyenne.
î Pertes du 6 au 7 : 1 officier et 12 soldats tués ; 1 offiéier et 11 soldats blessés. '
Le chef de bataillon du génie Fabré, chef d'attaque ; deux bri- nuîi du 7 ao b «yrii. gàdes de sapeurs et 700 travailleurs d'hifanterie, dont 300 aux travaux du carénage.
On prolonge de 23 gabions la place d'armes au sommet de la berge gauche du ravin Karabelnaya.
Au centre, on établit une traverse à l'extrémité droite de la place d'armes afin de la défiler des feux de la redoute Volhynie, et l'on continue à cheminer vers la droite, sur 13 mètres de longueur, à
Aita^edde droite. — 220 —
la sape demi-pleine. On prolange la tranchée partant du poste de r^ron jusqu'à la limite des atteignes carrières.
Pertes du 7 au 8 : 4 tués ; 18 blessés dont 2 officiers. Nuit da 8 ao 9 ayrii. Le chef do bataillon du génie Chareton, chef d'attaque.; deux brigades de sapeurs et 813 travailleurs d'infanterie, dont 300. aux travaux du. carénage.
On prolonge de 24 gabions là place d'armes centrale, dont l'extrénûté ne se trouve plus qu'à environ 20 mètres de la tranchée poussée à sa rencontre, à partir du poste de l'éperon.
Sur le plateau du carénage, on termine complètement le fossé et le parapet d'enveloppe de la batterie n° Ç. .
La pluie, qui a inondé les tranchées, et une fausse alerte ont beau* coup contrarié le travail de cette nuit.
Pertes du 8 au 9 : 1 tué ; 22 blessés dont 1 officier. Journée du 9 avril. Aiu^i qu'U a été dît plus haut (page 194), toutes les batteries des alliés ouvrent leur feu à cinq heures du matin, malgré la pluie qui continue à tomber.
200 travailleur^ et 500 honunes de la garde de tranchée sont employés à faire les travaux nécessaires pour a^smrer l^écoidement des eaux qui s'amas9ent dans les parties basse?, et à réparer tes parapets endommagés par la pluie et par les projectiles russes. Nuitdu9au40a?rn. Le chef de batailloiv du génie Boissonnet, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie, dcmt 200 employés dans les tranchées du cwénage.
La plaee d'armes centrale doit se relier avec la tranchée partant du contrefort de l'éperon par une sape contournant l'excavation d'une ancienne carrièi^e. On a commencé à couronner cette excava^ tion par une tranchée exécutée sans gabions; on se trouve à environ 12 mètres du chemioement à rejoindre.
On travaille activémait à réparer les brèches des parapets et à faire. écouler le^ eaux, soit par des rigoles, soit en épuisant avec. des
— 221 — Attaques de droiie.
pelles et des gamelles. Daâs le ravin Karabelnaya, Ueau s'était accamulée en grancte quantité : on lui creuse un passage à travers les parapets suivant le thahweg du ravin.
Le feu de la place, presque nul pendant la nuit, repr^d avec vivacité à la pointe du jour.
P^tes du 9 au 10 : 3 hiés; 16 blessés dont 1 officier.
Le chef de bataillon dtt génie No^l, chef d'attaque ; deux brigades Nuit da 4o au i4 avril. de sapeurs et 400 travailleurs d'infanterie, dont 106 aux travaux du carénage.
On prolonge la place d'armes centrale de 12 gabions vers sa gauche ; à droite, on marche vers ta tranchée venant du poste de Tépe^ rem au moyen d'une sape double.
Partout on travaille à assécher les tranchées et à enlever les boues*
Pertes du 10 au 11 : 2 tués ;46 blessés.
Mort du général Bizot (voy. p.i99); J<^"™^ «^^ ^^ »^"^
Le chef de bataillon du génie Fabré, chef d'attaque; deux bri- Nuit du u au 42 avril. gades de sapeurs et 700 travailleura d'infanterie, dont 300 aux travaux de réparation des tranchées du carnage.
On «diève le raccordement de la place d'armes centrale avec la tranchée venant du contre-fort de l'éperon, et on pousse une sape double jusqu'à 8 ou 10 mètres en avant pour rejoindre un poste établi précéd^nment. On prolonge la même place d'armes de 6 ^ 7 mètres vers sa gauche.
Pertes du 11 au 12 ; 7 tués ; 20 blessés dont 1 officier.
Le chel de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque; deux bri- Nuit du n au 43 avril. gades de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie, dont 300 aux travaux de réparation des tranchées du carénage.
La place d'armer centrale est prolongée d'une dizaine de mètres vers sa gauche. A la jonction exécutée la nuit précédente, on organise la sape double de manière à flanquer la place d'armes dans les dei^x directions.
Attaques de droiu*. — - 322 —
Au fond du ravin Karabelnaya, on fait une buse en g^abions dans la coupure de ta tranchée, et on rétablit le parapet par-dessus. Pour assurer l'écoulement de Teau, on creuse en avant, dans le thalweg du ravin, un fossé de 55 mètres de longueur.
Pertes du 12 au 13 ; 2 tués ; 30 blessés. Nuit du 43 au u avril. Le chcf dc bataillou du génie Boissonnet, chef d'attaque; deux
Le capitaine du génie Porntiin est blessé d'un coup de feu au braA.
Pertes du 15 au 16 : 3 tués ; 20 blessés dont 4 officiers. Nuii (lu 16 au M avril. Le chcf de bataillou dû génie Chareton, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie, dont 100 aux travaux du carénage.
A l'extrémité gauche de la place d'armes centrale que l'on juge
... ^^ .. Attaques de droite.
siffisamnieiit prolongée» on fait im retour de 7 à S gsd>ions couTert à dos jpar un parapet*
L'ennemi atarayaiUé àétmdre vers sa gaudie la ligne de contreapprodie en foraie de parallèle qui relie ses embuscades, nais il a été fort gêné par le feu de mousqueterie trè&*vif partant de notre place d'armes avancée et par x)elui de nos obu^ers de montagne. Les Russes ont inutilement essayé de faire cesser ce feu en ammant des pièces de canq^agne qui lançaiait des boulets et des obus «ur nos trandiées. Ce tir ne nous a fait aucun mal et les Russes ont fort peutaravailté.
Pertes dul&aul? : 1 tué; liUessés.
Le c^ef de bataUkmdu génie Boissonnet, chef d'attaque; deux nuu du 47 au 48 avril. brigades de sapeurs et 300 travailleurs dMnfanterie, dont 100 aux travaux du carénage. .
A gânote et un peaen avant du logeînmt le plus avancé des carrières sur lecûBtre4'ort de r^>eron, on couronne un tunralus et on prolonge la gabionnade à droite, de manière à forma" une place d'armes qui a environ 40 mètres d'étendue et qui permet de bien édairer le petit vallon qui descend dans le ravin du carénage.
Bans le ravin Karabelnaya, on profite d'une dépression de terrain pour ouvrir une trandiée transversale sur le versant de droite, en arrière de la première parallèle ; cette tranchée est destinée à recevoir un bataillon de réseire.
Pertes du 17 au IS •. 10 blessés.
Le ebef de bataiHon du gf^ie Noël, (Àef d'attaque; une brigade nuu du 48 au 49 arrii.
On continue la pkce d'armes ouverte la nuit précédente sur le contre-fort de l'éperon, et on prolonge de 130 mètres la place d'armes transversale du ravin Karabëlnaya. .
Les Russes refient par une tranchée la gauche de leur Ugne de contre-approche avec la grande embuscade établie sur la croupe
Attaques de droite. — 2lî4 —
du contre-fort qui se trouve eu avant de la droite de nos attaques du mamelon vert- Pertes du 18 au 19 : 2 tués ; 11 blessés dont 1 officier. Nuit du 49 lu 20 avril. Le chef do batàillou du g^e Fabré, chef d'attaque ; une Imgade de sapeurs ei 300 travailleurs d'infanterie.
On prolonge d'une quinzaine de mètres la nouvelle petite place d'armes de l'épwon.
deifembÛSni^V ^^^ AugWs enlèvOTt dottx embuscades russes qui se trouvaient à petite distance en avant du cheminement dirigé sur le saittant du bastion n"" 3, Ils gardent la plus rapprochée de ces eikibuscades et la relient à leurs taanchées ; les Russes réoccupent l'autre. Dans cette action, les Anglais ont eu environ 50 hommes hors de combat, dont 2 officiers tués et 3 blessés- Pertes du 19 au 20 : 7 blessés.
Du 20 avril au 4" mai. Pom" dcs raisous qui vout étro exposées (page 225), on n'entreprend plus aucun travail neuf aux attaques du mamelon vert et du .carénage; h partir du 20 avril, on se borne à perfectionna, et h améliorer les traqchées existantes.
Travaux des Russes. Dans les dcrniers jours du mois, lés Russes, qui n'ont cessé de travailler à consolider leurs contre-approches et à répara les dégâts causés.par notre artillerie à leurs différents ouvrages, établissent une batterie de trois pièces à la gauche de la~ redoute Sélinghinsk, et une autre batterie plus considérable à l'extrémibé du contre^oirt du carénage, immédiatement au-dessus du^port. Cette batterie fut désignée par les alliés sous le nom de batterie du % mai, du jour de son armement.
Pertes du 20 avril au 1'''* mai : 25 tués ; 126 blessés dont 6 offlciers.
Perles du 2« corps. Les pertcs du 2' corps, pendant le mois d'avril, s'élèvent à 92 tués dont 3 officiers; 477 blessés dont 24 offlciers; en tout, 569 hommes hors de combat.
wv^
— !2!25 -^ AUacfued de droite.
Le nombre de travailleurs employés aux attaques de droHe, pen- «ombre de imiuiews
eiDpioyei.
dant le mois d'avrih a été en moyenne dé :
54 sapeurs et 556 soldats d'infanterie par journée; 42 — 456 — par nuit.
En ajoutant aux pertes du 2* corps celles du 1*'^ corps données Pcrustouiwaumois plus haut (page 216), on arrive à un total de 2,^88 hommes mis hors de combat.
La moyenne du nombre de travailleurs employés aux deux corps Nombre^dc iravaiitcur» a été de: ' .' .ux'KV
142 sapeurs ou mineurs, et 1,072 soldats d'infanterie par journée; 126 ^ 990 — par nuit.
Le 5 mai, le général dé division Niel, aide de camp de TEmpe- «•«$ de iâi. reur en mission auprès du général en chef, fut liotnmé commandant ''^^ c^^aux. du génie de l'armée, et le général Dalesme, élevé aubade de gé- estodm^MmiDindAot
» du génie de rarmée.
néral de division, reprit le commandement du génie au l""" corps.
Le 8 mai, le général La Marmora, commandant un corps d'armée ^JV^'**"^®'"»'^ sarde^ débarque à Balaclava avec une partie de ses troupes. Ce corps d'armée, placé sous les ordl'es du général en chef de l'armée anglaise, comprend deux divisions et une brigade de réserve, formant un effectif total de 15,000 hommes.
L'assaut ayant été ajourné, conime il a été dit plus haut, l'artille* naienUssemeut .
dans la marche du siéj;^*.
rie des alliés avait été obligée de diminuer beaucoup son feu pour ne pas épuiser ses munitions. Il en résulta dans la marche du siège lin tempa d'arrêt que les Russes ne pouvaient pas manquer de remarquer, et dont ils profitèrent pour réparer les défenses de la place et pour consolider et développer leurs ouvrages de contre-approche. Du côt^ du faubourg, et surtout aux fronts de MalakoJQT, l'intérêt des assiégeants était qlié toute l'activité des Russes se portât sur les ouvrages extérieurs plutôt que sur l'enceinte elle-même, car après l'investissement, qu'on regardait alors comme prochain , ces ou-
vrages exlérieurs, pris de revers par le côté nord du port, ne pourraient pas offrir une grande résistance ; on se borna donc à se con^ solider dans les cheminements déjà exécutés* Mais du côté de la ville, les entreprises de Tennemi furent si hardies que, malgré le désir qu'avaient les assiégeants d'éviter toute action sanglante» on dut en venir plusieurs fois aux m^ins. Au reste l'ennemi, comme on le
du l''*' corps, commandée parle général d'Autemarre qui avait rém^ placé le général Forey, appelé, vers le milieu du mois d'avril, au cosh
mandement de la province d'Oran } d'une diiridion anglaise commatH déepar le général Brown, et d'un détachement de troupes turques. Le commandement supérieur de l'expéctition revint au général Brown par ancienneté de grade. La flotte portant ceÈ troupes et les deux amiraux partit le 3 mai au soir, gagnant d'abord le large dané la direction d'Odessa pour donner le change aux Russes.
Quelques heures après le départ, une dépèche télégraphique de l'Empereur enjoignait au général Ganrobert jde réunir tous ses moyens pour se préparer à attaquer l'ennemi extérieurement, et de concentrer immédiatement toutes ses forces, même celles de donstantinople. Il était temps encore de rappeler les amiraux en route pour Kertch. Le général Ganrobert fit partir à la hâte un de ses ofB^ ciers d'ordonnance à bord du Dauphin pour remettre à l'amiral Briiat Tordre formel de ramener les troupes au Capap. Lord Raglan, sui^ les instances du général Ganrobert, consentit à engager l'amiral Lyons à ne pas se séparer de l'amiral Bruat. La flotte expéditionnaire dut rétrograder au moment où elle arrivait en vue de Kertch.
L'amiral Bruat fit immédiatement ses dispositions pomr aller che»*cher lé corps de réserve à Constantiiiople. Le général Regnault de Saint-Jean d'Angely débarqua à Kamiesch, le i% mai, avec la ma^ jeure partie de ses troupes.
fin attendant l'arrivée du corps de réserve, le général en chef fit on entreprend le camp
, , , -- . , retranché de Kamieicb.
commencer le camp retranché de Kamiesch.
Ce camp, qui avait pôtir but de couvrir le port d'approvisionnement des Français, fut tracé à environ 2,000 mètres du fond du port de Kamiesch, entre là baie de Strélitzka et l'escarpement bordant la côte à l'est du cap Khersonèse. H se composait de huit redoutes des» tiîiées à renfermer de l'artillerie de position, reliées entre elles par une ligne continue. Ce camp pouvait, à un moment donné, devenfa* d'une très-*gr<ande utilité : ir eût permis de ne laisser qu'une faible armée devant Sébastopôl dans le cas où l'on eût opéré au dehors.
En cas do revers, il eût été un refuge pour Tannée de siège, et aurait tenu l'artillerie des Russes à une distance assez grande pour qu'elle ne pût atteindre ni les vaisseaux accumulés dans le port, ni les magasins de Kamiesch. Enfin si, par une cause quelconque, Tarmée avait dû évacuer la Crimée avant la conclusion de la paix, cette opération n'eût été possible que grâce au camp de Kamiesdi. C'est dans cette dernière prévision que l'on construisit plus tard une se-
L*Rmpcrfur rem à vffiir en Crim
Plan de eampaf de l'Empereui
cer les communications des Russes entre Sébastopol et Simpbéropol;
enfin la troisième, commandée par le général Canrobert et composée de 40,000 hommes pris devant Sébastopol et du corps de réserve de 22,000 hommes formé à Constantinople, devait déboucher d'Alouschta pour se porter vers Simphéropol, sur tes derrières de Tar-^ mée ennemie.
Si les Russes, voulant défendre le centre de leurs approvisionnements, acceptaient la bataille devant Simphéropol, lord Raglan, mardiant sur Baktchi-Saraï, tnenaçait la droite ou les derrières de leur armée. Si au contraire rennetni, abandonnant Simphéropol, concentrait toutes ses forces sur Sébastopol, le général Cadrobert marchait sur lui par •Baktchi-Saraï ; lord Raglan suivait les niouvements du général Canrobert, et, au moment de l'attaque, il montait les rampes d'Inkermann pour prendre part à la bataille.
Ainsi, on le voit, où que l'ennemi portât ses efforts, il trouvait toujours une armée, assez nombreuse pour lui temr tète, qui était bientôt soutenue par une seconde armée de même force.
Les détails d'exécution n'étaient pas moins bien calculés pour tenir les Russes dans l'indécision sur le véritable point d'attaque.
A, son arrivée à Gonstantinople, l'Empereur faisait embarquer le corps de réserve sur les vaisseaux des flottes alliées qui s'y trouvaient réunis. En même temps, les armées de lord Raglan et du général Camrobert prenaient possession de la vallée de Baïdar, lord Raglan poussant ses avant-postes jusqu'aux cols par lesquels on débouche dans la vallée du Belbek, et le général Canrobert se tenant prêt à marcher sur Alouschta par le col de Phoros et la route Woronzoff. Une avant-garde, eny)arquée sur les vapeurs les plus rapides, partait de Constantinople pour se porter sur tin point de la côte entré les bouches du Dnieper et Pérékop^ et y débarquait ; mais, ne restant que le temps nécessaire pour jeter l'alarme dans le pays et faire expédia des ordres de tous côtés,^ ces troupes. remontaient bientôt sur les vaisseaux pour regagner les^Mirages ^e Sébastopol.
L«s flottes portant le corps de réserve, après avoir soivi quelcfue temps la même direction que Tavant-garde, prenaient à Test et marchaient droit au cap de Phoros pour ^e faire reconnattre, puis, continuant leur route sur Alousctita/y débarquaient en toute hâte 3,000 hommes qui allaient prendre possession du défilé situé sur la route de Simphéropol, entre les villages de Chouma et d*A!an. Nous avons parlé, en décrivant la Crimée,. de ce défilé du Tchatyr-Dagh : au mois de mai, il n'avait pas encore été fortifié ; on pouvait d'ait* leurs le tourner avec des troupes légères en prenant des sentiers tracés sur les flancs de la montagne, du côté de Fouest. Dès que la possession de la route d'Alouschta à Simphéropol Aous était assurée jusqu'à Aïan, tout le corps de réserve débarquait et le général Cânrobert faisait filer ses colonnes sur la route Woroiizoff, sans autre précaution que de faire occuper les rares passages par lesquels on peut communiquer de cette route avec l'intérieur de la Crimée.
C'est ainsi que, dans ce plan habilement conçu, on tirait parti en même temps de la supériorité des troupes françaises dans la guerre de montagne, et de la rapidité avec laquelle on peut aujourd'hui, au moyen des flottes, transporter les armées d'un point à l'autre des côtés menacées.
Le général ciDrobert ^ Lo 14 mai, après uue longue discussion, les trois généraux en chef
remet le conmiandement . , i
éevmùà avaient adopté le plan de campagne de l'Empereur; mais dans les
au général Pélissier. r r . r o mt
détails de l'exécution, on se retrouva en face de toutes les diflBcultés inhérentes au défaut d'unité dans le commandement, et l'année apprit avec autant dé surprise que de regret que le général Canrobert venait de résigner son commandement. Le 16 mai, il envoya au ministre de la guerre la dépêche télégraphique suivante :
« Grapd quailier généra), 16 ^mai 10 heures du matin.
« Ma santé fatiguée ne me permettant pluà de conserver le com*- « mandement en chef, mon devoir envers mon souverahi et inoh
(Y pays me force à vous demander de remettre ce commandement au a général Pélissier, chef habile et d'mie grande expérience. L'armée « que je Ini laisserai est intacte, aguerrie, ardente et confiante; je « supplie rSmpereu^ de m'y laisser une place de combattant à la « tète d'une simple division. »
Le surlendemain, le. général en chef reçut la réponse suivante :
« Parls^ i6 mai ii heures du soir.
« L'Empereur accepte votre démission; il regrette que votre <( santé soit altérée; il vous félicite du sentiment qui vous fait dece mander de rester à l'armée; vous y commanderez non pas une a division, mais Le corps du général Pélissier. Remettez le comman- « dément en chef à ce général. »
La remise du commandement eut lieu le 19 mai. Le général Canrobert fit ses adieux aux troupes par un ordre du jour. Il n'accepta pas le commandement du 1'''' corps; le général Pétissier loi rendit son ancienne division, la l*** du 2^ corps, commandée alors par le général Bouat.
Un ordre du jour du 20 mai constitue l'armée ainsi qu'il suit : orgauiuuoo de iimée
PfiussiBR^ général de diTision^ commandani en chef.
itaj^and «oartter géaéraL
De Maatimpbby, général dé brigade^ éhef d'état-major général. Jàrràs^ colonel d'état-magor^ sous-chef d*état*major général. Thirt^ général de division, commandant rartillerie de rarmée. NisLi général de division^ commandant le génie de Tarinée. Blanchot^ intendant militaire, intendant général de Tarmée. GiiuRD DB Gharbornières, lkiit«QaalHColoiial, grand prévôt de Tarmée.
t« Cerp*.
Db Sul^, général de division^ commandant. RiTBT^ général de brigade, chef d'état-major. . Lbboiiif^ général de brigade, commandant rartillerie. Daibsxb, général de division, commandant le génie. BoNDURAra), sous-intendant de i'* classe, fiMumi fonclioiit d^ialeBdâut.
1" diviiion d'infAnCeiie,
D'AUTaURR£^ général de division^ commandairt.
iS* bat. de chasseurs à pied.
19' de ligne.
26* id.
, . ^ (39« de ligne,
à» brigade : Général Brbton ?^^, .^
Dtvifion de eavalerif,
MoER». général de division, commandant.
( i*' rég. de chasseurs d Afrique.
!'• brigade : Général Càssaignolles (3* rég. id.
2* rég. de chasseurs d'Afrique.
2* brigade : Général FuuY
Artillerie. ^
Réserves et parcs de rartillerie et du géni<;
(2* rég.
U- rég.
id.
Bosquet^ général de division^ commandant. CouRTOT DE CissBY, général de brigade^ chef d'étalrniajor. Beueet^ général de i»*lgade^ commandant l'artiUerie. Feossakd^ général de brigade^ commandant le génie. , Blakc de MoLmss, sous-intendant de i^« dasse, faisant fonctions d'intendant.
i'^ division d'infanterie.
Ceetàim-Canrobert^ général de division^ <îommaudant.
il*' bat. de chasseurs à pied.
1*' rég. de zouaves.
7« de ligne.
î« brigade : Générai Vinoy {^" de Ugnc.
^ (27* id.
Artillerie^ génie ^ équipages militaires.
2* diviiion d'infanlevie»
Gàmou^ général de division^ commandant.
algérien b.
i" brigade : Général de Wimpppen.
iRég. de tirailleurs alf 3« rég. de zouaves.
SO^ de Kgnè.
i3^ bat. de chasseurs à pied.
6* de ligne.