‹ Siége de Sébastopol. Journal des opérations du génie, publié avec l'autorisation du ministre de la guerre; (volume 2)Chapitre 11 sur 64 · id · texte numérisé non relu

id

Artillerie^ génie , équipages militaires.

3« dtvmon d^infantene.

Natràm^ générai de division, commaadant.

ri9« bat. de chasseurs à^ed.

i'* brigade : Général de Layarat^de } 2«rég. desouaves.

{ 4« rég. d*infanterie de marine.

.2* brigade : Général de Fauxy {^^[ de ligne.

Artillerie, génie, équipages militaires.

4* diviiion- d'infanUiie,

b^Lké, général de division, commandant.

ii7^ bat. de chasseurs à pied.

57« de ligne.

85* id.

r brigade : Général BissoN. • • • • (îr '*'.."^"''

(6i« id.

Artillerie, génie, équipages militaires.

5« diviim 4f infanterie.

Bacnbt^ général de division) conunandant.

i4* b^t. de cbaftseurs à pied.

86* de ligne.

iOO* id.

«• brigade : Général Lapont m Vauims . f*^' ^^ ^*"^-

(9i« id.

* Artillerie^ génie^ équipages militaires.

Division de cavalerie.

D'AiUMiraLlf général de division, commandant.

i-brigade: Général |1- rég de hussards.

.. (4« id.

2* brigade : Général de Champeecn. . iT '?• ^^ ^^^'''•

t /• rég. id. .

Artillerie.

Réserves et parcs de rartUlerie et du génie.

C«r|Ni de rêverie.

RBGifAUU B| SiimsISÀN D*AiYGBLY, général de division, commandant. 1>l T^umminr^DivouT, colonel, chef d'état-major. SouoLLB, général de brigade, commandant Tartillerie.

(^) commandant le génie.

Paais, intendant militaire.

1'* éiviêim d'infanterie,

Hbrbillon, général de division, eommiukdaat.

il4« bat. de chasseurs à pied.

47* de ligh«. .

52* id;

î« brigade : Général Cua \^ ^^w!^'''''

Artillerie, génie^ équqiages militaires.

2* diviêiùn d'infanterie.

D'AcMELLBS , général de division, commandant.

(*) Le général de brigade de Bévilie, aide de camp de TEmpereur, envoyé à Gonstantinople pour organiser le camp de Maslak , prit plus tard le eottmandement éjn fénie du corps de réserve.

.lifm , K^*^

7* bAt. de chaftfteursi pied.

P* brigade : Général Montenard.

i7* bAt. de chac .^-ée ligue. ^ 32* id.

f brigade: Général Pbrrin4onquièrs» 1 ..

Artillerie^ génie, équipages militaires.

^ Diviêion de la garde impériale.

Mbixinet^ général de brigade, commandant.

Zouaves.

I'* brigade : Général Uhrks. , . . . .)i*' rég. de voltigeurs/

>rég. id.

1 Chasseurs.

!•♦ rég. de grenadiers.

2« rég. id.

Rég. de gendarmerie à pied.

Artillerie, génie, équipages m^Htaires.

Brigade de cavalerie de réserve,

n i?l -.^ X i • j 1. . j j (6* rég. de cuirassiers.

De Forton, général de bngade^ oommandant. •jqe a ,1

Réservée et parcs de l'artillerie et du génie i^).

En prenant le epmmandement, le général Pélissiçr n'adopte aucune opération ei^térieure ayant pour but d'invegtir la place, et les opérations du siège sont reprises et poussées avec la plus grande vigueur.

Une nouvelle expédition est envoyée à Kertch. Elle a pour but Expédiuon deKcneii. de s'emparer, à l'aide d'un débarquement, de Kertcb et de Yénikalé, de se rendre maître du détroit, de lancer une escadre de vapeurs légers dans la mer d'Azof pour la dominer, ruiner les établissements principaux de son littoral et couper les transports maritimes qui alimentaient l'armée russe en Crimée-

Le corps expéditionnaire se compose de 16,000 hommes, savoir : 7,000 français sous le commandement du général d' Autemarre,

(<) Voir aux pièces justifteàtîves, N»9, la situation de présence h reMe^p^Mpie.

3,000 Anglais sous celui du général Georges Brown, el 6,000 Turcs de l'armée d'Omer-Pacha.

Le contingent français se compose : de la division d'infanterie du général d'Autemarre augmentée du 14^ bataillon de chasseurs à pied de la division Herbillon ; de trois batteries montées (deux de la division d'Autemarre et une de la réserve d'artillerie), plus une section de fuséens; d'une section du génie avec un matériel d'outils et d'engins; d'un peloton de chasseurs d'Afrique pour le service d'or-

mer d'Azof ; plusieurs furent pris. Vers le soir, penait le débarquement des troupes, les Russes firent

fcL

sauter les magasins à poudre de Yénikalé/ détruisirent les conduites d'eau, enclouèrent les canons, mirent le feu aux magasins de blé et de fariné de Kertch, et coulèrent trois vapeurs de guerre.

Dans la journée du 25, les troupes du corps expéditionnaire traversent la ville de Kerteh sans y causer aucun désordre; et vonl prendre possession du fort de Ténikalé qu'elles trouvent évacué. Malheureusement, on avait négligé de laisser un détachenient pour garder la ville de Kerteh, qui avait été abandonnée par toutes les autorités russes. Des équipages de navires marchands, dès Turcs, des maraudeurs du camp de Yénikalé, commencent par prendre ce qui est à leur convenance, et finissent par tout saccager, avant que les amiraux, préoccupés des opérations 'militaires, aient pu rétabKr l'ordre.

On trouva dans les diverses batteries 83 pièces de gros caHbre prêtes à faire feu, et dans les magasms de Kerteh 350,000 sacs de blé et 160,000 sacs d'avoine.

C'est ainsi que les alliés se rendirent maîtres sans coup férir du détroit qui leur ouvrait la mer d' Azof .

Là flottille chargée d'explorer la mer d'Azof, composée de petite bâtiments à vapeur anglais et français, brûla un grand nombre de navires caboteurs et incendia les magasins du gouvememeiit russe à Gh^itchi, à Berdiansk, à Marianpol, à Taganrog et à Ghéisk. Les Russes n'opposèrent quelque résistance qu'à Taganrog, ville d<mt 4a population est de près de 20,000'âmes et qui avait une garnison (^). Le port, ensablé par les alluvions du Don, ne permit qu'à un petit nombre de bâtimrats tirant très-peu d'eau d'approcher jusqu'à portée de leurs canons. La garnison n'ayant pas voulu livrer les magasins de l'Etat, on fit débarquer quelques compagnies pour y ndettre le

(*) C'est à Taganrog que moupiit.r Empereur Alexandre I*', le 1" décembre i8S5.

feu, et les navires tirèrent ensuite sur le foyer de Tincendie pour empêcher les Russes d'en approcher.

Le fort d'Arabat, situé à la jonction de la flèche d'Arabat avec la presqu'île de Kertch, fut bombardé par les flottilles réunies, qui firent sauter un de ses magasins à poudre sans éprouver aucun dommage de soa artillerie.

L'expédition de Kertch fut im échec bien sensible à la Russie, qui n'eut plus, pour approvisionner son armée de Crimée, que la route de Pérékep et celle de Tchongar.

Les Russes possédaient encore deux établissement^ sm^. la c6te de Qrcassie, le fort de Soudjoùk-Kalé et la placed'Ani^pa. Les amiraux se préparaient à les attaquer , lorsqu'ils ap(Nrirent qu'ils vraai^t d'être évacués. ï^rivés de toute communication par mer, entourés de Circassiens insoumis^ les Russes s'y étaient trouvés trop isolés. Après avoir ouvert plusieurs brèches dans les fronts de terre d'Anapa et détruit rartîllerie qu'elle ne pouvait pas emmener, la garnison quitta cette place, et presque tous les habitants partirait avec elle. Les montagnards circassiens occupèrent immédiatement la ville, ^un de leurs chefs soumis aux Turcs, Séfer-Pacha, vint «n prendre le comnaandement. Sur la demande des amiraux, te général en chef de Tannée fraQçaise y envoya un peu plus tard le. capitaine du génie Coste.avec un détachement de mineurs pour détruire les fronts de mer.

La flotte expéditionnaire de la mer d'Azof revint devant Sébasto^ pol le 15 juin. On avait laissé à Yénikalé 7,000 Turcs, un régiment français et un régiment anglais* Ces troupes élevèrent quelques ouvrages de campagne autour du fort de Yénikalé et se retranché* rent au cap Paul, afin d'être en mesure de résista à une attaque des Russes tout lé temps nécessaire pour qu'on pût leur envoyer des renforts par mer.

Le capitaine du génie Rouiner, chef d'attaque; une brigade de sa- attaques de cadche. peurs et 510 travaUleurs d'infanterie. ^ ^"'^ ^" ^^ *" * "**'•

L'ennetni, avec cette activité dont 11 n'a cessé de fournir des Enlèvement de l'ouïragc

de contrc-ap"-'*'*»**

preuves pendant toute la durée du siège, n'avait pas tardé à donner construit jiajfes Russe* une certaine consistance à la ligne d'embuscades qu'il avait com- **" \pk*viu*P*' mencée dans la nuit du 25 au 26 avril en avant du bastion central, et qui était devenue un. véritable ouvrage de contre-approche. €onune nous l'avons déjà dît , une seconde gabionnade avait été établie en arriéré de la première, et elle formait avec celle-ci un ouviiftge entièrement fermé qui était relié à l'enceinte de la place par une communication que la forme du terrain dérobait à nos vues. Cet ouvrage, par sa position et par son relief, prenait forteitoent d'écharpe nos tranchées les plus avancées et quelques-unes de nos batteries. L'ennemi eh retirait donc déjà de grands avantages, et les proportions croissantes qu'il lui donnait chaque jour ne permettaient pas de douter que son intention fût d'y placer de l'artillerie. On était donc arrivé au moment le plus fisivorable pour s'en rendre maître et y rester, car en différant l'attaque on s'exposait à le trouver armé d'artillerie; et d'un autre côté, si on l'eût attaqué plus tôt, son parapet n'aurait pas eu assez d'épaisseur pour nous couvrir contre les feux de la place. Notre véritable attaque étant dirigée contre les fronts de Malakoff, le général Canrobert regrettait d'engager une action meurtrière devant le bastion central ; mais lorsque, contrairement à la règle générale diBs sièges, l'ennemi était venu s'établir plus près de nos tranchées que de la place et qu'on devait espérer être abrité des feux de sa puissante artillerie par ses propres travaux, on ne pouvait renoncer à prendre cet ouvrage de contreapproche sans lui laisser deviner que Tattaque de ïa ville n'était plus que secondaire. Le général Pélissier, commandant le 1**^ corps, insista auprès du générai en chef pour que cet ouvrage fût enlevé sans

Allaques de gauche. — 240 —

retard, et tous les ordres furent donnés pour que Tattaque eût lieu dans la nuit du l""*^ au 2 mail

Le général Dalesme s'était appliqué à faire déterminer le plus exactement possible la position et la forme de l'ouvrage, et par suite le tracé des boyaux qui pourraient être établi» dans la nuit même pour le mettre en communication avec nos tranchées. Cette étude fut faite avec tant de soin par le lieutenant-colonel Quérin, que le plan arrêté d'avance put s'exécuter sans aucune modification. Les tranchées voisines de la batterie n^ 40 furent élargies; on étabfit des gradins de fraQchissement dans celles de gauche, et le terrain qui nous séparait de l'ouvrage russe étant rocailleux, on transporta sur le revers des tranchées un ^^nd approvisionnement de gabions et de sacs à terre tout remplis.

Le général commandant le l^*^ corps chargea dé la direction de cette attaque le général de division de Salles ayant sdus ses ordres les généraux de la Motterouge et Bazaine; la garde de trandiée avait été renforcée de cinq bataillons.

Le général Bazaine, avec une colonne composée de six compagnies du l**^ régiment de la légion étrangère, huit compagnies du 43'' et dix du 79* de ligne, devait tourner l'ouvrage par la gauche ; le général de la Motterouge, avec deux bataillons du 46* de ligne, devait l'aborder de front, pendant qu'une troisième colonne, composée d'une compagnie du G"" bataillon de chasseurs^à pied et de deux compagnies du 42'' de ligne, tournerait par la droite et se relierait avec la colonhe du général Bazaine.

A dix heures et demie, les troupes s'élancent Vers l'ouvrage des Russes sans tirer un coup de fusil. La colonne du centre franchit le parapet pour aborder l'ennemi à la baïonnette. Là s'engage une lutte trés-vive, mais de peu de durée; les Russes « chassés de l'ouvrage, sont poursuivis par nos soldats jusqu'aux fossés du bastion central dans lequel ils se jettent en désordre. Le colonel

— 241 — AUaques de gauche.

Viénot, de la légion étrangère, trouva une mort glorieuse dans cette attaque.

La retraite de Tennenii est bientôt suivie d'un feu violent de mousqueterie et d'artillerie partant de tous les points de l'enceinte qui ont des vues sur l'ouvrage qu'il vient d'abandonner; notre artillerie ouvre également son feu et lance dans la place une grande quantité de bom* bes. C'est alors que les ofQciers du génie se mettent à l'œuvre. Les parapets russes sont retournés et on établit à la sape volante, sous le feu le plus vif^ une communication de prés de 300 mètres de développement qui, malgré les difficultés que présente un terrain rocailleux, est assez avancée au jour pour que de nos tranchées on puisse conuuuniquer à couvert avec l'ouvrage nouvellement conquis.

Le lieutenantr-colonel Guérin, chef d'état-major du général Dalesme, dirigea ces travaux avec un sang-4roid et une habileté remarquables. Il fut parfaitement secondé par le capitaine Rouiller, par Iqs sapeurs, et par tous les travailleurs d'infanterie : ces braves gens, après avoir apporté une première fois des gabions sous le feu le plus meurtrier, partirent pour en aller chercher d'autres, et il ne manquait au retour que les hommes qui avaient été tués ou blessés dans le trajet.

Une telle lutte sur un théâtre aussi restreint ne iK)uvait qu'être fort meurtrière, et le succès que nous venions d'obtenir avait été payé par des pertes bien sensibles. Mais nous nous étions avancés dans une seule nuit de 150 mètres vers le bastion central^ et cette position ne pouvait nous être disputée avec avantage, puisque l'ennemi avait 200 mètres à parcourir sur son glacis pour arriver jusqu'à nous.

Neuf petits mortiers portatifs, abandonnés par les Russes, nous prouvèrent que nous n'aurions eu qu'à perdre en retardant l'enlèvement de leur ouvrage de contre-approche.

Pertes du 1«' au 2 : 118 tués dont 7 officiers ; 484 blessés dont 25 officiers.

Attaques de gauche. — 242 —

Journée du 2 mai. Le Chef de bataiUon du génie Martin, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 1,116 travailleurs d'infanterie.

On emploie enyiron 400 travailleurs à perfectionner la gabionnade établie dans l'intérieur de l'ouvrage russe, ainsi que la conununication qui le relie à nos tranchées. Cet ouvrage sera désigné désormais

si grande, que les compagnies de la

-^ 343 — Attaqoes de gMMlie.

garde» quittaDt les tranchées» se sont élancées à travers champ pour arriver plus tôt sur le lieu du combat.

Dès qu'eUe voit sa sortie repoussée» la place ouvre contre nous un feu des plus violents de boulets» de bombes» d'obus et de mitraille qui nous occasionne quelques pertes. Notre artillerie fait de son côté un feu três*meurtrier sur les troupes de la sortie» dont une partie s'était réfutée dans les fossés de la face gauche du bastion central.

Cette sortie» qui n'a présenté aucune chance de succès» ne fait qu'augmenter la conQance de nos soldats dan& la possession de l'ou^ vragedu2mai.

A dix heures et demie du matin» les Russes font jouer un foinmeau Mines (?i. x , «g. «). {dit) devant le bastion du mât. Nous étions sur nos gardes» tout travail ayant préalablement cessé chez eux. Personne n'a été blessée

On continue les travaux de la journée, et on ouvre devant Tan- Nuit du 2 ao 3 mai. tàm retranchement russe le plus éloigné de la place» à droite et à gauche de la communication faite la nuit précédente» deux boyaux d'une trentaine de gabions chacun.

Pertes du 2 au 3 : 109 tués dont 4 officiers ; 574 blessés dont 20 officiers. ^

Dans la journée» il y eut une susp^sion d'armes pour enlever les Jonmée da 3 mai. morts; on rendit aux Russes 150 cadavres qui se trouvaient tant dans l'intérieur des lignes dont nous nous étions emparés que sur le parapet et le terrcdn extérieur.

Dans les combats de la nuit du l""*^ au 2 mai et de la journée du 2» l'avantage étant toujours resté à nos armes» les p^es de l'ennemi ont dû être beaucoup plus considérables que les nôtres. Cependant les rapports russes ne portent ces pertes qu'à 10 officiers et 283 sol* dats tués» 15 officiel^ et 540 soldats blessés.

Nos mineurs ont regagné sur plusieurs points l'emplacement des Mines.

fourneaux qui ont joué le 15 avril. Arrivés en tête de la galerie de droite» ils y trouvent une grande chambre formée par des blocs de

AtUqnes de gaucbf • — 244 —

rocher ; comme on n'en peut pas déboucher et que tout autour on entend cheminer le mineur russe, on se décide à y brûler 760 kilo- ^nmies de poudre pour arrêter Tennemi et améliorer en même temps notre logement supérieur. D'un autre côté, on a cheminé par la galerie 13, malgré de grandes difficultés, vers le fourneau SO qu'on suppose toujours chargé; on a dû se hâter, car l'ennemi, qu'on entend distinctement, paraît marcher sur le même point. Le 3 niai, on a retrouvé le Cordeau poTte-feu de ce fourneau : on le réunit à celui du fourneau placé en tête de la galerie de droite ; lé feu est donné à onze heures du soir, et on obtient les deux explosions a^^ et o^.

Comme on l'a déjà dit, le mineur ennemi revient san^ cesse sous le talus extérieur des entonnoirs. Nous avons établi sur ce talus une banquette qui en facilite la surveillance et permet de fah'e le coup de feu contre la place. Mais les hommes de garde y sont exposés soit aiix éclats des projectiles creux qui arrivent sans cesse dans les entonnoirs, soit aux effets des fourneaux du mineur russe; enfin cette banquette n'est pas d'une bonne défense contre les sorties. La garde de tranchée de la quatrième parallèle sera incomparablement mieux placée derrière le bourrelet intérieur des entonnoirs qui formeront, en avant de cette garde, un fossé profond dans lequel l'ennemi, plongé à bout portant, ne saurait s'engager inipunément. On emploie des sapeurs et des travailleurs d'infanterie à transformer ce bourrelet en parapet avec banquette pour la fusillade. Nuit du 4 au 5 mai. Le chcf dc bataUlou du génie Noël, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et 180 travailleurs d'infanterie.

On commence sur une qumzaine de mètres de longueur, à la gauche de la ligne la plus avancée de l'ouvrage du 2 mai, une placi3 d'armes destinée à servir d'abri à la garde de tranchée^ et on ouvre en arrière un boyau reliant entre elles les extrémités des deux lignes ^ russes retournées. On amorce, à la droite de la batterie n** 40, un boyau dirigé vers les carrières qui bordent le plateau de ce côté.

-~ 245 — Atta«]tie8 de gauche.

Ces divers travaux ont été fortement inquiétés par le feu de la place ; un lieutenant «t 20 travailleurs d'infanterie» 2 sous-oflSciers et 4 sapeurs du génie ont été blessés.

Pertes du 3 au 5 : 8 tués; 160 blessés dont 9 ofiBciers.

Vers deux heures de l'après-midi, une bombe russe tombée sur ^•"™^« ^" * "•*'• rûn des magasins de la batterie n^" 24 y met le feu. L'explosion n'en^ dommage pas la batterie, mais un maréchal des logis et trois canonniers sont tués, un officier et quelques soldats blessés.

Le capitaine du génie RouUier, chef d'attaque ; une brigade de N"»^ du 5 •• 6 mai. sapeurs et 220 travailleurs d'infanterie.

On continue sur 30 mètres de longueur le nouveau boyau partant de la droite de la batterie n"" 40. On prolonge à droite et à gauche la tranchée ouverte, pendant la nuit du 2 au 3 mai, au pied du parapet de l'ancienne ligne russe la plus rapprochée de nos attaques. Ce travail.a été continué les nuits suivantes.

En exécutant ce dernier chëmmemènt, oii découvre^ sous le sol plusieurs augets en planches qui contenaient des saucissons goudronnés aboutissant, les uns à des fougasses établies en avant de la première ligne russe, les autres à des barils de poudre enfoncés à 1"50 sous terre sur plusieurs points du terrain compris entré les deux lignes. L'ennemi, dans sa retraite précipitée, n'avait pu faire usage de ces moyens de défense.

Pertes du 5 au 6 : 10 tués dont 2 officiers ; 69 blessés dont 4 offi-

CiOTS.

Le capitaine du génie Milliroux, chef d'attaque ; deux brigades de Nuit du 6 au 7 mai. sapeurs et 280 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 20 mètres la partie droite du cheminement commencé dans la nuit du 2 au 3 mai au pied dû parapet de l'ancienne ligne russe la plus voisine de nos tranchées, et de 30 mètres la petite place d'armes partant de l'extrémité gauche de la ligne la plus rapprochée de la place.

Attaques de gauche. .^ 246—-

Pertes du 6 au 7 : 6 tués; 54 blessés dont 2 oflGiciOTS. Nuit du 8 au 9 mai. Le chof 4e bataîlloQ du génie Pingault, chef d'attaque ; deux hrH gades de sapeurs et 243 trayailleurs d'infanterie.

On ouvre un bout de tranchée d'une vingtaine de métrés de longueur entre la droite de la batterie n"» 39 et le point de jonction des deux boyaux ouverts le 13 avril, ce qui abrège de 15Q mètres la com« munication aboutissant à l'ouvrage du 2 mai.

On pratique dans les carrières sup^eures» sur la droite de la ba(^ terie n** 40, un cheminement d'environ 110 mètres de dévdoRpement qui fournit à nos chasseurs à pied des postes excelleaits d'où ils plongent dans l'intérieur de la ville et y rendent sur plusieurs p<Hnts les communications tarès-dangereuses. Plusieurs battmes placées sur la portion de l'enceinte qui traverse le ravin de la ville se trouvent tdlement dominées que l'ennemi est obligé d^ouvrir des trandiées pour y arriver.

Pertes du 7 au 9 : 13 tués dont 1 offider ; 90 blessés dont 3officiers.

A huit heures du matin, nous faisons jouer un fourneau {(h,) dont l'effet se produit vers une cavité qui provient d'un camouflet de F^h nemi.

Pertes du 9 au 13 : 17 tués dont 2 offidera; 123 blessés dont 6 offiders.

A sept heures du soir, nous faisons jouer un fourneau {On) contre un cheminement souterrain de l'ennemi qui avait dépassé la banquette extérieure des entonnoirs ; chaque coup de pioche des Russes faisait ébouler quelques parcelles de terre.

Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d'attaque; deux Inri* gades de sapeurs et 180 travailleurs d'infanterie.

On pousse le cheminement à droite de l'ouvrage du 2 mai jusqu'à la carrière.

Le travail de la nuit a été presque nul par suite de deux sorties et du feu très-vif de la place.

Journée du 42 mai Mines.

Journée du 43 mai Mines.

Nuit du 43 au 44 mai.

^7 AitaquM de ginehe.

Vcffs onze heures et demie, une colonne russe sort du ravin qui ^^ wrtJw mises. longe le mur crénelé et tombe sur la portion de la parallèle voisine de l'angle sud-est du cimetière, à gauche de la batterie n"* 44. Les troupes de garde sur ce point laissent arriver Tennemi et le reçoivent par une décharge à bout portant, puis elles s'élancent sur lui et le repoussent à la baïonnette jusque dans le ravin. Quelques Russes, qui avaient franchi le parapet, sont tués ou faits prisonniers. La retraite de Tennemi est suivie d'un feu de mitraille qui dure presque jusqu'au jour.

Cette seftie avait probablement pour objet d'attirer du côté du cimetière la résCTve de nos gardes de tranchée, car bientôt une autre " oolomie russe est signalée sur la droite de l'ouvrage du 2 mai. Elle s'approche en suivant la communication qui reliait cet ouvrage à la place, et arrive dans l'ancienne tranchée russe qui forme aujourd'hui un fossé eu avant de la tranchée française dont le parapet se trouve amsi compris entre deux rangées de gabions. La sortie, arrêtée par l'and^ne gabionnade russe, se masse contre cet obstacle qu'elle ne franchit pas, et un feu de mousqueterie très-vif s'engage des deux côtés pardessus le parapet, mais il est sans grand résultat, car quoiqu'on sdt près de se toucher, les coups ne sont pas assez plongeants pour qu'on puisse s'atteindre. Un oificier russe qui monte sur le parapet tombe mort aussitôt et n'est pas suivi. Ne pouvant se servir de leurs fusils, les Russes jettent à la main dans l'intérieur de l'ouvrage une grêle de pierres qui nous blessent quelques hommes, mais pres^ que tous légèrement. Enfin, ?iprès être restés près d'une demi-heure dans lemr andenne trandiée, les Russes rentrent dans la place, mais un CCTtain nombre. des leurs reste sur le terrain.

Pertes du 13 au 14 : 8 tués dont 1 oflBcier; 118 blessés dont 6 ofciers; 1 disparu.

Le capitaine du génie Ducrot, de service à la tranchée, est griè- joumée 4a a mai. vement blessé à l'épaule pat une balle.

Attaques de gauche.

Nuit du 44 au 45 tuai.

Mines.

Journée du 45 mai.

Mines.

Nuit du 15 au 46 mai.

Mineii.

Journée du 46 mai.

Mines.

Le capitaine du génie KouUier, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 240 travailleurs d'infanterie.

On met les deux pfaces d'armes à gauche de l'ouvrage du 2 mai en communication avec des carrières qui limitent le plateau de ce côté.

Vers unp heure du matin, les Russes donnent le feu à un petit four* neau {d^o) dont l'explosion a renversé un tirailleur et fait pénétrer quelques gaz dans nos galeries.

Pertes du 14 au 15 : 3 tués; 37 blessés dont 3 officiers»

A dix heures et demie du matin, nous refoulons un cheminement souterrain de l'ennemi par une explosion {a^) effectuée dans le talus de l'entonnoir général.

£n arrivant sous l'entonnoir du fourneau 20, nos mineurs donnent dans un amas de chair humaine en putréfaction qui les force à abandonner ce rameau.

A six heures du soir, nous faisons jouer un nouveau fourneau (a») dans le but de refouler l'ennemi.

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On rétablit à l'extrémité de la place d'armes la plus avancée, à gauche de l'ouvrage du 2 mai, une partie de la gabionnade qui pendant la journée avait été détruite par le canon de la placé, et on organise en place d'armes l'extrémité droite de l'ancienne ligne russe

la plus avancée.

Le capitaine du génie Fescourt est contusionné à la tête par un sac à terre projeté par un boulet.

Vers minuit, les Russes ont donné le feu à un petit fourneau (du); l'un de nos mineurs, blessé et enterré par cette explosion, a pu être dégagé aussitôt.

Pertes du 15 au 16 : 3 tifés ; 16 blessés dont 1 officier.

A six heures du soir, nous faisons jouer un fourneau (a,,) dirigé contre un cheminement souterrain de l'ennemi.

-" 249 -^ Allaques de gauche.

Le chef de bataillon du génie Pingaull, chef d'attaque; une bri- isuiidu46au47mai. gade de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de quelques gabions la place d'armes la plus avancée, à droite de l'ouvrage du 2 mai, et on met en communication avec les carrières inférieures le boyau qui part de la droite de la batterie n° 40.

A minuit, les Russes ont fait jouer un fourneau (c^) ; il nous a Mines.

blessé trois hommes qui travaillaient dans les entonnoirs.

Pertes du 16 au 17 : 4 tués dont 1 officier; 4â blessés dont 2 o^ aciers.

A midi, nous avons fait jouer dans le talus de l'entonnoir un four- Journée du n mai.

* Mines.

neau {uxi) qui nous a paru avoir détruit une portion de la galerie de rennemi.

Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d'attaque ; une brigade nuh ^u m au 48 mai. de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On commence un cheminement dans la carrière inférieure, sur la droite de la batterie n^ 40.

On fait un épaulement en terre devant un mur en pierres sèches qui contourne le fond de la baie de la quarantaine.

Pertes du 17 au 18 : 33 blessés dont 4 officiers.

Les Russes font jouer deux fourneaux contre nos entonnoirs, l'un ioumée du 48 mai.

Mines.

à midi, l'autre à trois heures. Le premier (d^s) a blessé plusieurs hommes de garde par des pierres projetées dans la troisième parallèle ; le deuxième (^24) n'a produit aucun effet.

Le capitaine du génie Roullier, chef d'attaque ; deux brigades de Nuii du 48 au 49 mai. sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 10 mètres la place d'armes avancée sur la droite de l'ouvrage du 2 mai, et de 15 mètres le cheminement commencé la nuit précédente dans la carrière inférieure à droite de la batterie n** 40.

Vers deux heures du matin, nous faisons jouer un fourneau (ur) Mines.

Attaques de gauche; m^ j|50 —

^ pour approfondir et rectifier sur un point la quatrième parallèle. Il

est probable que son explosion a communique le feu à quelque fourneau de te défense, car on a obtenu un entonnoir beaucoup plus grand qu'on ne devait s'y attendre.

Pertes du 18 au 19 : 2 tués ; 35 blessés. Nuit du 49 au «0 mai. Lc chcf de bataiUou du génie Noël, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 300 trayailleurs d'infanterie.

On prolonge d'une vingtaine de mètres le cheminement de la carrière inférieure à droite de la batterie n^ 40.

Vers une heure du matin, on signale de fortes patrouilles russes vers la gauche de l'ouvrage du 2 mai \ reçues par une vive fusillade, elles ne tardent pas à rentrer dans la place. La retraite de l'ennemi fiit suivie pendant une demi-heure d'une canonnade partant du bastion central, à laquelle nos batteries répondirent immédiatement.

Pertes du 19 au 20 : 6 tués dont 1 officier; 53 blessés dont 2 officiers.

Journée du îo mai. A midi , uous arrétous un cheminement souterrain des Russes

MiDes(Pl. XI>rig. 4).

par une explosion (a 34) effectuée dans le talus de Tentonnoir général.

Jouro^du ti mai. A six houres du matin, deux fougasses-pierriers établies dans les entonnoirs et chargées de pierres et de quartiers de bombes ont joué et ont projeté leurs gerbes dans l'intérieur du bastion du mât.

Nuit du 24 au 22 mai. Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs çt 240 travailleurs d'infanterie.

On prolonge le cheminement dans la carrière inférieure à droite de la batterie n*» 40.

Les Russes Ou a VU quc l'éunemi repoussé, dans la nuit du 13 avril, des em-

construiseut un ouvrage -

de conire-approcbe buscadcs qu'il occupait devant le bastion central, n'avait pas tardé

en ayant du cimetière. - -i r j r

(PI. VIII). ^ ^u créer d'autres en arrière, sur la croupe qui sépare le ravin de la quarantaine de celui du cimetière. Depuis, il a établi une nouvelle

— 251 — Attaquas de gàuehe.

ligne d'embuscades couronnant les escarpements au fond de la baie de la quarantaine et a'appuyant à Tan^e nord-ouest du cimetière. Ces embuscades prenant chaque jour de Textension, il était probable que l'ennemi tenterait avant peu de les relier entre elles et de se consolider sur ce terrain qui prend des vues d'écharpe sur toute la gauche de nos attaques. Quoiqu'on ne veuille marcher qu'avec beaucoup de prudence aux attaques de la ville, comme il a été dit plus haut, on ne peut cependant pas laisser prendre à l'ennemi de si grands avantages, et l'ordre est donné d'étudier, en avant de la parallèle du cimetière, le tracé d'un nouveau cheminement par^ tant d'une trentaine de mètres à droite de la batterie n^" 44, et se dirigeant vers les embuscades russes qu'il devra envelopper. C'est le lieutenant-colonel Guérin qui fut chargé par le général Dalesme de préparer ce travail.

Le tracé avait été jalonné par des trous dans lesquels se logeaient des éclaireurs, et les matériaux avaient été réunis; mais on avait ajourné l'exécution de ce cheminement depuis plusieurs jours, parce qu'on remarquait chaque soir que les Russes étaient en force dans le ravin, très-prononcé sur ce point, qui nous sépare de la place. Cependant, un plus long'retard pouvant être nuisible. Tordre d'exécution fut donné pour la nuit du 21 au 22 mai. Le nouveau cheminemrat est ouvert sur une longueur de 115 mètres, sans autre opposi* tion de la part dé l'enneini qu'un feu de mitraille qui, dirigé trop haut, ne blesse que trois hommes parmi les travailleurs. Nos officiers du génie ne pouvaient comprendre comment lès Russes, qui se montraient si jaloux du côté de la ville, les laissaient cheminer si paisiblement; mais dès que le jour parut, tout s'expliqua. Par une singulière coïncidence, pendant que nous ouvrions cette tranchée pour prendre possession pied à pied, et avec le moins de pertes possible, de la croupe occupée par les embuscades, les Russes étaient venus y' porter leur ligne de défense. Ils avaient enveloppé ces embuscades

Atuques de {[aurhf . -ip- ^2 —

par une gabionnade qui, marchant parallèlement au mur du cimetière, sur le sommet de la croupe que chacun voulait posséder, se rattachait au corps de place par un long boyau aboutissant à la lunette située devant la face droite du bastion central.

Les travaux entrepris par les assiégés, dans la nuit du 21 au 22 mai , avaient un si grand développement , qu'ils constituaient un camp retranché en avant de la quarantaine plutôt qu'un ouvrage de contre-approche. Si les Russes avaient pu s'y maintenir^ le siège de la ville serait devenu impossible, car les feux partant des hauteurs du cimetière auraient rendu inhabitable une partie de nos tranchées, et nous eussions été sans cesse menacés d'être tournés par des forces considérables que l'ennemi aurait pu y réunir à notre insu. Mais en venant nous assiéger dans nos tranchées et en se portant l)eaucoup plus près de nous que de la place pour nous tourner, les Russes perdaient en grande partie la protection de leur artillerie» et ils se trouvaient forcés de placer leurs réserves en dehors de l'enceinte crénelée, dans le vallon de la quarantaine. Or, les deux batteries n^* 45 et 46, armées de pièces de campagne, enfilaient ce vallon et y croisaient leurs feux. Cette tentative, bien, plus hasardée que celle qui nous avait mis en possession de l'ouvrage du 2 mai, allait amener une lutte sanglante que l'assiégeant regrettait, parce que les coups décisifs devaient être portés ailleurs, mais qui ne pouvait naanquer de tourner à son avantage. Les nouvelles tranchées des Russes débordaient tellement les nôtres que de l'ouvrage du 2 mai on voyait à revers près delà moitié de ta gabionnade qui était parallèle au mur du cimetière, et on prenait d*écharpe une grande partie de la communication qui, partant de la gauche de cette gabionnade, descendait dans le vallon de la quarantaine pour r^oindre le bastion ceri*^ tral. Les balles de nos chasseurs à pied forcèrent bien vite les Russes à évacuer ces portions de tranchées.

Mines. Du eôté du bastion du mât, nous avons fait jouer deux fougasses-

— 253 — Attaques de gaiielie.

pierriers, l'une à minuit, Tautre à trois heures et demie du matin. L'obscurité n'a pas permis de voir les effets de la première ; la seconde a très-bien porté sur le bastion.

Pertes du 21 au 22 : 3 tués; 30 blessés xlont 1 officier.

Le général Pélissier, qui venait de prendre le commandement en Journée du si mai et

Duit suivante.

chef, donne l'ordre de faire les préparatifs nécessaires pour enlever Enlèvement du nouvel

'^ '^ '^ • ouvrage de contre-

les nouveaux ouvrages de l'ennemi, afin de les retourner contre la ^^^^^^ ^^^ ^"«scs.

.place. La journée est employée par le service du génie à élargir les tranchées du côté du cimetière, à y faire des gradins de franchissement et à réunir sur les lieux un grand approvisionnement de gabions, de fascines, de sacs à terre et d'outils. Le capitaine du génie Rouiller, chef d'attaque, disposait à cet effet de deux briga^des do sapeurs et de 260 travailleurs d'infanterie. Pour la nuit, il avait également deux brigades de sapeurs et 660 travailleurs.

Leifénéral de Salles, commandant le 1'''' corps, avait confié au général Pâté le commandement des troupes qui devaient attaquer les ouvrages russes, et il avait placé sous ses ordres les généraux de brigade de la Motterouge et Beuret. Il avait été décidé qu'on ferait deux attaques simultanées, l'une par l'angle nord-ouest du cimetière, Tautre par l'angle sud-est. '

Le général Patè avait sous, ses ordres huit bataillons de 400 honunes chacun, les compagnies d'élite du l*** régiment de la légion étrangère et trois compagnies dé chasseurs à pied. En outre , des réserves se tenaient prêtes à marcher*.

A neuf heures du soir, les deux attaques eurent lieu simultanément ; celle de gauche, conduite par le général Beuret, est faite par trois compagnies du lO"" bataillon de chasseurs à pied soutenues par deux bataillons du 2" régiment de la légion étrangère et un bataillon du 96^ de ligne ; celle de droite, sous les ordres du général de la Motterouge, est faite par les compagnies d'élite du 1'''^ régiment de la légion étrangère et par deux bataillons du 28'' de ligne, soutenus

Auaques de gauche. 254

par un balailloir du 18^ de ligne,, et ayant comme résenre deux bataillons de voltigeurs de la garde.

La tête de nos colonnes aborde les points indiqués en culbutant Tennemi. Mais aussitôt après la retraite de leurs premières troupes, les Russes font entrer en ligne des masses considérables avec les^ quelles les nôtres se trouvent aux prises.

A l'attaque de gauche^ la disposition de^ lieux avait permis de tourner les embuscades par la droite et par la gauche et d'y faire 25 prisonniers. Malgré de fréquents retours offensifs, ces embuscades restèrent en notre pouvoir après deux heures d'un combat acharné* Les officiers du génie, disposant de 300 travailleurs d'infanterie, se mettent aussitôt à compléter la gabionnade que l'ennemi avait commencée la nuit précédente pour relier entre elles ses embuscades, et on en retourne le parapet contre la place. En même temps, on prolonge l'épaulement-qui contourne le fond de la baie de la quarantaine jusqu'à l'escarpement de la rive droite de cette baie. Bien que ces travaux n'aient pu être commencés que fort tard dans la nuit, ils étairatnéanmoins assez avancés le matin pour qu'on ait pu y laisser une garde pendant le jour.

A l'attaque de droite, le combat continuait avec le plus grand acharnement. Cinq fois la gabionnade fut prise et reprise, et elle finit, après une lutte opiniâtre à la baïonnette, par rester entre nos mains. Mais le combat avait duré presque toute la nuit, et il n'était pas possible d'exécuter avant le jour les travaux indispensables pour permettre de laisser des troupes dans cette gabionnade qu'enfilaient les batteries de I4 quarantaine. On dut l'abandonner en se bornant à renverser les gabions et à abattre l'épaulement, afin de la rendre intenable pour l'ennemi. Les travailleurs durent abandonner teurs outils pour prendre part à la lutte, et ils éprouvèrent des pertes sensibles. Le capitaine dû génie Yaullegeard, officier d'une grande bravoure, qui dirigeait une partie du travail, a été tué.

— 255 — Attaques de gauche. I

Mal^é les combats de la nuit, la tranchée ouverte la veillé en avant de la batterie n° M a été prolongée de 175 mètres; elle se trouve assez avancée le matin pour qu'on puisse y maintenir des travailleurs pendant le jour.

Le feu de Tartillerie a été très-vif de part et d'autre pendant toute la nuit. Les deux batteries n^» 45 et 46, qui prennent d'enfilade et d'écharpe le grand ravin dans lequel l'ennemi déployait ses troupes, ont dû lui causer de grandes pertes.

Le général Khrouleff commandait les troupes qui ont combattu contre nous. D'après les rapports russes, leurs perles furent de 765 tués, au nombre desquels le général d'Adlerberg et 18 officiers ; 1,426 blessés dont 49 officiers ; et 324 contusionnés dont 9 officiers ; en tout 2,515 hommes hors de combat.

Nos pertes du 22 au 23 se sont élevées à 512 tués dont 19 officiers ; 1,264 blessés dont 59 officiers ; 26 disparus; en tout 1,802 hommes hors dé combat.

Le chef de bataillon du génie Durand de Villers, chef d'attaque; journée du «3 mai et

nuit suivante.

de jour, deux brigades de sapeurs et 330 travailleurs d'infanterie ; de nuit, deux brigades de sapeurs et 900 travailleurs d'infanterie.

Dans la journée, on voit les bateaux à vapeur russes faire de grands transports de troupes d'un côté à l'autre du port. Les corps qui ont le plus souffert pendant la nuit sont sans doute relevés et remplacés par des troupes fratdies que fournit l'armée de secours.

Le combat de la nuit du ^ au 23 mai n'ayant pas lafssé le temps de s'établir dans la partie dès tranchées russes dont nous n'avions fait que chasser l'ennemi, le général en chef décida que ces résultats seraient complétés la nuit suivante. Le général de Salles chargea de cette opération le général Levaillant commandant la 2* division du 1*' corps, et les dispositions ci-après furent arrêtées :

A te gauclie, le général de brigade Couston devait, avec quatre bataillons, être prêt à résister à l'assiégé sur Templacenient des em-

Allaques de gauche. ""*• -Sob —

buscades russes de la quarantame, occupées par nous depuis la veille et transformées en une place d'armes.

A la droite, le général de brigade Durai, ayant à sa disposition six bataillons, avait Tordre de reprendre lès embuscades de la croupe à Test du cimetière, de repousser Tennemi et de le contenir pendant qu'on, exécuterait les travaux nécessaires pour nous assurer la possession définitive de cette importante position.

L'artillerie devait préparer cette attaque en dirigeant son feu, dans la soirée, contre les batteries ennemies qui avaient des vues sur le lieu du combat, et le génie, après avoir réparé le plus possible le désordre des tranchées, s'était approvisionné de tous le^ matériaux nécessaires et se tenait prêt à commencer les travaux dès que nos troupes auraient dépassé les tranchées russes.

A neuf heures et demie du soir, la colonne du général Couston sort des tranchées et repousse dans la place tout ce qui se trouve devant elle; on entreprend aussitôt la communication reliant la place d'armes commencée la nuit précédente sur l'emplacement des embuscades ennemies avec l'épaulement qui contourne le fond de la baie de la quarantaine.

En même temps que le général Couston se portait en avant, le général Duval recevait l'ordre de commencer son attaque. Deux bataillons commandés pat le colonel Gault, du 46% se jettent sur la gauche de l'ennemi, deux autres bataillons marchant droit sur lui l'attaquent en face, et un troisième, contournant le cimetière par l'ouest, vient le prendre par sa droite. L'ennemi ne résiste pas à l'élan de nos troupes ; abandonnant ses tranchées, lise retire pour ne plus reparaître de toute la nuit.

Le général Dalesme fit inunédiatement arriver les travailleurs, et, sous la direction du lieutenant-colonel du génie Guérin et du chef de bataillon Durand de Yillers, on établit sur remplacement de la gabionnade russe une parallèle tracée en crémaillère pour échapper

Attaques de giuielie.

aux vues des contre-approches de la quarantaine. A l'extrême gauche du contre-fort, on relie ensemble deux grandes embuscades russes, on les ferme du côté de la place et on les ouvre du nôtre. Sur la droite, on approfondit la tranchée entreprise les deux nuits précédentes, et on la prolonge de 110 mètres jusqu'à sa jonction avec la gabionnade russe transformée.

Malgré le feu très-vif de la place, tous les travaux s'exécutent avec beaucoup d'ordre etr de précision, et au jour ils sont assez avancés pour que nos troupes puissent les occuper.

La parallèle russe se trouvant un peu en deçà du sommet de la croupe du cimetière, nos travailleurs n'ont .pas eu à souffrir du feu de la place autant qu'on aurait pu le craindre; cependant le capitaine du génie Fescourta eu la clavicule cassée par une balle et le sous-lieutenant jDogny a aussi été blessé.

L'ensemble des tranchées et des embuscades enlevées aux Russes et retournées contre eux, sur la croupe. du cimetière, sçra dorénavant désigné sous le nom d'ourragfe tfu 23 m(^/. , On fait jouer trois fougasse^pierriers contre le bastion du màt, l'une à onze heures et demie du soir, les deux autres à trois heures et demie du matin ; elles ont très-bien porté leurs gerbes sur le bastion et sur ses abords d'où partait une vive fusillade. La dernière a rompu quelques châssis dans l'une de nos galeries.

Pertes du 23 au 24 : 60 tués dont 4 officiers; 40^ blessés dont 20 offiders ; 39 disparus.

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque; deux brigades tournée du u mai. dé sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.

On prolonge la communication commencée la nuit précédente entre l'épaulement qui contourne la baie de la quarantaine et là place d'arme étabHe sur l'emplacement des embuscades russes.

Nos tranchées de la croupe du cimetière sont prises d'écharpe par les batteries et les embuscades de la quarantaine; on rectifie leur

Miuea.

AtUqoes de gauche. — 258 —

tracé sur plusieurs points, et on détermine la position des traverses de défilement qui devront être construites pendant la nuit.

A une heure et demie, il y a une suspension d'armes qui dure jusqu'à six heures du soir, pour enlever les piorts restés sur place dans les combats des deux nuits précédentes. L'ennemi relève environ 1,200 cadavres, et il est probable qu'il avait déjà pu en enlever un certain nombre. De notre côté, nous en rapportons 385. Nuit du 24 au 25 mai. Trois brigadcs dc sapeurs et 780 travailleurs d'infanterie.

A la parallèle du cimetière, on exécute les rectifications et les traverses qui ont été tracées pendant le jour.

On complète la communication sur les escarpements de la rive droite de la baie de la quarantaine, ce qui permet d'arriver à couvert dans la place d'armes établie sur l'emplacement des embuscades russes.

L'ennemi commence pendant la nuit une nouvelle batterie à la droite de celles qui existent déjà sur le contre-forf qui descend du bastion n"" 6 au fort de la quarantaine. Mines. A scpt houres du soir, nos mineurs croyant entendre un forage de

l'ennemi sous le talus des entonnoirs, on dépose 190 kilogrammes de poudre dans un puits creusé d^avance (aas), et on y met le feu.

Pertes du 24 au 25 : 6 tués ; 44 blessés dont 2 officiers. Journée do 25 mai et Le clicf de bataillon du génie Massu, chef d'attaque ; deux bri-

nail suiYanle. •

gades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie pendant le jour ; trois brigades de sapeurs et 450 travailleurs d'infanterie pendant la huit.

La parallèle en avant de la batterie n<» 44 est élargie et approfondie; on rectifie le boyau en crémaillère à Test du cimetière dans quelques parties qui étaient prises d'enfilade par la nouvelle batterie en construction du côté de la quarantaine. On épaissit à l'aide de sacs à terre le parapet de la communication qui contourne la baie de la quarantaine, ainsi que celui de la place d'armes qui couronne les es-

Journée du M imd.

carpçments de cette baie. Ces divers travaux sont continués pendant la nuit, «t on prolonge la place d'armes d'environ 45 mètres vers Tangle sud-ouest du cimetière. -,,

L'ennemi continue sa nouvelle batterie de la quarantaine et en cpnunence une autre appuyée à la lunette de droite du bastion central, en profitant du point de départ des tranchées qu'il avait ouvertes dans la nuit du 21 au 22 çt que nous lui avons enlevées.

Pertes du 25 au 26 : 4 tués dont 1 officier ; 36 blessés dont 1 officier.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne sur une longueur d'environ 350 mètres la nouvelle parallèle du cimetière, et on la couvre par des traverses contre les vues de la batterie en construction sur le contre-fort de la quarantaine.

Des tirailleurs russes établis dans un groupe de maisons sur la rive droite de la baie ayant blessé des travailleurs dans les tranchées, nos batteries leur envoient quelques boulets qui font cesser leur feu.

Deux brigades de sapeurs et 800 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 80 mètres vers la gauche la parallèle du cimetière; on prolonge également, de 140 mètres vers l'angle nord-ouest du cômetière, la place d'armes de la baie de la quarantaine.

A minuit et demi, nous donnons le feu à une fougasse-pierrier, parce que le bastion du mât tirait de manière à faire supposer qu'il s'y trouvait beaucoup de monde. ^

Pertes du 26 au 27 : 2 tués ; 22 blessés.

A onze heures du nofatin, l'ennemi fa|t jouer un petit fourneau Joumée du 27 mai.

Mines.

dont l'explosion (d») a blessé trois travailleurs et enterré deux

hommes de garde : ceux-ci ont été aussitôt dégagés, et en ont été

quittes pour des contusions.

Nuit du 26 au 97 mai.

Mines.

Attaqua!; d^ gfau<*lie.

Nuit dn 27 au 38 mai

journée du t8 mai.

Nuit du Î8au?9mai.

lin de nos mineurs fait connaître qu'il travaille si près du mineur russe qu'ils vont se rencontrer dans une crevasse du rocher. On s'empresse de déposer sur ce point 260 kilogrammes de poudre, et on donne le feu à trois heures du so^r. On obtient un entonnoir lar^e et profond {n^^) qui fait supposer que le cheminement de Tennemi a été écrasé.

Vers six heures du soir, nous donnons le feu à un fourneau établi à l'intérieur des galeries, afin d'arrêter quelques cheminements de l'ennemi.

Le Chef de bataillon du génie Ribot, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 784 travailleurs d'infanterie.

On fait les deux premiers lacets d'une communication en zigzag qui s'appuie au côté nord du cimetière, et qui doit relier notre établissement sur la rive droite de la baie de la quarantaine à la parallèle du 23 mai.

Pendant la nuit, l'ennemi démasque cinq nouvelles embrasures dans la lunette BoutakofT située devant le mur crénelé, entre la lunette de droite du bastion central et le bastion de la quarantaine.

Pertes du 27 au 28 : 2 tués ; 13 blessés.

Un camouflet russe {d^^) qui joue vers quatre heures du soir enterre à mi-corps trois mineurs qui travaillaient dans les entonnoirs et qui se sont dégagés eux-mêmes : un seul était blessé.

A cinq heures^ nous donnons le feu à un petit fourneau établi en tète d'un de nos rameaux, et qui doit jouer eh avant comme une fougasse. C'était une expérience : elle n'a pas produit d'effets satis^ faisants.

Une autre explosion, effectuée à six heures du soir dans le talus de l'entonnoir généraU a arrêté un cheminement de Tennemi qui était arrivé sous un de nos puits creusés d'avance.

Le chef de. bataillon du génie Durand de Yillers, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.

261 — ^ flaques de gauche.

Depuis l'occupation des ouvrages de contre-approche enlevés aux Russes le 23 mai, la gauche de nos cheminements se trouvait fort en Fair et très-exposée à être tournée par tes sorties venant de l'espace compiris ^tre le fort et tes contre-approches de la quarantaine. Il fallut donc songer à se consolider eu étendant les tranchées vers la gauche et en reliant l'ouvrage du 23 mai à la place d*armes de la quarantaine.

Pour atteindre t^e but, on prolonge de 90 mètres vers la gauche la parallèle du 23 mai , en faisant de nombreux crochets pour se défiler des batteries de contre-approche. On ouvre en outre deux nouveaux boyaux du cheminement contigu au mur nord du cimetière, La mitraille des Russes nous a tué 4 travailleurs et en a blessé 15.

Pertes du 28 au 29 : 4 tués ; 25 blessés dont 2 officiers.

Le chef de bataillon dii génie Noël^ chef d'attaque; deux bri- nuu du w au ao mai. gades de sapeurs et 711 travailleurs d'infanterie.

On prolonge encore de 80 mètres vers la gauche la parallèle du 23 mai, et on fait deux nouveaux boyaux de la communication en zigzag au nord du cimetière.

Les batteries russes de la quarantaine font un feu de mitraille assez vif sur le cimetière, supposant sans doute que nous y avions des réserves. La place a aussi tiré assez vivement sur un convoi qui apportait des munitions à nos batteries.

Pertes du 29 au 30 : 4 tués ; 21 blessés.

Le chef de bataillon du génie Massu, chef d'attaque; "«^^ brigade Nuit du ao au 34 mai. de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.

On étabht à Tintérieur du cimetière, contre te mur de clôture nord, un chemmement en crémaillère qui complète la communication entre la place d'armes de la quarantaine et la parallèle du 23 mai. Cette parallèle, formée de l'anci^ne tranchée russe, ne nous permettant pas de voir le ravin qui sépare nos attaques de l'enceinte de la place,

Atuqnes de gauche. — 262 —

nous ouvrons en avant» sur 60 mètres de longueur» une nouvelle parallèle qui couronne la berge gauche du ravin.

Le feu du bastion de la quarantaine a été assez vif pendant toute la nuit» sans cependant nous faire grand mal. On reconnatt» au jour» que l'assiégé a fait» en avant de sa nouvelle batterie de la quaran* taine» une gabionnade en manière de chemin couvert» qui paraît destinée à placer des tirailleurs.

Minei. On fait jouer» à quatre heures et demie du matin» un fourneau

établi au fond d'un rameau. Son explosion {a^^) a mis à découvert beaucoup de bois de coffrage et des conducteurs électriques re^ couverts de gutta-percha. La forme très-allongée de l'entonnoir donne lieu de croire que ie feu s'est communiqué à quelque fourneau russe.

journit du S4 mai. Qn donuc le feu à deux fourneaux établis dans le talus de Fentcm-

Mioes.

noir général. Les explosions (a4, et a^^) ont lieu à une heure et à trois heures.

Les Russes font toujours un feu très-vif contre les entonnoirs. On est sans cesse occupé à réparer le parapet de la quatrième parallèle dans lequel l'artillerie du bastion du mât fait souvent de larges brèches. Une des descentes qui conduisent dans les entonnoirs a été blindée : elle avait été fréquemment endonunagée par les bombes.

Nuit da 34 mai au V' Lc Chef de bataillon du génie Martin chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 650 travailleurs d'infanterie.

On ouvre, en partant du cinquième boyau de la communication au nord du cimetière» une place d'armes d'une centaine de mètres se dirigeant vers la baie de la quarantaine. Cette place d'armes» couronnant un petit plateau d'où Fon découvre bien le ravin en avant» est destinée à protéger la gauche de nos cheminements contrôles sorties que l'ennemi pourrait faire si facilement en partant de l'es-

Juiii.

263 AlUKjues de gauche.

pèce de camp retranché que forment en avant de Tenceinte de la place le fort et les contre-approches de la quarantaine.

Toute cette portion de nos cheminements était fort exposée et donnait lien à des inquiétudes sérieuses; La condition d'échapper en même temps aux feuï d'enfilade des ouvrages avancés de la quarantaine et à ceux du bastion central ne permettait de cheminer que dans une seule direction ; le terrain était en outre rocailleux et trèsdifficile à creuser. On prolongea la place d'armes autant que pos^ sible. Il eût été à désirer qu'on pût la terminer par une bonne redoute protégeant le flanc de nos attaques^; mais la construction d'un pareil ouvrage, dont il aurait fallu creuser les fossés dans le roc, exigeant un travail pénible et long, on risquait, en dévoilant no^ craintes, de provoquer les attaques de l'ennemi.

On prolonge de 90 à 100 mètres la place d^armes ouverte la nuit précédente à Test de la parallèle du 23 mai. On améliore plusieurs parties de cette parallèle, où l'on tf avait pu encore travailler de jour.

Pendant toute la nuit, on a été fort tourmenté par la mitraille ; le capitaine du génie Jacobé a été mortellement blessé par un biscaïen.

Pertes du 31 mai au 1*«^ juin : 4 tués ; 28 blessés dont 2 officiers.

Les pertes du 1" corps^ pendant le mois de mai, s'élèvent à Perte» du «"corpt. 916 tués dont 43 officiers; 3,877 blessés dont 174 officiers; 67 disparus; en tout 4,860 hommes hors de combat.

La moyenne du nombre ^e travailleurs employés aux attaques de Nombre^de^irmiUcurt gauche, pendant le mois de mai, a été de :

87 sapeurs ou mineurs et 510 soldats d'infanterie par journée ; 96 — 440 — par nuit.

Le chef de bataillon du génie Fabré, chef d'attaque ; deux bri- ^"aqles de droiîé. gades de sapeurs et 200 travailleurs d'infanterie. ^"*^ ^" *'' *" * ""^•

On entreprend la construction de trois épaulëments pour des pièces de campagne destinées à battre le terrain en avant de nos

AUaquci» de droite -^ 264 -~

attaques dans le cas où l'eimemi téterait une forte sortie : le premier (batterie n"" 11 pour 2 pièces), à Tattaque du carénage, flanquant toute la partie de la première parallèle qui occupe le plateau; le second (batterie n"" 12 pour 3 pièces) , à Tattaque Malakoff, situé sur la berge droite du ravin Karabelnaya en arrière des deux pa-^ rallèles, sur un point d'où Ton peut tirer par-dessus nos tranchées ; enfin le troisième (batterie n^ 14 pour 2 pièces), avec traverse et parados, sitqé aussi à l'attaque Malakoff, dansda partie la plusavan*cée d'un cheminement pratiqué dans des carrières en avant de la droite de la deuxième parallèle.

Les Russes travaillent activement à leur nouvelle batterie sur la dernière croupe du contrefort du carénage. On y compte cinq embrasures.

Pertes du V' au 2 : 3 blessés.

iNuiidu4au5inai. Le chof do bataillon du génie Fabré, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 200 travailleurs d'infanterie. ^

On ouvre un bout de tranchée d'une trentaine de mètres de longueur, pour relier la droite de la deuxième parallèlç, devant le mamelon vert, à la communication qui descend de la place d'armes de l'éperon dans le ravin du carénage.

Pertes du 2 au 5 : 58 blessés dont 3 officiers. j

Journée du 7 mai ei L'épaulcment de la batterie n" 14, terminé dans la journée du 7, nuit suivante. ^^ aussitôt remis à l'artillerie chargée d'établir les embrasures ; celui de la batterie n^ 11 est achevé la nuit suivante. Quant à la batterie n" 12, elle est moins avancée; sa position en arrière de la première parallèle oblige à élever la plate-forme à 1 mètre au-dessus du terrain naturel. Ce travail est d'ailleurs vivement contrarié par l'artillerie de la redoute Kamtchatka qui ne permet pas toujours d'y laisser des travailleurs.

Pendant la. nuit, les Busses percent dans la branche qui descend à l'est de I9 redoute Kamtchatka quatre embrasures faisant face à

... 3g5 -~ Attaque» de droite.

nos Gheminemeiits* En même temps, ils commencent au pieddu mamelon vert, en arrière de leur première ligne de contre-approche, une seconde tranchée destinée à sout^ir la première, et se reliant par sa gauche avec la batterie de 4 pièces dont nous v^ons de parler.

Pertes du 5 au 7 : 10 tués ; 33 blessés dont 3 officiers.

Le chef de bataillon du génie Boissonnet, chef d'attaque; deux Nuit du 9 lu 4 o mai. brigades de sapeurs et 250 travailleurs d'infanterie.

Sur le plateau ducarénage, on ouvre une tranchée d'environ 330 mètres de développement, partant de la gauche dé la parallèle et aboutissant à une embuscade établie m ayant, siuc le versant du ravin du carénage. Vers minuit^ le travail est interrompu pendant une heure, par suite d'une alerte occasionnée par un feu de mousqueterie très-vif qui a lieu sur la gaocbe du-ravin Karabelnaya, entreJes attaques anglaises et les travaux de ck)ntre-ai^roche de l'ennemi. Toutes nos batteries et celles des Anglais ont engagé aussi une lutte très-vive avec l'artillerie de la place. Pertes du 7 au 10 : 6 tués ; 41 blessés dont 1 officier.

Le colonel Frossard, noHmoé général de brigade, continue à com- ^^'îSt ÎSiîwS!' *^ mander le génie du 2« corps.

Le petit magasin à poudre de la batterie du fond du port fait explosion, vers cinq heures et demie du soir, par l'effet d'une bombe tirée de la batterie russe du phare. Qudques hommes sont tués et plusieurs autres blessés ; les deux pièces de gauctie de la batterie sont bouleversées mais ji'éprouvent aucuiie avarie.

La nuit, vers deux heures, quelques Russes sortent de leur ligne de contre-approche devant le mamelon vert et ^s'avancent sur la droite de notre attaque; ils sont accueillis par une vive fusillade et se retirent aussitôt. 11 en résulte une alerte générale, mais elle ne dure que peu d'instants.

Pertes du 10 au 12 : 9 tués; 24 Messes. *

ÀtUiqoe& de éwâle. <2^

Nuit da 45 au 46 mai. Le Chef do bataMloii du génie Chareton, chef d'attaque; une brigade de sapews et 150 travailleurs d'infanterie.

L'embuscade établie sur la berge droite du rayin du carénage pour protéger la gauche de notre attaque, et qui a été reliée à la paral-^ lèle dans la nuit du 9 au 10 mai, ne voyait que très-imparfaitement ie terrain en avant ; on en établit une seconde un peu plus loin, sur la droite de ta première, au sommet d'un contre-fort séparant deux petits vallons transversaux qu'elle découvre parfaitement, 'et onréunit ces deux embuscades par un <^eminement d'environ 900 mètres de longueur. Mais la nature rocailleuse tlu sol ne permet pas de don^ ner partout à cette communication une profondeur suffisante pouf couvrir les hommes; la nouvdle embuscade est néanmoins occupée pradant la journée suivante.

Pertes du 12 au 16 1 12 tués; 60 blessés dont 1 officia. Nuit du 46 au 47 mai. . Le dtofdo batatllondu géuic Boissonuot, chcfd'attaquè; Utto brigade de sapeurs ^100 travailleurs d'infanterie.

On modifie une partie, incomplét^nént défilée, 4e la communication ouverte la nuit précédente, et on établit sur les res^autsile l'escarpement du ravin un petit sentier partant de la gauche de la parallèle pour communiquer plus directement avec les attaques du pla-^ teau de Makdcoff.

On termine l'épaulement de la batterie n^" 12.

Au jour, on s'aperçoit que les Russes ont considérablement sAigmente le parapet de leur ligne avancée vis-à-vis de cette batterie; ils paraissent disposer euxrmèmes en ce point deux embrasures dirigées contre la batt^îe n* 14.

Pertes du 16 au 17 : 2 tués; 13 blessés dontl officier. Nuit du 47 au 48 mai. Le chof de butàillon du génie de Préserville, Chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 200 travailleurs d'infanterie.

On améliore les nouvelles tranchées ouvertes à la gauche de l'attaque du carénage, et on prolonge par une gabionnade d*une ving-

)S7 knmrm de ilroit«.

tame de ttètree d« longueor la partie droite de Tenulniscade établie dans la nuit du 15 au 16.

Les RuMes eoiiBtruise&t en arrive de la battre établie sur la branche dese^idante^ àl^est de la redoute Kamtehato, un blindage en corps d'arfires qui parait destiné à servir de magainn ou de logement pour les canonniers. Notre artiUerie dirige des feux sur ce tra«^ vail afin de le retardw le plua possible^

Le cbi^ de bataillon du génie Bois»onnei> chef d'attaque; une NaitdufOaat4 mai. Inrigade de sapeurs et SOO travailleurs dlnâmti^rie.

A Tattaque du cartoage, on ouvre mie tranchée partant ^dé la droite- de la parall^ et aboutissant à une endmscade établie en avant. G^te tranchée/ qui servira de coùUQittication à une deuxième parallèle qu'il fauàra faire pour se rapprocher delà redoute Yolhynie» pirésenteun développement total de 124 mètarés, dont 40 en sape double divisés en sept branches avec crochets. La pente descendante du terrain a obligé de &ire un tracé de ce genre. Au jour, le travail est pw avancé à cause de la nature rocheuse du sol i on n'est couvert que dans quelques parties. < "^

Le.feu de la place a été très-«iodéré ; il n'était pas d'ailleurs dingé sur le nouveau travail. ^ ,

Pertes du 18 au 21 : 8 tués ; 34 blessés.

Le dief de batoiUoii du génie de Préservttle, chef d'attaque ; une mn^n v »» n mai. Mgade de sapeurs et 900 travaillées d'in£emterie.

. on perfectionne la trandiée ouverte la nuit précédente pour conb- * muniquer à l'embuscade de droite^ et on établit une nouvelle embuseadeen ava&t et è^ gaiiohe de cette-ct.

Ou abaisse d'un rang de gabions F^ulattent delà batteries^ 13^ préparé pour recev^r trois piècea de ca«ipagne surpfaites4bmieséle^ vées ; l'artillerie s'est décidée à remplacer oés pièces par deé mprtiers;

Pertes du 21 au 22 : 2 tués 16 blessés.

Atiaques de droite. .^ 268

jouroée du n mai. Le chef de bataillon dii génie Fabré, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et SOO trayailleurs d'infant^ie.

On jdace des trayailleurs pour améliorer la tranchée ouverte à la droite de la parallèle du carénage dans la nuit du 90 ; mais les boulets tirés de la redoute Yolhynie ayant traversé la gabionnade en plusieurs endroits, tué un homme et blessé plusieurs autres, on suspend momentanément le travail et on se borne à faire des tra^ vaux d'entretien dans les tranchées.

On continue, malgré le (ea de la place qui inquiète beaucoup les travailleurs, à transforma la batterie n"" IS en batterie de mortiers. :<uit du n au 13 mai. Une Imgade de sapeurs et SOO travailleurs d'infanterie.

On trace deux boyaux, l'un de 75 mètres, l'autre de 45 mètres de longueur, reliant la place d'armes en avant de la gauche de la parallèle da carénage avec le cheminement en zigzag qui a son point de départ en arrière de la battme n"" 11 ; mais le premier boyau est seul ouvert.

Le tir de. la place n'a pas discontinué pendant toute la nuit.

Depuis neuf heures et demie du soir jusque vers 4a fin de la nuit, on entend une mousqueterie et une canonnade très-vives ; c'est l'at^ taque faite par les troupes du l*** corps contre les opvrages de contreapproche établis par tes Russes près du cimetière de la quarantaine.

Pertes du 22 au 23 : 3 tués; 9 blessés dont 2 officiers. !<uit 4a «3 ta u mai. Lo chof de bataillon du génie Charetôn, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et 200 travailleurs d'infanterie.

On termine l'ouverture du lacet de 45 mètres de longueur qui avait été tracé et amorcé la nuit précédente.

L'artillerie ayant établi une batterie de trois niortiers (n"" 10) dans la partie droite de la deuxième parallèle de l'attaque du mamelon vert, on ouvre en arrière de cette batterie, pour s^rir de communication, une tranchée de 35 à 40 mètres de longueur.

Le chef de bataillon Ghareton, contusionné par un obus, est rem-

la Tcbernija.

239 — Attaques de droite.

placé par le capitaine du génie Massdin, qui était déjà venu remplacer le capitaine Salanson contusionné par une pierre.

On entend, vers neuf heures et demie du soir, un feu très-vif du côté de la cpiarantaine } les troupes du 1**" corps attaquent de nouveau les ouvrages russes du cimetière dont elles s'emparent définitivement.

Pertes du 23 au 24 : 1 tué ; 14 blessés.

Les g^éraux ea chef des armées alliées ayant décidé que la ligne ^^^ ^b^^de de la TdiCTnaya serait occupée, le général Pélissier fait descendre '* ^^ de nos positions les divisions Canrobert et Brunet du 2* corps, toute la cavalerie moins le 4^ hussards, et cinq batteries à cheval de la réserve de campagne. ■ - ■ ^ ■ ■

Ces troupes, sous le commandement du général Canrobert, quittent leurs bivouacs le 24 mai à minuit, et arrivent le 25, au point du jour, au pont de Traktir dont elles s'emparent sous les yeux du génial en chef. Les Russes n'avaient comme troupes avancées sur la rive droite de la Tçhemaya, que deux bataillons d'infanterie, quelques escadrons de hulans et de Cosaques et une l>atterie légère, qui furent obligés de battre en retraite après un court engagement d'a- V9nt-garde dans lequel nous n'eûmes queq[udques cavaliers atteints. L'ennemi laissa entre nos mains 60 à 80 prisonniers.

Ce mouvemrat était appuyé à droite par les Piémontais et la cavalerie anglaise, au centre par l'armée turque.

Nos troupes repassent la rivière vers 9 heures du matin, et les deux divisions d'infanterie prennent portion sur les mamelons Fédoukbine, qui dominent le pont de Traktir et la plaine de la Tchernaya, ayant en arrière d'elles la cavalerie et les cinq batteries d'artillerie, et à leur droite l'armée piémontaise et la cavalerie anglaise. L'armée d'Omer-Pacha, établie sur la ligne dès redoutes turques de Balaclava, est prête à soutenir au besoin la droite, la gauche ou le centre.

Nuit do M ao 27 roai. Lo chaf dc bfttaUlan 4u g^ie Bof ssomiet, x^hef d'abaque ; une t^ii^ gade de sapeurs et 750 trayaiUeqro d'infanterie.

600 travailleurs^ divisés en deux colonnes conduites par le chef d'attaque et par son adjoint, le capitaine Afasselin, ouvrit» » par-* tantdes deux cheminraoïeaits établis à droite et au centre de la pte^ naière parallèle du carénage, une tranchée d'environ 500 mètres de développement, dont la partie la plus saillante se trouve à près de 300 mètres en avant de la première parallèle. Sur plusieurs points où le terrain est mauvais, on place deux rangs de gabions, afin d'ob^ tenir le plus vite possible un parapet assez résistant. Cette trandiée forme la deuxième parallèle de l'attaipie du carénage.

Vers dix heures, au moment où la pose des gabûms se terminatt,^ les embuscades russes les plus rapprochées, qui ne sont qu'A une centaine de mètres denotre nouvelle parallèle, dirigent sur les tra-* vailleurs une fusillade assez vive qui est le signal d'un feu d'artiûerie très«-violent partant de toutes les batteries ennemies ayant action sur ce terrain. Il en résulte quelque désordre parmi Jes gardes places en avant et panni les travailleurs, qui n'ont pu être remis à la b^ sogne qu'une heure aprèis* L'omemi fait une seconde d^nonstfation seBd>]able vers miie heure du matin , quand les gabions sont déjà remplis : mais die inquiète k peine les toavaillenrs, seulement là garde rentre dans la tranchée et se couche sur le revers.

Le tirde rartillerie russe étant excluarrement dirigé sur lesbat^ teries situées en arrière de notre nouveHe tranchée, les travailleurs n'en eut que peu souffert ; .19 seul^imit ont été atteints, soit pM les groa projectiles, soit par la mousquetme.

Deux feux jointifs donnant une lundère blandie très^ntense, a|hh* lûmes au saillant 4e laredoute.Yolhyniey nous font penser que Ten^ nemi craignait une tentative contre ses ouvrages.

Dans la môme nuit, on travaille à établir des murs transversaux en pierres sèches dans le fond du ravin du carénage, afin de se fnet^-

— 271 -» Attaques de droite.

tre à Tatari des coups partant des embuscades russes étsiblies dans les éscai^mebts de ce rarin, ^n avant de nos attaques.

Pertes du 34 au 27 : 10 tiiés dont 1 officier; 72 blessés dont 1 officier.

Le chef de bataillon du génie de Préserville, chef d'attaque; une ^"'1 du 27 au ^ ma.. brigade de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.

Sur le plateau dd carénage, on élargit et oti approfondit la deuxième parallèle ouverte la nuit précédente ; plusieurs parties sont sûr le roc. On Continue les murs en pierres sèches dans le ravin.

Au jour, on s'aperçoit que les Russes ont établi sur lé plateau du carénage, .en artière de leurs deux embuscades les plus avancées, quatre nouvelle^ embuscades qu'ils occupent pendant la journée.

Pertes du 27 au 28 : 1 tué; 6 blessés.

Dans la plaine de la Tchemaya, on rase la redoute que les Rusâes nhh du ts w i^ nwi. avaient établie sur le mamelon situé en face du débouché du pont de Traktir, sur la rive droite de la rivière. -

Le c*ief de bataillon du génie Boissonnet, chef d'attaque ; une bri- iwniée du» mai ei gade de sapeurs et 350 travailleurs d'infanterie pendant le jour; une brigade de sapeurs et 450 travailleurs d'infanterie pédant la nuit.

On devait établir un petit retranchement en pîerres sèches dans on découvre dans

'^ *^ le ravio Karabeluaya

des carrières situées au débouché du petit ravin transversal qui se- ^ "Jî^^j^^ST*'* pare la gauche de notre deuxième parallèle du carénage des em- d'»" »pp««î*i «»pi««' buscades de l'ennemi. Le chef d'attaque allant, pendant le jour, réconnattre le terrain, découvre une ligne de caisses de forme cubique, contenant chacune sept à huit kilogrammes de poudre. Ces caisses au nombre de vingt-quatre, espacées de deux mètres, sont enterrées au niveau du sol, en travers du ravin du carénage. AudeSsus de chacune d'elles se trouve un tube de verre enveloppé de cmvre ; ce tube, en se brisant sous les pieds des soldats, devait laisser éèhapper un liquide qui eM enflammé une composition commu-^ ntquant avec les poudres de la caisse.

Attaques df droite. — 272 —

Le commandant Boissonnet, accompagné d'un sellent du génie, de quatre sapeurs et de huit travailleurs d'infanterie, va, sous la protection d'un petit poste d'infanterie, enlever ces caisses, et parvient, malgré le feu des embuscades russes, à en déterrer seize qu'il fait apporter au dépôt de tranchée. Cette opération nous coûte deux hommes tués et quatre blessés.

La nuit, le poste est étabU dans les carrières. On y conatmunique à la faveur d'un mur en pierres sèches, de 125 mètres de longueur, formant une espèce de couloir le long de la berge droite du ravin du carénage.

Pertes du 28 mai au l""^ juin : 15 tués dont 1 officier; 59 blessés dont 1 offider. Un officier, qui s'était imprudemment avancé dans le ravin du carénage, a disparu.

Pertes du V corps. Les pcrtos du 2" corps, pendantie mois de mai, s'élèvrat à 86 tués dont 2 officiers ; 431 blessés dont 13 officiers ; 1 officier diqmni; en tout 518 hommes hors de combat.

Nombre de traTaiiieors La movenue du nombrc de travailleurs employés aux attaques de

eipployés»

droite, pendant le mois de mai, a été de :

37 sapeurs et 243 soldats d'infanterie par journée; 33—223 — par nuit,

Pertes totales do mois £n ajoutant aux pertes du i" corps celles du l''^ corps données ci-

de mai'.

dessus^ (page 263), on arrive à un total de 5,378 hommes mis hors de combat pendant le mois de mai.

Nombre de trauiUeurs Lo uombre total dc travailleurs employés aux deux attaques,^ pen-

employés

aux deux corps, jant lomois de mai, a été en moyenne de :

124 sapeurs ou mineurs et 753 soldats d'infanterie par journée; 129 — 663 — par nuit.

MOIS DE JUIN. Peiidant le mois de juin, aux attaques de gauche, on se contenta

FAIM GiKÉiAux. d'Iuquléter l'ennemi par quelques travaux de sape et par la guerre de

mines. A droite, Tattaque fit un grand pas : le 7 juin, on enleva aux

Russes tous les ouvrages extérieurs du front de Malakoff ; le 18» on tenta de s'emparer de l'enceinte elle-même; mais cette attaque ayant été repoussée, on reprit la marche pied à pied, ainsi qu'il sera expliqué plus bas.

Le 3 juin, le général en chef va reconnaître la vallée de Baïdar. Les troupes qui prennent part à cette opération sont commandées par le général Morris. Elles se composent de 4,000 hommes d'infant^e sous les ordres du général Canrobèrt, de dix escadrons de cavalerie commandés par le général d'AIlonville, de deux batteries à cheval et une de montagne. Ces troupes suivent la route WoronzofT jusqu'au village de Baïdar. Notre cavalerie pousse ses avantgardes, d'un côté jusqu'au village d'Oqrkousta, de l'autre jusqu'au passage de Photos, sur la route de Yalta. Quelques sotnias de Cosaques que l'on rencontre se retirent sans opposer de résiàtance; on leur enlève quatre hommes et huit chevaux. Une petite colonne piémontaise, commandée par le général de La Marmora, avait pris part à la reconnaissance en suivant les hauteurs situées entre la Tchernayaetlaroute Woronzoff; elle rejoignit le corps français à Baïdar. Tputes les troupes se replièrent vers le milieu du jour ; à la nuit, elles avaient rejoint leurs bivouacs.

Le 11 juin, le général d'AIlonville, avec deux de ses régiments (l'^r hussards et 7r dragons) fait une reconnaissance de Yarnoutka sur^Bouyouk-Miskomia. Nos cavaliers chassent devant ^ix, jusqu'au delà du pont de Teùlé, querques postes de Cosaques auxquels Us ont tué ou blessé 5 hommes, pris quelques chevaux et fait un prisonnier. Cette reconnaissance a prouvé que la vaUée de la haute Tchemaya n'était occupée <pie par quatre sotnias de Cosaques, dont les postes principaux sont à Baga et à Outkousta.

Vers le 22 juin, l'armée piémontaise fait une reconnaissance vers Àï-Todor et le déboudié du défilé da Koralès ; puis elle vient re* [Hrendre son ancienne position sur la rive gauche de la Tchemaya,

-^274 — laissant sur la rive droite les forces nécessaires poiur occuper Tchorgonn. Omer-Pàcha occupe les vallées de Baïdar et de Varneutka, ayant son quartier général près de ce dernier village.

Le 22 juin, la division d'Autemarre étant rentrée au 1*' corps, la division d^Aurelle va prendre part aux attaques de droite. La division de la garde impériale quitte ses bivouacs près du moulin pour reprendre son ancien camp. Mais quatre bataillons de cette garde, relevés toutes les vingtrquatre heures, prendront part aux attaques de droite.

Par suite de ces mouvements, Tinfanterie est répartie de la manière Suivante :

Aux attaques de gauche : !'•, 2% 3« et 4* divisions du !•' corps ;

Aux attaques de droite : 3*^ 4« et 5* divisions du 2« corps et 2* division du corps de réserve ;

Sur la Tchernaya : !'• et 2* divisions du 2« corps et l"** division du corps de résferve.

Mort de lord Ragiao. Daus la socoudo moitié du mois de juin, le choléra fit quelques ravages dans les camps et les flottes des alliés ; le fléau sévit surtout sur l'armée anglaise et lui enleva son général en chef, lord Raglan, qur succomba dans la soirée du 28 juin. Ce fat un deuil public pour r Angleterre. L'armée de Crimée, dans laquelle il laissait des regrets universels, lui rendit les plus grands honneurs, et le 3 juillet, ses restes mortels furent solennellement transportés à bord du bateau à vapeur le Caradoc, qui devait les ramener en Angleterre. Le général James Simpson prit par ancienneté le commandement de Tannée anglaise. La Reine le confirma dans cette position.

ATTAQUES DE GAUCHE. ^^ chef dc bataiUou du génie Ribot, chef d'attaque ; deux brigades NuudoV'auîjuiD. de sapeurs et 630 travailleurs dMnfanterie.

On ouvre un nouveau boyau reliant l'extrême gauche de la parallèle du 23 mai à Tangle nord-est du cimetière, pour remplacer

celui qui avait été ouvert dans la nuit du 30 au 31 mai pour adiever la communication entre cette parallèle et la place d'.armes de la quarantaine, et qui se trouvait en prise aux feux du bastion n"" 6 et des embuscades d'une maison blancbe située près de la baie de la quarantaine.

L'artillerie dirige sur la lunette de droite du bastion central, où des travailleurs paraiss^t réunis en grand nombre, le feu des batteries n""* 41; 42, 44 et 45, et elle empêche ainsi l'ennemi d'armer une nouvelle batterie en construction dans cet ouvrage. La place a peu répondu à ce feu.

Pertes du V^ au 2 : 2 tués; 19 blessés.

Le chef de bataillon du génie Durand de Yillers, chef d'attaque ; Nuit du s au 3 lum. une brigade de sapeurs et 439 travailleurs d'infanterie.

Une nouvelle batterie devant être construite dans le cheminement qui passé en avant du cimetière de la quarantaine, on établit un passage en arrière de la partie qui doit être livrée à l'artillerie. Cette batterie^ qui prend le n"" 49, est destinée à ricocher la face gauche du bastion central.

À la pointe du jour, Tenuemi ouvre contre nos tranchées en cours d'exécution une fusillade très-vive à laquelle nous a'avons pas répondu.

Le sous-^lieutenant du génie Biaise a été mortellement blessé.

Pertes du 2 au 3 : 4 tués ; 20 blessés dont 1 oflBcier.

Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque^ deux bri- nuu duâauijuin. gades de sapetirs et 504 travailleurs d'infanterie* • On prolonge de 20 mètres vers la gauche la place d'armes établie la nuit du 23n;iai à l'extrtoiîté nord du contre-fort du cimetière. On prolonge aussi de 25 mètres environ celle qui a été conmiencée dans la nuit du 31 mai ^u l'"'* juin, au nord du cimetière.

Pertes du 3 au 4: 3 tués; 17 blessés dont 3 officiers.

Le mineur ennemi ayant reparu en plusieurs pomts du talus des MlîSrJi,''^^!). entonnoirs^ on l'a éloigné de nouveau par deux explosions {a ^9 ^ «4*)

Attaques de gauche. 276

effectuées à neuf heures et demie du matin, et par une troisième [a^^) à deux heures et demie de l'après-midi.

Il a cependant fait jouer, vers une heure, un camouflet dont Feiplosion {d„) a enterré à mi-corps dans les entonnoirs un mineur qui a été aussitôt retiré avec de légères contusions.

La plupart de nos fougasses en construction dans les talus des entonnoirs sont détruites par l'effet des bombes. Nous allons en creuser dans le roc yif en assez grand nombre pour pouvoir, à un moment donné, couvrir de pieires l'intérieur du bastion du m&t.

L'ennemi, pour répondre à nos fougasses, ajoute à ses projectiles ordinaires des galets de mer lancés par des mortiers. De notre côté, nous avons soin, dans le bourrage des puits, de mettre des sacs à terre du côté dés tranchées et des pierres du côté de la place ; au moment de l'explosion, les pierres retombent dans le bastion du mât, et nos soldats ne risquent pas d'être blessés par les débris de sacs à terre qui sont lancés sur les tranchées; Nuit do 4 au 5 juin Lo chof de bataiUou du génie Martin, chef d'attaque ; d^ix brigades de sapeurs et 550 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 25 mètres la place d'armes au nord du cimetière. On prolonge aussi de 15 mètres la place d'armes qui part du c^itre de la parallèle du 23 mai, et on la relie avec cette paraUèle par un boyau qui abrège la communication.

Minet. Vers minuit, les Russes ont donné le feu à un petit fourneau dont

l'explosion {d^) a blessé trois mineurs et quabre ou cinq hommes de garde.

Pertes du 4 au 5 : 4 tués ; 24 blessés dont 2 officiers. Journée du 6 juin. A dix heures du matin, nous donnons le feu à deux fourneaux

Mines.

(a4«HZ«7) pour éloigner le contre-mineur du talus des entonnoirs, et à un troisième {a^),k deux heures et demie, dans le même but.

À onze heures et demie, les Russes ont Cait jouer un fourneau situé sous le talus* L'explosion {d») a enlevé quatre mineurs qui ereu-

Attaques de gauche.

saient un puits au-dessus v trois ont été tués et le quatrième grièvement blessé.

Le chef de bataillon du génie Ribot, chef d'attaque ; deux brigades Nuii du s a« « juin. de sapeurs et 054 trayailleurs d'infanterie.

On ouvre à l'ouest du cimetière, entre la ligne de contrevallation qui s'appuie à la baie de la quarantaine et les tranchées situées au nord de cette baie, une nouvelle communication qui évite le passage par le lazaret et abrège le trajet d'environ 700 mètres-

On prolonge de 15 mètres la place d'armes la plus avancée à gauche de l'ouvrage du 2 mai, en se dirigeant sur le saillant du bastion central.

Pendant la nuit, les batteries de la quarantaine et le bastion central font un feu d^ mitraille assez vif sur nos tranchées, mafs sans causer grand mal aux travailleurs.

Le feu de notre artillerie a empêché les Russes dî'armer la nouvelle batterie de la lunette de droite du bastion central.

Pertes du 5 au 6 : 11 tués; 37 blessés dont 2 oflBciers.

L'attaque du mamelon vert et des ouvrages du plateau du caré- ioo«éedu «juin. nage ayant été résolue pour Iç 7 juin, les bati^ies n«» 12, 21, 23, 25, 25 6is, 26 et 35 ouvrent leur feu à trois heures pour appuyer celui des batteries anglaises et de nos batteries de l'attaque de droite. La place répond vivement à notre feu ;* les batteries du centre et de la gauche de nos attaques ne tirant pas, le bastion central et celui de la quarantaine restent silencieux.

Les Russes ont fait jouer un fourneau assez fort à trois heures du soir. Cette explosion {d^) ne nous a causé aucun mal, mais l'ennemi qui^ par suite de l'ouverture du feu de nos batteries, se préoccupe sans doute dé l'idée que la quatrième parallèle sera un point de départ en cas d'attaque de vive force, dirige sur cette parallèle une masse de projectiles qui endommag^t nos parapets et nos communications, et nous font éprouver des pertes. Nous avons eu un mineur tué et deux blessés ; l'officier commandant les auxiliaires

Mines.

Ailaqoes de gMiche. — 278 —

d'infanterie a été mortellement blessé, et parmi ses soldats il y a eu un tué et sept blessés.

5uit do 6 au 7 join. Lo cbef do bataillon du génie Durand de Yillers^ chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 677 trayailleurs d'infanterie.

On prolonge de 10 mètres la place d'armes ayancée à la gauche de l'ouvrage du 2 mai.

Les batteries de mortiers qui ont ouvert leur feu pendant le jour le continuent pendant la nuit. La place dirige un feu assez vif contre nos dieminements à l'est «lu cimetière ; la batterie n"" 49 a pu néanmoins être armée sans accident.

Pertes du 6 au 7 : 9 tués ; 41 blessés. Journée da 7 juin, r Les batteries qui ont tiré la veille continuent à seconder celles de l'attaque de droite et des Anglais. A trois heures, toutes les batteries de l'attaque de gauche ouvrent leur feu ; la place répond immédiatement, et ce tir continue jusqu'à la nuit, sans supériorité marquée de part ni d'autre., Noii dâ 7 au 8 juib. Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 20 mètres la place d'armés en avant de la parallèle du 23 mai, et de 25 mètres le cheminement avancé partant de la gauche de l'ouvrage du 2 mai. '

A onze heures du soir, le silence des batteries de la droite indi*quant que l'ennemi renonce à nous disputer les ouvrages extérieurs que nous lui avons enlevés, l'artUlerie des attaques de gauche cesse également de tirer. Cependant, vers une heure du matin, un bruit de voitures ayant été entendu dans le bastion du mât, on y dirige un feu très-vif.

A deux heures dumatin^ les Russes font une sortie contre les An'»glais ; celles denos batteries qui ont vue sur les ouvrages de la placé opposés aux attaques anglaises y dirigent une grande (piantité de bombes. La sortie est repoussée, et le feu cesse à trois heures.

^ 279 Attaques de gauche.

Nos projectiles creux ont allumé en ville deux incendies du côté de la quarantaine.

Pertes du 7 au 8 : 13 tués dont 2 officiers; 98 blessés dont 2 officiers.

Le chef de bataUlon du génie Martin, chef d'attaque ; trois bri- Nuit du s au 9 juin. gades de sapeurs et 460 travailleurs d'infanterie. '

On prolonge de deux crochets la place d'armes avancée à gauche de l'ouvrage du 2 mai.

Le feu de la place a été peu animé $ un incendie s'étant déclaré dans la ville, nos batteries y ont lancé des bombes.

Pertes du 8au9 : 8 tués dont 1 officier; 89 blessés dont 3 officiers.

A huit heures et demie du matin, nous faisons jouer un four- Journée du 9 iuin.

■ ^ Mines (PI. XI, flg. «).

neau {u^b) pour rompre le terrain devant un cheminement de l'ennemi.

On envoie souvent un mineur écouter dans la batterie n^ 24 6^, les troupes qui l'occupent ayant déclaré à plusieurs reprises qu'on y entendait le mineur russe. Les mêmes craintes existent pour la batterie n^ 53.

Le chef de bataillon du génie RouUier, chef d'attaque ; trois bri- Nuit du 9 au lo juin. gades de sapeurs et 510 travailleurs dinfanterie.

On prolonge de 16 mèta'és le cheminement avancé à gauche de l'ouvrage du 2 mai, et de 20 mètres la placée d'armes en avant de la parallèle du 23 mai. On ouvre une tranchée de 90 mètres de longueur allattt de la troisième parallèle à une source située dans le ravin de la ville.

Le feu a été peu vif dé part et d'autre ; rartîUerie a remis ses batteries en état et a travaillé à compléter ses approvisionnements.

Pertes du 9 au 10 : 2 tués ; 37 blessés dont 4 officiers.

Le chef de bataiHon du génie Ribot, chef d'attaque; trois bri- Nuit du 40 au 4« juin. gades de sapeurs et 450 travailleurs d'infanterie.

AlUques de gauche. — 280 —

On prolonge de 20 mètres la place d'armes en avant de la parallèle du 23 mai, et de 30 mètjres celle qui part du quatrième boyau de la communication, au nord du cimetière.

Quelques mouvements observés dans la place avaient fait croire à une sortie pour la nuit; m^ les balles à feu dont les Russes ont éclairé les abords du bastion central et du mur crénelé donnent lieu de penser qu'ils ne voulaient que se tenir en garde. Des éclaireurs russes s'étant avancés jusqu'à une trentaine de pas de nos cheminements sur la gauche de l'ouvrage du ^ mai» une fusillade très-nourrie, suivie bientôt d'un feu très-vif d'artillerie, s'engage sur ce point et se propage jusqu'à la quarantaine. Cette alerte, qui ne dure pas moins d'une demi-heure, ralentit pendant une partie de la nuit la marche des travaux.

Notre artillerie a mis le feu, sur la gauche du bastion de la quarantaine, à une gabionnade dont la position n'a pu être reconnue bien exactement.

Pertes du 10 au 11: 7 tués dont 1 officier; 50 blessés dont 2 ofûciërs.

Journée du 44 juin. A. ucuf hcurcs du matin, nous domK)n3 le feu à des poudres déposées dans une crevasse ouverte précédenunent par un camouflet de l'ennemi ; il en résulte l'entonnoir (a,o). Nuit du 44 au 42 juin. Lo chcf de bataillou du génie Noël, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 450 travailleurs d'infanterie.

L'extrémité de la place d'armes avancée, à gauche de l'ouvrage du 2 mai, se trouvant mal dirigée, on opère une rectification de tracé de manière à être mieux défilé des vues de la place. On établit, en arrière de la batterie n^" 53 en construction, une communication qui exige la pose de 110 gabions.

On prolonge la place d'armes en avant de la paraUèle du 23 mai de 30 gabions, et on ouvre une communication entre cette parallèle et un puits situé dans le dmetière.

— 281 — AUaques de gauche.

Au jour, oh constate l'adièvemeut d'une batterie russe de trois pièces sur la berge gauche du ravin de la ville» entre le bastion cen-* tràl et celui du m^t.

Pertes du 11 au 12 : 10 tués ; 29 blessés dont 1 officier.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; trois bri- nuu dais au u juin. gades de tapeurs et 600 travailleurs, d'infanterie.

On ouvre une nouvelle place d'armes partant de la gauche de la batterie n^ 50, à Textrémité nord du contre-fort du cimetière, et se dirigeant vers la maison blanche située sur la rive droite de la baie de la quarantaine. On rectifie Textrémité de la place d'armes à l'est du cimetière , et on la prolonge de 30 gabions* A l'ouvrage du 2 mai, on dispose pour le franchissement toutes les parties du cheminement avancé de gauche qui regardent le bastion central.

La place avait dirigé dans la journée, de midi à trois heures, un feu de bombes très-soutenu sur la batterie n^" 50 : cette bâtteriç en avait souffert. Le soir, le feu recomnience à neuf heures et demie ; nos batteries répondent aussitôt, et la place cesse de tirer an bout de vingt ou vingt-cinq minutes.

A n^ heures et demie dui^ir, nous refoulons par une explosion niocs.

(asi) un cheminement de l'ennemi qui était parvenu tout près du talus des entonnoirs.

Pertes du 12 au 13 : 11 tués dont 1 officier; 58 blessés.

Le corps du génie fait une grande perte : le lieutenant-colonel journée du 43 juin. Guérin, qui remplissait depuis plusieurs mois avec une capacité et une bravoure remarquables les fonctions importantes de chef d'étatmajor du génie au l'"'' corps> et qui dirigeait le tracé des ouvrages dans toutes les circonstances difficiles, est tué d'une balle à la tète, vers huit heures du matin, dans l'ouvrage du 2 mai, à l'attaque duquel il s'était particulièrement distingué. Il est remplacé dans ses fonction» par le lieutenant-colonel Durand de Villers.

Mines. Noud faisoiis jouec, à trois heures et demie de l'après-Eiidi, une

fougasse qui a bien porté sur te bastion du mât. Nuit du 43 au u juin. Le chef de bataillon du génie Rouiller, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.

On proliHige de 70 métrés la place d'armes partant de la batterie n^" 50, et on met à profondeur la partie ouverte la nuit [nrécédente. On étabUt en arriére de cette batterie plusieurs traverses destinées à (NTotéger la garde de tranchée et les travailleurs contre les éclats des bombes que rennemi dirige en grand nombre sur les cheminements de llntérieur du cimetière.

Un incendie assez violent a éclaté pendant la nuit dans la place, aux environs du bastion central.

Mines. A miuuit, Ics Russes ont donné le feu à un fonmeau doiit l'explo-

sion (dai) a blessé deux mineurs occupés aux entonnoirs.

Pertes du 13 au 14 : 3 tués dont 1 officier ; 15 blessés dont 1 officier. Nuit du 44 au 45 juin. Lo chof do bataiUou du génie Ribot^ chef d'attaque; trois bri*

On prolonge de quinze gabions le cheminement avancé à gauche de l'ouvrage du 2 mai, et on établit une seconde conununication en arrière de la batterie n^ 53.

L'ennemi a lancé, de dix heures à minuit, plusieurs bombes sur nos tranchées, principalement sur la baUerie n^" 50, où le travail a été un instant interrompu.

Pertes du 14 au 15 : 5 tués ; 19 blessés dont 1 ofilcier. Journée du 45 juin. L'cnnemi prenant l'habitude de^ se montrer beaucoup au bastion du mât, on fait venir des chasseurs à pied dans la quatrième parallèle. Us ont bientôt atteint i^usieurs Russes dont un officia. Le bastion a riposté par un feu d'artillerie qui nous a causé quelques dommages ; trois mineurs et deux auxiliahres ont été blessés. Cette réponse immédiate du bastion est l'effet d'une sorte db convention

.— fjjQ .. AtUMpifft de gt«eh».

tacite qui s'établit dans les sièges, et qai a pour résollat de faire que les gardes de tranchée, pom ne pas provoquer le feu de la place, hésitent souvent à faire feu sur l'assiégé lorsqu'il se montre.

A midi, nous donnons le feu à un fourneau (a 93) qui a refoulé Mine».

une attaque ennemie trèfihrapprochto.

La place envoie toujours des bombes dans les éqtonnoirs avec une grande précision.

Le chef de bataillon éa génie Cadart^ chef d'attaque; trois bri- NQUda45«Q46join. gades de sapeurs et 450 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de seize gabions la place d'armes à gauche de l'ouvrage du 2 mai«

Le feu de la place, artillerie et mousqueterie, a été assez vif pendant toute la nuit ; néanmoins le travail n'a pas été interrompu. Nos batteries ont répondu vivement.

Le» Russes ont beaucoup travaillé entre le bastion central et celui du mât ; nous avons placé de ce côté des tirailleurs qui les ont inquiétés toute la nuit

Pertes ilu 15 au 16: 2 tués; â5blessés.

Le dief de ))ataiUon du génie Noël, chef d'attaque ; trois brigades ^«î^ ^^^^ «« ^^ Jaiode sapeurs et 400 travailleurs d'infanterie.

On continue les travaux de réparation et d'amélioration dans les ouvrages du 2 mai et du 23 mai, que le feu de la place ^dommage journellemrat. On complète te déâlement de çe^ ouvrages en con-*struisant de nouvelles traverses etmodiâant celles qui existent.

Pendant la mût, des frégates à vapeur françaises et anglaises se sont approchées et ont tiré d'heure en heure sur la ville. On a lancé des fusées incendiaires , mais les elTets n'ont pas pu en être appréciés«

Pertes du 16 au 17 : 11 tués dont 1 oflGU^or ; 94 blessés.

En vue de l'attaque qm doit avoiî* lieu le lendemain contre le fau- Journée da 47 juin. bourg, une partie de notre artillerie ouvre son feu, tirant particuliè-

Attaques de gtuche. •» 284 —

rement sur le bastion du mât et sur les batteries qui voient les attaques anglaises. L'ennemi répond vivement d'abord, mais biratôt il ralentit son tir. Vers deux heures, toutes nos batteries ouvrent leur feu contre la place ; les Russes ripostent immédiatement, et le feu continue de part et d'autre jusqu'au soir avec une grande vivacité. Nuit du 47 au 48 juin. Lecfacfde bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

Deux brigades volantes de 25 hommes sont employées à réparer les brèches faites aux parapets par le feu de la place.

Nos batteries de mortiers et celles des Anglais lancent dans la place une grande quantité de bombes; les flottes alliées envoient quelques bordées contre le fort de la quarantaine.

On avait déposé 300 gabions près de la batterie n"" 25. Une bombe de l'ennemi y met le feu : ils sont presque tous brûlés.

Pertes du 17 au 18 : 19 tués dont 2 officiers ; 162 blessés dont 4 officiers.

Journée du 48 juin. A la pointe du jour, une compagnie du 10« bataillon de chasseurs à pied enlève rend)uscade russe du petit cimetière, dans le ravin du port du Sud, afin que Cette embuscade ne puisse gêner la marche de la colonne anglaise qui doit déboucher, dans la journée, par le ravin Woronzoff. Cinq Russes y sont foits prisonniers.

A trois heures du matin, l'artillerie ayant terminé ses réparations les plus urgentes, le feu reprend avec une grande énerve sur toute la ligne, et il est soutenu ainsi jusqu'à trois l^^ures de l'après-midi ; à ce moment, l'ordre est donnède ne plus répondre que coup pour coup, ce qui amène bientôt une diminution notable dans la vivacité du tir. Mines. A trois hcurcs et demie ^^ matin, au moment où les troupes du

^'^ corps s'élancent à l'assaut du front Malakoff , et pendant que le bastion du mÀt tire trè»-vivement, nous faisons jouer cinq fougassespierriers dont trois lancent parfaitement leurs projectiles dans te bastion.

gog Attaques (te gaache.

On n'entend d'ai^cun côté ler.travail du mineur russe, ce qui fait supposer que, s'àttendant à l'assaut, il tient plusieurs fourneaux prêts à jouer.

Le chef de bataillon du génie Rouiller, chef d^attaque; deux bri- i^«inu48au49juiD. gades de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On n'exécute que des travaux d'amélioration. Des brigades volantes sont chargées de réparer les dégradations faites dans les parapets par l'artillerie de la place. "^

Le chef de bataillon du génie Cadart, chef d'attaque; deux bri- wiiiïd«^«>«îOjuin.

On prolonge de 39gabjons la place d'armes de gauche de l'ouvrage du 2 mai , en formant un crochet en retour dans le but de protéger cet ouvrage.contre un mouvement tournant.

Quoique le tir de la place ait été assez vif contre Touvrage du 2 mai et que l'ennemi y ait lancé une dizaine de balles à feu, le travail n'a pas été interrompu, et il n'y a eu ni tués ni blessés parmi les travailleurs.

On amorce une nouvelle communication partant du cheminement qui passe en arrière de la batterie n^" 48, et aboutissant au puits du cimetière.

Quatre brigades volantes sont chargées de réparer les dégâts occasionnés sur divers points par le feu de la place.

L'artillerie répare également les dégradations faites à ses batteries; ce travail est interrompu pendant Une démonstration faite par l'énnèml sur la gauche des Anglais.

Les Russes ont incendié un groupe de maisons situées au pied des pentes que couronne la branche gauche du bastion du mât; ces maisons avaient été occupé^ la nuit précédente par les Anglais. ,

Le 19, à huit heures du ^oir, nous avons arrêté par une explosion Mines.

{aii) un cheminement ennemi qui arrivait près du talus des entonnoirs.

Attaqitêf de louche. .. 286 -—

Les mineurs russes ont repris leur travail; dans la nuit, on les entend sur quatre points.

Pertes du Î9 au 20 : 4 tués dont 1 officier; 32 blessés. Journée da 20 juin. A quatre heuFes du soir, nous faisons jouer un fourneau (o^) dans

Mines.

les entonnoirs, pour arrêter un cheminement ennemr, et nous don*

— 287 — AUai|oe«de gaucbe.

deux maisons du rayin du port du Sud incendiées la nuit précédente par les Russes.

Pertes du 21 au 22 : 1 tué ; 12 blessés.

A trois heures et demie du soir, nous donnons le feu à deux four- Jouruée du n juin.

Mines.

neaux {a^^et a^e) dans le talus, des entonnoirs; mais comme ils .ont joué contre le roc dur^ il est prel>able qu'ils n'auront pas produit beaucoup d'effet.

Le chef de bataillon du génie Petit, chef d'attaque ; deux brigades ^uil du n au iz juin. de sapeurs et 302 U-availleurs d'infanterie.

On prolonge de 20 gainons la place d'armes à gauche de l'ouvrage du 2 mai*

Pertes du 22 au 23 : 2 tués; 16 blessés.

Le chef de bataillon du génie Cadart, chef d'attaque ; deux brigades nuu du «3 au u juin. de sapeurs et 301 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 100 gabions la place d'armés àgaudie de l'ouvrage du 2 mai, jusqu'à l'alignement d'une coupure faite par l'ennemi dans le fond du ravin, et on se relie à cette coupmre par une tranchée provisoire de 59 gabions.

La place fait un feu de mitraille très-vif sur ces travaux ; mais le terrain échappant en grande partie à l'action des batteries, ce tir n'atteint pas les travailleurs : un seul a été blessé. La communication du puits du cimetière a aussi été inquiétée par l'artill^e de la place ; deux travailleurs y ont été blessés et un autre tué.

Le bord intérieur du grand entonnoir devant le bastion du mât est Mines.

transformé en parapet jusqu'à l'extrême gauche; on commencé une seconde communication entre la troisième et la quatrième parallèle en partant de cette dernière.

Pertes du 23 au 24 : 4 tués; 26 blessés.

A quatre heures du soir, nous faisons jouer un fourneau (a„) de Joumée du «4 juin.

Mines.

l'inténeur des rameaux, pour arrêter plusieurs cheminemmts «memis contre lesquels nos explosions du 22 n'avaient pas agi avec assez

AlUiques de gauciie. «— . 288 -—

d'efficacité. Quelques instants plus tard, nous donnons le feu à une fougasse-pierrier, qui a porté dans le bastion du mât où les Russes paraissaient être en nombre.

L'ennemi fait jouer à sept heures du soir un camouflet (d^), qui a blessé un mineur dans les entonnoirs.

Nuit du S4 aa 25 juin. Le Chef de bataillon du firénie Noëh Chftf d'attuniiA • Haut hrîcyailac

une couche épaisse de terre végétale, qui permet de donner à la tranchée 1"50 de profondeur.

Dans les carrières de gauche, bn complète le défflement par la construction de plusieurs traverses en gabions. UiDCi. L'ennemi a fait jouer deux camouflets {d^ et d^^) à neuf heures et

289 AlUques de gauche.

demie et à dix heures et demie du soir. Le premier n'a pas produit d'autre effet que d'infecter l'une de nos galeries et d'en éloigner le mineur pendant toute la nuit; le seconda tué un mineur et en a blessé deux autres.

Pertes du 25 au !26 : 1 tué; 15 blessés.

A trois hem-es et demie du soir, nous écartons par une explosion ^^^^^^ ^"''*- (a») effectuée dans le talus des entonnoirs un cheminement russe qui arrivait très-près de ce talus. L'ennemi, qui envoie des bombes avec une grande précision sur nos descentes, les endommage sans cesse.

Le chef de bataillon du génie Petit, chef d'attaque ; deux brigades ^"'^ ^" ^^ «" ^^ J»'ode.sapeurs et 302 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 50 gabions la place d'armes, de l'ouvrage du 2 mai, en se dirigeant vers l'extrémité droite de la place d'armes du 23 mai. Mais 1^ hommes étaient à peine à l'ouvrage que la place ouvre un E^u très^vif, partant de la lunette de gauche du bastion central, qui domine fortement la tranchée et la prend presque d'enfilade. En moins d'une heure, deux travailleurs sont tués et onze sont blessés. On a interrompu le travail, qui n'a pu être repris , la place ayant continué à tirçr jusqu'au jour.

Dans le ravin de la ville, on ouvre, à partirdç la. source, une tranchée 4e 120 gabions de longueur^ dans le but de mieux relier entre elles les attaques du bastion du mât et celles du bastion central. La nouvelle tranchée, qui se trouve en bon terrain , a pu être continuée pendant le jour.

L'ennemi a lancée pendant toute la nuit, une grande quantité de bombes sur la gauche de nos attaques, principalement sur la batterie n-50.

Pertes du 26 au 27 ; 2 tués ; 24 blessés.

Le capitaine du génie de firévans, chef d'attaque; trois brigades NuiiduîîauWjuia. de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

Attaques de gaucbe. — 290 -~

La nouvelle tranchée du ravin de la ville est poussée jusqu'aux carrières à droite de la batterie n* 40.

On commence trois traverse^ dans la portion de tranchée qui occupe le fond du ravin de la quarantaine/et on reprend, à Textrémité de ce cheminement, le travail qu'on avait été forcé dlnterromjwe la nuit dernière, mais il est fortement inquiété par le feu de la place et ne fait que peu de progrès.

Une brigade d'une trentaine de sapeurs, commandée par un officier du génie, se dirige sur le petit mamelon vert situé à la jonction des ravins qui aboutissent au fond du' port du Sud, afin d'y établir un poste pour nos chasseurs dans l'embuscade que nous avons enlevée aux Russes le 18 juin. De leur c6té, les Anglais retournent à leur profit les embuscades établies dans le petit cimetière, entre le som* met du mamelon et la gauche de leurs attaques.

La place a beaucoup tiré sur les travailleurs et sur les batteries en construction ; notre artillerie lui a répondu.

Pertes du 27 au 28 : 1 tué ; 24 blessés. Journée du M juin. A quatrc hcuTes et demie du soir, nous donnons le feu à deux globes de compression (a 59 et aeo) qui ont ramené à la surface des entonnoirs beaucoup de débris de coffrages russes. Le premier produit un beau logement en avant des anciens entonnoirs. Nuiidu 28 au «9 juin. Lo chcf de bataillou du génie Cadart, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 204 travailleurs d'infanterie.

On continue les travaux entrepris. Les travailleurs ont ététrèsgènés par le feu de la place. Le capitaine du génie Méyère a été blessé.

Hioes. A quatre heures et demie du matin, nous faisons jouer un globe de

compression {a^i) qui a détruit quelques galeries de l'ennemi, mais nos communications avec la quatrième parallèle ont aussi été endommagées par les trois dernières explosions.

Pertes du 28 au 29 : 3 tués; 21 blessés dont 1 officier:

— 291 — Attaques de gauche.

Le chef de bataillon du génie NoëU chef d'attaque ; deux brigades Nuit du t9 au 30 juin.

On rétablit, à l'extrémité de la tranchée qui traverse le ravin de la quarantaine, une dizaine de gabions qui avaient été renversé» par le canon de la place ; ou termine lés cinq traverses commencées dans ce cheminement, et on en amorce une nouvelle.

Le feu de la place, qui a été violent pendant presque toute la nuit, a rendu fort difQcile l'exécution de ces travaux.

La battme n"" 35 a été armée d'un mortier à plaque.

Pertes du 29 au 30 : 2 tués ; 22 blessés.

Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque; deux bri- Nuiiduaojuin au 4" gades de sapeurs et 150 travailleurs dinfanterie. r '

On continue péniblement les travaux entrepris et on répare les dommages causés aux tranchées par lé feu de la place qui a été trèsvif pendant toute la nuit. )

Pertes du 30 juin au !•' juillet : 1 tué ; 36 blessés dont 3 officiers.

Les pertes du 1" corps, pendant le mois de juin, s'élèvent à 155 Pertes du 4" corps. tués dont 10 officiers ; 1,157 blessés dont 31 officiers ; en tout, 1,312 hommes hors de combat

Le nombre de travailleurs employés aux attaques de gauche a été Nombre de trayaiucurs en moyenne de :

■ 98 sapeurs ou mineurs et 317 soldats d'infanterie par journée ;

103 — 448 — parnuit.

Le capitaine du génie Breçsonnet, chef d'attaque ; deux brigades attaques de droite. de sapeurs et 350 travailleurs d'infanterie* Nuit du 4«' au 2 juin.

On prolonge le mur en pierres sèches de la communication qui, longeant à mi--côte, à travers d'anciennes carrières, la berge droite du ravin du carénage, conduit au poste avancé qui a été établi dans la nuit du 30 au 31 mai.

On commence dans les carrières, à l'extrême pointe du contre-

Attaques de drofle. — ; 292 —

fort de Féperbn, une place d'armes en pierres sèches destinée à recevoir un poste pour éclairer les escarpements du ravin du carénage.

Les Russes ont établi sur les hauteurs du carénage deux nouvelles embuscades qui, placées sur une croupe faisant saillie dans le ravm» enfilent la partie de ce ravin que nous occupons depuis peu et dans laquelle nous avons construit, par précaution, des traversés en pierres sèches. .

Pertes du l*** au 2 : 7 blessés dont 2 officiers. Nuudu2au3iuin. Le cheîF de bataillon du génie Boissoimet, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 450 travailleurs d'infanterie. *

On continue les travaux de la veille dans le ravin du carénage, et on construit une communication pour monter à la place d'armes de l'éperon.

L'artillerie arme la batterie n"" 13 de deux canons de campagne. On a été obligé de pratiquer un passage pour ce? pièces dans le parapet de l'enveloppe dé la batterie n** 1 ; la coupure a été bouchée dans la nuit même, et organisée en embrasure avec plate-forme pour une pièce de campagne qui sera très-bien placée pour battre les nouvelles embuscades russes enfilant le ravin du carénage.

Pertes du 2 au 3 : 9 blessés.

Du 3 «u 6 juin. L'artillerie et le génie achèvent leurs préparatifs en vue de l'attaqué des ouvrages extérieurs russes, projetée pour le 7 juin. L'artillerie, dont les batteries sont toutes en état, y transporte une grande quantité de projectiles. Lé général Frossard fait réparer les couronnements et toutes les parties endommagées des tranchées ; il fait établir des gradins de franchissement dans les parallèles, défiler tous les cheminements contre l^s vues éloignées de Tennemi, afin de lui dérober les mouvements des troupes ; on transporte dans les tranché€|^ un grand nombre de gabions, de fascines et de sacs à terre que l'on place à l'abri des vues de l'ennemi et le plus possible à f^ortéé des attaques projetées.

Pertes du 3 au 6 : 5 tués ; 20 blessés.

A trois heures de raprès-midi , on ouvre le feu de toutes les batteries des attaques du carénage et de Malakoff ; ce feu est principalement dirigé sur la redoute du mamelon vert (Kamtchatka) et sur les deux redoutes de la croupe du carénage (ouvrages blancs). En même temps, les batteries anglaises ouvrent leur feu contre Fouvrage Malakoff, le grand redan (bastion n^" 3) et la batterie des casernes.

Les Russes, surpris, ont d'abord faiblement répondu, mais leur tir s'est animé peu à peu. A cinq heures, la canonnade était extrêmement yive de part et d'autre.

Une partie de nos batteries des attaques de gauche ont soutenu celles des Anglais, ainsi qu'il a été dit plus haut.

Le feu a continué pendant la nuit. La redoute Kamtchatka, qui a été accablée de bombes, a faiblement répondu, et au jour, elle ne tirait plus que de deux pièces. Les deux redoutes du carénage ont continué à tirer sans interruption, mais avec peu de vivacité.

Pertes du 6 au 7 : 16 tués ; 133 blessés dont 7 officiers.

Il avait été convenu entre lés généraux en chef qu'en même temps que les Français^enlèveraient les deut redoutes du carénage et celle du Qiamelôn vert, 1^ Anglais s'empareraient de leur côté de l'oîivràge des carrières, situé en avant du grand redan.

Cette opération devait être faite dans la soirée, à uqe heure telle qu'on pût combattre de jour et travailler de nuit pour s'établir dans les ouvragessans trop souffrir dix feu de la placer

L'attaque, du c6té des Français, était confiée à une partie des troupes des 2% 3% 4.* et 5* divisions du 2» corps, sous la direction du général Çosquet. A quatre heures et demie du soir, ces divisions vont prendre position dans les tranchées; les divisions Mayran (3*) et Dulac (4') sur le plateau^ du carénage, les divisions Oamou (2«) et Brunet (5') devant le mamelon vert. En outre, la division turque

AttaqiK^s de droite.

Journée du 6 juio et nuit du 6 au 7.

Journée du 7 juin.

Attaque des onrraget

eitérieurs.

Attaques de droite. — 294 —

d'Osman-Pacha, détachée par Omer-Pacha de son année de la Tchernaya, était venue prendre position sur les hauteurs du mont Sapoun.

Le général Frossard est chargé de diriger les travaux à exécuter,

ilèvement des redoutes.

Le capitaine du génie Delaboissiére, avec un détachement de 3

— 295 — Auaques de droite.

sapeurs de sa compagnie, marcjiait avec la colonne du général de Layarande pour détruire les obstacles et faciliter le passage des troupes. Le- capitaine Masselin, ayant ayec lui un détachement de 27 sapeurs commandé par le sous-lieutenant Laloy, accompagnait la colonne du général de Failly. Les sapeurs portaient leurs outils à la ceinture. On avait également muni d'outils à manches courts, portés à la ceinture, une compagnie d'infanterie de chaque colonne, afin de pouvoir exécuter rapidement les premiers travaux d'établissement dans les ouvrages.

Un espace de plus de 300 mètres sépare nos tranchées de la première redoute (Volhynie). Pour arriver à la seconde (Sélinghinsk), la distance est double et Ton est pris de flanc par les feux de la première.

Au signal, la brigade de Lavarande s'élance au pas de course de la deuxième parallèle vers la redoute Volhynie. Malgré les feux qui renversent beaucoup d'hommes dans le trajet, nos soldats abordent l'ouvrage, se jettent dans le fossé qui a deux mètres de profondeur, franchissent l'escarpé eh profitant des aspérités du rocher, et pénètrent dans la redoute par les embrasures et par-dessus le parapet. Là, s'engage un combat corps à corps, à la baïonnette et à coups de crosse; mais il est de courte durée : ne pouvant résister à nos intrépides soldats, les Russes, tués ou refoulés, nous laissent en possession de la redoute.

La brigade de Failly, malgré la grande distance qu'elle a à parcourir et les feux de flanc très-meurtriers du premier ouvrage, aborde la redoute Sélinghinsk et l'enlève en peu d'instants. Les Russes se retirent dans la batterie de cinq pièces construite le 2 mai sur la dernière croupe du contre-fort, ou bien cherchent à gagner le pont qui traverse la baie du carénage. Mais ils sont poursuivis par nos soldats et chassés de la batterie du 2 mai. Une colonne russe s'avance pour reprendre cette batterie : elle est refoulée par une charge à la

Âlla^Ues de droilc. — 296

baïonnette et laisse entre nos mains 60 prisonniers dont 3 officiers. Toutefois, cet ouvrage étant à plu^ de 500 mètres de la redoute Selinghinsk.son occupation n'est pas nécessaire; d'un autre côté, on y souffrirait beaucoup des feux d'artillerie de l'enceinjte et des batteries du nord du port ; par ce double motif, le général. May ran se décide à l'évacuer, après avoir ordonné d'enclouer Içs pièces.

Pendant que les ouvrages qui défendaient la croupe du carénage étaient ainsi enlevés avec la plus brillante bravoure, le lieutenantcolonel Larrouy d'Orion descendait avec deux bataillons par le fond du ravin ; arrivé au pont-aqueduc qui le traverse, il gravit les escarpeAients de la. berge droite. Ce mouvement tournant, exécuté avec résolution et habileté, empêche les Russes chassés des ouvrages de rentrer dans là place : 400 prisonniers dont 12 officiers restent en notre pouvoir ; çiais le colonel Larrouy est mortellement blessé.

Le détachement de. sapeurs du capitaine Delaboissière s'est distingué par sa bravoure à l'attaque de la redoute Volhynie. Cet officier a pénétré un des premiers dans Touvrage russe'avec les sergents Thouzellier, Blancher et Ché;-y. Deux de ces derniers ont été blessés et le capitaine lui-même a été mortellement frappé. Ce détachement, qui se trouvait commandé par le sergent Chéry, ayant éprouvé de grandes pertes, le commandant Charçton le fit soutenir par la brigade de sapeurs qui travaillait aux communications, afin que l'établissement dans l'Quvrage conquis ne fût pas compromis, .et les travaux furent immédiatement entrepris et continués avec la plus grande activité.

A l'attaque de la redoute Sélingbinsk, le capitaine Masselin s'étant jeté dans le fossé avec le détachement de sapeurs, a couru à la gorge pour faire couper le pont en pharpente qui était le seul moyen de retraite des Russes. Cette tentative hardie a puissamment contribué à diminuer leur résistance. Une partie de la garnison a abandonné l'ouvrage en franchissant les parapets.

297 AtUqoes de droite.

A l'attaque de la redoute du mamelon vert, nos troupes ont à Iran- iJiJjJJJS^^jî^ (piTvïli). chir une distance d'environ 450 mètres; elles suivent une direction qui, par suite des ondulations du terrain, échappe aux vues de l'enceinte, soit du c6té du bastion n"" 2, soit du côté du bastion n"" 3 ; les feux, directs de l'artillerie de la redoute Kamtchatka ne sont même pas très-dangereux, à cause de la raidem' des pentes, mais on est pris de Aanc pw les ouvrages du carénage. Au signal du général en chef, la brigade Wimpffen, formée en trois colonnes, s'élance vers le mamelon vert et enlève au pas de course les embuscades avancées des Russes. A droite, les tirailleurs algériens, commandés par le colonel Rose, s?emparent d'une batterie de quatre pièces, annexe de la redoute. Le colonel deBrancion, du 50* de ligne, au centre, et le colonel de Polhès, du 3« zouaves, à gauche, abordent résolument la redoute elle-même. Au moment où nos soldats, arrivant au sominet des pentes, sont le plus exposés aux feux de mitraille et de mousqueteriè, ils voient devant eux un fossé large et profond creusé dans le roc, et derrière ce fossé un parapet à grand relief; ils se jettent dans le fossé sans hésiter. Pendant que les uns courent à la gorge de l'ouvrage, d'autres, profitant de quelques éboulements du parapet et montant sur le dos de leurs camarades, arrivent aux embrasures, entrât dans la redoute et en, chassent les Russes que tant d'audace déconcerte. Le colonel de Brancion, qui a le premier planté son aigle sur l'ouvrage russe, est frappé à mort.

Aussitôt après l'enlèvement de l'ouvrage, le capitaine du génie Salanson, qui a avec lui une brigade de 29 sapeurs commandés par le capitaine Yirte, fait, en arrière d'un bourrelet de terre qui existait à la gorge, un logement pour lequel il emploie des gainons russes trouvés surplace; ons'eflèrceaussi d'ouvrir l'ouvrage du côté de nos attaques.

Malheureusement une partie de nos soldats, se laissant entraîner à la poursuite de l'ennemi, arrivent jusqu'au fossé de l'oiivrage Malakoff et cherchent à pénétrer dans la place avec les Russes. Ecrasées

Attàqti^ê de droite. — 29g

de feux et prises de flanc par un retour oITensif de rennemi , ces troupes, qui laissent un grand nombre de morts entre le mamelon vert et l'enceinte de la place, sont forcées de rétrograder j pressées par rennemi, elles rentrent précipitamment dans la redoute où elles viennent jeter le désordre. Les Russes se présentent en force à 14 gorge , et après un comb<at de courte durée, dans lequel nous perdons de braves soldats qui ne veulent pas céder le terrain, la redoute nous est reprise. Les Russes Toccupent de nouveau et reprennent le tir de leur artillerie qui n'avait pas été endouée. Ils arrivent môme jusqu'aux contre-approches qui sont en ayant de la redoute.

Cependant, à peine revenus dans leurs tranchées , nos soldats se reforment rapidement; le général Camou fait avancer la brigade Vergé, tandis que la division Brunet, qui la suit, Tient occuper nos parallèles. Les deux brigades réunies de la division Camou s'élancent sur la redoute, l'entourent de tous côtés, l'attaquent avec une nouvelle ardeur et en reprennent possession. Cet ouvrage qui, par la profondeur de ses fossés, la hauteur de ses parapets, le calibre et le nombre des pièces qui l'armaient, dépassait les proportions d'un ouvrage de campagne, était définitivement conquis à sept heures et demie, au moment où l'obscurité allait favx)riser les travaux du génie*

L'attaque des Anglais Tut également couronnée d'un plein succès. Nos alliés enlevèrent bravement l'ouvrage des carrières et s'y établirent.

* Un grand pas venait d^être fait : tous les ouvrages extérieurs du faubourg Karabetaaya étaient en notre podvoir ef les Russes étaient rejetés derrière leur enceinte. 73 bouches à feu étaient tombées aux mains des Français, savoir : 31 canons de gros calibre dans la redoute du mamelon vert ; 12 canons de gros calibre, 2 mortiers de 13 pouces et 6 petits mortiers dans la redoute Volhynie ; 22 canons de gros calibre dans la redoute Sélinghinsk. Nuit du 7 au 8 Juin. AussitiH que îcs ouvragcs russes ont été occupés par nos troupes^

— 299 — AlUqifes de droU^.

les officiers du génie ant fait exécuter Les travaux de défense contre les retours offensifs, ainsi que les çonununieations avec nos tranchées les plus avancées.

La communication avec la redoute Volbyrtie, entreprise avec 400 U^avaiUeurs d'infanterie, a été tracée de manière à être couverte par le terrain môme contre les coup^ tirés de l'ouvrage Malakoff ; partant du centre de la deuxième parallèle, elle contourne^ suivant une ligne courbe, 1^ naissance du ravin transversal qui descend vers le fond du port. Cette communicatiooi qui a un développenient d'envi^ ron 350 mètres, ^ été faite avec des gabions ; à la 0n de la nuit, on y était à couvert, sauf en quelques points ot la nature rocheuse du soi n'avait pas permis de s'approfondir.

A 150 mètres environ çn avant de la redoute Volhynie, on a trouvé qyatonsê caisses de poudre avec appareil fulminant, comme ceUeiBi que les Russes avaient placées dans le ravin du carénage.

Le terrain compris entré les deux redoutes étant rocheux et battu par de nombreux feuiL d'artillerie, on ne pensa pas pouvoir établir» dans cette j^emière nuit, ime communication directe entre ces deux ouvrages ; mais on s'assura le libre accès de la redoute Sélingbipsl^ par le ravin du carénage, en (^ofitanj; ^m^ trani^iée rw^e qu| desrcmidait ¥^f ee ravin en partant de la droite de l'oiivrage. Le ç^çitame du génie Pomain fut chargé d'exécnt<^ ce travail avec un âé^r tachâment de 31 sapeurs et 300 hommes d'înfanierie. Il constrmsM; une rampe sur le flanc irocheux di| ravina pui», h partir du spmmejt dereieurpement, il établit une gabionnade 4§ WO mètres de longueur rejoignant la communication des Russes, qui fut transforma #1 Hobre usageau mioyen d'une tranchée crensée de notr^ côté au pied de Bon parapet» Àm jottr» cas tr»v9ux MêmntmfQsmJàmui avancés» giéce h l'activité remarquable qu'avait déployée le capitaine Por-r nam. G»t o^der n'était cependant qu'imparfaitement guéri i'm^ blMiurc «s'il ^%Bt reçue }i9 16 avril.

Allaques de droik*. — 300 —

Dans la redoute du mamelon vert, on a construit un épaulement à la gorge, on a fait des coupures dans le parapet du côté de nos attaques, et on s'est empressé de fermer solidement , du côté de la place, les ouvertures des magasins blindés remplis de poudre.

Le capitaine du génie Segrétain fut chargé de relier l'ouvrage dû

«lAC««lArkl

rkKArka Tl ^icivv/^offtîf \ />Af â^tVekê Ad\ TTJ.

Dans tous ces travaux, on a profité des terres excavées ou rapportées par les Russes, avantage précieux sur ce terrain de roc. L'ennemi doit regretter d'avoir transformé en lignes continues, mal vues par la place, les petites embuscades qui suffisaient pour gêner beaucoup nos cheminements, car au 7 juin, ainsi qu'au 2 et au 23 mai,

— 301 — AUaqueft de droite.

nous avons profité de ses contre-approches pour nous couvrir des feux de sa formidable artillerie.

Les communications de droite avec la redoute Kamtchatka, établies en bon terrain, ont pu être rapidement perfectionnées; mais à celles de gauche, assises sur un sol rocheux et battues par les feux du bastion n^ 3, on a éprouvé de grandes diflScultés partout où l'on n'a pu profiter des travaux des Russes. Il a fallu se couvrir avec des gabions remplis de sacs à terre, et en quelques points on a dû les placer sur deux rangs. Ce travail a été fort contrarié, «t bon nombre de travailleurs ont été atteints par le feu de la place. Le lieutenant du génie Boyre, officier brave et zélé qui avait déjà été blessé aux attaques de la ville, fut tué dès le commencement du travaih; un peu plus tard, le chef de bataillon de Préserville, officier d'un grand avenir, ftit mortellement atteint par un éclat d'obus.

L'artillerie profite de la nuit pour refaire dans ses batteries une grande partie des embrasures qui étaient dirigées sur les ouvrages conquis; elle reconnaît dans ces ouvrages les emplacements de nouvelles batteries à construire, savoir : dans la redoute du mamelon vert;, les battwiès n^» 15, 15 bis, 16 et 17 ; dans la redoute Sélinghinsk, les batteries n^"* 18 et 19 ; et dans la cedoute Yolhynie, la batterie n*SO.

Le 8 juin, au point du jour^ le général de Lavarahde est tué par un boulet dans la redoute Yolhynie. L'armée perd en lui un de ses plus brillants officiers généraux.

Nos pertes, du 7 au 8, se sont élevées à 697 tués dont 69 officiers ; 4,363 blessés dont 203 officiers; 383 disparus dont 4 officiers.

Le chef de bataillon du génie Boissonnet et le capitaine Bresson- journée du s juîd. net^ diefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 1,000 travailleurs d'infanterie.

Au mamelon vert, on continue à élargir et à approfondir les deux communications qui relient nos tranchées avec la première ligne de

Attaques de droite. — 302 —

contre-approchei ainsi que celle qui relie entre elles la droite des deux lignes russes. On creuse une tranchée au pied du parapet de la deuxième ligne. On travaille aussi à épaissir le parapet fermant la gorge de la redoute, et on y établit plusieurs traverses contre les éclate des projectiles creux.

tion que l'on se propose d'ouvrir pour les relier entre eux.

Au jour, on voit que les Russes ont évacué la batterie du 2 mai, nous abandonnant toute la asoupe doat nous occupoM le i

— â03 -^ AHtqëes de droite.

Ils Commehcent à replier la passerelle qui trayerse la baie du caré-* nage.

Pertes dû 8 au 9 : 7 tués; 36 blessés.

Les chefs de bataillon du génie Abinal et Fingault, chefs d'at- ^«^^ ^" ^ J"'«taque.

Une suspension d'armes a lieu, de midi à cinq heures, pour l'enlèvement dés morts qui jonchent le terrain entre la place et les ouvrages conquis le 7. On recueille 380 Français et l'on rend 350 cadavres aux Russes. L'ennemi avait déjà relevé une partie de ses blessés et de ses morts pendant la nuit.

Cet armistice a nui à la continuation des travaux, mais il a permis d^étudier le terrain compris entré le mamelon vert et la place, et tout le plateau du carénage jusqu'à la rive du port. On troiive de la terre sur le versant du mamelon vert qui regarde la place, mais, à partir du pied de la pente, on tombe dans des carrières fort irrégulièrement exploitées, autour desquelles il ne se rencontre pas de terre végétale. Si Ton peut gagner ces carrières, on y trouvera des ateis, mais on éprouvera de grandes difficultés pour cheminer au delà, et cependant elles sont, sur différents points, éloignées de plus de 300 mètres de la place. Sur la droite et sur la gauche du mamelon vert, principalement du côté du bastion n<> 2, on voit qu'en avant de l'enceinte les Russes ont enlevé le peu de terre qui recouvrait le roc. La batterie du 2 mai a été faite avec des terres rapportées et le sol est complètement dénudé autotir d'elle, mais au pied des pentes de cette croupe la terre végétale a de la profondeur.

Deux brigades de sapeurs et 650 travailleurs d'infanterie. J^"»» ^^ ^ «« ^^i^^-

A l'attaque Malakoff on ouvre, à partir de la gauche de la première ligne russe (troisième parallèle), une communication réunissant les deux lignes de contre^approche. Le terrain étant de nature rocheuse, ce travail exigera plusieurs jours.

On devait commencer une grande place d'armes en avant et à

Atlaqiies de droite. — 304 —

droite du mamelon yert, mais une alerte qui a eu lieu au commen*cément de la nuit ayant dispersé les travailleurs, on a dû renoncer à cette opération. Les Russes s'étaient montrés devant l'ouvrage Malakoff, probablement dans l'intention d'établir des embuscades. Ils ont été repoussés par quelques compagnies du 91* de ligne aux or-

communication directe entre les deux redoutes.

Les Russes envoient toujours un grand nombre de bombes dans l'ouvrage du mamelon vert.

Pertes du 10 au 11 : 7 tués; 38 blessés dont 1 officier. Nuit du u 8B n juin. Le chef de bataillon du génie Boissonnet et le capitaine Segrétain,

chefs d'attaque; trois brigades de sapeurs et 675 travailleurs d'infanterie, dont 250 Turcs.

La place d'armes ouverte la nuit précédente en avant du mamelon vert est prolongée sur sa gauche, en forme de parallèle courbe enveloppant le mamelon Jusqu'à sa rencontre avec une grande tranchée russe qui descend vers le front Malakoff. On amorce la communication qui doit relier cette cinquième parallèle avec la place d'armes en arrière.

A 70 mètres en avant de la redoute Sélinghinsk, on fait une place d'armes de 60 mètres de longueur terminée à droite par un retour et à gauche par un poste pour quelques hommes. On commence à ouvrir un passage pour les voitures d'artillerie dans le parapet de la redoute.

Le feu de la place a été très-vif, surtout contre ce dernier ouvrage que l'artillerie commence à armer. Les Russes ont beaucoup travaillé à la portion d'enceinte qui descend de la batterie de la pointe (bastion n*" 1) à la baie du carénage. Ils ferment tous les passages qui s'y trouvent, et ouvrent des embrasures. Pour se défiler des ouvrages du carénage dont nous nous sommes emparés, ils exhaussent les parapets et multiplient les traverses.

Pertes du 11 au 12 : 3 tués dont 2 oflSciers; 10 blessés.

Les chefs de bataillon du génie Pingault et Abinal, chefs d'atta- Jouruécau42juin. que; deux brigades de sapeurs et 890 travailleurs d'infanterie, dont 250 Turcs.

On perfectionne la cinquième parallèle devant le mamelon vert, et on ouvre, à partir de la droite de cette parallèle, le premier boyau d'une communication devant rejoindre les cheminements en arrière. Ce travail a pu être fait de jour, grâce à la dépression du terrain qui le dérobe aux vues directes de la place.

On achève le passage que l'on a ouvert dans le parapet de la redoute Sélinghinsk pour les voitureà d'artillerie.

Attaques de droite. — 306 —

Nuii dn 12 m 13 juin. Tfois brigadcs de sapeurs et 1405 travailleurs d'infanterie, dont iOO Turcs.

Oo prolonge la cinquième parallèle de 70 mètres vers sa gauche; on ouvre, sur la droite et en avant de cette parallèle^ une nouveUe place d'armes de 100 mètres de longueur , afin de nûeux toît le terrain en avant.

On ouvre ce cheminement sur une longueur de 160 mètres,, à j^kr de la tête du tracé; ce travail ayant été fait en tranchée siviple, faute de gabions,, les hommes n'étaient pas couverts au jour. Pertes du 13 au 14 : 4 tués dont 1 ofiicier ; 44 blessés. Journée du 44 juin. Lo général OU chof, voulant honorer la mémoire du général de Lavarande et du colonel de Brancion, ordonne que les ouTia^w

— . 307 -^ Atuqnes de droite

dans lesquds Us ont trouvé ime mort glorieuse porteront à Tayenir leurs noms. En conséquence, l'ouvrage du mamelon vert (redoute Kamtcha&a des Russes) **appellera redouk Brandon, et les ouvrages blancs (redoutes SéMnghinsk ^ Volhyttie) prendront le nom d*o?/vrûge$ Lavarande (»• 1 et n«^ 2>.

Le dief de bataillon du génie BaiWj et le capitaine Denfert, chefs ^^^ ^" ^* «« ^» i«'»d'attaque; trois brigades de sapeurs et 750 travailleurs d*infantérie, érat325Tur€s.

La roâie qui vient du pont dlnkermann et qui passe sous les ouvrages Lavarande descend dans le ravin du carénage et, après avoir monté en rampe la berge opposée, tourne vers l'ouest pour se rendre à SébaAopol. On construit vers te tournant de cette route, au point où elle cesse d'être en déblai, une embuscade de trente-sept gabions arec deux retours ; au jour, on place 50 hommes de garde dans ce poète avec une réserve qui se trouve abritée par le talus de la route. Maifi les boulets des Russes ayant bouleversé la gabionnade aussitôt qu'elle a été aperçue, les hommes de garde sont forcés de se réunir à la réserve. En arrière du point où se réunit cette réserve, se trouvât une ancienne embuscade russe ; on l'a organisée à notre usage et on a pu y laisser, au jour, quelques hommes de garde pour soutenir le poste de la route.

Notre établissement dans la batterie du 2 mai est consolidé au moyen de deux fortes travCTses ayant deux gabions d'épaisseur et deux gabions de hauteur, qu*on élève aux deux extrémités de l'épaulement de la batterie. Enfin, on achève d'ouvrir la place d'armes qui enveloppe l'ouvrage Lavarande n** 1 .

Pertes du 14 au 15 : 11 tués; 77 blessés.

Le dief de bataillon du génie Boissonnet et le capitaine Bres- loaraée du 45 juin. sonnet, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et jS70 travailleurs d'infanterie.

On amorce ^r 50 mètres de longueur une tranchée allant de la

Attaques de droite. 30^

redoute Brandon au coude de la communication qui relie la quatrième à la cinquième parallèle. .

Nuit du <6 au lôjuin. Trois bHgades de sapeurs, et 700 travailleurs d'infanterie.

On rétablit le poste de la route qui a été bouleversé par les boitlets russes ; on le prolonge de 47 gabions sur sa gaucfae, on double partout les gabions et on les couronne de fascines. Un second poste est établi à environ 100 mètres sur la droite» près de la route, au sommet des escarpements, sur un point d'où Ton découvre le ravin du.carénage jusqu'au port. Sur l'un comme sur l'autre point, la nature rocheuse du sol n'a permis de donner qu'une faible profondeur aux tranchées.

On prolonge jusqu'à la redoute Brancion la communication commencée dans la journée. On organise un petit poste en avant du même ouvrage, à l'extrémité d'une portion de caponnière russe dirigée v^rs la place, afin de bien voir les carrières situées au pied du mamelon.

Le travail a été interrompu vers minuit et demi , pendant plus d'une heure, par suite de l'apparition d'une patrouille russe sur la droite de notre place d'armes la plus avancée. Cet incident a provoqué une canonnade et une fusillade très-vives; les Russes ont lancé des balles à feu dans toutes les directions.

Sur le flanc du contre-fort du carénage, on a établi trois nouvelles embuscades : deux vis-à-vis le pont aqueduc, pour surveiller le ravin aux abords de ce pont, ^ la troisième pour protéger les deux premières et voir en même temps les pentes opposées du ravin.

Pertes du 15 au 16 : 10 tués ; 45 blessés. éMLni'^Twé^nln ^^ géuéraux en chef avaient résolu de profiter de la victoire du fauboiÏKmwnays. ^ juiu et dc l'influcnce morale que cet échec avait dû produire sur les Russes pour tenter d'enlever la place. L'ennemi, confiant dans les ouvrages extérieurs et dans ses contre-approches, avait négligé de perfectionner plusieurs parties de l'enceinte du faubourg, notamment la courtine qui reliait l'ouvrage Malakoff au bastion n^2 ; mais main-

— 309 -^ ÀlUques de droile.

tenant» nos projets d'attaque contre le faubourg étant démasqués, on né pouvait pas douter qu'il ne ftt tous ses efforts pour renforcer ses moyens de défense, soit sur l'enceinte elle-^même, soit en arrière.

L'artillerie française avait armé et approvisionné les batteries construites dans les ouvrages et sur le terrain nouvellement conquis ; 42 pièces placées abonne distance dirigeaient des feux plongeants sur l'enceinte. Le génie avait fait une bonne parallèle et de grandes places d'armes en avant et à droite de la redoute Brancion. On était, il est vrai, à plus de 400 mètres de l'enceinte, mais on ne pouvait s'avancer sans tomber dans des terrains de rocx>ù les cheminements allaient présenter de grandes difficultés et par suite de longs retards. Les Anglais, maîtres de l'ouvrage des carrières, avaient poussé leurs cheminements jusqu'à 250 mètres du bastion n"" 3. Aux attaques delà ville, nous étions à 70 mètres du bastion du mât et à 90 mètres du bastion central. L'artillerie avait augmenté le nombre de ses batteries et les avait rapprochées de la place. Une de ces batt^ies, construite à 340 mètres du mur crénelé, à la droite du bastion central, voyait ce mur jusqu'au pied. Si la brèche qu'on pouvait faire ne devait pas être facilement abordable, il était certain du moins qu'elle serait une grande cause d'inquiétude pour la garnison.

Les batteries des alliés étant prêtes à faire feu et l'attaque étant décidée, on pouvait, soit attaquer en même temps la ville et le faubourg pour occuper l'ennemi partout et pénétrer en force sur le point où l'enceinte aurait pu être forcée, soit concentrer tous ses efforts sur le faubourg en avant duquel nous occupions une position dominante et où, l'enceinte franchie, on rencontrerait moins d'obstacles que dans la ville.

Il fut décidé qu'on n'attaquerait que par le faubourg, mais qu'une partie de l'armée serait portée sur la Tchernaya pour faire une diversion et repousser au, besoin toute attaque de l'armée de secours.

Les généraux arrêtèrent en conséquence les dispositions suivantes :

Anales de 4rate. — 310 —

Le dix-sept, à la pointe dii jour, ouverture générale du feu contre la place, et le dix-liuit, de grand matin, assaut des Français sur le frmt Malakoff et des Anglais sur le grand redan.

Le génial Bosque* reçut lé commandement des troupes françaises réunies sur la Tchemaya et composées des 1"^, î' et 4" divisions du S* corps, de la f division du corps de réserve, de toute la cavalerie, d'une batterie de montagne et de 4 batteries à cheval.

Les troupes chargées d'attaquer lé faubourg furent placées sous les ordres du général Regnault de Saint-Jean d'Angely; elles ^é composaient de la l"** division du !•' corps, des 3* et 5* divisions du 2* corps et de la division de la garde impériale.

Le général de Salles, commandant le f corps, avait sous ses ordres les ï, 3* et 4' divisions du 1" corps et la 2* division du corps de réserve.

Le 17, en même temps que toutes les batteries des assiégeants ouvriront leur feu, l'armée sarde et l'armée turque feront un mouvement pour menacer les Russes du côté d'Aï-Todor. Journée du 46 juin. D^ns la jouméo dîi 16 julu, on opère tous les mouvements qu'exigent les dispositions ordonnées parle général en chef:

La l'^* division du 1" corps (division d'Autemarre), qui vient de rentrer de l'expédition de Kertch, se rend des attaques de gauche à celles de droite ;

. Les 2« et 4* divisions du 2* corps (divisions Camou et Dulac) descendent de leur camp dans la vallée de la Tchernaya :

Les l*^* et 2* divisions du corps de réserve (divisions Herbillon et d'Aurelle) quittent Kamiesch et se rendent, la 1" sur la Tchernaya, la 2'' aux attaques de droite.

. * A deux heures , le général Regnault de Saint-Jean d'Angely va

recevoir le commandement des attaques de droite. Le général Bosquet transporte, vers le soir, son quartier général sur la ligne de la Tchemaya.

311 Attaques de droite..

Le génie continue les travaux entrepris et établit des gradins de franchissement dans la cinquième parallèle devant le mamelon vert. Le chef de bataillon du génie Pingault, chef d'attaque, est blessé au bras et au côté par un éclat d'obus ; cet officier est mort des suites de cesblessures.

Le chef de bataillon du génie Abina^ chef d'attaque; trois bri- NuUdu46»u47iiim. gades de sapeurs et 583 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 50 gabions sur la droite la plus grande des embuscades établies sur Ik pente du contre-fort du carénage, en face du ponl^aqueduc. Au jour, on a pu laisser 50 hommes dans ce poste.

Les Russes, au nombre d'environ 500, suivis de pièces de campagne» ont tenté une sortie en débouchant du bastion n"" % Reçus par le feu des deux pièces de 24 de la battme n"" 17, ils sont rentrés immédiatement.

Pertes du 16 au 17 : 10 tués ; 1 officier et 45 soldats blessés. Journée du 47 juin.

Au point du jour, toutes les batteries françaises et anglaises des attaques du faubourg ouvrent leur feu.

Voici quel était l'armement des batteries françaises :

N**» i. ft canons de 30, 7 eanons ée 32, 2 dînons de 68, en tout. . . 15 pièces. 6. é canons de 32, 5 obufiiers de 80, 8 mortiers de 32« « 17

15. 3 obusiers de 22°, 3 obusiers turcs de 22% 2 mortiers anglais

âc SS*.. 8

15 M. 1 canon de 68, 3 eononB nisscB de 24, 2 mortiers de 32". . 6

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