Non armée
ÎO. 8 mOTtiers de 27* 8
N<^ 1 du fond du port, 3i eanoMs de 24, 2 canons de 30, 5 canons
de 32, 2 mortiers russes de 13 pouces, 4 mortiers de 27^ . 15
N» 1 bis, 4 canons de 30. . 4
JMMite du 5 uimembre. 4 canons de 30, 1 mortier de IT' 5
Bfidoui$ d^ Phare. 5 canons de 30, 5 canoBS de. 32. 10
ToxàL 114 pièces.
Le feu de Côs batteries a été entretenu pendant toute la journée. Les Russes y ont répondu modérément, ne donnant de Tactivité à leur tir que pendant de très-courtes périodes.
Le chef de bataillon Bailiy commandait le génie de la colonne qui devait se porter contre le petit redan. Il avait sous ses ordres le capitaine Masselin et une brigade de 58 sapeurs, commandée par le ca-
-^ 313 — Attaques de draile.
pitaine Yirte et le sous-lieutenant Laloy. Les sapeurs, mi^nis de tous les outils nécessaires, marchaient avec le â*" bataillon des troupes d'attaque. Ce bataillon était également muni d'outils et d'échelles de franchissement.
La colonne chargée d'attaquer la batterie de la pointe avait un détachement du génie de 48 hommes commandés par le sous-lieutenant Bézard, sous les ordres du capitaine Deudeville.
La division Brunet, chargée de l'attaque centrale, ayant une de ses brigades en avant et à droite de la redoute Brancion, l'autre dans la parallèle en arrière, devait assaillir la courtine qui relie l'ouvrage Malakoff auredan du carénage, la franchir près de la coupure, puis se retourner vers la gauche pour envelopper l'ouvrage MalâkofiF, en envoyant un bataillon à sa droite vers le petit redan.
Le chef de bataillon BoissoUnet commandait le génie attadié à cette division. Il avait sous ses ordres le capitaine Denfert, comme adjoint, et 64 sapeurs commandés par le capitaine Renucci et le lieutenant de Longraye.
La division d'Autemarre, qui avait la gauche des attaques^ devait être massée dans les tranchées en avant et à gauche de la redoute Brancion, diws la parallèle en arrière et dans le ravin Karabelnaya. Elle devait suivre la berge droite de ce ravin, forcer l'enceinte près de la batterie Gervais, puis se porter vers le réduit Malakoff, pour l'envelopper et le tourner.
Un détachement de 82 sapeurs, commandés par le capitaine Delaporte et le sous-lieutenant Mandagout, était sous les ordres du chef de bataillon Abinal, qui avait comme adjoint le capitaine Bressonnet. Ce détachement devait marcher avec le 2* bataillon de la colonne d'attaque.
Un autre détachement de sapeurs, sous les ordres du ci4)itaine Lecucq et du lieutenant Lesdos, muni d'outils et d'échelles,^taittenu en réserve dans la cinquième parallèle» près de la redoute, d'où il
— 315 — Attaques de droite.
Talarme et ils se tenaient prêts à recevoir nos troupes. La colonne de Failly se reforme dans un pli de terrain^ puis se précipite en ayant jusqu'à une ligne de trous de loup qui couvrent l'enceinte. Mais écrasée parla mousqueterie ef la mitraille de la place» par les feax du Wladimir, embossé à l'entrée de la baie du carénage, et par ceux ded batteries situées de l'autre côté du port, la colonne ne put avancer. Le général Mayran reçoit deux blessures, et la seconde est mortelle. La division rétrograde malgré l'arrivée d'un bataillon de voltigeurs de la garde ; le général de Failly la rallie dans un pli de terrain, et s'y maintient jusqu'au moment où l'on dut sonner la retraite.
La deuxième colonne de la division Mayran avait 7 à 800 mètres à parcourir. Elle partit presque en même temps que la première, mais, arrivée à 2 ou 300 mètres, elle fut arrêtée aussi par le feu terrible auquel elle était exposée en approchant du rentrant compris entre les bastions n''<' 1 et 2.
A son arrivée à la batterie Lancastre, le général en chef trouva la lutte engagée par les troupes de droite ; il dpnna aussitôt le signal de l'attaque générale, mais quoique l'heure convenue ne fût pas devancée^ la division Brunet n'avait pas complètement achevé ses pré- • paratifs. Ainsi, par une singulière fatalité, 1< commençant l'attaque avant l'heure, avait enl« la faculté de retarder le signal, tandis qu'à Y Brunet n'était pas encore prêt à lancer ses col
Dès que les troupes de la division Brunet sortirent des tranchée», les Russes montèrent sur le parapet de l'enceinte, et elles furent assaillies par un si ' grand feu de mitraille et de mousqueterie qu'on les vit disparaître dans les nuages de poussière que soulevaient tes pro- * jectiles en frappant la terre. Les têtes de colonne furent bientôt rom- ' * pues par le grand nombre de morts et de blessés qu'elles laissaient sur leur route. Dès le début de l'attaque* le général Brufiet fut mortellement frappé. . , ,
Attaques de droite. — 316 —
Les premières troupes lancées, appuyant trop à droite, marchèrent vers le petit redan ; mais arrivées à une centaine de mètres de l'ouvrage, se trouvant trop 'peu nombreuses pour l'attaquer, elles s'arrêtèrent derrière un pli de terrain pour attendre qu'on vînt les soutenir. Vainement plusieurs officiers se font tuer en essayant d'entraî-
l'enceinte, vers l'ouvrage Malakoff. Les têtes de colonne du général d'Autemarre sont donc entrées dans la place; mais les Russes, qui ont repoussé Tassaut'des Anglais contre le grand redan et fait échouer l'attaque des divisions Mayran et Brunet, peuvent concen-
317 — Attaques de droite.
trer tous leurs efforts sur la division d'Autemarre^ Les feux directs et ceux du grand redan empêchent les renforts d'arriver, et le bataillon de chasseurs, non soutenu, est obligé de céder devant des colonnes russes qui s'avancent sur lui ; il repasse l'enceinte. Les troupes du génie sont forcées à leur tour, par l'arrivée des colonnes russes, de quitter la batterie Gervais, où elles essayaient de se retrancher. Le général d'Autemarre tenta vainement un nouveau retour offensif; les feux du redan étaient devenus trop meurtriers. Cette attaque avait échoué comme les autres.
Aux premières nouvelles de l'insuccès de la colonne du général Mayran, le général en chef avait ordonné au général Regnàult de Saint-Jean d'Angely d'envoyer au secours de cette division quatre ,
bataillons de voltigeurs de la garde, pris à la réserve générale. Les gépéraux Mellinet et Uhrich allèrent donner leur appui au général de Failly ; mais il ne fut pas possible de repr^idre l'offensive.
Un peu plus tard, le général en chef avait envoyé les zouaves de la garde pour soutenir la division d'Autemarre. Mais presque aussitôt, voyant que les troupes de cette division n'étaient plus soutenues, ni à leur droite ni à leur gauche, et que tous les feux du redan se tournaient contre elles, il jugea que toute chance favorable était épuisée et il donna l'ordre de cesser le combat.
Il était huit heures et demie. Les Russes ne tentèrent contre nos troupes rentrant dans les tranchées aucune poursuite, aucun retour offensif. C'est que, si l'attaque avait échoué, nos soldats n'en avaient pas moins fait preuve d'une grande bravoure ; une portion de la division d'Autemarre était entrée dans la place, et l'assiégé était trop frappé des dangers qu'il avait courus et des grandes pertes qu'il venait d'essuyer pour provoquer une nouvelle lutte.
Les officiers et les troupes du génie se sont partout distingués par leur intrépidité et leur sang-froid. 7 officiers ont été blessés, sur 14 qui avaient pris part à l'action. Sur 252 sapeurs» 81 ont été tués ou
ÂtUques de droite. 3ig
blessés. Le commandant Abinal, qui a quitté le dernier la batterie . Gervais, et le capitaine Delaporte ont été mortell^nent frappés. Les autres officiers blQssés sont les chefs de bataillon Boissonnet et Bailly, les capitaines Deudeville, Denfert et Renucd.
L'artillerie fit, ce jour-là, une perte bien sensible. Le lieutenant* colonel de la Boussinière, brillant olDOk^ier qui depuis le commencement de la campagne s^était fait renuurquer de toute l'armée par sa bravoure et sa capacité, fut tué par un biscaïen qui le frappa à la tète.
Les Anglais comptent parmi les officiers tués à l'attaque du redan sir John Campbell, un de leurs généraux les plus aimés du soldat. Le général Harry Jones, commandant le génie, reçut une blessure à la tète.
Le^ Russes qui, pour repousser nos attaques, étaient montés sur les parapets, eurent un grand nombre de tués et de blessés ; leurs rapports accusent, pour les journées du 17 et du 18 juin : 783 tués dont 2 officiers; 4,979 blessés ou contusionnés dont 153 officiers, parmi lesquels 3 généraux.
Vers le milieu de l'après-midi, on fit rentrer les troupes dans leurs camps, ne laissant dans les tranchées que celles qui étaient nécessaires pour les garder, et, plus en arrière, de fortes résearves.
L'artillerie reprit son tir pendant la journée, mais elle le réduisit considérablement à la nuit.
Une brigade de 29 sapeurs, aidée de quelque homme» de garde, a fait les réparations indispensables aux parapets des tranchée» et refermé les trouées pratiquées pour le passage de l'artillerie de catt*-. pagne.
Nuit du 48 au 49 juin. Le chcf dc bataiUon du génie Massu, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs.
On s'est contenté de continuer tes réparations commencées dans la journée et de ramasser quelques outils (kns les parties les plra^ accessibles en avant des tranchées.
— 319 — Attaques de droite.
Yen minuit, mie alerte a oceasionné une fusillade et une canonnada^qui mit duré plus d'une demi-heure; le reste de la nuit a été calme.
Pertes du 17 au 19 : 1,370 tués dont 33 officiers; 1,765 blessés dont 348 oflteiers; il6 disparus dont 21 officiers.
A quatre heures et demie du soir, il y a un armistice pour Tenlè- ^oo^ée du 49 jaio. y^nent des morts. Les Russes ont accumulé leurs plus belles troupes dans tous les ouvrages du faubourg; ils les ont placées sur les parap^ et disposées en amphithéâtre pour frapper l'imagination de nos soldats. La vue de forces si considérables prouve bien en effet qu'on n'est pas dans les circonstances ordinaires d'un siège; mais, par un retour bien naturel, on se demande comment une armée si nombref^e se laisse enlacer dans des tranchées !
L'opération s'eA terminée à neuf heures un quart. Nous avons relevé 1,188 cadavres. .
Le capitaine du génie Lecucq, chef d'attaque ; deux brigades de NuUdu49aB«ojuin. sapeurs et 195 travailleurs d'infanterie.
On couvre par une gabionnade de 60 mètres de longueur le coude de la route qui conduit du ravin du carénage sur le plateau du front de Malakoff.
On prolonge la cinquième parallèle de 48 mètres sur la gauche ^^\
Du côté du carénage, on amorce sur 80 mètres de longueur une tranchée avec crochets tracée sur le flanc gauche du contre-fort que couronne la batterie du 2 mai. Cette tranchée part de la communication qui descend de la redoute Lavarande n^ 1 au ravin du carénage; elle est destinée à nous rapprocher du port et à recevoir des batteries.
Pertes du 19 au 20 : 5 blessés.
(^) G'^si dans cette partie qu'on a construit plus tard la batterie n* 34.
Attaques do droite.
Journée du îOjuin. AuCl
le gêné dre la c Régnai campd dée pa
Tempe
(4) La génie an{
— ^ 321 — AUaques de dhMta.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque ; deux bri- ^"«t du 20 au i\ juio.
On prolonge la cinquième parallèle de 70 mètres vers la gauche. Les terres ont dû être prises des deux côtés de la gabionnade.
En avant de la cinquième parallèle, vers le point où venaient se rejoindre les deux tranchées russes qui descendaient de la redoute Kamtchatka vers l'ouvrage Malakoff, on établit une embuscade pour une jingtaine d'hommes en la formant d'une double gabionnade que l'on couronne de trois rangs de sacs à terre surmontés de créneaux. La terre a dû être apportée dans des sacs. Ce poste permettra d'éclairer le terrain coupé de trous et de carrières qui échappe aux vues de la paraUèle.
On continue la construction du masque couvrant la rampe qui monte |e long du flanc gauche du ravin du carénage; mais ce travail, où il y a eu en peu de temps deux tués et cinq blessés,, a été suspendu.
Aux attaques du carénage on a prolongé de 225 mètres la tran-« chée en crémaillère qui, sur le flanc gauche du contrefort, doit contourner la croupe sur laquelle est établie la batterie du 2 mai ; on se trouve sur une couche de terre qui permet de faire cette tranchée sans gabions.
Les Russes ont beaucoup travaillé pendant la nuit à la gauche de l'ouvrage Malakoff.
Pertes du 20 au 21 : 2 tués ; 20 blessés.
Le chef de bataillon du génie Roullier, chef d'attaque ; deux bri- Nuit du 21 au 22 juin. gades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.
On achève, en le reliant à l'embuscade établie dans la nuit du
cette lettre avait été couvert d'une large barre d*eDcre par les autorités russes^ mais au moyen de réactifs chimiques on parvint à faire reparaître la phrase effacée qui disait que Tofficier prisonnier avait été reçu par le général Todleben^ couché par suite d*une blessure.
AtlA^pieê de droite* — 322 —
15, le masque dont la construction a dû être interrompue la veille.
On ouvre en avant de la route une nouvelle tranchée formant l'amorce de droite d'une place d'armes qui prend le nom de place d'armes des carrières.
On prolonge de 260 mètres le cheminement qui contourne le contre-fort du carénage; rartUlerie doit y établir une batterie (n^ 32) destinée à agir contre le bastion n* 1 .
Pertes du 21 au 22 : 2 tués; 7 blessés. Nuit du ts au MjuiD. £^ capitaine du génie Lecucq, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 841 travailleurs d'infanterie*
On essaie d'établir au fond du ravin du carénage, une communication composée. de trois boyaux pour arriver à couvert au pont-aqueduc ; mais on trouve l'eau à 0^40 au-dessous du sol, et sur beaucoup de poii^ts la tranchée est un bourbier.
On prolonge de 230 mètres le cheminement eh crémaillère tracé sur la gaudie du contre-fort du carénage.
Vers une heure du matin, tme reconnaissance russe, s'avançant dans le ravin Karabelnaya, a provoqué une fusillade et une canonnade très-vives, mais de peu de durée.
Pertes du 22 au 23 : 1 tué ; il blessés dont 1 officier. Nuit du 23 au 24 uin. Lc chcf dc bataillou du génie Chareton, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 711 travailleurs d'infanterie.
A l'extrémité gauche de la cinquième parallèle, on organise une bonne place d'armes avec gradins et créneaux.
On barre le ravin du carénage par une forte gabionnade qui ferme complètement les arches extrêmes du pont-aqueduc, et dont le prolongement contourne le fond de la baie en arrière de là partie centrale de ce pont. Dans cette dernière portion, la gabionnade est double, et il sera nécessaire de l'exhausser d'un second rang de gabions, parce que la proximité de l'eau ne permet pas de s'enfoncer.
On prolonge de 200 mètres le grand cheminement du carénage.
Pertes du 23 au 24 : 2 tués ; 15 blessés dont 1 officier.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque ; trois brigades nuu da u aa «sjoio. de sapeurs et 800 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 100 gabions l'amorce de droite de la place d'armes des carrières ; on ouvre, en avant de la cinquième parallèle, un boyau de 50 mètres deJongueur, pour cheminer vers les carrières situées entre la redoute Brandon et l'ouvrage Malakoflf.
On ouvre trois nouveaux boyaux, de 200 métrés de longueur totale, au grand cheminement en crémaillère du carénage; on rejoint ainsi l'embuscade située en face du pont-aqueduc. On a ouvert, en outre, un boyau de 40 mètres de longueur, reUant ce cheminement avec des carrières, situées à irii-côte, qui s'étendent jusque vers la pointe du contre-fort.
Le feu de la place a été assez vif, entre minuit et une heure, contre le boyau débouchant de la cinquième parallèle. La mitraille a tué un sapeur et bjessé cinq travailleurs.
Pertes du 24 au 25 : 3 tués dont i officier ; 8 blessés dont 2 officiers.
Le chef dé bataillon du génie Rouiller, chef d'attaque; trois bri- Nuiidu ss au 26 juin. gades de sapeurs et 927 travailleurs d'infanterie.
Au cheminement partant de la gauche de la cinquième parallèle on ouvre deux nouveaux boyaux : le plus avancé forme l'amorce de gauche dé la place d'armes des carrières.
On prolonge l'amorce de droite de cette même place d'armes.
On continue le cheminement dirigé sur la pointe du contre-fort du carénage ; plusieurs boyaux ont dû être faits en sape double. On fait un cheminement de 50 mètres dans les carrières situées à micôte.
L'officier commandant les troupes de garde dans le ravin du carénage, ayant négligé de faire occuper, pendant la nuit, le poste avancé
Attaques de drcHte. -^ 324 —
établi au pont-aqoediic, les Russes sont venus au petit jour bouleverser et incendier la gabionnade appuyée aux piles du pont.
L'artillerie continue à travailler à la batterie n"" 21, qu'elle a commencée sur remplacement de l'ancienne batterie russe du 2 mai ; et elle entreprend la construction de la batterie n"" 23, en avant et à droite du mamelon vert.
La place a lancé beaucoup de mitraille; heureusement ce feu était mal dirigé et ne nous a coûté, parmi les travailleurs, qu'un homme, tué et trois blessés- Pertes du 25 au 26 : 1 tué ; 6 blessés. Nuiiduî6an27juin. Lc Capitaine du génie Deudeville, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 890 travailleurs d'infanterie.
On ouvre une communication de 290 mètres de longueur reliant la droite de la place d'armes des carrières à la rampe qui monte la berge gauche du ravin du carénage. L'amorce de gauche delà place d'armes est prolongée de 40 mètres.
On prolonge de 120 mètres le cheminement qui va à la pointe du contre-fort du carénage. Les éarrières situées à mi-côte se présentant aux vues des batteries établies par les Russes de l'autre côté du port, on renonce à continuer la tranchée qu'on avait dirigée vers ce point.
L'artillerie termine le masque de la batterie n*» 21 ; elle travaille aux batteries n*^ et 24. Cette dernière, placée dans les chemine-, ments avancés de la droite, doit recevoir quatre obusiers de 22"" destinés à contrebattre le bastion n"" 2.
La place a lancé un grand nombre de bombes.
Pertes du 26 au 27 : 1 tué ; 27 blessés. Naitdu 27 aa ?8join. Le chof do bataiUou du génie Chareton, chef d'attaque ; trois bri-* gades de sapeurs et 796 travailleurs d'infaQterie.
On prolonge de 180 mètres l'amorce de droite de la place d'armes des carrières ; on atteint ainsi un amas de déblais qui a été couronné d'une gabionnade organisée défénsivement.
-^ 325 — • Attaques de drolle.
On prolonge de 75 mètres l'amorce de gauche de la même place d'armes et Ton couronne ainsi un autre monticule qui a une lionne action sur le terrain en ayant; de ce point on n'a plus qu'à descendre dans.les carrières, pour y trouver un couvert naturel qui reliera les cheminements de la gauche avec ceux de la droite.
On relie la place d'armes^ descendant de la gauche de la redoute Brancion vers le ravin Karabekiaya avec la batterie de mortiers n''. 16. On commence aussi un boyau de communication entre la redoute et la batterie n"" 23 en construction.
Dans le cheminement du contre-fort du carénage, on a perfectionné les parties les plus avancées, complété les dispositions déf€Msives, réorganisé les portions en sape double et établi des traverses pour protéger les longues branches contre les projectiles lancés par les batteries situées de l'autre côté du port.
Xies Russes ayant occupé par une peUte flèche en pierres sèches la tète de gauche du pont-aqueduc, d'où ils tirent sur les tranchées du contre-fort du carénage, on a fait enlever ce petit poste par un détachement du bataillon de grenadiers de la garde impériale, de garde dans le ravin. On s'y est établi eton le gardera pendant le jour.
Pertes du 27 au 28 : 8 tués ; 39 blessés.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque; trois bri- Nuiiduî8aiiî9juin. gades de sapeurs et 844 travailleurs d'infanterie.
L'amorce de gauche de la place d'armes des carrières est prolongée de 52 mètres, partie en gabionnade, partie en tranchée simple au milieu des débris de carrières. A l'amorce de droite, on pose 60 gabions pour couronner un petit plateau d'où l'on aperçoit bien le terrain en avant. On ouvre le premier boyau d'une communication entre la batterie n"" 24 en construction et la place d'armes en arrière ; on a dû rétablir le poste construit le 20 juin en avant de la redoute Brancion, le canon de la place l'ayant complètement bouleversé.
On prolonge de 20 mètres le boyau le plus avancé du grand che-
Attaques de droite. — 326 ■=—
minement du carénage, afln d'atteindre le tournant du contre-fort ; on. se couvre contre les vues du petit redan (bastion n^ 2) par deux traverses parados.
Au-dessous de la redoute Lavarande n*> 1, on ouvre une communication directe entre le cheminement qui longe la berge droite du ravin du carénage et le fond de ce ravin. Cette communication est établie en tranchée sur 60 mètres de longueur dans sa partie supérieure, puis elle descend en escalier dans les escarpements du ravin.
Pertes du 28 au 29 : 8 tués ; 38 blessés. Nuit du 29 au 30 juin. Lc chef dc bataillon du génie RouUier, chef d'attaque; trois brigades de sapeurs et 788 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 75 mètres l'amorce de droite de la place d'armes des carrières, et on avance de 15 mètres à celle de gauche. On ouvre deux nouveaux boyaux de la communication en arrière de la batterie n<> 24.
A l'extrémité du grand cheminement qui longe le flanc du contrefort du carénage, on fait deux nouveaux crochets en sape double. On organise toute la tête de ce cheminement d'une manière défensive. On commence, sur 75 mètres, une communication destinée à relier ce même cheminement avec la batterie n^ 21 en construction dans l'ancien ouvrage russe du 2 mai.
Le feu de la place a été très-vif toute la nuit, mais peu meurtrier. Nos batteries ont bien répondu.
Pertes du 29 au 30 : 2 tués; 23 blessés. Nuit du 30 juin au 4«' Lc Capitaine du génie Deudevrlle, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 800 travailleurs d'infanterie.
On relie les deux amorces de la place d'armes des carrières (fui, ainsi complétée, s'étend de la gauche à la droite de nos attaques. Cette place d'armes ayant presque partout un fossé formé par les carrières, devient pour nous une excellente ligne de défense contre
juillet.
Auaques de droite*
les sorties. On a commencé à la couronner de sacs à terre sur une longueur de 160 mètres à partir de la gauche.
On prolonge jusqu'à la gorge de Tancienne batterie du 2 mai la communication ouverte pour relier le grand cheminement du contrefort du carénage à la batterie n^ 21.
Le feu de la place a été très-vif pendant la nuit.
Pertes du 30 juin au 1**^ juillet : 8 tués; 39 blessés.
Les pertes du 2* corps se sont élevées, pendant le moi» de juin, Perics du «• corps. à 2,189 tués dont 106 officiers ; 6,9 42 blessés dont 466 officiers; 799 disparus dont 25 officiers ; en tout 9,930 hommes hjors de combat.
La moyenne du nombre de travailleurs employés aux attaques de Nombre de travailleurs
employés.
droite, pendant le mois de juin, a été de :
55 sapeurs et 514 soldats d'infanterie par journée; 72 ^ 602 — par nuit.
En ajoutant aux pertes du 2® corps celles du l*** corps, données ^enes toutes du mois plus haut (page 291), on arrive, pour le mois de juin, à un chiffre total de 11,242 hommes mis hors de combat.
Le nombre total de travailleurs employés aux deux attaques a été Nombre de travailleurs en moyenne de : aux deux corps.
153 sapeurs ou mineurs et 831 soldats d'infanterie par journée ; 175 — 1,050 — par nuit.
Le 5 juillet, la division Faucheux (3« du 2^ corps, ancienne division Mayran), qui avait éprouvé des pertes considérables et à laquelle on voulait accorder quelque repos, va prendre, sur la Tchernaya, le campement de la division Canrobert (1"^^ du 2« corps), qui va la remplacer aux attaques de droite. La division Canrobert était intacte et présentait un effectif de plus de 6,000 hommes.
Le 6, l'armée turque d'Omer-Pacha se concentre et vient prendre position sur les contre*forts qui, des hauteurs de Balaclava, descendent vers la vaUée de Varnoutka.
MOIS DEJUILLET.
FAITS GÉNÉRAUX
p6t aux. armées alliées. Les Anglais s'étaient établis à Scutari; de l'autre côté du détroit, le gouTernemeot ottoman mit à la disposition des Français, tant à Fera et à Stamboul que dans les environs
de la' capitale, plusieurs grands bâtiments et de vastes terrains qui furent utilisés pour les divers besoins de l'armée. On consacra au service des hôpitaux :
Le bâtiment neuf de Péra qui venait d'être construit pour servir
d'École de médecine; il contenait 1^500 lits.
Dolma-Baktché, maison de campagne dn Sultan 600
Le petit lazaret de KandTidjé^ sur le Bosphore • 200
Le bâtiment neuf de TUniversité qu'on dut terminer. ' 1^100
La caserne de Ramid-TchifUik < . . . i^OOO
Celle de Mal-Tépé. . . . . 500
Celle de Daoud-Pacha^ qui avait d'abord servi de logement à un
détachement de troupes i,W)
Lès bâtiments de FÉcole militaire H) 450
Ceux de TÉcole préparatoire de médecine^ au nord de Péra. . . 350 Le bâtiment de l'Ambassade russe (principalement affecté aux officiers) 160
On construisit en outre des baraquements :
Dans la cour de l'Hôpital militaire pour 550
Dans les jardins de Gul-Hané^ à la pointe du Sérail. ...... 1^650
Dans le Champ de mammvre, . « 1^150
A Masiak 1,000
Total ., 11,410 lits W.
Indépendamment de ces hôpitaux ^ on en avait encore établi :
A Varna, pour 960 malades.
A Gallipoli ~ 500
A Nagara, sur la côte d'Asie du détroit des Dardanelles 400
' . Total . 1,860
(^) Ge34>âtiments furent incendiés dans la nuit du 11 au 12 mars 1855. (3) Au commencement de 1856, lorsqut le typhus se déclara avec intensité dans l'armée
'oigitized by VnOOQlC
PoiBP assurer le service des vivres et celui ^u campement, oa occupait à Constantinople de nombreux établissements, les unscédés par le gouvernement ottoman, les autres pris à loyer. Dans la cour de la caserne des Tunisiens, à Sali-Bazar, à Djubali, à Maslak, à Béïkos sur le Bosphore, à Kalikratia sur la mer de Marmara, au Taksim de Péra, on construisit de vastes baraques dont la superficie totale comprenait près de 16,000 mètres carrés. Enfin , on avait installé à Sali-Bazar une manutention contenant 19 fours de 224 rations.
Lorsque, au mois d'avril 1855, une divfsion dînfanterie fut réunie à Constantinople, on la bàraqua à Maslak. Plus tard^ au mois de juillet, le général de Béville, aide de camp de l'Empereur, reçut la mission d'établir à Maslak, à Ramid-Tchiftlik, à Daoud-Pacha et sur le plateau des eaux douces d'Europe, de nouveaux baraquements dont la contenance allait à 24,400 hommes et 5,300 chevaux. Ces camps ne furent occupés qu'en partie ; mais vers la fin de la campagne, les baraques rendirent de grands services comme hôpitaux supplémentaires.
et surtout dans les hôpitaux occupés depuis longtemps, on établit ffois hôpitaux supplémentaires :
Le premier, dans une partie du baraquement existant alors à Ramid-
Tchiltlik, pour I,8i0 malades.
Le deuxième, dans le baraquement des eaux douces d'Europe. . . i,lSO
Le troisième, à Maslak 2,500
Total. 5,460
Cette mesure eut les plus heureux résultats : les malades placés sous ces baraques bien aérées et saines se rétablirent promptemeut. Ud autre hôpital, principalement réservé aux scorbutiques, fut établi en môme temps à Prinkipos, sur une des lies du petit archipel des Princes, dans la mer de Marmara. Ses accessoires se trouvaient dans le couvent de Saint- Nicolas que le patriarche grec avait d'abord mis à la disposition du gouvernement français pour loger le dépôt des prisonniers russes qui forent internés ëant me Jus^a^à la signature du traité de paix. .
Le service du génie, en même, temps qu'iV avait à pourvoi/^ à ^û'^^^jj'du^'liii^"' Constantinople, aux nombreux baraquements dont il vient d'être "^'''"^^ sébasiopoi. question, avait à faire devant Sébastopol des travaux de plus en plus considérables. Outre Texécution des tranchées, qui entraînait une énorme consoQamation de gabions et de fascines, il fallait élever les baraques destinées à abriter les malAdes, les vivr^, les munitions, et plus tard les chevaux ^^\ construire les lignes de Kamiesch, créer et entretenir des routes qui présentaient, après le siège, un développement de plus de cent kilomètres. Four fournir à tant de travaux, on avait organisé de grands ateliers dans le parc du génie, qui fut placé jusqu'au 21 mai 1855 sous la direction du chef de bataillon Guérin, et, à partir de cette époque jusqu'à la fin de la campagne, sous celle du chef de bataillon Cadart. Le directeur du parc avait sous ses ordres un capitaine adjoint, un garde du génie, un détache* ment de la deuxième compagnie d'ouvriers du génie, une centaine de bons ouvriers en fer et en bois qui avaient été fournis par les régiments d'infanterie, et des auxiliaires en nombre variable pris, selon les besoins du moment, dans les compagnies du génie et dans les troupes d'infanterie.
Les ateliers des ouvriers en fer, renfermant quatre forges doubles, et ceux des tnenuisiers, charrons et scieurs de long, étaient établis sôus des baraques et des hangars. La nature rocheuse du sol donnait lieu à def continuelles réparations de pioches, pics à roc et outils de pétardement, auxquelles les ateliers du parc pouvaient à peine suffire. Ces ateliers ont dû confectionner- aussi les bois de coffrage pour les mines et les gabions employés aux attaques de gauche. Les
(«) Les 3,000 baraques envoyées de France furent loin de suffire et, après le siège, on dut en construire avec des madriers et des planches venues de France et de Turquie un nombre au moins égal. Les fermes étaient confectionnées au parc du génie, et le montage était dirigé par des ouvriers détachés de ce parc auxquels on adjoignait des ouvriers fournis par les corps. < , . . ^
bois pour ces gabions étaient tirés de la forêt de Belgrade, située k environ six lieues de Constantinople, sur la rive droite du Bosphore. Un détachement de sapeurs conmiahdé par un officier a été employé, pendant toute la durée du siège, à couper dans cette forêt les bois propres au gabionnage et au fascinage que les bateaux à ya)[)eiir transportaient à Kamiesch. Les fascines étaient expédiées toutes faites. Quant aux gabions, pour faciliter le transport^ on se conten-tait de faire des bottes de bots contenant les gaulettes et les piquets nécessaires à la confection d'un gabion ; ces bottes étaient mises en œuvre au parc. Pour les attaques de droite, les gabions et les fascines étaient principalement tirés de la vallée de la Tchemaya.
Enûn, vers la fin du siège et dans la prévision de l'assaut, le parc du génie dut préparer des engins de diverses espèces. C'étaient des échelles de toutes grandeurs, des ponts-échelles et des ponts à la Biragp pour le passage des^ fossés, des sacs remplis de laine ott de paille, etc., etc.
Dans le mois de juillet, il n'y a eu aux attaques de la ville qu'environ 180 travailleurs par jour ; ils ont été principalement employés à réparer les dégradations faites dans nos tranchées par le feu de la place. On a ep outre poussé quelques cheminements en avant et con* tinué activement la guerre de mines pour maintenir les préoccupations de l'ennemi sur les attaques de la ville, tandis que mous réunissions nos plus grands efforts sur celles du faubourg. Nuit «lu 1" aa 2 juillet. Le chef dc bataillon du génie Petit, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 200 travailleurs d'infanterie.
On prolonge d'environ 65 mètres la place d'armes située enavant de la parallèle du cimetière. Ce travail, fortement inquiété par l'artillerie de la place et par la fusillade qui part des embuscades établies en avant de l'enceinte, marche lentement. Les gabions placés sur un sol fortement incliné sont à chaque instant renversés par les
ATTAOIES DE OAUCHE.
Attâqwes de gauche. — 334 —
demi-*p1eine y quinze nouveaux gabions à l'extrémité de la place d'armes de droite de l'ouvrage du 23 mai,
Peiidant toute la nuit, Içs travaux ont été fort contrariés par l'artillerie de l'ennemi qui n'a pas cessé de faire un feu très-vif. Un pot à feu a incmdié plusieurs gabions de la tranchée en avant de la batterie n*" 53. Un sapeur a été blessé grièvement en cherchant à éteindre le feu.
Pertes du 4 au 5 : 3 tués; 27 blessés. Nnitda ë au 6 jaiiiei. Lc chcf dc bataillon du génie Martin, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 120 travailleurs d'infanterie.
On améliore la tranchée située en avant de la batterie n^ 53, et on y pose dix nouveaux gabions. A la place d'armes de droite de l'ouvrage du 23 mai, on relève les gabions posés la nuit précédente et renversés pendant le jour.
A onze heures et demie du ^soir, une sortie de'30 à 40 hommes est signalée dans le fond du ravin à gauche de l'ouvrage du 2 mai ; la garde de tranchée la reçoit par une décharge à bout portant qui occasionne une alerte sur toute la ligne ; Tennemi rentre dans la place sans nous avoir causé d'autre dommage que quelques gid^ions ren«versés à l'extrémité de la place d'armes là plus avancée de nos cheminements de gauche.
Pertes du5au 6: 4 tués; 26 blessés. > -
jonrDée du 6 Juillet. Lcs morticTs à plaquo de la batterie* n^" 37 lancent des bombes sur la flotte russe; l'une d'elles atteint un vaisseau à trois ponts. On voit la fumée sortir par les sabords de la 2* batterie, mais les Russes parviennent à éteindre ce commencement d'incendie. Mines (PI. XII, fig. 4). Vers tTois heures de l'après-midi, l'ennemi fait jouer un camouflet {d„) qui n'atteint pas nos galeries souterraines et ne nous cause que fort peu de dommage ; mais les bombes et les obiis dégradent sans cesse nos parapets, et nous avons souvent des mineurs et des travailleurs blessés dans les entonnoirs.
Atlaques de gauche. — 336 —
Nuit du 8 «u 9 juillet. Lc chef dc bataillon du génie Richard, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 170 travailleurs d'infanterie.
0*1 rétablit la gabîonnade de la tranchée en avant de la batterie n^'SS sur une longueur de 15 gabions, et on en pose 8 nouveaux, dont 6 formant un crochet vers la place. Ces gabions sont remplis et couronnés de sacs à terre, et, malgré le feu de l'ennemi qui est assez vif, on parvient^ sous la projection de nos batteries, à reconstituer l'épaulement au moyen des tçrrea qui sont retombées dans la tranchée, r / :
3iines. Le 8, à six heures du soir,:nous refoulons, par une explosion (a») effectuée dans le talus des entonnoirs, un cheminement ennemi trèsrapproché.
Pertes du 8 au 9: 5 tués -, 46 blessés dont 3 oflBciers. .Nuit du u au 40 juillet. Le chcf dc bataUldu du génie Noël, chef d'attaqué ; deux brigades de sapeurs et 175 travailleurs d'infanterie.
L'artillerie de la place ayant complètement bouleversé les gabions posés la nuit précédente pour former le premier crochet de la tran^ chée nouvelle à gauche de la batterie n'^53, on a essayé de les remplacer. Dix gabions ont été successivement mis en place et remplis de sacs à terre^ mais ils ont été presque immédiatement détruits par les boulets 6t les obus, et on a dû se borner à élargir et approfondir les parties de la tranchée où les travailleurs pouviûent tenir.
La place a lancé pendant toute la nuit une grande quantité de bombes et de grenades sur nos attaques du bastion du mât et sur celles des Apglais. Nos batteries ont v^^ement répondu à ce feu et à celui que l'ennemi dirigeait surnosjattaques du.bastion central.
Pertes du 9 au 10 : 1 tué ; 22 blessés dont 1 oflBcier. Nuit du 40 au 44 juillet. Le chef de bataillou du géaîè Martin, chef d'attaque^ deux bri-^ gades de sapeurs et 170 travaiUënrs d'infanterie.
On continue l'élargissem^iàt de la Urandiée en avant de la batterie n°53, et vers son extrémi^ on l'approfondit en rampe jusqu'à 1*80
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— . 337 — AUaques de gauche.
de profondeur, de manière à pouvoir cheminer pied à pied et à couvert, sans s'opiniàtrer davantage à poser des gabions quie les boulets renversent à mesure qu'on les met en place.
Jusqu'à minuit Tennemi lance une grande quantité de mitraille et de grenades sur les tranchées avancées du bastion du mât ; les batteries n'^' 25 et 25 bis y répondent par plusieurs salves de toutes leurs pièces. "
Les Russes mettent le feu au village situé vers le fond du port ilu Sud, au pied des pentes que couronne l'attaque de gauche des Anglais« Le groupe de maisons incendiées, situé au pied des p^tes devant la branche gauche du bastion du màt, est occupé par de nombreux travailleurs ennemis qui cherchent à démolir les maçonneries. Notre batterie n? 29 bis y lance des bombes avec succès. On a répondu très-vivement au feu de la place qui tirait des bombes sur nos batteries n^* 49 et 50.
Pertes du 10 au 11 :A tué ; 40 blessés dont un oflBcier.
A onze heures du matin, l'ennemi fait jouer un petit fourneau {d^^ itMiméc du i \ juniei. qui dérange deux châssis en tète de l'un de nos rameaux.
Le lieutenant-colonel du génie Foy, chef d'attaque ; deux brigades nuu du 4Uu 43 juillet. de sapeurs et 156 travailleurs d'infanterie.
Cta prolonge d'envhron lieux mètres, sur 1^80 de profondeur, le cheminement entrepris en avant de la batterie n^ 53.
Vers six heures du soir, une bombe partie de la batterie n* 37 du fort génois tombe sur un des vaisseaux russes mouillés dans le port ; l'effet produit n'a pu èbre apprécié.
La place fait un feu très-vif pendant toute la nuit excepté du côté de la quarantaine où le tir a été trè^faible.
Pertes du 11 au 12 : 2 tués ; 32 blessés dont 1 officier.
Pendant les nuits suivantes jusqu'au 30 juillet, les travailleurs au i>^i^ au 30 juuiet. nombre de 100 à 150 par nuit, non compris deux brigades d'une vingtaine de sapeurs chacune, ne font que réparer les dégradations
HZ
— 339 — Attaque» de pmàïe,
avec quelques mineurs exercés pour faire sauter les fronts de mer de cette place.
Le 13, nous donnons le feu à des poudres déposées dans deux puits (a 63 et a^^) qui ont été creusés dans le talus des entonnoirs pour en éloigner l'ennemi. La première explosion a lieu à une heure et demie, l'autre à trois heures et demie de Taprès-midi.
Les Russes travaillent pendant toute la nuit dans le bastion du mât et dans son fossé ; on entend le bruit produit par la scie, la hache et le marteau sur de fortes pièces de bois, et môme les paroles des travailleurs (*).
Dans la nuit du 14 au 15, à trois heures et demie du matin, nous faisons jouer un autre petit fourneau (aas) dans le talus des entonnoirs pour en écarter l'ennemi.
Le 16, à six heures du matin, une explosion russe (e^ij) enterre complètement un de nos mineurs qui creusait un puits dans les entonnoirs. On l'a retiré vivant, quoiqu'il ftlt resté pendant deux heures un quart sous terre. A onze heures et demie du soir, les Russes font jouer un camouflet {dk^) qui nous blesse un homme.
Le 19, vers quatre heures du matin, nous faisons jouer deux fourneaux (a67 et a^s) dans le talus de l'entonnoir pour en éloigner le coutre-mineur.
Le 20, à huit heures du matin, une assez fort€ explosion {a^g) , obtenue comme d'habitude en déposant des poudres au fond d^un puits creusé dans le talus des entonnoirs et le rëcomblant avec des sacs à terre, a refoulé un cheminement ennemi et nous a portés un peu en avant.
Une explosion semblable {a^o) effectuée le 21, à dix heures du matin, a donné les mêmes résultats.
(0 U est probable que les Russes travaillaiem à la belle batlerje blindée qui, à la fin du siège, flanquait la face droite du bastion du màt. (PI. V.)
Attaques de gauclie. — 340 —
Î.A <^9. h fipnl hp.iirPA pf «IpmiA Hii m»fin. Ias RimAPfi fnnl iniiAr
.— . 341 -~ Attaques de gauche.
et profonds, qui nous portent phis près de la place, sont tout remplis de débris de galeries russes.
Le 30, à trois heures du soir, nous découvrons sous le bord des entonnoirs une partie de galerie russe remblayée. Nous y faisons jouer un fourneau (an) qui ne paraît pas avoir produit beaucoup d'effet intérieur.
Le chef de bataillon du génie Ribot, chef d'attaque ; deux bri- "ttiidii30aii34jomei, gades de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.
Four agir d'une manière plus efficace sur le fort Constantin et sur la flotte russe que nos batteries des attaques du faubourg ont forcée de venir mouiller à l'entrée du port , il a été décidé que l'artillerie établira, sur la pointe avancée située à l'ouest de l'entrée de la baie delà quarantaine, une puissante batterie (n"" 57) armée de pièces du plus gros calibre. Cette batterie se trouve ainsi d'environ 500 mètres plus près de la place que les batteries établies sur l'emplacement de l'ancien fort génois.
On entreprend aussitôt la communication qui doit conduire à cette nouvelle batterie : elle part d'un petit vallon situé en arrière des batteries n*» 46 et 47, et passe près de la chapelle Samt-Wladimir. Le terrain qu'elle traverse au delà de cette chapelle étant couvert de ruines provenant d'anciennes habitations, on forme avec les pierres, le long du tracé, un mur de masque qui tiendra lieu de gabionnade pour cojuvrir les travailleurs.
La place a peu tiré pendant la nuit ; les salves de grenades et de mitraille du bastion du mât ont été particulièrement dirigées sur les postes que nous occupons dans le ravin des Anglais.
Pertes du 30 au 31 : 17 blessés.
Le chef de bataillon du génie Richard, chef d'attaque; deux bri- dusi jaiiietaQi*'août gades dé sapeurs et 430 travailleurs d'infanterie.
La tranchée devant servir de communication pour aller à la batterie n^ 57 est ouverte depuis la chapelle Samt-Wladimir jusqu'à
Attaqtiesdeg^Qctié. — 34â -—
50 mètres environ de remplacement que doit occuper cette batterie.
L'artillerie commence les travaux de Tépaulement ; rien ii*Indi(jue encore que l'attention de l'ennemi se soît portée sur nos nouveaui cheminements de la gauche.
Mines. Vcrs ODze heurcs du soir, un camouflet de. l'ennemi (rf4e) a soufflé
directement dans le rameau 18, qui devait être poussé jusqu'à la renf contre des galeries russes. Deux mineurs ont été asphyxiés par les
gaz et plusieurs autres sont tombés évanouis en voulant porter secours à leurs camarades, mais tous ces derniers ont pu être rappelés à la vie.
Pertes du 31 juillet au l'''^ août : 9 tués dont 1 oflBcier; 21 blessés. Pertes da V' corps. Les pcrtcs du l*' corps se sont élevées, pendant le mois de juillet^ à 128 tués dont 2 officiers ; 1,010 blessés dont 29 officiers ; en tout, 1,138 hommes hors de combat. .
Nombre de travailleurs La moyeuue du uombre de travailleurs employés aux attaques de gauche a été de :
76 ^sapeurs ou mineurs et 187 soldats d'infanterie par journée; 68 -- 159 : -* par nuit.
ATTAQUES DE DROITE. Pcndaut lo moîs de juillet; les assiégeants ont fait tous leurs efforts pour cheminer sur l'ouvrage Malakoffetsur le petit redan. Tout se réunit pour rendre ces attaques aussi difficiles que périlleuses : on tombe presque partout sur un terrain de roc, et les tranchées qui ne sont pas couvertes par quelque mouvement du sol sont immédiatement bouleversées par le canon des Russes. Les officiers du génie, abandonnant toute marche régulière, ne peuvent avancer qu'en hasardant des cheminements dans quelques dépressions du sol qui échappent aux vues de la place, et en profitant/ pour prendre pied sur le terrain, de quelques tertres que forment les débris des carrières et des moindres ressauts que présente le rocher. Quand ces bouts
— 343 — Attaques de droite.
de tranchée ont donné des points d'appui, ils sont étendus puis reliés entre eux de manière à former un ensemble qui permette à nos gardes de tranchée de repousser les sorties.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque; trois bri- nuu du 4*» au « juillet. gades de sapeurs et 755 travailleurs d'infanterie.
On ouvre un boyau de 125 mètres de longueur, qui aboutit à la droite de la batterie n*' 25 et permet d'y arriver à couvert.
On pratique, à travers des amas de déblais, uni chemin <x>mplétement déûlé qui donne accès dans un groupe de cavités situé ea avant du centre de la place d'armes des carrières.
A la gauche de cette même place d'armes, on ouvre jm boyau de 90 mètres de longueur se rapprochant des carrières de gauche, d'où l'on partira pour cheminer sur l'ouvrage Malakoff.
Les Russes ne cessent de travailler ti leurs ouvrage ; on les entend chaque nuit se servir de la masse et du pistolet de mines.
Pertes du 1" au 2 : 4 tués ; 35 blessés.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque ; deux bri- Nuit du 2 au 3 juillet. gades de sapeurs et 427 travailleurs d'infanterie.
On commence sur 320 mètres de développement, à la droite du contre-fort du caréitage, un cheminement en lacets descendant de la batterie n° 21 à la batterie n« 22.
On prolonge le cheminement commencé la nuit précédente dans les carrières devant la grande place d'armes. On ouvre deux nouveaux boyaux qui aboutissent aux carrières de gauche.
Pertes du 2 au 3 : 2 tués; 32 blessés dont 1 officier.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d'attaque; deux bri- Nuitdu3au4 juiuet. gades de sapeurs et 785 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 38 gabions vers la droite le troisième boyau du cheminement partant de la gauche de ta place d'armes des carrières et dirigé vers Touvrage Malakoff; ce troisième boyau communique d'un côté avec la carrière de gauche, de l'autre avec celle du centre.
Attaques de droite. ... 344 —
On organise, à la tète du cheminement pratiqué dans les carrières de droite, une place d'armes d'une soixantaine de gabions qui voit très-bien le terrain en avant.
On prolonge de 100 gabions vers la gauche la grande embuscade établie en avant de la roule, dans les nuits du 14 et du 15 juin ; un petit poste en sacs à terre avec créneaux est organisé à l'extrémité de ce cheminement qui forme l'amorce droite de la sixième parallèle.
La communication entre les batteries n<^« 21 et 22, sur la droite du contre-fort du carénage, est complétée par l'ouverture d'un boyau de 70 mètres de longueur.
L'ennemi enlève le toit et la charpente du grand bâtiment (dit maison en croix) auquel s'appuie la partie d'enceinte comprise entre les bastions n""' 1 et 2.
Pertes du 3 au 4 : 4 tués ; 34 blessés. Nuit du 4 au 5 juillet. Le chof de bataillon du génie Rouiller, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 898 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 120 gabions sur sa gauche la portion de sixième parallèle ouverte devant le petit redan, et de 26 gabions vers la droite la place d'armes commencée la nuit précédente dans la partie avancée des carrières de droite. Au cheminement de gaucjtie^^tf-prolonge le dernier boyau de 20 mètres sur la gauche en suivant l'escarpement de la carrière, et on pose 20 gabions à Textrén^ité droite de ce même boyau.
La communication qu'on avait commencée la nuit du 22 juin, dans le fond du ravin du carénage, et que la présence de l'eau avait forcé d'abandonner, est remplacée par un cheminement à courts zigrags longeant le pied de la berge gauche du ravin, lequel permettra d'arriver à couvert au poste établi vers l'extrémité du pont-aqueduc. On pose 40 gabions sur le nouveau cheminement
L'ennemi entretient, toute la nuit, un feu soutenu de bombes et de mitraille qui n'a pas été très-meurtrier.
345 Auaqucs de droite.
Pwtes du 4 au 5 : 2 tués ; 41 blessés dont 4 officiers.
Le chef de bataillon du génie Charetoiï, chef d'attaque ; trois bri- nuKcIu 5 au g juuiet. gades de sapeurs et 800 travailleurs d'infanterie.
Sur la gauche, on s'avance jusqu'au bord extérieur de la carrière, et on établit, sur la route même qui passe au pied du glads de l'ouvrage Malakoff, une petite place d'armes demi-circulaire d'une dizaine de mètres de rayon. Ce dernier travail, qui est en mauvais terrain, a été vivement inquiété par le feu de l'ennemi. Les travailleurs ont dû, à plusieurs reprises, chercher un abri dans les carrières ; ils sont parvenus néanmoins à remplir les gabions et à les couronner de fascines.
On prolonge l'amorce de la sixième parallèle de 90 mètres vers la gauche ; l'achèvement de cette portion de trahchée, qui se trouve sur le roc, sera long et difficile. On dispose des gradins pour la fusillade dans la place d'armes de la carrière avancée du centre.
On prolonge de 40 mètres le cheminement en zigzag commencé la nuit précédente au pied de la berge gsuiche du ravin du carénage.
Pertes du 5 au 6 : 9 tués dont 1 officier ; 63 blessés dont 3 officiers.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque r deux bri- NaUdueautjuiiiet.
La cinquième parallèle est prolongée de^ mètres sur la gauche, et on exécute, dans les carrières en avant de cette nouvelle trandiée, divers travaux ayant pour objet d'en assurer la possession. On ouvre une communication composée de deux boyaux reliant la droite de la place d^armes des carrières à la sixième parallèle.
On continue le cheminement en zigzag dans le ravin du carénage.
Il y a eu parmi les travailleurs d'infanterie quatre hommes tués et trente et un blessés dont troi^ officiers.
Pertes du 6 au 7 : 11 tués ; 5^ blessés dont 3 officiers.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d'attaque; deux bri- >uit du 7 au s juuieu gades de sapeurs et 809 travailleurs d'infanterie.
Attaquée de droite. *— 346 — ^
On établit une petite gabionnade sur le ressaut de terrain qui existe au débouché du pont-aqueduc sur la rive gauche du ravin, afin d'édairer le terrain en avant et d'éviter que le poste de ce pont soit tourné; On prolonge le cheminement en zigzag.
L'ennemi a lancé im grand nombre de balles à feu et tiré très-sou« vrat à mitraille.
Un officier et treize travailleurs, dont trois sapeurs, ont été blessés.
Perteè du 7 au 8 : 5 tués dont 2 officiers; 69 blesséi^ dont 2 officiers.
Nuii da 8 tu 9 juillet. Le chof de bataillon du génie RouUier, chef d'attaque ; deux bri* gades de sapeurs et 755 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 50 mètres la gauche de la cinquième parallèle, et Ton arrive ainsi au point où la pente vers le ravin Karabelnaya devient très-prononcée. On établit un petit poste en gabionnade à environ 40 mètres en avant de la droite de la sixième parallèle.
Dans le ravin du carénage, on prolonge le cheminement en zigzag.
Vers neuf heures du soir^ les Russes ont fait une sortie contre les carrières de Textrème gauche de notre attaque, qui n'étaient gardées que patf quelques hommes ; ceux-ci ont dû se retirer dans les tranchées en arrière et abandonner le terrain à Tennemi qui en est resté maître pendant plusieurs heures \ il est rentré dans la place après avoir bouleversé une partie des gabionnades que nous ayions éta-« bltei dans ces carrières.
On ouvre en avant de la batterie n^" 28, que Ton construit dans la tranchée creusée sur la gauche du contre-fort du carénage, deux boyaux ayant pour objet de rétaUir la continuité du cheminement.
Partes du 8 au 9 : 23 tués ; 97 blessés dont 3 officiers ; 2 disparus dont 1 officier.
Nuit do 9 au 40 juiiiei. Le chcf de bataillon du génie Chareton, chef d'attaqué ; trois brigades de iapews et 599 travailleurs d'infanterie.
A la chute du jour^ la garde de tranchée occupe fortement toi
— 347 — AtOKpies ^ droite,
carrières de gauche; l'ennemi s'y présente au commencement de la nuit, mais accueilli par la fusillade il se disperse aussitôt dans les couYerts enYironnants, d'où il fait pendant toute la nvit un feu de mousqueterie ta'ès-yif sur les travailleurs occupés à rétablir les postes et les cheminements bouleversés la nuit précédente.
On ouvre une tranchée permettant d'arriver à couvert du t^hemn nement en zigzag en arrière du pont-aqueduc dans un petit ravin transversal qui monte jusqu'au plateau en avant du bastion n"^ % ravin dont l'occupation sera avantageuse en ce qu'elle fera gagner une centaine de mètres au cheminement à diriger sur le bastion.
Le feu de l'ennemi a été très-vif pendant toute la nuit.
Pertes du 9 au 10 : 11 tués dont 1 oflOlcier; 105 blessés dont 5 officiers ; 5 disparus. ^
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque ; deux bri- Nuiiduioiu44jaiiiet. gades de sapeurs et 588 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 4 mètres sur la droite et de 20 mètres sur la gauche le poste établi dans la nuit du 8 , à 40 mètres^ en avant de la droite de la sixième .parallèle, et on le relie à cette parallèle par une communication formée de deux boyaux qui constituent l'amorce d'un cheminement dirigé sur le bastion n"^ 2. On con(H meqpe, sur 35 mètres de longueur, un cheminement dans le fond du petit ravin dont le (ûed aboutit en arrière et à gauche du pontaqueduc.
Lesons-^lièutenantdugénieHennequin a étéi)lessé à la tète par unbiscaîen. • -
Pertes du 10 au 11 : 11 tués; 79 blessés dont 3 officiers.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d^attaque ; deuxbri- Nuitdu44au42ium€L gades de sapeurs et 638 travailleurs d'infanterie.
On'établit une place d'armes en arrière de l'escarpement des carrières'de l'extrême gauche, avec .un poste en gabions en lavant de cet escarpement.
Attaques ite clroU^. — ^ 348 —
On prolonge de 8 gabions sur sa gaache le poste établi en avant de là sixième parallèle.
On continue le cheminement commencé la nuit précédente dans le petit ravin qui débouche à gauche du pont-aqueduc, et on établit à la partie inférieure quelques masques en gabions pour se défiler des vues 4» côté pord du port.
L'assiégé a fait un feu extrêmement vif pendant toute la nuit. Sur l'extrême gauche des cairières, la mousqueterie des embuscades russes a beaucoup gêné nos travailleurs. .
Pertes du 11 au 12 : 7 tués dont 1 ofiBcier; 61 blessés dont 2 officiers.
NuitdaHau43juiiiet. Le Chef dc bataiUou du génie Rouiller, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 638 travailleurs d'infanterie.
A l'extrême gauche, on établit un nouveau poste d'une trentaine de gabions relié aux carrières par un épaulemënt qui permet d'y arriver à couvert. On commence la descente qui doit relier la gauche de la cinquième parallèle avec le fond du ravin Karabelnaya.
On commence aussi, à partir ^e la petite place d'armes en avant de la droite de la sixième parallèle, un cheminement en sape double dirigé sur le bastion n"" 2 ; on n'en exécute cette nuit que la première branche et le crochet en retour. On prolonge le cheminement oi^ert dans le petit ravin en arrière du pont-^aqueduc, et l'on profité pour cela d'une portion de chemin qui longe ce ravin et qui forme une communication parfaitement défila. On arrive ainsi à 230 mètres environ de l'extrémité du pont, et l'on peut de là gagner l'origine même du petit ravin ; ce cheminement se reliera à la sape double commencée en avant de la sixième parallèle.
Le feu de la place a été très-vif pendant toute la nuit.
Pertes du 12 au 13 : 9 tués ; 60 blessés dont 2 officiers. . ^ Nuit du 43 ta 44ioiiieu j^e chef do bataillou du génie Gbareton, chef d'attoque; deux brigades de sapeurs et 750 travailleurs d'infanterie.
.^ 349 — AlUiqiies de droite.
La descente à la gauche de la cinquième parallèle est prolongée jusqu'au fond du ravin Karabelnaya, où elle se réunit à l'ancienne ligne de contre-approche des Russes transformée en tranchée anglaise. Devant rt)uvrage Malakoff, on établit au delà des carrières, au point où le glacis est coupé en déblai par la route, un poste de 60 gabions qui ont été remplis, couronnés de fascines et en partie re-* couverts de terre.
A l'extrême droite, à l'origine du petit ravin qui débouche au pontaqueduc , on établit une place d'armes sur la berge gauche de ce ravin au nioyen d'une gabionnade d'une quarantaine 'de mètres de développement, et l'on commence une communication pour relier cette place d'armes au tournant de la route^ en avant de la batterie
Le travail exécuté sur le glacis de l'ouvrage Malakoff a fait découvrir une caisse en bois, recouverte de madriers de 0"08 d'épaisseur, à laquelle aboutissait un auget que l'on a coupé. Cette fougasse n'avait pas encore été chargée.
La place a tiré très-vivemtfnt pendant la nuit.
Pertes du 13 au 14 : 10 tués; 54 blessés dont 6 officiers.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque ; deux bri- rNuit du u au is juillet. gadesde sapeurs et 730 travailleurs d'infantme.
On ouvre une communication formée de deux boyaux entre les carrières de gauche et la place d'armes établie la nuit précédente sur le glacis de l'ouvrage Malakoff; le deuxième de ces boyaux se trouve Sta la route même.
A la droite, on consolide la place d'armes établie à l'origine du petit ravin, et la communication commencée la nuit précédente est complétée sur une trentaine de mètres qui restaient à ouvrir. Pour appuyercette place d'armes, on établit plus en avant, vers le sommet ' de la berge gauche du petit ravin, deux postes d'une trentaine dt gabions chacun.
Attaques de droite. — . 350 -—
A minuit, on a aperçu un incendie dans la place , en arrière de l'ouvrage Malakoflf.
Sorties russes. YoTB uue heurc du matin, une astez forte sortie a lieu contre les
lignes anglaises, mais elle est immédiatement repoussée. Une demhheure après, une colonne russe s'avance par le fond du ravin Kara-* belnaya et débouche sur notre gauche, dans Tespoir de la tourner et d'enlever le poste établi dans la nuit du 12. Reçus par un feu vif de mousqueterie soutenu par cçlui des batteries n""* 15 et 16, les Russes, après une demi-^heure de combat, ont dû se retirer empor** tant des morts et des blessés, et abandonnant, en avant de nos tranchées, cinq morts dont un officier. Les efforts de l'ennemi n'ont abouti qu'à renverser quelques gabions dans les postes les plus avan* ces dont les défenseurs ont dû se replier en arrière. Le travail a été suspendu pendant cette attaque.
Quelques détachements qui cherchaient à s'approcher des postés de la tète du petit ravin, sur l'extrême droite, ont été tenus à distance par les gardes qui couvraient les travailleurs.
Pertes du 14 au 15 : 21 tués ; 98 blessés dont 2 officiers. joornée du 45 jaiiiet. Le Capitaine du génie Salans6n est blessé à la tempe par un éclat
de pierre.
NuUdu45au46jaiiiet. Le Chef dc bataiUou du génie Ragon, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.
On prolonge d'eaviron 25 mètres sur sa droite la place d'armes établie sur le glacis de l'ouvrage MalakofF, et on élève une gabionnade sur le côté gauche de la route pour se couvrir des coups venant du bastion n" 3.
A Textrème droite, on améliore les deux postes établis en avant du petit ravin qui aboutit au pont-aqueduc, et on en organise un ttoU sième sur la droite des deux premiers, afln de mieux occuper la po^ sîtion 6t d'empêcher qu'elle ne puisse être tournée.
On a trouvé à droite de la route, sur le glacis de l'ouvrage Mala
.. 351 — . Attaques de droite.
koff, une seconde fondasse; on en a retiré le plateau et coupé le ' *
saucisson qui était dans un auget en bois.
Pertes du 15 au 16 : 7 tués dont 1 officier 1 35 blessés dont 1 officier.
Le lieutenônt-colonel du génie Foy est nommé chef d'état-major Joa^éedu «ejuuict. du général Frossard, en remplac^Dàent du lieutenant^colohel Malcor, allant en congé de convalescence.
Le chef de bataillon du génie Boissonhet, chef d'attaque; deux nuh du ^e au 47 juillet, brigades de sapeurs et 640 travailleurs d'infanterie.
On ouvre, sur la droite de la place d'annes établie au pied du glacis de l'ouvrage Malakoff, une tranchée de 78 gabions de longueur allant rcrfoindre des carrières qui existent de ce côté.
Le commandant Boissonnet est grièvement blessé d'une balle âu^^eSM» du genou en dirigeant ce travail.
A l'extrême droite» on prolonge de 65 gabions vers la gauche la place d'armes du petit ravin» et on perfectionne les poMes déjà établi! dans cette direction.
Ver» onze heures du soir» après avoir fait une fausse attaque sur sorties russes. nos postes avancés de gauche, les Russes se précipitent sur les trois postes avancés de la droite. Reçus par un feu nourri de mousqueterie et par le tir à balles des deux canons de campagne de la batterie n* 30, ite se retirent avec perte. Un quart d'heure après, ils tentent une nouvelle attaque et arrivent très-près de nos gabionnades, mais ils sont forcés de se retirer comme la première teis. Enfin, ils ten^ tmt une troisième attaque qui n'a pas eu plus de succès. Les tra^ vailleurs ont tenu dans la tranchée commencée, où ils n'étaient ce« p^idant couverts qu'à moitié; plusieurs d'entre eux se sont même portés en avant pour renforcer la garde des postes avancés. .
Il y a eu pendant la nuit cinq travailleurs d'infanterie tués ; un of*^ « ficier, douze travailleurs et six sapeurs blessés.
Pertes du 16 au 17 ; 15 tués dont 1 officier ; 116 blessés dont 5 officiers.
Attaques de droite. —. 353 — -
NuAdo 47au48 jauiet. Le chcf dc bataUloo du génie Roullier, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 614 travailleurs d'infanterie.
A 20 mètres en avant de la gabionnade qui coupe la route sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on en établit une nouvelle, un peu plus étendue, de manière à former un petit poste pouvant être occupé le jour.
On prolonge de 100 gabions, sur la gauche la place d'armes du petit ravin aboutissant au pont-aqueduc.
U y a eu pendant la nuit un travailleur d'infanterie tué, sept sapeurs et sept travailleurs blessés. .
Pertes du 17 au 18 : 11 tués dont 1 officier; 93 blessés dont 5 officiers.
Nuit du 18 iu 49 juiuei. Le chcf de bataillon jdu génie Cbareton, chef d'attaque ; deui brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.
Au logement sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on prolonge la nouvelle coupure de la route de 25 gabions sur sa gauche, et on la relie avec la grande place d'armes en arrière en prolongeant la sape double qui suit la route.
A la droite, devant le petit redan, on prolonge le cheminement en sape double, commencé dans la nuit du 12, jusqu'à sa jonction avec la place d'armes située en tète du petit ravin. Le poste central établi au nord du ravm est prolongé sur sa gauche de 42 gabions que l'on a eu peine à remplir par suite de la nature rocailleuse du sol. Sur la droite de ce poste, qui est devenu une place d'armes • avancée, on en établit un -nouveau de 15 gabions, et plus à droite encore, on organise pour notre usage une ancienne embuscade russe.
U y .a eu parmi les travailleurs d'infanterie dix-huit blessés dont . deux officiers.
Pertes du 18 au 19 : 66 blessés dont 6 officiers. Nuit du 40 au fo juillet. Lc Capitaine du génie Schœnnagel, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.
— 353 — Allaqtics de drùICc.
A Tattaque de l'ouvrage Malakoff, oa étend la coupure de la roule de 23 gabions sur la gauche et de 8 sur la droite.
Deyant le bastion n^" % op établit un nouveau poste à la droite de ceux que nous occupons au nord du petit ravin, et l'on améliore le cheminement en sape double qui est en arrière.
Le feu de l'ennemi a été extrêmement vif pendant toute la nuit sur les deux tètes de cheminement. A la gauchOi les Russes ont amené sur la route, en dehors de l'enceinte, une pièce de campagne qui a tiré $ur la coupure et a renversé la partie droite du parapet ; mais la gabionnaée était rétablie avant le jour.
Trois sapeurs et vingt-deux travailleurs d'infanterie ont été blessés pendant ta nuit. Le capitaine du génie Schœnnagel a été contusionné au genou par un éclat de bombe.
Pertes du 19 au 20 : 4 tués dont 1 officier ^ 50 blessés dont 1 officier/
Le chef de bataillon du génie Bailly , chef d'attaque ; deux brigades Nuit d« no au t4 jaiiiet. de sapeurs et 641 travailleurs d'infanterie.
A l'attaque de l'ouvrage Malakoff, on prolonge de 8 gabions la droite de la coupure de la route.
Pertes du 20 au 21 : 5 tués dont 1 officier ; 78 blessés dont 3 officiers.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d'attaque; deux brl- Naiidat4 aaitjaiUet. gades de sapeurs et 613 travailleurs d'infanterie.
A l'attaque de l'ouvrage Malakoff, on organise d'une manière défensive la place d'armes qui se trouve à gai^che de la coupure de la route, et on y ajoute un retour de' 17 gabions. On prolonge la coupure de la route de 32 gabions sur sa droite, en se dirigeant vers l'ouvrage MalakoiT; les gabions sont remplis de sacs à terre, couronnés de fascines, et en partie recouverts de terre à l'extérieur. *
En parlant des carrières de droite, on ouvre, sur dix mètres de
Attaques de droite. — 354 —
longueur, une portion de sixième parallèle dirigée vers la place d'armes ouverte au pied du glacis de Malakoflf.
A l'attaque du redan, on relie la place d'armes du petit ravin au poste avancé de gauche par une sape double d'une quarantaine de mètres, et on réunit par une gabionnade d'une douzaine de mètres les deux postes de droite.
Le tir d'artillerie de l'ennemi a été très-soutenu pendant toute la nuit et, dès le point du jour, accompagné d'une très-vive fusillade. Sur la gauche, la mousqueterie des embuscades a été incessante pendant toute la durée du travail et nous a occasionné des pertes.
Le capitaine du génie Masselin a été grièvement blessé à la poitrine par un éclat de bombe.
Il y a eu pendant la nuit six travailleurs d'infanterie tués ; un officier de travailleurs, trente-trois soldats et trois sapeurs blessés.
Pertes du 21 au ^ : 11 tués dont 1 officier; 108 blessés dont 2 officiers.
Nun du n au 23 juillet. Lc chcf dc bataillon du génie RouUier , chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie.
Les gabionnades établies la nuit dernière aux deux extrémités de la place d'armes avancée sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, ayant été complètement bouleverisées par le canon de la place, on les rétablit et on les couronne de fascines et de sacs à terre.
Au centre, on prolongé Famorce de la sixième parallèle d'environ 60 mètres vers, la gauche.
Devant le petit redan, on établit à l'extrême droite de la ligne avancée un nouveau poste d'une douzaine de gabions, et on perfectionne la sape double commencée la nuit précédente en arrière de cette ligne.
A dix heures et demie, la place a ouvert tout à coup, sur toute rétendue du front d'attaque, un feu très-vif d'artillerie et de mousqueterie ; probablement les Russes s'attendaient à une attaque de
— 355 — AUâqaes de droite.
vire forçai par suite de quelques mouvements de troupes qui avaient eu lieu avant la nuit pour renforcer les gardes de tranchée. En même temps, des bateaux à vapeur sont venus se placer à l'entrée de la baie du carénage et ont tiré dans la direction du ravin.
La plupart de nos postes avancés n'ont pas répondu à la mQUsqueterie de la place ; }e travail, momentanément suspendu, n'a pas tardé à être repris.
Pertes du 22 au 23 : 13 tués; 49 blessés dont 2 officiers.
Le chef de bataillon du géni^ Ghareton^ chef d'attaque ; deux bri- i^uit da 23 aa24 joniet. gades de sapeurs et 975 travailleurs d'infanterie*
Les Russes tirant à très-petite portée et avec du gros calibre sur nos cheminements, les bouleversent en peu de temps partout où ils peuvent les bien découvrir , même quand on forme le parapet de trois rangs de gabions. L'artillerie de l'ennemi n'a sur la nôtre que la supériorité du nombre, car, comme nous l'avons déjà dit, dans les attaques de MalakofT, la disposition des lieux est tout en faveur de l'attaque. Malheureusement, le général commandant l'artillerie de l'armée est à bout de ressources : il peut à peine fournir, tant pour les attaques de la ville que pour celles du faubourg, aux besoins de toutes les batteries; depuis longtemps déjà, les canonniers ayant manqué, on emploie un grand nombre d'auxiliaires pris dans l'in* fanterie. Cependant, les circonstances sont si graves, qu'on fait un nouvel effort pour établir encore deux batteries sur les pentes du mamelon vert. L'une, armée de dix canons de 24, prendra le n"" 33 ; l'autre, armée de six obusiers de 22« et de dix mortiers, prendra le n*» 34. Pour gagner du temps, cette demièi;e sera placée dans la cinquième parallèle, un peu à gauche de la ligne qui joindrait le sommet du mamelon à la tour MalakofT, et le génie va travailler sans relâche à l'établissement de l'autre, qui sera située plus haut et un peu plus à droite.
Sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on rétablit la partie droite du
AiUques do limite. ... 356
cheminement avancé, que le canon de la place a bouleversée pour la seconde fols.
On prolonge de 50 gabions l'amorce de la sixième parallèle partant des carrières de droite.
On fait en avant de la cinquième parallèle une tranchée de 150 gabions, destinée à remplacer la portion de cette parallèle dans laquelle l'artillerie va établir la batterie n^ 34. On ouvre en outre, audessus et un peu en arrière, une tranchée de 100 mètres de longueur avec deux retours d'équerre de 9 tnètres aux extrémités pour l'établissement de la batterie n"" 33 ; enfin, on relie cette dernière à la batterie n"" 23 par un boyau.
Un incendie assez considérable, qui a duré une grande partie de la nuit, a eu lieu dans la place, en arrière du grand redan. Pertes du 23 au 24 : 10 tués ; 85 blessés dont 3 officiers. Nuii du î4 iu % juillet. Le capitaine du génie Schoennagel, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 603 travailleurs d'infanterie.
Les deux extrémités du cheminement avancé qui coupe la route sur le glacis de l'ouvrage Malakoff ayant été de nouveau bouleversées par le canon de l'ennemi, on reniiet en place 10 gabions sur la droite et 8 sur la gauche, et on renforce te parapet avec des sacs à teire. On débouche de la place d'armes au pied du glacis de Malakoff par un cheminement qui sera l'amorce de gauche de la sixième parallèle ; on prolonge l'amorce de droite de 30 gabions.
Devant le petit redan, on relie entre eux tous les postes avancés pomr en former une place d'armes solide, et on complète la communication en sape double immédiatement en arrière.
Plus nos attaques s'approchent de l'ouvrage Malakoff et du petit redan, moins elles sont soutenues. Entre ces deux ouvrages, le terrain présente une concavité telle que les tranchées partant du glacis Malakoff ne peuvent échapper aux coups plongeants du redan que si on les trace suivant la direction donnée à la sixième parallèle. Il
^. 357 — Atiarpioâ de droite.
nous est donc impossible de relier directement les deax attaques. Nous ne pouvons pas non plus, ni sur la droite» ni sur la gauche, soutenir nos tètes de sape par des places d'armes , car dès que rartillerie des fronts collatéraux découvre nos cheminements, elle les détruit immédiatement. On est donc réduit à cheminer en pointe sur deux bastions d'une place défendue par une armée nombreuse. Mais heureusement l'ennemi n'emploie contre nous que de petites sorties.
Vers minuit^ à la faveur de l'obscurité,^ Tennemi fait irruption sur sonie russe. la place d'armes en construction devant le petit redan, et parvient à renverser une quinzaine de gabions ; cette sortie, forte d'environ 150 hommes, est aussitôt repoussée. Le travail est repris, mais la place fait pendant une heure un feu d'artillerie extrêmement vif .
Partes du 24 au 25 : 13 tués dont 1 officier ; 118 blessés dont 1 officier.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque; deux bri- NuiiduWauMjuiiieu gades de sapeurs et 790 travailleurs d'infahterie.
Sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on rétablit la gabionnade de la place d'armes avancée, que le canon de la place avait encore une fois détruite, et on épaissit son parapet avec des sacs à terre. On prolonge de 25 mètres l'amorce de gauche de la sixième parallèle, et on relève, à Textrémité de l'amorce de droite, une quarantaine de gabions renversés par l'artillerie de l'ennemi.
On continue à préparer l'emplacement de la batterie n"" 33 et sa communication.
Pertes du 25 au 26 : 5 tués ; 38 blessés.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d'attaque ; deux bri- Naitdu^eauSTjoiiiet. gades de sapeurs et 567 travailleurs d'infanterie;
Une portion de la gabionnade de la coupure de la route, sur le glacis de l'ouvrage Maîakoff, renversée de nouveau pendant la journée par le canon de la place, a dû être relevée sur 20 gabions de
Attaque» de droite. .^ 35g .^
longueur. L'amorce de gauche de la sixième parallèle est prolongée de 36 gabions, et celle de droite de 40.
La tranchée destinée à l'établissement de la batterie n*" 33 est ter-minée et livrée à l'artillerie.
La place a fait pendant-toute la nuit un feu extrêmement vif de projectiles creux et de mitraille. Un sapeur du 2* régiment du génie, nommé Roussel, a rejeté par-dessus le parapet un obus qui allait éclater dans la tranchée.
Pertes du 26 au 27 : 10 tués dont 1 officier; 65 blessés dont 1 officier.
Nuit du 27 au 28 juillet. Le chof de bataillou du génie RouUier, chef d'attaque; deuxbri* gades de sapeurs et 503 travailleurs d'infanterie.
A la gauche, le canon de la place ayant détruit de nouveau la gabionnade du cheminement avancé sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on essaie de le rétablir encore une fois ; mais l'artillerie russe tirant incessamment sur ce travail, on n'a pu relever cette gabionnade que sur 8 mètres de longueur.
On prolonge de 35 gabions vers la droite l'amorce de gauche de la sixième parallèle. A l'amorce de droite, on rétablit les gabions de la tète du travail, que le canon de la place avait bouleversés sur une assez grande longueur; en sorte qu'à cette parallèle, comme sur le glacis, le travail d'une nuit n'était le plus souvent que le rétablissement du travail de la nuit précédentOi
Le feu de la place a été très-vif pendant toute la nuit ; le nôtre n'y a que faiblement répondu.
Pertes du 27 au 28 : 11 tués ; 65 blessés dont 4 officiers. Nuiuu 28 au 29jumei. Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.
On tente à deux reprises de relever la gabionnade du cheminement avancé sur l'ouvrage Malakoff, mais chaque fois «lie est aussitôt renversée dans la tranchée ; on essaie alors d'établir sur ce point
un parapet sans gabions, formé d'assises successives de sacs à terre, et on parvint à exécuter ce travail sur une longueur de cinq mètres. On répare et on épaissit le parapet des deux amorces de la sixième parallèle que le canon de la place avait fortement endommagé ; mais les projectiles de l'ennemi ayant empêché de relever la gabionnade à la tète de l'amorce de droite, on a dû, comme devant l'ouvrage Malakoff, établir le parapet tout entier en sacs à terre, et on a exécuté ce travail sur sept mètres de longueur.
Le tir de l'ennemi a été très-vif pendant toute la nuit ; celui de nos batteries a été aussi très-soutenu.
Pertes du 28 au 29 : 4 tués; 64 blessés.
Le capitaine du génie Schœnnagel, chef d'attaque ; deux brigades nuh du «9 m 3o juuiet. de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.
Le feu de la place avait été très-vif pendant la journée du 29; principalement dirigé sur les deux tètes de sape de la sixième parallèle et sur le cheminement avancé devant l'ouvrage MalakofT, les parapets avaient, été complètement bouleversés sur ces trois points.
A la nuit, on essaie encore une fois de rétablir le cheminement sur l'ouvrage Malakoff: on le déblaie sur quatre mètres de longueur et on lui donne l^'SO de profondeur pour que les travailleurs y soient couverts par la fouille elle-même; mais le travail fait a été comblé au jour par le canon de la place, qui a rejeté la terre dans la tranchée. Il n'a pas été possible de répara le parapet de la coupure delà route, les boulets boulev^saient les gabions à mesure qu'on les remettait en place. On a relevé les brèches faites pendant la journée dans le parapet de la sixième parallèle et prolongé l'amorce de droite de cette parallèle de 14 gabions, en les doublant pour donner plus de consistance au parapet.
La place n'a cessé de tirer pendant toute la nuit sur nos têtes de cheminements ; le feu de l'artillerie russe a été beaucoup plus vif et plus soutenu que le nôtre.
Nuitdu30au3<juiiieu Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque; deux brigades de tapeurs et 529 travailleurs d'infanterie.
On refait le parapet de la coupure de la route, sur le glacis de l'ou* vrage Malakoff, et on déblaie le boyau à droite de cette coupure sur l^'SO de profondeur. Sur la droite de ce glacis, on débouche en avant deTamorce gauche de la sixième parallèle par un boyau de 35 gabions de longueur quise trouve défilé de l'ouvrage par le relief du terrain. Les deux amorces de la sixième parallèle sont prolongées en double gabionnade, celle de gauche de 8 gabions, celle de droite de 20.
La place d'armes avancée devant le petit redan a été prolongée de 45 gabions sur sa gauche, à partir de la tète du cheminement en sape double. Sur sa droite, on l'a reliée à un petit poste par une tranchée de 37 gabions de longueur.
Le tir de la place a été très-vif et plus soutenu que le nôtre.
Le capitaine du génie Lecucq a été tué par un obus.
Pertes du 30 au 31 : 14 tués dont 2 officiers; 65 blessés doikt 4 officiers.
Nuit du 34 juillet au Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 600 travailleurs d'infanterie»
Le cheminement avancé sur le glacis de l'ouvrage MalakofT, comblé de nouveau par le canon de la place, est déblayé sur une dizaine de mètres de longueur, et son parapet est rétabli ; la coupure de la route est également réparée malgré le tir dirigé sur ce point pendant toute la nuit. Le nouveau boyau ouvert la nuit précédente sur la droite du glacis est allongé de 5 gabions sur sa direction primitive et de 22 formant une branche qui se refuse à gauche. Les deux tètes de cheminement de la sixième parallèle marchant l'une vers l'autre sont prolongées chacune d'une trentaii|e de gabions qui ont été doublés.
... 361 — AlUques de droite.
Devant le bastion n^ % on pose 38 gabions à la gauche de la place d'armes avancée, et à la droite on en pose 30 pour rejoindre un point d^à occupé par un petit poste.
Sur le côté droit du contre-fort du carénage» on ouvre, en partant de la communication en zigzag de la batterie n"" 22, un boyau de 150 mètres de longueur aboutissant à remplacement d'une batterie de mortiers en projet (n^ 36).
Le sous-lieutenant du génie Mandagout a été tué par une bombe en dirigeant ce dernier travail.
Le fe;ii de la place a été extrêmement vif pendant toute la nuit ; la pluie qui est tombée en abondance a rendu les trandiées impraticables sur plusieurs points, malgré les travaux faks pour donner de l'écoulement aux eaux.
Pertes du 31 juillet au 1**^ août : 8 tués dont 1 offlkïier ; 39 blessés dont 1 officier.
Les pertes du 2* corps, pendant le mois de juillet, s'élèvent à 283 P^^tw du 2« corp« tués dont 16 officiers ; 2,041 blessés ddnt 74 officiers; 7 disparus dont 1 officier ; en tout, 2,331 hommes hors de combat.
La moyenne du nombre de travailleurs employés aux attaques de Nombre de (ramiueurs droite a été de : •
67 sapeurs et 500 soldats d'infanterie par journée ; 71 — 679 - — par nuit.
En ajoutant aux pertes du 2'' corps celles du l'** corps données Pertes totales da mois
/ rfc irkx • «« / 1 » . , ^^ juillet.
plus haut (page 342), on voit que 1 armée a eu pendant le mots de juillet 3,469 hommes hors de combat.
Le nombre total de travailleurs employés aux deux attaques a été Nombre de travailleurs
employés
en moyenne de : aux deux corps.
143 sapeurs et mineurs et 687 soldats d'infanterie par journée ; 139 — 838 — parnuit.
MOIS MOUT. D'après ce.qui a été convenu avec les généraux alliés, la vallée
FAIT» GÈfiRAux. ^^ BaïdaT a été divisée de la manière suivante entre les trois armées pour la répartition des foins qu'on y récolte : les Anglais occupent les villages de Baïdar, Saktik et tout le terrain à droite de la route WoronzoflE, défendant le passage de Phoros avec quatre escadrons de cavai^rîe; les Turcs sont établis plus à Fouest, jusqu'au village de Bouyouk-Miskomia ; les Français occupent tout ce qui est au nord de la route Woronzoff, et observent les passages de Cardone- Bell et d'Ouzenbach. La coupe des foins a été terminée le 3 août, et le 5 on achève de les ramasser. Le 3, une soixantaine de Cosaques SQnt venus fourrage dans le ravin séparant Ourkousta de la crête qui limite la vallée au nord ; la grand'garde des dragons et une compagnie de zouaves refoulèrent ces Cosaques av^c lesquels on échangea quelques couims de fusil.
Le 3 août^ à neuf fieures du matin, une embuscade russe ouvre le ieu contre une embuscade française étoile par le 6'' de ligne sur les bords de la Tchernaya. Une centaine de tirailleurs ennemis s'avançât à l'abri des broiissaille» et commencent une fusâlade qui a duré environ une heure et demie. La Tchernaya, grossie par les pluies^ a empêché nos tirailleurs de s'approcher de l'ennemi. Cette affaire n'a eu aucune mportance^
Les Piémontais occupant Tchorgoun avec leurs ayant-postes, on siq>prime les patrouilles françaises que Ton dirigeait de ce côté.
Le 4 août, le géitéf'al Canrobert, aide de camp de l'Empereur, quitte la Crimée pour retourner en France ; TEmpereur hiiav^it e»-: voyé l'ordre de reprendre son service auprès de sa personne.
Un ordre du 6 août fait connaître à l'armée que, par décret du à, les campagnes compteront double pour l'armée d'Orient»
Dans la matinée du 12 août, les Russes construisent quatre embuscades en avant d'un des contre-forts accessibles qui se trouvent à l'ouest de la route de Mackensie à Balaclava et sur le sommet
desquels Us ont établi pludieurâ batteries. (Ces batteries tirant' «oii- YQott à de grandes ^îstanoes sans produire d'eflbt^ nos soldats kfs avaient baptisées des noms de BiBoquet, Griftgalet, etc.) -
Le 13 août, les quatre escadrons anglais établis près ^e Baldar rentrent au camp.
Depuis plusieurs jours, certains indices et les rapports de» déser- ^oï V Twku?*™^* tours faisaient penser que les Russes viendraient attaquer la ligne de *^ '^^^ ^^*- '^• la Tchernaya. Les positions occupées sur cette ligne sont couvertes par la rivière môme et par le canal de dérivation amenant à SébaStopol l'eau du Chouliou, qui traverse la Tchernaya sur "un pontaqueduc. Les hauteurs qui bordent la rive droite du ChoUliou tombent assez brusquement vers la Tchernaya et s'avancent en pointe au confluent des deux rivières, où elles ne taissent qu'une gorge, étroite pour leur passage. Cest dans cette gorge qu'a été construit le pontr^aqueduc. La Tchernaya présente quelques gués faciles, et on peut la traverser en outre sur deux ponts : Tun situé à côte et en aval du pont-aqueduc, l'autre à trois kilomètres plus bas ; ce dernier, nommé pont de Traktir, a éte couvert pat les Français d'un petit ouvrage en terre. Le canal de dérivation a peu delai^^êur, mais il n'est ^uéable sur aucun point.
Au-dessous de la gorge où est situé le pont-aqueduc, la vaHée de la Tchernaya s'élargissant, on trouve une petite plaine de 12 à 1,500 mètres de largeur après laquelle, du côte de la rive droite, vient uh terrain mamelonné, s'étendant jasqu'au pied des escarpements de rocher qui limitent le plateau de Mackenzie ; sur la rive gauche sont des hauteurs très-pronon(^es, nommées par les Russes monts Fédoukhtne, qui séparent la vallée de la Tchernaya de la plaine de Balaclava. Ces hauteurs sont coupées par plusieurs vallons dans Vvm
(*) Voir aux pièces justificatives, N<» 10, la composition et l'effectif de rarmée fraoçaise, à la date du 15 août.
364 -desquels passe la granderoute de Balaclava à Mackenzîe, qui traverse la Tchemaya au pont de Traktir ^ monte sur le plateau de Mackenzie par une longue rampe en lacet. Cette route est la principale icommunication des Russes avec la petite plaine de la Tchernaya, mais ils peuvent en outre y déboucher par les gorges de Mangoup- Kalé, qui forment une sorte de brèche dans la muraille de rocher 4ont nous avons parlé en décrivant la Crimée. Une armée russe qui descendrait dans la plaine ne laisserait donc derrière elle pour en sortir que la rampe de Mackenste et le défilé de Mangoup-Kalé.
Le corps d'armée qui défendait la Tchemaya avait pris position sur les monts Fédoukhine, au pied desquels a été creusé le canal de dérivation et que borde aussi la Tchemaya auprès du pont de Traktir. Les Piémontais, qui occupent la droite de la ligne, au-dessous de Tchorgoun, ont leurs avant-postes de l'autre côté de la Tchernaya, sur les hauteurs qui s'avancent dans l'angle de cette rivière et du Chouliou. Les troupes françaises gardent le centre et la gauche de la ligne, jusque près des hauteurs du mont Sapoun. Les Turcs, placés en arrière, occupent tout le pâté montueux qui est à Test de Balaclava/et observent Alsou. Le général d'AUonville, avec sa cavalerie, deux bataillons d'infanterie et une batterie d'artillerie, veille à l'extrême droite de l'armée des alliés, dans la vallée de Baïdar.
Toutes les troupes françaises qui défendent le cours de la Tchernaya dans les environs du pont de Traktir sont sous les ordres du général Herbillon, qui avait pris les dispositions suivantes :
La division Faucheux, séparée des Piémontais par un petit vallon, est campée en arrière du pont, sur les hauteurs qui se trouvent à droite et à gauche de la routé de Balaclava à Mackenzie. Sa l*** brigade (2* zouaves, 19* bataillon de chasseurs à pied) W, avec la 6«
Cette bHgade^ dont refTéctif était très-réduit par les pertes qu'elle avait éprouvées
r- 365 — batterie du 13^ régiment d'artilierie, occupe le mamelon de droite qui est fortement dominé, à portée de canon, par le plateau de la rive droite du Chouliou. La brigade de Faiily, ^ de la division Faucheux (95* et 97* de ligne), est campée sur les croupes un peu plus élevées qui se trouvent à gauche de la route* Un détachement de tette brigade spécialement chargée de la défense du pont de Traktir occupe le petit ouvrage qui couvre le déboudié du pont sur la rive droite de la rivière. A gauche de cette division, campent le 3* régiment de zouaves et le 6Cf de ligne, de la brigade de Wimpffen (!'• de la diviâion Camou), et la 3* batterie du 12« régiment d'artillerie. Enfin, à l'extrême gauche se trouve le reste de la division Camou, c'est-àdh*e le régiment de tirailleurs indigènes de la !■''' brigade, et la 2* brigade (général Vergé, 6* et 82* de ligne), avec la 4* batterie du 13*» régiment d'artillerie,
En arrière de ces positions se trouvait le général Cler, prêt à soutenir la division Faucheux avec la 2* brigade de la division Herbillon (62* et 73* de ligne), et en réserve, sous les wdres du colonel Forgeot, cinq batteries à cheval dont deux de la garde, La !'• brigade du général Herbillon (14* bataillon de chasseurs à pied, 47* et 52* de ligne) était placée à mi-côte du plateau d'Inkermann, près de la redoute Canrobert ; elle devait au besoin soutenir la division Camou.
Une division de cavalerie commandée par le général Morris (quatre régiments de chasseurs d'Afrique) bivouaquait dans là plaine de Balaclaya,. en arrière de la droite des monts Fédoukhine, prête à soutenir notre infanterie.
Dans la nuit du 15 au 16 aoAt, l'ennemi fait une démonstration du côté de la vallée de Baïdar pour inquiéter le général d'AUonville, qui fait aussitôt prévenir le général en chef et le général Herbillon que
dans le siège, D'av'ait dans ce moment que deux officiers supérieurs (les commandants Alpy et d'Arbois du j^ zouaves), qui furent tués de» le commencement de Taciion,
Fennemi se renforce deyant lui. Pendant ce temps, le gros de Tarmée russe profitait de l'obscurité de la nuit pour descendre dans la vallée de la Tchemaya. La droite, composée de trois divisions com* mandées par le général Read, prenait position des deux côtés de la route du pont de Traktir à Mackenzie, à portée de canon de la rivière. La gauche, comprenant également trois divisions sous les ordres du général Liprandi, s'avançait, par la vallée du €houliou et les plateaux de la rive droite de cette rivière, contre les Plémontais et la droite des Français. Une septième division d'infanterie et trois ffivî* sions de cavalerie formaient la réserve. Plus de cent pièces de canon soutenaient rattaque de l'infanterie. Une brume épaisse nous cachait les mouvements des Russes.
A quatre heures du matin, les postes avancés de Tarmée sarde se replièrent, annonçant que l'ennemi s'avançait en masses considérables. Les Russes ne tardèrent pas, en effet, à placer une nombreuse artillerie sur les hauteurs de la rive droite de la Tchemaya et à ouvrir le feu de leurs pièces contre les Piémontais. Le général de La Marmora se hâta de réunir ses troupes.
L'attaque des Russes contre les Français commença à notre extrême gauche ; une des divisions du général Read, couverte par de nombreux tirailleurs, vint se jeter sur la division Camou; mais vigoureusement reçue par le 3« régiment dé zouaves et le 50* de ligne qui l'abordent de front, tandis que le 82* la prend en flanc, les Russes se retirent en toute hâte et ne peuvent, pour échapper aux coups de notre artillerie, se rallier que fort loin. L'attaque ne fut pas renouvelée de ce côté.
Au centre, la lutte fut plus longue et plus acharnée. Le général Read, soutenu par une nombreuse artillerie, porte deux divisions vers le pont de Traktir. Ce pont étant placé sur un coude de la rivière qui fait saillie du côté des Russes, lé petit ouvrage qui le couvrait ne pouvait faire une longue résistance ; les 150 hommes du 97*
qui roccupaient furent bientôt pris d'écharpe et à dos, et la rivière étant guéaUe au-dessus et au-dessous, ils durent éyacuer la tête de pont pour ne pas être enlevés.
Les Russes, maîtres du pont et du cours de la rivière, ont encore' à franchir le canal de d^vation de la Tchemaya ; mais ils portent avec eux de petits ponts volants préparés d'avance qu'ils jettent d'une seule pièce en les dressant sur la rive droite et les laissant retomber. Tous ces obstacles franchis, les colonnes russes, repoussant no» avant-{)6stes, gravissent résolument des deux côtés de la route les hauteurs que couronnent nos tentes. Le général de Failly, qui avait formé ses troupes à la hâte, lance alors sa brigade contre les tètes de colonne russes; la première brigade de la division Faucheux, ralliant ses avant-postes, court en même temps sur l'ennemi et le charge aussi à la baïonnette. Les 95* et 97« de ligne, le 2* zouaves et le 19^ bataillon de chasseurs, qui se sont déjà fait uâe belle réputation mais dont le feu de l'ennemi a éclairci les rangs pendant le siège, se précipitent sur les Russes sans se préoccuper du nombre, ei les culbutent, aux cris de Vive V Empereur ^ dans le canal de dérivation, et puis dans la Tchemaya. Nos soldats reprennent la tète de pont d^où ils font un feu des plus meurtriers sur les masses russes qu'ils ont refoulées sur la rive droite. L'artillerie des divisions placée sur les derniers contre-forts qui dominent la vallée n'a cessé de tirer à mitraille sur l'infanterie russe sans daigner répondre aux nombreuses batteries de l'ennemi dont le feu convergeait sur elle.
Pendant que la canonnade continue de part et d'autre, les Russes préparent un nouvel effort. La brume is'est dissipée, on les voit renforcer leur c^tre,^ et une des divisions du général Liprandi descend des hauteurs du Ghouliou pour se porter sur la Tchérnaya;^ audessus du pont de Traktir. De son côté, le général Herbillon envoie la brigade Cler renforcer la division Faucheux et le colonel Forgeot,
commandant rartillerie sur la Tchernaya, fait arriver ses batteries de réserve, ce qui porte à huit le nombre des batteries qui peuvent agir contre les masses russes. L'ennemi renouvelle en effet son attaque : il s'empare une seconde fois de la tète du pont de Traktir, passe la Tchernaya et veut gravir de nouveau les hauteurs que défendent nos braves soldats ; mais chargé avec la même impétuosité que dans sa première attaque et foudroyé par nos batteries, il est culbuté de nouveau dans la rivière avec des pertes énormes.
La division descendue des hauteurs de Chouliou vient tenter une nouvelle attaque par le vallon qui sépare les Français des Piémon-. tais ; mais arrêtée par le général Clerc et prise en flanc par la division piémontaise du général Trotti, elle est également repoussée avec de grandes pertes.
Vers neuf heures du matin, au moment où les efforts de 3on armée venaient de se briser contre quelques-uns de nos régiments soutenus par nos intrépides artilleurs, le prince Gortehal^off pouvait voir qu'on s'était mis en mesure de déjouer tous ses projets.
La division de chasseurs d'Afrique du général Morris, ralliée par la cavalerie anglaise du général Scarlett, était placée en arrière des mamelons de Kamara et de Fédoukhine et se tenait prête à tomber sur le flanc de l'ennemi, dans le cas où il parviendrait à faire une trouée sur la ligne de la Tchernaya. Six bataillons de l'armée torque amenés par Séfer-Pacha (général Koscielski) venaient renforcer notre droite. Enfin, le général en chef faisait marcher la division Levaillant du 1*' corps, la division Dulac du 2' et la garde impériale qui se portaient sur le lieu du combat.
Les Russes se reformèrent hors de la portée de notre artillerie, laissant le champ de bataille jonché de morts et de blessés, et parmi les morts le général Read et son chef d'état-major le générsd de Weimam. Ils regagnèrent les hauteurs en s'écoulant par la route de Mackenzie et par le chemin d'Aï-Todor.
A trois heures de i'après-midi, Tarmée ennemie avait complètement disparu. Les Sardes occupaient de nouveau leurs postes avancés sur les hauteurs du Chouliou. La division Dulac et celle de la garde relevèrent dans leurs positions les troupes qui avaient ètè engagées ; la division Levaillant fut renvoyée au l""^ corps, et la cavalerie reprit ses bivouacs.
Nos pertes dans cette brillantejournée se sont élevées à 181 tués dont 9 officiers, 1,224 blessés dont 61 officiers, et 46 disparus; en tout 1^1 hommes mis hors de combat. L'armée sarde» qui a vaillamment combattu à nos côtés, a eu environ 250 hommes mis hors de combat.
Les pertes des Russes, qui ont été beaucoup plus considérables que celles des alliés, peuvent être évaluées à plus de 6,000 hommes. Pendant l'armistice de deux jours demandé pour l'enterrement des morts, les Français ont relevé 2,129 cadavres russes; les Russes ont enterré environ 1,200 des leurs sur le terrain de la bataille, indépendamment de ceux qu'ils avaient enlevés. 1,664 blessés dont ES officiers ont été recueillis dans nos ambulances, 150 dans^ celles des Sardes ; 400 prisonniers sont restés entre nos mains, et une centaine d'autres entre celles des Sardes.
La victoire de la Tchernaya garantissait la paisible continuation du siège. Toutefois, dans la prévision d'une nouvelle attaque, les alliés renforcèrent leurs postes d'observation : le général Simpson envoya à Kamara quatre régiments écossais, avec 50 pièces de canon, sous les ordres du lieutenant général Campbell.
En outre, on commence, le 20 août, la construction de trois batteries de position pour défendre les abords du pont de Traktir. L'une, établie sur le mamelon de droite, où est campée la première brigade de la division Faucheux, doit être armée de six pièces de 16 et de six pièces d€ i% etprendra le nom de batterie Raglan. La seconde, placée sur l'une des pentes du camp de la division Herbilfon, à gauche du pont, pour battre d'écharpe la route de.Mackepzie, sera armée
comme la première et portera le nom de batterie La Bùussiniêre. La troisième, établie sur le flanc droit de la route qu'elle enfile jusqu'au pont, forte de douze pièces de 12, sera désignée sous le nom de batterie Bizot. Les batteries Raglan et Bizot ont pu être armées dès la nuit du 21 au 22 août.
Reconnaissances Le 19 août, le général d'AllonvilIe fait une reconnaissance sur mouvemenis de troupes, jous Ics passages qui communiqucnt de la vallée de Baïdar dans celle du Belbek. Il ne rencontre que quelques escadrons de caval^ie et un millier de Cosaques qui se retirent sans inquiéter sa marche.
Le lendemain matin, un bataillon de chasseurs occupe le col d'Ouzenbach, et un bataillon de zouaves va s'établir sur un piton qui domine le col de Cardone-Bell. Ce mouvement est appuyé par une démonstration de toute la cavalerie dans la plaine d'Ourkousta.
Le 24 au soir, la brigade de dragons et celle de cuirassiers quittent la vallée de Baïdar. La première vient prendre position sur la ligne de la Tchernaya, derrière tes chasseurs d'Afrique ; la seconde va s'établir sur le plateau de Khersonèse, {nrès du monastère de Saint-Georges.
Les Russes C'cst dans le mois d'août que les Russes construisirent le grand
coostruisent un pont
de radeaux pont dc radeaux qui relie, à travers le port, les forts Nicolas et Misur le grand port. ^ -i ^ r '
chel ; il a été entrepris sûr la proposition du chef des ingénieurs de l'armée, le lieutenant général de Buchmeyer, qui l'a fait exécuter avec une rapidité remarquable, en partant à la fois de ses deux extrémités. L'établissement de ce pont, qui n'a pas moins de 918 mètres (430 sagènes) de longueur sur 5"30 (2 1/2 sagènes) de largeur entre les garde-corps ; donne aux Russes une communication plus sûre, plus facile et plus prompte que celle que leur fournirait le service des bateaux à vapeur, et il achève de faire de Sébastopol une véritable tête de pont. La garnison peut avoir ses grandesiréserves à l'abri de nos feux sur la rive nord, et toute Tarmée russe aurait pu, par une marche de nuit, se réunir à la garnison
pour déboucbier à rimproviste sur nos travaux d'attaque et nos batteries. Dans le cas où un assaut nous rendrait mattres de la place, la garnison ne risque pas d'être faite prisonnière ; elle pourra toujours se retirer dans les camps du nord et replier ou détruire le pont. Ce pont a donc une importance très-grande pour les Russes, tant pour Foffensive que pour la défensive. Il a été livré à la circulation le 27 août.
A midi et demi, les Russes font jouer un fourneau dont l'explosion axtaqum^i oauchi. (do) ne nous a causé aucun mal. MinT(Pi.'xîi; \f\).
Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque; deux brigades Nuit du <« au % août. de sapeurs et 400 travailleurs d'infanterie.
On rectifie plusieurs parties de la communication de la batterie n^ 57, qui serraient de trop près le fort Constantin, et on ouvre, en partant delà communication des batteries n""* 30 et 31, une nouvelle tranchée de 190 mètres de longueur, destinée à remplacer une partie de celle qui a été ouverte dan? la nuit du 30 juillet, et dont le défilement présentait trop de difficulté. .
A quatre heures et demie du matin , nous donnons le feu àun globe Mines.
de compression établi à l'extrémité du rameau où nous avions reçu le camouflet dans la journée 4u 1''% et en même temps nous faisons jouer un fourneau situé dans une crevasse du roc, sous le talus des entonnoirs. Ces deux explosions {a^9 et a^g) ont amené à la surface du sol une grande quantité de bois de cofibrage provenant des galeries deTennemi. *
Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; deux bri- ^^"™^ ^" ^ "^^*gade^i de sapeurs et 400 travailleurs d'infanterie.
Au delà de la chapelle Saint-Wladimir, la communication de Irf '
batterie n* 57 est portée à trois mètres de largeur sur un développement d'environ 300 mètres, et le mur formant le parapet est élevé à hauteur convenable, malgré le feu de la place qui Inquiète assez vivement les travailleurs.
Attaques de gauche. — 372 —
Mines. A quatre heures et demie du soir, nous faisons jouer un fourneau
dans une cavité qui parait communiquer avec les galeries de l'aanemi. L'explosion (aso) a produit un entonnoir profond et jonché de débris de coffrage.
Malgré les feux courbes de la place qui les gênent toujours, nos mineurs^ aidés par des travailleurs d'infanterie, maintiennent des communications couvertes entre les entonnoirs. Noii du 2 au 3 août. Dcux brigades de sapeurs et 400 travailleurs d'infanterie.
On ouvre une tranchée d'environ 50 mètres de longueur pour combler la lacune qui subsistait encore entre la batterie n"" 57 et la partie déjà ouverte de la communication ; on perfectionne les parties dans lesquelles il avait été impossible de travailler pendant le jour. La place a tiré assez vivement sur ces travaux. Mines (PI. xu , (ig. 2). ^ L'eunomi fait jouer deux fourneaux (^45 et ^49) sans aucun succès, l'un à onze heures du soir, l'autre à une heure et demie du matin.
Pertes du 2 au 3 : 7 tués ; 41 blessés dont 4 oflBciers. Journée du^ aoAi. Uu puits ayant ouvert la galerie russe dans laquelle ont déjà joué les fourneaux a„etaurj nous y faisons un nouveau fourneau (ai,) qui reçoit le feu à sept heures du matin. Son explosion a encore rejeté des débris de coffrage.
Nuit .]u 4 au 5 août. Le chcf dc bataillon du génie Ribot, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 254 travailleurs d'infanterie.
Le cheminement souterrain en avant de la batterie n"" 53 a débouché dans la carrière. On pétarde le roc qui forme le ciel de ce passage.
Le bastion central et les batteries de la quarantaine font un feu très-vif sur les ouvrages du 2 et du 23 mai. Mine.. Les Russes font jouer un fourneau (djo) à onze heures du soir ; il a
enterré un mineur dans les entonnoirs et asphyxié un autre dans un rameau. Ces deux hommes ont pu être sauvés.
Les abris blindés rendent de grands services; cependant nous
— 3/3 — Attaques de gauche*
avons souvent des mineurs et des auxiliaires blessés dans les entonuoirs. Pendant la nuit, Tennemi a jeté beaucoup de grenades ; trois auxiliaires ont été blessés, et dans la garde de tranchée il y a eu deux tués et cinq blessés.
Pertes du 3 au 5 : 6 tués; 63 blessés dont 2 officiers; 1 disparu.
Une explosion de Tennenni {d^,), effectuée à neuf heures et demie Nuit du 5 au 6 août. du soir, nous a blessé deux mineurs dans les entonnoirs ; mais elle a formé dans le bourrelet une échancrure qui nous fait avancer vers la place.
Pertes du 5 au 6 : 1 tué ; 37 blessés ; 1 disparu.
Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque; une brigade Nuudu c au 7 aoôi. de sapeurs et 201 travailleurs d'infanterie.
On pratique dans un crochet du parapet, à gauche de la batterie n° 54, un petit passage couvert pour permettre à nos éclaireurs de se rendre aux postes qu'ils occupent la nuit en avant de la batterie. On raccorde la communication de la batterie n^ 57 avec celle qui conduit au lazaret par un boyau de 45 mètres de longueur.
Les travaux de la communication ont été inquiétés de jour et de nuit par un feu violent des batteries de la quarantaine, du fort Constantin et même de la batterie située sur la falaise en arrière de ce fort ; huit travailleurs d'infanterie ont été blessés.
Au jour, on s'aperçoit que l'ennemi construit une batterie à l'extrémité du cap, à l'ouest du fort Constantin.
Une explosion russe [d^) assez forte, qui a eu lieu vers trois heu- Mines.
res et demie du matin, ne nous a causé aucun dommage.
Pertes du 6 au 7 : 2 tués ; 20 blessés ; 2 disparus.
Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; une brigade noîi du 7 au s août. de sapeurs et 200 travailleurs d'infanterie.
On dispose des gradins pour la fusillade dans la carrière en avant de la batterie n* 53, contre l'escarpement qui regarde la place et qili présente un développement d'une vingtaine de mètres.
Attaques de gauche.
Nuit du 8 au 9 août Mines.
Journée du 9 août
Pertes du 7 au 8 : 4 tués ; 38 blessés dont 1 oflBcier.
LeS, à sept heures du soir, nous donnons le feu à un puits surchargé (ag)) établi sous le talus des entonnoirs, afin de briser le roc pour pouvoir avancer.
A minuit, une explosion de Tennemi (rfjs) remblaie un puits que nous creusions dans le talus ; un mineur y a été enterré, mais on l'a retiré vivant après deux heures de travail.
A quatre heures du matin, nous faisons jouer un fourneau (a») dans le talus des entonnoirs.
Notre mineur a trouvé des lambeaux récents de chair humaine au fond d'un puits qu'il creusait au bord des entonnoirs.
Pertes du 8 au 9 : 1 tué ; 16 blessés dont 2 oflftciers.
Vers trois heures du soir, l'ennemi fait jouer un camouflet (d^*) qui a bouleversé un puits chargé auquel nous allions donner le feu ; les hommes de garde s'étaient déjà éloignés. Nous faisons jouer au même instant un autre puits {a^^) destiné à refouler l'ennemi.
Pertes du 9 au 10 : 1 tué; 17 blessés.
Le chef de bataillon du génie Richard, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 52 travailleurs d'infantçrie.
On commence, à droite de la première carrière devant la batterie n° 53, un passage souterrain pour déboucher dans une carri^ voisine.
Vers deux heures de l'après-midi, une bombe fait sauter un magasin russe dans le fort de la quarantaine.
Dans la soirée, la place lance à toute volée, au moyen de pièces enterrées dans le sol et inclinées à 45^, des boulets du calibre de 30 qui viennent tomber jusque dans le grand parc de l'artillerie, situé à plus de quatre kilomètres des points les plus avancés de Tenceinte de la place.
Nuii du 40 au 44 août. Unc brigade de sapeurs et 50 travailleurs d'infanterie.
On continue le passage souterrain entre les deux carrières ot
Journée du 40 août.
— 375 — Attaques de gauche.
avant de la batterie n* 53, et on pratique, à gauche de la batterie n^ 54?, un second passage blindé pour servir aux éclaireurs qut vont, à la nuit tombante, occuper les embuscades en avant des batteries.
Perles du 10 au 11 : 15 blessés.
A six heures et demie du matin, nous faisons jouer deux four- ^^"'^'^^^j^^^J* *®^^neaux (ass et o^) dans le talus des entonnoirs pour avancer les cheminements en détruisant le roc
Tout travail extérieur est rendu fort difficile par la grande quantité de projectiles creux que les Russes envoient dans les entonnoirs. Il est arrivé trois fois qu'une bombe^ est tombée dans le puits où travaillaient nos mineurs. Le cheminement souterrain ne présente pas des difficultés moins grandes. On est sans cesse arrêté, dans ce sol bouleversé, pur tles rochers qu'il faut tourner ou par des éboulements. Cependant, soit en dessus, soit en dessous, on gagne tous les jours du terrain. Nos mineurs ont acquis une grande habitude pour juger la distance à laquelle se trouve l'ennemi et distinguer sa marche» soit lorsqu'il travaille avec précaution pour nous surprendre, soit lorsque, au contraire, il affecte d'être bruyant pour nous donner le change.
Le 1% à quatre heures «t demie du matin, nous donnons le feu à Nuiidu u au «Saoûi.
Mines.
deux fourneaux {a„et a ss) qui avancent nos cheminements.
Pertes du 11 au 12 : 2 tués ; 37 blessés ^ont 1 officier.
Le chef de bataillon du génie Martm, chef d'attaque; deux bri-» Journée du 43 août.
On pratique, dans le massif du parapet à droite de la batterie n"* 53, un débouché blindé pour faciliter le mouvement des éclaireurs qui occupent les embuscades de nuit.
A trois heures et demie du soir, nous faisons jouor un fourneau Mioes.
(as») pour avancer nos cheminements.
P^tes du 12 au 13 : 8 tués; 27 blessés don|; 1 officier.
Une brigade de sapeurs et 75 travailleurs d'mfanterie. N"»^ ^^ *3 «" ** ^oûu
Attaques de gaucbc. — 376 —
On commence une nouvelle batterie (n"" 58) pour quatre pièces de campagne, en arrière du mur sud du cimetière.
Le feu de la place a été très-vif pendant les vingt-quatre heures contre la batterie n"" 57 et sa communication. En avant de la batterie n** 53, le travail des carrières a aussi été fort tourmenté par des feux courbes : on a dû l'interrompre plusieurs fois. L'ennemi a lancé des balles à feu et a fait un feu violent de mousqueterie contre nos travaux les plus rapprochés des Anglais.
Au jour on commence, à la batterie n** 56, le tir à grande portée des pièces de 24, dirigé, contre le pont de radeaux que les Russes établissent à travers le grand port. Les bouletjs atteignent Textrémité nord du pont.
Pertes du 12 au 14 : 3 tués j 54 blessés dont 2 officiers. journéo du u août. Yers huit houres du matin, au moment où une brigade de sapeurs 4'- explosion des Russes allait prcudro le travail dans la carrière en avant de la batterie n** 53, (W*!* xiv/fig!"^ l'ennemi a fait jouer un fourneau sous-chargé (<? ,) qui a complètement détruit le logement que nous avions dans cette carrière. Il se s'est pas formé d'entonnoh- : les terres soulevées par Texplosion étant retombées dans Texcavation, l'ont entièrement comblée. Le petit passage souterrain qui avait été entrepris en dernier lieii pour pénétrer dans la seconde carrière a été bouleversé ; mais celui qui donne accès dans la première est resté intact, ce qui a permis de se couler à travers les débris de rocher qui recouvraient le lieu de l'explosion et de retirer deux hommes de garde que le jeu de la mine avait surpris dans la carrière et qui y étaient à demi ensevelis ; mais deux autres ont été tués et trois ont été blessés.
L'absence d'entonnoirs n'a pas permis de se loger dans les terres et les blocs de rocher soulevés par l'explosion. Nos ouvrages n'ont éprouvé que des dommages sans importance, le petit logement pratiqué dans la carrière ne pouvant guère contenir qu'une dizame d'hommes.
— 377' — Allaques de gauche.
L'ennemi n'avait qu'à perdre à nous signaler l'existence de ses mines sur ce point. Il est vrai que les canonniers de la batterie n"" 53 avaient dit à plusieurs reprises qu'on les minait, et un rapport russe, publié dans les journaux, avait parlé de travaux souterrains devant le bastion n"* 5, mais on n'avait aucune indication certaine à cet égard. D est probable que l'ennemi a été trompé par le travail souterrain exécuté pour déboucher dans la première carrière t les Russes se sont crus menacés par nos mineurs.
La destruction de la batterie n*» 53 étant évidemment le but que se propose le mineur de l'assiégé, on s'empresse d'ouvrir dans le terreplein de cette batterie deux. puits (2 et 3), à distance de trente mètres l'un de l'autre, d'où l'on pourra diriger deux écoutes vers le saillant de la lunette de gauche du bastion central, point de départ probable de la galerie ennemie. Un troisième puits (i) est ouvert au fond du passage souterrain qui débouche dans la première carrière. On prend toutes les dispositions pour pouvoir écouter attentivement sur tous les points menacés.
bevant le J)astion du mât, l'ennemi donne le feu, vers neuf heures (w. 3Ui, sg. «). du matin, à un fourneau dont l'explosion {d^^) n'a d'autre résultat que de combler un de nos puits.
A sept heures trois quarts du soir, nous faisons jouer un puits surchargé {a^o) pour avancer dans les entonnoirs en détruisant le roc.
Vers onze heures du soir et à une heure et demie du matin, les Nuit du u au 45 août. Russes donnent le feu à deux fourneaux {df^t^ et (fj,) devant le bastion du mât.
Pertes du 14 au 15 : 9 tués ; 34 blessés dont 2 officiers.
A huit heures du matin, nous faisons jouer deux fourneaux sur- Jouraée du 45 aoât.
Mines.
chargés (opi et a») devant le bastion du mât. Les Russes mettent le feu à un nouveau fourneau {d^) à trois heures de l'après-midi. Les trois dernières explosions de l'ennemi ont eu pour effets d'endommager
Atta<iues de gauche. — 378 —
deux rameaux, de remblayer un puits dans les entonnoirs, et de bles«ser deux hommes par les pierres projetées.
Nuit du 45 au 46 août, fjous écartous uu cheminement ennemi par une explosion (og,) effectuée dans le talus des entonnoirs à quatre heures et demie du matin. Elle a mis au jour des châssis russes ainsi que des débris de conducteurs électriques, les uns très-bien enduits de gutta^percha, les autres enveloppés d'un grossier ruban de filasse. (PI. XIV, og. <). Les puits 3 et 4, ouverts dans la batterie n^ 53, sont arrivés sous la couche d'argile, à la profondeur de 3"50 pour le premier et de 1"60 pour le second. On y a commencé les rameaux 6 et 7 qu'on dirige sur le saillant de la lunette Schwartz, en suivant la couche d'argile. On a ouvert en outre le puits 5 sur la droite de la batterie. Le puits 2, creusé à l'extrémité de la place d'armes, n'a pas encore dépassé le roc. Des rameaux partant de ces derniers puits seront aussi dirigés vers le saillant de la lunette Schwartz, et Ton fera au besoin une transversale pour être bien sûr d'arrêter le mineur russe. Pertes du 15 au 16 : 1 tué ; 25 blessés.
jooroé* du 46 août. Lcs Anglais, arrêtés dans leurs cheminements par FartîUerie de la place, ouvrent, au point du jour, le feu de leurs batteries. Pour les soutenir, toutes celles de nos pièces qui ont action sur les batteries russes gênant les travaux des Anglais ouvrent aussi leur feu. L'ennemi répond avec vigueur.
Nuit do 46 au 47 août. Auue hourc du matin, l'ennemi fait jouer devant le bastion du
Minei (PI. XIl, flg. 2). *
mât un fourneau (^59) qui ne nous a causé aucun dommage. Pertes du 16 au 17 : 8f tués; 39 blessés ; 2 disparus. Journée du 47 août. Le fcu ouvcrt la vciUe se soutient pendant la journée, sans avantage marqué de part ni d'autre ; il se ralentit d'une manière sensible vers quatre heures.
lïbeaVVxiVfi ' 0^' Notre mineur a entendu Tennemi travailler vigoureusement à revemr dans le bourrage de son premier camouflet devant le bastioa central. Le rameau 6 a 6*05 de longueur ; le rameau 7, 7''10; le ra-
379 ' Aiuques d&gancbê.
meau 8, ^"20; le rameau 9, 3«70. Le puits 5 a 3«80 de profondeur, dont 1 mètre dans l'argile. On a essayé un forage dans Taxe du rameau 8; mais l'argile, très-compacte et mêlée de rognons, présentait des difficultés qui retardaient tellement la marche de la tarière, qu'il a fallu en revenir aux procédés ordinaires.
Pertes du 17 au 18 : 6 tués ; 33 blessés.
A six heures dû soir, les Russes font jouer devant le bastion du Journée du .|8 août.
•' Miues (PI. XII, fig. «).
mât un fourneau (<?«o) qni produit un petit entonnoir, sans nous causer d'autres dommages ^e de légères dégradations à nos communications.
Pertes du 18 au 19 : 10 tués ; 27 blessés.
Le lieutenant-colonel du génie Ribot, chef d'attaque ^ une brigade Nuit du 49 au îo août, de sapeurs et 200 travailleurs d'infanterie.
On modifie le tracé d'un boyau situé en arrière de la première parallèle, sur le plateau occupé par le bastion du mât, dans la partie comprise entre cette parallèle et le cheminement qui se dirige vers le bastion central. Cette modification a pour objet de soustraire cette portion de tranchée aux coups du grand redan qui la prenait fortement d'écharpe et y avait occasionné, dans la lutte d'artillerie ouverte le 16, plusieurs accidents graves au moment de Farrivée ou du départ des troupes.
Le terrain sur lequel se trouve la nouvelle tranchée étant fort rocailleux, l'épaulement n'avait, à la fin de la nuit, que peu de consistance.
Pertes du 19 au 20 : 3 tués ; 24 blessés dont 1 officier.
Le chef de bataillon du génie Richard, chef d'attaque ; deux bri- joumée du to août. gades de sapeurs et 250 travailleurs d'infanterie.
On place dans le nouveau boyau quelques sapeurs pour pétarder le rocher, et on commence quatre traverses dans l'ancienne tranchée, entre la partie modifiée et l'origine du boyau qui aboutit à la batterie n** 9.
Attaqnes de gauche. — 380 —
Vers deux heures de l'après-midi, les travailleurs de la communication de la batterie n^ 57 ont été rivement inquiétés par un tir continu de bombes et d'obus.
A cinq heures du soir, celles de nos batteries qui ont vue sur la droite du bastion du mât et sur la gauche du bastion central ouvrent leur feu dans le but de détourner l'attention de l'ennemi du travail de rectification entrepris la nuit précédente en arrière de la première parallèle, et qui devait être continué pendant la nuit. Le feu, sou* tenu avec énergie de part et d'autre, cesse à la fin de la journée. Mine«. A cinq heures du matin, nous donnons le feu, devant le bastion du
mât, à un globe de compression (a 04) qui a produit de bons effets. Nous passons de nouveau à la défensive sur ce point, parce que la compagnie de mineurs est appelée aux attaques de droite et qu'il faut employer devant la lunette Schwartz une partie des mineurs qui restent aux attaques de la ville. La compagnie de mineurs est remplacée à ces attaques par la P compagnie de sapeurs du l^'* bataillon du 3^ régiment, récemment arrivée de France. Le capitaine Regad, qui la commande, remplace le capitaine Berrier, qui passe aux attaques de droite. Les officiers du génie employés au service des mines devant le bastion du mât et devant la lunette Schwartz sont les capitaines Méreau et Chevallier , et les lieutenants Jochem^ Dogny, Damarey, Dreyssé et Montchablon.
Pertes du 20 au 21 : 5 tués ; 44 blessés. Journée du «4 août. Yers quatre heures du matin, l'ennemi donne le feu à un fourneau
Mioei. ^
dont l'explosion ((!«,) a momentanément asphyxié deux mineurs dans un rameau. Les pierres de la gerbe ont blessé huit hommes de garde, et les communications des entonnoirs ont été endommagées.
Devant la lunette Schwartz, notre mineur a entendu celui de l'ennemi devant la batterie n^" 53 et vers l'extrémité de la petite place d'armes qui se trouve sur sa gauche.
Pertes du 21 au 22 : 1 tué ; 22 blessés dont 1 officier.
— 381 — Auaqnes de gauche.
A trois heures du soir, rennemi fait jouer devant le bastion du mât tournée du %i août.
Mines.
un camouflet (de,) qui ne nous cause aucun dommage.
Devant la lunette Schwartz, le contre-mineur parait s'avancer (PKxiv,(ig.4). vers la batterie n* 53. Les rameaux destinés à protéger cette batterie ont atteint les longueurs suivantes : le rameau 6, 14-25; le rameau 7, 10"40 ; le rameau 8, 3»20 ; le rameau 9, 9"80 ; le rameau 10, 8-80.
Au bastion du mât, Tennemi fait jouer, à trois heures et demie du Nuit du si au î3 août.
, , Mines (PI. XII, fig.î).
matin, un camouflet (rfes) dont tout Teflet s'est réduit à remblayer un petit passage ratre les entonnoirs.
Vers quatre heures du matin les Russes ont donné le feu à plusieurs ^p»» ^^v» "« ^)fourneaux surchargés (da), en avant delà batterie n^ 53 ; ils ont aussitôt lancé un grand nombre de projectiles sur le terrain de l'explosion, particulièrement de la mitraille. Un mineur et seize hommes ont été atteints par des pierres; sur ce nombre trois ont été tués. La batterie n'a été que faiblement endommagée. Il est présumable que les Russes, trompés sur la distance et pressés par la marche de notre mineur, avaient espéré enlever l'épaulement de la batterie. Nous sommes à peu près certains maintenant que cette batterie est hors d'atteinte, mais c'est une seconde guerre de mines qu'il faut faire. Ainsi, au moment où notre lutte souterraine du bastion du mât se poursuit avec le plus de vivacité, nous nous trouvons engagés dans une autre guerre de mines devant le bastion central, et à peine avons-nous pourvu aux besoins de cette seconde, que nous sommes menacés d'une troisième devant les fronts de Malakoff, comme on le verra plus bas. Or c'est là notre véritable attaque, à laquelle tout doit être sacrifié; et l'effet moral qu'ont produit les explosions des Russes en avant de la batterie n<^ 53 ne nous a pas permis d'hésiter à envoyer la compagnie de mineurs aux attaques de droite pour y protéger nos sapes.
Pertes du 22 au 23 : 5 tués ; 43 blessés dont 2 officiers.
Devant la batterie n*» 53 nous avons fait jouer un camouflet (a,), ^®"™^||^|2,ff '^^*
Aiuquet de ftnche.
Nait do 23 IQ t4 loAU Mines (PI. XII, fig. 2).
Journée du 25 août.
Mines.
Journée du 26 août.
Nuit du 26 au 27 aoûU
mais il ne parait pas avoir atteint le cheminement contre lequel il était dirigé.
Au bastion du mât une explosion (dai) que le mineur russe effectue vers minuit et demi, sur un point des entonnoirs où il n'avait pas encore été signalé, blesse douze hommes de garde dont un a été jeté sur le glacis.
Pertes du 23 au 25 : 4 tués ; 57 blessés dont 1 officier.
Devant le bastion du mât, Fennemi donne à onze heures du matin un camouflet (rf^) qui ne produit aucun effet.
On annonce que le mineur russe travaille sous la batterie n"* 24 bis, mais nos écouteurs les plus habiles déclarent ne rien entendre.
A huit heures du soir, nous faisons jouer, dans le talus des entonnoirs, deux fourneaux (^95 et a^^) qui refoulent un cheminement de Tennemi.
Devant la lunette Schwartz, le contre-mineur continue à s'approcher de nos cheminements souterrains; mais ceux-ci ont dépassé l'épaulement de la batterie n° 53, qui ne court plus de danger.
Pertes du 25 au 26: 2 tués ; 17 blessés.
Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et 203 travailleurs d'infanterie.
On ouvre le premier boyau, de 120 mètres de longueur, de la communication allant à la batterie n^ 60, que l'on construit en avant de la batterie n"* 30, pour battre le bastion de la quarantaine.
Une brigade de sapeurs et 256 travailleurs d'infanterie.
On entreprend les deux autres lacets de la communication de la batterie n° 60, dont la longueur totale est de 270 mètres.
L'extrémité de la place d'armes à gauche de la batterie n^ 50 était exposée à être tournée : on la transforme, sur 20 à 25 mètres de longueur, en une sape double de 2"50 de largeur dans laquelle se tiennent les hommes de garde.
A dix heures du soir, nous donnons le feu à un globe de compres-
— 3g3 — - Attaques de gâuche.
sion (097) devant le bastion du mât. Il produit un vaste entonnoir où nous avons trouvé un bout de galerie et divers objets provenant des mineurs russes.
Pertes du 26 au 27 : 1 tué ; 9 blessés.
Le chef de bataillon du génie Martin, chef d'attaque ; deux bri- Journée du 27 août. gades de sapeurs et 250 travailleurs d'infanterie.
Pour donner plus d'efficacité à la défense sur la gauche, en cas de sortie de l'assiégé, on adosse une banquette pour la fusillade à la partie du mur du cimetière qui longe la communication en crémaillère à gauche de la batterie n*' 48.
Le grand pont construit par les Russes à travers le port est terminé. Les pièces de 24 de la batterie n^ 56, pointées sous un grand angle, y lancent des boulets : on n'a pu apprécier les effets de ce tir.
Nous faisons jouer au bastion du mât, à cinq heures du matin, un Mines,
fourneau (aes) qui ramène à la surface une grande quantité de débris de coffrages russes.
A cinq heures et à six heures du soir, l'ennemi fait jouer deux (Pi.xiii,fig.4). fourneaux (d[«a et d»?) qui ne produisent que peu d'effet.
A deux heures et demie du soir, nous donnons le feu à un four- (.pi.xiv, ng. 4). neau surchargé («a) à gauche de la batterie n^ 53; il paraît avoir atteint un cheminement ennemi.
Une brigade de sapeurs et 250 travailleurs d'infanterie. Nuit du 11 au 28 août.
On rattache la droite de la batterie n^ 48 à la place d'armes qui est à gauche de la batterie n** 50, par une tranchée d'une quarantaine de mètres de longueur qui donnera des feux sur le terrain compris entre cette place d'annes et celle qui se trouve en arrière. On prolonge en même temps, par une tranchée de quelques mètres, la branche gauche du petit logement contigu à la batterie n^ 50, de manière à se fermer en rejoignant l'épaulemént de la place d'armes. Mais le sol est rocheux, et l'on a pu à peine remplir les gabions.
Cent travailleurs d'infanterie continuent la communication de la
A (laques de gauclie. — 384 —
batterie n^" 60 ; mais le rocher est si dur, que c'est à peine si l'on a obtenu quelque résultat.
Mines (PI. xm, Cg. 4). ^ ncuf hcures du soir et à trois heures et demie du matin^ les Russes font jouer, devant le bastion du mât, deux nouveaux fourneaux {d^ et (k») qui nous ont blessé cinq homnies. Quoique nous ne croyons pas à la présence du mineur russe près de la batterie n"" 24 bis, les appréhensions des troupes de garde sont si fortes sur ce point que nous y ouvrons deux puits. Pertes du 27 au 28 : 3 tués ; 36 blessés dont 2 officiers. Journée du î8 aoùi. Le chcf dc bataiUou du génie de Brévans, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et 250 travailleurs d'infanterie.
On établit à gauche de la batterie n"" 58, contre le mur du cimetière, une banquette pour faire la fusillade par-dessus le mur, dans le cas où une sortie en force serait parvenue à franchir notre ligne extérieure et à pénétrer dans le cimetière. Nuit du ts au i9 août. Une brigade de sapeurs et 2Ô0 travailleurs d'infanterie.
On renforce le parapet de la communication de la batterie n* 60 en prenant de la terre sur le revers de la tranchée. Mioei. A neuf heures et demie du soir, un camouflet {djo) de l'ennemi
blesse, en les enterrant en partie, deux mineurs qui travaillaient dans les entonnoirs du bastion du mât.
Pertes du 28 au 29 : 7 tués dont 1 officier ; 29 blessés dont 2 officiers.
Journée du 99 août. A ncuf heurcs du matin, nous faisons jouer un globe de compres-
Mioei(Pl.Xiy,Cg.4}. 1 u f * 1 X vi-
sion (oj) pour avancer par la gauche vers le bastion central ; à midi,
nous en faisons jouer deux autres {a^ et a^) pour arrêter le contremineur devant la batterie n^ 53. , Nuit du i9 au 30 août. A uue houre trois quarts, une explosion (du) des Russes enterre
Mioe8(Pl.XIU, fig.4). ^ ' r \ /
deux mineurs et deux auxiliaires qui construisaient un rameau hollandais dans les entonnoirs du bastion du mât. Ils ont été retirés vivants tous les quatre, après un travail qui a duré une heure et
— 385 < — AtUques de gauche.
demie : un seul parmi eux avait reçu des contusions assez graves pour être porté à Fambulance.
Les dernières explosions qui ont eu lieu dans les grands entonnoirs ayant mis la couche d'argile à découvert, on avait essayé de marcher par des rameaux hollandais. Trois ou quatre ch ssis avaient été posés en avant et huit ou neuf en arrière ; ces derniers étaient consolidés et recouverts par des sacs à terre et des remblais, de manière à donner de bons abris à nos mineurs. L'aécident qui vient d'arriver à l'un de ces rameaux fait que l'on retire les travailleurs d'un autre qui était dans le même état : ce rameau a été effectivement bouleversé la nuit suivante. On en revient aux puits supérieurs et aux anciens cheminements, par lesquels on s'avance en tenant le fond du terrain dont on s'est mis en possession de longue main. Les puits supérieurs sont toujours rapprochés le plus possible ^ du talus abrupt en roc vif qui se trouve du côté de la place. Le profil de la planche XIII, fig. 1, indique la forme générale des entonnoirs et la position qu'on donne aux puits pour écraser les cheminements de l'ennemi en même temps qu'on entame le talqs du roc.
Pertes du 29 au 30 : 4 tués ; 33 blessés ; 1 disparu.
Les Russes font jouer devant le bastion du mât, à six heures du Journée do ad août.
soir, un fourneau (rf^) qui ne nous cause aucun mal ; prévoyant l'explosion, on avait retiré les travailleurs.
Pertes du 30 au 31 : 5 tués ; 26 blessés.
A six heures et demie du matin, un fourneau ordinaire et un four- ioumée <iu 31 août.
ftline8(PI. XlV,flg. 4).
neau surchargé ont reçu le feu : le premier (a^) pour arrêter un cheminement ennemi tout près de la batterie n"" 53, le second (a?) pour avancer vers la lunette Schwartz. Le premier, qui présentait une ligne de moindre résistance de cinq mètres, a été chargé de 500 kilogrammes de poudre; les dimensions de l'entonnoir dépassent un peu celles du fourneau ordinaire. Des pierres lancées par ces deux
Attaques de gauche. — 386 —
explosions ont causé quelques dégradations dans les plates-formes de la batterie n* 53 ; on est fort gêné sur ce point par le Toisinage des tranchées.
A trois heures du soir, les Russes font jouer, devant la lunette Schwartz, un fourneau {d^) : trois mineurs ont été blessés et pris sous le blindage où ils travaillaient ; ils ont été dégagés presque aussitôt; huit hommes de garde ont été atteints dans les tranchées par les pierres projetées.
Pertes du 31 août au l**^ septembre : 2 tués; 41 blessés dont 1 officier.
du «"^"e'ptembrc. ^ ^^P* hcures ct dcmio du matin, les Russes donnent le feu à un **'""• camouflet (rfi) qui a remblayé un puits creusé dans les entonnoirs
devant la lunette Schwartz.
(PI. xni, fig. 4). ^ trois heures de l'après-midi, Tennemi fait jouer, devant le bastion du mât, un fourneau ((Z?)) qui a comblé Tun de nos puits et blessé quatre travailleurs par les pierres qu'il a lancées.
Les gatnes en toile que nous employons à l'attaque du bastion central pour aérer nos cheminements souterrams se détériorent rapidement et annulent l'action des ventilateurs.
Pertes du !•' au 2 : 3 tués; 25 blessés; 1 disparu. iouroée dot septembre. A ciuq hcures ct quart du matin, nous donnons le feu, devant le bastion du mât, à un puits («99) qui a ramené à la surface une grande quantité de bois de coffrage des galeries russes.
A six heures du soir, nous faisons jouer deux puits surchargés (dioo et aie,]- Au moment où on a donné le feu, on entendait le contre-mineur sous un des puits. Ces explosions, qui ont mis à jour beaucoup de débris de coffrages russes, nous ont notablement avancés.
Sur la droite des entonnoirs, les Russes ont lancé des bombes en si grand nombre et avec tant de précision, qu'elles ont remblayé plusieurs fois un de nos puits et nous ont forcés de Tabandonner.
— 387 — - Attaques de gauche.
A six heures du matio, nous faisons jouer un puits devant la (pi. xiv»fig.4). hinette Schwartz ; cette explosion (as) nous a fait arancer et a mis à découvert divers objets ayant appartenu au mineur russe.
Pertes du 2 au 3 : 7 tués ; 41 blessés ; 1 disparu.
A six heures du matin, les Russes donnent le feu à un Camouflet jî|i^/(p"^n^*^^^ (^74) devant le bastion du niât : ses effets ont été à peu près nuls.
A midi, nous donnons le feu à un fourneau (a^o^) qui a bien avancé l'un de nos cheminements supérieurs.
A six heures du soir, nous refoulons le contre-mineur par deux explosions simultanées {a^oz et aïoi) faites dans le talus des entonnoirs du bastion du mât.
A six heures du matin, l'ennemi fait jouer un fourneau devant la (p^- ^iv, «g. o. lunette Schwartz : cette explosion (rfj) a lancé des blocs de rocher dans la batterie n"" 53 et a détruit un puits dans lequel il n'y avait personne.
Le lieutenant-colonel du génie Ribot, chef d'attaque ; une brigade ^^ 3 ^^ J "eptemLrt. de sapeurs et 102 travailleurs d'infanterie.
En vue d'abréger le chemin à parcourir pour aller de Touvrage du 2 mai à la parallèle du 23 mai, on ouvre à ta sape volante un boyau d'une soixantaine de mètres, reliant la batterie n^" 34 à la batterie
Pertes du 3 au 4 : 2 tués ; 23 blessés dont 3 officiers.
Devant le bastion du mât, nous faisons jouer tin fourneau {a^f») à i^^^/^p^i" xJff^^*^^^^^ cinq heures du matin, pour écarter le contre-mineur ennemi du talus des entonnoirs. Les Russes en font jouer un {d^i) à onze heures. Sa gerbe a blessé un de nos mineurs, qui n'a cependant voulu quitter le travail qu'après avoir achevé et chargé son puits, qui, deux fois «icore, a été en partie recomblé par des bombes. On a donné le feu à ce puits à une heure de l'après-midi : l'explosion (aio«) doit avoir atteint la galerie du contre-mineur.
A trois heures nous faisons jouer un nouveau fourneau {a,^), dan^
?<îuit
du 4 au 5 septeoiltro
Mines.
Allâqiies de gaiirlie. — 38^ —
une partie de galerie russe découverte sous le talus des entonnoirs. (PI. xi\,iig. 1). Devant la lunette Schwartz nous faisons égalertient jouer un puits {a^), à trois heures, pour prolonger notre cheminement en avant de la batterie n** 53.
Devant la lunette Schwartz, les Russes donnent le feu, à huit heures et demie du soir, à un petit fourneau ((fe) qui ne nous cause aucun dommage.
(PI XIII, fig. 1 . A dix heures du soir et à deux heures du matin, les Russes font jouer, devant le bastion du mât, deux fourneaux {d'.^ei dn) qui ont bouleversé nos travaux dans les entonnoirs, blessé plusieurs hommes et chassé nos mineurs d'un rameau avancé où les gaz pénétraient abondamment.
Dans la nuit on établit des gradins de franchissement tout le long de la communication de gauche entre la troisième et la quatrième parallèle.
Pertes du 4 au 5 : 25 tués dont 2 officiers ; 221 blessés dont 7 officiers ; 1 disparu.
jojrné^dussepurobro. L'assaut devaut être donné le 8 septembre, toutes les batteries des attaques de la ville et celles des Anglais ouvrent leur feu contre la place, à cinq heures et demie du matin. Les Russes répondent avec vigueur ; et cette lutte, dans laquelle les assiégeants ont 800 pièces en batterie, continue avec la plus grande vivacité jusqu'à cinq heures du soir. Pour épargner les munitions, on adopte alors pour la nuit un tir plus modéré, et on lance surtout des bombes pour empêcher les réunions de travailleurs ; mais dès le matin le combat d'artillerie sera repris avec la même vigueur.
Une bombe fait sauter un de nos magasins à poudre : l'explosion
détruit une partie de tranchée voisine de la batterie n"* 49 en avant
du cimetière.
Minet (PI. XIV, fig. 4). ^^ cinq hcurcs et demie du matin, une explosion (a,a), effectuée
dans les entonnoirs devant la lunette Schwartz, nous fait avancer de
— . 389 — Attaques de gâuche.
plusieurs mètres. La couche de rocher étant moins épaisse devant cet ouvrage que devant le bastion du mât, nous éprouvons des difficultés moins grandes pour gagner du terrain sur l'ennemi.
Le chef de bataillon du génie Noël, chef d'attaque; une bri- dusaueMptembre gade de sapem*s et 100 travailleurs d'infanterie.
On répare les nombreuses brèches faites par le tir de la place dans les ouvrages du 2 et du 23 mai, dans la branche du T et dans une grande partie de la troisième parallèle ; on rétablit la portion de tranchée détruite par l'explosion d'un magasin à poudre dans la journée précédente.
Pertes du 5 au 6 : 19 tués dont 1 officier; 146 blessés dont 1 officier.
A quatre heures et demie du matin, nous donnons le feu à un J»«n»ée du esepieiubre. fourneau (an) qui nous avance sensiblement vers la lunette Schvirartz.
Le grand feu d'artillerie ne nous permettant pas de continuer le travail dans les entonnoirs, nous n'y laissons que des écouteurs ; les projectiles y arrivent en grand nombre, même de nos propres batteries, ce qui rendrait le maniement des poudres trop dangereux. On continue les travaux souterrains.
Pertes du 6 au 7: 21 tués dont 1 offider; 134 blessés dont 10 officiers; 1 disparu.
A cinq heures trois quarts du matin, l'ennemi donne le feu à un Journée du 7 septembre.
Mines.
fourneau dont l'explosion (d?) n'a fait que servir nos projets, la possession de l'entonnoir nous rapprochant dé la lunette Schv^artz. Malheureusement la gerbe, en retotnbant sur la batterie n^" 53, y a tué un homme et blessé cinq autres.
Le chef de bataillon du génie de Brévans, chef d'attaque; une du 7 ,o g "^lembre. brigade de sapeurs et 140 travailleurs d'infanterie.
On répare les parapets des tranchées, on fait des approvisionnements de gabions et de fascines, on prépare un chemin pour le passage d'une batterie de campagne jusqu'aux carrières situées près
Attaques de g:iticbe. — 390 —
de Touvrage du 2 mai, et on organise des rampes pour la conduire sur le glacis du bastion central; en un mot, on dispose tout pour l'assaut fixé au lendemain. Un violent incendie a éclaté dans la place. Pertes du 7 au 8 : 10 tués dont 1 officier ; 99 blessés dont 6 offlcrers, Perles du 4« corps. Lcs pcrtcs du 1^' corps, dcpuis Ic l*'' août jusqu'au 8 septembre, (jour de l'assaut), s'élèvent à 200 tués dont 6 officiers ; 1,604 blessés dont 52 officiers; 11 disparus ; en tout, 1,815 hommes hors de combat.
Nombre de traraiUeurs La moyeuue du uombre de travailleurs employés aux attaques de gauche, depuis le 1" août jusqu'au 8 septembre, a été de : 73 sapeurs ou mineurs et 246 soldats d'infanterie par journée; 54 — 177 — * par nuit
iTTiQUEs^E DtoiTB. Lo chcf dc bataillou du génie Rouiller, chef d'attaque ; deux briwuii du <•' au « août, g^des dc sapcurs et 600 travailleurs d'infanterie.
Devant le front de Malakoff, on répare les dégâts occasionnés par l'artillerie de l'ennemi dans les parapets des tranchées, et on fait écouler les eaux pluviales qui interceptent les communications sur plusieurs points.
Sur la droite du contre-fort du carénage, on prolonge de 80 mètres la conununication ouverte la nuit du 31 juillet, et qui doit mener à l'emplacement de la batterie n* 36 en projet.
Le feu de la place a été moins vif que les nuits précédentes.
Pertes du 1**^ au 2 : 7 tués ; 20 blessés dont 1 officier. Huit du s •« 3 août. Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 529 travailleurs d'infanterie.
Sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on rétablit le parapet du cheminement à droite de la coupure de la route, et on dotme à la tranchée 1"^ de profondeur sur une longueur de 5 mètresi Sur la droite
391 — Atuques de droit*.
du glacis, ou rectifie la direction du boyau ouvert le 30 juillet, dont l'extrémité avait été trop rentrée, en débouchant du coude qu'il fonne pour marcher à la rencontre du cheminement de gauche. On relève et on consolide les gabions renversés pendant le jour par le canon de la place, aux extrémités des deux amorces de la sixième parallèle. On prolonge ces amorces : celle de gauche de 20 gabions dont les rangs ont été triplés pour obtenir de suite un parapet résistant; celle de droite du même nombre de gabions que l'on a doublés.
Devant le bastion n"" % on prolonge la place d'armes avancée de 50 gabions sur sa gauche.
Au carénage, on ouvre, sur 80 mètres de longueur, le reste de la communication de la batterie n° 36.
Le feu de la place a été, comme d'ordinaire, assez vif pendant toute la nuit- Pertes du 2 au 3 : 14 tués dont 1 officier ; 62 blessés dont 6 officiers.
Le chef de bataillon du génie deMarsilly, chef d'attaque; trois nuu du a au 4 août. brigades dé sapeurs et 527 travailleurs d'infanterie.
Les cheminements devant l'ouvrage Malakofi* et ceux de la sixième parallèle n'ont pas fait de progrès sensibles ; on a dû se borner à rétablir et consolider leâ parapets que rartillerie de Tennemi avait complètement bouleversés. Devant le bastion n"" 2, on amorce sur 56 gabions de longueur, en partant de la gauche de la place d'armes du ravin, un cheminement qui hra se rattacher à la sixième parallèle vers le point où se trouvent les carrières du centre.
Pertes du 3 au 4 : 6 tués ; 38 blessés dont 3 oflBciers.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque ; deux bri- Nuit du 4 au 5 août gades de sapeurs et 773 travailleurs d'infanterie.
On ouvre dans le ravin Karabelnaya , à partir des anciennes tranchées en arrière du mamelon vert, les deux premiers zigzags, de 100 mètres de longueur ensemble, d'une conununication qui
AtUiquesde droile. — 392 —
permettra d'arriver jusqu'à une partie du ravin qui échappe aux vues de la place.
On répare^ malgré le feu très-vif des batteries de la place, les parapets de nos cheminements avancés sur le glacis de l'ouvrage Malakoff et ceux de l'amorce de gauche de la sixième parallèle» qui avaient été complètement bouleversés pendant la journée, malgré les trois rangs de gabions ; l'amorce de droite de cette parallèle est poussée en ayant de 20 gabions que l'on double.
Le cheminement commencé la nuit précédente, pour relier la gauche de la place d'armes du ravin à la sixième parallèle, est prolongé de 51 gabions.
Pertes du 4 au 5 : 10 tués ; 42 blessés dont 1 oflBcier. Hait du 5 ta 6 août. Le chcf dc bataillou du génie Ragou, chef d'attaque; deux bri^ gades de sapeurs et 506 travailleurs d'infanterie.
On ouvre dans le ravin Karabelnaya un troisième zigzag complétant la communication qui aboutit à la partie de ce ravin qui n'est pas vue de la place, en sorte que la communication par ce ravin avec la gauche de notre cinquième parallèle est assurée. Sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on rétablit sur 15 mètres de longueur le parapet de la tranchée avancée de gauche, et qu prolonge celle de droite de six gabions. Au centre, on rétablit aussi le parapet de l'amorce de gauche de la sixième parallèle, et on prolonge l'amorce de droite de 25 gabions que l'on double ; cette gabionnade est renversée trois fois de suite pendant la nuit par l'artillerie de la place.
Devant le bastion n"* 2, on pose 148 gabions au cheminement qui doit relier la place d'armes du ravin à la sixième parallèle.
Un incendie assez considérable a éclaté pendant la nuit dans l'hèr pital situé en arrière du bastion n"" 3.
Pertes du 5 au 6 : 6 tués dont 1 officier ; 57 blessés dont 2 officiers. Naii du 6 au '^ août Lc chcf de bataiUou du ^énie Roullier, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infaAterie.
— 393 — Atiaqucs de droite.
Oir prolonge de 20 gabions, que Ton double, Tamorce de droite de la sixième parallèle ; mais l'artillerie de U place dirige sur ce point un feu tellement vif qu'il a fallu faire cesser le travail. On prolonge de 100 gabions la tranchée destinée à relier la place d'armes du ravin avec la sixième parallèle. On ouvre en avant du centre de la cinquième parallèle, sur 120 gabions de longueur, une tranchée dans laquelle doit être établie une nouvelle batterie (n"" 38) destinée à recevoir des mortiers qu'on attend de France, et on relie par une communication directe la gauche des deux batteries n""' 33 et 34*.
Pertes du 6 au 7 : 16 tués ; 37 blessés dont 3 oflâciers.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque ; deux bri- ^"«1 du 7 au 8 aoûi. gadas de sapeurs et 537 travailleurs d'infanterie.
Au logement sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on répare le pa* rapét et les gradins de la coupure de la route, on continue à approfondir le chemmement, et on po^e six gabions dans le prolongement du boyau de droite. On prolonge l'amorce de gauche de la sixième parallèle de 14 gabions que l'on double, et celle de droite de 18 dont le9 rangs sont triplés.
On pose 150 gabions à Ja trancbée ouverte la nuit précédente pour l'établissement de la batterie n^ 38.
Le tir de la place a été extrêmement vif et principalement dirigé sut les travailleurs.
Pertes du 7au 8 : 64ués; 38 blessés.
Le chef de bataillon du i^énie de Marsilly, chef d'attaque; deux nuU du 8 au 9 aoùu brigades de sapeurs et 509 travailleurs d'infanterie.
:Le feu de notre artillerie a été très-vif pendant une heure au commencement de la nuit; il s'est ensuite ralenti. Celui de la place, au contraire, a été constamment soutenu, et toutes les parties de nos tranchées ont été criblées deprojectiles. Nos travaux n'ont fait que dç faibles progrès.
Les capitaines du génie Antoine et Lesdos ont été contusionnés,
Allaqucs de droile. — 394 —
le premier légèrement par un éclat d'obus, le second très-fortement par les éclats d'une bombe.
Pertes du 8 au 9 : 9 tués; 81 blessés dont 4 officiers. Nuit du 9 au 40 août. £,e chcf do bataUlou du génie Bailly, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 522 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de quelques gabions, en s'approfondissant pour échapper aux effets de l'artillerie, les deux cheminements avancés, qui marchent l'un vers l'autre sur le glacis de l'^ouvrage Malakoff. On établit dans les carrières de droite un chemin qui permet d'arri*ver directement dans l'amorce de droite de la partie de la sixième parallèle qui est à gauche de ces carrières. On ouvre une sape double, d'une trentaine de mètres de longueur, pour relier le prolongement de la place d'armes du ravin avec la sixième parallèle.
Le feu de l'artillerie a été très-vif de part et d'autre pendant toute la nuit.
Pertes du 9 au 10 : 17 tués dont 1 officier; 43 blessés dont 4 officiers.
Nuit du «0 au u août. Le Capitaine du génie Schœnnagel, chef d'attaque ; 4eux Inrigades de sapeurs et 612 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 50 gabions la tranchée ouverte pour établir la batterie n"" 38. Il n'a été fait que des travaux de réparation et d'amélioration dans nos tranchées avancées. Il faut se résigner à attendre, pour terminer la sixième parallèle, que nos batteries nouvelles aient amorti les feux de l'artillerie de la courtine.
Le capitaine du génie Deudeville a été blessé à la jambe par un éclat de bombe.
L'artillerie de la place a fait pendant toute la nuit un feu trèsvif.
Pertes du 10 au 11 : 15 tués ; 26 blessés dont 1 officier- Nuit du 44 au 42 août. Lcj chcf dc bataillon du génie Rouiller, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.
— 395 — AlUques^ de droile.
Le feu de la place étant moins vif que les nuits précédentes, on prolonge de quelques mètres les deux tranchées ayancées sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, et on pose 20 gabions à la droite de la traochée destinée à la batterie n*» 38.
Pertes du 11 au 12 : 12 tués; 55 blessés dont 1 officier.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque ; deux bri- Nuit du <« lu 43 août. gades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.
Les deux boyaux qui marchent à la rencontre l'un de l'autre devant l'ouvrage Malakoff n'ont pu être prolongés chacun que de 1"50. On remet en état les parapets dégradés par l'artillerie , dont le feu meurtrier rend tout travail impossible pendant le jour et détruit le matin presque tout ce qui a été fait pendant la nuit.
Une sortie russe, forte de 60 à 80 hommes, se présente vers le sorue russe. milieu de la nuit sur l'extrême gauche de notre attaque ; une seule décharge de mousqueterie a suffi pour la faire rétrograder.
Pertes du 12 au 13 : 18 tués ; 59 blessés dont 2 officiers.
Le chef de bataillon du génie de Marsilly, chef d'attaque; deux Nuitdu43iu4*aoûi. brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.
Les deux boyaux avancés sur le glacis de l'ouvrage Malakoflf sont continués sans progrés bien sensibles. On consolide et on organise défensivement les deux parties de la sixième parallèle dont la jonction n'a pas encore pu être Opérée. On fait aussi des travaux de défilement dans les tranchées devant le petit redan pour se couvrir contre les coups partant du côté nord du port.
Le tir de l'artillerie russe a été vif; nos batteries lui ont répondu pendant toute la nuit.
Pertes du 13 au 14 : 6 tués ; 91 blessés dont 2 officiers.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque; deux bri- Nuiidu44iu46aoûi. gades de sapeurs et 541 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 9 mètres ensemble les deui boyaux avancés sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, et on remet en état la place d'armes
AliaqH(*s (k» droiie. 396
à gauche de la routë> qui avait été fortement endommagée par le canon des Russes.
L'artillerie lance quelques bombes sur une embuscade russe voisine de notre extrême gauche, et la garde de tranchée y dirige en même temps des feux de mousqueterie ; l'ennemi ne tarde pas à abandonner cette position.
On répare et on épaissit les parapets que le canon de la place dégrade constamment sur un grand nombre de points.
Le feu de nos batteries a été très^vif pendant toute la nuit.
Pertes du 14 au 15 ; 11 tués dont 1 officier; 54 blessés dont 1 officier. Nuit du 45 aiHô août. Le Capitaine du génie Scbœnnagel, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 524 travailleurs d'infanterie;
On prolonge de 5 mètres ensemble les deux cheminements avancés sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, et de 22 gabions le cheminement dans les carrières de gauche.
On amorce sur 170 gabions de longueur une communication en zigzag reliant la cinquième parallèle à la batterie n"" 38.
Notre artillerie a répondu pendant toute la nuit au feu de la place, qui a toujours été très-vif.
Pertes du 15 au 16 : 8 tués dont 1 officier ; 27 blessés dont 2 officiers.
Nuit du 16 au 47 floùt. Lo chof de batailloQ du génie RouUier» chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 100 travailleurs d'infanterie.
On avance d'une dizaine de mètres ensemble les deux cheminements sur le glacis de l'ouvrage MalakofT, et on répare des brèches sur divers points des tranchées.
Des deux côtés, le feu de l'artillerie est très-soutenu pendant la nuit.
L'ennemi construit de nouvelles batteries sur la portion de la seconde enceinte qui est parallèle à la courtine entre l'ouvrage Malakoff et le petit redan. Notre artillerie dirige des bombes sur ce travail.
— 397 Attaques (le droite.
Pertes du 16 au 17 ; 6 tués dont 1 officier; 43 blessés dont 4 officiers.
Notre artillerie, usant de toutes ses ressources, est parvenue à ar- J<>»f"^« ^^ ^^ •'«»^»mer et à approvisionner les nouvelles batteries qui ont été établies sur les pentes du mamelon vert. Elle ouvre, à çix beures du matin, le feu de toutes ses batteries des attaques de Malakoff, dont la position est dominante relativement à celles des Russes. Si> comme on doit l'espérer, la lutte d'artillerie qui va s'engager tourne à l'avantage des assiégeants, les cbeminements que nous exécutons ^i péniblement pendant la nuit ne seront plus détruits pendant le jour ; nous pourrons donc les relier et nous rapprocher encore de l'enceinte, pour établir de bonnes places xl'armes qui seront le point de départ des colonnes d'assaut.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque; trois bri- Nundu nau48 août. gades de sapeurs et 515 travailleurs d'infanterie.
On relie enfin les deux amorces de la sixième parallèle en posant 310 gabi(ms qui sont doublés et même triplés sur certains points. Le parapet est partout solide, sauf sur une trentaine de mètres de longueur, où l'on n'a pu avoir a^sez de terre pour recouvrir complètement les gabions à l'extérieur. ■ . " :
On continue la communication commencée dans la nuit du 15 entre la cinquième parallèle et la batterie n"" 38, et on la prolonge jusqu*à la place d'armes des carrières. ,
Des gardes envoyées pour occuper la ligne de trous de loup sur notre droite devant lé petit redan, et pour protéger les travailleurs qui devaient établir de nouveaux postes en avant de notre place d'armes avancée, ayant dû se replier devant des forces russes supérieures, on n'a pu rien entreprendre de ce côté ; niais on a ouvert à l'extrême gauche de cette place d'armes, à la sape demi-pleine, sur 25 gabions de longueur, un boyau dirigé vers le bastion n"" 2.
L'embuscade que les Russes occupaient chaque soir à l'extrême
Attaques de droite. 3gg ^
gauche de nos attaques est priise par nos soldats qui s'y maintiennent, malgré trois retours offensifs de l'ennemi, et l'organisent défensivement contre la place. .
Notre artillerie fait un feu très-vif, principalement de projectiles creux; l'infanterie tire activement sur les embrasures de l'enceinte, afin d'empèçhér l'ennemi de les réparer.
Pertes du 17 au 18 : 19 tués dont 1 offlcïer; 62 blessés dont 1 officier.
Nuit du 18 au i9 août. Le Chef do bataillon du génie de Marsilly, chef d'attaquer deux brigades de sapeurs et 434 travailleurs d'infanterie.
Les deux boyaux du cheminement sur le glacis de Fouvrage Malakoff sont prolongés, celui de gauche de 10 gabions, celui de droite de 25. .
On pose 22 nouveaux gabions au cheminement ouvert la nuit précédente à la gauche^'de la place d'armçs avancée devant le petit redah, et on débouche de la partie centrale de cette place d'armes par un boyau dirigé vers la gauche, auquel on pose 32 gabions.
Le feu de Aotre artillerie a constamment dominé celui de la place. L'ennemi travaille activement à réparer ses embrasures.
Pertes du 18 au 19 : 11 tués dont 1 officier; 75 blessés dont 2 officiers; 1 disparu.
>ui( du 49 auto août. Le chcf de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 618 travailleurs d'infanterie.
Au logement sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on relie par une tranchée de 71 gabions les deux boyaux avancés, de maniéré à former une place d'armes. On exécute un travail analogue devant le petit redan : les deux cheminements avancés sont reliés au moyen de 90 gabions, et on prolonge cette nouvelle place d'armes d'environ 25 mètres sur la gauche. Ce dernier travail se trouve sur un mau- ' vais terrain ; la gabionnade, à peine masquée par les terres à Textér rieur, est, à plusieurs réprises, ruinée par le canon de la batterie de
— 399 — Aliaqiips do droite.
la pointe (bastion n"" 1), qui est difficilement contr^attue, et dont les embrasures sont eh parfait état«
À une trentaine de mètres en avant dé la partie gauche de la place d'armes du ravin, on ouvre une tranchée de 15 mètres de longueur destinée à recevoir un dispositif de mines de projection;
Le tir de l'artillerie a été peu vif de part et d'autre ; l'ennemi a réparé ses embrasures et, au jour, il a fait feu de toutes les pièces établies sur la demi-courtipe attenante à l'ouvrage Malakoff.
Pejtes du 19 au 20 : 22 tués ; 57 blessés dont 7 ôffiders.
Un abri pour la confection des munitions a sauté vers huit heures ^^^^^^^ ^" ^^ ««^^^• db matin, dans la batterie n"" 34 ; plusieurs hommes ont été tués ou blessés ; la batterie n'a pas souffert.
Le feu d'artillerie a été très-vif de part et d'autre pendant toute la journée; l'ennemi a surtout tiré beaucoup de mitraille sur la droite de nos attaques pour arrêter nos cheminements.
Le capitaine du génie Schœnnagel, chef d'attaque; deux brigades Nuit du 20 au 21 acu. de sapeurs et 479 travailleurs d'infanterie.
On améliore la partie nouvelle de la place d'armes sur le glacis de Touvrage Malakoff, et on ouvre en artrière, sur une trentaine de gabions de longueur, une tranchée destinée à l'établissement de mines de projection. On devait entreprendre, à la droite de cette place d'armes, un boyau en sape double dont un léger mouvement de terrain facilitait l'établissement ; mais ce travail n'a pas été exécuté, la garde envoyée pour occuper une embuscade russe située en avant n'ayant pu conserver cette position.
Au cheminement sur le petit redan, on relève et on consolide par un second rang de gabions le parapet que le canon de la place avait fortement endommagé, et on prolonge la tranchée de 40 gabions sur sa gauche. Mais led 15 premiers seulement étaient remplis de sacs à terre et couronnés de fascines, lorsque, siirune fausse alerte, les éclaireurs qui couvraient ^e travail sont rentrés. Ces hommes, sortis
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.Nujl du 21 au 22iiuril.
Allaiiucs (le aruilf. — 400 —
de nouveau, ne s'étant pas portés assez en avant, des soldats russes s'avancent au delà de l'alignement de notre trandiée et de là tuent ou blessent plusieurs travailleurs. On a dû se borner à continuer le travail en arrière des gabions qui étaient remplis.
On amorce^ à la droite.de la batterie n"* 23, sur 54 gabions de longueur, une tranchée pour rétablissement d'une grand ebatterie (n* 42), destinée à recevoir des mortiers.
Le feu a été très-vif de part et d'autre ; l'artillerie russe a' beaucoup tiré sur l'extrême droite de nos attaques. Pertes du 20 au 21 ; 17 tués ; 38 blessés.
Le chef de bataillon du génie Rouiller, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.
Sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, on améliore la nouvelle place d'armes et on prolonge de 15 gabions la tranchée destinée aux mines de projection. On pratique une descente en escalier,, avec parapet, qui donne accès dans une carrière située devant Fei^trémité gauche de la sixième parallèle. Le travail en sape debout qui devait être commencé la nuit précédente sur la droite du glacis n'a pu encore être entrepris cette nuit : on allait se metbre à l'œuvre lorsque l'ennemi, croyant sans doute à une attaque, ouvrit un feu violent de nK)usqueterie et d'artillerie. Les hommes de garde qui couvraient les* travailleurs rentrèrent dans la tranchée ; le calme rétabli, on voulut reprendre le travail, mais on reconnut que l'ennemi occupait en force les positions que les hommes de garde avait quittées.
Au petit redan, on prolonge de 28.gabions^sur sa gauche le cheminement avancé parallèle à la face droite de cet ouvrage*
Au centre^ on organise d'une manière défensive la partie de la sixième parallèle ternainée dans la nuit du 17 au 18.
On prolonge de 103 gabions la tranchée ouverte la nuit précédente, à la droite de la batterie n^* 23, pour l'établissem^t d'une nouvelle batterie de mortiers, et on exécute dans le même but, à la
wmtmmmmmtm
— 401 — Attaquer de droite.
droite de la batterie n^ 33, une tranchée de 85 gabions de longueur.
Le feu d'artillerie a été extrêmement vif de part et d'autre, de huit à dix heures et demie du soir ; il s'est ensuite beaucoup ralenti.
Pertes du 21 au 22 : 15 tués ; 103 blessés dont 8 officiers.
l-e chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque ; deux bri- ^"»^ du 22 lu î3 aooi. gades de sapeurs et 517 travailleurs d'infanterie.
On débouche en sape debout, en partant de la droite de la place d'armes sur le glacis de l'ouvrage Malakoff. Ce cheminement, protégé par deux gabions farcis, a une longueur de 28 gabions. On voulait relier la place d'armes avec une embuscade russe située en avant de sa gauche ; mais l'ennemi l'occupant avec des forces supérieures, on a évité d'engager la lutte. On organise d'une manière défensive la petite carrière en avant delà gauche de la sixième parallèle. *
Le cheminement avancé formant l'amorce d'une septième parallèle devant le bastion n** 2 est prolongé de 50 gabions vers la gauche, et on conimence, en débouchant de ce cheminement sous la protection d'un gabion farci, un nouveau boyau dirigé sur le saillant duredan; malheureusement, le terrain ne présente qu'une couche de terre de très-peu d'épaisseur.
Les batteries de la place ont peu tiré ; au jour, on reconnaît que l'ennemi a réparé plusieurs embrasures sur la face droite du petit redan.
Pertes du 22 au 23 : 13 tués ; të blessés dont 1 officier ; 1 disparu.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque ; deux bri- Nuit du 23 au 24 août. gades de sapeurs et 52* travailleurs d'infanterie.
On avait occupé pendant la journée l'embuscade russe située devant la gauche de la place d'armes, sur le glacis de l'ouvrage Malakoff, et commencé l'ouverture du boyau destiné à relier cette embuscade à nos tranchées. A la nuit, les Russes s'y présentent et parviennent à la reprendre; la garde, de tranchée sort aussitôt en
Attaques de droite. 402
force, et, après un engagement de peu de durée, mais très-vif, Tennemi se retire, laissant sur le terrain iquelques-uns de ses morts. On complète alors le travail commencé pendant la journée, et on organise Fembuscade pour notre usage, en prolongeant sa gabionnade d*une dizaine de mètres. Sur la droite du glacis, on pousse la sape double d'une douzaine de gabions.
Devant le petit redan, on prolonge Famorce de la septième parallèle de 30 gabions sur sa gauche et de pareille quantité le boyau dirigé vers le saillant de cet ouvrage. On améliore le parapet des tranchées nouvellement ouvertes en arrière avec des terres que Fon apporte dans des sacs.
Mines (PI. III). Des désertcurs et des prisonniers ruéses avaient assuré, à diverses
reprises, que les défenseurs de Fouvrage Malakoff étaient entrés en galerie pour en contre-miner le glacis. Des écouteurs habiles, envoyés dans nos tranchées, ne tardèrent pas à signaler en effet le travail souterrain du mineur russe. Aussitôt la compagnie de mineurs, qui avait acquis une grande expérience, fut retirée des attaques du bastion du mât pour être employée à celles de Fouvrage Malakoff, et elle commença, pendant la nuit du 23 au 24 aoât, trois puits de mines (1 , 2 et 3) dans la place d*armes avancée sur le glacis de Fouvrage Malakoff, afln d'en déj^oucher pour marcher à la rencontre du contre-mineur.
Des puits semblables seront ouverts dans les tranchées à mesure qu*elles se rapprocheront de la place, pour les protéger contre les mines des Russes, comme il a été fait pour la batterie n^ 53 des attaques de gauche.
Le capitaine du génie Goury est blessé d'un coup de feu à Fépaule.
Pertes du 23 au 24 : 29 tués dont 2 officiers ; 101 blessés dont 5 officiers.
tournée du 24 août. Lc chcf de bataillon du génie Ragon, chef d'attaqué ; deux brigades de sapeurs et 418 travailleurs d'infanterie.
— 403 — Attaques de droite.
On exécute divers travaux de consolidatiou et de déûlement dans la partie avancée de nos chemin^nénts ; on prolonge de quelques gabions la sape double sur la droite du glacis de Touvrage MalakofT, , et on y fait un retour de sept gabions à la sape demi-pleine.
On commence dans la journée le déblai des emplacements destinés à deux mines de projection devant ce demiw ouvrage et à deux autres devant le petit redan*
La place lance une grande quantité de bombes provenant toutes des batteries de la deuxième enceinte.
Trois brigades de sapeurs et 473 travailleurs d'infanterie. Nuit du u au 25 août.
Il n'était pas possible de continuer les travaux sur le glacis de Touvrage Malakoff sans occuper préalablement deux embuscades établies par les Russes en tête de nos cheminements. De petits détachements furent envoyés à cet effet à, la chute du jour ; mais bientôt les Russes arrivant en force obligent nos soldats à se replier sur les tranchées, et il a fallu une action de vigueur pour reprendre ces positions.
Vers neuf heures du soir, une compagnie d'infanterie sur la gauche et deux sur la droite sortent des tranchées et courent sur les embuscades ; celles-ci étaient fortement occupées par des détachements que soutenait une réserve évaluée à un demi4>ataillon. Nos soldats se jettent sur l'ennemi à la baïonnette et le refoulent jusqu'au fossé de la place, où la réserve elle-même va chercher un abri contre les feux de la sixième parallèle. La fusillade qui part du fossé ne tarde pas à être soutenue par celle des parapets et par rartillerle de la place. Dès que nos compagnies ont pu is'embusquer dans les excavations qui régnent sur la droite du glacis, les troupes qui garnissent nos tranchées avancées de la gauche et du centre et nos batteries ouvrent aussi leur feu. Ce feu, qui se prolonge des deux cêtés pendant plusieurs heures, ne permet de commencer le travail qu'à onze heures sur la gauche et vers une heure et demie sur la droite.
Allaquos (\o ilroiu*. — 404 —
A la gauche, on se relie avec Terobuscade russe, à partir de laquelle on ouvre un nouveau boyau. Mais ce cheminement, défilé de Touvrage Malakoff, étant pris d'écharpe par quelques pièces situées à gauche de cet ouvrage, on a dû l'abandonner.
Sur la droite, on transforme Fembuscade russe en un logement que Ton relie à la sape double en arrière, par un chemm^nent formé, sur une partie de sa longueur, de portions de sape double défilées par des crochets.
Devant le petit redan on établit, en tète du boyau le plus avancé, une petite place d'armes de 45 gabions de longueur; on relève une partie du parapet de la place d'armes de gauche renversé par le canon de la place, et on l' épaissit avec des terres que Ton apporte dans des sacs.
Sortie russe. Ces travaux s'exécutaient pendant le combat qui était engagé de-
vant l'ouvrage Malakoff, et ils en étaient au point que nous venons d'indiquer, quand l'un des postes qui couvraient la place d'armes sur la gauche, ayant eu quelques hommes tués par le feu de l'ennemi, rentra dans la tranchée. Les Russes, qui occupaient en force le terrain en avant de l'ouverture ménagée dans la courtine, fireqt immédiatement occuper l'emplacement de ce poste par des tirailleurs qui obligèrent à interrompre le travail de la place d'armes. On envoie aussitôt un détachement de la garde de tranchée pour lés repousser; mais il est reçu par la fusillade de la réserve russe, qui refoule nos. soldats dans les tranchées et se porte sur la tète de la place d'armes. Les hommes de garde qui l'occupaient se retirent dans la trandiée en arrière, entraînant avec eux les travailleurs encore peu nombreux qui se trouvaient sur ce point ; les travailleurs du boyau avancé du^ rent bientôt après se retirer aussi. La fusillade partant des tranchées contint les Russes et les força à battre en retraite ; ils ne dépassèrent pas la tète de la place d'armes, mais en se retirant ils roulèrent avec eux le gabion fard qui couvrait la sape. Un feu très-vif de mous-
.^ 405 — Attaques de droite.
queterie et d'artillerie s'est engagé des deux parts et ne s'est ralenti que vers une heure et demie du matin. Le travail a été repris alors ; mais on s'est borné à épaissir les parapets des tranchées nouvelles, sans chercher à les prolonger. Un soldat russe a été fait prisonnier dans cet engagement.
Pertes du 24 au 25 : 40 tués dont 1 officier ; 239 blessés dont 13 officiers ; 4 disparus.
Le chef de bataillon du génie Roullier, chef d'attaque ; deux bri- Journée du % nom. gades de sapeurs et 409 travailleurs d'infanterie.
Notre artillerie, occupée à réparer ses batteries, n'ayant pas tiré dans la matinée, celle de la place profite de ce silence pour boule* verser nos travaux neufs que la nature du terrain h'avait pas permis de rendre encore suffisamment solides.
Devant l'ouvrage Malakoff, le boyau de gauche et la place d'armes à sa tète n'existent pour ainsi dire plus, et le cheminement de droite est détruit aussi : la plupart des gabions sont renversés et quelquesuns incendiés par des projectiles creux. Les nouveaux cheminements devant le petit redan sont aussi complètement bouleversés, et, comme devant l'ouvrage Malakoff, la garde de tranchée a dû les évacuer.
On travaille pendant toute la journée à fermer les plus grandes brèches que le canon de la place a faites dans les parapeta de nos tranchées, et à rétablir les communications.
Trois brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie sont em- nuu du 25 au îù mMs ployés à compléter le rétablissement de nos cheminements avancés. Il n'est ouvert cette nuit qu'un bout de tranchée de 18 gabions reliant la place d'armes du cheminement de droite devant l'ouvrage Malakoff à une carrière située sur sa gauche, et un retour d'une dizaine de gabions à l'extrémité gauche de la place d'armes la plus avancée devant le petit redan.
Les Russes ont tenté une sortie par le passage ménagé sur la cour- sorne russe. tine du front d'attaque. Leur colonne se dirigeait sur nos chemine-
Attaques de droite. — 406 —
ments contre le redan ; accueillie par une vive fusillade, elle est raiH trée presque immédiatement dans la place. Mines. On entre en galerie au fond des puits 1 et 2; le dieminement
souterrain, à partir de ce dernier, est dirigé sur le saillant de Tcih vrage Malakoflf.
Pertes du 25 au 26 : â5 tués dont 2 oflficiers ; 78 blessés dont 7 officiers.
lournée^du i6 aoiii. Qu commeuce deux nouveaux puits (4 et 5) , dans la place d'armes avancée de droite, Nuit du ^6 au ^ noût. Le capitaluo du génie Schœnnagel, chef d'attaque; trois iMrigades de sapeurs et 52& travailleurs d'infanterie.
Au cheminement dirigé contre l'ouvrage Malakoff, on prend possession d'une excavation allongée qui se trouve à la tète de notre cheminement de droite et se dirige vers l'angle de la courtine ; on déblaie le fond de cette excavation sur 40 à 50 mètres de longueur, et on organise à l'extrémité un masque en gabions placés sur deux rangs de hauteur avec banquette pour la fusillade. Vers le milieu de la place d'armes terminée le 19 août, on amorce, sur huit gabions de longueur, une sape double dirigée sur l'ouvrage MalakofT.
Devant le petit redan, on prolonge la place d'armes en tête des cheminements de 33 gabions sur la gauche, et celle qui se trouve immédiatement en arrière, de 46 gabions Tlans le même sens. On exécute ces travaux en se couvrant avec le gabion farci.
Le feu de la place a été très-vif pendant toute la nuit ; notre artillerie et la mousqueterîe des places d'armes avancées y ont bien répondu.
Mines On débouche en grand rameau du fond du puits 3.
Une bombe de l'ennemi détruit complètement une fougasse qui était en construction devant la droite de l'ouvrage Malakoff.
Pertes du 26 au 27 : 15 tués dont 1 officier ; 78 blessés dont 6 officiers.
-« 407 — Attaques de droite.
On commeiKie le puits 6 dans la place d'annes la plus avancée du cheminement de droite devant l'ouvrage Malakoff.
Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d^attaque ; trois bri- ^^' ^" J^ s.*^ *^^^gades de sapeurs et 550 travailleurs d'infanterie.
La sape double entreprise la nuit précédente en capitale dé l'ouvrage MàlakoJBT est poussée en avant de 20 gabions , et on ouvre sur la gauche de l'embuscade prise te 24 août un cheminement dans lequel viendra aboutir cette sape double. On renforce et on prolonge de quelques mètres sur ses ailes le masque de la carrière établi la nuit précédente.
On pose 33 nouveaux gabions à la gauche de la place d'armes avancée formant la tète du cheminement devant le petit redan ; le terrain s'est trouvé moins mauvais, ce qui a permis d'avancer plus que d'ordinaire.
Le feu de notre artillerie, assez vif jusqu'à onze heures et demie du soir , s'est ensuite ralenti jusqu'au jour, ce qui a conduit l'ennemi à augmenter l'intensité du sien. La partie déjà exécutée de la grande place d'armes destinée à former l'amorce de droite de la septième parallèle est fortement tourmentée par le canon de la place : 18 gabions sont renversés ; on les remet en place et on en pose 15 nouveaux, mais la vivacité du tir de la place oblige à suspendre ce travail vers minuit^ après des pertes sensibles parmi les travailleurs et la garde de la tête de sape.
Pertes dû 27 au 28 : 23 tués dont 1 officier ; 151 blessés dont 11 officiers.
Un incendie allumé par une de nos bombes en arrière de l'ouvrage Journée du 28 août. Malakoff a duré toute la journée.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaque; deux bri- NuUduiSauWaoûu gades de sapeurs et 535 travailleurs d'infanterie.
On continue la sape double en capitale de l'ouvrage Malakoff et on prolonge de 43 gabions sur la gauche le boyau dans lequel doit
ÂUaques de droilc. ... 408
aboutir cette sape. £n avant de la tète du cheminement de droite on profite de nouveau d'une excavation que l'on occupe et que Ton relie avec les boyaux en arrière; on établit à son extrémité une forte gabionnade que Ton couronne de créneaux en sacs à terre.
La partie gauche de la place d'armes avancée devant le petit redan est prolongée de 27 gabions, les 5 derniers formant un crochet à son extrémité ; Famorce de droite de la septième parallèle est prolongée de 15 gabions. Pour faciliter les communications avec la . partie avancée des approches devant le petit redan, on ouvre une tranchée, d'une centaine de gabions, qui relie le petit boyau aboutissant à l'amorce de la septième parallèle avec la place d'armes du ravin.
explosion Dans la nuit, un accident grave est venu porter le trouble dans
d'un magasin h poudre » »* i • « • .1
au mamelon vert, les attaqucs. Les Russcs, lorsqu ils étaient en possession du mamelon vert, avaient construit dans la redoute qui le couronne un grand blindage recouvert de gros corps d'arbres et d'une forte couche de terre. Ce blindage, exécuté avec beaucoup de soin, avait paru à l'abri des feux de la place ; il était devenu le magasin principal des attaques du front Malakoff, et contenait près de 7,000 kilogrammes de poudre, dont une partie en munitions confectionnées.
Vers une heure du matin l'explosion d'une bombe, tombée près de l'entrée du magasin, le fait sauter. 140 hommes ont été tués ou blessés, les uns par le premier effet de l'explosion, les autres par les terres, les pierres et les bois qui sont retombés au loin. Les batteries n^"* 15 et 15 bis, voisines du magasin détruit, ont beaucoup souffert; les autres, plus éloignées, n'ont été que faiblement endommagées. C'est surtout vers le ravin Karabelnaya, où nous avions peu de monde, et sur la gauche de la cinquième parallèle, que les débris ont été lancés. Le côté des attaques principales a été heureusement plus épargné. Cependant des
409 AlUques de droite.
poutres ont été projetées jusque dans la place, et nous avons appris plus tard qu'elles y avaient causé des accidents.
Immédiatement après ce fâcheux événement, le feu d'artillerie des Russes est devenu très-vif, mais le nôtre a soutenu la lutte.
Pertes du 28 au 29 : 34 tués dont 4 officiers; 211 blessés dont 6. officiers; 9 disparus.
Le chef de bataillon du génie Ragon , chef d'attaque; deux Nuitdui9au30août. brigades de sapeurs et 474 travailleurs d'infanterie»
On prolonge la sape double en capitale de l'ouvrage Malakofft d'environ 25 mètres, jusqu'à la rencontre du boyau situé en avant; on ouvre sur 20 gabions de longueur, en partant du cheminement pratiqué dans l'excavation située sur la droite du glacis, un boyau qui doit former amorce de la septième parallèle. Un peu en arrière on ouvre un nouveau boyau sur là gauche de ce même cheminement.
Devant le petit iredan, oh débouche de la place d'armes avancée par un boyau qui se dirige vers le saillant de cet ouvrage, et on prolonge de 40 gabions l'amorce de droite de la septième parallèle.
Le feu d'artillerie et dé mousqueterie a été vif de part et d'autre. A chacune des extrémités de notre attaque on établit dans les tranchées avancées de petits mortiera^ qui lancent leurs bombes sur les batteries fusses les plus rapprochées. L'ennemi ouvre sur la face gauche de l'ouvrage MalakofT des embrasures dirigées contre nos cheminements devant le petit redan.
La batterie n"" 15 bis, qui avait été endommagée par Texplo* sion du magasm à poudre de 4a redoute Brancion, rouvre son feu le 30 à huit heures^ du matin.
On débouche du puits 4, qui a cinq mètres de profondeur, en mîdcs.
se dirigeant perp^diculairement vers la courtme. On débouche égaleibent du puits 5 , en marchant vers le saillant de l'ouvrage Malakoff.
Aiuquet de droite. — 410 —
Pertes du 29 au 30 : 27 tués dont 2 officiers; 104 blessés dont 3 officiers.
Nuit du 30 aa 34 août. Lo chef de batailloQ du génie RouIIier, chef d'attaque; trois brigades de sapeurs et 530 travailleurs dlnfanterie.
On prolonge de 36 gabioAs Tamorce de gauche de la septième parallèle, et d'une quinzaine de mètres le cheminement établi dans l'excavation, en tête de laquelle on construit une petite place d'armes formée de 25 gabions. On pose une quinzaine de gabions au boyau ouvert sur la gauche du cheminement en arrière de la septième parallèle.
Devant le petit redan on prolonge de 30 gabions le boyau avancé dont le débouché a été fait la nuit précédente.
Le feu a été très-vif de part et d'autre pendant la nuit et pendant le jour précédent; les travailleurs ont beaucoup souffert: il y a eu parmi les sapeurs 4 tués , 1 sergent et 13 soldats blessés, et parmi les travailleurs d'infanterie 1 officier et 5 soldats tués, 1 officier et 28 soldats blessés.
Pertes du 30 au 31: 25 tués dont 3 officiers; 118 blessés dont 3 officiers.
iouraéedu34 août. Qq commence le puits 8 dans le logement lé plus avancé à la droite de l'ouvrage Malakoff.
A cinq heures du soir, on lance devant le petit redan , au moyen d'une fougasse chargée de 16 kilogrammes de poudre, un tonneau qui en contenait 90 kilogrammes ; il est tombé dans le ravin Ouchakoff, en arrière et à gauche de cet ouvrage; on n'a pas pu distinguer s'il a fait explosion. Nuit du 34 août au 4*- Le Capitaine du génie Schœnnagel, chef d'attaque; trois bri'« gades de sapeurs et 556 travailleurs d'infanterie.
Devant l'ouvrage Malakoff on prolonge de 41 gabions le boyau qui se trouve à gauche de l'embuscade occupée le 24 août ; on prolonge aussi de 16 mètres Tamorce de la septième parallèle.
— 4tl — Attaque» de droite.
Les diverses branches du cheminement dans Texcavation sent améliorées et pourvues de banquettes.
Devant le petit redan, on prolonge de 17 gabions le boyau le . plus avancé, sur un terrain de roc à peine couvert de tenre. Les gabions , posés successivement en abritant leç sapeurs par un gabion farci, sont remplis de sacs à terre et couronnés dé trois rangs de fascines et de deux rangs de sacs à terre ; de plus on établit contre les gabions un revêtement d*un rang de sacs à terre. On pose une cinquantaine de gabions à l'amorce de droite de la septième parallèle, dont huit forment un retour à Textrémité.
Le feu d'artillerie et de mousqueterie de la place a été excessivement vif contre nos têtes de cheminements : presque tous les travailleurs qui 7 étaient employés ont été tués ou blessés.
On ouvre le puits 9 dans le talus de banquette de la tranchée, mîms.
entre les puits 6 et 8.
Pertes du 31 août au 1*^ septembre : 18 tués; 75 blessés dont 2 officiers.
Lé chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque ; deux bri- ^ . Journée
^ ^ du 4" seplembrt.
On prolonge de 10 gabions vers la gauche la place d'armes qui part du cheminement sur l'ouvrage Malakoff, un peu en arrière de l'amorce de la septième parallèle ; on Parrête au point où elle commence à être en prise aux feux du bastion n^ 3, et on y fait un retour.
On commence le puits 10 à l'extrémité de la place d'armes dont il Minci.
vient d'être question.
Trois briffades de sapeurs et 546 travailleurs d'infanterie. . nuîi
^ ^ du 4*' au î septembre.
On prolonge de 26 gabions l'amorce de gauche de la septième parallèle, et de 4 gabions le retour de la place d'armes couvrant le puits 10. :
Au commencement de la nuit, un caporal du génie, accompa*gné de deux grenadiers, est sorti par la gauche de la place d'armes
avancée, pour essayer de reconnaître le fossé de Touvrage MalakoflT. Il n'a pu s'en approcher qu'à trois ou quatre mètres : le bord de la contrescarpe était garni de fusiliers russes qui ont fait feu sur lui et ont blessé les deux hommes qui l'accompagnaient. Minri On amorce un rameau au fond du puits 8, qui a 3"60 de profon-
deur.
Vers minuit, l'ennemi fait jouer deux fougasses en arrière de la place d'armes avancée de gauche devant l'ouvrage Malakoff. Le travail n'a pas été interrompu par ces explosions, qui n'ont blessé personne ; les entonnoirs n'ayant pas plus de (V"80 de profondeur, il n'y a pas lieu de les couronner.
Pertes du l**^ au 2 : 15 tués ; 62 blessés dont 6 oflftciers. Nuit Le chef de bataillon du génie BaiHy, chef d'attaque : trois bri*-
On continue le travail entrepris dans la journée , consistant à défiler les tranchées des vues de tout le terrain situé au nord du porti soit en exhaussant les parapets, soit par des traverses ou des masques en gabions, en fascines ou en simples branchages. Il est important de cacher à l'ennemi les mouvements de troupes qui doi*" vent précéder l'assaut projeté contre l'ouvrage Malakoff et le petit redan. On exécute en même temps toutes les améliorations et les gradins de franchissement nécessaires pour cette attaque.
On prolonge de 25 gabions l'amorce de gauche de la septième parallèle.
Pertes du 2 au. 3 : 23 tués dont 2 officiers ; 144 blessés dont 8 of-ficiers.
Le chef de bataillon du génie Ragon, chef d'attaque ; trois brigades de sapeurs et 365 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 50 gabions l'amorce de gauche de la septième parallèle.
Devant je bastion n*" 2, on relève sur 25 gabions de longueur le
Nuit du 3 au 4 septembre.
... 413 -— Attaques de droite.
parapet de Tamorce de droite de la même parallèle, complètement renversé par le canon de la place.
On fait une voie de 20 mètres de largeur à travers les parapets des tranchées, pour permettre aux colonnes de réserve de se porter, le jour de Tassant, sur l'ouvrage Malakoff ; cette voie part de Tancienne place d'armes russe à droite de la redoute Brancion. Les parapets dé cette place d'arme et des boyaux de communication à droite des batteries n""* 23 et 38 ont été abattus sur 20 mètres de longueur, et la tranchée en arrière a été comblée ; au passage du boyau qui aboutit à la cinquième parallèle, à celui de cette parallèle et de la place d^armes des carrières, on a taillé des rampes sur le revers de la tranchée et établi des gradins pour franchir le parapet.
On débouche au fond du puits 12 , à S'^SO de profondeur, par ^^^^^ un rameau dirigé perpendiculairement vers la contrescarpe.
P^es du 3 au 4 : 12 tués ; 72 blessés dont 4 officiers.
Le chef de bataillon du génie RouUier, chef d'attaque ; deux bri- J«ur«^du4iepiêiiAr«, gades de sapeurs et 444 travailleurs d'infanterie.
On continue les travaux de défilement et d'amélioration des tranchées; on défile des vues du bastion n"" 3 et de l'ouvrage Malakoft* le cheminement du fond du ravin Karabelnaya.
Les Russes commencent à lancer sur les tètes de nos chemine-* ments de petites fusées terminées par une botte à balles dont l'en-* veloppe éclate en touchant terre.
Le commandant Rouillera été blessé au genou par un éclat debombe.
Deux brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie. . , nu'«
^ "^ du 4 au 5 srplerabre.
On prolonge l'amorce de gauche de la septième parallèle de 41 gabions.
Devant le petit redan, on rétablit le boyau le plus avancé, qui a été entièrement bouleversé par le canon de la place.
Vers une heure du matin, un incendie a éclaté dans le faubourg Karabelnaya.
AUAqnet de droite. — 414 —
Pertes du 4 au 5 : 16 tués ; 68 blessés dont 4 officiers. du 5 au eïipierabre. ^^ ^^^^ ^^ bataUlou du génie Renoux, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 567 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 16 gabions Tamorce de gauche de la septième parallèle ; on ouyre sur 24 gabions de longueur, à partir de la tète du cheminement le plus avancé vers l'ouvrage Malakoff, un nouveau boyau dirigé vers la gauche.
Le feu a été extrêmement vif départ et d'autre pendant toute la nuit. Une bombe de la batterie n*» 27 a incendié le vaisseau à deux ponts V Impératrice Marie^ qui se trouvait dans le port près du fort Cath^ine.
Pertes du 5 au 6 : 7 tués dont 1 officier ; 62 blessés dont 2 officiers.
Journée du 6 Mpiembre. Qu outeud distinctement le mineur ennemi devant l'ouvrage
Malakoff; il paraît être à une quinzaine de mètres de nos tètes de
rameau. ^
^ . I*"'' . . Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque ; trois bri-
du (J au 7 septembre. ^ i '
gades de sapeurs et 550 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 22 gabions le nouveau boyau ouvert la nuit précédente devant l'ouvrage Malakoff.
On amène dans le boyau dés fougasses un tonneau rempli de poudre, qui doit être lancé âur l'ouvrage Malakoff dans la matinée du7.
Un incendie considérable a éclaté en arrière de cet ouvrage, dans le faubourg Karabelnaya,
Pertes du 6 au 7 : 12 tués ; 42 blessés dont 3 officiers. Journée du 7 septembre. Daus la matinée, on lance le tonneau préparé dans la nuit. Il tombe sur le parapet de là partie arrondie de l'ouvrage Malakoff, et de là rebondit dans l'intérieur, où il fait explosion : il a dû produire de grands dégâts.
Dans Taprès^nidi, un bâtiment russe prend feu dans le port ; U est entièrement consumé.
.. 415 — AUaques de droite.
Le chef de bataillon du génie Bailly, chef d'attaqne; trois bri- , „ i^uu
^ •^ ^ ' du 7 au 8 ieplcmbre.
gades de sapeurs et 544 travailleurs d'infanterie.
On achève partout les travaux d'élargissement, de franchissement et de défilement des tranchées.
Dans lès rameaux des puits 10, 11 et 12, on prépare des four- ^ines.
neaux de 500 kilogrammes de poudre, pour détruire les travaux souterrains que l'ennemi exécute en avant des nôtres. €hi continue à s'avancer dans les rameaux des puits 8 et 9.
Pertes du 7 au 8 : 11 tués ; 74 blessés dont 1 oflBcier.
Les pertes éprouvées par le 2* corps dans les attaques de droite, ^«^«^ ^" *' ^®n»« depuis le l*** août jusqu'au 8 septembre, s'élèvent à 596 tués dont 27 officiers; 2,865 blessés dont 142 officiers; 15 disparus; en tout, 3,476 hommes mis hors de combat.
La moyenne du nombre de travailleurs employés aux attaques de Nombre de trataïueurs droite, du l*'' août au 8 septembre, a été de :
58 sapeurs ou mineurs et 439 soldats d'infanterie par journée ; 70 — 515 — par nuit.
En ajoutant aux pertes du 2'' corps 1,815 hommes mis hors de Pertes touies du O' août
au 8 septembre.
combat aux attaques de gauche et 1,451 à la bataille de la Tchernaya, on arrive, pour les pertes faites depuis le 1«' août jusqu'au 8 septembre, à un total de 6,742 hommes mis hors de combat. Le nombre total de travailleurs employés aux deux attaques, du Nombre de travailleur»
employés
1^' août au 8 septembre, a été en moyenne de : «"» <J««» c®fp»-
131 sapeurs ou mineurs et 685 soldats d'infanterie par journée ; 124 — 692 — par nuit.
Dès les^ premiers jours du mois de septembre, nos cheminements Dispositions pour
l'assaut du 8 septembre.
étaient arrivés à un point où la prudence même commandait de ne pas différer une attaque générale contre la place.
Tous nos eficHTts étaient en réafité dirigés contre l'ouvrage Malakoff; maîtres de cet ouvrage, qui était fermé à la gorge, nous
dominerions complètement le faubourg Karabelnaya» que les Russes seraient forcés de nous abandonner; de nos établissements dans le faubourg, nous parviendrions bien vite à rompre le pont de radeaux qui traversait le grand port ; la garnison de la ville, se trouvant alors investie, ne pourrait faire une longue résistance et resterait prisonnière.
Or, nos cheminements étaient arrivés jusqu'à 25 mètres du fort Malakoff et 40 mètres du bastion n"" 2 (petit redan) ; devant ce baslion, nous ne trouvions plus qu'un roc nu sur lequel il était impossible de faire des sapes qui pussent résister à l'action des pièces de gros calibre employées par les Russes. Devant le fort Malakoff, qui était mal flanqué, on aurait pu arriver jusqu'au fossé ; mais, indé-^ pendamment des pertes qui en seraient résultées, ce travail exigeant plusieurs jours, le mineur russe aurait pu bouleverser nos cheminements et jeter dans l'esprit de nos soldats, aujourd'hui pleins de confiance, les fâcheuses préoccupations que produisent toujours les explosions souterraines. Ce temps 'aurait aussi été employé par les assiégés à terminer la seconde enceinte qu'ils construisaient en toute hâte entre la gorge du fort Malakoff et le bastion n"" 2. Enfin, et cette considération était décisive, l'artillerie des attaques de droite ne pouvaft conserver la supériorité qu'elle avait si heureusement acquise sur celle des Russes, qu'en consonmiant une grande quantité de munitions ; et ses approvisionnements, qu'il n'était plus possible de renouveler, ne pouvaient suflBre à un feu de plus de huit jours : or, comme on l'avait vu dans la journée du 25 août, si l'artillerie de la place reprenait le dessusy nos cheminements, dont les parapets étaient composés de débris de rocs, seraient bientôt bouleversés.
Devant le grand redan, les Anglais n'étaient encore qu'à SOO mètres du saillant ; mais, rencontrant aussi un terrain rocheux, ils déclaraient ne pas pouvoir pousser plus loin leurs cheminements.
Enfin, aux attaques de la ville, où l'on se trouvait à 50 mètres du
bastion du mal et à 70 mètres du bastion central, les avantages qu'on pourrait retirer d'une place d'armes plus rapprochée du fossé ne pouvaient pas compenser les grandes pertes qu'aurait entraînées son exécution.
Ainsi, soit du côté du faubourg, soit du côté de la ville, les fronts attaqués n'ayant pas d'escarpes revêtues en maçonnerie et le fossé pouvant être franchi sans qu'on ouvrît des brèches, nous avions désormais plus à perdre qu'à gagner à continuer notre marche pied à pied contre la place. Enlever les fortifications de Sébastopol à l'armée russe, malgré les 1,500 bouches à feu qui les armaient, restait toujours une entreprise difficile et hasardeuse; mais le mo* ment dé la tenter était enfin arrivé, et tout retard ne pouvait que diminuer nos chances de succès.
La situation dès travaux d'attaque ayant été ainsi exposée au général en chef, il décida le 3 septembre que l'assaut serait donné le 8.
L'artillerie des alliés ouvrit le 3 septembre, à la pointe du jour, le feu général de toutes ses batteries. Aux attaques de droite, où la lutte était engagée depuis le 17 août, l'augmentation du tir fut peu sensible ; mais aux attaques de la ville, on donna au feu une intensité extrême, tant pour ruiner les batteries et les défenses du bastion du mât et du bastion central que pour faire prendre le change aux Russes sur le point où se porteraient nos plus grands efforts.
Les batteries des attaques de gauche étaient sous les ordres du général Lebœuf, commandant l'artillerie au l*** corps; celles des attaques de droite étaient sous lés ordres du général Beuret, comman* dant l'artillerie au 2* corps.
Voici quelle ,était la composition des batteries des alliés :
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