MOIS D'AVRIL
FAITS GÉNÉRAUX
Nous ayons parlé des grandes difficultés qu'éprouvait l'artillerie pour faire arriver son matériel des ports de débarquement dans les tranchées; cependant, depuis lar dernière ouverture du feu» le nombre de ses^ batteries avait été considérablement augmenté et on avait apporté le plus grand soin dans leur construction. Pour que les épaulements puissent résister aux plus gros c?Jibres de la place, leur épaisseur a été portée à 7 mètres , et dans quelques batteries à 8 mètres; les joues des embrasures et les talus intérieurs ont été revêtus avec le plus grand soin ; les magasins d'approvisionnement ont été construits en dehors des batteries et solidement blindés. Ces travaux ont été longs et difficiles. Souvent il a fallu aller chercher la terre au loin; dans les batteries du carénage , on a été gratter lé roc jusqu'à 1,200 mètres pour former le coffire des batteries. La terre, ce premier élément des travaux de l'attaque, manque presque
partout.
Le 14 mars, l'artillerie française était prête à engager de nouveau la lutte avec celle des Russes; mais les travaux des Anglais, en retard sur les nôtres, forcèrent encore d'ajourner jusqu'au commencement d'avril la nouvelle ouverture du feu de toutes les batteries des alliés.
On supposait que ce grand feu d'artillerie des assiégeants, ruinant les défenses de la place, déterminerait les Russes à faire une nouvelle attaque par l'extérieur, comme celle d'Inkermann au 5 novembre 1854; et pour être en mesure de la repousser en même
— i87 temps qu'on donnerait Tassant, U avait été décidé qu'Omer-Pacha quitterait Eupatoria , pour se joindre aux assiégeants avec une division turque et la division égyptienne qui se trouvait à Constantinople, ce qui donnerait un surcroît de forces de 15 ou 18 mille hommes d'infanterie et de 30 pièces de campagne.
Voici Tétat détaillé des batteries françaises qui, dans les premiers jours d'avril, étaient prêtes à ouvrir leur feu contre la place , avec un approvisionnement qui variait de 600 à 1,000 coups par pièce.