‹ Siége de Sébastopol. Journal des opérations du génie, publié avec l'autorisation du ministre de la guerre; (volume 2)Chapitre 6 sur 64 · JO · texte numérisé non relu

JO

L'artilierie trayaille activemeiit à remettre ses batteries en état,

La garnison, sans doute occupée à réparer les dégâts occasionnés par la canonnade du 17, n'a tiré dans la nuit qu'environ un coup par quart-d'beure^ Mais à sept heures du matin, tes Russes dirigent un feu beaucoup plus vif sur les travailleurs ; ils ne btessent pourtant qu'un seul homme.

Les chefs de bataillon du génie de Saint-LauKent et Dubost, chefs Journée du isociobre. d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 1,622 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne les travaux entrepris. *

L^artiHerie répare les dégâts de ses batteries pour être en mesure de reprendre le feu le lendemain matin. L'artillerie anglaise continue son' tir.

Dans la matinée, l'ennemi favorisé par des brouillards tente, avec soruc russe. deux bataillons d'infanterie et un détachement de cavalerie» de surprendre tes avant-postes anglais, du côté de la Tchemaya ; mais les Anglais et des détachements de la division Bosquet s'étant portés à leur rencontre, et les Turcs qui gardent les redoutes dominant la foute de Balaclava leur ayant envoyé quelques boulets, les Russes, voyant sans doute leurs projets déjoués, se retirent sans rien entreprendre. '

Les troupes nouvellement arrivées complètent la cinquième divi- l armée francabe reçuii

des renforts.

sion d'infanterie commandée par le général LevaiUant; cette division est adjointe au corps de siège et campe en seconde ligne derrière la quatrième. L'arrivée de ces renforts porte l'armée française en Crimée à 46,000 hommes et 5,500 chevaux.

La première division a pris, le^ 17, une positioa intermédiaire entre les corps de siège et d'observation, à Test du grand quartier général.

Pertes du 16 au 18 : ^ tués dont 1 officier; 179 blessés dont 9 officiers.

A la chute du jour, on trace le prolongement de la première parai- ^"»i ^^^^^^^^ ^^ ^^^

lèle jusque ^ers la capitale du bastion du màt, sur une longueur d'envkon 840 mètres. Tout le travail est exécuté à la sape volante par 2»325 iiommes en deux brigades. On rencontre le roc en beaucoup d'endroits, ce qui oblige à mettre sur ces points deux rangs de gainons, des fascines, et des sacs à terrew Au jour, le travail de la parallèle est assez avancé pour qu'on puisse y maintenir des Jtravaitleurs.

£n avant delà partie gauche de la portion de parallèle ouverte dans la nuit, on creuse des embuscades , que Ton couronne de créneaux en sacs à terre, pour les francs-tireurs. On prolonge, en outré, de 270 mètres vers la droite la place d'armes qui a été commencée.la nuit précédente en arrière de la parallèle, et l'on élargit sur une longueur de 100 mètres environ la partie restée incomplète la veille. .

Vers dix heures et demie, une canonnade et une fusillade assez vives ont fait craindre que les Russes n'aient entendu le bruit des travailleurs, mais ce feu ayant cessé projnptemçnt, il est probable que les assiégés ont cru un instant à une. attaque contre leurs retranchements. . ' Journée du 49 octobre. Lcs chcfs de bataiUou du génie Dunias et Ritjtier, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 1,341 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne la parallèle et on y établit des banquettes de fusillade.

L'artillerie française rouvre son feu à six heures et demie du matin. Les batteries n^' 1, 2 €t 3 sont parfaitement en état. La batterie n^ 4 ne tire que de cinq canons et4eux mortiers, une des platesformes n'ayant encore pu être rétablie. La batterie n"" 5 est supprimée. Deux nouvelles batteries^ ont été sgoutées aux précédentes : la batterie n^ 7, armée de deux canons de 24 et de quatre canons de 16; la batterie tf 8, de deux mortiers de 2? et dé quatre mortiers de 22". La face droite du bastion du mât, dont les embrasures n'ar valent pu être complètement réparées par les Russes, ne répond que

de deux pièces qui sont promptement réduites au silence, probablement parce que le tir vif et précis des francs-tireurs ne permet pas aux canônniers de les servir. Dans la journée, notre feu met en ruines le réduit en maçonnerie du bastion central. Mais la batterie n** 6 a beaucoup à souffrir du feu de la place; elle est obligée de cesser son tir dans la journée. On la supprime le 21.

A la droite des attaques, Tartillerie de la place lire obstinément sur certains points de la parallèle dont le parapet a dû être refait à plusieurs reprises ; le matin, la garde de tranchée ne pouvant se tenir sur le revers, produit un encombrement qui ralentit lé travail, et à la fin de la première séance , les hommes pressés de s'en aller s*étarit mis à courir à travers champs, la place leur envoie une grêle de boulets, d'obus et de mitraille^ ce qui obligé d'interrompre le couronnement des gabions dans la parallèle, ainsi que la construction i des créneaux en sacs à terre.

Les travailleurs de nuit sont au nombre de 2,Ri9. Nuit du \9 au 20 or-

lobre.

On continue à perfectionner les travaux déjà exécutés et Ton ouvre une communication Composée de deux boyaux pour rattacher à la parallèle une batterie de mortiers en construction (n*» 9) qui est située dans la place d'armes commencée dans la nuit du 17 octobre ; on prolonge cette place d'armes de 300 mètres vers la gauche, jusqu'à sa rencontre avec la communication de la maison du clocheton.

Pendant toute la nuit, la place n'a lancé que trois bombes, et les batteries françaises et anglaises se sont contentées d'en lancer également trois.

Au jour, toute la parallèle est à largeur, mais elle est encore înégalementapprofondie dans les parties rocheuses qui exigent l'emploi de pinces et de coins. Le premier boyau de communication commencé la nuit, présente peu de couvert parce que le sol s'est trouvé de mauvaise qualité ; le second boyau a un relief suflBsant pour couvrir les travailleurs.

— f >8 — journ/e du 50 ocNr^. Los-cliols de batailloii^ du génie Guériii et Richer, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 2,353 travaillein^ d'infanterie.

On continue à perfectionner et à couronner la parallèle; on élargit et approfondit les deux boyaux de communication» le plus avancé sur une longueur de cinquante mètres seulement, parce qu'il est enfilé sur quelques points. La pjace d'armes est perfectionnée dans toute son étendue.

De dix heures du matin à une heure, et de àem à trois heures de l'après-midi, l'ennemi a dirigé un feu assez vif sur les travaux; le canon de la place a fait deux ou trois trouées daps la parallèle.

L'artillerie française continue son tir, mais le feu de la batterie tt"" 2 est interrompu dans la matinée par l'explosion d'bn magasin à poudre; Cette explosion n'a blessé personne et n'a causé que peu de dégâts*

Pertes du 18 au 20 : 11 tués dont 2 officiers; 42 blessés dont 1 officier.

Nuii du«oaijî4 oc- Les travailleurs de nuit sont au nombre de 2,104.

tobre.

A six heures du soir on entreprend le prolongement de la parallèle sur une longueur de 45 mètres. Le travail est exécuté à la sape volante dans un terrain de gravier assez facile. En outre, on rectifie sur 200 mètres de longueur, en partant de la parallèle, le boyau oùvert la nuit précédente et qui se trouvait enfile.

Quoique le terrain situé en arrière de la première parallèle échappe aux vues de la, place, on est obligé d'y creuser des communications couvertes pour protéger les travailleurs qui vont à la tranchée. La maison du clocheton, passage obligé, est située dans une dépression de terrain qui devient, un égout à boulets ; les projectiles de la place qui passent par-dessus nos attaques roulent dans cette direction, et d'autres y sont envoyés avec intention lorsque la vedette russe qui se tient au sommet du mât élevé dans le bastion n* 4 signale un rassemblement de travailleur^;.

A rentrée de la nuit, on trace une communication entre la maison du clocheton et celle des carrières. Le travail est exécuté à la sape volante dans un terrain rocailleux très-difficile à crewser. Pour épaissir le parapet on est obligée d'enlever sur rnie grande largeur la couche de terre qui recouvre le rocher.

Vers deux heures et demie du matin , les Russes font une sortie, ^'*»« "»^'^forte d'environ deux cents hommes^ dans le but d'enclouer les pièces françaises. Ils approchent sans être aperçus ^ pénètrent résolument dans4a tranchée entre les batteries n- 3 et 4, en poussant des hourrah, suivant leur habitude, et parviennent à enclouer sept pièces. Mais ils sont repoussés avec vigueur et laissent dans les batteries six^ cadavres et quatre blessés, dont un officier d'une remarquable énergie qui a succombé à ses blessures. Les pièces, facilement désendouées, ont pu rq>rendre leur tir dès le lendemain.

A la pointe du jour, on arrête le tracé des deux premiers boyaux d'une communication langeant la berge gauche du petit ravin qui passe à droite du bastion du màt et aboutit au fond du port.

La face droite du bastion du mftt commence à être assez endommagée; il n'y a plus que deux ou trois pièces, qui tirent encore. Mais on aperçoit, sur le revers du petit ravin traversé par la parallèle, plusieurs batteries nouvellement construites ou en cours d'e\<'v Gution.

Les chefs de bataillon du génie de Sainte-Laurent et Dubost, chefs Journée du ih eciobre. d'attaque; deux brigades de sapeurs et 1,908 travailleurs d'infanterie.

On élargit et approfondit la parallèle et les boyaux ac^acents, et on établit dans la parallèle des gradins pour la fusillade. On continue à creuser la communication allant de la maison du clocheton à celle des carrières.

Le feu, de la place quoique ralenti se maintient pourtant avec ime certaine régularité.

^ DilUâulié* qtiê U ntlure

Le sol sur lequel se développent les attaques présente e,n général /^yi^*J*5w;"[JJ^,*^î*^

une couche de terre dont répais8eur variable n'est souvent que de 0?30; au-dessous se trouve une croûte calcaire très-dure deO"^ à 0*60 d'épaisseur, puis vient une espèce dé tuf que la pioche peut entamer sans trop grandes difficultés. Il est par suite presque toujours impossible de porter du premier coup les tranchées à une ffo^ fondeur suffisante pour qu'on y ^oit abrité contre tes feux de la place. Partout où la terre végétale fait défaut on est obligé de se contenter d'abord d'im étroit sentier creusé dans la croûte calcaire, afin d'obtenir le plus vite possible un petit couvert où l'on puisse passer en se baissant, puis on élargit la tranchée en enlevant la croûte calcaire à l'aide de pinces et de pics à roc pour arriver au tuf. Il faut souvent plusieurs jours pour achever une tranchée, et encore n'est-il pas toujours possible de la porter à une complète régularité. La durée des séances Qu rcconiiatt la nécessîté de modifier la division des heures de

de travail

est augmentée, travail. Lcs premiers jours du siège on relevait les travailleurs de trois heures en trois heures pour leur éviter de trop grandes fatigues dans un sol si difficile à creuser ; mats on s'aperçut promptement des graves inconvénients que présentaient d'aussi firéquents mouvements de travailleurs, surtout dans des tranchées qui restaimt plusieurs jours sans être achevées, et l'on porta les séances de travail de trois heures à six. A partir du 21 octobre, la durée de ces séances est encore augmentée et portée à huit heures ; les travailleurs seront dorénavant relevés à six heures du soir, à deux heures de la nuit et à dix heures du matin.

^"'^'^"obrl"^^"'" ^^^ travailleurs de nuit sont au nombre de 2,915.

A la nuit tombante on débouche du milieu de la première parallèle par un boyau de 240 mètres, et l'on amorce la deuxième parallèle sur une longueur de 130 mètres. Les travailleurs arrivent à six heures sur la ligne et sont couverts par deux compagnies déployées en tirailleurs; le travail est exécuté à la sape volante. Le terrain est coupé de nombreux bancs de roc; néanmoins la tranchée

est assez avancée au jour pour qu'on puisse continuer à y travailler presque partout.

Vers la droite de la première parallèle on ouvre les trois premiers boyaux d'un cheminement en avant; mais par suite d'ordres mal compris par les troupes de protection, le travail n'a pu être commencé qu'à neuf heures et demie. Les 360 travailleurs qui l'exécutent à la sape volante sont couverts par deux conipagoies d'infanterie ayant en avant d'elles une section de 40 chasseurs à pied déployés en tirailleurs, à environ 100 mètres du boyau le plus avancé. Au jou^r la gabionnade est couronnée sur presque tout son développement et le parapet a généralement S^'SO d'épaisseur à la base, mais sur beaucoup de points la tranchée n'a pu être creusée que sur 0"30 de profondeur; pour épaissir le parapet on a gratté le terrain sur une grande largeur et on a même pris de la terre en avant dès boyaux.

Dès rentrée de la nuit on travaille à améliorer la parallèle et le^ communications en arrière, ces dernières surtout laissant encore beaucoup à désirer-

L'ennemi, occupé sans doute à réparer les embrasures et les parapets^ endommagés par notre feu, n'a presque pas tiré pendant la nuit.

Les chefs de bataillon du génie Dumas et Rittier, chefs d'attaque; Jouroée du 22 octobre. deux brigades de sapeurs et 1,479 travailleurs d'infanterie.

La première parallèle est élargie sur un développement de 520 mètres; on perfectionne les communications en arrière et en avant de cette parallèle; sur plusieurs points on a été obligé de^ réparer des brèches faites par le canon de la place. On travaille également à la communication de la maison du clocheton; le sol y est très-dur et le travail avance peu.

Le feu de la place a été fort vif pédant la journée ; outre le^ boulejts et les obus, les Russes ont envoyé beaucoup de mitraille. Il y a eu parmi les travailleurs deux hommes tués et douze blessés.

Tra>iiux des Russes. A inesure quc notre artillerie et les francs-tireurs obligent les Russes à abandonner les batteries qui sont en vue de nos attaques^» ils en construisent de nouvelles dans les parties retirées et basses de la place, d'où ils tirent sous de grands angles pour tourmenter nos travaux. Le matin, le feu de Tennemi a été presque nul, mais dans Taprès-midi les Russes ont débouché de nouvelles embrasures et ont tiré à barbette d'une mauvaise tour construite à l-extrémité supérieure du mur en pierres sèches qui descend du bastion du mât vers le fond du port. Dans le ravin de la ville, il y a deux batteries qui prennent d'écharpe le deuxième lacet de la communication de droite en avant de la première parallèle. Le bastion du màt a peu tiré.

Les bombes de la batterie n*" 3 allument en ville plusieurs incendiés qui ne se propagent pas. IVIaisrles bombes de la batterie n^'O.qui a ouvert son feu dan^ la journée n'éclatent pas toujours, ou éclaîeht trop tôt; celte batterie a reçu un armement turc dont le matériel est défectueux..

Pertes du 20 au 22 : 8 tués ; 2 officiers et 46 soldats blessés. ^"'^*^"itb4" ^^ ^' ^^^ travailleurs d'infanterie sont au nombre de 2,784.

On prolonge l'amorce de la deuxième parallèle de 100 mètres vers la droite. A la communication de droite on exécute un quatrième boyau entre la première et la deuxième parallèle; ce boyau a 43 mètres de longueur et il est terminé par un retour de six métrés* Le terrain s'étant trouVé assez bon , au jour la gabionnade était couronnée et le boyau avait iin mètre de profondeur ; on à pris de la terre à l'extérieur pour épaissir plus vite le parapet.

A l'extrémité droite et un peu en arrière de la première parallèle, l'artillerie commence la construction d'une batterie de sept pièces (n* 10) dont la crête a 48 mètres de développement; trois lacets, l'un de 20 mètres, les deux autres de 70 mètres chacun de longueur mettent cette batterie en communication avec la parallèle.

Le feu de la place a été presque nul pendant ta nuH. Un incendie a éclaté vers trois heures dans la ville. Jusqu'à présent on a relevé le soir la (^arde de tranchée en même on renonce à reic^r

" les gardes de irancbée

temps que les travailleurs; il en résulte un grand pncombrement qui î?a^?iïJu,I^**"P* **"^ *^^ pourrait avoir de fâcheuses conséquences si l'on avait à repousser une sortie dans ces momenls-là. Dans la soirée du 22, la confusion a causé une fausse alerte et des hommes de garde ont tiré les uns sur les autres. On reconnaît la nécessité de relever la garde de tranchée à une autre heure que les travailleurs.

Les chefs de bataillon du génie Guérin et Richer, chefs d'attaque; Journée du n ociobrc. deux brigades de sapeurs et 1,800 travailleurs d'infanterie.

Ou approfondit la partie de la deuxième parallèle ouverte la nuit précédente, amsi que les communications avec la première parallèle.

De huit heures à onze heures et demie du matin, et de une heure et demie à quatre heures, de l'après-midi, le feu de la place a été très-vif; il a blessé quelques hommes et tué un officier de marine.

Pertes du 22 au 23 : 5 tués ; 56 blessés dont 1 officier.

Le nombre des travailleurs est de 2,965. Nuit du u au a oc-

tobre.

On prolonge , à la sape volante , la deuxième parallèle sur i20

mètres de longueur vers la droite. Au jour on' est couvert, excepté

dans quelques parties rocheuses où il sera nécessaire de rehausser le

parapet au moyen de fascines et de sacs à terre.

A la communication de droite entre les deux parallèles, on ouvre quatre nouveaux boyaux, à la suite des qyatre premi^s:

Le 23 au soir, le feu de la place avait complètement cessé comme ^e coutume, mais les Russes tirèrent quelques coups de deux à trois heures du matin : trois travailleurs furent tués dans la deuxième parallèle et trois autres furent blessés.

Les chefs de bataillon du génie de Saint-Laurent et Dubost, chefs Jouruée du n odobrc. d'attaque; deux brigades de sapeurs et 1,427 travailleurs d'infanterie.

On enlève urt grand nombre de blocs de rocher qui gênent encore

la circulation dans la première parallèle et dans les communications en arrière ; on établit dans cette parallèle des banquettes de franchissement et Ton continue à pwfectionner les travaux entrepris, malgré le tir de la place qui a renversé plusieurs gabions dans la deuxième parallèle. 320 travailleurs ont été occupés à la construc* tion de la batterie n** 10.

Le feu de Tennemi a été» conune d'habitude, très-vif vers sept heures du matin, mais il s'est bientôt ralenti et a continué d'une manière uniforme jusqu'à la chute du jour. Notre artillerie ne peut pas prendre la supériorité sur celle des Russes, qui répare pendant la nuit les dégâts qui lui ont été faits pendant. le jour et aug« mentent sanâ cesse le nombre de leurs pièces.

Le général en dief fait commencer une redoute à la droite des Hgnes anglaises sur un éperon qui, en s'abaissaiit, se relie à la vallée de la Tchemaya, et permettrait à Tennemi de monter assez facilement rar le plateau et de prendre à revers, en les forçant à leur jonction, les positLonsL anglaises et françaises qui couvrent le siège. Cet ouvrage reçoit des Anglais le nom de redoute Canrobert

Pertes du 33 au 24 : 4 tués ;^ 51 blessés, dont 2 officiers ; 1 disparu. Nuii àMi^^u 25 oc- Deux brigades de sapeurs et 2,285 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne la deuxième parallèle et la communication de gauche. Au jour la gabionnade est couronnée de trois rangs de fascines et l'on peut circuler sans danger dans toute la parallèle.

On construit en avant de la deuxième parallèle, au moyen d'une gabionnade, trois abris pour les francs4ireurs chargés de surveiller les embrasure» de la place.

Sur la demande du capitaine de vaisseau Kigault de Genouilly, un officier du génie est détaché à la batterie n*2 de la marine pour y dfariger les travaux de réparation du parapet et des embrasures; au jour, six pièces quï avaient suspendu leur tir depuis plusieurs jours, sont en étal de le reprendre.

A huit heures du soir, on ouvre à la droite de la deuxième parallèle un boyau avec retour en place d'armes destiné à mieux éclairer le ravin qui descend au fond du port. La place dirige sur les travailleurs, pendant ime demi-heure, une canonnade très-vive qui ne blesse que deux hommes quoique le travail n'ait pas été interrompu. Le terrain étant assez bon, au jour la gabionnade est couronnée et présente un bon couvert.

On continue avec 320 U*availleurs la construction de la batterie nMO.

Les chefs de bataillon Dumas et Rittier, chefs d'attaque; deux Journée du 25 ociobrc. brigades de sapeurs et 1 ,770 travailleurs d'infanterie.

On continue à perfectionner les deux parallèles ainsi que les communications en arrière dans la partie où l'on est retardé par le rocher.

Le feu de la place a été très-vif pendant toute la journée. Il était particulièrement dirigé sur les parallèles, sur les abris des francstireurs, et surtout sur la communication de droite entre les deux pa*^ rallèles. Les boulets ont fait une trouée dans le huitième boyau de cette communication, mais ce dégât a été réparé par des^ sapeurs. Le cinquième T)oyau a été, pour ainsi dire, battu en brèche de deux à quatre heures de l'après-midi; trois hommes y ont été tués. Dans le septième boyau, sept hommes ont été blessés et presque tout ce qui se trouvait sur la berme, fusils, vêtements et outils, a été brisé par les boulets. On a dû évacuer cette communication pour quelques heures. Une bombe russe a mis le feu à un magasin, à poudre de la batterie n" 2, mais cet accident n'en a pas interrompu le tir.

Les Russes ont commencé la construction d'une nouvelle batterie Travaux des Russe?. en avant de la face gauche du bastion du mât ; ilâ en tracent les embrasures avec de grands sacs à terre, et forment le parapet avec des terres rapportées. Ils placent également des wcs à terre sur la contrescarpe

de la face droite du même ouvrage pour y embusquer des tirailleurs.

comhftt de BiiAdûvA Ij} prince Meuschikoff avait reçu, dans le mois d'oclobre, Ao^ renforts assez considérables en infanterie et en cavalerie, amenés par le général Liprandi. Le 24, les Russes avaient fait une forte reconnaissance vers la vallée de Balaclava. Le 25 octobre au matin, le général Liprândi, conduisant environ 20,000 hommes avec quarante pièces de canon, débouche à Fimproviste par la vallée de la Tchernaya, dans l'espoir de s'emparer de Balaclava ou du moins d'intercepter les communications des Anglais avec le port qui les approvisionne.

Les approches de Balaclava étaient défendues par quatre redoutes construites sur de petits mamelons à environ 2,000 mètres en avant du village de Kadikoï. Ces redoutes, à peine ébauchées, n'étaient armées ensemble que de sept gro» canons en fonte de la marine anglaise ; on en avait confié la garde à cinq ou six cents Turcs qui, après quelque résistance, ne se voyant pas promptement soutenus, les abandonnent à l'arrivée des Russes.

Une brigade d'infanterie et toute la cavalerie de l'armée anglaise avaient pris position dans la plaine de Balaclava en avant de Kadikoï, la droite appuyée aux hauteurs qui dominent le port, la gauche soutenue par la brigade Vinoy (2* de la 1" division), qui la reliait à l'armée française. '"

Les Russes, en même temps qu'ils prenaient possession des redoutes, envoyèrent une partie de leur cavalerie à la poursuite des Turcs qui couraient se réfugier d^rière les lignes anglaises. Les cavaliers russes vinrent charger le 93* régiment de highlanders qui, sans vouloir se former en carré, les «arrêta par ses feux. Bientôt après toute la cavalerie russe ^ débouchant dans la plaine de Balaclava, vint charger la grosse cavalerie anglaise composée des Écossais gris et des dragons d'Enniskillen, sous les ordres du brigadier général Scarlelt. Quoique beaucoup moins noiébreux que les Russes, les Anglais fondirent sur eux et les enfoncèrent complètement. Mais la cavalerie légère, commandée par lord Cardigan, qui n'avait pas pris part a ce

combat, ayant reçu Tordre de charger à son tour et s' étant jetée au milieu de Tarmée russe, se trouva enveloppée de feux; voulant lui venir en aide par une diversion, le général Morris fit charger une batterie russe, qui prenait les Anglais de flanc, par te 4* régiment de chasseurs d'Afrique, conduit par le général d'AUônvillé. La batterie russe sabrée par nos cavaliers se retira en toute hâte, mais la cavalerie anglaise écrasée par les feux^iui convergeaient sur efle éprouva des pertes énormes : de 600 cavaliers qui étaient partis au moment de la charge, il n'en revint pas âOO. Les Français ne perdirent que 10 tués dont 2 officiers, et 38 blessés.

Le général Liprandi conserva deux des redoutes que les Turcs lui avaient abandonnées, et les alliés ne crurent pas devoir les lui disputer. Voulant réduire le plus possible le développement de leur ligne de défense, ils se bornèrent à couvrir le port de Balaclava et la route qui le met en communication directe avec SébastopoL

Le général Ganrobert, se préoccupant des attaques que les Russes pourraient tenter soit du c6té de la vallée de la Tchernaya, soit du côté de la droite des Anglais sur le plateau dlnkermann, ordonna qu'à partir du 26 octobre, la première division cesserait de fournir des travailleurs et des bataillons de garde, afin de l'avoir toujours tout entière sous sa main.

L'effectif du corps de siège comprend, à ce moment, 24,837 hommes de l'armée de terre et 1,340 marins.

Les travailleurs d'infanterie sont au nombre de 1 ,906. ^"'» «*" *? «" ^^ ^'-

On continue à perfectionner les parallèles et les communications. A la droite de la batterie n"" 10, on établit une petite place d'armes en profitant pour cela d'une carrière dbnt on ferme l'ouverture qui regarde la place; le parapet est formé d'une double gabionnade sur* montée de créneaux en sacs à terre.

A sept heures du soir, deux cents travailleurs commencent une gabionnade de 100 mètres de longueur devant servir, d'épaulemenl à

lohrp.

la batterie n** 11, que l'on va élever contre le bastion du mât et les défenses du ravin du fond du port; en même temps, ils ouvrent une communication de 90 mètres de longueur pour relier cette nouvelle batterie à des baraques ruinées qui servent d'ïjbri contre les feux de la place. Au jour, la tranchée delà batterie a 2" 50 de largeur sur 1"00 de profondeur, sauf en quelques points rocheux, mais la conïmunication n'a que 1" 00 de largeur sur 0" 80 de profondeur.

Pour niveler le sol de la batterie n* 10, on a été obligé d'avoir re* cours à la poudre; ce moyen quoique entraînant de longs retards devient indispensable sur un grand nombre de points.

Le feu de la place, si vif pendant la journée, a cessé à la nuit, mais vers huit heures et demie du soir et à deux heures du matin, les Russes ont couvert le terrain des attaques de mitraille pendant envi* ron un quart d'heure ; ce tir n'a blessé qu'un homme. Journée du 26 octobre. Lcs chcfs do batailbu du génie Guérin et Richer, chefs d'attaque ; 2 brigades de sapeurs et 1,032 travailleurs d'infanterie.

On continue à perfectionner les travaux des jours précédents. En outre, on commence à préparer l'emplacement de quatre nouvelles batteries (n** 12, 12 bis, 13 et 14) qui doivent être construites dans la deuxième parallèle des deux côtés du ravin de la ville.

Le feu de la place a été assez soutenu pendant la journée ; H a blessé quelques travailleurs. Il y a eu un homme tué et quatre blessés près de la ligne de baraques, à la droite des attaques ; ligne que l'on suivait jusqu'alors avec quelque sécurité; depuis deux ou trois jours les boulets sillonnent cette direction. Un petit magasm a sauté dans là batterie n**^, niais le tir n'a pas été interrompu par cet accident.

Les assiégés continuent à construire des retranchements sur le côté

gauche du ravin de la ville.

Sortie russc^contrc les Dans la jouméo, uno colonne russe composée d'infanterie, de car-

valerie et d'artillerie, sortant de Sébastopol et paraissant se^ diriger

vers ïnkermann, vint attaquer les avant-postes de la deuxième divi-

sion anglaise^ commaDdée par le général de Laoy*Ëyans. La brigade des gardes de la division du duc de Cambridge et cinq bataillons français commandés par le général Bosquet étaient accourus au secours des troupes attaquées, mais les Russes se retirèrent en désor^ dre, laissant 130 cadavres sur place et 80 prisonniers entre les mains des Anglais.

Pertes du 24 au 26 : 22 tués dont 1 officier ; iiO blessés.

1,836 travailleurs d'infanterie. Nuit du «6 au ti oc-

On continue la construction de la batterie h* 11, et on ouvre une communication de 130 mètres de longueur pour relier cette battwie à la batterie n*» 10.

Du côté du corps d'observation, les Russes font une canonnade et une fusillade très-vives, sans doute par suite d'une fausse alerte. Vers le point du jour, on entend dans la vallée un bruit de chevaux au galop; lés troupes prennent les armes et commencent à tirer sur cette cavalerie; mais bientôt on s'aperçoit que les chevaux qui s'avancmt ne portent point de cavaliers. Ces chevaux, effrayés par le feu de la nuit, s'étaient échappés des lignes russes; on en prit un assez grand nombre dans les camps français et anglais.

Les chefe de bataillon du génie de 3^nt^Laurent et Dubost, chefs Journée du 27 octobre. d'attaque ; 2 brigades de sapeurs et 640 travailleurs d'infanterie^ ^

On élargit la communication de gauche de la première à la deuxième parallèle de manière à pouvoir y faire 4)asser les voitures de Tartillerie. Les travaux de pétardement de la batterie n"" 10 sont assez avan«ces pour que l'artillerie ait pu commencer l'établissement de trois plates-formes. On épaissit le coffi^e des batteries n«* 12, 12 6t>, 13 et 14, et on travaille activement à leur organisation intérieure.

Le feu de la place a été moins vif mais continu et a blessé plusieurs travailleurs. Une bombe russe a fait sauter un magasin à poudre en arriérer de la batterie n' 2; cette explosion n'apsis causé d'accidents fâcheux.

Rétiuciion du noiubr« de Aiosî QUc iious l'uvoiis dit, le fféuéral en chef rendit à l'armée

travailleurs.

d'observation la première division qui en avait été détachée pour renforcer l'armée de siège. Cette circonstance, jpinte à la fatigue qu'éprouvent les travailleurs dans un terrain si difficile, et la réapparition du choléra, réduisent d'une manière notable le nombre d'hommes que l'on peut fournir chaque jour pour les travaux. Le général en chef prévient le général commandant le génie que ce nombre ne sera plus, à partir du 28 octobre , que de 2,200 par vingt-quatre heures, au lieu de 3,300 à 3,600, mais on fournira toujours les 400 hommes qui sont journellement occupés à confectionner des gabions.

Ou iKiric les séances Dorénavant, il ne sera plus possible de partager les travailleurs en

de travail de buil beures r r r o

^ ^""- trois brigades, parce que le nombre des bras serait trop faible dans

chaque séance, vu le grand développement sur lequel il est indispensable de travailler.Les travailleurs seront relevés à six heures du matin et à six heures du sou*. Cela ne permettra plus de changer la garde de tranchée à cinq heures du malin : à partir du 30, elle sera relevée à neuf heures et demie. On se décide ainsi à rentrer dans la règle ordinaire des sièges, en gardant les travailleurs pendant douze heures, comme on y était déjà rentré le 22 octobre, en cessant de les relever en même temps que la garde de tranclrée.

Le corps d'observation pousse activement les travaux de sa droite pour couvrir les nouvelles positions prises par les alliés en avant de Balaclava. On coupe par un fossé avec épaulement, précédé de trous de loup, les abords du col de Balaclava accessibles à la cavalerie. L\\ cavalerie anglaise s'établit en deçà de ce col, sur le plateau.

Pertes du 26 au 27 : 4 tués; 45 blessés dont 1 officier. Nuit du 27 au is oc- 1,095 travaiUcurs d'infanterie de six heures du soir à six heures du

lobre. '

matin < On débouche de la place d'armes à la droite de la deuxième paral- « lèle pour cheminer sur le saillant du baslion du màt, au moyen de

-^ 81 — trois boyaux. X rexlrémité du second, on établit vers la droite une nouvelle place d'armes, destinée à éclairer le ravin qui descend au port en longeant la longue branche qui part de la gauche du bastion du mât.

Le développement total de ce travail comprend 240 mètres de tranchée exécutée à la sape volante; dans le dernier boyau, on a rencontré le roc à quelques^ décimètres de profondeur. ^ Les Russes ont cherché à entraver ce travail par une fusillade nourrie et par quelques salves de mitraille, mais les coups, portant trop haut, n'ont atteint personne.

On s'occupe aussi à perfectionner la deuxième parallèle et les communications en arrière.

Vers une heure du matin, le capitaine du génie Chaper s'approche jusqu'à 40 mètres environ de la batterie de quatre pièces que les Russes construisent en avant de la face gauche du bastion du màt; il constate qu'elle a peu de relief, qu'on y travaille activement en ai^ortant des terres dans des paniers et qu'on s'occupe déjà des plates-formes.

A la pointe du jour, des tirailleurs russes vont s'établir dans des trous et des miasures à l'extrémité du contrefort sur lequel se trouve la batterie n* 11, dans le but de prendre d'écharpe les boyaux ouverts pendant la nuit.

Les chefs de bataillon du génie Dumas et Rittier, chefs d'atta- J»"nié^ »*" ^ «c^^i^rcque ; 2 brigades de sapeurs et 1,054 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne les cheminements entrepris.

Le feu de. la place ouvert dès le matin a été moms vif que les jours précédents; les Russes ont cherché à y suppléer dans la matinée par une fusillade assez nourrie qui est restée sans effet. Le tir d'une batterie de fusées incendiaires, établie à la droite de la deuxième parallèle, attire sur la tête des cheminements le feu d'une pièce placée au saillant du bastion du màt et celui de la batterie des casernes.

Les fusées djirigées sur Içs bâtiments de Tamirauté ne paraissent y pr<>duire aiicun effet; un bataillon russe longeant ces bâtiments n'a pa$ été troublé dans sa march e.

Quelques tirailleurs russes établis dans le fossé de la face droite du bastion du mât ont essayé de tirer sur les tranchées sous une assez forte inclinaison^ mais ce tir ae nous a pas causé de pertes.

Les Russes sont fort occupés k réparer ies batteries et l'enceinte de la place depuis Je saillant du bastion du mât jusqu'au port du Sud, ainsi que la batterie des casernes. Cette partie des défenses de la place avait été très-endommagée par le tir des.Anglais. , Pertes du 27 au 28 : 10 tués ; 2 officiers et 56 soldats blessés. Nuit du 28 au 29 oc- 931 travailleurs d'infanterie.

On approfondit l'emplacement de la batterie n"" l%bis destinée à ricocher la face gauche du bastion du mât. Cent travailleurs, sont détachés pour réparer la batterie n^l de la marine. A la droite, on a ouvert à huit, heures, avec 242 travailleurs, un boyau de 340 mètres de longueur, formant communication de la batterie n"* 11 ^ la grande place d'armes en arrière. Au jour, le déblai n'avait que 0^50 de profondeur moyenne sur 1" 20 de largeur ; le remblai avait 0*^60 de hauteur.

Le feu de la place a cessé pendant la nuit; Seulement à dix heures et demie, par suite de mouvements bruyants dans notre batterie le 12, les batteries rusçes ont tiré à mitraille pendant un quart d'heure.

Le 29, à la pointe. du jour, on a fait le tracé de trois boyaux débouchant de la deuxième parallèle entre les batteries n" 12 et l^bis.

iournée du î9 ociobre. Lcs chcfs de bataillpu du génie Guérin et Richer, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 1,^1 travailleurs d'infanterie.

On continue k améliorer la, deuxième parallèle et les communications en arrière ; on travaille dans le long boyau en arrière de la batterie tf 11. .

Le féu de la place n'a été vif que de neuf à dix heures du matiaet pendant un quart d'heure à quatre heures de l'après-midi*

Pertes du 28 au 29 : 1 tué; 1 officier et âO soldats blessés.

968 travailleurs d'infanterie. NuUduMausoociobre.

On exécute à la sape volante, sans être inquiété par l'ennemi, les trois premiers boyaux de la communication allant de la batterie n"" 12 vers le bastion du mât. Au jour naissant on trace un quatrième boyau de 50 mètres de longueur.

A la communication de tlroite, en avant de la deuxième parallèle, on ouvre un nouveau boyau de 70 mètres de longueur.

Les sapeurs réparent avec des sacs à terre les huit embrasiores de la batterie n* 1 de la marine.

Vers trois heures du matin, les Russes font une petite sortie se dirigeant vers la batterie n*' 3;. mais elle se borne à échanger quelques coups de fusil avec nos travailleurs.

Le feu de la place a été presque nul pendant la nuit.

Les chefs de bataillon du génie de Saint-Laurent etDabost, chefs joumée du 3o octobre, d'attaque; deux brigades de sapeurs et 1,341 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne les travaux entrepris, on achève le déblai des plates4ormes des bàttmes n~ 12, 12 &i5 et 13 ; on établit une traverse de défilement dans la batt^ie n"" 14 et on continue les tranchées oiïvertes la nuit précédente. Le travail des trois boyaux en avant de la batterie n"" 12 est fortement contrarié par le tir des huit pièces de la batterie que les Russes ont récemment démasquée en arrière 4u réduit casemate du bastion central, le long des casernes qui existaient de ce côté de la place ; plusieurs travailleurs y sont tués ou blessés.

Le feu de la place a été si violent de sept heures à huit heures et demie du matin que, sur certains points, on a été obligé de suspendre

le travail pendant une demi-heure; on a dû se borner ensatte à rocter

* sans jeter les matériaux par-dessus le parapet pour ne pas attirer rattention de l'ennemi. Le reste du jour le feu a- été vif et régulier; il a blessé une douzaine de travailleurs.

Un vaisseau russe à deux ponts qui est venu s'embosser k la pointe du jour dans le port du Sud, en face d'une batterie anglaise, a entretenu pendant toute la journée la lutte avec cette batterie. Travaux df s Utisiei. Les Russes coustruiseut un retranchement en pierres sèches qui parait destiné à former ime seconde enceinte s'appuyant d'une part aiï bastion centrait de l'autre au boulevard déjà occupé par une grande batterie (batterie de la terrasse), en arrière du bastion du mât. Us établissent en outre, dans la partie culminante de la ville, une forte batterie qui paraît surtout destinée à la défense intérieure en cas d'assaut. Les Russes apportent une très-gi^mde activité dans tous leurs travaux. L'armée de secours leur fournissant tous les travailleurs nécessaires, les bouches à feu et leurs approvisionnements étant sur place, il leur suflBt souvent de trois jours pour construire une batterie et la mettre en service.

Pertes du 29 au 30 : 1 tué ; il blessés. Nuii du 30 ail 31 ne 950 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 18 mètres le troisième boyau efitrepris la nuit {Nrécédente en avant de la batterie n' i% et l'on fait deux nouveaux boyaux soutenus par une demi-place d'armes (devenue plus tard la batterie u" 22) ; une partie de ce cheminement traverse des déblais d'anciennes carrières. Ce travail n'a pas été inquiété; ce n'est <ïu'au jour que les tirailleurs russes du bastion du mât, et ceux qui sont embusqués dans le fossé de cet ouvrage, dirigent un feu de mousqueterie très-vif sur le boyau le plus avancé, sans néanmoins nous causer aucun mal.

On ouvre dans le thalweg du ravin de la ville une communication centrale entre la première et la deuxième parallèle. Les trois boyaux de ce cheminement, présentant un développement de 280 mètres,

se trouvent en bon terrain et ont pu être rapidement portés à 1*"00 de profondeur sur 1" 30 de largeur.

A la droite, on/trayaille à approfondir les deux boyaux de la tète •d'attaque et à réparer leurs parapets entamés par les boulets russes. On continue le roctagè dans les autres communications.

Les mineurs ont été employés léjonr et la nuit à pétarder dans les batteries n^* 10, 11, 12 et 13.

Les Russes n*ont pas tiré pendant la nuit. Ils ont éloigné le vaisseau qui, pendant la journée du 30, a combattu contre la batterie anglaise du ravin.

Le chef de bataillon Rittier et le capitaine du génie de Préserville, Jouroée du at ociobrp. chefs d'attaque; 2 brigades de sapeurs et 862 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne les boyaux entrepris en avant et en arrière de la deuxième parallèle.

Le feu d'artillerie de la place a été modéré; les Russes y joignent maintenant les feux d'infanterie contre les boyaux en ayant de la deuxième parallèle, mais sans obtenir grand résultat.

Pertes du 30 au 31 : 1 tué ; 17 blessés.

900 travailleurs d'infanterie. Nuit du 34 octobre au

-TA . ■ *. »'»*^. 1 V' novembre.

On continue les travaux du jour et on prolonge de 12 mètres- la place d'armes protégeant le cinquième boyau en avant de la batterie n* 12; on prépare des rampes pour l'armement des batteries n" 12, 13 et 14, et on ouvre en arrière de la parallèle une tranchée de 100 mètres croisant la communication centrale entre les deux parallèles, pour y placer les magasins de ces batteries; de plus, on élargit la deuxième parallèle près du coude qui ^é trouve vers la droite, afin de pouvoir y placer de^mortiers.

Vers neuf heures et demie, la place a lancé sur les (^ënûnements une grêle de boulets, d'obus et de mitraille. Le reste de lanuit les coups des Russes se sont succédé environ de demi-heure en demi-heure.

Le chef de bataillon du génie Rittier a le bras cassé par un boulet.

Les perles de Tarmée française, pendant le mois d'octobre, se sont élevées à 108 tués dont 6 officiers, 858 blessés dont 24 ofl&ciers, et 1 homme disparu; en tout 967 hommes hors de C(ombat.

Le nombre de travailleurs employés aux tranchées, pendant le mois d'octobre, a été en moyenne de :

Pertes du 31 octobre au i'' novembre : 2 tués; 24 blessés dont 1 officier.

896 travailleurs d'infanterie. Nuit du <•' au i no-

Tembre.

AU cheminement de gauche jsur le bastion du màt on ouvre deux nouveaux boyaux; au chenainement de droite on en ouvre trois, et les deux extrémités de ces cheminements sont reliés par une tranchée qui devient l'amorce de la troisième parallèle. On a exécuté les boyaux à la sape volante, avec la précaution de ne faire arriver les hommes porteurs de gabions que successivement et de les faire retirer jusqu'à l'achèven^cnt du tracé. La parallèle n'a été entreprise qu'un peu plus tard, et l'on a cru devoir renforcer préalablement la gabionnade du tracé par un parement intérieur en sacs à terre* Ces travaux ont été peu inquiétés, malgré le clair de lune.

Be^atre^à cinq heures du matin une trèsr-forte canonnade de la place a fait suspendre le travail pendant ime heure ; les travailleurs ont pu rester en place en s'abritant derrière le parapet, sans qu'aucun d'eux ait été blesBô.

Les chefs de bataillon du génie de Saint-Laurent et Dubo^t, chefs Joumée du t noyetût^tç. d'attaque; deux brigades de sapeurs et 1^200 trlvaiUeiirs d'iafaiH tOTie* . .

Ou continue à travailler dans les tranchées ouvertes la nuit* Le travail est assez périlleux dans la troisième parallèle où lesgabionst à peine recouverts de terre, n'avaient pu être couronnés daad la nttit: plusieurs travailleurs y sont blessés dans la matmée. On perfectioiiiie toutes les conununications en avant de la deuxième parallèle* Les mineurs continuent à pétarder le roc qui obstrue encore une partie des tranchées.

Le feu de la place est moins vif que les jours précédenti^; il cesM eomplétenoent vers cinq heures du sok.: L'arttUede françabe sembie prendre la supériorité sur odle des Russes. Le basiioq diJiWt* dont la &ce droite; eontrebattue par nos batteries, est pri^e à réveil par

Tattaque anglaisé, tandis que la face gauche, contrebattue par les Anglais, est prise d'enfilade par nos batteries, est extrêmement dé-gradé. Les Russes craignant de se voir enlever cet ouvrage travail-lent activement à compléter la seconde enceinte.

Le capitaine du génie Hézette a été blessé à la tête dans la troi-^ siéme parallèle.

Pertes du 1*' au 2 : 1 tué; 47 blessés dont 2 officiers. Nuii du 2 au 3 iic- 800 travailleurs d'infanterie.

Tcmbre.

On continue à travailler dans la troisième parallèle et les communications en arrière, mais on n'obtient que peu de résultats, parce que le roc est fort dur.

On prolonge la troisième parallèle de 55 mètres vers la gauche jusque vers une ancienne carrière où la pente du ravin de la ville commence à devenir raide. Ce travail s'exécute à la sape volante , seul procédé praticable tant que l'artillerie ennemie ne sera pas à peu près réduite au silence. Seulement on pose d'abord, et par par-* ties successives, un double rang de gabions jointifs que Ton fait remplir de sacs à terre et couronner de fascines par des sapeurs ou un petit nombre de travailleurs d'infanterie; ce n'est qu'après que l'on à ainsi obtenu un abri contre la mitraille, et les feux de mous-queterieque tous les travailleurs sont conduits derrière iQS gabions pour croiser la tranchée au commandement de haut les bras.

Au jour, la tranchée i 1*50 de largeur sur 1*00 de profbndeor.

A la droite, on prolonge la troisième parallèle d'environ 70 mètres. On prolonge également vers la droite l'avant-dernier boyau de communication et on relie son extrémité à celle de la troisième parallèle par un boyau défilé du saillant du bastion du màt. Le tracé est fait au cordeau à sept heures du soir, et à huit heures le travail est entrepris à la sape volante sur une longueur d'environ 130 mètres. Le tBTain est assez bon, mais entrecoupé de quelques bancs de roc

très-dur ; à quatre heures du matin la gabionnade est couronnée et le parapet présente un couvert suffisant.

\ef» quatre heures et demie du matin, au moment du coucher de la lune, les Russes commencent une canonnade d'une violence extrême. Cette bourrasque de 12 à 1,500 coups de canon, qui occasionne peu de dégâts et pas une blessure grave, ne peut être attribuée qu'à la cramte d'une surprise ou d'une attaque de vive force. Cette crainte est en quelque sorte justifiée par le mauvais état des parapets du bastion du mât.

Le chef de bataillon Dumas et le capitame du génie Fourcade, Journée du 3 novembre. chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 750 travailleurs d'infanterie.

Dès la pomte du jour on a placé les mineurs dans la troisième parallèle pour faire disparaître les blocs de rocher qui gênent la circulation.

On perfectionne la troisième parallèle et les boyaux de communication en arrière ; on fait sur le revers de la parallèle quelques abris contre les projectiles creux, et on établit des gradins de fusillade et de franchissement.

Le feu de la place a été Irès-nourri le matin. L'attaque de gauche souffre beaucoup plus que celle de droite : la batterie n* li peut à peine continuer son tir, tandis que les batteries n"10 et 11 luttent avec quelque avantage.

A l'entrée de la nuit, les Russes ont lancé avec leurs mortiers deux paniers de grenade»; la plus grande partie de ces projectiles n'a pas atteint nos parapets.

Pertes du 2 au 3 : 4 tués; 78 blessés dont 2 officiers.

569 travailleurs d'infanterie. Nuiidu 3 au 4 no-

On contmue les travaux du jour et on élargit une partie de la troisième parallèle pour y placer, d'une part quatre mortiers de 15' destinés à lancer des bombes dans le fossé de la face droite du bastion

du mât» et d'autre part deux mortiers, également de 15% dirigés contre le fossé de la face gauche.

Le général de Lourmel, de service à la tranchée, fait reconnatlre le fossé du bastion du mât par le capitaine d'artillerie de Lajaille. Cet ofiBder parrient, grâce à l'obscurité d'une nuit pluvieuse, à constater que ce fossé n'a que 1"50 à'â'OO de profondeur.

A quatre heures et demie du matin, les Russes ont recommencé leur canonnade habituelle, sans nous causer grand m^l. ^ Journée du 4 notembre. Lc chcf de bataillon du génie Guérin, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 900 travailleurs d'infanterie. On M dispose à doDDer Lc travail dcvant se borner jusqu'à nouvel ordre au perfection-^

Tassaut.

nement de la troisième parallèle et des communications en arrière, une flieule brigade de sapeurs suffira dorénavant. U ne reste que. peu de chose à faire pour achever les tranchées entreprises que l'on regarde comme assez rapprochées de la place pour permettre de tenter une attaque de vive force; on peut donc accorder quelque repos aux troupes d'infanterie. Dans ces derniers temps, le nombre d'hommes à fournir chaque jour pour le débarquement des vivres et du matériel, pour l'approvisionnement des batteries, pour les travaux du siège et pour les gardes de tranchée a été si considérable que le soldat n'a même pas eu une nuit de repos sur deux.

On p^fectlonne la troisième parallèle et les dieminements qui y aboutissent; les mineurs pétardent les blocs de rocher qui encombrent cette parallèle.

Bans les lignes de circonvallation^ on met deux nouvelles pièces de 30 en batterie.

Pertes du 3 au4 : 4 tués; 1 officier et 41 soldats blessés.

Le nombre des travailleurs est de 400.

Nuit do 4 au 5 no- On coûtinuo le travail du jour«

A onze heures du soir, deux officiers du génie, le capitaioe Martin et le lieutenant Fescourt, accompagnés^acun de quatre sapeurs et

de dix hommes d'infanterie commandés par un lieutenant, sortent de la troisième parallèle, le premier par la droite, le second par la gauche, afin de tenter la reconnaissance du fossé du bastion du mât. Cachant leurs escortes derrière un pli de terrain, ces officiers essaient de s'approcher du fossé avec un ou deux sapeurs; mais les Russes faisaient bonne garde : des sentinelles veillaient sur le parapet du bastion, et une ligne de tirailleurs gardait les dehors. Les cris des sentinelles russes et quelques coups de fusil obligent les détachemients à rentrer dans la parallèle.

La pluie qui n'a cessé de tomber pendant toute la nuit a beaucoup contrarié le travail et gêné les feux de l'artillerie. Le tir delà place a été vif, et il redouble d'intensité une heure avaïit le jour. ^

Le chef de bataillon du génie Rîcher, chef d'attaque ; une brigade Journée du 5 novembre. de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne la troisième parallèle et les cheminements en arrière. '

Le prince Menschikoff n'ignorait pas qu'il touchait au moment où Bataille d'inkermann(«». les alliés allaient tenter d'enlever la place de vive force, et le mauvais état du bastion du mât lui donnait dé sérieuses inquiétudes. U pensa, d*accord avec le général Gortchakoff*, commandant l'armée extérieure dont le quartier général était à Tchorgoun, qu'il fallait se hâter de profiter des secours qu'ils venaient de recevoir pour empêcher Tassant et faire levw le siège. Le général Dannenberg, commandant le quatrième corps, venait d'amener trois nouvelles divisions de ce corps dont la douzième, arrivée depuis peu avec le général Liprandi, n'était que l'avant-garde. Deux des fils de l'Empereur de Russie, le grand-duc Nicolas, inspecteur général du génie, et le grànd^luc Michel, quartier maître général de l'artillerie, venaient

(*) Voir aux pièces juslificaiives, N® 5, la composiliun de l'armée française à celte époque.

d'arriver à Sébastopol, le 4 au soir, et excitaient par leur présence l'ardeur des Russes. La bataille fut résolue pour la journée du 5. L'attaque principale devait être dirigée sur la droite des Anglais , tandis qu'une démonstration dans la vallée de Balaclava attirerait de ce côté le corps d'observation français et qu'une sortie de la place, faite sur les attaques de gaucbe» tenterait de nous enlever les tranchées. Les hauteurs du mont Sapoun étaient en effet peu défendues. Une redoute y avait été construite à droite du ravin où passe la vieille route postale qui descend au pont d'Inkennann, mais elle n'avait pas encore de banquettes de fusillade et, quoique percée de deux embrasures, elle n'était pas armée ; deux petits épaulements avaient été ébauchés en avant de la redoute. Ces trois ouvrages ont été désignés depuis lors sous les noms de redoute rfu 5 novembre, batterie de Vahattoir et batterie du 5 novembre. En outre, un retranchement de peu de relief barrait la route en avant du camp anglais. Tout le plateau était couvert d'épaisses broussmlles qui dérobaient à la vue les mouvements de l'^memi.

Le^ novembre, à cinq heures du matin, le général Soïmonoff sort de Sébastopol par le ravin du carénage, conduisant une première colonne de 28 bataillons qui présentaient un effectif de plus de 16,000 hommes, et ayant avec lui 22 canons de 12 et 16 canons de 6, Gravissant la berge droite de ce ravin, non loin du fond de la baie du carénage, il conduit sa colonne le long de l'escarpement vers les camps anglais. Une seconde colonne venant des camps du nord, commandée par le général Pavloff et forte de 20 bataillons et demi ou de 13,500 hommes, traverse la Tchernaya sur le pont d'Inkermanu et gravit les hauteurs vers l'extrême droite des Anglais. Le général Dannenbérg, commandant toutes les troupes de l'attaque, accompagne le général Pavloff, en attendant la jonction des deux colonnes. Une pluie fine et un épais brouillard favorisent la marche des Russes^ qui arrivent à portée de canon des camps anglais et

loettent leur artillerie en batterie avant d*ètre signalés. La fasillade est à peine engagée, vers sept heures <kr matin, avec les avant-postes anglais, que déjà les boidets et obus des Russes viennent déchirer les tentes. Les ouvrages avancés attaqués par rinfanterie russe sont enlevés pendant que Tannée anglaise se forme en bataille. La division de Lacy-Evans, commandée par le général Pennefather, et la division légère de sir George Brown supportent le premier choc des Russes et arrêtent leur élan; elles sont bientôt soutenues par la division Cathcart et la brigade des gardes du duc de Cambridge; la division England ne fournit que la brigade Campbell qui sert de réserve, la brigade Eyre étant de service aux tranchées. Les Anglais n'ont à opposer aux Russes que 13 à 14,000 combattants. Partout le combat s'engage à la baïonnette, les Anglais repoussent les Russes et reprennent la redoute autour de laquelle la mêlée est terrible. Deux bataillons de la colonne Soïmonoff ayant traversé le ravin du carénage vers sa naissance, afin d'attaquer l'extrême gauche des Anglais, sont repoussés par la brigade Campbell et obligés de rega-^ gner le plateau de la berge droite du ravin.

La droite des Anglais est soutenue par deux batteries à cheval françaises, sous les ordres du chef d'escadron de La Boussinière, et par deux bataillons envoyés par le général Bosquet, l'un du 7* léger, l'autre du 6* de ligne. Le général Bourbaki qui commande ces troupes ayant remarqué que les Russes travaillent à se retrancher sur les hauteurs dont ils viennent de s'emparer, se lance sur eux avec impétuosité, et malgré la différence du nombre les force à ré-trograder.

Cependant l'arrivée des derniers régiments de là colonne Pavloff permet au général Dannenberg de reprendre l'offensive. La redoute, héroïquement défendue par le régiment Coldstream de la garde, est de nouveau entourée et assaillie par les Russes; aprèç le combat le plus opiniâtre les Anglais se décident à la retraite et se frayent un

pàflsâ^e à travers les Russes pour rejoindre les leurs; renforces par deux autres régiments de la garde, ils reviennent sur la redoute, la reprennent et sont forcés de l'abandonner de nouveau. Le général Cathcart cherche à menacer le flanc des Russes en descendant le ravin de la route, mais il y trouve la mort ainsi que le colonel Seymour, son aide de camp ; le brigadier général Goldie est mortellement blessé, et la division est obligée de rétrograder après avoir essuyé de grandes pertes.

Les Anglais, dont la plupart des généraux étaient hors de combat, sont écrasés par le nombre; cependant ils ne cèdent le terrain que pied à pied. Le général Bourbaki combat avec acharnement, mais il éprouve de grandes pertes , parmi lesquelles le colonel de Camas du 6* de ligne, et ses troupes vont être débordées par les Russes.

Dans ce moment critique, le général Bosquet, qui avait compris que l'attaque de là vallée de Balaclava n*était pas sérieuse, arrive lui-^mème conduisant au pas de course la brigade d'Autemarre et deux batteries commandées par le chef d'escadron Barrai. Le général Canrobert, sur les premiers avis de l'attaque des Russes, s'était rendu sur les hauteurs qui dominent la plaine de Balaclava. Ayant aussi jugé immédiatement que le général Liprandi ne faisait qu'une fausse attaque, il était accouru auprès de lord Raglan pour se concerter avec lui. Pendant que les troupes du général Bosquet sont lancées sur la gauche des Russes, le général en chef fait approcher des réserves qui viennent se joindre à la brigade de Monet, première de la division Napoléon, que le prince, aux premiers coups de canon, avait dirigée sur le lieu du combat^'X L'ennemi ne peut résister à l'attaque impétueuse des colonnes du général Bosquet, mais 11 se

(1) Plus tard le prince Napoléon amena sur le champ de bataille sa seconde brigade qu'il avait d'abord portée an secours du corps de siège attaqué dans ses tranchées.

retire ienteinent et en reprenant plusieurs fois Toffensive, On se bat corps à corps et à la baïonnette. Le général Canrobert, qui s'était aTancé sur le plateau, est blessé par un obus shrapnel qui éclate audessus de sa tète, mais il ne quitte pas le champ de bataille. , Les Russes, obligés de se retirer par les pentes raides qui descendent vers la Tchernaya et le fond du port, souffrent beaucoup du feu des alliés, et notre artillerie, tirant sur leurs masses profondes, leur fait éprouver des pertes énormes. Dans cette dernière période de la bataille, les bateaux à vapeur la Ehersonèse et le Wladimir, em-bosses au fond du port de Sébastopol, protègent la retraite des Russes par la grande quantité de projectiles qu'ils envoient sur le plateau^

La journée d'Inkermann fut très-meurtrière de part et d'autre. Les alliés ensevelirent 4,500 Russes et en laissèrent encore un grand nombre sur le terrain, les tirailleurs ennemis ayant fait feu sur les corvées chargées des inhumationsCO. On recueillit environ 900 blessés russes dans dos ambulances. On ne peut donc pas estimer la perte de l'ennemi à moins de 12,000 homnies hors de combat. Cependant les bulletins russes n'accusent que 2,969 tués dont 42 officiers, parmi lesquels le général Soïmonoff, et 5,791 blessés dont 206 officiers ; en tout 8,760 hommes, hors dç combat.

L'armée anglaise eut 515 tués dont 43 officiers, et 2,184 blessés dont 100 officiers. Les généraux Cathcart et Strangways furent tués; cinq généraux iîu^ent blessés parmi lesquels le général sir George BrowDi et le général Goldie qui succomba à ses blessures.

Le corps d'observation du général Bosquet eut 782 hommes hors de combat. Mais on verra bientôt que les Françai$ firent d'autres

(*) Après la prise de la place on a trouvé au pied des escarperaeuls situés à l'est de la roule d'Inkermann des tas d'ossements liumaiûs provenani des soldats russes Qui s*y étaient pré^^ifités poiir éch^i^^ à la pourauite des alliés.

— ÎMÎ — perles encope en repoussant la sortie des Russes contre les attaques de la ville.

La fausse attaque du prince GortchakofT, placée sous le commaHdement spécial du général Liprandi, fut entreprise, d'après les rapports russes, avec 6 bataillons et 32 canons du côté des hauteurs

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ouge qui était de tranchée, les Français attaquent vigou- L Vennemi. Le général Forey envoie les généraux de Loururelle appuyer la gauche des tranchées vers la quarantaine.

Le général de Lourmel , commandant la première brigade de la quatrième division» se .précipite avec la plus grande intrépidité à la poursuite des Russes» qui sont rejetés dans la place av^c une perte évaluée à plus de 600 hommes tant tués que blessés. La mitraille force les Français à rétrograder; le général Forey , qui s'est rendu sur les lieux avec des renforts, protège leur retraite. Mais^ le général de Lourmel, olSicier du plus brillant avenir, fut mortellement blessé d'une balle qui lui traversa la poitrine.

 la droite des attaques, la place se contenta de la canonnade ordinaire, et la troisième parallèle ne fut nuUement inquiétée.

Nos pertes, dans cette sortie, iîu^ent considérables; elles s'élèvent à 954 homnies hors de combat, y compris 70 disparus. La perte totale des Français dans la glorieuse journée d'tnkermann fut donc de 1,736 hommes hors de combat. Elle comprend» d'après les rapports officiels, 229 tués dont 26 officiers, 1»437 blessés dont 98 officiers, et 70 disparus dont 1 officier.

Les pièces enclouées par les Russes dans leur sortie ont pu tirer soit dans la journée même, soit le lendemain.

La bataille d'Inkermann fut un grand échec pour les Russeâ, et cepeindant» favorisés par le brouillard» ils étaient parvenus à faire leur jonction sous le canon des Anglais et. à les surpendre daas leur camp avec des forces doublés de celles qui pouvaient leur être oprposées. Mais si cette bataille avait été glorieuse pour les alliés, elle n'en avait pas moins entraîné de grandes pertes, surtout dans Tannée anglaise.

Les efforts faita par les Russes à peu de jours d'intervalle, à Ba- ..«n »l<»«"»« >« projet

*^ ' *^ ** d'une «tUtqot de vive

laclavà et à Inkermann, et la quantité de troupes qu'ils mirent en force contre sa^stopoi. ligne le 5 novembre, tant à Inkermann et dans la plaine de Balaclava qu'à la sortie de la place , prouvaient qu'ils avaient reçu de nombreux renforts* D'un autre c6té, les résultats obtenus dans le siège n'étaient pas

satisfaisants. La lutte d'artillerie, qui avait commencé le 17 octobre, avait à peu près épuisé les munitions qui se trouvaient dans^ les ports des alliés ; les ouvrages attaqués étaient sans doute endommagés, mais Tennemi avait sur place des ressources inépuisables et renouvelait sans cesse son artillerie. Du côté des Français on se trouvait encore à 140 mètres du bastion du mât; les Anglais étaient beaucoup moins avancés. Les colonnes d'assaut, ayant un grand espace à traverser et retardées dans leur marche par des défendes accessoires, resteraient longtemps exposées à un grand feu de mitraille avant de pouvoir aborder les ouvrages qui couvraient l'armée russe. On avait encore à craindre que, soit dans ces ouvrages, soit en arrière d'eux, la bravoure de nos. soldats ne vînt échouer contre quelque obstacle matériel insurmontable. Enfin, on se préoccupait de la pensée que pendant l'assaut l'armée russe du dehors, qui avait été battue mais non détruite à Inkermann, pourrait venir prendre à revers les troupes des alliés.

Geà considérations bien pesées dans un conseil de guerre^*) présidé par les généraux en chef et tenu le 6 novembre, au quartier général anglais, lui firent émettre, à l'unanimité, l'avis d'ajourner l'attaque jusqu'au moment où les renforts en hommes et en matériel , qui étaient annoncés, permettraient d'augmenter encore le nombre de nos batteries et de désemparer les ouvrages sur lesquels devaient marcher les colonnes d'assaut ; qu'en attendant on suspendrait les cheminements contre la place pour exécuter des travaux de. fortification à la droite de la position occupée par l'armée anglaise du côté d'Inkermann, et à la gauche des tranchées françaises que les Russes avaient essayé de tourner à plusieurs reprises.

(t) Ce conseil était composé : pourrarmée française^ des généraux Boaquet^Forey^ Bllot^ de Martimprey^ Trochu, et de l'amiral Bruat ; pour l'armée anglaise^ des généra^l Bui'goyne^ Éngland^ Airey, Rose, et de l'amiral Lyons.

Par suite du mauvais temps qui s'annonçait les premiers joiurs du i-e maoTais temps en. mois de novembre, les travaux ont été fort entravés pendant l'hiver **^"^et n'ont souvent consisté qu'en réparations des tranchées et de lenrs parapets. Nous n'entrerons pas dans le détail jommalier de ceâ tra«^ vaux d'entretien; nous nous bornerons à mentionner les faite qui méritent d'être signalés, et à décrire les nouveaux dieminements qne l'on a successivement ajoirtés aux travaux d'attaque.

Pendant les premiers jours qui isuivirent le 5 novembre, cm se contenta d'améliorer la troisième parallèle et les communications en arrière, et de chercha à rendre plus déf^isiVe toute la partie ganache des attaques où se trouvaient groupées plusieurs batteries.

Le chef de bataillon du génie Dumas, chef d'attaque; une bri- nuu do s au 9 nogade de sapeurs et 4S9 IravaOleurs d'infanterie.

On prolonge la deuxième parallèle à gaudie jusqu'à la batterie n*" 5, ^t on ouvré une tranchée allant de l'extrémité du premier boyau en avant de la*batterie n"" 12 à celle du troisième boyau de la même communication.

Le capitakie du g^ie Fourcade, .chef d^attaque; une brigade de nuu du 9 au io nosapeurs et 708 travailleurs d'infianterie.

On commuée un petit front bastionné à gauche et en retour de la battea^ie n* 1 pour empêcher qu'on ne puisse tourner les batterie^ mlm^otées de i à 5; on aniéliore en même temps les communia* cations entre ces différentes batteries. On commence en outre, à l'ouest du ravin de la quarantaine, les travaux d'une ligne de contrevaUation destinée à compléter les défenses de la gauche et à couvrir le camp des quatrième et cinquième divisions. Les ouvrages entrepris cette nuit consistent : V en une redoute de 50 mètres de côté, placée en avant de la maison dite du rivage; 2* en une espèce de cavalier avec chemin couvert, établi sur un contrefort à gauche de la redoute^, 3* en un épaulemeht de 40 mètres de longueur, entre le cavalier et la baie de StréHtzka, destiné à couvrir une batterie

— mode eampagfne. Ces Irayaux ont, plus tard, été continués et reHés entre eux. „

Nuit du 44 au 49 n*. Le chôf de bataillon du génie Aicher, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 991 travaillwirs dinfantme.

On creuse un fossé en ayant de la courtine qui reHe les batteries 1-3 et 4^; à la droite des attaques, on ouvre une communication devant relier la batterie n"" 11 à la batterie anglaise située au spnunet ëe la berge gauche du ravin des Anglais; on commence cette communication à partir du ravin. Il resté une lacune de 90 métrés à ouvrir ; ce travail est exécuté la nuit suivante. jouro^edu lînoterobrp. Lc général cu chéf do Tarmée anglaise ayant demandé au général Canrobert quelques troupes pour former une petite résene en arriére des highlanders et des troupes de marine qui occupent, au-dessus de Balaclava, Textréme droite des positions anglaises, il est déddé qu'un demi-bataillon du 1"* régiment de zouaves ira former cette réserve. Mais, afin de tromper Tennemi sur la force des troupes françaises qui vont élever leurs tentes entre Balaclava et les hauteurs qui dominent ce port, on adjoint deux bataillons au demibataillon qui doit rester en position r et on dispose ces troupes de manière à présenter à Tœil une colonne de fcinq bataillons. On exécute la mardie et on dresse les tentes pendant le jour. Les deux bataillons qui ne font qu'un simulacre d'installation rentrent à leur camp la nuit suivante.

Par suite de Ifi grande étendue des tranchées on r^rmd, à partir du 12 novembre, deux chefs d'attaque et deux brigades de sapeurs. Le chef de bataillon du génie Guérin est spécialement chargé, avec une de ces brigades , des travaux relatifs à la ligne de contreval*lation qui couvre la gauche des attaques.

Vers six heures du soir, une forte canonnade éclate sur l'enceinte de la place depuis les ouvrages de la quarantaine jusqu'à la tour MalakoflT; une vive fusillade vient s'y joindre sur la droite des al-

— loi —

taqoes françaises. Ce tir qui a duré plus d*une demi-heure ne pro-^ duit que des dégâts insignifiants et ne nous cause pas de pertes térieuses. Une denû-heure du feu ordinaire et bien réglé de la journée produit autant d'effet. Ces grands feux d'artillerie et d'infanterie qui se rq>roduis6nt souvent ne sont peut^tre que l'effet d'une fausse alerte. Dans tous les cas ils dégradait peu nos trandiées et n'affectent nullement le nsoral de nos troupes. La mauvaise saison s'était annoncée dans la première qmiikaine ouragan du u no-

vombre.

du mois de novembre par des lH*umes épaisses et des pluies fréquentes et froides. Le 14, à six heures et demie du malin, un ouragan d'une Violence inouïe vint fondre sur les camps alliés, où il jeta le désordre. La tempête envahit d'abord Baladava et Sébastopol, suivit la c6te occidentale de la Crimée et arriva à huit heures à Eupatoria* D'après un re^marquable travail de M. Keller, ingénieur hydrographe 4e la mame, l'ouragan du 14 novembre, d'un rayon d'environ 90 milles, était animé d'un mouvement de rotation ayant une vitesse de 52 milles à l'heure, pédant que .son centre se déplaçait avec une vitesse de 30 milles. Cette t^npète qui eut des effets terribles sur les côtes de la Crimée ne se fit pas sentir sur la côte occidentale de la mer Noire. Les nombreux bâtiments des alliés, à l'ancre dans différents mouillages^ et ceux qui t^iai^t la mer non loUi dc' la côte coururent tous de grands dangers et plusieurs furent perdus; la plupart des bâUmrats à vapesr pur^t tenir sur leurs chaînes en faisant jouer la machine. Le Danube se perdit à dix lieues du cap Khersonèse. Le Pt/rérius, le Ga$me, te Rodwell, le Tyrant, le Lord Ragkm et plusieurs b&Uments de commerce, ainsi que deux vapeurs turcs, fur^t jetés à la côte dans la baie de la Katclia.. A Baladava, le Prince, le Risolule, le Kmlworthf le Progress, le Wanderer, le WUdrDùve^ le Matta et quelques autres transports se brisèrent contre les rQcheris, perdant presque touilair équipage ainsi que des vêtements d'hiver et des fourrages pour l'armée anglaise. Un trans-

- loa-

port anglais sombta en mer, portant 250 prisonniers russes. Dans ta baie d'Ëupatoria se p^dirent le vaisseau le Henri IV, l'ayiso à vapeur le Pluton, émt les équipages faresA sauvés, et un grand nombre de transports anglais et français. A Kamiesch^ nousnepeiw dteies que trcrfs petits navires de commerce; Vun d'eux portait mal^ heureusement un peloton du 4* régiment de hussards dont on n'a pu sauver que Tofficier, 6 soldats et 1 cheval.

Dans les camps le vent déchira:^t emporta les tentes avec toat ce qu'elles renfermaimt, renversa des baraques, des voitures, des hommes et des chevaux; il déracina des arbres à jfoladava. Après quelques heures, il ne restait d'autres abris que des pans de mûr, des rodiers &t des accidents de terrain derrière lesquels les hommes dierchaient un refuge insuflSsant contre la grêle, la pluie et la neige* Les tranchées furent complètement inondées.

A Sébastôpol, l'ouragan à enlevé une partie de la toiture métallique des grands magasins'de la marine^ et la houter^pénétrant jusque dans le port, a détruit une passerelle établie près du fort Paid, et fait échouer plusieurs petits bâtiments*

Dans les camps les troupes furent employées, les jours qu| soi* virent le 14, à reconstruire des baraques, élever des tentes, fafare des abris en pierres sèches ou crraser des trous dans le soK Dans les tranchées, il fallut chercher à faire écouler l'eau accumulée dans les parties basses et réparer les parapets dégradés par la tem*« pête. c

-^uii ^^J^^^^^ <7 no Les chefs de bataillon du génie Guérin et Dumas, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 499 travailleurs d'infanterie.

On conmience la construction de deux nouvelles batteries, la première (n* 15) de dix pièces dans le troisième boyau de la commun!** cation en avant de la battre n^ i% et l'autre (n* 23) de n^f pièces près de la batterie anglaise au sommet de la berge gauche du ravin du fond du port.

vembre.

Les chefs de batailloiv du génie Richer et Guérin , chefs d'attaque ; ^u»i du 47 m ^s novembre.

deux brigades de sapeurs et 462 travailleurs' d'infanterie.

On entreprend une redoute à l'extrémité du retranchement qui s'appuie à ta batterie n"" 1. Le lieutenant du génie Châtelain est mor«teUemmt blessé par une bombe.

On ouvre deux puits dans le revers de la troisième parallèle pour Journée du îOnoTcmbrc.

Ou conimeDccles Ira-

sonder le terrain et voir s'il ne serait pas possible de pousser le mi- '«^ de mines. neur en avant pour faire quelques fortes explosions près du bastion du mât, dans le but d'y jeter du désordre au moment de livrer Tas- 8aut« Cette tentative, qui ne retardera en. rien les travaux de sape, est d'ailleurs le seul moyen qu'on ait d'agir contre la place pédant l'hiver.

Le chef de bataillon du génie Richer, chef d'attaque; deux bri- iNuHdusoaui^ no>

. n îembre.

On commence les battwies n~17 et 18, de six canons chacune, en avant de la gauche de la deuxième parallèle.

Des tirailleurs russes, embusqués dans les grottes de la rive droite du ravin du port du Sud, gênaient beaucoup, depuis plusieurs jours, les boyaux de la communication de droite entre la deuxième et la troisième parallèle. Sur la demande du général Canrobert, lord Raglan envoie cent chasseurs à pied [rifkmen), conduits par le capitaine Tryon, tourner la gaucho des positions occupées par l'ennemi. Les Russes ^ont débusqués et les Anglais restent maîtres de la position, mais ce hardi coup de main coûte la vie au capitaine Tryon.

Le chef de bataillon du génie Dubôst, chef d'attaque; deux bri- Nuit du 24 au t% qo-

I Yombre*

gades de sapeurs et 413 travailleurs d'infanterie.

On commence la construction de la batterie n"" 16, entre les bat-* teries n~ 4 et 17*

Les Russes tentent vainement de chasser les Anglais des postes

que ceux-ci leur ont enlevés la nuit précédente. Soutenus par 300

— loi —

des leurs el appuyés par un bataillon français » les Anglais se mainliennent dans leur position.

juuruéedui2uoieiubre. Les chefs do bataillon du génie Dumas et Guérin» chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 911 travailleurs d'infanterie.

On entreprend la construction d'une batterie de quatre mortiers - n' 21) à côté de la batterie anglaise qui se trouve à Textrème droite de nos attaques.

On essaie de nouvelles fusées venues de Metz et portant à 6»000 ou 7,000 mètres^ les unes détonantes, les autres incendiaires. Ces dernières seules portent bien et atteignent les établissemrata russes, sans produire cependant d'effets visibles pour nous.

i>uii (hj 23 au 24 do- Ou commeucc la batterie n*" 20 située en avant de la deuxième

>euibre.

parallèle.

jouruéf du ib novembre. Le chcf dc bataUlou du génie de Saint-Laurent, emmenant avec lui un détachement de sapeurs soutenu parties zouaves, vacoaper la chaussée qui conduit dlnkermann à Sébastopol en langeant la baie. Xes Russes, effrayés de cette tentative hardie, s'empressenC de leur côté de rompre le pont dlnkermann, et l'ennemi ie âroiive dé** iiniUvement privé d'une communication importante, par laqueDe il faisait entrer des vivres et des munitions dans la place.

>uit du 27 au 28 uu- L'artillcrie désarme la batterie n"" 7 et arme les batteries n"" 18 et

\fuibre.

20. L'armement en bronze de la batterie n' 7 sera remplacé par des pièces de 30 de la marme.

Nuit du 28 au 29 iio- Lcs cbcfs dc bataillon du génie Dumas et Guérin, chefs d'attaque :

membre.

deux brigades de sapeurs el 310 travailleurs d'infanterie.

On creuse les fossés qui ferment les batteries tr 10.^ 17» 18 et 20 et les relient à la deuxième parallèle. A droite de la batterie n"" 2 on ouvre une place d'armes destinée à protéger les batteries n" M.

Le chef de bataillon Dumas est blessé au bras gauche par un éclat do bombe.

Les chefs de bataiiloti du génie Dubost et Guérin, chefs il'attaque; ^uit an 30 aoTembre lu

4*' décfolMre.

deux brigades de sapeurs et 5^ travailleurs d'infanterie.

Pour protéger les batteries n""' 1-^ et celles de ladeuxièHie parallèle n"* 16, 17, 18 et 19» oh se décide à les faire précéder d'une portion de parallèle qui permettra à nos chasseurs de tirer dans les embrasures russes. C^te tranchée part de la batterie n*" 20 et passe à environ 300 mètres en avant de la batterie n^ 4, Le faravail a été exécuté par parties successives sur une longueur de 525 mètres en partant de la batterie q*' 20.

Pertes du 6 au 30 novembre : 68 tués dont 1 officier; 517 blessés dont 32 officiers; 18 disparus dont 1 officier. Parmi ces derniers se trouvent quelques déserteurs de la légion étrangère.

Les partes se sont élevées, j^endant le mois de novembre, à 306 Panet de lovenibre. tués dent 27 officiers; 2,121 blessés dont 135 officiers; 88 dispatus dont 2 officiers; en tout 2,515 hommes hors de combat.

Le nomlnre de travailleurs employés aux tjranchées et aux mines, Moubre de trtvaîiieur« pendant le mois. de novembre, a été, en moyenne, de: *" ^^ ''

61. sapeurs et 693 soldats d'infanterie par journée, 44 — .475 — par nuit.

Le temps a été très-pluvieux pendant tout le mois de novembre FAit^scNiiiArx. 1854. II a fallu constamment lutter contre raccumulati<» de Teau MoudtBovMikreisa^. qm s'élevait parfois dans les trandiées jusqu'à la hauteur de la berme. On était obligé alors de marcher sur le rev^s de la tmnehée, ce qui attirait le feu de la^ place; on chercha à rétablir les commmiications interrompues au moyen d'eq>èces de trottoirs établis le long des parapets avec des fascines oii de grosses pierres. Les partp^, constamment détrempés et dégradés par les pluies et souvent percés par les boulets, ont nécessité des réparations continuelles.

Le feu de notre artillme a été en général très-foibte pendant tout ^

le mois; le plus souvent on ne tirait que des batteries de mortiers.

— i06 — Celui des Russes a été assez soutmu et par moments f<Ht vif. Il nous a souvent causé des pertes sensibles.

Dans le courant du mois, nos troupes furent pourvues de capotes à capuchon^ de ^ètres et de chaussures solides que la mauvaise saison t-endaît incUspensahles*

Des renforts assez considérables sont arrivés de France. Une sixième division d'infanterie, commandée par le général Pâté /est ajoutée à Tannée d'Orient. Au commencement de décembre refféctif de l'armée française était de 54,000 hommes et 9,000 chevaux ou mulets de troupes, de selle ou de bât.

Le lieutenant^lonel du génie Jourjcm^ récemment arrivé en Grimée, est chargé, à partir du mob de décembre, de transmettre tous les jours aux chefs d'attaque le tracé des cbeminements projetés et d'en smrveitter l'exéoition.

Les Anglab n'ont pas avancé beaucoup leurs cà^ninraMnts. Le 20 nôvendire, 3s ont ouvert en avant de leur^gaudie un tronçon de deuxième parallèle destiné à renf^mer des tindlleun.

Le corps d'obserration a renforcé la ligne de circonvallation et il a établi de petits ouvrages avancés, à la droite de la position des Anglais, sur le terrain de la bataille d'Inkermann. Éatta teiittaiioi» Les Rosses ont travaillé activétnent pendant tout le mois à aug> •««««icMbnNaM. mratt»' les défenses de la place. Voici qods étaient, au 1" décembre 1854, les ouvrages ajoutée k l'enceinte de Sébastopol depuis le corn* inenoaneiit du siège,

1* Traoauas oj^osét à l'uttaque française et eow)r€Mt la viUe i

Une Ugne de contre-approche partant du foasé de la foce dririie du bastion de la quarantaine et se dirigeait vers le fort dn môme nom;

Un ouvrage à feux rasants armé de pbisieurs pièces, placé en avMitde la conrtine 4|Ui relie te bastion de la quarantaine au bastion coitral (lunette Boutakoff);

Une petite battwie à gauche de la lunette Schwartz;

Des abatis et des cheyaux de frise eu avant de la gauche de la courtine qui joint le bastion central au bastion du mât.

Le fossé de ce dernier bastion a été élargi et creusé ; il renferhie jour et nuit une forte garde. La contrescarpe de la face droite est couronnée de sacs à terre, et en avant dé la contrescarpe de la face gauche on a construit une batterie destinée à recevoir quatre ou cinq pièces.

En arriére de l'enceinte de la place, les Russes^ ont élevé successitement des deux côtés du ravin de la ville, entre le bastion central et celui du mât, plusieurs batt^ies qulïs ont consolidées et reliées ensemble. Dès les premiers jours du feu ils ont construit sur le boulevard qui est en arrière dû bastion du mâ^ une batterie de cinq canous (batterie de la terrasse) qui était d'abord dirigée entièrement contre les Anglais, mais dont les trois embrasures de gauche ont été plus tard retournées contre les attaques françaises. Cette batterie se relie avec une autre qui bat nos cheminements parnléssus la face droite du bairtion du mât. Vmr aj^puyer la gauche de la batterie de la teirasse on en construisit, dans le courant de novembre, detox autres formant échelons en arrière.

Sur là partie culminante de la ville se trouvent deux grandes batteries, l^une de six pièces, l'autre de huit, destinées à battre Tintérieur du bastion du mât et les deux pentes du ravin de la ville; on aperçoit encore d'autres batteries eri arrière. Aucune d'elles n'a tiré jusqu'à présent. ■ • '

En outre, les attaques françaises étaient prises d'écharpe par une partie des pièces de la batterie des casernes, située sur la rive droite du ^and ravin du fond du port. Au 1* décembre cette batterie, une des plus importante^ de la place, était armée de vingt-cinq pièces ; six ou sept de ces pièces tirent sur les attaques angtaisi^s, quelquesunes voient Ies<^heminements français, et les autres sont destinées à

battre soit nos colonnes d'assaut, soit les cheminements que l'on pourrait entr^nrendre au delà-de la première enceinte.

2* Travaux opposés à l'attaque anglaise et œuvrant le fanbourg Karabelnaya t

Les courtines ont été armées d'artillerie, et des lignes d^abatis env^oppent les faces du redan (bastion n"" 3) et de i'ourrage en terre qui couvre la tour Malakoff. L'ennemi travaille activement à un vaste réduit en terre qui couronne le mamelon Malalcoff. li établit aussi des communications couvâtes dans le redan.

Le fond du port- du Sud est défendu par une coupure précédée d'abaUs et par plusieurs batteries établies sur les pentes "de droite et de gauche.

Un couTiHmement pour l'infanterie a été établi sur la arête d'un petit mamelon conique situé en avant du plateau occupé par la gau* che des Anglais.

EiubagcaaM des tirait- • Los Russcs ffénent beaucoup nos travaîlleyrs et nos gardes de

• leurs russes ^^ "^ ^ •

eu dehors de la place, ti'ancbées par dc pctlts postes, établis en dehors de la place, dans lesquels ils embusquent de bons tireurs qui prennent d'écharpe nos cheminements. >

Ces embuscades, qui ont joué un grand rôle dans le siège de Sébastopol, se composaient généralement d'un trou, profond d'un mètre tout au plus, dont la terre jetée du c6t^ des attaques formait un petit parapet surmonté d'uri créneau ra sacs à teire. Un tireur accroupi s'y trouvait l>ien couvert conbre les feux de l'infanterie et son abri présentait peu de prise à ceux de l'artillerie. Les plus avancés de ces petits postes étaient soutenez par d'autres plus rapprodiés de la place; lorsqu'on se portail sur eux, les tirailleurs qui étairat en tète se retiraient dans lés embuscades plus reculées, et si les assiégeants sortaient en nombre pour détruire ces abris, tous les tirailleurs rentraient dans le fossé à un signal convenu peur laisser les assaillants en prise au feu de la place. Les ingénieurs

russes, favorisés par les iné^lités du sol et par la grande supériorité du feu de leur artillerie, ont très-habilement tiré parti de ce genre de défense. Mais si un soldat occupant une petite embuscade était blessé dans la journée , il restait longtemps sans secours sous tes yeux de tous ses camarades placés en arrière. Il paraît qu'on doit attribuer à cet inconvénient le développement qui a été donné par la smte à ces postes/qu'on a fini par relier entre eux. Alors i\è sont devenus de véritables contre-approches tracées parallèlement à Tenceinte et ils ont souvent tourné à notre avantage, notamment le 2 mai aux attaques de la ville , et le 7 juin à celles du faubourg Karabelnaya.

D'après les renseignements publiés par le Recueil tmritime russe, Penes dei Busses. le nombre de marins de tout grade mis hors de combat, depuis le 5 octobre jusqu'au 3 décembre 1854, dans la défense. de Sâ>astopol , s'est élevé à 808 tués dont un .général et 18 officiers, et 3,064 blessés dont 2 généraux et 128 officiers. Ces chiffres peuvent donner une idée des pertes: éprouvées par la garnison de Sébastopol.

Les^chefs de bataillon du génie Richer et Guérin, chefs d'atta- mm de Utumi. que ; deux brigades de sapeurs et 607 travailleurs d'infanterie. Nuit ^n î^ m a iw-

On continue la nouvelle trandiée en avant des batteries n** 1-i sur une longueur de 34^ mètres. Au jour, elle a atteint partout 1 mètre de profondeur, sauf sur une quinzaine de mètres où Ton. a rencontré le roc.

Une petite sortie est parvenue à surprendre la garde extérieure de la eonununication de droite en arrière de la troisième parallèle; dans la lutte ^ un officier russe, mort^ement blessé, est resté entre nos mains.

I^s assiégés construisent en avant du bastion central une embuscade eQ gabions; d'où leurs tirailleurs prennent d'écharpe la troisième parallèle et sa communication de gauche.

jonniée du 3 d^embre Les chefs de batailloo du génie Duboet et Guértn, ctefs^^attaque;

et nuit suifante.

deux briga4es de sapeurs et 951 travailleurs d'infieuiterie.

On établit des mas<|pieB en gabions dans la troisième paraltète pour couYrir les troupes des vues de Fourrage de contre^pprocbe russe*

La pluie et lès rafales dé rent rendent le travail impossible pen«-

dant la nuit du 3 au 4; on ne garde que quelques travaillem^s indis-*

pensables dans la troisi^ne parallèle et quatre^vingt-dnq dans la

tranchée en avant des batteries de la gauche.

Nuit du 4 an 5 dé- Lo Capitaine du génie Mouhat, dief d'attaque ; une brigade de sa-

cembre. twr^

peurs et 450 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 160 mètres la nouvelle tranchée qui forme parais* lèle devant les batteries n*^ 1-4.

L-enaemi construit une nouvelle embuscade en arrière dé celle qu'il a élevée dans la huit du 2 décembre.

Sur la demande du général Canrobert, les Anglais ont construit, en avant de leur deuxième parallèle, de» embuscades d'où l'on petit prendre à revers celles que les Russes occupent dans un petit cimetière et dans les berges du ravin qui est à la droite de nos attaques. Quelques francs-tireurs fnmçais vont s'y établir avec les Anglais.

L'armement des batteries n** 15, 16, 17, 18 et 20 est achevé. Nuit du 5 au 6 dé- Les chofs dc batalllou du g^ie Guérin et Richer, chefe d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 470 travailleurs d'infanterie.

On construit des traverses dans les tranchées enfilées par les enw buscades des Russes, et on ouvre une nouvelle communi<^tion entre les batteries n^'ld et 14. On [prolonge de 165 mètres la parallèle eii avant des batteries n"* 1^, et on ouvre à la sape simple, sur une longueur de 80 mètres, le premier boyau de la communication reliant cette parallèle à la place d'armes c(»istmite la nuit du ^28 novembre, à droite de la batterie n* 2.

A dix heures du soir, dés Russes s'avancent devant le bastion du

— lU — màt, jusqu'à environ 30 mètres de la troidième parallèle. Reçds par les feux de la garde de tranchée, ils se retirent avec une perte estimée à 15 ou 20 hommes. Il est probable que cette sortie n'avait d'autre but ifue de protéger les travailleurs russes qui plaçaient des chevaip[ de frise cm avant du bastion du mât.

dette même nuit, le corps du général Liprandi abandonne dans le ^^ g^o^rai liprauji plus grand sil^ice les positions qu'il occupait en avant de Baladava ^' pi«»n« «« Baiacia^a. pour se retffer sur la rive droite de la Tchemaya. Les débordements de cette rivière, le mauvais état du sol détrempé par les pluies et la difficulté des communications qui en résultait, ont sans doute obligé le» Russes à se rapprocher de leur centre d'approvisionnement; une grande crue aurait pu les isoler complètement dans la plaine de Baladava.

Le 6 décembre, vers une heure et demie, la frégate russe le Wla- ^«""^«^6 du c .léceoibrc. dmir et la corvette à vapeur la Kàersonè$e sortent du port de Sébas- ^' ^^"' ""''''''' ^""* topol et s'avancent vots la baie de Strélitzka , cancmnantia gauche des lignes de la sixième division et la corvette d'observation la JHé-gère qui leur riposte aussitôt. Mais ces deux bâtimc»its, voyant arrirer plusieurs navires français ou anglais, se retirent en toute hâte sous ta protection des forts Alexandre et Constantin. Cette sortie prouve qu'il existe une passe entre les vaisseaux coulés par les Russes, et avertit les alliés de la nécessité de surveiller l'entrée dn port.

Le» chefo de bataillon du génie Dubosl et Guérin, chefs d'attaque; Nuîi du e au 7 de-

cembre.

deux brigades de sapeurs et 666 travailleurs d*infanterie.

On ouvre à la sape Mmj[)ie, sur 3S0 mètres de longueur, une trandiée à 100 mètres en avant de la batterie n^ 90, dans le but de relier la portion de paraMe en avant des batt^ieâ n*" 1-4 à la troisième paratlèto devant le bastion du màt Le terrain s'éfant trouvé favorable, la ^^anchée était habitable au jour.

Le général de Moitebello, aide de camp de l'Empereur, arrive en ^t^lAi^u^^^^^ Crimée; il apporte le» récompenses que l'Empereur a décernées cncheî^sféûduiîoSs

'^ r n r de l'Empereur.

pour la bataille dlnkennaiin et la lettre suivante, qui fut imiBédiatement mise à Tordre de rarmée :

« Générait votre rapport sur la victoire dlnkermaim m'a profbn* « dément ému. Exprimez en mon nom à l'armée toute ma satigfoo « tion pour le courage qu'elle a déployé, pour son én^gie à sup- « porter les privations et les fatigues, pour sa chaleureuse cordialité « envers, nos alliés. Remerciez les généraux, les officiers, les soldats ce de leur vaillante conduite; dites-leur que je sympathise vivem^t <v à leurs maux, aux pertes cruelles qu'ils ont faites et que ma sol- « licitude la plus constante sera d'en adoucir l'am^lume.

« Après la brillante victoire de l'Aima, j'avais espéré un monent <c que l'armée ennemie en déroute n'aurait pas réparé si prompte-- « ment ses pertes, et que S^>astopol serait bientôt tombé sous nos « coups; ipais la défense opiniâtre de cette vJUe et les renforts arrive vés à l'armée russe arrêtent un moment le cours de nos succès. Je « vous applaudis d'avoir résisté à l'impatience dès troupe^ deman- <Y dant l'assaut dans des conditions qui auraient entraîné des pertes « trop considérables. -

<c Les gouvernements anglais et français veillent avec une arec dente attention sur leur armée d'Orient. Déjà des. bateaux à va^ « peur franchissent les mers pour vous porter des renforts considé^ c< râbles. Ce surcroît de secours va doubler vos forces et vous perce mettre de prendre l'offeUsive. Une diversion puissante va s'opérer « en Bessarabie, et je reçois l'assuranice <iue dt" jour ra jour, à Fécc tranger, l'opinion publique noua est de plus en plus favorable. Si c< l'Europe a vu sans (mainte nos aigles, si longtemps bannies, se <c déployer avec tant d'éclat, c'est qu'elle sait bien que nous comc< battons seulement pour son indépendance. Si la France a rei»is le ce rang qui lui est dO, et si la victoire est encore venue illustrer nos ce drapeaux , c'est, je le déclare avec fierté, au patriotisme et à Fince domptable iH-avoure de l'armée que je le dois.

« J'envoie le général de MôntebéllOr l'un de mes aides de campV « pour porter à Tannée les récompenses qu'elle a si bien méritées. ^

« Sur ce, général, je prie Dieu qu'il vous,ail en sa sainte garde.

« NapolSéon. »

Le général de Montebello apporte, en outre, une décision impériale qui autorise le général en chef à décerner provisoirement au nom de TEmpereur la médaille militaire et la décoration de la Légion d'honneur, et à nommer aux différents grades' vacants dans Tannée d'Orient jusqu'à celui de chef de bataillon inclusivement:

Le chef de bataillon Dumas et le capitaine du'génie Sairlat, chefs nuii du t au s dé.

cembre.

d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 850 travailleurs d'infanterie. '

On prolonge de 90 mètres la tranchée commencée la nuit précédente ; on ouvre deux boyaux en arrière de l'extrême gauche de la portion de parallèle exécutée le 30 novembre en avant des batteries n** 1-4, et on termine ainsi la communication entre cette parallèle et la batterie n^'S. Enfin, pour abréger le trajet, on prolonge de 190 mètres jusqu'aux cheminements en arriére, le second boyau de la comnîunication qui joint la batterie n"" 9 à la première parallèle.

Vers dix heures et demie du soir, une reconnaissance russe s'avaikce vers lé flanc gauche de nos tranchées, mais accueillie par la fusillade des troupes de garde, elle rentre précipitamment.

Les chefs de bataillon du génie Richer et Guérin, chefs d'atta- Nuit du 8 au 9 dû«

ccmbrc.

que ; deux brigades de sapeurs et 1,006 travailleurs d'infanterie.

On creuse dans le ravin dé la ville une communication entre la deuxième parallèle et la portion nouvell^odent ouverte de la troisième ; on trouvé lé roc vif sur une grande partie de sa longueur.

Les chefs de bataillon du génie Dubost et Guérin , chefs d'atta- Nuit du 9 «u io dé.

^ cembre.

que; deux brigades de sapeurs et 745 travailleurs d'infanterie.

On amorce sur 70 mètrm de Irâgueur le premier boyau de la com*municatioii qui part de la troisième parallèle pour marcher sur la

~ 114 — plus avancée des embuscades construites par l'ennemi en avant du bastion central. Devant le bastion, du mât, on commence une nouvelle batterie de quatre pièces (n''24) dans le deuxième boyau de la communication de ganche en arrière de la troisième parallèle.

Les Russes ont allumé des pots à feu fixes, placés ei^ avant de la face droite du bastion du mât, et ils ont lancé des balles à fç^u du saillant du même bastion.

Nuit do 40 au 44 dé* Le diof 4e bataillon Dumas et le capitaine du génle^Sarlaft, chefs

cembre.

d'attaque; deux brigades de sapeurs et 805 travailleurs 4'infant^ie.

On prolonge de 25 mètres le boyau ouvert la nuit précédente devant le bastion central .

On débouche de la troisième parallèle, en avant des batteries a^ 1-4, par un boyau de 160 ukètres de longueur, exécuté à la mpe volante et se dirigeant vers l'angle sud-ouest du cimetière ^tué en avant de la baie de la quarantaine.

Le lieutenant du génie Ddaboissière va détruire, avec queues sapeurs et quarante hommes d'infanterie, les embuscades russes du contrefort situé sur la droite de nos attaques. Mines. Lorsque les deux puits entarepris dms la journée du 20 novembre

eurent atteint 4 mètres de profondeur, on en fît déboucher deux rameaux descendants, mais ce travail, qui s'exécutait dans le roc dur, n'avançait que de 0*80 en vingt-quatre heures,, et on était au moment de l'abandonna lorsqU'en fouilteint le sol des rameaux on a rencontré Une couche d'argile. Le terrain sur lequel on se trouve se iM>mpose d'une légère couche de terre v^étale, d'un banc de calcaire de 5" 50 d'épaisseur, d'une couche d'argile jaunâtre et cqw: pacte de Or 90 à 1* do, €« d'un second banc calcaire àoBt on ne oon*naît pas r^isseur.

A partir du 11 décembre, le travail sera continué jour et nuit sans interruption. Les deux attaques, formées chacune d'une brigade composée dé quatre mineurs et d'un caporsd sous la surveiUaace d'iw

— If5 — sergent^ trevaifleront sotti^ la dtrectton du cabine commandant la compagnie de mineurs. Cette compagnie fournira six brigades sem^ bteiMés qui se relèveront successivement tontes les douze hem^s; ii leur sera adjoint, au besoin^ des auxiliaires pris dans les compagnies de sapeurs ou, à défaut de sapeurs, dans rintanterie. Le mineur donnera à son cheminement une largeur de 0" 80, et autant de hauteur que le permettra la couche d^argile ; le roc servira de «iel, les rameaux ne seront pas coffrés.

Les chefs de bataillon du génie Richer et Guérin, chefs d'atta- Naît da 44 aa i%éé-

- cembre.

que rdeux brigades de sapeurs et 775 travaitleurs d'infanterie.

On prolonge de 57 mètres le boyau en avant de la troisième parallèle, et de 350 mètres celui qui ^st dirigé vers le cimetière:

Entre minuit et une heure, deux colonnes russes d'^iviroa 100 sortie nme. hommes chacune , sortent du bastion àa mât, se dirigeant d'abord vers la droite et la gauche de la troisième parallMe qui fait face à ce bastion ; puis elles se portent ensemble sur le centre de la môme parallèle. La garde de tranchée, composée de troupes nouvelles, ajrant plié un moment, les Russes ont le temps <le s'empara de trob pe^ tits mortiers turcs et de les emporter. La sortie ^ait protégée par quelques pièces de campagne qui ont passé à une soixantaine de mètres seulement en avant du boyau ouvert datas la nuit, et qui ont . ^ fait un feu violent de mitraille sur les tranchées. Repoussés à la baïonnette, les Russes laissent sept cadavres dans la trandtée et à peu près autant au delà du parapet. Nous avons eu quatre hommes tués et huit blessés. Un officier a disparu;

Les chefs de bataillon du génie Dubost et Guérin, chefe d'atta- N«iidu48M43déque; deux brigades de sapeurs et 734 travailleurs d'infanterie.

A Tattaque dirigée contre le bastion central ^ on ouvre, sur une longueur de 30 mètres, un nouveau boyau dirigé v»s la troisième parallèle devant le bastion du mât. On le prolonge en retour, sur la gauche, d'environ 14 mètres, aihi de couvrir la tranchée en arrière

des t'eux de revers partant des postes ennemis établis en avant du bastion central. Ce nouveau boyau, au delà duquel on n'a pis entrepris de cheminements pendant tout Thiver, et la branche en arrière ont, à cause de leur forme, été appelés le J.

On prolonge de 260 mètres, à la sape volante, la trandiée qui se dirige vers la baie de la quarantaine.

ravin de la ville, ce qui établit la jonction avec la portion de droite de la troisième parallèle. A 60 mètres en arrière de celle portion de

parallèle on ouvre aae tranchée destinée à recevoir une nouvelle batterie (n* 25).

L'extréDiité de la place d'armeft ouverte la nuit précédente pour soutenir le dieminement vers la quarantaine, est réunie à la gauche de la troisième parallèle par un boyau de 3S0 mètres de longueur.

Les travaux ont été fort gênés par une pluie violente et continue.

Le chef de bataillon Dumas et le capitaine du génie Sarlat, chefs nuh ôq le «o47 dé-

^ cembre.

d'attaque; deux brigades de sapeurs et 388 traTailleurs d'infanterie.

On continue les travaux de la nuit précédente et l'on s'occupe à assurer l'écoulement de Feau accumulée dans les trahdiées.

Le lieutenant du génie Delaboissière va de nouveau détruire les embusi^des rétablies par les Russes à droite de nos attaques sur le contrefort du ravin du port; il sera nécessaire d'en empêcher la re-^ construction au moyen de patrouilles de nuit composées d'honmies connaissant bien le terrain des attaques.

Le dief de bataillon Richer et le capitaine du génie Martin, chefs nuh du 47 au 48 déd'attaque; deux brigades de sapeurs et 570 travailleurs d'infanterie.

On prolonge d'enviroa480nièlresle cheminement dirigé vers la quarantaine.

Les Russes lancent pour la première fois, de leurs postes avancés,

de petits obus vers les tranchées de gauche qui ne sont éloignées de

leurs oontre^pproi^es que de 250 à 300 mètres. Malgré le tir mou

qu'ils emi^oirat pour faire tomber les obus dans les tranchées, ce feu

ne nous cause pas grand mal.

Les chefs de bataillon du génie Did)ost et Guérin, chefs d'attaque ; Nuit do 48 «u 49 décembre.

deux brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 200 mètres le cheminement de la quarantaine.

Les Russes s'embusquant sans €€tese en avant de nos tranchées on rome iroii cmpour tirer sur les travailleurs et protéger de petites sorties, le général l*»^»"^en chef fait former trois compagnies de 150 volontaires qui, agissant par petites brigades, auront la mission d'éclairer le terrain , de s'y

embufifuer eux-mêmes pour en chasser tes Russes, de «giuilw les sorties, et d'exécuter les coups de main que le commandaiit du gétàe à la traDcbée poumit deMtBder pour enlweat le» petits pMMs nttses qui gênent l'exéculkm des traranx ordonnés. Des hoMmea de bonne volonté se sont présentés en grand nombre pour ces compagnies é'éoksmturs t>olontMires qui oowm^cieiit leur service dans la nuit du 18 au 19 décwilre.

jooroéedu49déeeinbre. Le vio&-4iniiraI DuBdas, dont lo temps de service était eipiré,

La contre-aminl Lyoni *^ "^ '

le fice-a'^raî^ndas- remet lo Commandement de Tescadre anglaise de la mer Noire au contrer^amnral.sir Edmond Lyons. Cette escadre est composée dé 12 vaisseaux de ligne» 18 firégates et 23 bâtiments à vapeur; ^"'* "" wmbr" *^ ^^ ^ ^^^^ ^ bataillon du génie Dumas et le capitaine Sarlat, cSiefe d'attaque; deux brigades de sapeurs et 49&travaiUeur8-d'înfanlciie. On contimie le cheaniement de l-extrème gauche, mais comme il suit le vallon de la .quarantaine, on. ouvre, sur 115 métrés de lon^ gueur, un second cbmiinraieiit qui, étant tracé sur la crête du oontrefort, découvrant bien le terrain en avant et s'àppnyant aux es<»ir- ^ pementa de la baie, formera une ligne de contrevàllation.

Journée du 20 décembre. Les Capitaines du génie Martin et Courtin, chefs d'attaque ; d«|x brigades de sapeurs et 616 travailleurs d'infanterie. ReeonoaisMoçe A OUZO hciffes du matui, lés Frauçaîs font une reconnaissance dans

dans la Tallée de la ^ t~

Tcberoaya. y^ TaBée de la Tchemaja pour s*assurer de la situation des Russes. La brigade de cavalerie du général d'AJldnvilte (6" régiment de dn*gons et 4* de chasseurs d'Afrique) s'avairce jusque vcts Tchorgomi; elle rencontre, en arrière du village de Kamara, quelques centaines de tirailleurs russes qu'elle repousse. On a vu dés groupes de cavalerie accompagnés d'artillerie et quelques bataillons d'iàfairterie sur les flancs de la reconnaissance, maiis ces troupfes n*ont pas diercbé à entraver l'opération. En même temps le 42^ régiment écossais comn mandé par le coloneï Cameron, un bataillon de riflemen et un dendbatailloft de zouaves sortaient deBaladava par la droite des. posl-

— IID — tioit» des alKée poar explorer 1^ bautènrs qui s'étendent yers la vallée de Baïdar ; ils n'ont rencontré qu'un poste de cosaques. Il résulte de ces reconnaissances, que les Russes n*oftt sur la rive gauche de la Tdt^imya que des postes chargés d'observer de loin nos positions.

600 travailleurs d'infanterie. ^"'^**"c^bî?.^* "^^^

On prdonge de 160 mètres le cheminement qui se dirige vers la baie de la quarantaine; la cbmnHinication qui suit le valloil est poussée jusqu'au Lazaret.

Vers minuit, les Russes font une double sortie contre les attaques sorue russe. anglaises. L'une, dirigée contre la gauche , s'avance tambours et trompettes en tête ; elle est repoussée vigoureusement. Une tentative d'attaque contre la droite des Français, feîte par la même colonne russe, est aussitôt déjouée par la vigilance de nos troupes. L^autre SOTtîe s'avance en silence vers la droite anglaise et envahit la prènrière parallèle dont elle refoule les défenseurs ; mais des réserves arrivent et les Russes sont repoussés.

Ces deux sorties ont occasionné quelques pertes chez les Anglais : 1 major a été mortellement blessé ;. 3 officiers ont disparu.

Après la rentrée des troupes russes, la place a ouvert un grand feu de mousquelerie et d'iaurtilterie, et a lancé beaucoup de bombes contre les attaques françaises. Ce feu n'a produit que peu d'ejHfet.

Les chefs de bataillon Dubost et Guérin, chefs d'attaque; deux nuîi du 2< au n dé.

cembre.

brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.

Du côté de la quarantaine, on prolonge jusqu'à 30 métrés de l'isscarpement de la baie, la tranchée qui suit la crête du contrefort. Le roc affleurant presque le sol, on a été obligé de remplir les gabions avec de la terre rapportée.

Les éclaireùrs se sont portés, à huit heures et demie du soir, sur les embuscades des Russes devant le bastion central. Ils les ont trouvées abandonnée et ont rehversé quelques créneaux, mais la canon-» ûade de) la place les a ôbHgés de rentrer.

loarnéedutadécenibre. Le vice-aoïiral Uamelin, nommé amiral, remet le commandement

Le vice-amiral Bnial

rei l'aniiral

iT^Miio. ^^ l'escadre française au vice-amiral Bruat.

.Nuit du 13 au t4 dé- Le chef de bataillon du génie Guérin et le capitaine Foùrcade, chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 672 travailleurs d'infanterie.

On prolonge sur une longueur de 407 mètres la droite de la première parallèle, en avant des batteries n"* 10 et 11, vws le grand ravin du fond du port.

On pousse la tranchée qui suit la crête du contrefort de la quarantaine, jusqu'au bord même de l'escarpement de la baie. i^uîidu *5 au« dé- Les chefs de bataillon du génie Damas et Guérin, chefs d'attaque; djBux brigades de sapeurs et 751 travailleurs d'infanterie.

Deux cents hommes sont employés à ouvrir des trandbées dans le ravin qui va directement du camp des quatrième et cinquième divisions à la baie de La quarantaine, pour permettre aux troupes d'aller aux batteries n* 1 et 2 et à la quarantaine, à couvert des vues de la place. .

^"'^""wmbw ^^' ^ chef de bataillon Guérin et le capitaine du génie Sarlat, chefs d'attaque ; dçux brigades de sapeurs et 6^ travailleurs d'infanterie.

On pousse la première parallèle jusqu'à l'escarpement du grand ravin du fond du port ; on prolonge la droite de la deuxième parallèle par une tranchée partant du cinquième boyau de la communication de droite, entre les deux premières parallèles, et deseeudant dans le vallon qui s'embrancl^e sur le grand ravin. journéeda 27 décembre. La place tire pendant toute la journée des salves de bombes, d'obus, de shrapnelSt de mitraille et de paniers de grenades, qui couvrent le sol d'éclats de tout genre. Nous éprouvons quelques pertes : le lieutenant du génie Brissaud est tué. Nuit du 27 au 28 dé- Los chofs do bataiUou du génie Guérin et Masson, chefe d'attaque ; deux iH-igades de sapeurs et 553 travailleurs d'mfanteiie. ^

On ouvre sur 350 mètres de longueur la communication en zigzag

qui relie rexlrème droite de la première parallèle à la tranchée qui va de la batterie n*" 11 à la batterie n** 23.

Les chefs de bataillon du génie Dubost et Gnérin, chefs, d attaque; ^"*^**"^^bîe.*^ **^' deux brigades de sapeurs et 616 travailleurs d'infanterie.

On ouvre un boyau destiné à relier la deuxième parallèle avec la droite de la première; et on continue la communication en zigzag à droite de la batterie n^" 11 .

La place continue le feu dangereux qu'elle a ouvert depuis quelques jours; elle le concentre principalement sur les batteries n- 12, 13 et 14, et sur là troisième parallèle.

A quatre heures du matin, une des compagnies d'édaireurs se porte en trois détachements sur les trois petits ouvrages avancés que les Russes ont construits dans d'anciennes carrières en avant du grand boyau (dit le T) qui se dirige vers le bastion central. L'une de ces colonnes s'égare; mais les deux autres tournent deux des trois embuscades et en chassât, les Russes. Aidés par un sergent du génie et quatre sapeurs, les éclaireurs démoUssent les créneaux, renversent les tonneaux qui formaient les parapets, ramènent un prisonnier et rapportent des armes. Ils n'ont que trois hommes légèrement blessés.

Les chefs de bataillon du génie Dumas etGuérin, chefs d'atta- nuu du » au 3o déque; deux brigades de sapeurs et 727 travailleurs d'infanterie.

Les éclaireurs, qui se signalent par de nombreux actes de bravoure, attaquent de nouveau les embuscades des Russes. Mais ceuxci se retirent aussitôt pour laisser agir le feu de la place, et ils lui donnent le signal en poussant de grands cris et battant le tambour. La mitraille fait rentrer nos troupes qui ramènent un prisonnier et n'ont qu'un homme légèrement blessé.

A sept (leures du matin, le général Morris part avec sa division Journée du 30 décembre.

^ BecooDaissanee

de cavalerie et une batterie d'artillerie, pour faune une reconnais- deitTaUéedeBaïdar. sance jusqu'à la vallée de Baïdar. Il est soutenu par six bataillons

d'infenlerie marchant, saos sacs, sous te commandement du géné^ rai Espinasse. Au delà de Kamara^ il y a mi engagement entre une parUe deiiotre cavalerie et quelques sotnias de CMaquès^ qui^ Tigoureusement chargés, 9e retirent en éprouyant des pertes et laissant trois prisonniers. Notre artillerie échange quelques coups de i^anon ayee une batterie russe qui est obligée de se retirer avec une pièce démontée. L'infanterie couvrant la gauche du général Morris et contenant les^ Russes appuyés à Tchorgoun, la cavalerie traverse le village abandonné de Yamoutka et s'avance jusqu'au château de Péréousky d'où l'on domine la vallée de Bàïdar. La reconnaissance rentre au camp à sept )ieures et demie du soir. Elle a eu dix blessés dont un officier.

Nuii du 30 au 31 dé* Lo ohof do batailiou Guérin et le capitaine du génie Sarlat , chefs

cembre.

d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 667 travailleurs d'infanterie. On prolonge la deuxième parallèle dur S60 mètres de longueur » entre le petit et le grand ravin du fond du port, en se tenant assiBz bas pour que cette nouveUe tranchée ne gène pas le feu des batte^ ries n"^ 26 et 26 dis qui vont être établies à l'extrémité de la première parallèle., - ^

A la nuit tombante, on s'est emparé des embuscades rtttses situées à la pointe du petit contrefort qui, se^ trouve vis-à-vis du fond du port ; on les a aussitôt retournées contre l'ennemi et on en a con-struit une de plus pour six à huit hommes. Vers quatre heures du matm, les Russes s' étant prés^ités en assez grand nombre, Toffider qui occupait les embuscades avec vingt-quatre hommes a cru devoir S19 retirer. Au jour, les Russ^ avaient à peu près rétabli ées petits abris.

Nuit du 34 décembre Une Compagnie d'éclairéùr S sort parrextrémitédroitede la deuxième

4854 au 4«jenT. 4855. r o r

parallèle pour explorer le ravin du fond du port; elle détrmt les embuscades russes qui se trouvent à environ 200 mèta^es .de nos dieminementsles plus avancés. Le capitaine voyant arriver des forces

coQsidéraMes neJaisBe qu^ime vingtaine d'hommes sur ce point peur en suryeiUer les approches, et s'établit à deux cents pas en arrière pôm- être à même de soutenir les tirailleurs; mais les Russes 9'étant jetés, «ans tirer un seul coup de ibsil, sur les vingt hommes isèlô», les enveloppent à Timproviste. II n'en revint que dix, dont plosiemrs blessés; les autres restèrent au pouvoir des Russes.

tes pertes du mois de décembre sont dé 88 tués dont 3 offiders ; Pencs da mois da dé. 632 ïÀeèÈéê dont 28 ofiBders; 11 disparus dont 1 oflicier; en tout 731 honunes hors dé combat.

Le nombre de travaHleurs employés au siège, pendant le mois de Nombi» de irtf liiieurs décembre, a été, en moyenne, de :

55 sapeurs ou mineurs et 835 soldats d'infanterie par journée, -♦8 — 628 — par nuit.

ceinbre*

employÂi.

Pendant le mois de décembre, le temps fîit presque ccmstamment mauvais. Le plateau de Khersonèse était battu par des vents impétueux du sud-est, èf parfois des torrents ^e phiie alternaient avec des rafales de neige et de grêle. Le 2^i snrtout, la pluie tomba avec une violence extraordinaire, puis elle fut remplacée par de la neige, et le soir il gela; mais cette gelée, qui continua quelques jours, était trop fa9)le pour raffennir le sol détrempé par de longues pluies. Les camps défoncéi9 par la circtdation des hommes et des chevaux étaient devenus des bowbiers presque impraticables où les voitures creusaient de profondes ornières. La routé mnpierrée, construite par nos travailleurs entre Kamiesch et le quartier général, rendit les plus grands services en assurant la comAïunication de Tarmée fran«* Ç9lse avec son port d'approvisionnement où Ton voyait chaque jour s^élever des magasins militaires et des boutiques de marchands. Grâce aux efforts dé l'administration , les loupes ne «anquèr«at pas des choses nécessaires à la vie, mais elles eurent à souffrir des intempéries et des fatigues. Dans les tranchées, elles k^tairat douze

FAITS GÊnÉBAUX.

Mois de décembre.

heures sous la pluie , les pieds dans Teau qui s'y accumulait sans cesse. Aussi les maladies devinrent-elles de plus en plus fréquentes. Le nombre des malades s'éleva dans le mois de décembre à près du dixième de l'effectif de l'armée, et d'après un rapport du général Canrobert, en date du 21 décembre, il y avait dans les hôpitaux de Constantinople 3,794 Français, dont 1,121 blessés. Toutes ces fatiguas, toutes ces souffrances . n'excitèrent aucune plainte chez nos soldats ; l'armée conserva toute son énergie, et il suffisait d'un beau jour pour lui rendre sa gaîté habituelle.

L'armée anglaise eut beaucoup plus à souffrir que la nôtre. Il n'existait pas de route empierrée pour aller de Balaclava à ses camps, de sorte qu'il fallait traverser de véritables bourbiers. Dépourvus d^aitleurs de moyens de transport, les Anglais manquaient de tout, d'inGrmeries, de médicaments, de bois et quelquefois même de vivres, quoique l'abondanoe fût à Balaclava. Le général Canrobert prêta assistance à nos alliés,, autant que cela était en son pouvoiç, en leur fournissant des moyens de transport pour les munitions et des cacolets pour les malades. Les privations,. les fatigues et le mauvais temps développèrent les maladies chez les Anglais avec plus d'intensité encore que dans l'armée française. Les dyssenteries scorbutiques se déclarèrent dès le commencement du mois de déceïiâ)re, et le nombre des malades, qui s'jaiccroissait toujours, avait pris à la fin. du mois des proportions alarmantes.

Dans les tranchées, il fallut constamment réparer les dégradations occasionnées aux parapets par les pluies et par les projectiles enne-^ mis, et assurer l'écoulement ^es eaux pour rétablir la circulation interrompue. La difficulté d'approvisionner les batteries forçait les alliés à ménager beaucoup leur feu : les Français ne tiraient guère que des bombes et en petit nombre. Les Russes, au contraire, soutinrent constamment le feu de leurs batteries et prodiguèrent surtout les projectiles creux qui occasionnaient journellement des pertes

sensibles. Le silence forcé de notre artillerie permit aux Russes, nonseulemrat d'enfaretenir Fenceinte de Sébastop^l en bon état, mais d'y igouter de nouvelles défenses et de venir établir leurs embuscades en face de nos cheminements.

Dans ces conditions^ il ne pouvait être question de suivre la mardiè ordinaire d'un siège. Toute l'ambition des alliés devait évidemm^t se borner à ne pas perdre le fruit de plusieurs mois d'efforts et de tiravauï, à se maintenir dans leurs positions^ et à entretenir les tranchées exécutées en bon état, en attendant que la belle saison et des rraforts en hommes permissent de reprendre un rôle offensif. Nous avons vu néanmoins qu'on s'est efforcé, autant que le permettaient les circcmstances, d'augmenter le nombre des batteries ainsi que d'étendre et de compl^r les cheminements, surtout vers là baie de la quarantaine où ils formaient une ligne de contrevailation.

Le général Burgoyne, commandant le génie de l'armée anglaise, faisait des objections contre le plan d'attaque qui avait été primitivement adopté d'un commun accord. Quelle que fût la confiance qu'on pût avoir dans la valeur jdeno» troupes, il regardait le succès de l'assaut comme très-^douteux. Il déclarait, enoutre, que l'effectif de l'armée anglaise ne suffisait plus pour couvrir la droite de l'armée des alliés et fournir en même temps le nombre de travailleurs néfiessabres pour les attaques du faubourg Karabelnaya. Il demandait, qu'avec le secours de l'armée française, on profitât du terrain qu'on avait conquis par la victoire d'Inkermann pour s'établir Solidement sur les hauteurs du carénage (mont Sapoun), qu*on donnât plus d'extension aux attacpies de droite et qu'on les popssât jusqu'au delà de l'ouvrage Malakoff.

Le général Burgoyne avait une grande expérience de la guerre : dés doutes si formellement exprimés sur le succès de l'assaut étaient de nature à préoœuper beaucoup les généraux en chef. Mais, pour le moment, il ne fut rien changé à la marche du siège.

A cette épQipie, le wrvice de la gwde des tranchées fnt modifié. Jmqu'au mois de janTier 1855 il y avait eu chaque jour un batafllon dé r^isenre à la maison du clocheton. A partir de janyier on cem*mande un bataillon de piquet dans xsû camp rapproché dé la maison du clocheton, et ce bataillon envote chacfue sohr deux ccHopagnies à cette maison dont un fanal signale la position. D y a de plus un bataillon de réserre de 450 à 500 hommes, à la gajuche, en arriére des batteries n"" 1 et 2; La garde de tranchée, commandée par un général de brigade, se compose de âept bataillons d'infanterie et d*un balaiP Ion de chasseurs et pied répartis sur tout le dévdoppement des payailètes oui^aces d'armes avancées, pour^sntretenir le feu demousquete^ rie. Une compagnie de fr ancs4ireurs de 150 hommes est employée au tir de précision contre tout ce qui se décourre et surtout ràntre les artilleurs de la place. Un poste de SOO hommes placé dans le rayin des Anglais couvre la jonction des attaques françaises et anglaises. Enfin deux compagnies de volontaires font chaque nuit le service d'édaireurs.

C*esl dans le courant du mois de décembre 1854 que le prince M^chikoff remit la direction de la défense de Sébastopol au général Osten-Sackeo, qui avait succédé au général Dannenberg dans le commandement du quatrième corps.

Le prince Napoléon, dont la santé avait été fort altérée par les fatigues de la guerre, dut se résigner à quitter Tannée ; après être resté quelques jours à Constantinople, il s*embarqua dans le mois de janvier pour retourner en France.

MOIS DE JANVIER 1855. Les chefs de bataillon du génie Dubost et Guérin, chefs d*àttaque; Nuit du v'au 2 janvier, ^^j^ brigades de sapcurs et 484 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 200 mètres Textrémîté droite de la deuxième

parallèle.

Noii da 2 an 3 janrier. Lcs chcfs dc bataillon du génie Dumas et Guérin, chefs d*attaque ;

deux brigades de sapeurs et 300 travailleurs d'infonterie.

Ob ouTre une communication en zigzag entre l'extrémité de la deuxième parallèle et la batterie n' 26.

De demi-heure en demi-heure , au signal d'un obus» ta place a dirigé des feux de mousqueterie sur nos attaques ; vers deux heut*es du matin, 1^ Russes ont fait, pendant plus d'une demi-heure, un feu de deux rangs extrêmement vif, saiis que rien Tait provoqué. L'enn^ni paraît craindre un coup de main.

Le mauvais temps et le froid empêchent tout travail nouveau pendant quelques jours.

Les chefs de bataillon du génie Masson et Sarlat, chefs d'attaque; Nuit du 7 au 8 jmvier. deuxibrigades de sapeurs et 148 travailleurs d'infanterie.

Le 7,. vers, neuf heures du soir, une colonne russe tf environ 300 sortie russe. honimes vient attaquer la droite de la deuxième parallèle et la comnumîcation qui la reUe à la troisième en avaitt de la batterie n"" 26. Cette sortie est vigoureusement repoussée à la baïonnette et pour-» suivie par les compagnies du 46' de ligne, de garde à la tranchée. L^ Busses laissent une vingtaine de morts sur le terrain et nous abandonnent six blessés ; nous avons eu un sergent tué et six hommes

Le Ueiitettant-colonel Guërin etlet^hef de bataillon Sarlat, chefs NuitduSauOjauTier. d'attaque; deux brigades de sapeurs et 262 travailleurs d%fanterie.

Le d^l étant survenu on pose une vingtaine de gabions à l'exfaréme droite de la deuxième parallèle, afin de la ph)Iongef jusqu'à l'escarpement du ravin du fond du port. On creuse, en outre, une fxanchée de 46 mètres de longueur pour que les hommes puissent aller à une source qui se trouve entre là première et la deuxième parallèle, sur la berge gauche du ravm de la ville , en arrière de la batterie n* 13. •

Les chefs de bataillon du génie Masson et Sarlat, chefs d'attaque ; mx ànu au 42 janvier. deux brigades de sapeurs et 215 travailleurs d'infanterie employés à réparer et à améliorer les tranchées.

Sortie russe. Vefs dcux heuFCs du matin, une sortie russe de 200 à 250 hommes

partant dub astion central et laissant le T à sa gauche se dirige sur la partie de la troisième parallèle qui se trouve en avant des batteries n^'lô, 17 et 18. L'ennemi est vigoureusement repoussé; il laisse entre nos mains 8 tués et 2 blessés. Nous avons eu 1 tué et 6 blessés.

Nuiidui2aui3iaDvier. Le lieutenant-colouel Guérin et le chef de bataillon du génie Galop, chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 157 faravailleurs d'infanterie employés aux réparations.

Sorties russes. Vers uue heure du matin, les Russes font deux sorties, l'une contre

la gauche des attaques anglaises, l'autre contre l'extrême droite de9 nôtres près de la batterie n' 21. Il y a sur ce point une lutte corps à corps après laquelle les Russes se retirent poursuivis à la baïonnette. Nous avons eu 4 tués« 9 blessés et 3 disparus.

Nuitdu4(au45jaDmr. Les chefs de bataiUou du génie Dumas et Masson, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 505 travailleurs d'infanterie employés à enlever les neiges et à faire écouler les eaux. sorue russe, Vers uue hcure et demie, une colonne composée , d'après les rap-

ports russes, de 350 volontaires , sort de la place par une neige épaisse fouettant la figure des sentinelles françaises, et se présente à l'extrémité droite de la troisième parallèle. Elle est vigoureusement reçue par la garde de tranchée appartenant aux 74' et 95* régiments de ligne. Après un con^bat corps à corps de près de dix minutes, les Russes se retirent sou^ la protection d'une colonne de réserve, laissant les cadavres de 3 officiers et 23 soldats dans la tranchée et bon nombre d'autres sur les parapets et sur les glacis du bastion du mât. De notre côté, les pertes se sont élevées à 56 hommes hors de combat, parmi lesquels 5 officiers.

Dans cette sortie et dans quelques autres les Russes avaient fait usage de gaffes à crochet et de longues cordes plombées pour renverser et entraîner les combattants et les blessés. Nos soldats s'in- • dignèrent contre ce procédé qui n'avait jamais été employé, didaientr

ils, que pour prendre des bètes sauvages. Le général en chef s'en plaignit au général Osten-Sacken. Depuis lors, les Russes cessèrent de se servir de ces engins.

Le chef de bataillon Masson et le capitaine du génie Pingault, Nuiidu49auîojan.

TlCT.

chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 163 travailleurs d'infanterie employés aux réparations.

Les Russes font deux sorties, l'une, dirigée sur la tranchée la plus Deux sonk» russes. avancée de la contrevallation, qui descend vers la baie de la quarantaine, l'autre sur les tranchées qui se trouvent à la gauche du T.

A la gauche, 230 volontaires russes attaquent la contrevallation vers minuit. La garde de tranchée, du 2* régiment de la légion étrangère, franchit résolument le parapet et engage le combat à la baïonnette. Après une lutte de près d'un quart d'heure, les Russes se retirent sans avoir pu pénétrer dans la tranchée.

La seconde sortie, faite par cinq conjpagnies et une centaine de matelots eut lieu vers une heure. A la faveur d'une mût fort obscure et des couverts que forment les anciennes carrières situées dans le ravin à droite des attaques, les Russes ont pu arriver près des tranchées sans être signalés. Les compagnies du 46' de ligne, formant la garde de tranchée, ne furent pourtant pas surprises; elles reçurent l'ennemi par une décharge à bout portant. La fusillade dura un quart d'heure, puis les Russes furent attaqués à la baïonnette sur leur front et sur leur flanc. Cet engagement fut moins meurtrier de part et d'autre que celui de la gauche.

Dans ces deux sorties , nous eûmes une quarantaine d'hommes hors de combat, dont trois officiers. La perte totale dans les vingtquatre heures, du 19 au 20, est de 12 tués, 3 officiers et 53 soldats blessés, et 1 officier disparu. La perte des Russes a dû être considérable; leurs rapports mentionnent 18 tués dont 2 officiers, et 74 blessés dont 3 officiers.

Le lieutenant-colonel Guérin et le chef de bataillon du génie Calop, hwmc au 20 janvier.

chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 704 travailleurs d'infanterie employés principalemàit à Tassainissement des tranchées.

On commence à placer, au pied du troisième gradin de frandiissement de la troisième parallèle, des piquets reliés par de f;ros flls de fer, afin de faire trébuchw les Russes qui viendraient surprendre nos gardes de tranchée.

Ce travail a été terminé dans la nuit du 24 au 25*

joarnée du 17 jaoTier. Lo général dc dlvislon Niel, aide de camp de l'Empereur, envoyé

ArriTée du général Nieï, ^ r r » y

de rEi!î''^re1?r -Selle ^^ D^ssiou à l'armée d'Orient, débarque à Kamiesch ; il apporte au organisation de rarmée. général OU chof uuc décisiou impériale du 10 janvier qui donne à l'armée l'organisation suivante(^) :

CommandaDt en chef. Cakkobbrt^ général de division.

Chef d'éUl-major génénL . • Dtt BLlatouput, génél^l de brigade. Commandant de rartillerie. . . Thiry, général de division. Commandant du génie. .... . Bizot, général de brigade.

Intendant généraL Blanchot, Intendant militaire.

Commandant en chef. «... » PtugnsM, général de diviBion.

Chef d'état-major Rivbt, général de brigade.

Commandant de rartillerie. . . Lbboeuf^ général de brigade. ^ Commnndimt da génie. .... Tumii, général de brigade.

Intendant. . . • . • BoKDumAiCD^ sons-intendant militaire.

Troupes. — i^^ division. Foret, général de division.

.^ 2e ^ Levàillaht, général de division.

— 3« — Pâté, général de divUlôn.

~ 4e . De Salles^ général de division.

Réserve et parc d'artillerie.

Réserve et pare du génie.

(*) Voir aux pièces jisUioathre8,N« 6, le tableau conq^et de cette organisaUon, fixée et portée à la connaissance de l'armée par le général en çlief, le 9 février suivant. Ce tableau donne Tefiectif de l'armée à cette même date.

9<> Corp».

Commandant en chef Bosquet^ général de division.

Chef d'état-major . Trochc, général de brigade.

Commandant de Tartillerie. . . Beuret, général de brigade.

Coflunandant du génie Frossàrd^ colonel.

Intendant Blanc de Molines^ sous-intendant militaire.

Troupes. — i" division. Bouàt, général de division.

— 2e ^ Gàmou^ général de division.

— 3» MàtràN; général de division.

— 4« — DuLÀC^ général de division. Réfiérve et parc d'artillerie.

Réserve et parc du génie.

WLé^etwe fénérale-

( SouB le commandement direct da général en chef. )

Division dinfanterie Brunet, général de division.

Brigade de la garde impériale. Urrigh^ général de brigade. Division de cavalerie. ..... Morris^ général de division.

Réserve et parc d'artillerie.

Réserve et parc du génie.

Troupes de Tadministration. '

Le général Uhridi arrive à Eamiesch avec un premier détachement 4e la brigade de la garde impériale. Le Ueutenant-colonel Guérin et4e chef de bataillon Dubost, chefs nuîi du %9 au 3o jan-

vier,

d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 272^traTailleurs d'infanterie.

On ourre la communication qui doit relier l'extrême droite de la deuxième parallèle à la troisième» et la partie de cette dernière com« prise entre la comnmnication et le grand rayin du pért du Sud. Le travail» qui comprend 340 mètres de développement, est exécuté par parties successives. - ^

Les chefs de bataillon du génie Masson et Dumas, chefs d'attaque; Nuit du so au 34 jan. deux brigades de sapeurs et 401 travailleurs d'infanterie.

On fait une portion de troisième parallèle de 100 niètres de longueur à gauche de la communication ouverte la nuit précédente.

vier.

xNuii dn 34 jaiiTier au Les chefs de bataiUon du génie Masson cl Sarlat , chefs d'atlaque; deux brigades de sapeurs et 403 travailleurs d'inranterte.

On ouvre à la sape volante une portion de tranchée qui réunit l'extrême droite de nos attaques à la place d'armes dans laquelle se trouve la batterie n'*29, ce qui complète la troisième parallèle à droite du bastion du mât.

Sortie russe. Vcrs quatrc heures du matin, à la faveur d'une nuit sombre et

neigeuse, les Russes sortent de la place par le ravin du fond du port, marchant vers l'extrême droite de la troisième parallèle. Les éclaireurs se réunissent dans la grande embuscade construite par les Russes mais retournée contre eux à environ 50 mètres en avant de la parallèle en cours d'exécution. Ils reçoivent l'ennemi par un feu à bout portant ; obUgés de se retirer devant des forces supérieures, ils sont poursuivis jusque dans la parallèle qui, à l'extrême droite, ne présentait qu'un faible obstacle. Mais les Russes sont arrêtés par le parapet de la communication de la troisième parallèle avec (a deuxième ; là s'engage un combat opiniâtre. Pendant ce temps, la garde de tranchée de la deuxième parallèle se met à faire feu, ce qui jette un grand désordre parmi les travailleurs de la troisième. Le capitaine du génie Fourcade est mortellement blessé en cherchant à rallier ses travailleurs pour les conduire au combat. Le chef de bataillon du génie Sarlat parvient à rassembler les travailleurs de la droite qu'il réunit à une bonne partie de ceux de la gauche pour marcher sur l'ennemi avec quelques compagnies du 42* de ligne. Les Rusàes, à l'arrivée de ce renfort, se retirent et sont poursuivis jusqu'au delà de la grande embuscade. Dans cette poursuite trop vive, deux lieutenants disparaissent avec douze de leurs hommes. Au moment où elles se retirent, nos troupes subissent des pertes sensibles par le feu de la place, des embuscades russes et de la réserve qjii soutenait la colonne d'attaque. Le commandant Sarlat, cherchant à remettre de l'ordre parmi les travailleurs, tombe mortellement frappé

133 — d'une balle à la lêle. Officier du génie des plus distingués, le commandant Sarlat s'était fait remarquer des soldats qui, à cause de son intrépidité et de sa petite taille, l'appelaient le petit lion. Ges attaques nocturnes, si souvent répétées, étaient loin d'inli- Le générai en chef or-

denne de ne plus s*élan-

mider nos troupes, mais nous y laissions nos plus braver soldats qui, çer hors des tranchées à

r » *j r ^ ' la rencontre des sorties.

en s'élançant hors du parapet pour repousser l'ennemi à la baïonnette, perdaient tous les avantages de leur position dans la tranchée. Le général en chef décida qu'à l'avenir, suivant les préceptes si recommandés par Vauban, nos soldats, lom d'arrétei* l'ennemi lorsqu'il ferait une sortie^ le laisseraient au contraire s'engager le plus possible dans les^ tranchées, lui abandonnant momentanément celles qui ne sont pas terminées, pour lui faire supporter à découvert le feu meurtrier des paralièlçs et places d'armes préparées pour la déf^se; que ces dernières seules devaient être défendues avec acharnement ; enfin qu'il ne fallait s'élancer sur l'ennemi que lorsque déconcerté et rompu il se préparait à la retraite, et qu'il importait de s'arrêter assez tôt daM cette poursuite pour ne pas rester exposé au feu de la place lorsque la rentrée des assiégés lui permettrait de le reprendre. Les pertes du mois de janvier s'élevèrent à 94 hommes tués dont Perus du mois de jan-

vier.

2 officiers; 528 hommes blessés dont 23 officiers; 45 hommes disp^us dont 3 officiers.

La moyenne du nombre de travailleurs employés aux tranchées et Nombre de traTaiiieurs

employés.

aux mines pendant le mois de janvier a été de :

54 sapeurs ou mineurs et 417 soldats d'infanterie par journée, 43 — 193 — par nuit.

Dès les premiers jours du mois de janvier l'hiver était devenu trèsrude. Dans la nuit du 4 au 5 le froid fut excessif et^ il se maintint ainsi pendant plusieurs jours. La neige tomba en abondance pendant presque tout le mois. Il fallut travailler sans cesse à l'enlever des tranchées et quelquefois un vent violent venait en peu de temps les

FAITS oénÉikArx.

Mois de janvier.

combler de nonveaii. Le dégel qnl commença le 18 Janvi^ inonda les communications^^ et occasionna quelques éboulements. Le parapet des tranchées allait en s*affaiblissant constamment, parce qu'on jetait toujours sur le revers les boues provenant des terres éboulées. Aussi le canon de la place flt-il souvent des trouées dans les parapets, sur-* tout du c6té de la quarantaine.

Le feu des Russes était fort vif par moments. Les projectiles creux devinrent de plus en plus nombreux. Vers la fin du mois, les batteries du bastion du mât lançaient, par salves, des paniers de grosses grenades ou petits obus qui couvraient d'éclats la troisième parallèle et les communications en arrière jusqu'à la première parallèle.

Les troupes eurent beaucoup à souflHr des rigueurs de Thiver. Du 4 au 8 il y eut de nombreux cas de congélation des pieds qui nè« cessitaient des amputations presque toujours mortelles. Le général en chef suivait avec anxiété la marche du thermomètre; un froid un peu plus rigoureux pouvait nous enlever en une nuit toute la garde de tranchée, car nos malheureux soldats forcés à l'inuiiolMlité sen- Udent leurs pieds se glacer sans pouvoir marcher pour le^ réchauffer. Pour mettre fin à tant de souffrances, les soldats ne cessaient de demander l'assaut, mais leur constance n'était pas ébranlée. Même au milieu des blessés et des malades qu'on soignait sous la tente on n'entendait jamais un mummre.

Beaucoup de chevaux ne purent résister à la rigueur de la tempes rature; chaque journée de froid en faisait périr un grand nombre. Du 6 au 7 janvier, on en perdit jusqu'à 72 dans les 24 heures.

Le nombre des malades devint très-considérable pendant le mois de janvier. Il y eut souvent de 250 à 300 entrées aux ambulances par jour ; ce nombre s'éleva même, du 6 au 7 janvier, à 525. La plupart des malades étaient journellement évacués sur Constantinople, où l'on avait créé de vastes hôpitaux qui déjà pouvaient en recevoir 7,000, et dont la contenance allait être portée à 12,000. Cependant

il y avait <»iyiron 2^000 malades ou Ueasés dans les ambulances de la Crimée.

A la fin du mois de janvier, Teffec^de Tarmée française était de 75,000 bommes, 6,500 chevaux de troupe et 3,500 chevaux de selle ou de bftt au service des oflOiciers et de Tadministration. Mais il faut m déduire les malades et ravirôn 6,000 hommes qui, détachés pour des services divers, ne pouvaient être compris au nombre des com« battants.

L^ Anglfids souffrirent plus encore que les Français. Le bois man» quant souvent et les soldats se nourrissant isolément, plusieurs en étaient réduits à manger leurs alim^its crus ; aussi la maladie sévii^ sait d'mie manière effirayante ctens tes rangs anglais. On avait envoyé 54,000 hommes en Grimée; il n'en restait au 18 janvier que 27,000, dont 14,000 à pdne étaient en état de fabra le service de la tranchée. La cavalerie était presque détruite.

Nous avons déôrit Tétat de la place de Sébastopol au 1*" décembre mois de févriek. 1854. Depuis cette époque, les Russes n'ont pas cessé de travailler à »^w généraux. renforcer les défenses de l'enceinte. En avant du fort et du bastion deJluîrv'dS^^^^^ de la quarantaine, les contre^pprocèes ont été successivement étendues et armées d'une nombreuse artillerie qui prend des vues fort gênantes sur la gauche de nos attaques (batterie Chémiakine). En arrière du bastion central, les batteries de la seconde enceinte ont été mises en très4>on état ei reliées entre elles; on a fait disparattre, en avant et m arrière de ces batteries, tous les bâtiments et débris qui pouvaient gèa& leur feu, produire des éclats dangereux ou protéger une colonne d'assaut. La petite battre basse à quatre ^nbrasures, placée devant la face gauche du bastion du mât, n'est pas encore armée, mais l'assiégé. y maintient des tirailleurs qui ont coitôfniit des créneaux en sao» ^ terre sur la crête des merions. Le bastion du màt a été réparé et am^ioré; le prolongement de son flanc

droit a été exhaussé de manière à bien couvrir le terre-plein , et disposé en crémaillère pour mieux battre le terrain des attaques.

Dans le courant de janvier, les Russes ont augmenté encore leurs défenses entre le bastion du mât et le fond du port. Vers la fin du même mois, une nouvelle batterie, située au pied de celle de la terrasse, a été armée de canons et de mortiers. Un fort épaulement ferme le rentrant du bastion du màt à son épaule gauche, et une ligne d'abatis protège la courtine qui descend au fond du port. En avant de cette courtine, sur le bord de l'escarpement, on a solidement établi trois postes pour des tirailleurs avancés. De nombreux blindages ont été construits dans le bastion. La batterie située à la droite de celle de la terrasse a été agrandie et est devenue un véritable ouvrage. Les batteries qui se trouvent en arrière de celle de la terrasse ont été perfectionnées et reliées entre elles. Au commencement du mois de février, les Russes sont occupés à creuser des fossés en avant de ces batteries. Ds travaillent aussi à perfectionner et à étendre celles qui couronnent la partie culminante de la ville.

Le grand redau (bastion u' 3) a été restauré et son fossé approfondi. On perfectionne les batteries placées à sa droite, et on en élève de nouvelles en arrière , en seconde ligne. Ces travaux s'exécutent avec une grande activité.

Les Russes travaillent constamment au fort qui couronne le mamelon MalakoflT, en arrière de la tour. La batterie demi-circulaire qui enveloppe cette tour a été remise en bon état et exhaussée. Les abords de cet ouvrage sont protégés par des abatts et des embuscades de tirailleurs. Dans le courant de février, les Russes achèvent de démolir toute la partie supérieure de la tour Malakoff qui n'était pas couverte par le parapet.

Au nord du grand port, l'ennemi travaille depuis le mois de décembre à établir un camp retranché reliant le fort du nord, d'un

côté, aux escarpements de la falaise, de Tautre, à un point de la rive du port situé vis-à-vis de la baie du carénage; le 22 janvier, il a commencé, sur la côte, entre le fort dii Nord et la tour maximilienne, un nouvel ouvrage qui parait être une grande redoute. Dans les premiers jours de février, l'armée anglaise reçut des tes Anglais conuruisent

■^ * " UD chemin de fer.

ouvriers civils qui furent chargés de construire un chemin de fer allant de Balaclava aux cajnps anglais. Ce chemin , achevé dés la seconde moitié du mois de mars, readit plus tard de grands services aux Anglais pour le transport de leur matériel de guerre. Voici où en étaient arrivées les attaques anglaises au commence- tiai d'avaucemeoi

des attaques anglaises nu

ment du mois de février. ^®"%^°JfJJÎf"^ ^*'

A l'attaque de gauche, la deuxième parallèle était achevée depuis Tescarpement du grand ravin des Anglais jusqu'au fond du ravin du laboratoire, où elle barrait la route Woronzoff. Un épaulement isolé barrait en outre cette roule, un peu en avant de la première parallèle. La communication entre la première et la deuxième parallèle n'existait pas encore ; on passait par les ravins. £a avant de la deuxième parallèle, six boyaux en zigzag conduisaient à la troisième parallèle amorcée sur environ 150 mètres de longueur; à l'extrémité du quatrième de ces boyaux se trouvait, h la droite du cheminement, une place d'armes de 140 mètres de longueur.

A l'attaque de droite , la première parallèle avait été étendue jusque sur l'escarpement du ravin du laboratoire. Deux communications conduisaient à la deuxième parallèle entièrement exécutée : l'une partant de la première parallèle , un peu à gauche des batteries Gordon 9 l'autre de la batterie n" 3. La parallèle qui relie les extrémités de ces cheminements fut plus tard appelée troisième parallèle, et l'on donna le no.m de deuxième parallèle à une tranchée ou place d'armes intermédiaire qui n'existait pas en février. On avait ouvert, en outre, dans les deux attaques, quelques communications passaiît en arrière des batteries de la première parallèle. Aucune nou-

velle batterie n'avait encore été ajoutée aux batteries Chapman et Gordon. DifficuUés du 4" plan Ou à VU qu'après la bataille dlnkermann les généraux en chef

d'atUque.

avaient ajourné Tassant jusqu'au moment où les renforts annoncés eh hommes et en matériel seraient arrivés.

L'armée avait été renforcée en effet , et un surcroit de matériel était arrivé dans les piorts; mais le général Thiry éprouvait les plus grandes difficultés pour transporter ce matériel jusqu'aux parcs de siège. Depuis le port de Kamiesch jusqu'à la queue des tranchées on trouvait une terre argileuse qui se défonçait profondément sous le poids des roues. Il fallait transporter à bras la plus grande partie des projectiles, et les terres imbibées d'eau ne supportaient pas même le pied des hoiiimes; les tranchées étaient devenues des bourbiers souvent impossibles à dessécher, à cause des baïics de rocher qui arrêtaient l'écoulement des eaux. Les trois mois d'hiver qui venaient de s'écouler avaient donc été peu profitables aux travaux du siège, surtout du côté des Anglais, qui avaient souffert beaucoup par les maladies. Malheureusement il n'en était pas de même chez les Russes, qui trouvaient dans les arsenaux de Sébastopol des ressources inépuisables, et qui avaient des rues empierrées pour faire parcourir à leur matériel la petite distance qui séparait le port du Sud , ou la baie de l'artillerie, des ouvrages à armer. Notre artillerie avait augmenté le nonibre de ses batteries; mais réduite à garder le silence pour ménager ses approvisionnements , en attendant l'ouverture générale du feu , elle n'avait pu mettre obstacle à la construction des nouveaux ouvrages et à l'armement de toute l'enceinte de la place, qui avait pris une extension dont on li'a certainement jamais vu d'exemple. La seconde enceinte était aussi fortement armée, et sur tous les points de la ville qui avaient des vues soit Sur nos attaques, soit sur le terre-plein des ouvrages avancés, on voyait tous les jotirs s'élever de nouvelles batteries auxquelles l'armée russe

travaillait à découvert. Quoique toutes les forêts des environs de Sébastopol fussent à la disposition des Russes, ils démolissaient les toitures des maisons de la ville, pour établir partout des blindages afin de protéger la garnison contre nos feux courbes. Enfin, on apercevait des barricades élevées dans les rues pour former plusieurs lignes de défense en arrière des ouvrages de Tenceinte.

Derrière ces formidables défenses se trouvait une armée peut-être aussinombreuse que la nôtre, et dont la bravoure ne pouvait pas être mise en doute. U s'agissait 4onc de livrer une bataille plutôt que de donner un assaut. Or, l'attaque projetée , qui portait la lutte sur un terrain étroit et coupé de ravins, ne permettait pas de déployer assez de troupes, et, si Von parvenait à s'emparer d'une part du bastion central et du bastion du mât, de l'autre, de la batterie des casernes et du redan l'ennemi conserverait encore les positions dominantes, soit dans la viUe, soit dans le faubpurg.

Le mamelon de Malakolf était incontestablement le véritable point ^^"îqJJde mmJK^^^^ d'attaque de la place de Sébastopol; de cette position on dominait tout le faubourg Karabelnaya, et on prenait des revers sur les porT tions d'enceinte qui ^ trouvaient à sa droite et à sa gauche^ notamment sur le redan attaqué par les Anglais. La prise de ce mamelon faisait donc toniber tout le faubourg , et la possession du faubourg permettant d'agir à bonne portée contre la flotte et de couper les communications de l'ennemi à travers le port , on devait s'attendre à ce qu-elle entraînerait la chute de la ville. Enfin, si on se décidait à investir la place, nos établissements au nord du port feraient marcher à grands pas l'attaquç sur les fronts de Malakoff ; car l'ennemi se trouverait pris à dos dans la majeure partie des défenses du fau-^ bourg.

Les avantages de ce point d'attaque ne pouvaient pas êftre contestés, mais il s'élevait des objections graves contré l'abandon du plan qui avait été d'abord adqité. En effet, on ne devait cerlaine-

— inondent pas abandonner Tattaque dé la ville qui, môme dans le cas où telle du faubourg deyiendrait le but principal de nos efforts f aurait encore l'avantage de diviser les moyens de défende de Vennemi; or, si on doublait pour ainsi dire le développement des tranchées, en entreprenant une nouvelle attaque sur le front de Malakoff , n'en résulterait-il pas une trop grande fatigue pour les troupes? ne risquerait-on pas de manquer de matériel? enfln, pourrait-on présenter partout une résistance su£Qsante contre les sorties de l'ennemi?

Les renforts annoncés permettaient de répondre dans une certaine mesuré aux deux premières objections ; quant à la troisième, on ne pouvait passer outre qu'en se fondant sur ta conduite antérieure des Russes. Ils avaient bien harcelé nos. gardes de tranchée par de pe-i tites sorties de nuit, mais, à l'exception «de l'attaque du 5 novembre qui se Hait à la bataille il'Inkermann, ils n'avaient fait aucune grande sortie de jour, même pendant les matinées d'hiver, alors que nos soldats, trop engourdis par le froid pour pouvoir faire le coup de feu, auraient pu être assaillis inopinément par de fortes colonnes composées de troupes choisies ayant passé la nuit à couvert. On décide que les at- Toutcs ces cousidérations ayant été bien pesées, les généraux en

taqoes seront portées sur ,*.,,.., . ,, . . ,/i

le front de Malakoff. chct décidèrent : que des travaux d approche seraient exécutés du côté de Malakoff, afin de pouvoir entrer dans la place par ce point culminant en même temps qu'on donnerait l'assaut par la ville ; que toutefois si, après la réouverture générale du feu, l'attaque de la ville faisait de grands progrès , on n'attendrait pas, pour donner l'assaut^ que celle du faubourg eût été poussée jusqu'au front de Malakoff. Par suite de ces dispositions et pour ne pas trop retarder Touverture du feu, il fut convenu que pendant que l'artillerie française terminerait et approvisionnerait les batteries qui étaient en construction devant le bastion central, on en construirait deux nouvelles, l'une de 8 pièces (n'' 9) dans la parallèle de droite des attaques anglaises, l'autre . de 15 pièces au moins (n^ 1) sur le plateau du carénage. Ces deux bat-

teries étaient destinées à croiser leurs feux sur le mamelon situé à 600 mètres en aVSmt de la tour MàiakofT {mamelon vert), ainsi que sur le col qui sépare ce mamelon de celui de la tour. Les Français devaient exécuter là batterie de 15 pièces et les cheminements qu'elle comportait, ainsi que les travaux d'approche ayant pour but tle préparer rétablissement 4'une parallèle et d'une forte batterie sur le mamelon vert.

Ces travaux préparatoires terminés, on devait ouvrir de nouveau le feu de toutes les batteries anglaises et françaises avec des approvisionnements suflSsants pour le contmuer pendant quelques jours : puis, sous la protection de ce feu, exécuter des travaux d'approche sur le bbstion central pour pouvoir l'aborder de près ainsi que celui dumàt. Les Anglais se rapprocheraient, aussi du redan, et on couronnerait le mamelon vert pour y établir une batterie de 15 pièces construite en sacs à terre; l'armement et l'approvisionnement de cette battwie pouvant être préparés à l'avance et conduits sur les lieux, on devait compter qu'elle seraitpromptement exécutée. Enfin, sur tous les points des attaques on-s'e£Ebrc^ait de pousser les cheminements assez près de la place pour diminuer le plus possible le trajet que les colonnes d'attaque auraient à parcourir à découvert.

Toutes ces dispositions furent arrêtées le 2 février, et le 2* Le ^ corps en chargé

. dei

corps, commandé par le général Bosîiuet, fut chargé des travaux aiiaqaesdrMaiaioff. d'attaque qui allaient être entrepris, à la droite des Anglais, contre le front de Malakoff.

Suivant la nouvelle organisation de l'armée, le général Pélissier, u générai Péiiiaitr

prend le coBunandement

débarqué le 9 février à Kamiesch, prend le commandement du 1*"" ^ du ^ycorp».

^ '^ OrgamaatiOD dei dtox

corps. Le 2* corps, formé par les anciennes divisions (l'% 2^ et 3") ^i*-

du corps d'observation, est renforcé d'une 4* division (ancienne 7*). Les divisions Bouat et Camou (l'" et 2«) conservent leurs positions; la division Mayran (3*) va s'établir en entier près d'un moulin à vent en maçonnerie utilisé par les Anglais comme nuigasinà poudre, et

Le maaraU temps

enlraye

les 4raTaux d*alUqae.

Les Rusita attaquent Eupaloria.

situé à rorigine du ravin du carénage, où est déjà campée Ja brigade de Monet de cette division. Enfin la division Dulac (4«) quitte son camp établi près du grand quartier général pour prendre position en arrière des ouvrages de circonvallation, entre la division Camou et la division Mayran. La brigado'de la garde impériale et la division Brunet remplaceront la division Dulac dans la position centrale qui convient à des troupes de réserve.

Le génie du l^^ corps est commandé par le général de brigade Dalesme, remplaçant le généràlTripier rentré en France par suite d'une fracture à la jambe. Le lieutenant-colonel Jourjon, nommé chef d'état-major du génie du !•' corps, le 16 février, conlmue à être spécialement chargé de veiller à l'exécution des tracés arrêtés. Le lieutenant-colonel d'état-roajor Raoult est maintenu dans les fonctions importantes de m^'or de tranchée, qu'il a conservées jusqu'à la fin du siège aux attaques de gauche.

Le génie du 2' corps est commande par le colonel Frossard, ayant pour chef d'élat-major le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent (*). Le chef d'escadron d'élat-major Besson prend aux attaques de droite les fonctions de major de tranchée qu'il remplit jusqu'à la prise de la place.

La température, qui avait paru s'adoucir vers la fin de janvier, redevint froide et humide au commencement de février. l)ans la nuit du 2 au 3, ta neige tomba abondamnient. Le 3 il fit très-froid ; le vent du nord-est soufflait avec violence. Le temps a été, en général, mauvais et trég-changeant pendant tout le mois, ce qui a beaucoup gêné les travaux d'attaque (^).

Les généraux alliés avaient reconnu l'importance stratégique

(») Voir aux pièces justificatives, N° 7, la composition du corps du génie au 15 février. (*) Voir aux pièces jusUficalives, N° 8, uno lolire à l'Empereur rendant comple de la Mlualion du siège, au mois de f<''vri(M*.

d'Eupatoria , dottt Toccupation était une menace pour Pérékop et Simphéropol.

Le chef d'escadron Osmont, de Tétat-major français, avait été nonmié commandant supérieur d'Eupatoria, et avait pris possession de la ville avec deux compagnies d'infanterie de ligne et deux compagnies d'infanterie de marine. Son premier soin fut de la protéger par une enceinte en terre, renforcée par quelques ouvrages détachés. L'exécution de ces travaux fut confiée au capitaine du-génîe Fervel. Les Russes se contentèrent de faire observ er Eupatoria par des détachements de cavalerie. La faiblesse de la garnison était pourtant un danger permanent, car elle n'aurait pu résister à une attaque sérieuse ; il fut décidé que la Turquie eriverrâit une partie de ses troupes disponibles pour garder ce point. Au- commencement du mois de janvier, 10,000 Turcs débarquèrents en effetàEupatoria, et ce premier noyau fut successivement renforcé par divers détachements venant de Constantinople et dé Varna. Dans les premiers jours de février, Omer-Pacha , qui était allé prendre le commandement de l'armée d'Eupatoria, avait sous ses ordres 35,000 Turcs et Égyptiens. Il y avait en outre quelques détachements de troupes anglaises et françaises, et les marins du Henri IV, vaisseau français échoué, que l'on-' avait transformé en une redoute; quatre steamers anglais, qui se trouvaient en rade, pouvaient aussi contribuer à la défense. De leur côté, les Russes avaient successivement renforcé le corps qui observait Eupatoria. Au commencement de tô55, ce corps comprenait la division de hùlans du général Korff et une brigade de dragons de la division Wrangel.

Le prince Menschikolî, voyant la garnison d'Eupatoria s'augmenter chaque jour et travailler avec ardeur à compléter les fortifications de la place, résolut d'en tenter l'attaque de vive force. Il envoya de grands renforts d'infanterie au corps d'observation et donna le commandement de ces forces au général Khrouleff.

Le 16 février, les Russes se concentrèrent laûx environs d'Eupatoria. Dans la nuit, ils s'approchent de la ville et élevait à environ 700 mèti:es un grand nombre d'épaulements couvrant leurs pièces d'artillerie. Le 17 février, vers six heures du matin, environ 80 pièces de campagne ouvrent leur feu contre toute la partie nord-ouest de la place. Après quelques minutes d'une vive canonnade, l'ennemi 5'avance vers la gauche des Turcs; mais reçu par ilne fusillade nourrie et par les feux des vapeurs anglais Vdlorous et Viper, qui le prennent en flanc, il s'arrête et recule. Le général KhroulefT concentre alors toutes ses forces vers le centre et la droite des Turcs : il fBiit amener quelques pièces vers la droite, au nord du lac Sasik, puis forme les colonnes d'attaque à l'abri du mur d'un cimetière. qui n'estait qu'à environ 350 mètres de la place; et de là Içs lance deupuveau; mais foudroyés par la fusillade, pris de face et sur leur flanc droit par les feux de l'enceinte, et sur leur flanc gauche par ceux des vapeurs anglais Curaçao et Furious, les Russes s'arrêtent, tourbillonnent et bientôt se retirent en désordre. Une nouvelle colonne d'assaut, munie d'échelles et de madriers, n'a pas pli^ de. succès que la première. Le général Khroulefl* ordonne la retraite; il est suivi par les Turcs qui sortent de la place pour harceler son arrière-garde.

Les Russes laissèrent dans les parties les plus rapprochées d'Eupatoria 453 morts qui furent enterrés par la garnison; ils avaient enlevé leurs blessés et une partie de leurs morts. Le rapport du général Khroulefl" n'accuse pourtant que 500 hommes hors de combat. Près de 300 chevaux russes restèrent sur place.

Le général égyptien Sélim-^Pacha fut tué d'une balle à la tête; maîg les pertes des Turcs furent moins grandes que celles des Russes : elles ne s'élevèrent qu'à 88 tués dont 7 officiers; 277 blessés dont 10 officiers; 79 chevaux d'artillerie tués et 18 blessés, et quelques canons endommagés. Le détachement français a eu 4 hommes tués et 9 blessés. '

Pendant les premiers jours du mois de février, on s'est contenté, attaques de gauche. dans les attaqu%contre la Ville,* de perfectionner les tranchées existantes. Quelques travailleurs ont été employés à y construire de^ gradins et des traverses contre les feux des embuscades russes, à épaissir et exhausser les parapets, à déblayer le rocher dans les parties«qui n'avaient encore pu être suffisamment approfondies, à enlever les neiges et les glaces, et à assurer l'écoulement des eaux.

Le travail des mines se continue sans interruption, comme il est MmcsCPi. ix,6g.4:. indiqua PI. IX. Les mineurs cheminant en tète donnent à la galerie un^ largeur de 0^80 sur une hauteur égale à répaisseur de la couche « d'argile. Les auxiliaires, suivait à distance, déblaient le roc inférieur et l'argile sur les côtés, placent des rails en bois pour les chariots servant au transport des sacs à terre et posent des tuyaux en fonte prpvenant de conduites d'eau, pour aniener en tète l'ahr chassé par deux ventHâteurs placés au fond du pui£9. La vitesse maximum du travail a été deâ^SO, et sa vitesse moyenne de 2"<X) en 24 heures. ' , Dans la nuit du 3 au 4 février, la galerie de 4roite, arrivée à 110 «"camouneide» Russe . mètres de longueur, est arrêtée par un camouflet de l'ennemi (d,) qui tue les deux mineurs les plus avancés. On apprend ainsi que le mineur russe est averti de notre marche et se trouve en mesure de l'arrêter. D'après un rapport du prmce Menschikoff, c'est le 30 Janvier que les Russes entendirent pour la première fois le mmeur français. Des travaux exécutés à l'avance leur permirent de préparer aussitôt un camouflet.

Le 6 février, vers huit heures du sour, avant le lever, de la lune, n«»i^" ^ «" ? f«>''^r une sortie russe se présente vers la gaudie des tranchées, mais l'ennemi se contente de faire quelques feux de peloton et se retire.

Toute idée de surprendre l'ennemi par les mines devant être abah- ^JJJj"J.^J^ îe^^ro a donnée, on forme tç projet de pousser des rameaux sur les côtés **''"' pa^^a'^mlifc""^'' des galeries pour se bien éclairer et ouvrir une suite de larges entonnoirs dans lesquels on pourra s'établir, vers le milieu de la dis-

— 14(> — tauce qui sépare la 3' parallèle de la contrescarpe du bastion du mât. Quelques fourneaux intermédiaires, convenablement disposés, faciliteront l'établissement des communications entre ces entonnoirs et la 3' parallèle. Mais avant tout, on juge indispensable de faire jouer un fourneau sous-chargé pour créer un obstacle à la marche de rcnnemi; à cet effet, on dépose en tête de la galerie de droite, un peu en arrière du point où le camouflet a été reçu, 5 barils contenant chacun 37 kilog. de poudre, en tout 185 kilog., et on entreprend un bourrage en sacs à terre. Le 7 février, à 5 heures du soir, on donne le feu à ce fourneau : il produit un petit entonnoir a^ et projette en dehors quelques blocs de rocher. On a commencé aus- * sitôt à le débourrer.

Le même jour, on ouvre, pour Texécution du projet qu'on a en vue, les rameaux 1,2, 3, 4 dans la galerie de droite, 5, 6, 7, 8 dans celle de gauche, et on continue à y cheminer en avant.

Les chefs de bataillon du génie Dumas et Masson, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 406 travailleurs d'infanterie.

On ouvre , sur 170 mètres, une tranchée qui, partant de la portion de troisième parallèle à l'extrême droite , va envelopper en avant de la batterie n** 35 les postes russes qui se trouvent sur le petit contrefort compris entre le ravin des Anglais et le vallon qui longe la face gauche du bastion du mât. Cette tranchée , prolongée les nuits suivantes, fut communément désignée sous le nom de bojfau lancé.

Le feu de la place , qui avait été très-faible dans les premiers jours de février, est très-vif dans la nuit du 7 au 8, sans cependant nous causer de grandes pertes.

Mines. L'ennemi, logé dans notre entonnoir ai, le couronne et y travaille.

Nuit du 8 au î) février. Le feu de la place a été encore très-vif dé sept heures et demie à neuf heures et demie du soir contre la droite des aittaques, pendant qu'une teiitalive de sortie avait lieu contre la gauche , du côté de la <iuarantaine.

Nuil du 7 dU 8 révrior.

-^ 147 — Les batteries n^* 31 et 32 sont prêles à être armées. Vers sept heures du matin, les Russes font jouer un fourneau (d^ Joamée du o février.

' Minos.

dans l'entonnoir qu'ils ont occupé pendant la nuit du 7; l'explosion détruit leur couronnement» et disperse une partie de leurs chevaux de frise et abatis , sans nous faire aticun mal.

L'ennemi travaille dans son entonnoir dont il a réparé le couron- joumécdu4o févrior. nement. On voii s'accunmler, sur la contrescarpe du bastion du mât, des terres jaunâtres qui paraissent provenir de la couche d'argile dans laquelle nous cheminons nous-mêmes. Nos mineurs creusent des chambres aux extrémités de chaque rameau.

Dans la nuit, 10 éclaireurs, conduits par un sergent du génie, Nuitau^oaiHUévrior vont faire une reconnaissance verâ le bastion du mât. Par une fâcheuse méprise , au moment où ils rentraient, les hommes de garde dans la portion de troisième parallèle en face de ce bastion ont fait feu sur eux et en ont blessé deux. Ces quelques coups de fusil ont attiré sur la troisième parallèle un feu vif de la place, qui a duré plus d'une heure. Vers deux heures, une sortie russe s'est avancée du côté du cimetière de la quarantaine; mais, après une courte fusillade, elle est rentrée sans rien entreprendre.

Vers deux heures de l'apriès-midi , une bombe partie du bastion joumée an n r. vri<^r. du mât tombe sur le magasin de la batterie n"" 3 renfermant les fusées de signaux ; elle met le feu à ces fusées, ainsi qu'à un baril de 100 kilog. de poudre. Cet accident n'a blessé personne; les dégâts sont peu considérables.

Le chef de bataillon Noël et le capitaine du génie Goury, chefs nuu du u nu 15 février. d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 362 travailleurs d'infanterie.

On rectifie, sur une longueur de 160 mètres, la communication qui conduit de la batterie n* 9 à la batterie n*» 11. On berrre le grand ravin du fond du port par un mur en pierres sèches, et on y construit quatre guérites pour les factionnaires avancés.

L'artillerie arme la batterie n» M de 2 canons-obusîors do 12. NuiidiH5.vH6n\rior.

li).

Celle batterie, située en avant du centre de la troisième parallèle, est destinée à agir contre les sorties! Journée du 46 février. Le manque d'air oblige d6 réduire le nombre des trarailleurs en

Mines. ^ ^

tète de la galerie de gauche; on a employé pour la ventilation des tuyaux de conduite d'eaii en fonte, trouvés dans les environs, et leur diamètre trop petit ne permet pas d'utiliser toute la forcé de» ventilateurs. On porte la dimension des rameaux à 0*^ de hauteur $ur 0^ de largeur.

Nuii du 46 au 47 février. Lo chef do bataillon Dubost et le capitaine du génie Béziat» chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 170 travailleurs d'infanterie. I

On rectifle, sur 78 mètres de longueur/ l'extrémité de la communication allant de la maison' du clocheton à la grande place d'armes qui renferme la batterie n*" 9 ; cette communication était vue d'écharpe par la batterie de la terrasse, dans la partie qui descend vers la place d'armes.

Journée du 49 février. Dos désortcurs annouceut que l'assiégé fera sauter, la nuit prochaine, toutes les têtes d'écoute de nos mines, et qu'il a un rameau qui le conduit sous la troisième parallèle. On ne considère comme admissible que le premier avis, et on se tient sur ses gardes.

Nuit du 21 m î2 février. Lo chcf de bataiUon du génie Boissonnet, chef d'attaque; deux brigade de sapeurs et 149 travailleurs il'infanterie.

On prolonge de 25 mètres la place d'armes ouverte en avant de la batterie n« 35 (boyau lancé ) . .

Journée du 22 février et Lcs Russos out bcaucoup tiré sur les battories en construction ; ils ont lancé des boulets rames, des obus percés de plusieurs trous en uâage dans la marine^ et des petites fusées qui ont été généralement à 800 mètres de distance.

Nuii du 23 au 24 février. Lc chef dc bataillon du génie Galop, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 144 travailleurs d'infanterie. On ouvre une nouvelle communication entre un magasin k poudre

situé dans le petit ravin débouchant au fond du port et la deuxième parallèle;

Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d'attaque; deux bri- Nuiidunau^fénier. gades de sapeurs et 168 IravaMleurs d'infanterie.

On prolonge, jusqu'au bord de l'escarpement, la place d'armes qui courre la batterie n* 3J5.

Notre mineur ayant entendu distinctement le travail des Russes, ioornéedu «6 féfrier.

•^ ' Mines.

on a donné le feu à un camouflet (a 2) dans le rameau 1; mais l'explosion, qui a repoussé le bourrage, ne parait pas avoir eu d'effet du côté de l'^memi. . :

Les Russe&envoient sur les batteries en construction n"* 25 et 25 bis Nuit du ts février au 4"

mars.

une si grande quantité de bombes que le travail a dû être interrompu.

Dans les derniers jours de février, les Russes travaillent à établir '''™'"» ^^ »««««« une batterie en avant de la porte qui se trouve dans le mur (rénelé entre le bastion central et le bastion de la quarantaine.

Les pertes éprouvées par le 1" corps, pendant le mois de février, PeK^du <•' corp?. s'élèvent à 69 tués dont 1 officier; 383 blessés dont 9 officiers; 15 disparus; en tout 466 hommes hors de combat.

Le nombre des travailleurs employés aux tranchées et aux mines Nombre de tmTainenrs

emplovéj»,

des attaques débuche, pendant le mois de février, a été de : 76 sapeurs ou mineurs et 844 soldats d'infanterie par journée, 62 — 294 — par nuit.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, une partie du 2« corps commandé atta^^es de droite. par le général Bosquet, fut chargée des travaux d'attaque.à ^nlre- ^^^^'^^ 4855. prendre contre le centre et la gauche des défenses du faubourg Karabelnaya. ^

Les premiers travaux furent exécutés sur le montSapoun, à droite du ravin du carénage. On avait commencé à établir, pendant l'hiver, divers ouvrages isolés sur le plateau où s'était livrée la bataille dlnkermann.

Ces ouvrages comprenaient : une redoute Ciirrée , dite redoute du phare, placée un peu en avant de la route postale descendant au pont d'Inkermann ; une autre redoute semblable, dite grande redoute des Anglais, à gauche de la précédente; une batterie de 9 pièces, connue sous le nom de batterie des Anglais et située à environ 180 mètres en avant de la redoute des Anglais; une grande batterie» dite batterie du fond du port, élevée en avant des ouvrages précédents, vis-à-vis et à 550 mètres environ du fond du grand port; enfln une grande place d'armes , dite anglo^française, qut se reliait par sa droite à la batterie du fond du port. Ces ouvrages furent complètement terminés dans le courant de février î la redoute du phare le 23, et la batterie du fond du port le 27. Ils avaient pour but d'assurer aux alliés la possession du terrain de la bataille d'Inkermann, entre le fond du grand port et le ravin du carénage; la batterie forçait en même temps les bateaux à vapeur russes de se tenir plus éloignés des travaux qu'on allait entreprendre sur le plateau. Les Français achevèrent aussi en février la redoute Victoria commencée par les Anglais, à 600 mètres en arrière de la batterie Lancastre, entre le ravin Karabelnaya et celui du carénage. Parmi les travaux importants tîxécutés par le 2« corps, nous citerons encore une route etapierrée qui, partant du grand quartier général, passait derrière les lignes de circonvallation, coupait la route Woronzoff , et venait rejoindre la route postale qui traverse le champ de bataille d'Inkermann.

Les travaux d'attaque furent entrepris sur le plateau du carénage dans les premiers jours de février. L'artillerie commença bientôt après la Construction d'une batterie (n"" 1) qui fut plus tard armée de 13 canons anglais du calibre de 32 et de 2 canons de 68 . Journée du 44 février cl ^^ élargît la parallèle du carénage qui avait été amorcée par les Anglais, et l'on ouvre, par parties, la communication qui doit relier cette parallèle avec la gauche de la place d'armes anglo-fraur çaise.

nuii sutrante.

On contiiuie les travaux de la parallèle et des communications en Journée du h février it

*^ nuit suivante.

arrière. L'artillerie achève l'armement de la redoute du phare.

Pendant la nuit » 300 zouaves vont reconnaître les postes russes qui observent la droite de la parallèle du carénage. L'ennemi se retire très-précipitamment en essuyant quelques pertes : nous n'avons que 3 hontmes blessés.

On perfectionne les travaux entrepris et on ouvre quelques non- Joumce du 43 février ii

nuit suivante.

velles portions de la communication de la parallèle avec la place d'armes anglo-française. On fournit des travailleurs pour construire, à l'extrême droite de la 2' parallèle des Anglais, la batterie de 8 pièces (n"" 9) qui , ainsi qu'il a été déjà dit, devait croiser ses feux sur le mamelon vert avec ceux de la batterie française de 15 pièces (n" 1) établie sur le plateau du carénage. On prépare, sur la droite de la batterie du fond du port, un épau- Journée du 45 février et

nuit suivante.

lement en retour pour deux pièces destinées à prendre des vues sur le pont d'Inkermann. ^

On commence à construire la. batterie n"" 2 située dans la parai- isuiiduHauisfcvrier. lèle du carénage, h environ 300 mètres à droite de la batterie n" 1 . Cette batterie doit recevoir 6 mortiers de 0~27. L'artillerie amène & pièces anglaises de 32 lourd dans la batterie du fond du port. Il ne manque plus, pour achever Uarmement de cette batterie, que les 2 pièces de 18 qui doivent battre la chaussée d'Inkermann.

Les généraux en chef avaient formé le projet de faire enlever le Kuii du 4o au «o février. corps de 6 à 7,000 Russes dont le centre est établi à Tchorgoun, et Tchernap^Tni"»^^^ ^

le mauvais temps.

qui observe la rive droite de la Tchernaya et les débouchés de la vallée de Balaclava. Le général Bosquet devait partir la nuit avec la division Bouat, une brigade de la division Camou, A bataillons lde la division Dulac et de là division tutque, la cavalerie du général d'AIIônville, 4 batteries d'artillerie dont une à cheval, et une demicompagnie de sapeurs, afin d'être, au point du jour, en mesure de tourner l'ennemi en traversant le pont de pierre de Traktir, et de

lui couper sa ligne de retraite. Le général Colin Campbell commandait les troupes anglaises qui dcfvaient prendre part à cette opéralion. Les troupes françaises étaient prêtes à partir, et la 1" division ' . s'était déjà mise en route, ainsi que les troupes anglaises^ lorsqu'une

violente bourrasque de vent et de neige qui s'éleva vers neuf heures du soir vint rendre le mouvement impossible. Le général en chef dut le contremander.

Nuit du î4 au îî février Les Russcs commeuccnt la construction d'une redoute sur le vertes Russes construisent

redoute séîinghinsk. ^^^ ^u mout Sapouu, à cuvirou 850 mètres en avant de la batterie n^ 2. Cet ouvrage fut appelé par eux redoute Séîinghinsk, du nom du régiment qui l'exécuta. Les Français ne s'aperçurent de ce travail qu'à la pointe du jour; la fusillade s'engagea aussitôt entre les tirailleurs français et russes.

Nuit du 22 au i3 février. Lc chcf dc bataillou du génie Masson, chef d'attaque; 1 brigade de sapeurs et 270 travailleurs d'infanterie.

On ouvre deux communications en arrière de la batterie n" 1, l'une de 96 mètres de longueur spécialement destinée à l'artillerie, l'autre de 215 mètres rejoignant la gauche de la parallèle.

Nuit du 23 au n février. Le chcf dc bataillou du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque ; 1 brigade de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On ouvre en avant delà batterie n* 1, sur 250 mètres de longueur, une tranchée destinée à remplacer la partie de la première parallèle occupée par cette batterie, et à protéger celle^i contre les attaques des Russes.

Aiia^uçdcia redoute Daus la uuit, une attaquc est dirigée contre la redoute Séîinghinsk à laquelle travaillent les Russes. Le général Mayran est chargé de celte opération* Le général de Monet commande les troupes d'attaque qui se composent de 2 bataillons du 2* régiment de zouaves, d'un bataillon d'infanterie de marine ('s et d'un détachement de

(») Ces Intis baluilloiis prcsci liaient un ell'ecliï de 1,3^ Ijoniiiies.

troupes du génie sous les ordres du capitaine Valesque. Deux bataillons» l'un du 6% l'autre du 10' de ligne, sous les ordres directs du général Mayran, forment la réserve.

D'après les rapports russes, 9 bataillons concouraient à la défense de la redoute.

Les troupes d'attaque se mettent en marche à une heure et demie sur trois colonnes. Les deux bataillons de zouaves forment les colonnes de droite et de gauche. Le général de Monet est au centre avec le bataillon d'infanterie de marme qui sert de réserve.

Grâce à une grande c^scurité, la colonne de droite, conduite par le colonel Cler, des zouaves, arrive jusqu'aux premiers postes des Russes sans être aperçue. Là^ elle est reçue par un feu très-vif, mais les zouaves sejettent sur les Russes sans tirer, et marchent résolument sur l'ouvrage. La colonne de gauche, un peu retardée par les difficultés du terrain, traverse également les avant-postes. Au moment où ces deux colonnes abordent les troupes qui couvrent la redoute, le général de Monet, qui suivait le mouvement avec la colonne du centre, reçoit plusieurs blessures qui l'obligent à appeler le colonel Cler pour lui remettre le commandement. Le colonel Cler revient sur la redoute et, réunissant tous les soldats qu'il trouve ^ur ses pas, il renverse les gabions qui couronnent la contrescarpe, traverse le fossé en culbutant l'ennemi, et gravit le parapet. Mais l'ouvrage est rempli de troupes, et les assaillants qui ne sont pas tués sont rejetés dans le fossé où ils se voient bientôt entourés par les Russes arrivant de tous côtés. Le feu des batteries de la place, de la rive du port et des vaisseaux^ient se jomdre à celui de la mousqueterie qui converge sur nos troupes. Les projectiles lancés au hasard dans ce combat de nuit font, il est vrai, plus de mal à l'ennemi luimême qu'à nos soldats ; mats jugeant qu'ils succomberont bientôt sous le nombre , le général Mayran fait sonner la retraite. Le colonel Cler qui, espérant des renforts, tenait<latis le fossé, s'élance alors à

U tète de sa petite troupe, se fraie un passage, à coups de baïonnettes et de crosses , à travers les rangs de l'ennemi , et rejoint le reste des colonnes d'attaque qui rentrent dans les tranchées sans être suivies.

Nos pertes furent sensibles \ elles s'élevèrent, y compris quelques honunes atteints pendant la journée du 23 , à 80 tués dont 4 officiers ; 180 blessés dont 15 ofl&ciers; 15 disparus dont 3 officiers. Le corps du génie eut particulièrement à regretter le capitaine Valesque, cité à l'ordre et ndmmé officier de la Légion d'honneur par le général en chef. Frappé à la jambe par un boulet, il mourut trois jours après. Les rapports russes accusent une perte de 65 tués dont 5 officiers, et 236 blessés.

La position sur laqueHe les Russes venaient d'étlablir un ouvrage de contre^^approche était habilement choisie. Cet ouvrage se trouvait à 900 mètres de nos tranchées qui, creusées en partie dans le rocher, étaient encore bien imparfaites ; il était placé sur nne croupe où convergeaient les feux de Tenceinte de la place, des bateaux à vapeur et des batteries que l'ennemi avait déjà établies sur la rive nord du port. La batterie russe du phare, armée de pièces d'un très-^os calibre, en battait les approches dans une direction diamétralement opposée à celle des coups venant de la tour Malakoff. On ne pouvait pas en déloger l'ennemi pour prendre sa place ; car l'ouvrage, à peine ébauché, étant complètement ouvert du côté du nord, on y am*ait été écrasé par les feux de l'artillerie russe. II est à remarquer, en outre, que les commùnicatiohs de nos tranchées avec cet ouvrage ne pouvaient être établies que par un travail de longue haleine, car sur ces plateaux rocheux nous étions obligés d'aller chercher la terre au loin pour former les épaulements de nos batteries, et les vues d'écharpe de la batterie du phare et de la tour Malakoff obligeaient d'élever des parapets des deux cètés sur une bonne partie des cheminements.

L'attaque du 23 février fut faite de nuît^ pour que nos troupes n'eussent pas trop à souffrir des feux d'artillerie qui allaient conver-

ger sur elles. On lie devait occuper Touvrage des Russes que le temps nécessaire pour renverser les gabions, et mettre le désordre dans les travaux ; tnais , comme il arrive souvent dans les sorties de ^ nuit, une portion de la colonne d'attaque s'égara et ne prit pas part à l'action. Lés deux bataillons de zouaves qui arrivèrent jusqu'à l'ouvrage trouvèrent l'ennemi prévenu et très-supérieur en nombre. Ils combattirent bravement, mais sans grand résultat.

Le chef de bataillon du génie Dumas, chef d'attaque; une bri- Nuitdu«4auî6féTrier. gade de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On achève d'ouvrir la tranchée qui enveloppe la battOTie n^ 1 , et on rectifie, sur 100 mètres de longueur, la droite de la parallèle.

Les Russes ouvrent cette nuit six embrasures dans la redoute Sélinghinsk que les alliés désignent sous le nom d'ouvrage du 22 février. Ils embossent cinq bateaux à vapeur et deux vaisseaux vers le fond du port, pow protéger cet ouvrage.

Le chef de bataillon du génie Masson, chef d'attaque; une bri- NuîtdussaaseféTrier. gade de sapeurs et'290 travailleurs d'infanterie.

On prolonge la première parallèle de 220 mètres sur sa droite , en infléchissant son tracé pour échapper aux coups qui partent de la batterie du phare. .

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque; NuUdo WduWfénier. une brigade de sapeurs et 300 travailleurs d'infanterie.

On ouvre, à l'extrémité du retour de droite delà parallèle, une tranchée de 195 mètres de longueur, destinée à relier cette parallèle à des postes établis sur la droite du contrefort du carénage; on établit en outre deux nouveaux postes pour couvrir ce cheminement.

On lance de la redoute Victoria 55 fusées dans la direction du Joaméeda«7féTricr. port du Sud ; on en a vu 7 éclater dans la ville et y allumer un commencement d'incendie que les Russes ont promptement éteint.

Le chef de bataillon du génie Dumas, chef d'attaque; une brigade NuUdu^rî aussi^vner. de sapeurs et 310 travailleurs d'infanterie.

— 15() — On perfectionne la droite de la première parallèle, et on organise des embuscades devant son extrémité gauche. suii da î8 [J^cr M <•' Le^ Russes commencent une seconde redoute à environ 250 mètres ^l' îiSôuTe vTilS^^^^^^ en avant de la première et à 600 mètres de la parallèle française. Cet ouvrage» qu'ils nommèrent redoute Volhynie, du nom du régiment qui le construisit et l'occupa, fut. désigné par les alliés sous le nom d'ouvrage du 21 février. Les deux redoutes furent aussi appelées ouvrages blancs, à cause de la couleur des terres de leur parapet.;

Le plan d'attaque des fronts de Malakoff , qui avait été approuvé par les généraux en chef, reposait sur l'occupation du mamelon vert, situé à 600 mètres en avant de la tour Malakoff. Les ouvrages construits par les Russes sur les croupes du carénage allaient rendre ce mamelon plus difficilement abordable ; il y avait donc à examiner s'il ne convenait pas de se porter immédiatement sur le mamelon vert avant que les ouvrages du carénage fussent armés. La batterie Lancastre, située à 1,400 mètres du mamelon vert, était le point le plus avancé où les alliés avaient pris pied entre le ravin du carénage et celui de Karabelnaya. A partir de cette batterie, on descendait en pente douce vers la place, sur une distance d'environ 1,000 mètres; là se trouvait un col , à partir duquel le terrain se relevait en pentes très-prononcées jusqu'au sommet du mamelon. Toutes les reconnaissances qu'on avait pu faire sur ce terrain annonçaient qu'on n'y trouverait qu'une couche de terre très-mince et que même, s^r plusieurs points, le rocher affleurait le sol. Ainsi , en partant de la batterie Lancastre, située à 2,000 mètres des fronts de Malakoff, on avait à cheminer sur des terrains qui , s'abaissant vers la place, étaient partout en prise à ses feux et dans lesquels les tranchées ne pourraient être creusées qu'avec les plus grandes difficultés. Les Russes avaient un poste d'infanterie sur le sommet du mamelon vert et, pour se garantir des surprises, ils en avaient eutouré le pied par

~ 157 — une chaîne de tirailleurs qui se tenaient embusqués derrière des abris en pierres sèches. £n outre» ils ayaient un poste plus en avant sur la berge gaucjie du ravin du carénage, pour surveiller tous les mouvements qui pourraient se faire dans ce ravin. Ouvrir des tranchées en partant de la batterie Lancastre pour se rapprocher du mamelon vert, c'était annoncer l'intention de s'y établir et provoquer les Russes à s'y fortifier. Il fut donc décidé que, pour le moment, il ne serait fait aucun cheminement en avant de la batterie Lancastre; que l'on établirait plusieurs nouvelles batteries contre les ouvrages du carénage , tout en poussant le plus possible la construction des batteries n"" 1 des attaques françaises et n"" 9 des. attaques anglaises de droite, et que si l'ennemi entreprenait là construction d'un ouvrage, sur le mamelon vert, on irait en prendre possession de vive force, pour y établir d'emblée une parallèle dont les comnmnicalions en arrière seraient amorcées la même nuit et continuées les nuits suivantes.

Le feu de la place , contre les travaux exécutés sur le plateau du p^^iei du «• corp». carénage pendant la seconde quinzaine de février, a été, en général, très-faîble et ne nous a pas causé de grandes pertes. Les pertes du 2* corps, depuis le 13 jusqu'au 28 février inclus, s'élèvent à 87 tués dont 4 officiers; 204 blessés dont 16 officiers; 15 disparus dont 3 officiers; en tout 306 hommes hors de combat.

La moyenne dti nombre de travailleurs employés aux tranchées a Nombre de travuiupur»

■^ * employés.

été de :

47 sapeurs et 855 soldats d'infanterie par journée;

22, — 196 — parn^it.

. En ajoutant aux pertes du 2* corps celles du 1**^ corps données '^^^^^J^^*,^^^" "*'* plus haut, on verra que l'armée française a eu, dans le courant du mois de février, 155 tués, 587 blessés et 30 disparus; en tout 772 hommes hors de combat. *

MOIS DE MARS. L insuccès de l*attaquc d'Eupatoria paraît ^voir eu un gr^nd re- NS'^-Sgement t^ntissemeiit à Saint-Pétersbourg et avoir vivement affecté l'Empe- .tVS?n.TSi! reur Nicolas, déjà fort malade. Peut-être n'a-t-il pas été sans influence sur le rappel du prince Menschikoff , ^i remit le commandement de l'armée de Crimée au général Osten-Sacken, le 2 mars, le jour même où TEmpereur Nicolas expirait à Saint-Pétersbourg. Le prince Gortchakoff II reçut le commandement général des armées du Sud, comprenant celle de Crimée et celle qui campait sur les bords du Dniester, en Bessarabie, en Podolie et en Volhynle, et qui était sous le commandement spécial du général Luddrs. Alexandre II succède L'Empcrcur Nicolas !•'' fut remplacé sur le trône de Russie par son

à Nicolas I.

fils, Alexandre IL La diplomatie et Topinion publique fondèrent sur cet événement des espérances de paix ; mais les conférences ouvertes à Vienne le 15 mars n'eurent aucun résultat et ne pouvaient guère en avoir, en face de difficultés que la prise de Sébastopol pouvait seule faire disparaître.

Dans les premiers jours du mois de mars, le général Osten^acken fit sortir de Sébastopol toutes les femmes qui s'y trouvaient. Le grand-duc Nicolas adoucit les rigueurs de cette mesure en faisant remettre une indemnité à toutes les femmes pauvres.

ATTAQT E5 DE oArcHF. Daus Ics trancliécs françaises de Fattaque de gauche (contre la ville), on s'occupe, pendant tout le mois de mars, à réparer et renforcer les parapets des tranchées, à pétarder le roc dans les parties non encore arrivées à profondeur, à établir des gradins et des créneaux dans les parallèles, et à construire des traverses contre les embuscades russes, notamment dans la longue branche du T. On travaille aussi, pendant tout le mois, à élever un mur en pierres sèches reliant la gauche delà ligne de contrevallatlon, près du lazaret, au fond de la baie de la quarantaine ; vers la fin du mois, on creuse une tranchée derrière ce mur.

" mars.

fig.4).

louraée du ^ mirs.

Mioes.

A dix heures du matin, les Russes font jouer dans leur entonnoir i«"rn^,iî*"i"

" Mmes (PI. IX,

un petit fourneau {d^) qui ne nous fait aucun mah

On entend le mineur russe de tous les rameaux avancés 1, 2, 10 et 11, où notre mineur chemine.

Un second ventilateur, qui vient d'être établi dans la galerie de droite avec des gaines en bois, donne beaucoup plus d'air que le premier ; il nous permet d'augmenter le nombre des attaques et d'ouvrir le rameau de communication 13. ^ Vers neuf heures du soir, les Russes font jouer coup sur coup Journée du 3 mar;,.

Biincs.

deux fourneaux qui produisent un entonnoir devant la face gauche du bastion du mât, en arrière des abatis, et fort loin dé nos attaques. La place accompagne ces explosions (dont les entonnoirs ne figurent pas sur nos plans) d'une grêle d'obus et de grenades qu'elle envoie sur les tranchées. Vers onze héureà, l'ennemi fait un nouvel entonnoir [de) devant la face droite du bastion du mât. Ces explosions ne peuvent s'expliquer que par une bien fausse appréciation des mineurs russes sur le point où en sont arrivées nos têtes de galeries.

Les Anglais commencent la construction d'une batterie de 6 pièces Nuit du 4 au b mar:, (n* 7) en avant de l'extrême gauche de leur troisièùse parallèle. Cette Aatterie concomra avec la batterie française n<> 26 à battre le port du Sud et les défenses adjacentes.

A cinq heures du matin, les Russes font jouer dans leur entonnoir un fourneau {d^) cpûne nous cause aucun dommage. Ils envoient en même temps une grande quantité d'obus et de grenades sur les tranchées.

Plusieurs observations constatent que le travail fait à la pioche, dans notre couche d'argile, s'ent^d dans les rameaux à 30 mètres de distance.

Vers onze heures du soir, on amène dans la troisième parallèle, devant le bastion du màt> â petits mortiers qui lancent pendant la nuit une vingtaine de bombes sur le glacis du bastion ; les batteries

Nuil du 5 «u 6 uart».

iouroée du 6 mra.

Minet.

Jouniée dy 7 iD«n>.

Nail du 8 au 9 mars.

Journée du 9 mars.

lliue«.

Jouruée du 40 inaiy.

Mines.

Journée du 44 mars,

Lei Russes (Jouiienl lous les jours

|ilui d'extension à leurs contreniines.

de la deuxième parallèle cherchent également à gêner le travail de rennemi par des obus qui paraissent très-bien dirigés.

A une heure de Taprès-midi, Fennemi fait encore jouer un fourneau ((fa) qui ne nous atteint pas.

A cinq heures, rartilierie commence à lancer de la rive Est de la baie de Strélitzka des fîisées à longue portée sur le parc aux voitures établi par les Russes entre le fort du Nord et le fort Catherine. Les fusées portent bien et jettent le désordre dans le parc dont les voitures sont emmenées À la hâte.

Le chef de bataillon du génie Noël et le lieutenant Delaboissière, chefs d'attaque ; 2 brigades de sapeurs et 652 travailleurs d'infanterie.

On ouvre à la sape volante, sur 200 mètres de longueur, une portion de place d'armes ou parallèle en avant de là troisième parallèle, du côté du cimetière. On exécute en même temps une communication de 200 mètres de longueur, destinée à relier la nouvelle tranchée à la troisième parallèle en arrière.

A huit heures et demie du sohr, les Russes ont fait d'une de leurs embuscades un« petite sortie probablement chargée de reconnaître le travail des assiégeants. Puis ils ont dirigé. contre les travailleurs un feu vif qui a mis 30 hommes hors de combat. ^

Les Russes continuent à tirer activement sur les nouveaux travaux, que l'on est obligée d'interrompre pendant le jour.

Une forte explosion russe (^9) a lieu à cinq heures <lu matin; les gaz ont pénétré dans les rameaux avancés, d'où notre mineur a dû être retiré pendant quelques instants.

Notre mineur a poussé la galerie de gauche jusqu'à 95 mètres de la troisième parallèle ; il entend devant lui, et pour la première fois, le contre-mineur qui exécute un travail de pétardement.

Les terres jçtées par le mineur russe sur la contrescarpe du bastion du màt augmentent continuellement et l'espace, qu'elles recouvrent s'étend de plus en plus vers les flancs; nous entendons d'ail-

leurs le travail de rennemi à 12 ou 15 mètres devant chacune de nos galeries. Ainsi» aucun doute ne peut nous rester sur les prépa^ ratife consid^ables que fait l'ennemi pour arrêter nos cheminements souterrains*

Nous nous trouvons dans les conditions les plus défavorables pour une guerre souterraine. Le mmeur russe, bien établi dans la couche d'argile, est protégé par le banc de rocher supérieur contre les glo^ bes de compression. H s'approvisionne et s'aère plus facilement que nous, soit par le fossé du bastion du mât, soit par le dessus du glacis. Le point où vont^ rencontrer les mineurs étant plus rapproché du fossé que de la troisième parallèle, si nous ouvrons des entonnoirs isolés, l'ennemi, soutenu par les feux de sa nombreuse artille-^ rie, a plus de chances que nous d'en rester mattre. On ne peut espé^ rer de former un établissement solide sur nos tètes de rameaux qu^en disposant les fourneaux de telle sorte que leur explosion simultanée nous ouvre une vaste excavation, servant de quatrième parallèle, dans Uquelle on pourra jeter une garde assez forte pour résista aux sorties de la place, même dans le cas où les communications en arrière, si difficiles à établir sur le rocher, ne seraient pas encore bien assurées. C'est toujours vers ce but que tendent les efforts de nos mineurs. Le capitaine du gtoie Pingault est particulièrement chargé de tout préparer pour mettre ce projet à exéoition ; il a sous ses ordres les capitaines Berrier et Coste et les^ lieutenants de Longraye et Mengin, qui sont successivement de service pendant vingt-quatre heures.

Les. chefs de bataillon du génie Calop et Noël, diefs d'attaque ; Noiidu44«u45 mars. deux brigades de sapeurs et 767 travailleurs d'infanterie.

On prolonge vers la droite, sur une longueur de 100 mètres, la trandiée ouverte dans la nuit du 8. On ouvre, sur 165 mètres, une nouvelle portion de la même tranchée k partir de là gauche du T. Les extrémités de ces d^ux cheminements se trouvent à âOO métrés

Tune de l'autre. Le terrain est de mauvaise qualité; au jour, on est obligé d'évacuer les nouvelles tranchéeà qui ne sont pas encore ténables. Les Russes ont éclairé le travail par deux pots à feu, et ils ont dirigé sur les travailleurs , jusqu'à minuit , un feu trés-vif de mousquAterie» d'obus et de mitraille. Nos pertes se sont élevées, y conpris celles de la journée du 14, à 9 tués dont 1 capitaine, et 34 blessés.

Nuit du 45 au 16 mars. Lo dbof de bataiUou du génie Mangin, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 466 travailleurs d'infanterie.

On complète par une tranchée de 200 mètres de longueur L'espèce de parallèle exécutée à la gauche du T. Cette nouvdle trandiée se trouve ainsi ouverte sur 650 mètres de longueur. Elle barre le ravin qui longe le mur crénelé et par lequel les Russes font souvent des sorties, et elle forme une excellmte place d'armes pour appuyer les chemipements que l'on doit entreprendre contre le bastion entrai. Au commracement de la nuit, le feu de la place a été vif et nous a causé quelques pertes. Au jour, on a retité la garde et les taravail* leurs de la nouvelle tranchée, où les boulets du bastion entrai ont ouvert plusieurs brèches en renversant les gabions. Sortie russe. Vcrs dix hcures du soir, une colonne de 5 à 600 volontaires russes,

soutenue par des réserves, est sortie du bastion de laquarantaine pour attaquer la gauche de la contrevallation. Deux compagnies, l'une du 10' bataillon de chasseurs à pied, l'autre du 2« tégment de la légion étrangère^ restent immobiles dans la tranchée pour les laisser approcher, et elles les reçoivent par une décharge à bout portant. Voyant l'ennenû en désordre, nos soldats le chargent à la baïonnette et l'accompagnent dans sa retraite par une fusillade nourrie. Dana cette sortie, qui fut repoussée en suivant les règles prescrites dans les sièges, les Russes, qui ne nous firent presque aucun mal, laissèrent 29 cadavre»» entre nos mains.

Mines (PI. X, ûg. 2). Un pcu après minuit, l'ennemi fait joueç un fourneau (d,o). La

fumée a pénétré dans notre galerie de droite qui n'a pas été endommagée , et nos mineurs n'ont pas même interrompu leur travail.

A la pointe du jour, le capitaine du génie de PréservîUe est griè- iouméedu 48 mar?. ventent blessé d'une balle au cou, dans la portion de la nouvelle tranchée voisine du T, où Fon est encore fort mal couvert.

Vers huit heures du soir, trois détachements d'infanterie s'emparent des embuscades russes situées en avant de la même tranchée, entre le ravin de la ville et le cimetière j l'ennemi les abandonne sans résistance. On raèe les quatre enibuscades voisines du T. L'artillerie française fait pendant deux heures un fea soutenu de 16 obusiers et de 60 mortiers ; mais ce feu ayant cessé à une heure du matin, les Russes sont revenus dans leurs embuscades et les ont rétablies. ^ ^

Les rameaux 1 et 5 sont réunis. Dès que la transversale est ou- ioumée du 49 mars.

^ Mines.

verte, ri s'établit un courant d'air qui assainit les galeries et produit line grande amélioration dans la position de nos mineurs.

Le chef de bataillon du génie Tholer, qui vient d'arriver de France, Joamée da «4 nwrp. prend la direction du service des mines ; le capitaine Pingault servira comme adjoint au commandant Tholer.

On entend travailler le mineur russe sur tout le front de lîos che-* minements, et on se tient sur la défensive avec quelques fourneaux et des camouflets chargés et bourrés.

On entreprend six nouveaux rameaux, 26, 27 et 28 à droite^ 29, Joamée da 92 mm.

Mines.

30 et 31 à gauche; cinq d'entre eux sont destinés à recevoir des fourneaux dont l'explosion pourra faciliter la construction des communications qui devront joindre la troisième à la quatrième parallèle. On continue les cheminements 6, 17, 25, 22, 18, 21, 2, et le magasin 24. Ces travaux exigent beaucoup dé monde : on emploie 80 auxiliahres d'infanterie pendant le jour, et 100 pendant

la nuit; 20 de ces derniers sont occupés à jeter sur le parapet

de la troisième parallèle la grande quantité de terre qu'on tire des galeries.

Niiii iiii n an 83 man». £es Russes ayant fait une grande sortie contre les attaques du faubourg Karabelnaya, le travail a été suspendu ; tout le monde se tient sous les armes. L'artillerie lance des fusées qui allument en ville un incendie vers lequel nos mortiers concentrent leur feu jusqu'au jour. Les batteries de la place n'ont presque pas répondu à ce feu.

journée^du «3 mars. Au poiut du jouT, les Russos fout jouer uu fourueau (du) devant notre rameau 20 qui est remblayé sur la moitié de sa longueur par l'ébouTement de ses deux parois d'argile ; le ciel de roc est fortement ébranlé aux environs. Ce rameau, terminé de la veille, était vide; personne n'est atteint.

Journée du 31 mars ei Le chef dc bataillon ilu génie Bubost, chef d'attaque ; une bri-

gade de sapeurs et 250 travailleurs de jour; 103 travailleurs de nuit.

On ouvre sur 130 mètres de longueur, à partir du chemin qui passe

derrière les batteries n** 30 et 31, une portion de la comnHiiiication

qui doit relier ces batteries à celle du fort génois (n"" 37).

TrefauidMRuMM Pendant le mois de mars, les Russes ont travaillé principalement

pendant k meia de mars.

à élargir et approfondir les fossés du bastion entrai « à relier la lunette Schwartz à ce bastion , à établir devant les contrescarpes des masques surmontés de créneaux, espèces de chemins couverts, et à étendre et relier entre eux les ouvrages de contre-approche de la quarantaine.

Au nord du port, ils ont continué le camp retranché qui s'ai^uie au fort du nord, et commencé une nouvelle batterie coiffonnant un petit mamelon situé entre la tour maximilienne et le fort Constantm.

Pertes du 4*' corps. Los pcrtcs du 1«<^ corps out été, pendant le mois de niars, de 85 tués dont â officiers; 423 blessés dont 12 officions; 5 disparus.

Nombre de iraraiUeurs Lo nombro do travailleurs employés aux tranchéea et aux mines

employés.

a été en moyenne de :

80 sapeurs ou mineurs et 576 soldats d'infanterie par journée : 72 275 par nuit.

Le chef de bataillon du génie Masson, chef d'attaque; une. brigade attaqces^b droite. de sapeurs et 500 travailleurs d'infant^ie. '^«•i <>" ^^ »« ^ ™«^^

On prolonge de 324 mètres la communication entre la droite des attaques et lit place d'armes anglo-française.

Les Russes travaillât activement à leur redoute Yolhynie.

Pertes du !•'' au 2 : 5 hommes blessés.

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque ; Nuit du 2 au a mars. une Inrigade de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.

On achève la communication de la droite par Fouverture d^une tranchée de 350 mètres de développement , aboutissant à la ]^ce d'armes anglo-française, (kt exécute en outre une conmiunication de 80 mètres donnant accès à la batterie n"* 3, et l'on commence trois nouvelles embuscades en avant du retour de drqite de la parallèle.

Ver^ le milieu de la nuit, les bateaux à vapeur qui stationnent au fond du port lancent 30 à 40 boulets çt obus contre, les travailleurs; ces projectiles ne blessent personiie.

Au jour ^ on s'aperçoit que les Russes construisent une conmiunication entre les redoutes Sélmghinsk et Yolhynie.

Pertes du 2 au 5 : 4 tués; 2 officiers et 29 soldats l)Iessés; 2 disparus.

Le diief de bataillon du génie Masson, chef d'attaque; une brigade Ruu du 5 aa 6 mars. de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.

On ouvre, sur une longueur de 60 mètres » à la droite de la batterie n^" 3, une tranchée destinée à recevoir les magasins à poudre de cette battwie. On transfprme m place.d'araiies une embuscade construite la nuit précédente à l'extrémité du contrefort, vis-à-vis de la station des bateaux à vapeur russes , et on ouvre, sur 250 mètres,

uae partie de la communication qui permettra d'aller à couvert à cette place d'armes.

Joarnée da 6 mars. A six houTcs du matin , la batterie du fond du port, servie par les Anglais, ouvre. son feu ; elle lance 36 boulets rouges et 34 obus contre les bateaux à vapeur qui sont forcés de se retirer. Les Russes la contrebattent sans grand résultat, par les feux de plusieurs battes ries établies sur la rive nord du port (celles dites du phare, celles de la redoute rftuée plus haut; et la batterie dite en crémaillère). Ce combat d'artillerie cesse vers huit heures.

Pertes du 5 au 6 : 4 hommes blessés.

Nuit du 6 au 7 mars. Lç chcf de bàtaillou du génie de Saint-Laui:ent^ chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 813 travailleurs d'infanterie.

On achève d'ouvrir la communication avec l'embusc»^ de reitréme droite, qui doit être agrandie ^ transformée en place d'armes. On ouvre aussi une nouvelle communication à Textrème gauche de la parallèle, et on commence la construction d'un mur barrant le ravin du carénage un peu en arrière de la parallèle , afin de masquer la communication à travers ce ravin aux vues du poste russe établi sur sa berge gauche.

Pertes du 6 au 7 : 1 tué; 5 blessés.

Nuii du 7 au 8 mars. Le chcf dc bataiUou du génie Dumas, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 819 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 18 mètres la face gauche de la place '^'armes de l'extrême droite ; on continue la communication de gauche et le jnur de masque dans le ravin du carénage. A la fin de la nuit, ce mur a 100 mètres de longueur sur 2*15 de hauteur.

Les Russes ont commencé deux branches d'une crémaillère qui, partant de la gauche de la redoute Volhynie, couronne à peu près le sommet du contrefort qui fait face à celui de notre place d'armes.

Pertes du 7 au 8 : 1 tué.

Le chef de batailloâ du génie Malcor, chef d'attaque ; deux bri- Nuit du s au 9 mars. !

gades de sapeurs et 824 trayailleurs d'infanterie.

On prolonge la face gauche de la place d*armes de droite ; on ouvre, sur la gauche de la bartterie n^ 4, un boyau destiné à recevoir les magasins à poudre dé cette batterie ; enfin, on construit une embuscade en gabions, à- environ 90 mètres en avant du saillant de ' ^ l'enveloppe de la battme n^ 1 .

Les Russes ont prolongé la tranchée à droitede la redoute Yolhynie.

Pertes du 8 au 9 : 1 blessé.

Le chef de bataillon du génie Masson , chef d'attaque ; deux bri- nuïi du 9 au 10 mars. gades de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne Tembuscade commencée la veille; on lui donne deux petits flancs, et on ouvre, sur 180 mètres de longueur, une coimnunic^tion en zigzag. On termine cette nuit le mur qui barre le ravin du carénage.;

Pertes: du 9 au 10 : 3 blessés.

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque ; Nuii du 40 au u marb. une brigade de sapeurs et 838 travailleurs d'infanterie.

On creuse un fossé devant la place d'armes de droite, qui doit être transfo^née en batterie (n* 6). On ouvre, à partir de l'embuscade, en avant de la batterie n"" 1, mt boyau de 80 mètres de longueur qui se dirige vers le ravin du carénage.

Pertes du 10 au 1 1 : 2 tués ; 3 blessés. %

Dès que les brouillards du matin se sont dissipés, on s'apWçott journée du 44 mars ci que les Russes ont commencé dans la nuit, sur le mamelon vert, i^^Rui^^sent^-

premieni la conslruclion

la construction d'un grand ouvrage en terre; ils avaient entouré le g^r fj mamdon vert plateau supérieur du mamelon d'un mur en pierres sèches, derrière lequel de nombreux travailleurs creusaient déjà un fossé. Les Russes appdèrent ce nouvel ouvrage redoute Kamtchatka, du nom du régiment qui y fut employé; les alliés le désignèrent sous le nom A'ouvrage du mamelon vert. {Voir PL VIIL)

On renonce à occuper L'occuDatiou du mamelou Ycrt DOT Ics Russcs empècha les alMés

le menielon vert de vive

forée. de prendre eux-mêmes possession de ce point important , comme

ils en avaient l'intention, aussitôt que les batteries du carénage et la batterie n^ 9 des Anglais pourraient ouvrir l^u* feu. Malheureusement, la construction des batteries du carénage avait présenté de très-grandes difficultés. Les tranchées creusées dans le roc donnaient des parapets en pierrailles facilement endommagés par les boulets de Fennemi, et qui produisaient des éclats dangereux pour les hommes de garde. Pour renforcer ces parapete, les travailleurs sortaient des tranchées pendant la nuit et grattaient le sol pour couvrir les pierres d'un peu de terre ; mais ces moyens ne pouvant suffire pour former le coffire des batteries, auquel On, était oMigé de donner des épaisseurs inusitées peur résista aux pièces de gros calibre qui armaient la place, il fallait aller chercher la terre au loin et l'apporter dans des sacs. La batterie n"" 3 a dû être établie tout entière en relief au-dessus du sol , au moyen de sacs à terre. Le matériel qui venait deKamiesch ou de Balaclava ne pouvait arriver qu'à g^and' peine sur le plateau du carénage, et on n'en avait même pas en quantité suffisante; il avait fallu, pour armer les batteries, mettre en commun les ressources des deux armées, ce qui avait bien des inconvé-' nients. Enfin, le 10 mars, on comptait que les batteries n*" 1 du carénage et n"" 9 des Anglais pourraient ouvrir leur feu très-prochainement, et on réunissait le matériel de sape nécessaire pour l'occupation de vive force du mamdon vert, lorsque les Russes, nous devançant de quelques jours, commencèrent à s'y retrancher.

Le commandant du génie demanda que, dès la nuit suivante, on se portât sur le mamelon vert pour en chasser les Russes avant qu'ils s'y fussent fortifiés, et s'y établir à leur place. Le général en di^f vint sur les lieux, et les ayant examinés avec grande attention, il fut frappé des considérations suivantes :

On proposait d'aborder le mamelon vert avec trois colonnes :

l'une au.centre» partant de la batterie Lancastre et marchant à découvert, avait 1,400 mètres à parcourir pour aller aborder l'ennemi sur un point qui n'était qu'à 600 mètres de la place; une seconde colonne^ à droite, suivant le ravin du carénage, éprouverait peut-être de grandes difficultés pour monter la b^ge gauche de ce ravin, cpii paraissait très-escarpée, et serait ensuite en prise aux coups des redoutes Sélingfainsk et Y olhynie ; ^nfin la colonne de gauche, qui devait suivre le ravin Kàrabelnaya, serait exposée aux feux du S^rand redan (bastion n"* 3) , dès qu'elle dâ)oucherait du ravin pour abwder le mamelon. On devait supposa qu'il s'engagerait sur le mamelon une lutte très-vive, et au jour, en admettant qu'on s'y fût établi^ n'y aurait-il . pas de sérieuses difficultés pour soutenir les gardes des tranchées si l'ennemi faisait une grande sortie?

Cest ainsi que diaque résolution qui était à prendre dans Tattaque de Sébastopol venait révéler toutes les difficultés de l'entreprise. Il s'agissait id de faire ce qui est ordinairement la première opération de tous les sièges, c'estnà-dire de rejeter l'ennemi dans la place afin d'ouvrir une parallèle à 600 mètres de son enceinte; Cette parallèle devait être établie sur un mamelon dont le revers se dérobait aux vues de la place; le terrain sur lequel on devait se pwter n'avait qu'environ 1,000 mètres de largeur, et il était limité des iteux c6té$ par des ravins profonds dans lesquels on était presque partout à couvert; l'ennemi ne pouvait pas déborder nos flancs en dehors de ces ravins, puisque nous y étions déjà établis; et cependant l'ouv^ture de cette parallèle pouvait amener une bataille sanglante qui ne nous rendrait peut-être pas maîtres du terrain que nous vcmUons conquérir. C'est qu'^n effet on n'était pas dans les conditions d'un siège, car on attaquait une armée libre de ses mouvements et asset forte pour livrer bataille dès qu'elle jugerait que les circonstances du combat hii seraient favorables.

Le général en chef décida qu'avant d'attaquer le mamelon sur

lequel les Russes se fortifiaient, ùû ferait des approdies ea partant de la batterie Lancastre» pour se procurer un point de départ ^us rapproché et un lieu où Ton pût ten\r des réserves à couvert. Travaux de. Russes. j^ Russes coutinuent à travailler à la lunette Kamtchatka pendant toute la journée du 11 ; ce n'est que vers trois heures de l'aprèsmidi que la batterie an^^aise n"" 9 ouvre son feu. Trois pièces de la batterie n^ 1 du carénage, servies par des canonniers anglais, ouf^ ureat aussi leur feu contre le nouvel ouvrage russe à sii heures du soir^ et le continuent pendant toute la nuit du 11 au 12; mais on recomialt au jour que les Russes ont activemmt travaillé malgré ce tir* Pertes du il au li : 3 blessés.

Nuit du 42 au 43 mars. Los chcfs do bataillon du génie Malcor et Masson, chefe d'iitta*que; trois brigades de sapeurs et i>000 travailleurs d'infanterie. Ouverture de la 4'* Là coliMiel Frossafd prend toutes ses dispositions pour ouvrir une

parallèle

devant Te iDameionveri. piariUèle ^tre U batterie Lancastre etlemamekHi vert. A l'entrée de la nuit^ il va la tracer luirmén^, opération diflleUe sur un terrain qu'on ne peut pas approcher de jour, et où Ton n'a aucftn point de repère pour se reconnaître pendant la nuit. \&ts dix heures du soir, lès travaillears arrivent et ouvrent la parallèle sur près de 400 mè* très de longueur.

Dans la même nuit, on entreprend aussi la communication en arrière, qui a 800 mètres de dévdopp^nent. Le travail n'est pas inquiété par Tennemi, mais on est sur un terrain rocheux; au jour, la parallèle est h peine traaUe et la communication est très-^imparfaite ; cependani on y reste et on continue le travail.

Ters le point du jour, on prend possession d'iin des contreforts de la berge gauche du ravin du carénage, formant en avant de la droite de la parallèle un éperon d'où l'on plonge dans le ravin ; on com^ mence, à la pointe de ce contrefort, la construction d'un petit poste qui prit plus tard le nom de po$te de l'éperon.

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent , chef d'attaque ; ^oamée da 43 mar!>. ime brigade de sapeurs et 629 travailleurs d'infanterie.

Les Russes font un teu très-vif au moment où on relève les travailleurs. On améliore la parallèle ^ on la couronne de sacs à tOTre; on améliore ans» la communication ra arrière et on la prolonge juscpi'au petit ravm qui descend de la batterie Lancastre dans le ravin du carénage.

Pertes du 12 au 13 : 2 tués ; 8 blessés^

Une brigade de sapeurs et 1,027 travailleurs d'infanterie. ^»'* ^" ^^ •« *^ ««"•

On {M^olonge la parallèle ouverte la nuit précédente de 380 mè* très à sa gauche, et on ^blit une embuscade en avant de la partie la ftos saillante.

Les Russes, de leur côté, ont établi dans la nuit deux embuscades à environ 150 mètres en avant de notre parallèle; dans la matinée dUr 14, on coup de feu parti de Tune de ces ^ubuscjSKles bleisse mortellement le capitaine du génie Guilhot.

P^les du 13 au 14 : 2 tués; 21 blessés ; 1 disparu.

L» chef de bataillon du génie Dumas, chef d'ait^^que; une bri^ i^»it <iu uaa 45 mars. gade de sapeucs, et 1 ,015 travailleprs d'infanterie*

Un peu avant la nuit, les. deux embuscades russes qui se trouvent en avaat de la parallèle sont enlevées par daix détach^nents du 100« de ligne* On trace en gabions une place d'armes destinée à refier ces embuscades, mais on est forcé de renoncer à l'exécuter, l'ennemi étant revenu en force au moment où Vcm 7 plastôt les tra-^ vailleurs, Les Russes reprennent les deux embuscades et en construisent m^e trois nouvelles sur leur gauche.

A la gauche de la parallèle, on ouvre^sur 200 mètres de iQngumir une comnmgjcation en arrière pour descendre dans le ravin Kara^ belnaya, où Ton a commencé une coupure; à la droite, .on la prolonge vers. ie. ravin du carénage au moyen d'une tranchée de 150

mètres de développement. Dans la partie centrale de la parait^, ou

commence la construction de cinq traverses tournantes, nécessaires pour se défiler des vues du bastion du mât qui, quoiqu'il soit fort élo^né, pourrait envoyer dans cette direction des coups dangereux. On se consolide dans le poste de l'éperon. Journée du 45 mars. Le chcf de bataillou du génie Malcor, chef d'attaque ; deux bri-* gades de sapeurs et 1,185 travailleurs d'infanterie.

Au point du jour, les bateaux à vapeur russes et les ouvrages du plateau du carénage (redoutes Sélinghinsk et Volhynie) dirigent un feu très-vif contre le poste de l'éperon. Le mur en pierres sèches est promptement endommagé et les éclats blessent un assez grand nombre de travailleiurs. Les Russes se disposaient à reprendre cette position ; mais les travailleurs, soutenus à temps, se maintiennrat et établissent même sur la gauche un nouveau poste avantageusement situé dans un pli de terrain.

Vers la chute du jour, cinq détachements du 3* régiment de zouaves, composés chacun de 10 hommes commandés par un officier, et accompagnés de quelques sapeurs sous les ordres du lieutenant Mandagotft, se portent en avant de la gauche de la parallèle sur les embuscades russes dont les défenseurs se retirent au pas de course. Une vive fusillade part de la redoute Kamtchatka et de la ligne de petits postes établie en avant; à ces feux se joignent ceux du canon de la place. Néanmoins les sapeurs détruisent les embuscades.

Pertes du 14 au 15 : 15 tués dont 1 oflSder; 25 blessés dont 1 officier; 1 oflicier disparu.

Nuit du 15 ao 46 mars. Une brigade de sapeurs et 1,265 travailleurs d!tn£anterie.

On prolonge de 60 mètres la droite de la parallèle vers le ravin du carénage. A lagaudie, on ouvre une communication en arrière^ dans le fond du ravin Karabelnaya, et on débouche en avant de la parais lèle par deux boyaux placés sur le versant droit de ce ravin.

Malgré la fusillade que l'on a dirigée pendant la nuit sur Templa^ cernent des embuscades démolies^ les Russes sont parvenus à en ré«<

parer quelques-unes, et ils en ont iîonstniît deux nouvelles phis en arrière.

A rattaque du plateau du carénage, on commence à creuser une tranchée-enveloppe destinée à protéger la batterie u? 6 en construction ; on établit une nouvelle embuscade en arrière, dans le ravin qui descend au fond du port.

Le chef de bataillon du génie Masson, chef d'attaque ; une brî- Journée do 46 mars. gade de sapeurs et 1,300 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne les travaux entrepris. Notre artillerie oblige les Russes à évacuer les deux nouvelles embuscades d'où ils tiraient sur le cheminement de gauche ouvert dans la nuit.

Une brigade de sapeurà et 724 travailleurs d'infanterie. Noit du 46 au 47 mars.

On prolonge de 50 mètres le dieminement en avant de la gauche de la parallèle. On s'empare de nouveau des embuscades russes, mais on n'a pas pu les démolir complètement. Les Russes sont revenus les occuper; ils les oiît remises en parfait état et en ont construit deux nouvelles.

Pertes du 16 au 17 : A blessés.

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque ; Niiitda47aa48inar8. deux brigades de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.

Pour que l'on puisse continuer le cheminement de gauche, il est sonîe russe. ttécessaure de se rendre maître de deux embuscades russes fort rapprochées. Ces embuscades sont rapidement enlevées par deux compagnies du 3* régnent de zouaves; mais un quart d'heure après, les Russes, sortant de la redoute Kamtchatka aux cris de hurrah ! reprennent l'offensive, s'emparent des embuscades et viennent même attaquer la tète du cheminement, où ils jettent le désordre parmi les travailleurs. La garde de tranchée a vigoureusement repoussé les Russes, mais cette affaire nous a coûté une quarantaine d'hommes hors de combat.

Le travail n'a pu être repris qu'à deux heures du matin; on con-

solide la léte 4u cheminement qui est tracé en crémailléare, et on y construit un nouveau crochet en posant des gabions que Ton remplit de sacs à terre. A la droite de la parallèle on ourre, sur SSO mètreSy une communication dirigée vers le poste de Tép^on ; en même temps, on amorce cette communication sur 20 mètrea en partant de ce poste, à 70 mètres duquel on établit, en outrei une nouvelle embuscade.

Cette nuit, les Anglais ouvrent la troisième parallèle de leur attaque de gi^uche.

Dans la matinée du 18, le lieutenant^colonel Yaissier, du 82" de ligne, est tué en conduisant lui-même quelques hompies de son régiment pour renforce le poste de l'éperon, dont la communication était encore incomplète.

Pertes du 17 au 18 : 9 tués dont 2 officiers; 61 blessés dont 7 oFflciers; 15 disparus dont 1 officier.

Nuit du 18 an 19 mm. Le chef do bataiUou du génie Dumas, chef d'attaque ; deui brigades de sapeurs et 629 travailleurs d'infanterie.

On achève d'ouvrir, sur environ 200 mètres, ce qui restait à f?ire pour compléter la conununicatibn de la droite de la parallèle ave^ le poste de l'éperon. On termine l'embuscade commencée la veîUer et on en construit deux nouvelles entre cette dernière et la parallèle. On achève de prolonger la parallèle jusque dans le ravin du carénage par un dernier boyau de 125 mètres de longueur. Le cheminement de gauche, en avant de la parallèle, est prolongé de 23 mètres.

Les Russes ont beaucoup travaillé à la redoute Kamtchatka, et ils ont relié par un épaulement en terre rapportée les cinq embuscades établies devant la gauche de la parallèle. Journée du 19 mars Les Russcs pordout le contre-amifal Istomine, dief de l'une des deux sections de défense du faubourg Karabeloaya; il^a été atteint par un boulet en inspectant les travaux de défense. On voit

l'ennemi travailler à une caponnière descendant de la redoute Kamtchatka vers 4*oùvrage Malakoflf.

Le chef de bataillon du génie Malcor, chef d'attaque; deux bri- nuu du ^9 au 20 mars. gades de sapeurs et 722 travailleurs! d'infanterie.

Le terrain sur lequel on chemine est presque entièrement dépourvu de t^rre végétale; il faut enlever les couches de roc à la pince ou à la poudre, et former le parapet des tranchées en raclant le sol en avant et en arrière/ ou avec des sacs à terre. Vers lé. milieu dé la parallèle , on rencontre une veine de terre qui va droit sur la place; quoique cette direction soit peu favorable pour un cheminement, on y débouche en sape double , et on fait pendant la nuit trois portions de rape debout et trois crochets formant traverses. On se trouve ainsi porté à environ 60 mètres en avant de la parallèle.

Oii TMTOlonge le cheminement de la gauche par un boyau de 20 mètres avec deux petits crochets .

Pertes du 19 au 20 : 1 blessé.

Le <ihef de bataillon du génie Massôn, chef d'attaque;' deux bri-» NuUduîOauî* mars. gades de sapeurs et 441 travailleurs d'infanterie.

On avance de 44 mètres i la sape double centrale; en prolonge de 18 mètres le cheminement de la gauche et on y tait un crochet.

Sur le plateau du carénage, on ouvre les boyaux de jonction de l'enveloppe de la batterie nP 6 avec la grande communication en arrière.

Les Russes achèvent la construction et l'armement de la redoute louraée du 24 mars. Kamtchatka.

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque ; Nuit du 24 au 32 mars. une brigade de sapeurs et 523 travailleurs d'infanterie.

Le cheminement en sape double est prolongé de 110 mètres vers la place, au moyen de sept branches d'environ 16 mètres de Iongoear, reliant autant de crochets.

Au cheminement de gauche, qui est toujours très-difficile sur un

roc presque nu, on prolonge la petite place d'armes, à la gauche de la quatrième branche, jusque vers l'escarpement du ravin. On dé-* bouche du crochet extrême en se dirigeant vers le milieu de l'intervalle compris entre les deux embuscades les plus voisines, qui sont à 50 mètres tout au plus. On pose, à cet effet, 12 gabions de chaque côté , on les remplit et on les couronne de sacs à terre, sans, creusa de tranchée. On amène un gabion farci de laine pour marcher de jour en sape pleine; mais les Russes s'aperçoivent du mouvement des sapeurs qui roulent le gros gabion, et ils entretiennent, pendant un quart d'heure, un feu de deux rangs très-vif auquel la garde de tranchée ne répond pas. Cette fusillade s'est renouvelée quatre fois , à chaque nouveau mouvement des sapeurs , et ce n'est qu'à trois heures du matin que le gabion farci a pu être mis en place; on a encore posé six gabions jusqu'au jour. Alors les trois embuscades qui gênaient le plus le cheminement ont été enlevées par trois détachements du 3« zouaves, de 15 à 30 hommes, commandés chacun par un officier. Les Russes ont abandonné du même coup les autres embuscades de la première ligne. Le colonel Frossard a été contusionné à la jambe par une balle, au moment de cette attaque.

Pendant les trois dernières nuits, l'artillerie de la place n'a presque pas tiré, les Russes craignant sans doute de provoquer notre feu pendant l'armement de la redoute Kamtchatka.

Pertes du 21 au 22 : 2 blessés.

iournés du iî mais. Le chof de bataillon du génie Dumas, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et 1,033 travailleurs d'infanterie.

Au cheminement de gauche on avance d'environ 10 mètres. Ce travail a été fortement contrarié par les feux croisés de l'artillerie du bastion n^" 3, de Touvrage Malakoff et de la redoute Kamtchatka, qui a ouvert son feu ; il y a eu 1 sapeur tué et 7 blessés.

En tête de la sape double centrale on amorce une place d'aroies à droite et à gauche.

Une brigade de sapeurs et 514 travailleurs d'infanterie. ^^'^ ^" ^^ "" ^^ '"^^ • • ; r /

Dès rentrée de la nuit on commence, à la gauche, à retourner les Gnnde sone nisLî^ • %

trois embuscades russes contre la place, et à les relier par Une gabion- . "^ f 3

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interrompus par une grande sortie que Tennemi fait contre nos tranchées, avec des forceîs que nous avons évaluées à 14 bataillons.

D'après les rapports russes, cette opération avait été conflée au . ^ .

général KhrouleJDT. La colonne principale, dirigée contre les Français, * . • ^

se composait de 11 bataillons du 44^ équipage delà marine et d'un . / • .

détachement du 35** équipage. Deux autres colonnes se portaient sur* les tranchées anglaises : l'une, de 4 compagnies de volontaires grecs, . . •

en costume albanais, avec 260 chasseurs, sur la parallèle des attaques de droite ; l'autre, de 4 à 500 hommes, sur les attaques de gauche.

Les Français avaient 500 travailleurs d'infanterie répartis sur divers , '

points, et la garde de tranchée se composait de 4 compagnies du 4* bataillon de chasseurs à pied, et de 4 bataillons d'infanterie n'ayant chacun que450 hommes. Trois de ces bataillons, appartenant au 3* zouaves, au 82* et au 6^ de ligne, occupaient les tranchées, et le quatrième, du 86' de ligne, était en réserve dans le ravin Karabelnaya. Beaucoup plus ^ .

en arrière, à la batterie Lancastre, se trouvait un bataillon de grenadiers delà garde. Ce dernier et celui du 6* de ligne, placé à l'extrême droite de la parallèle, ne prirent pas part à l'action. Ces troupes étaient^ sons les ordres du général d'Autemarre, de service à la tranchée.

Vers dix heures du soir, les Russes débouchent des deux côtés du mamelon vert; une fusillade très-vive s'engage et nous force à suspendre le travail. Le cheminement de gauche , que nous poussions si péniblement dans un terrain deroc, était gardé par deux compagnies de zouaves ; le chef de bataillon du génie Dumas y court pour faire . v

prendre les armes à ses travailleurs. C'est, en effet, sur ce point que se porte le pltts grand effort des Russes. Vers onze heures, ils se précipitent sur ce cheminement que les zouaves et nos travailleurs défeft- ....

(lent avec une grande bravoure; le commandant Dumas y çsl t«é. L'ennemi s'empare des tétQ^ de sape, et les zouaves^ qui ne peuvent pas trouver place dans les tranchées en arrière, rentrent dans la parallèle dont ils masquaient les feux. L'attaque des Russes ^e porte alors sur la parallèle, dont la garde a été renforcée par l'arrivée du bataillon qui était en réserve dans le ravia Karabeinaya; mais* malgré teur grand nombre, il leur est impossible de la forcer : tous ceux qui eu franchissent le parapet sont tués sur place. Le colonel Janin, du 1'' îouaves, est blessé dans cette lutte opiniâtrie. La colonne russe, repoussée de la parallèle française^ se rejette sur sa droite, traverse le ravin Karabeinaya, et entre dans la parallèle anglaise qui était mal gardée et sur laquelle s'étaient aussi portés les volontaires grecs; cette parallèle étant plus reculée que celle des Français, l'ennemi prend d'écharpe et de revers, par dessus le ravin, toutes nos gardes de tranchée, et leur fait éprouver des pertes; mais l'obscurité ne lui permet pas déjuger des avantages de cette position, et la confusion règne évidemmentdans ses masses qui se groupent sans prendre de direction. De son côté^ le général d' Autemarre, qui ^e peut pas juger non plus des projets de Tennemi, n'engage pas le bataillon de la garde impériale, sa seule réserve, qu'il a fait avancer pour l'avoir sous la main. Après avoir renversédes gabions dans la parallèle anglaise et bouleversé qotre tête ,de tôpe, l'ennemi se retire emportant ses blessés et une partie de ses 'morts, dont il laisse un grand nombre devant la parallèle française. Les Français poursuivent les Russes? mais ils sont bientôt arrêtés par l'artillerie de la place quf, dès qu'elle peut rouvrir son feu, couvre |e terrain d'une grêle de boulets et d'obus.

A la sortie de droite, les Russes, après avoir traversé le rçvin du laboratoire, pénétrèrent un moment dans la troisième parallèle de l'at laque de gauche des Anglais, où ils firent quelques dégâts et enclouèrent un mortier ; mais repoussés bientôt par la garde de tranchée^ ils rentrèrent dans^la place.

Cejte sortie, la plus forte que les Russes aient tentée pendant

Un& brigade de sapeiurs et 514 travailleurs d'infanterie. ^^^^ ^^ ^^ «« ^ «nm.

Dès l'entrée de la nuit on commence, à la gauche, à retourner Grande sortie msie. les trois embuscades russes contre la place, et à les relier par ^ne gabionnade rattachée à la tète du travail de la journée ; mais ces travaux sont interrompus par une grande sortie que l'ennemi fait contre nos tranchées, avec des forces que nous avons évaluées à 14 bataillons.

D'après les rapports russes, cette opération avait été confiée au général Khrouleff. La colonne principale, dirigée contre les Français, se composait de 11 bataillons du 44" équipage de la marine et d'un détachement du 35« équipage. Deux autres colonnes se portaient sur les tranchées anglaises : l'une, de 4 compagnies de volontaires grecs en costume albanais, avec 260 chasseurs, sur la parallèle des attaques de droite; l'autre, de 4 à 500 hommes, sur les attaques de gauche.

Les Français avaient 500 travailleurs d'infanterie répartis sur di* vers pointsv et la garde de tranchée se composait de 4 bataillons : deux du S^ régiment de zouaves, dans la parallèle; un du 11"" de ligne, en réserve dans le ravin du carénage; le quatrième, des grenadiers de la garde, beaucoup plus en arrière, à la batterie Lan-castre. Ces troupes étaient sous les ordres du général d'Autemarre, de service à la tranchée.

Vers dix heures du soir, les Russes débouchent des deux côtés dM mamelon vert; une fusillade très^-vive s'engage et nous force à sus* pendre le travail. Le cheminement de gauche, que nous poussions si péniblement dans un terrain de roc, était gardé par deux compagnies de zouaves; le dief de bataillon du génie Dumas y court pour faire prendre les armes à ses travailleurs. C'est, en effet, sur ce point que se porte le plus grand effort des Russes. Vers onze heures, ils se précipitent sur ce cheminement que les zouaves et nos travailleurs défendent avec une grande bravoure; le conunandant Dumas y e^ tué. L'ennemi s'empare des tètes de sape, et les zouaves, qui ne peu-

178 — vent pas trouver place dans les tranchées en arrière , rentrent cteis la parallèle dont ils masquaient Ibb feux. L'attaque des Russes se porte alors sur la parallèle , dont la garde a été renforcée par Farrivée diLbataillon qui était en réserve dans le ravin du carénage; mais, malgré leur grand nombre, il leur est impossible de la forcer : tous ceux qui en franchissent le parapet sont tués sur place. Le colonel Janin, du l^** zouaves, est blessé dans cette lutte opiniâtre. La colonne russe, repoussée de la parallèle française, se réjette sur sa droite dans le ravin Kàrabelhaya, arrive de l'autre côté de ce ravin, et entre dans la parallèle anglaise qui était mal gardée et sur laquelle s'étaient aussi portés les volontaires grecs; cette parallèle étant plus reculée que celle des Français, l'ennemi prend d'édiarpe et de revers, par-dessus le ravin, toutes nos gardes dé tranchée, et leur fait éprouver des pertes ; mais l'obscurité ne lui permet pas^ de juger deA avantages de cette position, et la confusion règne évidemment dans ses masses qui se groupent sans prendre de direction. De son côté^ le général d'Autemarre, qui ne peut pas juger non plus des projets de l'ennemi, n'engage pas le bataillon de la garde impériale, sa seule réserve, qu'il a fait avancer pour l'avoir sous la main. Après avoir renversé des gabions dans la parallèle anglaise et bouleversé notre tète de sape, l'ennemi se retire emportant ses Messes it une partie de ses morts, dont il laisse un grand nombre devant la parallèle française. Les Français poursuivent les Russes; mais ils sont bientôt arrêtés par l'artillerie de la place qui, dès qu'elle peut rouviÉe son feu, couvre le terrain d'une grêle de boulets et d'obus. A la sortie de droite, les Russe?, après avoir traversé le ravin du laboratoire, pénétrèrent un moment dans la troisième parallèle de l'attaque de gauche des Anglais, où ils fireat quelques dégâts et endouérent un mortier ; mais repoussés bientôt par la garde de tranchée, ils rentrèrent dans la place. ' , Cette «ortie^ la plus forte que les Russes aient tentée pendant

l'hiver, n'eut pas le résultat qu'ils en attendaitnt, car les dégâts qu'ils firent dans les travaux des alliés furent insignifiants, et elle leur fit éprouver de grandes pertes. Le rapport du prince (îortcbakoff annonce 387 tués dont 8 officiers, et 1 ,003 l)lessés dont 21 officiers» en tout 1,390 hommes hors de combat.

La perte des Français fut d'environ 600 hommes hors de combat ; celle des Anglais fot beaucoup moins grande.

Au cheminement central, quoique le travail eût été interrompu pendant la sortie, on ouvrit une nouvelle branche de 12 métrés de longueur en avant de la place d'armes amorcée, et on prolongea cette place d'armes de 132 mètres sur la droite, en se dirigeant vers la deuxième des embuscades précédemment établies par les cbas« seurs.

Vers le matin, on commença à réparer les dégâts faits par tes Russes dans le cheminement de gauche dont les tètes de sape avaient été complètement rasées.

Pertes du 22 au 23 : 182 tués dont 13 officiers, parmi lesqnds le chef de bataillon Banon du 3^ zouaves; 373 blessés dont 12 officiers ; 56 disparus dont 2 officiers ; en tout 611 hommes hors de combat.

Dans la sortie du 22 mars, les Russes avaient été reçus par nos ^l^^^^^'^l^i^^^^ soldats avec une grande bravoure. Us devaient s'y attendre, mais ils n'avaient pu prévoir que la partie de la parallèle anglaise qu'ils allaient attaquer ne serait pas gardée. Cependant, malgré cette en*constance favorable, les efl*orts de leurs onze bataillons de troupes choisies étaient venus se briser contré la résistance de trois bataillons français. Ces faits viennent à l'appui de l'opinion généralement admise que les sorties de nuit ne doivent être faites qu'avec peu de monde. Quand une sortie de nuit très-nombreuse est portée à une certaine distance, comment diriger les troupes? Lès soldats marchent sans voir le but qu'on veut atteindre; pendant le combat, ils ne peuvent pas juger du résultat obtenu, ils se désorientent et finissent

souvent par tirer les uns sur les autres; enfin les moins braves profitent de Tobscurité pour se retirer du combat.

Il n'en est pas de même dans une sortie de jour, et c'est ici le moment de faire remarquer que les difficultés et les dangers que présentait Tattaque de Sébastopol surpassaient de beaucoup ceux qu'on rencontre dans un siège ordinaire : nous ne voulons parler ni de l'armement gigantesque de la place, ni de ses approvisionnements inépuisables , mais seulement de la force relative de la garde de tranchée et de l'armée assiégée.

Yauban dit qu'avant lui on estimait qu'il fallait que l'armée assiégeante fût dix fois plus forte que l'armée assiégée, mais que de son temps on n'hésitait pas à attaquer une place à six ou sept contre un, parce que les sièges ayant moins de durée, on peut, avec ce nombre, arriver sans trop de fatigues pour les troupes à fournir une garde de tranchée égale aux trois quarts de la garnison et suffisante par conséquent pour repousser les plus grandes sorties que peut faire l'as^ siégé.

Or» à Sébastopoli la garnison était habituellement de 40|000 hom<* meSi et elle pouvait être doublée à un moment donné, puisque l'ar-* mée de secours communiquait librement avec la place. D'après la règle ordinaire, il aurait donc f«IIu que la garde de tranchée fût tous les jours d'au moins 30,000 hommes, condition bien impossible à remplir, car indépendamment des travailleurs à fournir tous les jours pour les tranchées et les battmes, et des gardes nécessaires pour les lignes de circonvallatioui il fallait des travailleurs pour la construction des routes, des hôpitaux, des magasins, pour le déchargement et le transport des vivres, du matériel et des muidtions, et pour la confection et le transport des fascines et des galûoi^ qu'on allait faire au delà de Balaclava.

. Cest en ne laissant presque pas de repos au soldat qu'on drivait à fournir pour la garde de tranchée trois ou quatre bataillons à cha-

cône de nos attaques qui, séparées par de grandes distances et des ravins profonds, ne pouvaient pas se secourir mutuellement. Ces batteries formidables qui pendant le siège ont causé de si grandes pertes à l'armée russe sur laquelle elles concentraient leurs feux, n'étaient défendues que par 2,000 ou 2^500 hommes, et le gros calibre du canon de la place avait forcé les alliés à rejeter leurs camps à des distances telles que si les Russes avaient fait une grande sortie au point du jour, ils auraient eu tout le temps de refouler la garde de tranchée et de détruire nos batteries avant qu'on eût pu réunir des troupes de secours et les amener sur le lieu du combat. Quoiqu'on eût cherché à remédier à ce danger en plaçant quelques trou* pes de réserve dans des plis de terrain entre les tranchées et les camps, nous étions cependant exposés tous les jours à voir nos batteries attaquées par des forces décuples de celles qui les défen^ daient,

Les divers travaux de fortification et d'armement exécutés par les Russes pendant le siège seront incontestablement admirés ; mais il n'en scara peut-être pas de même de leur système de défense* Une vaste tète de pont offrant des débouchés faciles, armée de 1,600 bouches à feu et très-bien fortifiée» mais dépourvue d'escarpes, ne nous parait pas devoir être défendue, comme l'a été Sébastopol, d'à* près les règles admises pour une place investie. De grandes sorties faites de jour auraijsnt rendu le siège impossible ; il n'en a été fait qu'une seule, celle du 5 novembre 1854, mais elle n'était pas trèsnombreuse, et il est à remarquer surtout que l'attaque a eu lieu à dix heures du matin, pendant la bataille d'Inkermann, alors que le général Forey se triait sur ses gardes avec toutes ses troupes (*>.

(1) Voici ce qu'on trouve à ce sujet dans Connontaingne au chapitre VI du mémorial pour Tattaque des places :

tt Les atuques éunt résolues, le général règle les gardes de la tranchée , savoir^ l'infan-

- Iga- NuilduMauH mars. Le chef de bataillon du génie Maicor, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 590 trayailieurs d'infanterie.

On continue le cheminement en sape double ; on prolonge par sa gauche la place d'armes qui protège ce cheminement, et on la rattache par sa droite à la deuxième embuscade. À la gauche, oncon-^ tinue les travaux de réparation, et on prolonge la place d'armes de gauche jusqu'au ravin Karabebiaya.

Le feu des embuscades russes étant constamment très-vif, on lance, au point du jour, 30 tirailleurs algériens avec deux officiers contre celles qui sont le plus rapprochées de la tète du cheminement de gauche ; deux de ces embuscades sont enlevées.

Pertes du 23 au 24 : 10 tués ; 26 blessés dont 2 officiers. Journée du u mm. Sur la demande du général Osten-Sacken, il y eut suspension d'armes, de midi à trois heures et demie, pour l'enlèvement des morts restés sur le terrain à la suite du combat de la nuit du 22 au 23. Nuit du u au «5 mars. Le Chef do batdillou du génie Masson, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 617 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de vingjl-cinq gabions la place d'armes du dieminement de gauche, et de dix-huit gabions la tète de ce cheminemmt.

On prolonge la place d'armes en tète de la sape double centrale de 30 mètres vers la gauche et de 60 mèb*es vers la droite.

Pertes du 24 au 25 : 2 tués; 7 blessés dont 1 officier.

terîe^ sur le pied d'être au moins aussi forte que les trois quarts de la garuisou, et la

cavalerie d*un tiers plus nombreuse que celle delà place Il est des cas extraordinaires

qui n'entrent point dans les principes ordinaires^ comme^ par exemple^ lorsqu'il y a une armée entière renfermée dans une grande place assiégée^ qui présente une vraie bataille à une garde de tranchée qui lui est inférieure en force. Un semblable siège n'est pas raisonnable et doit être tourné en blocus : ainsi^ nous laissons à d'autres de semblables dissertations^ et nous nous renfermons dans les cas ordinaires^ où nous ne verrons jamais de sorties sur une première parallèle portée à la distance de 300 toises de la palissade^ lorsqu'elle est établie selon les bons principes de Tart^ ou du moins ces sorties seront toujours très-maltraitées. »

Le dief de bataiUcm du génie Fabré, chef d'attaque; une bri- NuuduWauMmri. gade de sapeurs et 667 travaillées d'infanterie.

Au cheminement de gauche , on prolonge la place d'armes juscju'au fond du rayin Karabelnaya, et on commence, sur 90 mètres de longueur, une demi-place d'armes à droite de la tète de ce cheminement.

Au cmtre , on prolonge la place d'armes de 65 mètres vers le poste de l'éperon; à gauche de la sape double, on prolonge aussi la place d'armes , mais sa direction étant enfilée des ouvrage blancs, ce travail devra être rectifié.

Les Russes ont travaillé à épaissir le parapet de la tranchée qui réunit leurs embuscades devant la gauche de nos attaques.

Pertes du 25 au 26 : 3 tués ; 8 blessés.

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque ; nuu du te au t7 man. une brigade de sapeurs et 618 travailleurs d'infanterie.

On rectifie, sur 80 mètres de longueur, la partie enfilée de la plaee d'armes à gauche de la sape double; à la droite de cette place d'armes, on chemine vers le poste 4e l'éperon au moyen d'une sape double. On perfectionne les travaux du cheminement de gauche.

Les Russes consolident les tranchées reliant leurs embuscades et coflimencent une parallèle en arrière.

Pertes du 26 au 27 : 2 tués; 12 blessés dont 1 officier.

Le dief de bataillon du génie Malcor, chef d'attaque ; deux bri- nuji du «7 au ss mn. gades de sapeurs et 621 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne le cheminement de gauche et on adiève la communication qui, dans le fond du ravin Karabelnaya, conduit au dépôt de tranchée.

On prolonge de 65 mètres la place d'armes à gauche de la sape double centrale ; on prolonge aussi la sape double marchant vers le logement de l'éperon. ,

Sur le plateau du carénage, on travaille à Tenveloppe de la batterie n"* 6, et on commence une tranchée destinée à relier cette batterie à la droite de la parallèle.

200 travailleurs ont été employés dans le ravin situé entre la batterie du fond du port et la redoute du phare, à faire des coupures et escarper les pentes pour arrêter l'ennemi, dans le cas où il tenterait de tourner la batterie des Anglais qui se trouve en avant de la tête du ravin.

Les Russes ont établi quelques embuscades nouvelles et prolongé une tranchée commencée entre la lunette Kamtchatka et le ravin du carénage.

Pertes du 27 au 28 : 3 tués; 15 blessés. .Nuit du 18 iu 29 nwr?. Le chcf dc bataillou du génie Masson , chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 1,112 travailleurs d'infanterie.

On continue la sape double de l'éperon, celle du centre, et la place d'armes à gauche de cette dernière. Au cheminement de gaudie, on prolonge la petite place d'armes de la tête de 7 à 8 mètres ; sur la berge gauche du ravin Karabelnaya, on ouvre un boyau de 50 mètres de longueur, jusqu'à une carrière qui sera transformée en place d'armes. Une vive fusillade a gêné ces divers travaux.

Sur le plateau du carénage , on achève de relier la batterie n* 6 à la parallèle. 300 travailleurs commencent à établir un retranchement de 600 mètres de développement, barrant le ravin situé entre la batterie du fond du port et la redoute du phare* On entreprend également, au-dessous etàFest de la redoute du phare, une coupure sur la route qui descœd du camp anglais à la Tchernaya*

Pertes du 28 au 29 : 1 officier et 2 soldats tués ; 1 officier et 16 soldats blessés.

Kuii du «9 au 30 m.r.. Le Chef de bataiUon du génie Fabré, chef d'attaque; deux brigades

On continue la sape double de l'éperon et celle du centre ; on réunit

Le chef de bataillon du génie Fabré, chef d'attaque ; one bri- nuu du « au îo mar?. gade de sapeurs et 667 travailleurs d^infanterie.

Au cheminement de gauche, on prolonge la place d'armes jus* qu'au fond du ravin Karabelnaya, et on commence, sur 20 mètres de4ongneur, une demi-place d'armes à droite de la tête de ce cheminement.

Au centre, on prolonge la place d'armes de 65 mètres vers le poste de l'éperon; à gauche de la sape double, on prolonge aussi la place d'armes, mais sa direction étant enfilée des ouvrages blancs, ce travail devra être rectifié.

Les Russes ont travaillé à épaissir le parapet de la tranchée qui " * 1

réunit leurs embuscades devant la gauche de nos attaques. ^ '#

Pertes du 25 au 26 : 3 tûés; 8 blessés. ^ t . ^

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque ; Nuit du iû au n mars. • ,

une brigade de sapeurs et 618 travailleurs d'infanterie. **•

On rectifie, sur 80 mètres de longueur, la partie enfilée de la * *

place d'armes à gauche de la sape double; à la droite de cette

place d'armes, on chemine vers le poste de l'éperon au moyen ^^^

d'une sape double. On perfectionne les travaux du cheminement de gauche.

Les Russes consolident les traschées reliant leurs embuscades et * '

commencent une parallèle en arrière.

Pertes du 26 au 27 : 2 tuéâ; 12 blessés dont 1 officier. Le chef de bataillon du génie Malcor, chef d'attaque; deux bri- nuh duîîuuîsmais. gades de sapeurs et 621 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne le chemihement de gauche et on achève la corn- -

munication qui, dans le fond du ravin Karabelnaya, conduit au ^1

dépôt de tranchée.

On prolonge de 65 mètres la place d'armes à gauche de la sape double centrale ; on prolonge aussi la sape double marchant vers le ^.

logement de l'éperon. ,

Sur le plateau du carénage, on travaille à Tenveloppe de^la batterie n*» 6, et on commence une tranchée destinée à relier cette batterie à la droite de la parallèle.

200 travailleurs ont été employés dans le ravin situé entre la batterie du fond du port et la redoute du phare» à faire des coupures et escarper les pentes poîir arrêter Tennemi, dans le cas où il tenterait de tourner la batterie des Anglais qui se trouve en ayant de la tête du ravin. •

Les Russes ont établi quelques embuscades nouvelles et prolongé une tranchée commencée entre la lunette Kamtchatka et le ravin du carénage.

Pertes du 27 au 28 : 3 tués ; 15 blessés. Nuit du 28 ail 19 rnar*. Le chcf de batailtou du génie Masson, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 1,112 travailleurs d'infanterie.

On continue la sape double de Téperon, celle du centre, et la place d'armes à gauche de cette dernière. Au cheminement de gauche, on prolonge la petite place d'armes de la tête de 7 à 8 mètres ; sur la berge gauche du ravin Karabelnaya, on ouvre un boyau de 50 mètres de longueur, jusqu'à une carrière qui sera transformée en place d'armes. Une vive fusillade a gêné ces divers travaux.

Sur le plateau du carénage, on achève de relier la batterie n» 6 à la parallèle. 300 travailleurs commencent à établir un retranchement de 600 mètres de développement, barrant le ravin situé entre la batterie du fond du port et la redoute du phare. On entreprend également, au-dessous et à Test de la redoute du phare, une coupure sut la route qui descend du camp anglais à la Tchernaya.

Pertes du 28 au 29 : 1 oflScier et 2 soldats tués; 1 oflQcier et 16 soldats blessés.

Njii du î) au 30 mai-. Lc chcf do bataiUou du çénie Fabré, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 1,219 travailleurs d'infanterie.

On continue la sape double de l'éperon et celle du centre ; on réunit

la place d'armes à gauche de la sape centrale avec la première parallèle. Les deux places d'armes» à gauche et à droite delà sape doiible, prennent \e nom ée deuxième parallèle.

Trois obusiers de montagne, placés dans la première parallèle et à la droite de la parallèle anglaise; ont tiré pendant toute la nuit contre la ligne des embuscades russes. Le capitaine d'artillerie Boissonnet, qui dirigeait ce tir, a été tué par Texplosion d'un caisson près duquel est v^ue tomber une bombe de la place.

Pertes du 29 au 30 : 3 tués dont 1 officier; 21 blessés:

Le chef de bataillon du génie Chareton, chef d'attaque; deux Nuit du 3o au 34 mars. brigades de sapeurs et 1,119 travailleurs d'infanterie.

On continue et on perfectionne l'établissenient de la place d'armes sur la berge gauche du ravin Karabelnaya.

Pertes du 30 au 31 : 10 blessés.

Lé chef de bataillon du génie Malcor, chef d'attaque; deux bri- Nuit du 31 mars au 4-'

^ ^ avril.

gades de sapeurs et 1,100 travailleurs d'infanterie.

On prolonge la sape double centrale ; on commence la construction du coffre de la batterie n"" 7, en avant du centre dé la première parrallèle. Cette batterie doit recevoir 6 obusiers de 0"2S destinés à battre la redoute Kamtchatka.

On ouvre un cheminement en avant de la place d'armes établie sur la berge gauche du ravin Karabelnaya.

Sur le plateau du carénage, on continué les retranchements des ravins et on renforce la coupure de la routedupontd'Inkermann.

Perteà du 31 mars au 1«' avril : 2 tués ; 23 blessés.

Les pertes du 2* corps s'élèvent, pendant le mois de mars, à Poncs do «• corps, 248 tués dont 18 officiers; 723 blessés dont 27 officiers; 75 disparus dont 4 officiers; en tout 1,046 hommes hors de combat.

Le nombre de travailleurs employés a été, en moyenne, de : Nombre de iravaîueurs 52 sapeurs et 833 soldats d'infanterie par journée; 54 — 757 — par nuit.

Pertes totales du mois de mars.

Nombre de travailleurs

employés

aux deux corps.

En ajoutant aux pertes du 2« corps celles du 1«' corps données plus haut (page 164), on obtient, pour le mois de mars, un total de 1,559 hommes hors de combat.

Le nombre total des trayailleurs a été, en moyenne, de : 132 sapeurs ou mineurs et 1,409 soldats d'infanterie par journée; 126 — 1,030 ~ par nuit.

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