INTRODUCTION
ETEREKMTS ÏT 0PÉRAÎIO18 HUI OST PRÉCÉDÉ LE IlÉOE DE SÉBASTOPOL.
Le siège de Sébastopol ayant été le principal épisode de la guerro Orifinc et rames de U qui a éclaté en Orient en 1851, il nous parait indispensable de rappeler sommairement la marche des événements et des opérations militaires qui l’ont précédé.
L&28 février 1853, le prince Menschikoff, amiral et ministre de la marine russe, arriva à Constantinople avec un grand éclat, pour exiger que les chrétiens du rite grec fussent placés sous la protection particulière de la Russie. Le rang de l'ambassadeur, le but de sa
mission et son tangage impérieux firent supposer à Constantinople, comme dans toute l'Europe, que la Russie cherchait un prétexte pour réaliser ses projets séculaires d'envahissement de la Turquie.
Le 21 mai suivant, le prince Menschikoff quitta Constantinople, et le 20 mai Iléchid- Radia, ministre des affaires étrangères du sultan Abd-ul-Médjid, déclara solennellement aux représentants de France, d'Angleterre, d’Autriche et de Prusse, que le protectorat que la Russie prétendait s'arroger serait incompatible avec l’indépendance cl la dignité de la Porte ottomane qui , en présence des préparatifs militaires de la Russie, se voyait obligépdc prendre elle-même des mesures défensives.
Peu de jours après, le comte de Nesselrode, chancelier de l'Empereur Nicolas , annonça à Réchid-Pacha que les troupes russes allaient entrer sur le territoire de la Turquie, pour prendre des garanties matérielles, jusqu'au moment où le gouvernement ottoman donnerait à la Russie les sûretés morales qu elle demandait. Le 3 juillet, l'armée du prince Gortchakoff, forte d’environ 80,000 hommes, traversa en effet le Prulh et occupa les principautés danubiennes. Ce n’est pourtant que le 20 septembre que le sultan déclara la guerre à la Russie. ‘
Les puissances occidentales île pouvaient rester indifférentes à la lutte qui allait s'engager. Dés le mois de mars. l'Empereur Napoléon avait fait avancer la (lotte de la Méditerranée jusquè dans l’archipel grec, et, dans les premiers jours du mois de juin , la flotte anglaise stationnée à Malle mit à la voile pour les Dardanelles. Les deux flottes mouillèrent le lf juin dans la baie de Bessica , près de Plie de Ténédos.
Le 41 juillet on avait ouvert , à Vienne, des conférences entre les ambassadeurs de France, d’Angleterre, d’Autriche et de Prusse, pour y discuter les bases d’un accommodement ; mais ces conférences ne purent conjurer lu guerre.
. Les hostilités commencèrent a la fois sur le Danube et en Asie. Omér-Pacha, généralissime turc, s’avança vers le Danube à la tète d'une, belle armée , et remporta de grands avantages sur les Russes le 3 novembre 1853 à Oltenttza, et le 6 janvier 1854 à Tzitaté, mais il ne put empêcher le prince Gorlchakoff de franchir le Danube, le 23 mars suivant, et d'envahir la Dobroutcha.
Le 30 novembre 1853, le vie» “-amiral N’akhimoff, commandant une escadre de six vaisseaux, -trois frégates, un transport et trois bateaux à vapeur, vint surprendre sept, frégates, trois corvettes el deux bateaux à vapeur de la flotte ottomane , qui étaient à l’ancre dans le port de Sinope ; enveloppés de. feux, les vaisseaux turcs furent bientét détruits. A celte nouvelle, le sultan fit appel à la France et à F Angleterre, et le 3 janvier 1854 les escadres alliées, commandées par les amiraux Hameiin et Dundas , franchirent le Bosphore et entré re»>t dans la mer Noire, où depuis ce moment on n'a plus vu reparaître aucun vaisseau russe.
Cependant l’Empereur des Français tenta un dernier effort en faveur de. la paix, par sa lettre autographe du 20 janvier 1854, adresséo à l'Empereur Nicolas: Mais la Russie ayant refusé toute transaction, les ambassadeurs de France et d'Angleterre atiprês du tzar furent rappelés le 16 février. La France se hâta de compléter scs préparatifs et ses armements pour agir en même temps dans la mer Noire el dans la nier Baltique.
L'armée d’Orient fut constituée le 1 1 mars : le maréchal Leroy de Saint-Arnaud en fut nommé commandant en chef; les généraux Canrobert et Bosquet eurent le commandement des première et deuxième divisions d'infanterie, le prince Napoléon de la troisième ; le commandement de la brigade de cavalerie fut confié au général d’Allonville, et on forma une division de réserve sous le* ordres du général Forey ' " ... • . ,r , v, • ;
Le 20 mars ,*la France , l’Angleterre et la Turquie signèrent une
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Lo France fl l'Angleterre déclarent la guerre ii la Rusttc.
convention militaire , et le ïl lu déclaration de guerre à la Russie fut ofUciellement annoncée en France et en Angleterre.
Les premières hostilités eurent lieu sur mer. Les Russes ayant tiré, contrairement au droit des gens, plusieurs boulets contre une embarcation parlementaire, au moment où elle quittait le port d'Odessa pour rejoindre la frégate à vapeur anglaise le Fur tous , les escadres alliées bombardèrent, le 'ü avril 1851, le port et les établissements militaires de cette ville.
La présence des escadres ne permettant plus à la Russie de communiquer par mer avec les points fortiliés qu'elle avait échelonnés depuis un demi-siècle le long de la côte de Circassie, sur le territoire de tribus insoumises, celle puissance se rit obligée d'abandonner, après les avoir détruils, les quinze forts situés sur celle côte au sud d'Anapa. -
Pendant que les Turcs , sous les ordres de Mussa-Pacha , défendaient héroïquement la place de Silistrie , devant laquelle quarante mille Russes avaient ouvert la tranchée le 17 mai, les troupes anglofrançaises se concentraient à Gallipoli, et, sur la demande d’Omer- Pacha, les généraux alliés décidèrent, dans un conseil de guerre tenu le 19 mai à Varna, qu’une partie de l'armée alliée serait portée vers Schoumla et Silistrie , tant par mer jusqu'à Varna que. par la route d’Andrinople, et que la troisième division française irait s’établir [très de Constantinople, au camp de Daoud-Pacha.
A la nouvelle de l'approche des forces alliées , et après plusieurs assauts infructueux , le prince Paskiéwilcli se décida, le 28 juin, à lever le siège de Silistrie et à repasser le Danube. Omer-Pacha sué it les Russes sur la rive gauche du fleuve et battit leur arrières-garde, commandée par le général SoïmonofT, dans un combat qui eut lieu le 7 juillet près de Giourgév o.
Le choléra, qui s'était déclaré à Gallipoli et à Varna, et l’absence de tout moyen de transport pour les vivres, empêchèrent l'armée frau-
çuise d'inquiéter la retraite des Busses. l ue excursion dans la Dobroutcha, faite le 21 juillet, par une partie de la première division, dévoila tout le danger -des operations militaires dans ce pays pesti-, lentiel ; les troupes durent se retirer, après avoir éprouvé de grandes pertes par une invasion subite du choléra. L’épidémie cessa enfin dans les premiers jours du mois d’aoèl, mais le 10, l inceudic de Varna vint de nouveau éprouver nos troupes ; on parvint à préserver les magasins à poudre du feu qui les entourait de toutes parts, mais l’incendie dévora uue partie de la ville et plusieurs magasins français et anglais.,. .
L’Autriche ayant sommé (a Russie d’évacuer les principautés, celle-ci consentit à se retirer au delà du Pruth, dans l’espoir que cette concession détacherait l’Autriche de l’alliance anglo-française,
L’avant-garde russe repassa le Pruth le 1 août 1854 , treize mois après avoir mis le pied sur le territoire turc. Le 22 août , ümer- Paclia fit son entrée triomphale à Bucharesl aux acclamations de toute la population, et le même jour, en vertu d’une convention conclue le 14 juin entre l’Autriche et la Turquie, une armée autrichienne entra dans la Motdo-Valachie, ce qui mit fin aux hostilités sur cette frontière de ia Russie.
Avant de parler de l’expédition de Crimée, nous dirons brièvement quelles pertes la Russie venait d’éprouver dans le Nord.
La flotte anglaise, commandée par sir Charles Napier, était partie *!*““*“ 11 B*ile 12 mars 1854 de Spithead. La flotte française, sous les ordres du vice-amiral Parsevat-DescLèues, partie le li) avril de Brest, entra dans le golfe de Finlande dans la nuit du 11 juin, el rejoignit l'escadre anglaise le 13, dans la baie de Barosund. Les deux escadres réunies présentaient un effectif de trente v aisseaux el cinquante frégates, corvettes et autres bâtiments. D’après les meilleurs renseignements, la Russie avait à leur opposer, dans ia mer Baltique, trente et un vaisseaux , dix frégates à vapeur, quarante-deux frégates à
voiles et bâtiments de rang inférieur, et une centaine de chaloupes canonnières. La flotte russe eût donc pu se mesurer avec les flottes alliées, mais elle préféra se tenir, pendant toute la campagne, à labri des fortifications de Kronstadt et de Svéaborg.
Les amiraux s’étaient décidés à attaquer la forteresse de Bomarsund, située dans la principale des Iles d'AIand ; mais, après l'avoir fait reconnaître, ils jugèrent qu’il nTétait pas possible de s'en emparer sans troupes de débarquement. C’est alors que l’Empereur des Français forma un corps expéditionnaire de dit mille hommes , dont le commandement en chef fut donné au général Baraguey-d'Hilliers. Le 8 août, ce corps débarqua sans résistance h environ deux lienes du fort de Bomarsund ; les travaux de siège furent commencés dans la nuit du 11 au 12; le lfl, la place capitula, et sa garnison de 2, KH) hommes se rendit prisonnière de guerre, laissant en notre pouvoir environ deux cents bouches à feu. Les flottes alliées ne pouvant rester dans ia Baltique pendant l’hiver, la forteresse de Bomarsund fut détruite par la mine le 2 septembre, jour dé rembarquement des troupes pour retourner en France. Le 27 août, les Russes craignant une attaque sur les forts de la poinle de ilangô , firent eux-mémes sauter successivement les balteries de terre et les forts de Gustave-Adolphe et de Gustafsvarn. • »
i.’fipédiii»nd»Cr'mt« L’expédition de Crimée ayant été résolue , elle fut annoncée à l’armée française le 25 août par un ordre du jour du général en chef. Cinquante mille Français, vingt cinq mille Anglais et vingt mille Turcs,
non compris vingt-cinq mille matelots des flottes alliées, devaient prendre part à cette opération hardie par laquelle une grande armée allait être jetée sur une pète inconnue, où l'attendait un ennemi redoutable qu’on devait supposer prêt à se porter en force sur les premières troupes débarquées. Après une exploration de la cèle de Crimée faite par des officiers généraux des deux années, depuis le cap Khersonèse jusqu’à Eupatoria , il fut décidé que le débarque-
ment mirait lieu entre l'embouchure de l’Alma et Kupatoria, sur la plage unie des environs du vieux fort bâti par les Génois ( Old-Fort des cartes anglaises). ’ J
On avait hésité entre ce point de débarquement et Kaffa (Théodosie), qui offrait aux alliés un bon mouillage pour leur flotte , et par suite une base d’opérations assurée en toute saison. En partant de Kaffa , on ne pouvait marcher sur Sébastopol qu’en s'éloignant des eûtes pour prendre la route qui passe par Karasoubazar, Simphéropol et Baktchi-Saraï, c’est-à-dire qu'il fallait conquérir la Crimée avant d’assiéger Sébastopol. Les opérations étaient plus sûres, niais elles paraissaient entraîner de grandes lenteurs ; on préféra débarquer prés d'Eupaturia <4>. • ' ’ > .
-■* Le 5 et lo 7 septembre, la flotte alliée quittait les parages de Varna et marchait en ordre vers Eupatoria. Cette flotte se composait de 34 vaisseaux (15 français, 10 anglais et 9 turcs), de 50 bâtiments de guerre à vapeur, et de plus de 300 transports à vapeur et à voiles; elle portait 30,000 Français, 21,500 Anglais et 7,000 Turcs : en tout 58,500 hommes. L’armée française était composée des quatre premières divisions de l’armée d’Orient, commandées par les généraux Canrobert, Bosquet, prince Napoléon et Forey, et formait quarante bataillons comprenant 2t,250 hommes d'infanterie. Il n’y avait qu’un seul escadron du 1” régiment de chasseurs d’Afrique.
L’artillerie emmenait le personnel de 12 batteries de campagne; des divisions et de la réserve, dont deux à cheval ; le personnel du > parc de l’année et celui du parc de siège , formant un total de 103 officiers, 2,070 hommes de troupes et 1,308 chevaux. Son matériel se composait : 1* d'un parc de campagne de 08 canons de 12,
Voir aux pièces justificatives, N° , un extrait des instructions données au maréchal de Saint-Arnaud et un fragment de lettre écrite par ic maréchal la date du 10 sept ombre It&l.
approvisionné ii 27, 456 coups ut 212 alliUs: i, 110,000 cartouches, dont 1,750,000 à balles oblongues ; 2* d'un petit pare, de siège (organisé à Constantinople) de 10 canons , 8 ohusiers et 17 mortiers, 20,303 projectiles, 1 12,000 kilogrammes de poudre, 2,800 outils de pionniers, 2,170 gabions et 00 saucissons; 3” d'nn autre petit parc de siège (venu de Toulon) de 0 canons de 21, 0 canons de 16, 6 obusicrs de 22, 6 mortiers de 27‘, 20, 110 projectiles, 77,500 kilogrammes de poudre et 1,000 outils de pionniers.
Le génie emmenait une compagnie de mineurs, six compagnies de sapeurs, un détachement de sapeurs-conducteurs et mi détachement d'ouvriers du génie, eu tout 43 officiers, 866 hommes de troHpes et 228 chevaux. Son matériel se composait de il voitures, de madriers, planches, châssis, coHrages, échelles, 6,200 gabions, 50 gabions farcis, 10,000 fascines ordinaires, 6,000 fascines à tracer, 18,600 outils de pionnier» , 5,000 manches de rechange , 30,000 briques et