‹ Siege de Sebastopol Journal des operations du genie publie avec l'autorisation du ministre de la guerre par le general NielChapitre 20 sur 83 · canon» de 32; 4 mortier» de · texte numérisé non relu

canon» de 32; 4 mortier» de

A tfjwlfrj ,

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H tftert. . . .■ . j, ■.

33 pièces.

5 canons de 32; 1 obusier de 10; 3 mortiers do 13..

0 canons de 32 » . .... .

2 canons de 68 ; 2 obuslers cto ,8.% . .• . , ...

2 canons de 68; 6 mIhimci*. de 8; 1 canon Laiicastrc.

4 mortiers dit 10.- ........... i .... . . .. .

4 mortiers île 13; 3 mortiers de 10; 1 mortier de 8..

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Totai ‘ . . 7!

Les attaques anglaises comprejiaient donc 170 bouches à feu. Ainsi les alliés ouvrirent leur feu avec un ensemble de 814 pièces, Jamais on n'avait vu nh pareil déploiement de moyens deslruc-

leurs. Aussi le prinefe Gortchakoff dit-il dans son rapport que ce leu infernal occasionna des dégâts considérables, dès la journée du , 5 septembre, aux défenses du bastion du mât, de la lunette Schwartz et de la batterie Bielkina.

Parfois les batteries des assiégeants cessaient leur feu pour faire Croire aux Russes que nos soldais allaient s’élancer des tranchées ; puis, lorsqu’on supposait que P ennemi avait porté ses réserves vers les points d’attaque, le feu de toutes les batteries était repris subiliv ment avec une nouvelle ardeur.

Les pertes des Russes, depuis l’ouverture du feu des attaques de droite (17 août) jusqu'au 8 septembre, furent très-grandes. D’après leurs propres rapports, Ils perdirent 1 ,500 hommes dans la journée du 17 août, 1,000 hommes par jour jusqu'au il août, et 5 à 600 hommes par jour du 2i août au 5 septembre. Du 5 au 8 septembre, jusqu’au moment de l’assaut, les Russes perdirent 51 officiers et 3,017 hommes mis hors de combat, non compris les artilleurs, qui certainement furent les plus maltraités. L est doHc une perte de plus de 18,000 hommes en vingt et un jours ! Dans cette période, les Français ne perdirent que 3,815 hommes.

L'armée russe subissait les conséquences du système de défense qu’elle avait adopté ; n’ayant opposé à nos attaques que de petites sorties au lieu de grands retours offensifs, elle s’était laissé envelopper par un réseau de tranchées. Aujourd’hui, elle ne peut se soustraire au feu concentrique de nos batteries; car, n’étanl pas protégée par des escarpes en maçonnerie, elle est obligée de tenir Ion-, jours réunies de fortes réserves, pour repousser l'assaut dont elle est à tout instant menacée. : • •••

Le feu terrible et si soutenu des alliés ne pouvait laisser aucftn doute aux assiégés sur notre intention de donner bientût à la place un assaut décisif. Us faisaient toutes leurs dispositions pour le recevoir. De notre côté,' nous préparions les moyens de surmonter les

^ obstacles qui pourraient arrêter nos colonnes et les retenir sous ie

feu de la place. Le passage des fossés nous préoccupait surtout ç nous savions que sur certains points, et notamment devant l’ouvrage MaiakofT, ils étaient larges et profonds. Après beaucoup d'essais, on s'était arrêté à un système de ponts formés par des échelles juxtaposées qui pouvaient se jeter en moins d’une minute sur des fossés de 7 mètres de largeur, quelle que fût leur profondeur. Le parc du génie avait construit trente de ces ponts, et des soldats choisis avaient été exercés à les jeter sous la direction des officiers du génie. Des ponts plus solides avaient été préparés pour le passage de l'artillerie de campagne qu’on pourrait avoir à introduire dans la place- Enlin, les sapeurs qui devaient marcher avec les colonnes d’assaut étaieut munis de tous les outils et engins qu’on avait jugés " propres h ouvrir le passage.

Le 7 septembre, le 30* et le 35- régiment de ligne, et la 7* compagnie du l*r bataillon du l*r régiment du génie partent de Kamiesch . pour aller rejoindre le 1" corps aux attaques de la ville. La brigade de Wimpflen de la division Camou (2* du 2* corps) part de la ligne < de la Tchernaya pour se joindre aux troupes chargées de l'attaque

' du faubourg.

.Une brigade de l'armée sarde, forte de deux régiments d'infanterie et d’un bataillon de bcrsaglirri, sous les ordres du général Cial- . ' ■ dini, quitte ses campements de Kamara et vient s’établir près de

• v la maison du clocheton, pour prendre part, avec les troupes du 1" . . corps, à l'attaque de la ville.

iturwc éu * wisfiuiirr. L'ouvrage MaiakofT était incontestablement la clef de la place i ’ mais la plus grande partie de l’armée russe prenant part à la dé-

fense, on ne pouvait se borner à attaquer ce seul point ; il fallait occuper l'ennemi partout et le menacer sur sa ligne de retraite du côté de la ville. Cependant, si un ne pouvait enlever et garder le fort MalakoiT, sur lequel allait se porter notre principal effort, et qui était

bien retranché à là gorge, on ne devait pas espérer dése maintenir sur un antre point de l’enceinte ; il fut en conséquence décidé que, pour épargner le pins possible le sang des soldats dans cette lutte qui ne pouvait manquer d'être acharnée, l’attaque du grand redan par les Anglais et celle de la ville par le Ier corps n’auraient lieu que si les troupes du 2r corps étaient parvenues à s’emparer de l’ouvrage Ma-. lakotT.

Les généraux en chef prirent les dispositions suivantes ‘f :

A la gauche, la division Levaillant (2e du i'f corps), composée des brigades Trochu et Couslun, fut chargée de l’attaque du bastion central et de ses lunettes ; ses troupes se massèrent dans les communications et les places d’armes de gauche de l’ouvrage du 2 mai. La division d’Autemarre (1" du i"corps , comprenant les brigades Niot et Breton, occupa la droite du même ouvrage et la parallèle du ravin de la ville ; clic devait pénétrer dans la placé sur les (races de la dix ision Levaillant, cl s’emparer de la gorge du Bastion du mât et des batteries de la terrasse. La brigade du général Cialdini, envoyée pour prendte part aux attaques delà ville, fut placée dans la quatrième parallèle cl dans les communications de gauche qui font face au bastion du mât. Les Sardes devaient attaquer cç bastion par K> flanc droit, dès qu’on serait entré dans le bastion central. Les deux divisions l’alé et Bouat (3* et 4' du 1" corps; étaient placées eu réserve, lq première en arrière de la division Levaillant, la seconde en arrière de la division d’Autemarre. De plus, le général en chef avait mis à la disposition du général de Salles le 30' et le 3ô' de ligne, qui étaient venus de Kamiesch ; ces régiments, placés à l’extrême gau- ' che, assuraient fortement de ce coté la possession de nos lignes.

l‘> Voir 40» pièces jMMUUatîve^, X* U, la couipositlnii ih- l'armée wi 8 scplemhre. I.c X* |ï iluiiuc la sîtnatioii ihi corps <lu géaiv ait J" septembre.

Les officiers et ies troupes du génie qui devaient prendre part aux attaques de la ville étaient sous ies ordres du général Dalesme, commandant le génie au 1" corps. Le lieutenant-colonel Ribot commandait le génie à l'attaque du bastion central-, il avait sous ses ordres le capitaine Bér.iat et quatre brigades de «30 sapeurs commandées chacune par un officier.

L’assaut devant être donné à la fois à la lunette Schwartx par le flanc droit, au bastion central par le saillant et la face gauche, et à la lunette Bielkiua par la (ace gauche, trois compagnies d'infanterie marchant en tète étaient munies de trente échelles de 3-50 a 4 mètres de longueur. L’une des brigades de sapeurs , commandée par le capitaine Garnier et secondée par 180 travailleurs d'infanterie, devait jeter des ponts-échelles sur les fossés. Une deuxième brigade, commandée par le sous-lieutenant Thouxellier, et renforcée de 100 travailleurs d’infanterie, formait tête de colonne de la division Levaillant. Une troisième brigade, sous les ordres du lieutenant Serval et venant à la suite de la colonne avec 80 travailleurs d’infanterie, était spécialement chargée de jeter un pont et de pratiquer des passages pour six pièces de campagne tenues eu réserve dans les carrières de l’ouvrage du 2 mai. Enfin, deux brigades de mineurs, aux ordres du capitaine Méreau, devaient marcher avec la colonne d'assaut, l’une en tète, l’autre en queue, pour rechercher et détruire les dispositifs de mines de l'ennemi.

A l’attaque du bastion du màt, on avait pris des dispositions analogues. Trois brigades de sapeurs, renforcées par des détachements . d'infanterie, devaient jeter des ponts sur ies fossés et ouvrir le passage aux colonnes d'assaut, et deux brigades de mineurs avaient été données au commandant Tholer pour rechercher partout et détruire les mines de l’ennemi.

L’artillerie avait également adjoint aux colonnes d’attaque des détachements de canonniers chargés d’endouer ou de désenclouer

les pièces suivait le cas, et de les retourner au besoin contre l’en- ' lierai.. * .

Outre la batterie qui se trouvait dans l'ouvrage du 2 mai, deux autres batteries de la lrr division prenaient position près de la maison du clocheton, et une quatrième allait s'établir à l'extrême gauche, près du lazaret. ■ . >

Les Anglais avaient pris aussi toutes leurs dispositions pour attaquer le grand redan dès que le général en chef de l’armée française fèrait le signal convenu. \ •

Toutes les attaques étant subordonnées à celles du front de Malakoff, dont le succès importait avant tout, le général en chef avait adjoint aux troupes du général Bosquet toute l'infanterie de la garde impériale.

Le front de Matakoif devait être attaqué par trois colonnes. Celle de gauche, qui n'avait qu’une faible distance à parcourir hors des tranchées, devait s’emparer du fort Malakolf et- s’y maintenir à tout prix. Celle de droite devait enlever le petit redau et puis tourner la seconde enceinte des Russes. Enfin la troisième, qui partait d’un point plus éloigné, devait enlever la courtine du front, se porter sur la seconde enceinte et s’y maintenir.

L’attaque du fort Malakoff était confiée à la division de Mac-Mahon, [1M du 2' corps), dont la 1” brigade était commandée par le colonel Decaen, du 7* de ligne, et la 2" par le général Vinov. Cette division avait en réserve la brigade de Wimpffen (de la division Camou) et les deux bataillons de zouaves de la garde commandés par le colonel Jaunira • ,

La division Dulac (4» du 2e corps), composée des brigades de Satat- Pol et Bisson, était chargée de l'attaque du petit redan (bastion n°2). Elle avait en réserve la brigade de Marolles (2* de la division d’Au- v relie) et le bataillon de chasseurs à pied de la garde impériale commandé par le chef de bataillon de Cornulier de Lucinière. Après l’en*

lévemenldu petit rcdau, celte colonne devait pousser en avtmf p«nir / * * , ; diliordiM- cl tourner la gauche de la deuxieme ligne de défense de

l'ennemi, en essayant de s’avancer par sa droite jusqu’à la maison en croix située entre les bastions n°' 2 et 1. si l’on jugeait Sur place » . que ce dernier mouvement pût s’exécuter sans rien compromettre.

La colonne du centre était composée de la division de la Motterouge (5' du 2' -corps), donl les deux brigades, étaient sous les" ordres du général Bourbaki et du colonel Picard commandant le HP de ligne. La réserve de celte division se composait des deux ré- • giments de voltigeurs et des dcjix régiments de grenadiers de la garde, sous le commandement direct du général de division Mellinet , avant sous ses ordres b» généraux de brigade de Faîlly i*t , ’ de Ponlevès.

Les oflieiers et les troupes du génie qui devaient prendre part aux attaques du faubourg étaient sous les ordres du général Frossard, commandant le génie au 2' corps.

Le chef de bataillon llagon commandait le génie à la colonne de gancbe. ; il avait avec lui le capitaine Bonnevay et deux brigades de sapeurs de la Compagnie du capitaine Aufroy.

Avec la colonne du centre marchait le capitaine Schœnnagel, ayant . sous ses ordres le capitaine Laruelle et une brigade de sapeurs commandée par le lieutenant Pradelle.

Le chef de bataillon Renoux commandait le génie à l'attaque de. droite; il avait sous ses ordres le capitaine Salanson et deux brigades de sapeurs de la compagnie du capitaine Heydt.

En outre, trois détachements de sapeurs et de soldats d'infanterie . exercés à l’avance * la manœuvre des pouls étaient spécialement chargés, sous les ordres du commandant de Marsilly, de porter et de mettre en place les ponis-échellcs pour le franchissement des fossés.

Le lieutenant Joyeux,. avec une brigade dé sapeurs; avait pour mission de pratiquer des ouvertures dans les parapets des tranchées

puurhi passage de notée àrtiHerie atteler, ct-éouvrii' île inèmû une voie dans la courtine de la première enceinte, si l'on jugeait que cette artillerie dùtia franchir. Enfin, deux détachements de mineurs, • • * dirigés par le capitaine Berrier, étaient attachés aux colonne de droite et de gauche pour rechercher et détruire les moyens de transmission du feu aux mines russes. . . . •.

* Toutes les brigades de sapeurs étaient pourvues des outils et engins jugés nécessaires pour ouvrir la marche aux colonnes d’assaut.

Un cerlain nombre d’optil» à manche court, pouvant être portés à la ceinture, avaient en outre été distribués dans les corps pour qu’on eût immédiatement la possibilité de travailler dans les ouvrages conquis.

Les officiers du génie et les sapeurs avaient pris place dans les tranchées, à la droite du 2* bataillon de chaque cdkmue.

} L'artillerie axait, connue du cèle de la ville, adjoint des détachements de canonniers aux différentes colonnes d’attaque. Une réserve île 24 pièces de campagne était placée prés de la batterie Lancaslrc. et 12 pièces de l'artillerie de la garde impériale se tenaient près de

la redoute Victoria. -

Le général d'Aurelle, avec sa 1" brigade, avait pris position sur les hauteurs à droite du ras in du carénage, et devait repousser, toute entreprise que l’ennemi \ tendrait tenter de ce côté.

Le général Herbiilon, qui occupait les positions de la Tchernaya, avait reçu l'ordre d<- faire prendreles armes à ses troupes à l’heure fixée pont l'attaque. Le général eu chef avait, en outre, fait descen dre dans la plaine la brigade de cuirassiers du général Hé Forion. Touti» ces dispositions avaient été concertées avec le géiipraf de La- Marmora, et la division de cavalerie du général d’AlkinvilIé deVail. dans la nuit du 8 au 0, si* replier de la vallée de Baïdar pour venir— . prendre position près du pont de Kreutzen.

D’un commun acoOrd, les deux généraux en chef français et an glais avaient arrêté l'heure de midi pour le départ des colonui-.- d'as-

:Jy

saut chargées d’attaquer le faubourg Karabelnava. Cette heure arait plusieurs avantages : les actions do vigueur ayant toujours eu lieu au point du jour ou un peu avant la nuit, on avait plus de chances de surprendre l’ennemi en rattaqnant.au milieu du Jour, et dans le cas où l’armée de secours aurait voulu faire une tentative pour dégager la place, elle n’aurait pas eu le temps de se former pour se porter sur nos lignes avant la nuit.

Le général en chef de l’armée française établit son quartier général dans la redoute Brandon. Pour éviter d’indiquer aux Russes le moment de l’attaque, on renonça aux signaux d’usage. Les montres de tous les chefs de corps avaient été réglées sur celle du général en chef, et les colonnes d’attaque du général Bosquet devaient franchir les tranchées à midi précis. Dès qu’on serait maître du fort Malakoff, le drapeau anglais et le drapeau français, arborés sur la redoute Brandon, devaient être le signal de l’attaque pour les troupes anglaises et pour celles du 1" corps. 1

■ De leur çôlé, les Russes n’avaient rien négligé pour repousser

l’assaut sur toutes les parties de l'enceinte. La défense de la ville

(lr* et 2' sections) avait été confiée au lieutenant général Sémiakine; *

celle du faubourg (3*. et 5' sections) au lieutenant général Khrou-

lelT. Quatre bateaux à vapeur se tenaient prêts à se porter vers le

fond du port , pour tirer sur les colonnes d’assaut de l’extrême

droite.

Malgré les précautions prises par le général Frossard pour se couvrir des vues du côté nord du port, et le soin que l’on eut de faire suivre aux troupes des chemins qui dérobaient leur marche à l’ennemi, les grands mouvements qui eurent lieu dans la matinée du 8 septembre n’avaient pu échapper complètement aux Russes, et le général Gortchakoff lit prévenir les généraux qui étaient dans la place que les tranchées françaises regorgeaient de troupes. Les Russes s’attendaient donc à l’attaque du 8 et ne restèrent indécis

que sur l'heure à laquelle elle aurait lieu. Mais la vivacité extraordinaire du feu des batteries de la gauche, les efforts qu’avait faits notre artillerie pour ruiner les défenses du bastion du màt, entln . l’arrivée d’une brigade sarde dans les tranchées, les avaient maintenus dans cette pensée que la principale attaque des alliés serait dirigée contre la ville. Iis avaient porté de ce côté leurs plus puissants moyens de défense et le général Osten-Sacken ne voulut pas *’ en éloigner. .

Dans la matinée du 8 septembre, l’artillerie de nos attaques de gauche continua le feu violent qu elle entretenait depuis le 5. Aux attaques de droite, nos batteries tirèrent vivement aussi, comme . elles le faisaient depuis longtemps. Vers huit heures du matin, le génie lança sur le bastion central deux tonneaux chargés chacun de 100 kilogrammes de poudre, qui lirent explosion dans l’intérieur de l’ouvrage. A la même heure, U fit jouer trois fourneaux, de 500 kilogramjnes chacun, préparés sous le glacis du fort Malakoff, un peu en avant de nos cheminements les plus avancés. Os fourneaux, qui pouvaient détruire ou troubler les travaux du mineur russe, que I’or avait entendu près des tranchées, avaient surtout pour but de prouver aux troupes qui devaient franchir le glacis que nos mineurs étaient maîtres du terrain.

A midi précis, toutes les batteries de la droite cessèrent leur feu pour reprendre bientôt un tir plus allongé contre les réserves de l’ennemi. A la voix de leurs chefs, les divisions de Mac-Mahon, Dulac et de la Motterouge sortent des tranchées et se précipitent vers T enceinte de la place. La I" brigade de la division de Mac-Mahon (1" régiment de zouaves suivi du 7* de ligne) court vers la face gauche du fort Malakoff. La profondeur du fossé et l’escarpement des talus n’arrètent pas longtemps nos soldats : les premiers arrivés sautent dans le fossé? et parv iennent, en s’aidant les uns les autres, à grav ir l’escarpe ; les derniers profitent, pour passer le fossé, des ponts qui

mit été jetés par les sapeurs; tous ont bientôt franchi le parapet. Les Husses, surpris par cette brusque attaque, sortent de.leurs blindages et courent \ers la tôle du fort. Ils engagent avec nos soldats une lutte corps à corps; à défaut de fusils ’, les canonniers se font amie, de pioches, de pierres, d’écouvillons; la garnison de là tour fait par ses créneaux un feu meurtrier sur nos soldats. Mais les Russes sont refoulés derrière les premières traverses, et le drapeau de la France est planté sur les parapets du fort Malakoff pour n'en plus être arraché. '

A droite et au centre, les divisions Dulac et de la Motlerouge s’6»

taieut emparé avec le même élan du petit redan et de la courtine, en

poussant même jusqu'à la seconde enceinte en construction. A la vue

de ce succès rapide, le général en chef Ot les signaux Convenus pour

t'attaque du grand redan et pour celle de la ville, mais ta fumée qui

s’élevait du champ de bataille fit que le drapeau français ne fut pas ’ ~ , * aperçu, ce qui retarda t'attaque du général de Salles.

Les Anglais, dont l'attaque était dirigée par 1e général sir W. Co4- «trington, avaient 200 mètres à franchir sous un terrible feu de mitraille. Cet espaee fut bientôt jonché de morts ; cependant la colonne arriva au saillant du redan, franchit le fossé malgré sa grande profondeur et tes feux tic liane les plus meurtriers, et pénétra dans l'ouvrage. Après un combat à la baïonnette, les Anglais restèrent maîtres du saillant, et les Russes se retirèrent en arrière de traverses' éloignées. Malheureusement les assaillants avaient devant eux un vaste espace libre criblé par les balles de l’ennemi, et les renforts qu'on leur envoyait, décimés dans le trajet, remplaçaient à peine tes hommes mis hors de combat. Cette lutte acharnée dura près de deux heures, mais les Anglais durent évacuer le redan et rentrer dans leurs tranchées. . 0 ' . •■■■•..'

A l'attaque de la ville, les colonnes de la dix ision Lcv aillant, commandées par les généraux Couston et TYodru, s’élancèrent des trau-

chées il deux heures précisés» La facè gauche du bastion central el le saillant de la lunette Schwartx furent assaillis en même temps; les porteurs des ponts-échelles furent en grande partie tués uu blessés dans le trajet, et sur d’aulre» points les échelles d'escalade se trouvaient trop courtes. Néanmoins, après une lutte très-vive, nos troupes pénétrèrent dans les deux ouvrages; Mais l'ennemi, replié derrière des traverses, tenait ferme partout ; une fusillade meurtrière parlait de toutes les crêtes. Les Russes rentrèrent bientôt en possession du bastion; nos troupes se trouvèrent alors en prise aux feux de mitraille partant de quelques embrasures de ta face droite du bastion, el la face gauche, que l'on croyait éteinte depuis plusieurs heures, rouvrait son fen contre la colonne Couston. En outre, les Russes amenèrent en toute hâte quelques pièces de campagne qu'ils mirent en batterie sur différents points. Les généraux Couston et Trochu, qui venaient d’ètre blessés , avaient dû remettre leur commandement; les généraux Rivetet Breton étaient tués. Les Russes profitèrent du désordre qui se manifestait dans nos colonnes pour faire sur la lunette Schwartz un retour offensif qui entraîna l'abandon de cet ouvrage. R en résulta vers la tranchée un reflux qu'aucun effort ne put arrêter. Nos batteries reprirent alors leur tir contre l’enceinte, et forcèrent l’ennemi à s’abriler derrière les parapets. Le général de Salles faisait avancer la division d’Autcmarre et préparait une nouvelle attaque ; mais en ce moment nous étions assurés de la possession de l’ouvrage'. Malahoff, et le général en chef lit donner l’ordre au commandant du I"' corps de ne pas renouveler l'attaque de la ville.

Le sous-lieutcuant Dreyssé, chargé d'explorer les mines de l'ennemi, s'était jelé avec le sergent Charles et quatre mineurs dans le fossé de la limette Schwartz; mais ses quatre mineurs ayant été tuésou blessés, il se trouvait seul avee le sergent, et dut sé retirer lorsque nos soldats évacuèrent l’ouv rage dont ils s’étaient un moment emparés.

Cependant l’attaque du faubourg passait par des phases diverses.

Dés le débat du combat, le général Bosquet, frappé d'un éclat de bombe au côté, avait dû quitter le champ de bataille; soncommandement fut' remis au général Dulac. , ■

La brigade de Saint-Bol, ayant en tête le 17- bataillon de chasseurs à pied, avait enlevé le petit redan, ainsi que nous l’avons dit. Les officiers du génie commençaient à organiser la gorge du bastion n"2 , d’une manière défensive ; les chasseurs tournaient la deuxième ligne de défense de l’ennemi ; les ponts, rapidement mis en place, facilitaient le passage du fossé au 57* de ligne, qui suivait les chasseurs.

Au centre, la brigade Bourbaki, ayant en tête le 4* bataillon de chasseurs à pied, avait attaqué la courtine ; le passage du fossé n’avait pas présenté, de grandes dillicultés, et la première enceinte étant franchie, l’ennemi avait été repoussé jusqu’à la seconde.- En ce moment les Russes, amenant des pièces de campagne, envoyèrent une grande quantité de mitraille sur la colonne dn centre, qui rétrograda vers la première enceinte. En même temps les batteries du bastion n° i et de la brisure de la courtine 1-2, les quatre bateaux à vapeur embossés à l’entrée de la baie du carénage et les batteries du nord couvraient le terrain conquis et la tète dos tranchées de mitraille et de projectiles de toute nature., l’h mouvement offensif des Russes contre le petit redan repoussa nos soldats, qui se replièrent dans cet ouvragé, et en sortirent pour regagner les tranchées, malgré les efforts tentés par les ofliciers pour les retenir. Lo général de Saint- Bol fut frappé à mort au moment où il quittait le bastion avec les ofliciers du genié et leurs travailleurs. Au centre, la plupart des troupes , dépassèrent aussi l’enceinte dans leur mouvement de retraite, et rentrèrent dans la sixième parallèle; mais elles ne tardèrent pas à se reporter en avant, soutenues par une réserve de voltigeurs de la garde, et, quoique le bastion restât au pouvoir de l'ennemi, elles se maintinrent délinitivement dans le fossé et le long du parapet de la courtine. .r ’ ’

- Dans un front bien Iran'*, cette position n’aurait pas été. tenable;

mais heureusement le fossé de la courtine n’était vu que par l'extrémité de la face drôjte du bastion n° 2, sur une longueur de deux oa trois métrés dans laquelle se trouvait percée une embrasure qui était dirigée vers la campagne.

. ’ On tenta à plusieurs reprises de rentrer dans le bastion n° 2, et la brigade du général de Marollesiit un effort vigoureux pour le reprendre ; mais cet officier général fut tué dans celte tentative. Les tranchées étant remplies de blessés, la circulation y était difficile, il n’y avait plus d’ensemble dans les mouvements ; dés qu’elles sortaient des tranchées, les colonnes d’attaque étaient écrasées par les Ceux du bastion, que les Russes occupaient avec de grandes forces, et en arriére duquel on voyait de nombreuses réserves.

Deux des batteries de campagne placées près de la batterie Lan-

• castre reçurent l’ordre de se porter vers la courtine, pour soutenir ces attaques; mais elles ne purent se maintenir devant le feu terrible dès Russes, et après avoir tiré quelques coups de canon, perdant presque tous leurs canonniers et leurs chevaux, elles durent se retirer. •

L’explosion d’un magasin à poudre blindé, situé derrière le parapet de la courtine près do l’ouvrage Malakoff, nous fil éprouver un peu plus lard des pertes nombreuses dans le fossé do la courtine et dans

• l’ouvrage Malakoff lui-mème, où retombèrent des pierres et des bois.

■ Le drapeau du RI* de ligne, profondément enterré, noput être retiré

que le lendemain ; l’officier qui le portait était mort en le tenant fortement serré dans ses mains.

Le capitaine du génie Schomnagel et la brigade de sapeurs du lieutenant Pradelle, marchant avec les premières troiipes de la division do la Motterouge, étaient parvenus jusqu'à la deuxième enceinte. Ramené sur la courtine, le lieutenant Pradelle y maintint ses sapeurs; mais bientôt il eut le bras droit fracassé par un boulet, et peu

après le capitaine Schtwmagcl fut tné ch franchissant le parapet.

Los sapeurs allèrent alors se joindre aux brigades employées à l'in-'' lérieur de l’ouvrage Malakoff. Le lieutenant Joyeux, après avoir fait ouvrir des passages pour notre artillerie de campagne à travers le» parapets des tranchées, se portait sur la courtine avec sa brigade de sapeurs pour y exécuter le même travail, lorsqu'une balle vint lui briser, la cuisse. ■ . • > ' •

, Le fort Malakoff restait seul en notre pouvoir. La lutte y avait été acharnée. Le régiment russe de Praga, chargé de sa défense, fut repoussé, comme nous l’avons dit plus haut, par la 1" brigade de la division de Mac-Mahon, derrière les premières traverses qui formaient une ligne presque continue en arriére de la tour Malakoff {Voir Pl. III). t’ette seconde ligne de défense fut encore enlevée; mais les troupes du colonel Decaen furent arrêtées par d’autres traverses plus élevées qui formaient aussi un obstacle à peu près continu dans la partie où le fort a sa plus grande largeur.

- Le» Russes, renforcés par leurs réserves, s’y défendaient av ec opi- • nidtreté. Nos soldats avaient tenté de gravir les talus trèsnroides des traverses et de pénétrer par les étroits passages qui les séparaient ; ils avaient été repoussés à plusieurs reprises, lorsque la 2e brigade vint prendre part au combat.

- La i" bataillon de chasseurs à pied, marchant en tête de celte brigade, était entré dans Malakoff sur les traces du 7' de ligne ; puis, tournant à gauche, il en étailsorti pour aller s’emparer de la batterie Gênais, dbnl il avait tné ou chassé les défenseurs ; le 20* et le 27' de ligne s’étaient portés aussi sur le fort Malakoff à la suite dé la 1" brigade. Mais le général Vinoy, ayant fait franchir le fossé de l’enceinte un peu plus à droite, avait conduit ses tètes de colonne sur le point où les traverses qui arrêtaient la 1" brigade venaient, du nVté de l’est, .s’appuyer au parapet: de la fl lança ses soldats sur la masse des Russes, qu’il prenait d’écharpe et de revers. La 1" brigade reprenant «jircc moment ses attaquas’ avec une grande vigueur, l’ennemi fut

repoussé de traverse en traverse jusqu’à la gorge, où, après un dernier combat corps -à corps, il fut rejeté bors du fort.

Le général de Mac-Mahon, qui avait fait appeler ses réserves au moment de la plus grande résistance des Russes, vit arriver successivement les zouaves de la garde, la brigade du général de Wimpfîen et; un bataillon dés voltigeurs de la garde ; ne voulant pas accumuler tant de troupes sous le feu de l’ennemi, il fit rentrer dans les tranchées lé 1" régiment de zouaves, qui avait le plus souffert.

Cependant les Russes, qui comprenaient que, s’ils'uous abandonnaient le fort Malakoff, la place était perdue pour eux, firent les efforls les plus héroïques pour le reprendre. Ils formèrent trois fortes colonnes : la principale, montant par la grande rampe du faubourg, se porta directement sur la gorge du fort; une autre, prenant plu» à droite, marcha par les versants de la batterie Gervais ; enfin la troisième, débouchant des ruines du faubourg, se porta vers la longue (iranehe de l’est et la gorge du fort où se trouvait le général Vinoy, La lutte fut des plus acharnées. Les Russes vinrent se heurter contre une partie des 30' et 27' de ligne et -du régiment des tirailleurs algériens soutenu par deux compagnies des zouaves de la garde; leur tète de colonne pénétra un moment jusqu'aux premières traverses du fort, mais presque tous ceux qui avaient pu franchir l’étroit passage de la gorge furent tués. Enfin, après plusieurs tentatives désespérées dans lesquelles il avait entassé ses cadavres au sommet de la rampe, les deux autres colonnes étant aussi repoussées, l’eimemi dut reconnaître son impuissance à nous enlever ses propres fortifications ; il se nuira dans le faubourg et se contenta, à partir de (rois heures, de nous inquiéter dans le fort Malakoff par une fusillade très-vive, parlant des maisons les plus rapprochées, et par le? feux de son artillerie. „ .

La petite garnison de la tour, composée d'un ofiieier et d'une soixantaine de soldats, tenait toujours, tirant par les créneaux sur tous ceux qui passaient à sa vue. Commeou u 'avait pas eu le temps delà réduire,

on avait placé des sentinelles qui empêchaient d’approcher des créneaux : mais, dés qu’on eut moins à se préoccuper des attaques eitérieures, on amena un petit mortier au moyen duquel la porte de la tour Tut enfoncée, et l’ofllcier qui avait audacieusement continué sou feu sur nos troupes, qui l’entouraient en si grand nombre, fut forcé de se rendre. C'est au moment où les soldais russes sortaient de la tour en déposant leurs armes que le magasin à poudre de la courtine vint à sauter; nos soldats, enveloppés d'un nuage de poussière, voyant ... -

..'plusieurs de leurs camarades écrasés autour d'eux par les débris de l’explosion et supposanl que le feu avait été mis aux poudres par les Russes, voulaient se venger sur ceux qui venaient de se rendre, mais les officiers calmèrent bien vite leur exaspération, et la petite garai-

■ son de la tour fut traitée avec les égards dus à sa bravoure.

Les troupes qui avaient combattu avec tant de bravoure au fort Malakoff avaient malheureusement éprouvé de grandes pertes. La division de Mac-Mahon, qui était montée à l’assaut avec un effectif de 199 officiers et 1,520 baïonnettes, avait eu 292 tués dont 29 officiers et 1,818 blessés dont 89 officiers, en tout 2,090 hommes hors de combat. Sur un effectif de f»27 hommes, les zonaves de |a garde avaient eu 311 tués ou blessés: la brigade de Wimpffen, forte de r 2,100 hommes, avait eu 037 tués ou blessés. ,

D’après les rapports russes, le général Khrouleff dirigeait lui-même les retours offensifs contre Maiakoff; mais, ayant été blessé, il dnt remettre le commandement au général Lyssenko ; blessé bientôt après, le général Lyssenko le remit au général Youférpff qui fut tué; enfin le général de .Martinau, qui commandait en dernier lieu, fui lui-mémc

■ grièvement blessé. '■* . v ■’ .

Ainsi, les difficultés et l’importance dcleur conquête, le courage opiniâtre de l’ennemi, rien ne matiquaK à la gloire de nos soldats.

Jusqu’après la prise du Tort Malakoffles officiers du génie et les sapeurs avaient agi comme combattants au milieu du lw régiment de

zouaves. Le Succès uue lois assuré, te commandant Ragon employa ses travailleurs à fermer solidement le passage de la gorge* à établir des gradins de fusillade le long des parapets regardant la place, à élever des traverses de défilement contre les coups les plus dangereux, à rechercher les dépôts de poudres, enfin à relier avec nos tranchées les ponts jetés sur le fossé. Pour aider à tous ces travaux, le général Frossard avait appelé les deux brigades de sapeurs de réserve aux colonnes de gauche et de droite.^ Vers la nuit on envoya encore un renfort de deux brigades de sapeurs. L'une d'elles alla, avec trois compagnies d'infanterie dirigées par le capitaine Bonnevay, reconnaître les dehors du fort du côté de la place et fouiller les souterrains et abris pratiqués dans les fossés. G'tte hrigade rejoignit ensuite la seconde, occupée à établir une chaussée en remblai à travers le fossé, ainsi qu’à couvrir une large voie dans le parapet pour le passage de notre artillerie de campagne, qui vint, au milieu de la nuit, prendre position dans l'intérieur de l’ouvrage.' La plupart des canons russes avaient été cnçloués ; on en put pourtant utiliser quelques-uns, quii avec rarlillerie de campagne, devaient contraindre l'ennemi à évacuer tout le faubourg.

Vers le soir, la brigade du général de Wimpffen fut rappelée pour se porter dans la plaine delà Tchernaya. Dans la crainte des catastrophes qui, en cas d’explosion, eussent pu résulter d'une trop grande agglomération de troupes, une partie de la division de Mac-Mahon fut rappelée dans les tranchées, et la garde de l'ouvrage fut confiée à deux bataillons de la brigade Vinoy.

La journée avait ôté sanglante pour les alliés comme pour les Kussès ; plus de vingt mille hommes gisaieut sur le sol. Nous avions attaqué la place sur quatre points : au petil redan (bastion 0*2), à MalakolT, au grand redau (bastion n® 3), cl au bastion central (bastion n6 5). Partout nous avions franchi l'enceinte, et nous n’avions pu nous maintenir que daus le- fort MalakolT; mais cette conquête était

décisive, et dés que les Russes eurent perdu l'espoir de nous Veole'ver,

iis prirent la résolution d'abandonner toute la partie de la place qui se trouve au sud du port, c'est-à-dire le faubourg avec ses grands établissements maritimes cl toute la ville, avec an armement de près de quatre mille bouches à feu. Enfin, pour ne pas laisser brûler leur . flotte, les Russes étaient réduits à la couler. On peut donc dire que, , ■

;'nè pouvant prolonger leur défense de quelques jours encore qu'en

sacrifiant une partie de leur armée , les Russes nous abandonnaient

Sébastopol. •, .. * *

En voyant l'intérieur de la place on s'est facilement expliqué que la prise du fort Malakolf ail amené ce grand résultat ; mais avant . qu’il se fût produit, ou avait souvent couteslé la nécessité des attaques de Malakolf, qui, après cinq mois d’un siège déjà bien pénible, étaient venues imposer à l'armée française un si grand surcroît de fatigues et de dangers.

Le mouvement de retraite des Russes s'annonça dans la soirée du 8,

On vit des troupes et beaucoup de voitures passer le pont, se rendant

sur la rive nord du port. Dans la nuit, des incendies se manifestant - sur tous les points ne laissèrent plus de doute sur le parti que pre- . naient les Russes d'évacuer la ville et de ne laisser que des ruines • derrière eux. Des explosions successives, dont la première eut lieu à onze heures du soir, détruisirent les batteries, les magasins à poudre et à projectiles, et une partie des ouvrages de la place. Le général en chef ne crut pas devoir inquiéter la retraite des Russes; on ne pouvait s’aventurer la nuit dans les rues d’une ville inconnue, lorsque les grandes explosions préparées par l'ennemi et les progrès de l’incendie . qui faisaient à chaque instant sauter les nombreux magasins dans lesquels la garnison avait déposé ses approvisionnements de poudre pouvaient écraser nos troupes. Le général en chef dut se borner à attendre le jour, en conservant ses positions. Au soleil levant, on put voir que les Russes repliaient le pont de radeaux et qu'ils vivaient

*. . . — tu - • • ■ ■ •

coulé tous les vaisseaux mouillés dans le port, 11e conservant que quelques bâtiments à Tapeur pour embarquer les derniers défenseurs. L’Incendie continuait à dév orer la ville, et plusieurs explosions eurent encore Heu dans la matinée. Quelques-unes firent périr des maraudeurs qui s'étaient introduits dans la place malgré la défense qui en avait été faite. . /

Les Russes effectuèrent leur retraite $i précipitamment, qu’ils

• abandonnèrent une partie de leurs blessés qui périrent misérablement avant que nous pussions les secourir. D’après leurs rapports, . lo pont ne servit qu'à évacuer les défenseurs de la ville; ceux du faubourg furent emmenés par les bateaux à vapeur; les artilleurs et des tirailleurs volontaires occupaient les ouvrages de l’enceinte, et plusieurs régiments défendaient les barricades élevées dans la ville. Dans la nuit du 8 au 9, l'ennemi fit sauter 35 magasins à' poudre. Le 9, eurertt lieu les explosions des batteries 7, 8 et. 10. Le' fort Saint-Paul sauta dans la soirée dd même jour ; le temps manqua pour détruire le fort Nicolas qui était miné sur quelques points.

. Nos pertes dans la journée du 8 septembre furent grandes et douloureuses. Les généraux de Saint-Pol, de Marolles, de Ponlevès, Rivet et Breton furent tués ; les généraux Bosquet, Mellinet, Bourbaki et Trochu furent blessés ; cinq autres généraux reçurent dos contusions. U y eut, en outre, aux deux attaques: 140 officiers tués, parmi lesquels nous citerons les colonels Adam du 27* de ligne), - ' Dupuis (du 57' de ligne), de Kerguern (du 49* de ligne) et Cavaroz * (du 32* de lîgno) ; les lieutenants-colonels Magnan, chef d’étalmajor de la 4e division du 2* corps, Cassaigne, aide de camp du ■ général en chef, Delaville, chef d’état-major de la 5* division du 2* corps, et Huguenet de l’artillerie ; le chef de bataillon de Cornuljer de Lucmière, des chasseurs de la garde, et le chef d’escadron d état-major Lefebvre ; 2 45 officiers blessés et 20 non retrouvés ; 1,489 sous-officiers ou soldats tués, 4,259 blessés «t 1,400 «on

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