C. —— Les signes dans les associations
Schatzki à pu dire que le diagnostic radiologique différentiel entre les deux affections est « aisé dans la plupart des cas, difficile dans certains, impossible, dans un petit nombre ». (Surg. Gyn. and Obst. nov. 1954, p. 267).
Il existe des cas d'association facilement diagnostiqués par la radiologie qui montre la coexistence d’images typiques. : |
Mais bien souvent, chez un malade pour lequel il est impossible de poser un diagnostic clinique, la radiologie montre des images dont il est difficile de dire si elles traduisent un néoplasme ou une sigmoïdite diverticulaire.
LE Eh
En effet, les cavités diverticulaires, les images en éperon, de la sigmoïdite ulcéreuse peuvent ressembler aux cryptes du cancer infiltrant.
Les phénomènes de péridiverticulite forment parfois une gangue rigide autour des diverticules. Les clichés montrent alors un défilé étroit, immobile, simulant la sténose néoplasique.
Aussi, de nombreux auteurs se sont-ils attachés à décrire dans les cas difficiles, des signes permettant de trancher le diagnostic en faveur de l’une ou l’autre affection. Il est classique, en particulier, d’opposer à l’image radiologique bien circonscrite du néoplasme l’image beaucoup plus estompée, avec transition progressive entre l’intestin
‘sain et la zone pathologique, de la sigmoïdite qui « lèche le colon avoisinant » (signe excellent).
Rowe et Kollemar décrivent une série de signes opposant diverticulite et néoplasme. Pour ces auteurs, les diverticulites se caractérisent par la longueur du segment atteint ; par l’intégrité des plis muqueux ; par la variabilité, aux examens successifs, des images observées ; par un aspect strictural avec exagération des plis (aspect en dents de scie) ; par une sténose sans tumeur évidente; par la présence de diverticules ; alors que l’intégrité du segment susjacent à la lésion, la brièveté de la zone pathologique, la destruction des plis muqueux, l’augmentation de la sténose au cours d'examens successifs, l’absence de diverticules, la sténose avec masse tumorale évidente signent le néoplasme.
L'intérêt de ces signes est incontestable. Il existe cependant des cas où la radiologie est impuissante à dire si la sigmoiïdite est seule en cause ou si un néoplasme lui est associé : image typique de diverticulite sur un segment colique et dans un segment, sus ou sous-jacent, petit défilé étroit, irrégulier, rigide : périsigmoïdite localisée ou néoplasme associé ? La conclusion est souvent impossible.
Dans trois de nos observations (observations n°° 1, 7 et 9) les deux lésions sont nettement Juxtaposées et l’association peut être formellement affirmée (cf. fig. n°° 1, 7 ét 10). l
EI AANESES
Dans trois autres observations (observations n° PAS 6 et 8) les clichés radiologiques montrent des lésions très nettes de sigmoïdite et d'autre part des lésions faisant suspecter le néoplasme sans qu'on puisse affirmer, à coup sûr, celui-ci (figures n°° 5, 8).
Enfin, dans les trois dernières (observations n° 2, 3, 4) les radiographies mettent en évidence les lésions de sigmoîïdite : mais le cancer est impossible à individualiser. II n'existe même pas de zone suspecte (cf. figures n° 2, 3, 4).
Le diagnostic rectoscopique
La rectosigmoidoscopie est une méthode d’ investigation. qui remonte au XIX° siècle. C’est Desormeaux qui, le premier, en 1853, l’utilisa. Perfectionnée grâce aux travaux de nombreux auteurs aussi bien français qu'étrangers (Kussmaul, Kelly, Pennington, Lawo, TFuttle, Lockart, Mummery, Strauss, Quénu et Duval, Hartmann et Ockinezyc, Bensaude et Léon) la rectoscopie représente actuellement, dans les services de Gastro-Entérologie, un examen courant dont la technique est connue de tous.