A MES MAITRES DE LA: FACUETE
GENERALITES HISTORIQUES
En 1903, Koch et Hochenegg signalent pour la première fois la coexistence d’une sigmoïdite diverticulaire et d’un cancer développé sur cette région pathologique de PS iliaque. « J'ai opéré ce malade âgé de 70 ans, avec le diagnostic de cancer : la laparotomie montra un néoplasme de la portion moyenne du sigmoïde, obstruant les deux tiers de la lumière intestinale, Mais, sur tout le sigmoïde, on relevait la présence de nombreux diverticules atteignant par endroits la taille d’une cerise. Tous ces diverticules remplis de matières se déprimaient sous la pression du doigt comme de la cire ; le cancer s'était de toute évidence développé à partir d’un tel diverticule. Je pense que le cancer s'était développé ainsi: une rétention fécale au niveau du diverticule aurait déterminé — comme l'avait déjà montré Grasser — une ulcération à partir de laquelle se serait ultérieurement développé le cancer ». (Koch).
Cette coexistence est loin d’être exceptionnelle et nous avons pu relever dans les statistiques de deux Services des Hôpitaux de Lyon travaillant en commun (Service de Chirurgie du Professeur Pierre Bertrand ; Service de Médecine du Docteur Marcel Girard) neuf cas d'associations.
Ce travail nous a paru justifié par les problèmes difficiles tant du point de vue diagnostique que thérapeutique qu'ont posés certains de ces malades.
Au début du siècle, aux Etats-Unis en particulier, le problème de l’association était à l’ordre du jour ; et les auteurs recherchaïent si un diverticule colique était susceptible de dégénérescence cancéreuse. La question tomba un peu dans l’oubli et les travaux modernes envisagent sur-
SRE Lee.
tout les méthodes de différenciation des deux affections*. La tendance actuelle est de considérer l’association comme exceptionnelle et certains auteurs vont même jusqu’à prétendre que le traitement de la sigmoïdite n’a pas pour but d'éviter un cancer éventuel. Cette opinion est, certes, satisfaisante lorsque le diagnostic de sigmoïdite pure peut être affirmé. Mais le problème est tout autre dans un certain nombre de cas difficiles : les complications de la diverticulose peuvent, en effet, simüler le néoplasme ; et s’il ne faut, certes, pas être obsédé par la crainte du cancer et le voir partout, il nous semble qu’inversement, il est dangereux de se laisser aller à un optimisme exagéré en raison de la prétendue rareté de l'association : toute sigmoïdite doit être très soigneusement explorée pour éviter de découvrir trop tard un cancer associé d'évolution primitivement sournoise.
Il est bien évident qu'une diverticulose qui se révèle cliniquement est une diverticulose qui évolue et avant d’affirmer la bénignité de l’affection, il faut savoir rechercher l'association possible d’un néoplasme qui risque de passer inaperçu sous le masque de la simple diverticulite.
(*) Dubarry, dans la thèse de Boucard.