INTRODUCTION
Depuis que le professeur Vincent (d'Alger) l’a décrit en 1896, le signe de Vincent n’a fourni, à notre connaissance, prétexte à aucune étude d’ensemble.
Nous croyons intéressant, vu sa fréquence dans certaines affections de la mandibule et la facilité de sa recherche, d’en faire le sujet du présent travail.
Ce signe se caractérise par l’anesthésie complète d’une zone ovalaire de 6 à 8 millimètres de grand diamètre, siégeant sur la lèvre inférieure, à cheval sur l’ourlet cutané muqueux, environ à 1 centimètre du milieu de la lèvre et à un demi centimètre de la commissure labiale.
On le recherche au moyen d’une sonde, ou d’une épingle avec laquelle on pique successivement la lèvre inférieure des deux côtés et on demande au malade s’il éprouve la même sensation des deux côtés.
Le signe de Vincent est indispensable à connaitre, car il est extrêmement précoce. Il apparaît dès la première phase congestive des accidents inflammatoires diffus et nécrotiques de la mâchoire inférieure, alors que, cliniquement, souvent peu d’autres signes locaux sont explicites.
Dans certaines circonstances que nous préciserons, son existence indique une souffrance du nerf par un processus tumoral.
Le signe de Vincent doit donc être systématiquement recherché dans un grand nombre d’affections, notamment :
— dans les ostéites du maxillaire inférieur;
— dans les fractures;
— dans les néoplasmes intra-osseux ou propagés;
— dans certaines affections du système nerveux.
(Tabès céphalique, tumeurs cérébrales et cérébello-méningées.)