‹ Signe de Vincent (d'Alger): Etude SémiologiqueChapitre 7 sur 22 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

En 1896, le professeur Vincent (d'Alger), publia un article intitulé : « Sur un signe précoce de certaines ostéites du maxillaire inférieur, se terminant par la nécrose. >» Nous reproduisons les principaux passages de cet article parce qu’il est peu connu.

« Un signe dont on pourrait, à priori, admettre l'existence dans certaines lésions inflammatoires et destructives du maxillaire inférieur, c’est la perte des attributs fonctionnels du nerf dentaire inférieur qui suit, Sur une assez grande longueur, un trajet intraosseux et se trouve exposé à subir les altérations des parois inextensibles qui l'entourent.

« Or, le maxillaire inférieur est un des os qui sont le plus sujets à l’ostéite suppurée et à la nécrose, et pour re parler que d’une cause dont j'aurai plus particulièrement à m'occuper, l’éruption de la dent de sagesse s’y opère fréquemment avec difficulté et s'accompagne d’accidents infectieux qui aboutissent à l’inflammation et à la mortification d’une étendue plus ou moins grande de los.

« Pour peu que ces lésions destructives du maxillaire, au lieu d’être limitées à la surface, se propagent aux parties profondes, le nerf dentaire inférieur participera à ces troubles et sera lui-même détruit; il surviendra, dès lors, une perte de la sensibilité de tout le territoire sur lequel il se distribue et en particulier des surfaces tégumentaires innervées par l’épanouissement du nerf mentonnier.

« La rapidité avec laquelle évoluent souvent ces

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lésions, amènera, dès le début, la formation de cette plaque anesthésique, facile à constater, et l’existence de‘ce signe précoce servira à établir le diagnostic de la région osseuse.

« Il semble, tant ces conséquences de l’inflammation aiguë du maxillaire inférieur sont naturelles, que cet exposé soit tout à fait banal et ne fasse que reproduire la description d’un symptôme absolument classique; il n’en est rien cependant, et nulle part, je n’ai trouvé la mention de ce signe qui est trop facile à constater pour qu’il ait pu échapper complètement à l’observation; il n’est donc pas aisé de s’expliquer, comment les auteurs classiques l’ont complètement passé sous silence dans leur exposé symptomatique de l’ostéite aiguë du maxillaire inférieur.

« J’ai rencontré deux faits de ce genre et je ne puis admettre qu’ils sont tout à fait exceptionnels. Je n’ai que trois observations personnelles d’ostéite aiguë du maxillaire inférieur suivie de nécrose et consécutive à l’éruption difficile de la dent de sagesse et dans deux de ces cas, le nerf dentaire a été détruit et a traduit son altération par l’anesthésie de ses branches terminales.

« Il y a lieu de supposer que ce symptôme existe assez souvent, qu’il n’a pas été mentionné par défaut d'observation; qu’on le constatera davantage lorsque l'attention aura été appelée sur lui et qu’on le recherchera spécialement. |

« Du reste, ce symptôme n’est pas tout à fait une nouveauté et, s’il n’a pas été signalé dans l’ostéite, on a indiqué son existence dans les fractures et les sarcomes du maxillaire inférieur. .

« L’anesthésie des régions innervées par le -dentaire existe sans doute dans la plupart des lésions qui amènent la destruction ou la nécrose de certaines parties du corps de la mâchoire inférieure. Le nerf dentaire peut être détruit dans les altérations cen-

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trales de l’os, et même dans quelques lésions superficielles correspondant au point où le tronc est en contact avec la lame de tissu compact qui constitue la face interne du maxillaire.

« Nous n’avons pas de faits à présenter à l’appui d’une affirmation ainsi généralisée; toutefois, cette opinion paraît rationnelle dans les ostéites accompagnées de suppuration et de nécrose du corps de l'os, que ces lésions inflammatoires. et nécrotiques soient le résultat d’un traumatisme accidentel ou chirurgical, d’une infection produite pendant la croissance, d’un empoisonnement par une substance comme le phosphore ou de la propagation d’une altération septique, ulcéreuse ou gangrèneuse provenant de la muqueuse buccale.

« Notre observation se borne à deux cas d’infection osseuse, déterminée par l’éruption difficile d’une dent de sagesse; mais il ne semble pas douteux que le même phénomène puisse se reproduire dans les divers états que nous venons d’énumérer.

« On peut établir les mêmes prévisions en ce qui concerne non seulement les néoplasmes malins, où ce phénomène a du reste été noté dans le sarcome central du maxillaire, mais aussi pour les tumeurs à marche lente comme les kystes multiloculaires qui sont beaucoup plus fréquents à la mâchoire inférieure qu’à la mâchoire supérieure; il y aurait même lieu de le rechercher dans les kystes dentifères et dans certains odontomes odontoplastiques qui tendent à refouler les deux lames de l'os.

« Mais, il ne nous appartient pas de généraliser l'étude de ce symptôme, dont l'existence n’est que probable dans ces diverses affections; nous devons nous borner à le décrire dans la seule maladie où nous avons eu l’occasion de l’observer, dans l’ostéite compliquée de nécrose consécutive à l’évolution anormale d’une dent de sagesse,

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