SCÈNE II
BRUNEHILD, et Ses Femmes.
BRUNEHILD.
Mes filles, menez-moi vers cette source pure
Qui court sous l'épaisse ramure...
Ah! que ne puis-je errer au sein des bois épais, Sur les monts couronnés par la neige éclatante! La lumière me brûle... et l'ombre m'épouvante! Où mon cœur éperdu trouvera-t-il la paix?
Elle tombe accablée sur un banc de rocher. Les femmes s'empres sent autour d'elle.
Eh! quoi? de ma vaine parure, Vous voulez encor prendre soin.
Eloignez-vous, je ne veux pour témoin De mes pleurs, que cet antre où l'eau pleure et murmure.
Pendant que les femmes s'écartent avec douleur et respect en rentrant lentement dans le palais et laissant Brunehile abîmés dans sa souffrance.
CHŒUR, au dehors.
Que notre tâche est légère!
Nous passons sur cette terre Sans souffrir les maux de ceux
Que pourtant on nomme heureux Gomme l'oiseau de la haie, Qu'un peu de soleil égaie, Et qu'un grain de blé nourrit.
Le ciel nous garde... il mesure La douleur et la froidure Pour le faible et le petit !
BRUNEHILD.
0 palais radieux de la voûte étoiléel 0 demeures du ciel dont je suis exilée! Astres qui nous versez vos rayons purs et doux..r Je n'ose plus,hélas! lever le front vers vous!...
Un trait inexorable
Brûle mon cœur blessé,
Son poison redoutable
Dans mes os s'est glissé.
Haletante, égarée,
De douleur enivrée,
Je tends les bras vers toi...
Sigurd!... honle mortelle 1
Prends-moi, nuit éternelle!
0 terre, englou'iis-moi!...
Odin! je fus coupable en bravant ta défense, Quand au combat, malgré toi je volai, Quand je m'enfuis du ciel et m'armai de la lanee Pour secourir Sigurd sous le nombre accablé : Mais considéra en ta justice, Ma faute auprès de mon supplice...
Tu m'as, ô dieu cruel, livrée au roi Gunther, En donnant à Sigurd mon âme tout entière,
Et tu déchires mon cœur fier.
Par les honteux tourments de l'amour adultère.
°itiê! Lance sur moi i^a foudre qui dévore.
Pitié! je suis déesse, et ne puis que par to: Rentrer au néant que j'implore !