‹ Sigurd, opéra en quatre actes et neuf tableauxChapitre 49 sur 61 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Oui dérobant ses traits sous le masque d'airain,

Vint m'éveiller le glaive en main, Le héros que mes yeux n'ont pas su reconnaître, Ce n'était pas Gunther?

HILDA

C'était le fier Sigurd !

Ce n'était pas Gunther!

BRUNEHILD.

Sigurd!... c'était Sigurd 1

Brunehild encor vierge et pure,

Pour lui dénouant sa ceinture,

La remit en gage d'amour, En jurant de l'aimer jusqu'à son dernier jour. Mais alors c'est Sigurd que, tremblante, égarée, J'ai tenu dans mes bras et serré sur mon cœur. Hélas! je me souviens, à peine délivrée, Je me suis rendormie auprès de mon vainqueur.

HILDA

Sigurd m'aime... en brisant ta chaîne, En te livrant captive au roi, Sigurd ne voulait, pauvre reine D'autre récompense que moi!

BRUNÇHILD.

Dieux ! à mes pieds la foudre tombe ! Sigurd est mon libérateur, Sigurd!.. . et j'appartiens à Gunther l'imposteu Que ne puis-je à jamais m'endormir dans la tombe!

HILDA, avec hauteur.

0 pâle Brunehild, ma sœur !

Oublie une amour dédaignée, A l'amour du roi résignée Cache les larmes de ton cœur!

BRUNEHILD.

Sigurd t'a révélé ce secret redoutable?

HILDA

Dans un élan d'amour Sigurd m'a toul appria

BRUNEHILD.

Sigurd a pu remplir ce pacte détestable?

HILDA

Il m'aime! pour toute autre il n'a que du mépris!

BKUNEHILD.

Non! quand j'unis vos mains d'une horreur inconnu^

Gomme moi Sigurd a tremblé !

Et Téclair menaçant qui jaillit dans la nue

A brillé dans son cœur troublé.

ENSEMBLE* BRUNEHILD»

Sjgurd m'aime... en brisant ma chaîna, Sigurd pensait peut-être à toi, Mais la volonté souveraine, Pour jamais le liait à moi!

HILDA

Sigurd m'aime, en brisant ta chaîne, En te livrant captive au roi, Sigurd ne voulait, pauvre reine 1 D'autre récompense que moi!

La nuit vient HILDA, effrayée.

Tu portes haut "orgueil d'un amour adultère!

BRUNEHILD.

C'est en me livrant à ton frère, Que j'ai commis le crime indigne de pardon... Mes larmes ont pourtant touché le ciel sévère, Dans l'abîme où je suis, descend comme un rayon I

HILDA, furieuse.

Sigurd ne t'aime pas, tu mens !...

BRUNEHILD^ arec beaucoup de noblesse.

Par quel poison,

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