‹ Sigurd, opéra en quatre actes et neuf tableauxChapitre 55 sur 61 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les Mêkes, BRUNEHILD.

Brunehild reparaît sur la terrastt tt descend vers Sigurd, elle a quitté sa parure de reine et porte des fiears dans son voile.

BRUNEHILD.

Sigurdl les dieux dans leur clémence Vers moi t'ont conduit par la main..,

HA G EN, A Gunther.

Vois!... Brunehild vers lui s'avance!

BRUNEHILD,

De tes tentes, Sigurd, je prenais le chemin 1

Sigurd recule avec un mouvement de doute et de crainte devant Brunehild qui marche vers lui.

BRUNEHILD.

Des présents de Gunther, je ne suis plus parée î Je porte la verveine et la sauge pourprée

Qui brisent les enchantements.

Viens, Sigurd, que crains-tu?... Viens où la lune éclaire Et nijrant son troat pâle en cette source claire,

Argenté ses flots écumantsl

SIGURD, hésitant.

Pourquoi me conduis-tu près de cette fontaine, 0 Brunehild!

BRUNEHILD.

Sigurd, prends ces fleurs de verveine Et livre-les au courant de ces flots, En invoquant Odin, en répétant ces mots :

.Effeuillant des fleurs dans la fontaine.

Avec ces fleurs que l'eau traîne en courant, Avec ces fleurs qui vont aux précipices, Avec ces fleurs, terribles maléfices, Tombez, roulez, fuyez dans le torrent f

Quels magiques liens veux-tu donc que je brise

Mon âme est-elle donc soumise

A l'ascendant des noirs esprits?...

Suis-je donc enchaîné par un charme?...

BRUNEHILD.

Obéis!...

SIGURD et BRUNEHILD.

SigurJ effeuille des fleurs dans la fontaine, Brunehild dit l'invocation avec lui.

Avec ces fleurs que l'eau traîne en courant, Avec ces fleurs qui vont aux précipices, Avec ces fleurs, terribles maléfices, Tombez, roulez, fuyez dans le torrent l...

0 lumière soudaine, Dont l'éclat m'éblouit, Je portais une chaîne.

Mais tout s'évanouit !

Brunehild, ô déesse, 0 présent que les cieux Ont fait à ma jeunesse, Je t'aime !...

Ganther fait un mouvement pour se précipiter vers Sigurd, Hagen l'arrête.

BRUNEHILD.

Justes dieux!

Un poignard a brillé dans l'ombre !.•.

Tout est piège en ce palais sombre...

Arme tes mains, ô héros,

De ton glaive qui flamboie!

SIGU'AD, obéissant.

Oui, ce glaive et Sigurd n'auront plus de repos Qu'ils ne t'aient reconquis, trésor qu'Odin m'envoie !

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