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Kilo vit la paix de sa communauté profondément troublée. Durant plus de quatre ans, d'étranges peines intérieures mirent sa foi et sa confiance en Dieu à une redoutable «.'•preuve. C'était le sceau de la croix sur sa vie et sur Bon Oeuvre admirable *.
I /Institut de la Congrégation fut approuvé en 1 (>!)(>. Quand la Sœur Bourgeoys eut enfin obtenu de se démettre de la charge de supérieure, elle dit à ses filles, avec l'incompréhensible humilité des saints : "Maintenant, il n'est plus question de parler de moi que comme d'une misérable qui, pour n'avoir pas été fidèle dans l'emploi qui m'avait ét< amoureusement confié, mérite de très grands châtiments, qui s'augmenteront encore par la peine que mon relâchement vous a fait ressentir. C'est pourquoi je vous demande le secours de vos prières."
Délivrée des terribles peines d'esprit qu'il l'avaient tor-
1. La Congrégation de Notre-Dame compte aujourd'hui dans notre pays cent trente établissements et plus de trente mille élèves. Mgr Bourget, de sainte mémoire, disait dans un mandement aux Sœur la Congrégation : " L'œuvre sublime que vous a confiée la divine Providence et que vous remplissez avec tant de zèle, nous est tellement chère, que nous ne cessons de bénir le Seigneur de ce qu'il lui a plu di- choisir cette ville pour en être le berceau. La régularité qui, grâce à Dieu, a toujours régné dans votre communauté prouve que vous n'avez pas été infidèles à la vocation de Dieu qui vous a établies à Ville-Marie pour honorer son auguste Mère et imiter ses vertus. Les raccèfl toujours croissants qu'obtiennent vos travaux montrent aussi que le Seigneur est avec von-,. Aussi faites-vous notre gloire !"
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contre le* Iroquois. Il était de La troupe de AI. de Montmagnyï dans le combat livré à deux cents <!<• ces sauvagei sur la rivière Richelieu, en 1643. Deux ans après, il mit en fuite, sur Le lac- Saint-Pierre, une bande d'ennemis «jui échaput, (lit Ferland, à la faveur d'une nuit très obscure. L'année suivante, il se distingua entre tous Les braves
(jui défendirent le fort de BécanCOUTt contre les Iroquois.
L'état si précaire de la colonie ne décourageait point le jeune Français. Il s'était épris de la vie aventureuse, de l'âpre charme des forêts. Il aimait le sauvage pays où il avait grandi et, résolu de s'y établir, voulait se marier. En 1649, il épousa Marie Chrestienne, fille d'un chef huron et élève des Trsulines de Québec. C'était une exquise fleur des bois. Marie de l'Incarnation en parle dans ses lettres avec une fierté maternelle. Mais la jeune huronne mourut peu après son mariage.
Pierre Boucher s'était fixé aux Trois-Rivières 1. Jean Godefroy, Jacques Hertel, Le Neuf de la Potherie, Le Neuf du Hérisson, Jean Nicolet, Normanville, Sébasthien Dodier, François Marguerie, Etienne Lafond, Bertrand Fafard, Pierre Blondel, Christophe Crevier y étaient déjà établis.
Depuis longtemps c'était le poste le plus fréquenté. Les Français y venaient de tous côtés, aux nouvelles. Nulle part, il ne circulait tant de bruits sinistres. Les sauvages amis qui arrivaient, chargés de fourrures, avaient toujours quelque désastre à annoncer. Cela n'arrêtait pas le trafic et au besoin, on allait chercher des chaudières, des haches, des couteaux et autres marchandises européennes à Québec. Le
1. Faut-il dire aux Trois-Rivières ou à Trois-Rivières ? L'oreille re à Trois-Kivièrrs, mais Pierre Boucher et, je crois, tous les anciens diraient aux Trois-Rivi.
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"Il excitera souvent ceux qui \<>nt an travail de se tenir >ur leurs gardes, surtout aura l'osil que Les armes Boienl bien chargées . . .
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le bourg en trois escouades, OU quatre, s'il y a assez d'hommes, dont une entrera tous les soirs en garde dans la redoute qui regarde les champs. Dans un corps de garde* il y
aura toujours une personne qui veillera, et celui qui devrait être en sentinelle fera ronde tout autour du dedans de la palissade, et aura l'oreille souvent au guet pour ne se point laisser surprendre du dehors par l'ennemi, ni du feu qui peut mettre par accident en quelque maison.
" Il fera son possible pour presser la construction de la palissade et fera mémoire des journées qui seront données, par qui, à quoi et combien.
" S'il arrivait quelques réfractaires au commandement ou qui manquassent aux gardes, il les condamnera à l'amende telle qu'il jugera à propos ; ou s'il arrivait quelque refus d'obéir, il en fera son rapport au gouverneur pour en faire châtiment.
" Fait et expédié au fort des Trois-Rivières, ce 6 juin, mil six cent cinquante et un.
(Signé) D'Ailleboust.
Se fortifier demandait du temps. Mais le péril continuel où l'on était aux Trois-Rivières n'empêcha point Pierre Boucher de se remarier.
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D'après Paillon, le bourg Be trouva compris dans un carré d'environ quatre-vingts toisej sur cent, mais brisé à deux de
ingles, par des accidents de terrain. Cette enceinte : mée de pieux, avec trois redoutes aux angles et plusieurs l>a> t ions, renfermait L'église, L'habitation du gouverneur et une
trentaine de- maisons.
Le gouverneur-général, prévenu qu'un grand coup se préparait, monta aux Trois-Kivières pour voir à la défense. On avait déjà signalé L'arrivée de quelques bandes, et au mois
d'août des hommes partis aux champs accoururent annoncer que, dans toutes les directions, des sauvages se glissaient derrière les arbi
On fit une battue aux alentours sans découvrir personne et Ton ne savait trop que penser. Mais la place était bloquée et le lendemain des canots iroquois apparurent sur le fleuve.
Boucher, voulant se renseigner sur les forces de l'ennemi, envoya en reconnaissance une chaloupe bien équipée, commandée par de Bellepoire. Non loin du fort, une trentaine de canots iroquois étaient tirés sur le sable et les canots sur le fleuve arrivaient à force d'avirons pour mettre la chaloupe entre eux et la troupe de terre.
Bllepoire fit virer de bord et ordonna une décharge générale qui abattit quelques sauvages. Il garda un grand calme et, après une lutte très vive et admirablement conduite, la chaloupe revint à travers la fusillade, sans un seul blessé.
Au fort, les canons retentissaient, les tambours battaient, les trompettes appelaient aux armes : une multitude de sauvages tout à coup surgis des bois accouraient vers le bourg.
Six cents Agniers, presque tous armés à l'européenne, allaient assiéger Trois-Rivières et Boucher n'avait que quarante-six hommes à leur opposer.
Il fit fermer les portes des barricades, plaça ses meilleurs
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"Ah ! (nu1 vous avez eu du bonheur, s'écria-t-il en l'embrassant, d'avoir si bien conservé votre poste. Si les ennemis rusM-nt pris les Trois-Rivières, tout le pays ('tait perdu."
Il lui exprima vivement la douleur qu'il ressentait de De pOUVÔir récompenser de SI brillants services. La colonie .tait >i pauvre, qu 'il n'avait pas de quoi paver Les olliciers.
M Tout ce que je puis faire, dit-il, c'est de vous donner le commandement du poste que votre valeur guerrière a sau-
Personne ne croyait à la durée de la paix conclue. " La guerre des Iroquois traverse toutes nos joies, disait une lettre de ce temps. C'est l'unique mal de la Nouvelle-France, qui est en danger de se voir toute désolée, si, de France, on n'y apporte un puissant et prompt secours, car pour vrai dire, il n'y a rien de si aisé à ces barbares que de mettre quand ils voudront toutes nos habitations à feu et à sang, à la réserve de Québec, qui est en état de défense, mais qui, toutefois, ne serait plus qu'une prison dont on ne pourrait pas sortir en assurance et où l'on mourrait de faim, si toute la campagne était ruinée. . . C'est une espèce de miracle que les Iroquois, pouvant si aisément nous détruire, ne l'aient pas encore fait, ou plutôt c'est une providence de Dieu qui jusqu'à présent les a aveuglés. . . Ils ont fait des coups de cœur, et se sont signalés, en certaines rencontres, autant qu'on pourrait l'espérer des plus braves guerriers d'Europe. Pour être sauvages, ils ne laissent pas de savoir fort bien faire la guerre, mais d'ordinaire celle des Parthes qui donnèrent tant de peines aux Romains."
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A son arrivée à Québec, au mois d'août 1661, le gouverneur-général d'Avaugour trouva la colonie à toute extrémité. Mais le traité des Pyrénées avait rendu la paix à la France. M. D'Avaugour jugea le moment favorable pour obtenir du renfort, et il résolut de députer en France un homme connaissant bien le pays, la situation, et capable d'en parler de manière à convaincre, à émouvoir.
fit échouer à marée basse entre deux rochers qui forment le sentier conduisant à cette habitation. Il y envoya deux de sa compagnie pour découvrir s'il n'y avait point d'Iroquois. La porte étant ouverte, l'un d'eux y entra et y trouva quatre-vingts Iroquois en embuscade, qui le tuèrent et courant après l'autre, le prirent vif après qu'il se fût bien défendu. Ces barbares allèrent ensuite assiéger la chaloupe où il n'y avait plus que cinq Français, qui se défendirent jusqu'à la mort. M. de Lauzon qu'ils ne voulaient pas tuer, afin de l'emmener vif en leur . se défendit jusqu'au dernier soupir. On lui trouva les bras tout meurtris et hachés de coups qu'on lui avait donnés pour lui faire mettre bas les armes ; cependant il ne se laissa pas vaincre et jamais ils ne le purent prendre. Après sa mort, ils lui coupèrent la tête, qu'ils emportèrent dans leur pays. Ainsi furent massacrés nos sept Fran mais ils tuèrent un bien plus grand nombre d'Iroquois dont on trouva les ossements lorsqu'on alla lever les corps des nôtres, leurs gens ayant brûlé 1rs corps des leurs selon leur coutume et laissé entiers ceux de nos Français." (Lettres de Marie dé l'Incarnation )
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A son retour, il fut promu à la charge de juge royal et reprit le gouvernement dei Trois-Rivièn
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Cependant toute la famille de Pierre Boucher l'y avait suivi. parentfl et BOB frère Nicolas y moururent rois
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Pierre Boucher, arrivé si jeune à Québec, n'était pas un homme instruit. Cependant, pour répondre plus au Long aux questions que lui avait faites Louis XIV, il entreprit d'écrire un ouvrage qu'il intitula : Histoire véritable et naturelle des mœurs et des production» de la Nouvelle-France.
Ce livre judicieux qui reste une autorité, Pierre Boucher Pécrivit à l'époque terrible des tremblements de terre. Depuis le mois de février jusqu'à l'automne, d'épouvantables secousses bouleversèrent le pays. Chacun croyait que le Canada tout entier allait s'abîmer. Pierre Boucher avait foi dans l'avenir et préparait son livre qu'il dédia à Colbert, ministre des colonies. L'histoire véritable et naturelle de la Nouvelle-France fut imprimée à Paris en 1664.
Le roi n'avait pas oublié ses promesses. L'arrivée d'un vice-roi et du régiment de Carignan le prouva et l'expédition de l'automne 1666 contre les Iroquois porta un grand coup à la puissance de cette race horrible et terrible.
Avertis de l'approche des troupes, ils s'étaient préparés à