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pas leur santé, leur satisfaction, leur repos et leur vie pour
l'instruction des fillea à la vie chrétienne el aux bonnes mœurs. Notre-Seigneur demanda à ses apôtres s'ils l><>i raient son calice et on demande aux fillea de cette communauté si ellefl peuvent embrasser la pauvreté et le mépris. Pour pouvoir instruire gratis, elles se contentent de peu, se privent de tout et vivent partout pauvrement. Et, comme les apôtres, elles travaillent même la nuit pour gagner leur vie et n'être à charge à personne. Aussi cette communauté doit être une image du collège des apôtres, mais je compare le collège apostolique à une étoile au firmament et la congre tion à un brin de neige."
" Pensez, mes chères sœurs, disait l'admirable fondatrice - filles qu'elle envoyait en mission, pensez que vous allez recueillir les gouttes du sang de Jésus-Christ qui se perdent. Oh ! qu'une Sœur qu'on envoie en mission sera contente -i elle pense qu'elle y va par l'ordre de Dieu et en sa compagnie ; si elle pense que dans cet emploi 'elle peut et elle doit témoigner sa reconnaissance à Celui de qui elle a tout reçu ! Oh ! qu'elle ne trouvera rien de pénible ni rien de fâcheux. Elle voudra au contraire manquer de toutes choses, être méprisée de tout le monde, souffrir toutes sortes de tourments et mourir même dans l'infamie."
La Sœur Bourgeois et ses premières compagnes faisaient ordinairement à pied leurs voyages. Dénuées de tout, elles s'en allaient instruire gratuitement les enfants dans les paroisses qui s'ouvraient. Elles y vivaient de la vie des plus pauvres et, ajoute la sainte fondatrice : Tout cela réussissait !
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façon de s'exprimer et leur politesse oe Le cèdent point à celles
qui, parmi nous, ont été élevées avec Le plus (le soin. C'est la justice que rendent aux filles de la Congrégation tous ceux qui ont fait quelque séjour au Canada."
Aussi, dès 1667, les habitants de Ville-Marie tinrent une assemblée générale et adressèrent au roi une requête demandant que la Congrégation de Notre-Dame fût autorisée par des lettres patentes.
La Sœur Bourgeoys ne voulait d'autre protection que celle de Dieu ; elle dut pourtant céder aux désirs de tous et passa en France. Elle s'embarqua n'ayant pas même dix sous, mais comme on l'a dit, sa vie est un admirable plaidoyer en faveur de la Providence.
A la demande de Colbert, Louis XIV accorda des lettres patentes les plus élogieuses et le grand ministre les fit enregistrer au Parlement de Paris, afin qu'elles ne rencontrassent aucun obstacle au Conseil souverain de Québec.
Cependant plus de vingt ans devaient s'écouler avant que l'autorité épiscopale approuvât l'institut de la Sœur Bourgeo\
Quel est le fondateur qui n'a pas souffert de ses amis, de ses frères et de ses pères dans la foi ? " Pour montrer que le dessein de ce nouvel institut était venu d'En-Haut, dit M. Faillon, Dieu permit que l'autorité épiscopale, quoique diri-
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Elle les suivait dans leurs pauvres ménages, elle les formait
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qu'on les trouve surtout aux débuts de la vie des peuples.
Nos ancêtres avaient besoin d'un grand excédent d' gie physique et morale, il leur fallait aller à la vie, connue on va au feu. Et à ces pauvres et rudes foyers de Ville- Marie, toujours menacés, que de fois la Sœur dut porter la confiance en Dieu, la sérénité.
Elle ressentait, au plus vif du cœur, les maux de chacun. Les massacres, les enlèvements, tous ces cruels événements de la guerre de surprises faite aux colons la laissaient comme blessée et ensanglantée.
Les odieux procédés, dont on usa à Québec envers Maisonneuve, lui furent aussi bien sensibles. C'est à elle surtout que le fondateur de Montréal — digne de l'apothéose — s'ouvrait des avanies qu'il avait à subir, et bien amère fut sa douleur, quand elle le vit partir, pour ne revenir jamais.
Une épreuve terrible allait aussi l'atteindre dans son œuvre.
l'n furieux incendie réduisit en cendres tout ce que la Congrégation possédait à Montréal. Deux religieuses périrent même dans les flammes et l'une de ces infortunées était la propre nièce de la Sœur Bourgeoys. ,
Mgr de Laval, jugeant que la Congrégation ne pourrait
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Jamais pn n'a tenu la nature plus sous ses pieds. I. 'amour Pavait jetée sur la croix et la consuma sur la croix. souffrance faisait sa gloire et ses déli<
Que dire de cette ferveur d'esprit, de cette prière intense qui ranimait son eorps épuisé et lui tenait lieu de repos : " O gémissements ! ô cris de la nuit pénétrant les nues, perçant jusqu'à Dieu ! ô fontaines de larmes, source de joie ! ! "
Sans cesse elle intercédait pour cette nouvelle église, et le curé de Ville-Marie, M. Souart, voyait dans sa prière un rempart puissant, invincible.
Cette admirable vertu du courage — qui en suppose tant d'autres — ne s'affaiblit jamais chez cette femme auguste, et à l'âge de soixante-neuf ans, elle en donna une preuve qui mérite d'être signalée.
Mgr de Saint-Vallier songeait alors à fonder l'Hôpital- Général. Au mois de mars 1689, il écrivit à la Sœur Bourgeoys pour l'engager à se rendre à Québec, afin d'en conférer avec elle.
Il n'y avait pas longtemps que l'effroyable massacre de Lachine avait jeté l'épouvante et la consternation dans la colonie. Cependant la Sœur Bourgeoys n'attendit pas la navigation ; elle n'hésita pas à se mettre en route, et fit à pied le voyage de Montréal à Québec, endurant des fatigues inconcevables, souvent obligée de se traîner à genoux sur la glace.
L'évêque voulait lui confier l'établissement de l'Hôpital.