Jeanne Boucher épousa, en 1695, M. Sabrevois de Bleury
PBEEI BOVi UKR
ut son Q'i: : I
' an Q
P i ru de
omme lu
Tillv, i
Tint'
Il lui h- <j .
is sa lutte conta
ritir. M fini
ail daiiN iiot
des années après, dans nue reste
pabUée, cDe : ùt leur»
-6e. Sa générosité ne se d< j.lus nau i-itre*
dans les temps les ouffrnnrrs, supportées aree mourut en 17«^i. I
126 mi. non i ii s ( w \i»n i
Cette même .•mure, au temps des récoltes, un fort parti iroquois descendit le Richelieu et se cacha dans Les bois de Boucherville pour Burprendre les moissonneurs ans champs.
Vivement poursuivis, ils se dispersèrent, mais pour revenir plus tard, et la défaite qu'ils essuyèrent, cette fois, alluma dans ces cœurs féroces la soif de la vengeance. L'année suivante, par une nuit très obscure, ils se glissèrent jusqu'aux habitations, mirent le feu à quelques-unes, massacrèrent familles ou les jetèrent dans les flammes, et s'enfuirent ensuite, entraînant quelques prisonniers 1,
Le lendemain, au lever du jour, on découvrit les ruines fumantes, où les restes calcinés des victimes gisaient dans les cendres.
Ce tragique événement plongea Boucherville dans une noire désolation. Pierre Boucher en ressentit une douleur aiguë. Jusque-là, sa paroisse avait été épargnée. Il avait cru qu'elle le serait toujours. Il se sentait accablé par cette surprise sanglante qui lui en rappelait tant d'autres, et vieux, usé, ne retrouvait plus l'élasticité, la force de vivre. Mais comme tous les hommes d'action, il savait vouloir.
On organisa l'été suivant, une nouvelle campagne contre
l. Parmi ces malheureux se trouvait l'ancêtre <!<■ la famille Sicotte. Il fut scalpé, torturé, mais il réussil à s'échapper et revint à Boucherville OU il Vécut encore quatorze aOS.
ni
les I A .' |
I s'enfuirent dans les bois. I I
M ulll
<• sa po- * I." It m gi
ron d'un géi\
Il mourut Ii - niluv 1 1
lemeni « Ce
fut l iiuj»i d'une g\
Fui sani plus
ré <!«• lin*
m S les toih-ttrs nux ivait pas manqoé de ré>«
lissant. \|>ns que M
l«i prUonni.rs fur.-nt édttl i passa dr
M de « /, Dmhn
L28 sii.iiori
touché qu'aucun autre. La nie <!<•> treize cents [ndieni nus de tous côtés, depuis l'embouchure du Mississipi jusqu'au golfe Saint-Laurent lui mit au cour une joie immense. Quelle admiration, quelle reconnaissance il ressentait pour
Kondiaronk, qui avait su pacifier les maîtres de la forêt, les
décider ft enterrer la hache de guerre.
L'illustre tagamo ne devait pas survivre a Bon triomphe. Tendant qu'A écoutait l'un des orateurs, il s'évanouit. Des soins empressés le ranimèrent. Alors il témoigna qu'il voulait parler.
On le fit asseoir dans un fauteuil au milieu de l'assemblée et, s'aidant de toute sa volonté, il retrouva sa force, sa merveilleuse éloquence. " Avec modestie et dignité il exposa, dit Garneau, ce qu'il avait fait pour amener une paix universelle et durable. Il appuya beaucoup sur la nécessité de cette paix, sur les avantages qui en reviendraient à toutes les nations et démêla avec une adresse étonnante les intérêts des uns et des autres. Puis, il se tourna vers le gouverneur-général et le conjura de justifier par sa conduite la confiance qu'on avait en lui." Sa voix s'affaiblit, il se tut. Il fallut l'emporter et il expira dans la nuit 1. Sa mort fit une impression profonde. Kondiaronk était chrétien i ses funérailles furent grandioses.
Quant aux effets immédiats de cette paix générale, un militaire, M. de Catalogne écrivit : " Les habitants qui depuis longtemps avaient abandonné leurs champs, les reprirent : chacun travailla à se bâtir dessus, et les terres, dont les héritiers avaient été tués, furent réunies aux domaines des seigneurs, qui les concédèrent à d'autres."
1. On a comparé Kondiaronk à lord (hathani qui passa <lv- la tribune à son lit de mort.
raouu kr \'2<j
lonna à 1 \
tes ;
- par le
r se joignit ■
intc icnt (Passai: ] I
hill. défendu par un< i .
Plus .
son roK 1 >rl ne pouvait point • Les
> dc la voient pas approcher sans <i
nui* csi sait
lit, plus ses racines s1
our lui s'illumil -tes.
est à la suite de la prise de Haverhill qoe les tirent appel à ic horrible tempête anéantit le l'amiral
180 Ml. H(H !
; avec une douce mélancolie qu'il regardai! Bouvent la petite église où près de son Sauveur, il allait attendre le rieui réveil.
Le repos que la vieillesse lui imposait, lui permettait de se livrer à la prière, et tous ses souvenirs aourissaieni le
chant intérieur de sa reconnaissance. Sur lui et mit les
siens. Dieu avait étendu sa protection pendant les ani
terrible8. Sa rie de famille avait été vraiment heureuse. Son auguste longévité lui apportait la joie de voir sa race se multiplier.
Il avait aimé sa patrie d'adoption comme l'homme, vraiment homme, aime sa terre natale, et cette Nouvelle-France qu'on empêchait de croître, qui semblait condamnée à mourir avant d'avoir vécu, il la voyait merveilleusement affermie. La fondation de Boucherville, commencée sans ressouri avait malgré tout réussi. Il allait laisser une paroisse solidement constituée, pleine d'avenir. Sur ce coin de terre où il s'était senti si jeune, où il avait si rudement travaillé, par les beaux jours, il se promenait maintenant d'un pas alourdi par l'âge. Les sentiers verts étaient encore les seules rues à Boucherville. Entre les maisons peu rapprochées beaucoup d'arbres centenaires restaient debout, mais les toits fumaient, la flamme brillait joyeuse aux foyers, les épis ondulaient dans les champs. Et Pierre Boucher se sentait heureux d'avoir civilisé un morceau de la forêt. , Les peines, les fatigues, les sanglants souvenirs étaient oubliés. Des cruelles années lointaines, il ne lui restait plus qu'un doux sentiment de repos et il attendait en paix l'appel de Dieu.
Avec une tristesse sereine, il écrivit ses adieux aux siens, et ses dernières volontés. D'après Jacques Viger, au siècle dernier, on les lisait encore, chaque année, en famille, à genoux.
** \ i noi
m à la t
mes pair
bons en* vous
I l le la
pour
t (ir Vin,
I bien, n [uis. J1
laisse au
itant «ju'
182 mi. non
A MA 1- im.mi:
k* Ces! à vous. Ma Chère Femme, que je parle à présent : "Continuel d'aimer vos Enfans, mais aimez-les également, Comme j'av fait, pour entretenir la paix et la conconl. entre eux. Ce n'est pas que ceux qui nous témoignent le plua
d'amour et qui ont le plus de respect, sans intérêt, ne méritent que nous les aimions davantage, mais il ne faut pas que cela paraisse aux veux des autres ; parce que ceux qui font moins leur devoir envers nous sont les moins vertueux et par conséquent plus capables de troubler la paix. Demandez en particulier à Dieu qu'il récompense ceux qui vous portent le plus de respect, et faites ce que vous pourrez en secret pour le reconnaître. Priez et faites prier pour ma pauvre âme. Vous savez combien je vous ai aimée et tous vos parens pour l'amour de vous. En écrivant cecy je m'examine sur le tenu que nous avons vécu ensemble, mais ma conscience ne me reproche rien, si ce n'est de vous avoir trop aimée ; mais en cela je n'y vois pas de mal, grâce au Seigneur.
A Monsieur De Muy
" Je vous prie, Monsieur, comme un homme d'esprit, de vouloir bien contribuer à maintenir la famille en bonne intelligence. Vous sçavez, Monsieur, que vous m'avez souvent dit, que vous vouliez vivre et mourir mon ami, et que vous m'en donneriez des preuves dans toutes les rencontres. En voiev une occasion. Je sais qu'il n'appartient qu'à une âme aussy généreuse que la vôtre, de servir un ami après sa mort ; c'est quelque chose de grand, puisque c'est le servir sans intérêt. C'est ce que j'attends de votre générosité, et je meurs dans cette confiance que vous travaillerez de tout votre pouvoir à maintenir tous vos beaux-frères et belles-sœurs dans
in KE 188
I un mr qu'il
\ : l i vous bénisse : avec le»
le partage du p i de chose q vaut pas la
DAS, il arr:
difficulté deux ou trois p
plus g< n> «I I leur î
• qu'un méchant
le mt'il
i ce (jiii tonde, pour
• le llli : mal :i j"
isse ; il m'en a assez
ra auftsv ■ 1 11*1 1
le ta
n qu'il \ «les perso
rir.
19 l su. non i i 1 -s ( w \i
que de rien faire contre l'ordre de Dieu. Si vous vivez dans
sa crainte, il aura soin de vous.
" Fine/, toutes sortes de débauchés et faites en Borte que
enfanta ne le soient pas. Souvenez-vous de cette parole
du Sauveur : "que sert à L'homme de gagner tout Le monde,
.s'il perd son âme ! H La vie esl courte, mais l'éternité ne finit jamais. Je ne m'étends pas davantage, vous êt< ins-
truits de nos obligations de Chrétiens ; mettez en pratiqu que vous sçavez, et vous serez sauvés. Soyez charitables « t aumôniers autant que vous le pourrez. Faites-vous le plus d'amis qu'il vous sera possible, mais préférez toujours les gens de bien ; parce que les personnes qui vivent dans la crainte de Dieu vous peuvent beaucoup servir par leurs prières, conseils et bons exemples, an lieu que les libertins font tout le contraire ; il ne s'y faut même fier que de bonne sorte. Il arrive souvent que l'intérêt ou la défiance fait qu'ils n'agissent pas sincèrement avec vous, et qu'ils vous disent souvent le contraire de ce qu'ils pensent. Il faut avoir la simplicité de la colombe, mais en même temps, la prudence du serpent. Il est rare d'en trouver un avec qui on puisse agir à cœur ouvert, à moins qu'il ne soit véritablement vertueux : pour lors, vous pouvez lui ouvrir votre cœur, sans crainte d'être trompés. Mais prenez garde, il y a bien des hypocrites, qui sont malaisés à connoître. Tout ami intéressé, il ne s'y faut pas fier. On peut pourtant quelquefois s'en servir dans la grande nécessité, mais toujours avec défiance, sans toutefois le faire paroître.
" Lisez le plus que vous pourrez de bons livres, et quand vous en trouverez qui vous donnent de bonnes instructions pour l'état où Dieu vous a mis, ne vous contentez pas de les lire une fois, mais tâchez de les posséder. Ceux que Dieu a appelés dans l'état du mariage pourront lire la Famille Sainte par le Père Cordier, jésuite, les Conseils de la Sagesse et autres semblables.
IIKBRE BOUCHEE 135
uns dan- idis,
ndant t té sans jamais
.jui res*
plus ut: .il ne se faut pas
utnd
. ni la ut
vez pas * 1 )' , . il ne faut pas m laisser
\os bons exempl<
14 I . mon fil
186 mi in >i i i i i s CANA]
homme d'honneur, el que rien ne paraisse en voua que d'honnête homme. Vivea en paii ai Frères el troa sœura. Voua Êtea l'aîné, agia8ez en père <le famille el que L'intérêl ne vous faase jamais rompre avec eux. Souvenez-voua <iu<- Dieu dû de aea serviteura, maia Burtout dea pacifiques et mi- Béricordieux. Je vous donne ma bénédiction el à toui enfanta que j'aime tendrement comme aussi votre femme pour qui j'ai bien de la considération, et que je n'oublierai pas devant Dieu.
" Dites à votre Sœur de Varennes que je lui dis adieu et à tous ses Enfans que j'aime et que j'ai toujours aimés. Je leur donne et à elle ma bénédiction, je les exhorte tous à vivre dans la crainte de Dieu et de s'entre aimer les uns les autres comme Dieu et la bienséance le demandent.
" Vous direz à votre frère de Grandpré que je lui dis adieu à sa femme et à ses enfans ; que je leur donne ma bénédiction, qu'ils prient Dieu pour moy et qu'ils ne s'affligent pas de notre séparation qui ne sera que pour un tems. La vie est courte. Je le conjure de travailler de tout son possible et d'employer son esprit et son crédit à maintenir la paix et l'union dans la famille. Je le prie de continuer à vivre dans la crainte de Dieu et en homme d'honneur, comme il a fait jusqu'à présent.
" Adieu mon fils de Grosbois. Vous sçavez comme je vous ai aimé, n'en soyez pas ingrat, mais priez Dieu pour moi, en reconnaissance. Ne vous affligez pas de ce que je vous quitte ; Dieu le veut et il est tems de partir. Je ne suis plus utile à personne en ce monde. J'y suis à charge aux autres et à moy-mOme. Je vous donne ma bénédiction à votre femme et à tous vos enfants, à qui je dis aussi adieu. Vivez tous
1 IKRRK BOUCHER
rères et sœurs ; qu<- Pincause di
I son ma nfans, a Vous
iraitir ; >ur ma pau- M I (. de ma part à cornu- > la famille. Qu'il M M
puisqu'elle n'a jm> de fi mpHasaj
Iuv. adieu t toua \-»^ enfans à qui J
nous est n»
sair« le Paradis en '
r M. Di Muy. P 1 1 1 .
> Muv de se souwiiir q rem «jui pourra
lui
: ; «|ii'il s»
Il jH-ut h nir la ]
qu'il
I 88 sii.iiot i i i i s « \\.\mi.\ •
"Adieu, mon cher fils de Montbrun, adieu à votre femme et à n«)> enfahs. Je vous donne à tous ma bénédiction. Priez Dieu pour moy. Voua sçavez que je vous ay toujours 1»' coup aimés ; je Bais que vous m'aimez réciproquement et que par conséquent, vous aurez de la douleur de ma mort ; n
je vous conjure de ne point vous affliger ; cela ne scrxi' qu'à intéresser votre santé. Songez que vous ave/ une famille qui a besoin de vous ; d'ailleurs, vous ne perde/ rien en me perdant. Je vous serai plus utile auprès de Dieu, s'il me fait miséricorde comme je l'espère de sa bonté.
" Adieu, mon cher fils de Laperière. Je sais combien vous m'aimez et que notre séparation vous sera bien sensible, mais consolez-vous et dites souvent : Dieu l'a voulu de la sorte. . . que son saint nom soit béni. Priez le Seigneur pour moi. Je ne vous en dis pas davantage, vous sçavez mes sentimens. Je vous donne ma bénédiction, et je prie le Seigneur qu'il vous donne la sienne. Craignez Dieu et fuyez le péché.
" Adieu ma chère fille de Sabrevois, dites à M. de Sabrevois que je luy dis aussy adieu et à votre fille. Je vous donne ma bénédiction. Vivez toujours dans la crainte de Dieu et l'horreur du péché. Priez le Seigneur pour moy, je le feray pour vous. Je conjure M. de Sabrevois de continuer à conserver la paix et l'union dans la famille.
" Adieu, ma chère fille Boucher. Je suis fâché de vous laisser sans que vous soyez pourvue. Vous sçavez que ce n'est pas ma faute, et qu'il n'a dépendu que de vous. Dieu aura soin de vous, et vous servira de père. Vous avez votre mère qui vous aime beaucoup. Priez Dieu pour moy, je le prierai pour vous. Je vous donne ma bénédiction et vous bous la protection de la Sainte-Vierge.
nnmi bb 189
(^u'il CO
i d l*ui
famille.
ii fila «1. N
tant
Priez D
la nouvelle
des mi-
4 pour :
mon ref
ou» sera
, à ma fille
1 M) SILHOUETTES ( axai
que je porte but moi II y a bien des indulgences appliqi dessus, mais elles ne luv peuvent servir : elle pourra en faire mettre d'autres. Comme c'est tout ce <|ui me reste à donner, il est bien .juste que je le donne à celle (jui m'a témoigné tant d'affection, et qui a toujours eu pour moi un si tendre attachement, pendant que j'aj vécu en ce monde.
" Aux autres — je leur laisse le peu de bien que Dieu m'a donné, à condition toutefois qu'ils prieront et feront prier Dieu pour nioy. Je leur demande à chacun dix messes, sans compter les prières qu'ils feront ; c'est bien la moindre chose qu'ils puissent faire pour le repos de mon âme. Je leur en demande autant pour leur mère à qui ils ont tant d'obligations."
"Du 18 d'aoust — J'ai cru devoir ajouter icy que ma femme et moi avons fait un Testament, lequel nous ne souhaitons qu'il soit ouvert qu'après la mort du dernier vivant, à moins qu'il ne survint quelque chose qui obligeât à l'ouvrir plus tôt, ou pour quelques raisons que nous n'avons pu prévoir ; mais quoiqu'il puisse arriver, qu'on n'y change absolument rien de nos intentions qui sont de vous faire vivre en paix et d'empêcher que vous ne plaidiez les uns contre les autres. Nous avons tâché d'y garder l'égalité en tout; cependant s'il paraît que quelqu'un soit plus avantagé, souvenez-vous que vous êtes tous frères et sœurs, qu'il ne faut pas se porter envie les uns les autres. Ce n'a pas été notre intention d\^n gratifier plus les uns que les autres, mais quand cela serait, nous avons le droit de le faire, étant maîtres de notre bien. Tout notre désir en vous laissant ce que nous avons et que Dieu nous a donné, c'est que" vous vous en serviez pour la subsistance de vos familles et à entretenir la paix et l'union entre vous.