‹ Silhouettes canadiennesChapitre 22 sur 36 · I -IKBRE BOUCHER · texte numérisé non relu

I -IKBRE BOUCHER

troupes e\ \et milices immobiles. Les

Uns

l J»lllN ,C

\ «lu bien de la i I ares

A 1 1 rville

i cas d'à

unir

• le monde au for! Saint Lou s. I

la ruine, la mort

rafle rir.

>t loin, mai*

ille.

I' fort

i lentinellefl de»

mms-

120 mi. non

Une Longue habitude du danger avait aguerri Mme Hou cher, le calme qu'elle gardait soutenait le courage dea jeunes femmes nouvellement renues de France. Lea moins bra s'efforçaient de ne pas trop Laisser voir l'atroce BourTranc* la peur. Il fallait apprendre à supporter toutes les angoisil fallait se viriliser, et sans doute dans les pires moments, Pierre Boucher rappelait aux faibles la parole de No gneur : "Ne craignez point ceux qui ne peuvent que tuer le corps ".

Jamais la colonie ne s'était vue dans un état si humilié, si lamentable. Heureusement Frontenac venait d'être nommé, pour la seconde fois, gouverneur, et sa forte main allait tirer la Nouvelle-France de l'abîme.

Frontenac arriva à Québec le soir du 12 octobre. A cette nouvelle, l'espérance rentra dans les cœurs et Québec, qu'il trouvait si beau et si magnifique, s'illumina spontanément.

Il débarqua à la lueur des flambeaux et jamais gouverneur ne fut reçu avec des transports de joie si vifs, si sincères, si triomphants. Mais quels sinistres et affreux récits on avait à lui faire !

Il partit aussitôt pour Montréal et visita les environs. Les Iroquois n'y avaient laissé que des ruines, et les traces de leurs bacchanales de sang et de mort étaient encore toutes vives. Mais Frontenac était trop homme d'action pour s'abandonner aux émotions pénibles. Il ne laissa pas distraire son énergie, et, dans les moyens à prendre pour relever le moral des Canadiens en cet immense malheur, son viril esprit alla tout droit à l'extraordinaire.

" Il comprit, dit Garneau, que ce n'était qu'en frappant

roui boucrxb rji

'tujts a iju'il pn i

ges eur des armes françaises."

mille

-qu'au CG ent sans cesse les !

plein hiver. Ces vaillants n'éta trompa»

ne parut |

ouflfrances n'est pas

! (it'-truits *.

tomber sur les Français les

ils sur les prisonniers ennemis par leurs alliés

• ris ces expéditions contre les colonies anglaises.

dans son Court d I. matin, fait d'abord

ces expéditions avaient été provoquées par les colons de la

rs même que les Iroquois exerçaient

dans le gouvernement de Montréal, les excitaient à C

rnination ; que les Français n'avai

leur pays, leurs biens et leurs fa-

lals ; que ISS Sauvages, et que, malgré tous

122 SII.IIOI ■!

Ces succès merveilleux jetèrent beffroi dans Le Nouvelle- Angleterre et valurent aux Français L'admiration des ind nés. Longtemps après, ils en parlaient encore avec stupeur.

Les Canadiens axaient lavé l'honneur militaire flétri. VA quand les colons anglais tentèrent de prendre leur revanche sur Québec, on sait avec quelle superbe crftnerie Frontenac repoussa la flotte ennemie.

Pierre Boucher se sentait rajeunir à ces glorieuses nouvelles. Il oubliait les hontes que la faiblesse de Denonville nous avait values. L'héroïsme des Canadiens lui faisait tout espérer. Comme Talon, il pensai i que la Nouvelle-Fra serait quelque chose de grand.

Les colons-soldats venaient causer avec lui de ces beauxfaits d'armes. Tous les cœurs en étaient transportés, mais un grand deuil assombrissait la gloire éclatante des victoires remportées par une poignée d'hommes ; Lemoine de Sainte- Hélène — l'idole des milices et du pays tout entier — avait été tué au siège de Québec.

1 riomphes des Canadiens avaient d'abord interdit les

leurs efforts, il n'était pas toujours possible d'arrêter leur cruauté naturelle. Nous ferons remarquer ici que soixante ans plus tard, après une longue paix où le naturel sauvage tût dû être adouci, Montcahn alla jusqu'à exposer sa vie pour empêcher ses Sauvages de torturer les prisonniers. .limai»* de* UrmUne* dé Qvébt

prou ki

[UOIS, mais ■ le»

. au t. m;

1 1 . «lit m fut

fut M j P08 COm

imani <ju< les co

<jui mai

nt plus <1< prix. I - initions do g\ l'intendant fut i

lier aux

li* se

rite*.

Dans l campagnes d«- M

124 MIHtii ITTI'.s CANADIENNES

Contrecoeur ei Saint-Ours furent Incendiés, mais les habitants rivalisaient avec les troupes de patience, d'ardeur, de courage K et les féroces ennemis se heurtèrent presque ! tout à une défense invincible.

Le péril continue] avait aguerri la population : les femmes

et les enfants se battaient connue les lionune^ -.

Il paraît que la gaieté n'en souffrait pas. Le plus <rrand mal alors de cette guerre de guérillas c'était qu'en beaucoup d'endroits on ne pouvait cultiver les terres.

En 1692, Mgr de Saint-Vallier érigea canoniquement la paroisse de Boucherville. L'année précédente, on y avait béni la première cloche, appelée Marie-Jeanne, du nom de la marraine, fille de Pierre Boucher 3. Plusieurs des habitants n'avaient pas entendu le son d'une cloche depuis vingt ans. / Partout, dans la paroisse, ce fut une fête. L'œuvre poursuivie avec une énergie acharnée, une persévérance invincible, était enfin affermie : la paroisse était fondée.

On ne bataille pas contre la barbarie sans qu'il en coûte cruellement, on ne conquiert pas une terre sauvage sans un labeur immense, et un succès humain est toujours bien incomplet. Pierre Boucher le savait, et, malgré tout ce qui manquait au sien, il s'attardait souvent en actions de grâces dans la pauvre petite chapelle.

La mort approchait, mais autour de lui il entendait soudre la vie, une vie jeune, ardente, riche de sève. Ses nom-

1. Dans un combat où les Iroquois s'étaient retranchés dans une maison, et s'y défendaient avec désespoir, on vit quelques Canadiens s'avancer jusqu'auprès des fenêtres et en tirer par la chevelure les Sauvages qui se présentaient pour tirer. — Garneau.

2. Qui ne sait que Madeleine de Verchères — fillette de quatorze ans — défendit un fort durant huit jours contre une bande d'Iroquois.

Page 1