L'ABBE DE CALONNE
r la
■ lotion :
diennc une :
l>' :iti-iii|>oi
'opulence de la d .il joigi
• se lassait point ibbé*
i rayon i
■me il entho
DM on dj
du phi- aux
Il tlrtfiiim't .
1()S Ml MOI
il était aussi un grand convertisseur. Sa foi emportai! les ftmes.
Aux TroU Rivières, où il fui aumônier dea Ursulines »t curé de la Pointe-du-Lac, sa mémoire es! en bénédiction. On conserve comme des reliques lea objets qui ont été à son usage e1 BOn souvenir, tout illuminé de surnaturel, es1 resté si vif qu'un prêtre- de la Pointe-du-Lac écrivait, il c'y a pas Longtemps : " On dirait que L'abbé de Calonne vient de quitter la paroisse."
Mais ailleurs qu'aux Trois-Rivières, il est aujourd'hui généralement oublié. Le temps a déjà voilé cette grande figure et pour la remettre en lumière, il faudrait pouvoir citer l'orateur— le faire entendre directement. C'est malheur» ment impossible, mais on lira peut-être avec intérêt quelques détails sur la vie de ce séducteur d'âmes. C'est bien une vie au sens vrai du mot. On y suit le développement et on y sent toujours la lutte.
Joseph-Jacques-Ladislas de Calonne naquit à Douai en 1743. Sa famille, très distinguée et très riche, était aussi très chrétienne, et la première éducation de l'enfant fut excellente. Après de fortes études, il entra comme conseiller au Parlement de Flandre, où son père était premier président et son frère Alexandre, procureur général.
Au XVIIIe siècle, les membres du Parlement faisaient grande figure en France. Magnifiquement doué, Ladislas de Calonne pouvait aspirer aux dignités les plus hautes, aux plus éclatants succès.
Il le savait. Il aimait la gloire qui lui souriait, il aimait
le m 1<- reclu
la toge et prit la 10
rta ses sa fo
lu unième le cardinal de
<>ca-
fut }>lu» i
\pé-
de ><)!i fils. C'est lui proh I qui U
slas de <
larmes ei cP< maa-
• j il* i 1 v
ition, il fut appelé à ( Mgr d I il qui 1-
comblée dans sa o»« résl-
>it aux tmaihêu
licialiU à des tribunaux : vm à U foi, à
uU «valrt
Ifje étalent par
1 70 sii.iioi i M i s
Il sppor important! devoirs une application) une
diligence extrême el fit preuve d'un bî grand sens, d*un< haute intégrité dans L'administration <1<- la justice, que beaucoup de plaideur! convinrent <!<• s'en rapporter à lui plutôt qu'aux tribunaux civils, En certains quartiers, on s'émut de cet abandon des procédures. Il s'en suivit une contée tion qui eut un grand retentissement. L'abbé en Bortit victorieux et ne s'applaudit de son succès que parce qu'il voyait le bien public dans un tribunal de conciliation. Redoutant les responsabilités de l'épiscopat, il avait refusé plusieurs béa et tâchait de s'effacer pendant que son frère ^efforçait d'arriver au pouvoir. On sait qu'il y parvint, que Louis XVI l'appela au ministère.
Dans la détresse financière où se trouvait la France. c'était un honneur bien redoutable. Mais, dit Thiers, dans son histoire de la Révolution, " Calonne, spirituel, brillant, fécond en ressources, comptait sur son génie, sur la fortune et sur les hommes et se livrait à l'avenir avec la plus singulière insouciance. Il séduisit la cour par ses manières, par son empressement à tout accorder."
Calonne voulut avoir son frère près de lui. L'abbé se laissa persuader par ce frère qu'il aimait. Il s'en alla vivre à la cour et Louis XVI l'obligea d'accepter la commande de l'abbaye de Saint-Pierre de Melun qui lui assurait de grands revenus.
D'après l'Apôtre, celui qui s'est engagé dans la milice divine ne doit pas s'ingérer dans les intérêts du siècle. L'abbé en fit l'expérience : " Je m'en allais en enfer en carosse ", a-t-il dit bien des fois.
Passionné pour les lettres, il voyait beaucoup les écrivains de cette triste époque ; il aimait Beaumarchais et on l'accuse d'avoir contribué à faire représenter " Le mariage de Figaro." Cette pièce qui fit courir tout Paris fut l'un
iiBE DE ( 171
II îs au ser
son s ses hin son a*
tes vastes et ibolition des pri>
[ne 1< m' \ privili des
I par le nui ! riiiinait.
• promis, dit Tbi u qu'il w
nir. Caloni
ressenti! I np qui i d fr<
i.'-litr se très
n<l il \it le roi humilié et rfl. Il aurait voulu
l ses infortunés
fit mettre sa I
'abord l'exil «les princes.
l dres, il fonds ai Montl
l " 1 1 peu plus tard, poui
:I offrit à sou fi
"'Ile (lll
! «kl* des terres.
Mgr de Québec accorda les permissions requises e\ en 1799, L'abbé de Calonne arriva, avec ses colons, aux îles du golfe.
Des Acadiens b'j étaient réfugiés pour échapper à la déportation. Leur pauvreté était extrême, mais l'excès de leurs malheurs n'avait point altéré leur foi.
Ils accueillirent l'abbé de Calonne avec une joie intense. Ils l'entouraient, le suivaient, et bénissant leurs persécuteurs qui laissaient venir à eux un prêtre français, ils lui prodiguaient les marques les plus touchantes de vénération.
La vue de ces "infortunés, l'ardeur de leur foi et l'abandon où ils se trouvaient bouleversèrent l'abbé de Calonne. Le feu sacré qui fait l'apôtre s'alluma dans son cœur et cette divine flamme dévora en un instant tous les regrets, tous les désirs humains.
Ne voulant plus être que prêtre, il renonça à son projet pour se donner tout entier aux âmes.
Le roi d'Angleterre faisait une pension à l'illustre abbé, mais il voulut partager les privations de ses chers Acadiens, et, lui, habitué à tous les raffinements de la délicatesse, vécut comme eux d'une pain grossier, de quelques légumes et de tisane de salsepareille.
A cette frugalité d'anachorète et aux fatigues de son laborieux apostolat il joignit dès lors des "macérations terribles. Ce que la contemplation de l'éternité avait fait pour llancé, la vue des âmes abandonnées le fit pour l'abbé de Calonne : il devint un homme de prière, un saint.