‹ Silhouettes canadiennesChapitre 28 sur 36 · SB] I · texte numérisé non relu

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Les [Insulines menaient d'être éprouvées par l'incendie de Leur monastère. C'est dans une humble chapelle provisoire que l'abbé de Calonne prêcha pour la première fois au Canada. Mais un auditoire dïlite avait envahi la pauvre chapelle et l'admiration fut profonde. L'aL>}>é de Calonne n'était pas seulement un homme éloquent, c'était un saint éloquent.

On sait avec quel succès incomparable il prêcha. La vieillesse ne refroidit point l'ardeur de sa parole. Jusqu'à la fin, il conserva ce don magnifique de. l'éloquence qui en suppose tant d'autres et c'est seulement dans les dernières semaines de sa vie que sa voix si belle s'altéra.

J'ai dit que la splendeur de son élocution attirait bien des protestants aux offices catholiques. L'abbé de Calonne fut un illuminateur pour plusieurs et eut la joie de recevoir leur abjuration. Parmi ces convertis, on cite M. Stephen Bourroughs qui lui survécut quinze ans et ne manqua pas un seul jour "d'aller prier sur sa tombe.

À tous ses pénitents, l'abbé de Calonne inspirait un profond sentiment de vénération. Il fut un grand et souverain directeur : dans les cœurs les plus faibles, les plus troublés, il mettait la paix, la joie, le courage. De tous côtés on venait à l'abbé de Calonne. Jamais prêtre n'exerça son ministère avec plus d'autorité, mais c'était un besoin pour lui de s'humilier devant ceux qui lui donnaient leur confiance.

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heur * | ii * î 1 se dévoua à ta communauté que l'évêque de Québec lui avait confiée La ferveur et la générosité des religiei le ravissaient. Cette maison des Ursulines où la chùrih la paix régnaient parfaitement, où la pauvreté était accueillie connue la bien-armée de Notre-Seigneur, L'abbé de Calonne la nommait- son paradis. Il bénissait Dieu qui lui avait ménagé la consolation d'y finir ses jours.

11 abandonna à sa famille ce qui lui fut rendu de son patrimoine après la restauration. Do sa vaisselle d'argent, il n'avait gardé qu'une écuelle. Son détachement était absolu et pour ceux qui ont voué la pauvreté, il redoutait l'ombre d'une attache.

Ce prêtre d'une culture si haute, d'un raffinement si exquis aimait les petits et les humbles et passait volontiers des heures entières à expliquer le catéchisme aux enfants et aux pauvres. Il était vraiment tout à tous, mais il avait une prédilection pour les plus misérables. Chaque jour, il visitait l'hôpital et la prison, laissant dans tous les cœurs la consolation et l'espérance.

M. de Calonne ne voulut jamais rien changer à la façon de vivre qu'il avait adoptée chez les malheureux Acadiens. Sur ce point toutes les représentations furent inutiles. Dans cette âpre voie de la pénitence où il était entré avec tant de courage, l'abbé de Calonne ne se détourna pas, ne se reposa pas, ni ne se ralentit. Aux Trois-Rivières, c'est sur le plancher de sa chambre qu'il prenait le peu de repos qu'il s'accordait et une bûche de bois lui tenait lieu d'oreiller. Il jeu-

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