‹ Silhouettes d'artistes, avec portraits dessines par eux-memesChapitre 18 sur 68 · GUSTAVE COLIN · texte numérisé non relu

GUSTAVE COLIN

n des héros de l'ancien Salon des Refusés, cela remonte à

U l'année 1865, où son tableau : Partie de pelote au Pays basque lui valut un succès qui pour être éclatant ne fut pas sans mélange. En somme début dangereux. Encore un révolté! un irréductible ! si le Centenaire de 1889 n'était survenu, G. Colin risquerait fort de mourir inconnu du public.

Dans certains ateliers où fréquentent les vieilles et toujours belles madames à face à main chez lesquelles se jabotent des théories d'art et se décident les élections aux cinq sections de l'Institut de France, on ne lui a pas encore pardonné une brochure parue en 1872. On paye cher, souvent, les velléités d'indépendance.

N'empêche que Gustave Colin est un vrai et un bon peintre malgré sa rébellion au peplum, aux plis de la toge et aux mièvreries si fort appréciées des marchands de cadres.

Il a été élevé tout jeune à l'école de maîtres tels que Delacroix, Corot, Daubigny, Dupré. On pourrait lui reprocher, peutêtre, un appui exagéré de la brosse, mais qui songerait à lui en tenir rigueur! Ces lourdeurs voulues, opportunes donnent un accent de plus au jeu des lumières où les oppositions des clartés et des ombres, à certaines heures du jour, dans les climats qu'il préfère, ne sauraient se traduire sans une vigueur qu'il ne faut pas confondre avec la brutalité.

Le maître vit à l'écart. Originaire du Nord, il a choisi le Midi pour pays d'adoption, le Midi avec les tons roussis de ses briques cuites, ses ciels d'un bleu de saphir, ses verdures tantôt d'un jaune maladif, tantôt poussées au noir le plus foncé. Et, dans cette atmosphère en vibration, sous les rayons piquant

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