POILPOT
(^omme corollaire de ses bulletins de victoires, des harangues j qu'il clamait à ses troupes, Bonaparte, à l'origine de sa gloire, accueillit favorablement la création, à Paris, d'un Panorama qu'importait d'Angleterre le fameux ingénieur anglais Fulton, en 1799. Fulton! Ironie de la destinée. N'est-ce pas du navire qui l'emmenait à Sainte-Hélène que Napoléon aperçut, glissant à l'horizon, et le rayant de sa fumée noire, le premier bateau à vapeur?
— Qu'est cela, demanda-t-il?
— Une nouvelle invention de M. Fulton, sire, » lui répondit-on.
Une gravure fort rare, — je la signale à M. G. Cain pour son Carnavalet — sous ce titre : Vue d'optique, consacre le premier panorama installé alors sur l'emplacement actuel de la place de la République.
Poilpot, après les essais de Daguerre et plus lard, en 1855, ceux du colonel Langlois, a repris, pour son compte, la belle idée de propager et d'apprendre aux masses l'Histoire par l'Image. Il s'est fait, petit à petit, le grand légendaire de nos gloires. Aujourd'hui, il semblea voir résumé en lui seul tous les panoramas passés, présents et futurs! L'ampleur de sa vision, la grandeur des sujets qu'il choisit, sont d'accord avec l'envergure de son geste! Poilpot voit immense : vous ne pouvez lui retirer cela ! Il est pour les brillants cortèges, pour les apothéoses ! C'est le type du parfait rapsode, auquel il ne manque que d'être aveugle, avec quelques années en plus, pour jouer les Homère. Adorant le peuple, il ne s'intéresse réellement qu'à lui; l'impression qu'il lui donne est son orientation d'art.
Compter les surfaces kilométriques couvertes de peinture par