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Les cellules ainsi néoformées agencées en tissus nouveaux gardent en général les propriétés biologiques des cellules histiocytaires. C’est le cas des cellules acidophiles épithélioïdes et de la cellule géante dé la tuberculose, comme celui des cellules basophiles, des granulomes édifiés autour des corps étrangers dépourvus de toxicité.
Les récentes recherches de culture des tissus ont permis, nous l’avons déjà vu, de modifier la conception classique sur la nature des cellules histiocytaires ; on les considère habituellement comme des éléments conjonctifs qui ont conservé les propriétés du mesenchyme embryonnaire.
« II semble plus biologique, écrit Firket, de s’exprimer comme il suit : 1l existé un état histiocytaire caractérisé par un certain nombre de propriétés biologiques très précises, plus que par Paspect morphologique des éléments qui le revêtent. »
Des cellules normales possèdent cet état dès leur formation (Réticulum protoplasmique par exemple). Mais cet état peut être pris par d’autres cellules d’origine très différente : cellules fibrolastiques, mésenchymateuses, épithéliales, éléments musculaires lisses et striés. (Chevremont).
On pourrait dire des éléments normaux qui prennent ainsi l’état histiocytaire qu’ils échappent à la mort en se transformant en un, état plus résistant et moins exigeant quant à leurs besoins vitaux. (Firket).
c) Quel sera le résultat d’une telle réaction de défense du tissu conjonctif : ?
Ce dernier soumis à une irritation va réagir dans un sens nettement hyperplasique, en entrainant la formation d’un tissu de granulation bien
définie dans ses éléments par Letulle. « Tout tissu conjonctivo-vasculaire, soumis aux causes inflammatoires, réagit toujours de la même manière en s’hypertrophiant. Ils donnent ainsi naissance à une végétation cellulaire qui a pour but la réparation des désordres produits. »
Le tissu de granulation ou inflammation végétante du tissu conjonctif caractérise l’ensemble de ce processus.
Ainsi les différents éléments cellulaires que nous avons étudiés, à loccasion de l’introduction, dans le tissu conjonctif des substances inoffensives par elles-mêmes mais non résorbables, vont réaliser par multiplications et par transformations un tissu de granulation particulier. « Le Nodule inflammatoire à corps étranger.»
Ces infiltrations réalisent des images extrêmement polymorphes. Ce sont des nappes plus ou moins étendues, pariois des trainées périvasculaires ou des formations nodulaires, au sein desquelles les différentes variétés cellulaires sont souvent groupées d’une façon bien définie.
A ces lésions s'ajoutent tôt ou tard une prolfération plus ou moins 2ccusée de fhibrocytes qui aboutit à la constitution d’un tissu conjonctif scléreux.
L'expérience classique pour le réaliser consiste à injecter dans le tissu sous-cutané une certaine quantité de spores de lycopodes. On assiste alors à une mobilisation des cellules qui se trouvent au voisinage des spores.
Les histiocytes donnent naissance à des macrophages qui s'accumulent au contact des spores et les englobent, tout en se transformant en cellule géante. La granulome à corps étranger est constitué. Les cellules géantes englobent la subs-
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tance indésirable, en représentant l’élément le plus caractéristique. Leur volume est variable ; elles peuvent prendre des dimensions extraordinaires si le volume du corps étranger l'exige. Le protoplasme, finement granuleux est plus ou moins acidophile et renferme un certain nombre de noyaux, une dizaine parfois et souvent davantagé.
Au voisinage de ces larges plasmodes plurinuclées qui s'appliquent à la surface du corps étranger, se trouvent quelques lymphocytes, plus rarement des plasmocvytes, quelques très rares polynucléaires.
Mais dans ce tissu de granulation, type de Pinflammation productive et hautement sclérogène, les Hbrocytes ne tardent pas à entrer en prolifération.
Ils déterminent la production d’une masse scléreuse souvent importante, englobant toute la région centrée par le corps étranger.
En pathologie humaine, les formations de ce genre sont assez fréquentes. Elles se produisent sous l'influence de corps. étrangers de diverse nature introduits dans les tissus ou formés ‘par l'organisme même.
Citons dans la première catégorie les brins de coton provenant de pansements, les débris dé vêtements qui se trouvent parlois dans les plaies, les graisses, notamment les graisses minérales qui servent de support à certaines substances médicamenteuses (huile grise - huile camphrée - huile bismuthée), la paraffine, la vaseline employées parois en chirurgie esthétique.
W. Antopol a également attiré l'attention sur les granulomes produits par le talc. Il établit que la poudre servant à talquer les gants opératoires contenait un grand nombre de spores de lycopodes qui avaient été introduites accidentellement dans la plaie au cours de l’intervention chirurgicale. Les granulomes à corps étranger pouvant à l’examen microscopique et macroscopique simuler une tuberculose, étaient ainsi réalisés.
De même, l’auteur cite deux cas où le talc lui-même fut à l’origine du granulome. Des cristaux de silicate de magnésie étaient inclus dans des cellules géantes.
= Parmi les substances qui se ohenc dans l'organisme même et qui se comportent comme des corps étrangers, il v a lieu de citer les cristaux de cholestérine dans les foyers d’athérome et dans les vieux abcès, les cristaux d’acide gras dans les foyers de cyto-stéate-nécrose, les cristaux d’urates dans les tophus goutteux les dépôts calcaires, les masses amyloïdes, les globes cornés dans les épithéliomas spino-cellulaires.
Quel que soit le territoire et quelle que soit la substance étrangère, la réaction macrophagique déclanchée par les divers corps que nous avons énumérés reste dans son essence toujours la même.
Ceci nous amène à étudier, parallèlement aux silicomes sous-cutanés, le silicome : pulmonaire.
L’alvéole pulmonaire peut être considérée comme présentant les réactions d’un mesenchyme vis-à-vis de linflammation quelle que
puisse être par ailleurs sa nature crete du point de vue embryologique.
Il doit donc y avoir identité entre l’aspect des réactions du tissu conjonctif sous-cutané et des réactions alvéolaires.
Dominici n’a-t-il pas le premier, voici plus de cinquante ans, affirmé l’unité des réactions du système lympho-conjonctii ?
Toutefois, il nous paraît bon de souligner d'emblée, deux notions qui nous semblent importantes et sur lesquelles nous reviendrons.
1° Cette réaction macrophagique peut être modifiée dans son évolution par un facteur intrinsèque, un facteur terrain. |
L'évolution fibreuse du granulome sera facilitée par une constitution spéciale à constante bio-. typologique, encore imparfaitement connue, mais indiscutable.
2° D'autre part, la répétition des innoculations peut, chez certains malades, déclancher un état de sensibilisation. L'expression morphologique en sera une inflammation hyperergique.
Les phénomènes congestifs seront plus marqués, et il se produira au sein du tissu inflammatoire des modifications histo-chimiques que nous pouvons deviner par l’augmentation de plasmocytes et surtout par les modifications tinctoriale du collagène (dégénénérescence fibrinoïde).