LE VŒU DE L'INDIENNE
A la fin, le corps las de ce non-mouvement,
Et les traits tout pâlis du manque d'aliment,
L'Indienne sentait ses genoux fuir sous elle.
Cependant à son vœu voulant rester fidèle ,
Elle luttait toujours, — quand soudain son mari
Apparaît et s'approche : « 0 douce Savitri!
De retour sous mon toit, je ne vous ai point vue ,
Mais j'ai su qu'en ces lieux vous vous étiez rendue,
Pour accomplir un vœu... Je ne saurais troubler
Le pénible devoir auquel se laisse aller
Votre cœur; mais quelle ombre a passé sur votre âme.
Et pour qui vous faut-il tant prier, chère femme?»
Elle, heureuse d'entendre et de revoir vivant
Le roi de ses beaux jours, celui qu'elle aime tant,
Heureuse de toucher aussi le but suprême ,
Car le brillant soleil mourait à l'instant même
Pour la seconde fois,... aux bras de son époux
Tombe sans connaissance en murmurant": « Pour vous ! »
Imité du sanscrit, 1861.