‹ SilvesChapitre 107 sur 119 · LE VŒU DE L'INDIENNE · texte numérisé non relu

LE VŒU DE L'INDIENNE

A la fin, le corps las de ce non-mouvement,

Et les traits tout pâlis du manque d'aliment,

L'Indienne sentait ses genoux fuir sous elle.

Cependant à son vœu voulant rester fidèle ,

Elle luttait toujours, — quand soudain son mari

Apparaît et s'approche : « 0 douce Savitri!

De retour sous mon toit, je ne vous ai point vue ,

Mais j'ai su qu'en ces lieux vous vous étiez rendue,

Pour accomplir un vœu... Je ne saurais troubler

Le pénible devoir auquel se laisse aller

Votre cœur; mais quelle ombre a passé sur votre âme.

Et pour qui vous faut-il tant prier, chère femme?»

Elle, heureuse d'entendre et de revoir vivant

Le roi de ses beaux jours, celui qu'elle aime tant,

Heureuse de toucher aussi le but suprême ,

Car le brillant soleil mourait à l'instant même

Pour la seconde fois,... aux bras de son époux

Tombe sans connaissance en murmurant": « Pour vous ! »

Imité du sanscrit, 1861.

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