‹ SilvesChapitre 106 sur 119 · LE VŒU DE L'INDIENNE · texte numérisé non relu

LE VŒU DE L'INDIENNE

Fuit aussi. Sourya plonge aux flots la crinière De ses rouges coursiers , et l'ombre tristement Envahit par degrés l'azur du firmament.

Alors, tandis qu'au ciel, enveloppé de voiles. Les feux étincelants des lointaines étoiles Commencent à percer , dans le calme parfait Des choses, elle entend frissonner la forêt. Ce sont les animaux qui brisent les feuillages En désertant le creux de leurs réduits sauvages, Et soudain les chacals, les tigres, les lions, Emplissent le grand bois de hurlements profonds. « 0 voyageurs de nuit! ô fauves redoutables! Leur dit-elle , hurlez ; vos cris épouvantables Ne rompront pas le vœu tenté pour mon époux ; Yama, dieu des morts, me fait plus peur que vous. >> Et droite, sans bouger, les deux pieds nus à terre. Elle passe la nuit en fervente prière.

Bientôt l'aurore au ciel montre son front doré, Puis du grand Sourya reluit le char sacré, Et tout un long jour voit la tendre créature Garder la même place et la même posture...

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