LA VACHE DE LUCRÈCE
Souvent, frappé du fer auprès des saints autels, Parmi les flots d'encens qu'on offre aux immortels , Un jeune taureau tombe, et l'on voit sa poitrine Répandre son sang chaud en onde purpurine. Sa mère, qui déjà ne l'est plus, tristement Parcourt les verts sentiers des grands bois, imprimant Sur la terre des pas pressés que rien n'arrête. Elle sonde tout lieu de sa vue inquiète, Cherchant si quelque part ne se retrouverait L'enfant qu'elle a perdu ; puis l'ombreuse forêt S'emplit des longs accents de sa voix lamentable; Puis, lasse de mugir, elle rentre à l'étable.