A VICTOR DE LAPRADE
Ancêtre de la forêt, Nestor du sombre feuillage,
Dont le flanc demi-fendu par le tonnerre et par l'âge
Laisse à travers lui passer les vents et les traits du jour,
0 vieux chêne, de ton fût que de fois j'ai fait le tour!.
Que de fois, te mesurant, j'ai dit : « Que sont nos années
A côté du vaste amas de tes puissantes journées?
Que sont les cent ans de l'homme auprès des centaines d'ans
De tes rameaux encor droits, vigoureux et verdoyants?
Ahl si tu pouvais parler comme les fils de Dodone,
Si, comme le vieux Memnon qui dans les sables résonne.
De ton feuillage flottant et du creux noir de ton bois