EN SUIVANT UN CONVOI
La terre nous enivre avec ses floraisons,
Et les oiseaux joyeux nous jettent leurs chansons.
Alors pensant au mort qui va dans cet asile,
Sous un marbre pesant, muet, froid, immobile,
Dormir d'un long sommeil, somme heureux cependant
Pour qui d ame et de corps ici-bas souffrit tant,
Je déplore du sort cette dernière injure.
Et je dis : « Pauvre cœur sensible à la nature,
Au doux chant des oiseaux tu demeureras sourd.
Tes yeux ne verront plus la lumière du jour ! »
30 avril 1863.
LE MONT SAIiNT-MIGHEL.
A Mme MARIE HONS- OLIVIER.
Fier rocher, tu n'as point la pompe des grands bois Sur ton sommet chenu faisant flotter leur ombre, Ni prés verts à tes pieds, couverts de fleurs sans nombre, Où de gais ruisselets jasent à demi-voix.
Mais tu peux te vanter de beautés plus sublimes, D'un cap illuminé qui monte dans les cieux, De navires en course et de flots radieux, Ou tourmentés des vents sur les vastes abîmes.
Et quand l'hiver brumeux attaque tes remparts. Les flagellant d'écume, et de pluie et de neige,