‹ SilvesChapitre 31 sur 119 · LE MOUCHERON · texte numérisé non relu

LE MOUCHERON

On eiil dit que la mort au cœur l'avait saisi • De sa glaçante haleine.

Mais voilà que, sortant de nuages épais, L'œil rouge du soleil perce les rameaux frais

De deux longs jets de flamme; Et les deux rayons d'or, tombant sur le gazon, A tout le monde obscur de la veric prison

Donnent la vie et l'àme.

L'insecte s'en émeut : quittant son lourd repos, Il passe en frémissant ses pal tes sur son dos;

Sa cuirasse légère Étincelle, et, mouvant ses ailerons nacrés. Avec bruit il se perd dans les flots empourprés

De la vive lumière...

0 lux! splendeur- du vrai! m"écriai-je aussitôt;

Quel bonlieur quand, tombé du grand foyer d'en haut,

Ton feu pur nous inonde!

Privés de tes clartés, comme ce fils des deux.

LE MOUCHERON. lOi

Nous languissons muets, glacés et soucieux Dans les ombres du monde.

Mais que le jet divin illumine nos fronts,

Et notre àmo s'égaye et, vainqueurs, nous rentrons

Dans les célestes voies; Et la terre oubliant pour les choses du ciel, Nous buvons, dès ce monde, à la coupe de miel

Des éternelles joies!

Fontainebleau, 183"i

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