‹ SilvesChapitre 48 sur 119 · UN ESPOIR · texte numérisé non relu

UN ESPOIR

S'ils ne posséderont de signe et de lan.-jage

Que pour les cœurs choisis du poète et du sage,

Et si tant de mortels doués de sentiment

Doivent rester toujours frappés d'aveuglement

Devant eux, et toujours au sein do la nature

Ne chercher qu'un objet de lucre ou de pâture,

Comme ces animaux qu'on voit au flanc des monts ,

Soir et matin sur terre abaissant leurs grands fionts,

Manger et ruminer pendant do longues heures

Sans se douter des lieux qui forment leurs demeures.

Alors au fond de lame une secrète voix

S'élève et me répond : « Non, toujours les grands bois

Aux fûts majestueux, aux cimes frémissantes.

Le murmure des lacs et des mers blanchissantes,

Le virginal éclat de la neige des monts,

La fraîcheur des prés verts, la grâce des valions-.

L'or du soleil, enfin, toutes les belles choses.

Pour la foule toujours ne seront lettres closes.

A mesure qu'au joui^ lourd do la pauvreté

Le savoir ravira lo front déshérité

De Thumblo fils du pr^uplo, il verra le nuage

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