COMPLAINTE
V^enez, ma bonne mère.
Et m'écoutez :
Je suis dans la misère
De tous QÔtés.
Au vent de la détresse
Vont mes amours:
Mon amant me délaisse ,
Las! pour toujours.
11 m'a dit : « Marguerite,
Mon petit cœur.
Il faut que je vous quitte ;
C'est un malheur.
Je vais sortir de rade,
Consolez-vous, Prenez mon camarade
Pour votre époux. »
Puis trois fois sur ma porte
Il repassa, Sans voir si vive ou morte
J'étais bien là!
Et moi , toute honteuse
De le chercher, Je tombai, malheureuse,
Sur le plancher.
0 ma mère! ma mère!
A votre enfant Quel bien offre la terre
Dorénavant?
Quand l'on voit ce qu'on aime Pour toujours fuir,
Le remède suprême Est de mourir.
Dieppe, 1S47. Mis en musique par M""" Duchambge.