‹ SilvesChapitre 99 sur 119 · UNE DEESSE · texte numérisé non relu

UNE DEESSE

Au milieu du chemin courant à travers l'herbe.

Sous ses longs voiles blancs jeune fille superbe.

Elle était là debout , à côté de ses bœufs.

Sa main gauche posait sur leurs fronts vigoureux.

Tandis que de la droite elle tenait, altière,

Son aiguillon, planté comme un sceptre sur terre.

Et telle l'on eût dit la sublime Cérès

D'un regard maternel embrassant les guérets... D'habitude, c'est l'homme au rude et dur visage Qui porte l'aiguillon et mène l'attelage; Mais, cette fois, la femme, une fleur de vingt ans. Jouait son rôle, et l'âme et l'œil étaient contents De voir la beauté douce, humaine et virginale, Guider les mouvements de la force brutale.

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