L'AIR INACHEVE
Élan confus d'une jeune âme, Chant divin dont mon cœur réclame Vainement les derniers accents, De ta mélancolique flamme Qui me dira jamais le sens?
Personne , car l'âme charmante D'où sortait la note émouvante Vers d'autres lieux porte ses pas, Et, sur terre toujours errante, Près de moi ne reviendra pas...
Ainsi de nous , mortelle engeance !
Ce chant est notre ressemblance :
Mélange de joie et de pleurs, Notre vie ici-bas commence Pour se continuer ailleurs;
Oui , pour aller, de monde en monde, Poursuivre , ardente vagabonde , Son but toujours plus éclairci, Avec une amour plus profonde, Et moins de mal sans doute aussi.
Mont- de-Marsan, 1831.