‹ Silves et rimes légèresChapitre 103 sur 244 · L'AIR INACHEVE · texte numérisé non relu

L'AIR INACHEVE

Élan confus d'une jeune âme, Chant divin dont mon cœur réclame Vainement les derniers accents, De ta mélancolique flamme Qui me dira jamais le sens?

Personne , car l'âme charmante D'où sortait la note émouvante Vers d'autres lieux porte ses pas, Et, sur terre toujours errante, Près de moi ne reviendra pas...

Ainsi de nous , mortelle engeance !

Ce chant est notre ressemblance :

Mélange de joie et de pleurs, Notre vie ici-bas commence Pour se continuer ailleurs;

Oui , pour aller, de monde en monde, Poursuivre , ardente vagabonde , Son but toujours plus éclairci, Avec une amour plus profonde, Et moins de mal sans doute aussi.

Mont- de-Marsan, 1831.

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