‹ Silves et rimes légèresChapitre 104 sur 244 · LES HAUTEURS DE LÀ SOLLE · texte numérisé non relu

LES HAUTEURS DE LÀ SOLLE

Lucus erat... cingens connexis aéra ramis.

La forêt, la forêt! oh! comme cette masse

Pénètre les poumons d'une senteur vivace !

Reste des bois sacrés qu'adoraient nos aïeux ,

Sublime effusion de chênes vigoureux,

Du point où notre pied s'élève et s'aventure

On dirait une mer flottante de verdure !

Oui, comme l'Océan, tu remplis l'horizon

De ton immensité. Ta verte frondaison

Gomme lui roule au ciel mille rumeurs sauvages;

Sur ton sein comme au sien les vents et les nuages

Peuvent courir, s'ébattre en toute liberté ;

Mais ton aspect vaut mieux que sa triste beauté;

Car, si belle que soit son onde au loin des plages,

Tes ombrages mouvants n'ont pas sa cruauté,

Et le cœur n'y craint pas de perfides naufrages.

Fontainebleau, 183.".

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