‹ Silves et rimes légèresChapitre 110 sur 244 · LA STATUE D'ÉRASME · texte numérisé non relu

LA STATUE D'ÉRASME

Salut, homme sensé qui louas la folie, Érasme, devant toi je fléchis les genoux Dans l'admiration de ta fine ironie Et do ton grand savoir aux rayons forts et doux !

Tu vis très-clair à l'heure où tout était fort louche, Et calme tu restas au sein des emportés, Et jamais la raison d'une plus noble bouche Ne jeta par le monde autant de vérités.

Mais, étourdi, le peuple, hélas! n'écouta guère; Dans la religion le démon de la guerre A travers vol et sang continua son jeu.

Et toi-même tu sus, par l'injure et la peine, Ce que dans les combats de la pensée humaine I! en coûte toujours à garder le milieu.

Rotterdam.

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