‹ Silves et rimes légèresChapitre 109 sur 244 · UNE COURSE EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

UNE COURSE EN HOLLANDE

A F. W1NTERH ALTER.

D EPA RT.

« Avant que Hollandais et Belges soient en guerre, Voulez-vous avec moi fouler leur verte terre Et voir, aux deux pays, ce que ces belliqueux Dans les arts de la paix firent de merveilleux? Qui sait ce qui pourra rester de la mêlée?

— Combien de temps? — Huit jours. — Bon, c'est chose réglée; Avec vous, homme habile en peinture, je pars; La pourpre de Bubens vaut bien celle de Mars. »

Et soudain nous voilà vers le nord en voyage, Bénissant l'art sacré, maudissant le carnage.

MIKETTE ET MINA.

La taverne est grouillant de joyeux matelots Avalant l 'eau-de-vie et la bière à longs flots.

Mikette au teint brillant sous ses longues dentelles, Offre à tous les buveurs des crevettes nouvelles.

On l'embrasse, on lui prend les jupons et les seins, Mais comme un frais poisson elle glisse des mains,

Et dans l'air enfumé que mainte lèvre chasse Les rires et les cris longtemps suivent sa trace.

Assise à son comptoir, la maîtresse du lieu, Mina, pâle, au plafond promène son œil bleu.

Elle semble ne rien entendre du tapage

Que l'on mène autour d'elle avec un bruit d'orage,

MIKETTE ET MINA. 199

Rien voir du gros plaisir que, des mains et des dents, Se donnent , sous ses yeux , tant de lurons ardents.

Elle rêve, à quoi donc? Ah! fille de Norwége,

Sans doute aux cœurs laissés sous tes grands monts de neige.

Port d'Anvers.

Page 1