APRES LA MORT
Souvent l'on me disait, lorsque j'étais enfant :
La perte d'une mère Est, de tous les malheurs, le plus vif, le plus grand
Qui vous frappe sur terre.
Ah! je n'ai bien compris ce que l'on me disait
Qu'en éprouvant moi-même Le terrible accident et tout le mal que fait
La mort dure et suprême.
Que les liens sont forts, comme l'on souffre, hélas!
A voir briser la chaîne Qui rattachait à vous celle que le trépas
Aux lieux sombres entraîne!
On dirait que son cœur et le vôtre en commun
Ont mille nœuds sensibles Qu'il faille sentir rompre et tomber un par un
Sous des fers invisibles.