APRÈS LA MORT
Ce sont les souvenirs de nos plus jeunes ans,
Notre rieuse enfance Aux bras de sa tendresse, et ses soins vigilants
Aux jours de la souffrance; Ce sont nos premiers bonds en dehors de ses yeux,
Et sa fierté ravie En écoutant le bruit de nos pas glorieux
Dans les champs de la vie ; Ce sont les sentiments de profonde amitié,
Flot sûr, inépuisable, Dont jusqu'au dernier jour notre cœur est noyé
Par son âme adorable.
Et perdre tout cela sans retour, quel malheur !
Quelles vives blessures!
Quel mal que de sentir à la harpe du cœur
Casser les cordes pures!
Tombent, tombent sur moi les coups les plus cruels
Pour la pauvre âme humaine, Les mécomptes du cœur et les revers mortels
De la fortune vaine ; Jeux du sort , abandons , traîtrises , pauvreté,
Que pouvez-vous me faire?
Ne puis-je vous souffrir, puisque j'ai supporté
La perte d'une mère?