‹ Silves et rimes légèresChapitre 118 sur 244 · APRÈS LA MORT · texte numérisé non relu

APRÈS LA MORT

Ce sont les souvenirs de nos plus jeunes ans,

Notre rieuse enfance Aux bras de sa tendresse, et ses soins vigilants

Aux jours de la souffrance; Ce sont nos premiers bonds en dehors de ses yeux,

Et sa fierté ravie En écoutant le bruit de nos pas glorieux

Dans les champs de la vie ; Ce sont les sentiments de profonde amitié,

Flot sûr, inépuisable, Dont jusqu'au dernier jour notre cœur est noyé

Par son âme adorable.

Et perdre tout cela sans retour, quel malheur !

Quelles vives blessures!

Quel mal que de sentir à la harpe du cœur

Casser les cordes pures!

Tombent, tombent sur moi les coups les plus cruels

Pour la pauvre âme humaine, Les mécomptes du cœur et les revers mortels

De la fortune vaine ; Jeux du sort , abandons , traîtrises , pauvreté,

Que pouvez-vous me faire?

Ne puis-je vous souffrir, puisque j'ai supporté

La perte d'une mère?

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