PROMENADE NOCTURNE
Vois quelle nuit tranquille Et comme Phœbé luit!
L'air est pur et sans bruit, La verdure immobile.
Seul, au creux d'un buisson Le rossignol appelle D'une tendre façon Sa compagne fidèle.
Et l'oiseau, loin de là, De feuillage en feuillage Saute et dans son ramage Lui chante : me voilà !
Quels doux soupirs, Irène, Quelle réponse aussi !
Oh ! puisses-tu, ma reine, Toujours répondre ainsi !
Imité de l'italien.
L'ORKADE.
J'ai perdu le repos, O nymphes des montagnes !
O mes chères compagnes, Plaignez, plaignez mes maux :
J'ai perdu le repos !
Hélas ! je l'ai perdu Le jour où sous les omhres De nos grands chênes sombres Un jeune homme inconnu Habiter est venu.
Ce n'est point un grossier Coureur de jeunes filles, Un rôdeur de charmilles, Un méchant chevrier, Un chasseur meurtrier.
L'OREADE. 23
C'est un rêveur pieux, Au front pâle et modeste :
Une grâce céleste Réside dans ses yeux Toujours levés aux cieux.
Je ne sais quoi de doux Attire sur sa trace :
Partout devant sa face Les sapins et les houx Soudain s'inclinent tous.
Les oiseaux par essaim Descendent du feuillage, Et la biche sauvage Vient manger dans sa main L'herbe dont elle a faim.
Comme l'oiseau, la fleur Et la biche légère, Vers ce doux solitaire, Par un charme vainqueur, S'est envolé mon cœur.
J'ai perdu le repos, 0 nymphes des montagnes !
0 mes chères compagnes, Plaignez, plaignez mes maux J'ai perdu le repos !