‹ Silves et rimes légèresChapitre 138 sur 244 · UN V TLA IX JEU · texte numérisé non relu

UN V TLA IX JEU

El plus vitt' que les éclairs, Viens raser le bord de nos têtes Et nous dis : Gagnez les couverts!

Tout le jour d'un bec formidable Tu poursuis les noirs moucherons, Et le bétail insatiable, Quittant à regret les gazons, Le soir peut dormir dans l'étable, Sans désagréables frissons.

Comme tant d'autres volatiles, Loin d'habiter toujours les bois, Tu te plais au séjour des villes; Et sous la tuile des vieux toits, Pour tes petits nus et débiles, Tu maçonnes des nids étroits.

Et pourtant cette race humaine, Qui se dit bonne et l'est, si peu, Souvent te met le cœur en peine, Et, l'arme en main, sous le ciel bleu, Arrêtant ta course incertaine, De ton trépas se fait un jeu.

Ah! cher oiseau, douce hirondelle, Des cœurs ailés le plus aimant, Si j'avais ton plumage frêle, Et si dans le pur élément Je pouvais avec un coup d*ail<j Comme toi monter lestement,

Des cieux la plaine inaccessible Serait mes éternels amours; Je m'y tiendrais le plus possible,

•>\-> SILVBS.

Je voudrais y couler mes jours, Et jamais mon aile sensible N'approcherait même des tours.

Car l'homme est plein de barbarie, Malgré sa force et sa grandeur; On sent que son âme est pétrie Avec un levain destructeur, Et que le mal fera partie Longtemps encor de son bonheur.

Vallée d'Arqués. 1847,

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