‹ Silves et rimes légèresChapitre 141 sur 244 · TEMPS D'ORAGE · texte numérisé non relu

TEMPS D'ORAGE

Vers un ordre nouveau l'humanité gravite, Tout tend au changement et tout s'y précipite ; Mais, pour atteindre au but qu'on aspire à toucher, Dans des mares de sang faudra-t-il donc marcher? Déjà le vil moteur des humaines tempêtes, Le sophisme impudent trouble toutes les têtes, Et, mettant en émoi la mer des passions, Fait écumer partout des flots d'ambitions. Partout des cris mauvais, partout des voix rebelles, Des visages hideux et des mains criminelles. Poètes, c'en est fait du chant mélodieux Des muses, il vous faut pour longtemps dire adieux Aux amours, aux concerts, à tout ce que nature Renferme de plus doux dans sa verte ceinture ; Nous sommes au combat : aiguisons donc nos vers; Des traits , des traits aigus pour frapper les pervers.

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