COMPLAINTE
Venez, ma bonne mère,
Et m'écoutez :
Je suis dans la misère
De tous côtés.
Au vent de la détresse
Vont mes amours; Mou amant me délaisse,
Las! pour toujours.
11 m'a dit : « Marguerite, Mon petit cœur,
Il faut que je vous quitte C'est un malheur :
Je vais sortir de rade.
Consolez-vous ;
•246 S1LVES.
Prenez mon camarade Pour votre époux. »
Puis, trois fois sur ma porte
Il repassa, Sans voir, si vive ou morte,
J'étais bien là!
Et moi, toute honteuse
De le chercher, Je tombai, malheureuse,
Sur le plancher.
0 ma mère ! ma mère !
A votre enfant Quel bien offre la terre
Dorénavant?
Quand l'on voit ce qu'on aime
Pour toujours fuir, Le remède suprême
Est de mourir.
Dieppe, 18-17.